Sarkozy à Berlin, le 9 novembre 1989 ? Impossible ?

16UTCp30UTC11bMon, 09 Nov 2009 18:00:16 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

J’ai inclus dans mon blog ce matin une brève information relatant la présence de Nicolas Sarkozy le 9 novembre 1989. A cette occasion, photo à l’appui, Mon Président aurait pioché dans le mur. Il se serait trouvé en compagnie d’Alain Juppé. C’est ce qu’annonce ce matin la rubrique Sarkozy sur Facebook.

“Le 9 novembre au matin, nous nous intéressons aux informations qui arrivent de Berlin, et semblent annoncer du changement dans la capitale divisée de l’Allemagne. Nous décidons de quitter Paris avec Alain Juppé …pour participer à l’événement qui se profile… Arrivés à Berlin ouest, nous filons vers la porte de Brandebourg où une foule enthousiaste s’est déjà amassée à l’annonce de l’ouverture probable du mur”.

nicolas-sarkozy-devant-le-mur-de-berlin-en-novembre-1989_500

Quand cette photo a-t-elle été prise ? Sûrement pas le 9 novembre 1989

Réaction immédiate d’observateurs et de spécialistes, dont Alain Auffray, alors correspondant de Libération à Berlin nicolas_sarkozy_aurait_menti_sur_sa_presence_a_berlin_l.html : cette information sur sa présence à Berlin le 9 novembre ne tient pas debout car quelques heures avant la chute du mur, personne ne pouvait prévoir cette soudaine accélération de l’histoire. Pour être présent à Berlin le 9 au soir, il eut fallu être illuminé par une révélation prophétique et quitter Paris au minimum au début de l’après-midi. A une heure où rien n’était prévisible. En effet, ce n’est qu’à 18h55 le 9 novembre 1989 que le porte-parole du comité central du SED (le parti communiste Est-allemand) , Günter Schabowski, a annoncé devant la presse l’ouverture des frontières. Largement filmée et popularisée, cette scène incroyable appartient à l’histoire.
Bien que coté Est, la foule ait commencé à se rassembler à 20h30 devant le poste-frontière de la Bornholmer Strasse, qui relie Berlin-Est à Berlin-Ouest, ce n’est qu’aux alentours de 23h que la télévision ouest-allemande a annoncé que “les portes du Mur sont grandes ouvertes…
Selon Auffray,

“A aucun moment l’annonce d’une ‘ouverture probable’ n’a provoqué le moindre rassemblement à l’Ouest. La foule était massée à l’Est.”

Alain Juppé ne se souvient d’ailleurs pas s’il est venu à Berlin le 10 ou le 11 novembre. Improbable puisque tous les caciques du RPR étaient à Colombey les Deux églises pour commémorer le souvenir du Général De Gaulle, comme l’atteste un article publié par Le Figaro dans son édition du 10 novembre 1989 et republié par le quotidien ce matin juppe_fig_1989

Brave type et toujours prêt à voler au secours de son patron, François Fillon affirme avoir rencontré Juppé et Sarkozy dans la soirées du 9 novembre. En revanche, Alain Madelin qui était censé les accompagner, n’a rien constaté de tel. Alors, Juppé et Sarkozy ont-ils lu les événements dans la boule de cristal de Mme Irma ?

Michel Rocard lui-même, qui était pourtant Premier ministre, n’avait rien vu venir, comme il l’a déclaré à Nouvelobs.com.

L’Elysée maintient mordicus la version publiée.

A qui la faute ? Pour une fois, le Président n’y est sans doute pour rien. La responsabilité de ce qui apparaît comme un bobard incombe probablement au conseiller de l’Elysée chargé d’entretenir son blog, pris par un excès de zèle. Pour crédibiliser le souvenir présidentiel, il aurait vraisemblablement inventé “des informations semblant ‘annoncer du changement’ “.

J’ai même failli tomber dans le piège : j’avais publié ce matin une brève dans “Mon clavier” rapportant la présence de Nicolas à Berlin le 9 novembre. J’ai supprimé cette information.

Tout en m’interrogeant : jusqu’à quels excès peuvent aller les courtisans pour être mieux en cour !

Mais mon Président sera bien présent ce soir à Berlin pour la “messe anniversaire médiatique”.

Autre question : pourquoi le silence pesant de l’église catholique sur cet évènement alors qu’elle a soutenu à tous vents qu’elle est à l’origine de l’effondrement du système communiste, et donc du mur ?

La réponse me semble évidente : les milieux protestants de Berlin ont été les principaux promoteurs de la révolution qui a renversé le communisme. L’Eglise catholique s’est tue avec persistance.

Sans commentaire, mais à lire de toute urgence dans_newsweek__facebook_le_paradis_des_escrocs_.html

Mon clavier, 9 novembre

05UTCp30UTC11bMon, 09 Nov 2009 09:00:05 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

§ Avertissement : responsabilite-et-moderation

§ Je rappelle que je répète volontairement le même texte tous les matins. C’est la nouvelle technique d’information inaugurée par le quotidien “La Repubblica” de Milan.

“Mon Président” nous ruine pour donner beaucoup de plaisir aux riches. Pour comprendre, analysez l’évolution et le profil et du déficit budgétaire – qui avec 141 milliards d’euros va atteindre près de 8,5 % du PIB – et de la dette publique, 84 % du PIB. finances-publiques-il-nous-ruine

§ Bon, aujourd’hui vous ne pouvez échapper à la concélébration de la chute du mur de Berlin, il y a vingt ans. berlin_469

Malgré les affirmations de sa rubrique Facebook, Sarkozy n’était pas à Berlin le 9 novembre sarkozy-a-berlin-le-9-novembre-1989-impossible

§ A propos de l’accession de Mme Penchard au grade et rang ministériel. Fabien de Ménilmontant observe que Brigitte Girardin était déjà ministre, le Président s’est contenté de revenir à la situation antérieure.

§ Policiers pas contents du tout… article.php?id=1302

§ Suite de la tuerie de Hood, 13 morts au Texas.  Le profil du meurtrier se précise-t-il ? le_tireur_atil_connu_les_kamikazes_du_1109.html

§ En attendant, vous pouvez toujours lire…

  • Dans le Secret des Services, aux Editions Denoël. Avec le récit détaillé de l’affaire Clearstream. Et de l’affaire Farewell, de première main, là aussi.
  • le manuscrit de la “Sérénade italienne“, thriller, en chargement libre fiction-la-serenade-italienne

La sécurité à l’Assemblée nationale : des effets de la RGPP

36UTCp30UTC11bSun, 08 Nov 2009 19:07:36 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

Laurent Opsomer me transmet ce texte texte très éclairant sur la place de la sécurité dans le budget

Avis présenté par Guy Geoffroy sur la sécurité dans le cadre du projet de loi de finances pour 2010 :
http://www.assemblee-nationale.fr/13/pdf/budget/plf2010/a1974-tVIII.pdf

“Compte tenu du contexte budgétaire, la mission sécurité ne peut pas échapper à l’effort de rationalisation mis en oeuvre dans le cadre de la révision générale des politiques publiques.” Le parlementaire ajoute : “Le plafond d’emplois du programme « police nationale » pour 2010 est de 144 790 emplois, soit une diminution de 1390 ETP” donc il y a bien une baisse des effectifs dans la police nationale, baisse qui frappe en priorité gardiens de la paix (GPX) et gradés. Même remarque pour la gendarmerie.

” Sur la période 2008-2011, le bilan de la RGPP devrait se traduire par une diminution du plafond d’emplois sur la période de 4829 ETP. Pourtant, dans le même temps, la police nationale se voit attribuer des missions nouvelles, lesquelles se traduisent par la création de nouvelles structures, phénomène d’ailleurs critiqué par les représentants syndicaux rencontrés par votre rapporteur pour avis. Au total, le directeur général de la police nationale évalue à 6.000 les effectifs nécessaires pour financer les nouvelles priorités”. Cherchez l’erreur !

Conséquences : “Afin de répondre aux contraintes de la RGPP et aux besoins nouveaux, la police nationale est donc contrainte d’agir par redéploiements internes.” Bref, comme va déshabiller Paul pour habiller Pierre, à moins que ce ne soit le contraire au gré de l’actualité, des faits divers.

Dans cette perspective sont évoqués, pêle-mêle, la baisse du temps de travail hebdomadaire, la baisse des jours de RTT pour les agents en cycle hebdomadaire, la fin de la pratique de l’heure non sécable, la réduction du format des CRS, la suppression d’écoles de police “dans la mesure où les flux d’entrée attendus dans les prochaines années sont de l’ordre de 1700″ (chiffre qui ne permettra ni de solder le nombre de lauréats au concours de GPX en attente d’incorporation, ni d’offrir un avenir professionnel aux Adjoints de sécurité et Cadets de la République en cours de contrat), etc. En résumé que du bonheur pour les fonctionnaires de police invités à faire plus avec moins… le tout dans des conditions de travail extraordinaires puisque “les dépenses de fonctionnement courant subissent une nouvelle diminution de 9 %.” C’est bizarre mais le budget de l’Elysée a encore augmenté cette année, surtout pour d’obscurs frais de sondages. Et si on interrogeait les policiers à ce sujet

En attendant, je vous invite à découvrir l’avis présenté par Guy Geoffroy sur la sécurité dans le cadre du projet de loi de finances pour 2010 : http://www.assemblee-nationale.fr/13/pdf/budget/plf2010/a1974-tVIII.pdf Voici, par exemple, ce que l’on peut y lire : “Compte tenu du contexte budgétaire, la mission sécurité ne peut pas échapper à l’effort de rationalisation mis en oeuvre dans le cadre de la révision générale des politiques publiques.” Le parlementaire ajoute : “Le plafond d’emplois du programme « police nationale » pour 2010 est de 144 790 emplois, soit une diminution de 1390 ETP” donc il y a bien une baisse des effectifs dans la police nationale, baisse qui frappe en priorité gardiens de la paix (GPX) et gradés. Même remarque pour la gendarmerie. Mieux, le rapporteur remarque ensuite : ” Sur la période 2008-2011, le bilan de la RGPP devrait se traduire par une diminution du plafond d’emplois sur la période de 4829 ETP. Pourtant, dans le même temps, la police nationale se voit attribuer des missions nouvelles, lesquelles se traduisent par la création de nouvelles structures, phénomène d’ailleurs critiqué par les représentants syndicaux rencontrés par votre rapporteur pour avis. Au total, le directeur général de la police nationale évalue à 6.000 les effectifs nécessaires pour financer les nouvelles priorités”. Cherchez l’erreur ! Conséquences : “Afin de répondre aux contraintes de la RGPP et aux besoins nouveaux, la police nationale est donc contrainte d’agir par redéploiements internes.” Bref, comme va déshabiller Paul pour habiller Pierre, à moins que ce ne soit le contraire au gré de l’actualité, des faits divers. Dans cette perspective sont évoqués, pêle-mêle, la baisse du temps de travail hebdomadaire, la baisse des jours de RTT pour les agents en cycle hebdomadaire, la fin de la pratique de l’heure non sécable, la réduction du format des CRS, la suppression d’écoles de police “dans la mesure où les flux d’entrée attendus dans les prochaines années sont de l’ordre de 1700″ (chiffre qui ne permettra ni de solder le nombre de lauréats au concours de GPX en attente d’incorporation, ni d’offrir un avenir professionnel aux Adjoints de sécurité et Cadets de la République en cours de contrat), etc. En résumé que du bonheur pour les fonctionnaires de police invités à faire plus avec moins… le tout dans des conditions de travail extraordinaires puisque “les dépenses de fonctionnement courant subissent une nouvelle diminution de 9 %.” C’est bizarre mais le budget de l’Elysée a encore augmenté cette année, surtout pour d’obscurs frais de sondages. Et si on interrogeait les policiers à ce sujet ?!

Les Sarkozy et la solidarité familiale

21UTCp30UTC11bSun, 08 Nov 2009 14:17:21 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

On ne jacte que de ça sur le net : après avoir viré Patrick Ouart, qui l’aurait mal conseillé pour les procès en cours – Angolagate, Clearstream -, après n’avoir pas réussi à écarter Rama Yade du gouvernement, malgré sa grande gueule ( mais ce n’est sans doute pas fini), Mon Grand Nicolas Sarkozy chéri (MBAOP pour les intimes) se serait pris de bec avec Carla Bruni, lui interdisant d’interférer désormais dans les affaires politiques. Elle aussi serait sur la voie de la sortie ? Ou bien serait-ce Nicolas qui se retrouverait sur le toboggan du désamour ?

Enfin, grave problème, toujours sur le net : comment Nicolas va-t-il réussir à favoriser son fils Pierre, le producteur de rap, après avoir poussé Jean vers la présidence de l’EPAD ?apres-jean-un-coup-de-pouce-de-lelysee-pour-pierre-sarkozy-125100

Il faut dire qu’en Corse, on ne plaisante pas sur les questions de favoritisme. On reste sur le principe bonapartiste de l’égalité des chances. Pierre et Jean sont peut-être fils de Sarkosy, mais ils sont aussi fils de Culioli, le village de la maman corse.

Mon clavier, 8 novembre

47UTCp30UTC11bSun, 08 Nov 2009 12:57:47 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

§ Avertissement : responsabilite-et-moderation

§ Je rappelle que je répète volontairement le même texte tous les matins. C’est la nouvelle technique d’information inaugurée par le quotidien “La Repubblica” de Milan.

“Mon Président” nous ruine pour donner beaucoup de plaisir aux riches. Pour comprendre, analysez l’évolution et le profil et du déficit budgétaire – qui avec 141 milliards d’euros va atteindre près de 8,5 % du PIB – et de la dette publique, 84 % du PIB. finances-publiques-il-nous-ruine

Sans compter les 50 milliards d’Euros du grand emprunt, toujours en devenir.

§ Une importante victoire législative pour Obama us-plan-sante-deuxieme-pas-decisif

§ Derniers bruits de couloir sur Sarkozy les-sarkozy-et-la-solidarite-familiale Et Birenbaum s’est déchaîné. Ah quelle admiration pour Carla !1777627_non-carla-bruni-n-a-aucune-influence-sur-nicolas-sarkozy-puisqu-on-vous-le-dit.html

§ Dans le style “Ah quelle époque !” et “la nostalgie n’est plus ce qu’elle était” : coup de gueule et sombre tableau de la police brossé par Georges Moreas, blogueur impénitent, et commissaire de police. A la retraite ! #comments

§ Armée : probablement en raison de l’engagement français en Afghanistan, problèmes d’effectifs arm%C3%A9e-de-terre-situation-pr%C3%A9occupante-pour-les-militaires-du-rang.html

§ A ne pas rater, ce monument du kitchissime : les geeks dingos se ruent sur le premier jour d’Apple Store… actualite-309786-video-fans-evahissent-apple-store-paris.html

§ En attendant, vous pouvez toujours lire…

  • Dans le Secret des Services, aux Editions Denoël. Avec le récit détaillé de l’affaire Clearstream. Et de l’affaire Farewell, de première main, là aussi.
  • le manuscrit de la “Sérénade italienne“, thriller, en chargement libre fiction-la-serenade-italienne

Afrique, Rwanda : histoire d’un embastillement

54UTCp30UTC11bSat, 07 Nov 2009 15:52:54 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

A la suite de recherches approfondies, j’ai pu rédiger cette enquête consacrée à la situation singulière d’un citoyen rwandais, Alfred Kalisa, “embastillé” depuis plusieurs années, sans doute pour éviter qu’il ne prenne une place trop importante sur l’échiquier politique à Kigali, la capitale du Rwanda. Ce qui nous ramène vers ce petit pays d’Afrique centrale dont les décisions souvent très contestables de ses dirigeants ne cessent d’empoisonner toute cette région des Grands lacs africains. Il suffit d’observer la carte pour comprendre que le Rwanda occupe une position stratégique clé dans cette région continent africain.

Lisez la suite de cette entrée »

Laurent râle… 

45UTCp30UTC11bSat, 07 Nov 2009 12:39:45 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

… Contre le plan de guerre contre la violence scolaire annoncé par le gouvernement.

Les équipes mobiles de sécurité m’inquiètent car elles s’apparentent davantage à des vigiles qu’à des médiateurs genre adultes relais.

http://www.vousnousils.fr/page.php?P=data/pour_vous/temoignages/en_pratique/&key=itm_20091030_112644_un_plan_de_guerre_contre_la_viol.txt

« Elles sont composées de personnels aux compétences diverses dans les domaines de l’éducation et de la sécurité, placées sous l’autorité des recteurs. Elles interviendront immédiatement dans les établissements en cas d’incidents graves, avec un rôle de protection et de surveillance. Elles assureront aussi l’accompagnement des équipes éducatives. » C’est flou ! Sciemment ?

http://media.education.gouv.fr/file/09_septembre/42/8/Securisation-des-etablissements-scolaires-convention-cadre_119428.pdf

Outre-mer : 137 mesurettes

35UTCp30UTC11bSat, 07 Nov 2009 12:33:35 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

Brice Hortefeux a perdu une Secrétaire d’Etat, mais a gagné une « ministre déléguée » auprès de lui, Marie-Luce Penchard. Quelle révolution !

outremer316A l’issue d’un conseil ministériel dédié à l’Outre mer, Nicolas Sarkozy a délivré sa vision des enseignements des Etats généraux de l’Outre Mer, organisés à la suite de la crise sociale aux Antilles. Le chef de l’Etat a exposé ses vues devant un parterre d’élus locaux et de représentants du monde économique et de la société civile de ces territoires. Il insiste sur la nécessité qu’ils soient mieux intégrés dans leurs environnements régionaux. Il « édicte » un catalogue de 137 mesures pour le développement de l’Outre-mer, parmi lesquelles la constitution d’un «vivier de talents ultra-marins» et un moratoire sur les dettes sociales pour les professionnels du tourisme.

L’essentiel porte sur une politique de lutte contre la vie chère et de développement économique des collectivités d’outre-mer. La nouvelle ministre indique que les mesures annoncées par Nicolas Sarkozy seraient financées “dans le budget actuel”, sans déblocage de moyens supplémentaires. Pour Mme Penchard, l’essentiel est surtout la politique de contrôle des prix, de façon à limiter les effets nocifs des situations de quasi monopole.

Tous les services de l’Etat qui ont vocation à contrôler les prix vont être regroupés.
Le président de la République a annoncé la création d’un groupe d’intervention régional, un GIR de la concurrence, sur le modèle de ceux qui existent déjà en matière de sécurité. En raison du petit nombre d’acteurs économiques et des positions dominantes dans les DOM, il était essentiel que l’Etat joue son rôle de régulateur et de contrôleur des prix. Regroupés au sein d’une cellule, les services de la concurrence et de la répression des fraudes, fiscaux, de la douane et du travail vont pouvoir mener des investigations. Les observatoires des prix seront désormais présidés par une personnalité indépendante, et non plus par le préfet, et vont être renforcés : ils auront la possibilité de saisir directement l’Autorité de la concurrence. Nous allons continuer à soutenir l’activité économique, notamment grâce à des outils de défiscalisation et à des exonérations de charges, mais les acteurs économiques doivent en retour se montrer vertueux.

Des mesures seraient prises afin que les fonctionnaires originaires des îles puissent prendre une plus grande place dans l’administration.

Interrogée sur l’absence de financement supplémentaire mis en face des 137 mesures annoncées par le président Sarkozy, la ministre a assuré que nombre de mesures réclamées par les ultra-marins ne coûtaient “pas d’argent”.

Elie Domota, le leader du LKP, à l’origine des tensions de l’hiver dernier, a estimé hier soir lors d’un meeting à Pointe-à-Pitre, que “tout le discours” prononcé dans la journée par le président de la République, Nicolas Sarkozy, “n’était basé que sur l’ancrage de la domination coloniale que nous subissons”. S’adressant à un peu moins d’un millier de personnes, réunies devant le Palais de la mutualité où siège le collectif, Elie Domota a affirmé que les mesures annoncées à l’issue du Conseil interministériel dédié à l’outre-mer visent “à renforcer la position de l’Etat dans notre pays”. Le leader du collectif de 49 organisations syndicales, politiques et culturelles qui avait initié une grève générale de 44 jours en début d’année a martelé :

“Nous n’avons pas entendu un mot sur le prix de l’essence, alors qu’il sait très bien que, avec la complicité de l’Etat, Total”, opérateur de la raffinerie qui approvisionne le marché antillais et principal distributeur local de produits pétroliers, “nous vole depuis toujours”,

Elie Domota a poursuivi en affirmant que “nous n’avons pas entendu un mot quant à la participation de l’Etat sur les salaires, alors qu’il s’est engagé avec les organisations patronales”, minoritaires, signataires d’un accord salarial avec le LKP “à augmenter les salaires de 200 euros net”. Selon lui, “l’Etat ne respecte pas, jusqu’à présent, cet engagement”.

Quant à l’institution d’une Année de l’Outre-mer en 2011, elle “nous renvoie aux expositions coloniales”.

Pour sa part, Claude Lise, président (PS) du conseil général de Martinique, observe :

“Le président fait un diagnostic juste sur la situation en Outremer, et le dire solennellement ici (à l’Elysée), c’est important pour nous. Quant aux mesures annoncées, il n’y avait pas besoin d’organiser des états généraux pour les fixer (..). Je n’ai pas entendu, pour beaucoup de ces mesures, les moyens qui les accompagneraient. Nos territoires respectifs ont besoin d’un véritable plan de sauvetage, et j’attends des mesures concrètes de relance”.

Une nouvelle manifestation est programmée pour le 14 novembre.

Mon clavier, 7 novembre

49UTCp30UTC11bSat, 07 Nov 2009 11:25:49 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

§ Avertissement : responsabilité et modération responsabilite-et-moderation

§ Je rappelle que je répète volontairement le même texte tous les matins. C’est la nouvelle technique d’information inaugurée par le quotidien “La Repubblica” de Milan.

“Mon Président” nous ruine pour donner beaucoup de plaisir aux riches. Pour comprendre, analysez l’évolution et le profil et du déficit budgétaire – qui avec 141 milliards d’euros va atteindre près de 8,5 % du PIB – et de la dette publique, 84 % du PIB. finances-publiques-il-nous-ruine

Sans compter les 50 milliards d’Euros du grand emprunt, toujours en devenir.

§ Mon Président a pris de grandes décisions pour l’Outre-mer : la Secrétaire d’Etat élevée au rang de ministre !outre-mer-137-mesurettes

§ Jeudi soir, le ministre Eric Besson a voulu mettre son grain de sel dans un débat sur l’Identité nationale organisé à Sc.Po. Il a été hué par les 150 étudiants présents !

§ Laurent râle contre le plan de guerre anti-violence à l’école laurent-rale%E2%80%A6%C2%A0

§ Le chômage aux Etats-Unis chomage-us-une-remarquable-analyse

§ Pour tenir compte de “certaines observations” de lecteurs, j’ai modifié mon billet “clavier 1er novembre” mon-clavier-1er-novembre-2

§ En attendant, vous pouvez toujours lire…

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  • le manuscrit de la “Sérénade italienne“, thriller, en chargement libre fiction-la-serenade-italienne

Mon clavier, 6 novembre

13UTCp30UTC11bFri, 06 Nov 2009 14:37:13 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

§ Avertissement : responsabilité et modération responsabilite-et-moderation

§ Je rappelle que je répète volontairement le même texte tous les matins. C’est la nouvelle technique d’information inaugurée par le quotidien “La Repubblica” de Milan.

“Mon Président” nous ruine pour donner beaucoup de plaisir aux riches. Pour comprendre, analysez l’évolution et le profil et du déficit budgétaire – qui avec 141 milliards d’euros va atteindre près de 8,5 % du PIB – et de la dette publique, 84 % du PIB. finances-publiques-il-nous-ruine

Sans compter les 50 milliards d’Euros du grand emprunt, toujours en devenir.

§ Pendant ce temps le gouvernement s’amuse. L’Ecole sera, à son tour, mise à contribution sur le débat sur “l’identité nationale”.  Luc Chatel, le ministre de l’éducation l’a annoncé. Les personnels de l’Education nationale expriment une gêne et une réticence que l’UNSA Education partage. Pour la fédération UNSA Education,

l’Ecole n’a pas à être instrumentalisée à des fins politiciennes et électorales. La nation française serait-elle donc à ce point menacée ou inquiétée pour que l’Ecole soit convoquée à un débat lancé dans l’urgence et les arrière-pensées ?

§ Tragédie US : us-la-tragedie-de-fort-Hood-va-exciter-les-arabophobes

§ USA encore le chômage nouvelle-hausse-du-chomage-aux-usa-le-total-est-superieur-a-10

§ Pour tenir compte de “certaines observations” de lecteurs, j’ai modifié mon billet “clavier 1er novembre” mon-clavier-1er-novembre-2

§ En attendant, vous pouvez toujours lire…

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US – La tragédie de Fort Hood va exciter les arabophobes

55UTCp30UTC11bFri, 06 Nov 2009 09:14:55 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

La tragédie dans la base militaire de Fort Hood, au Texas, risque de déchaîner les invectives des arabpphobes. L’unique tireur identifié est en effet un psychiatre militaire, major ( commandant), musulman d’origine palestinienne, Nidal Malik Hasan. Il a été blessé au cours de l’affrontement.

Les motivations du meurtrier ne sont pas encore bien identifiées. Selon les uns il aurait été profondément frappé par sa prochaine mutation en Irak. D’autres sources non contrôlées indiquent en revanche que dans un mail récent il aurait manifesté l’intention de commettre un attentat-suicide.

Mon clavier, 5 novembre

46UTCp30UTC11bThu, 05 Nov 2009 15:55:46 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

J’ai passé vers 16 heures aujourd’hui le cap des 50 000 visites uniques reçues depuis la création de ce blog. Merci à mes lecteurs. Et je suis toujours à leur disposition. J’apprécie la qualité mais aussi la prudence des contributions, et j’avoue écarter les correspondants anonymes, sous pseudo plus ou moins fantaisistes.

§ Avertissement : responsabilité et modération responsabilite-et-moderation

§ Je rappelle que je répète volontairement le même texte tous les matins. C’est la nouvelle technique d’information inaugurée par le quotidien “La Repubblica” de Milan.

“Mon Président” nous ruine pour donner beaucoup de plaisir aux riches. Pour comprendre, analysez l’évolution et le profil et du déficit budgétaire – qui avec 141 milliards d’euros va atteindre près de 8,5 % du PIB – et de la dette publique, 84 % du PIB. finances-publiques-il-nous-ruine

Sans compter les 50 milliards d’Euros du grand emprunt, toujours en devenir.  Un sujet autour duquel s’étripent la Présidence, le Premier ministre et les députés de la majorité. ca-ne-baigne-pas-dans-les-sommets-politiques-francais 63 d’entre eux veulent un “immense emprunt”, chronique-du-grand-emprunt

§ L’arrêté encadrant les rémunérations des opérateurs de marché des banques, les fameux bonus, a été publié au Journal officiel jeudi 5 novembre, à la veille d’une réunion des ministres des finances du G20 à Saint-Andrews (Grande-Bretagne). Selon “Le Monde” l’arrêté reprend les engagements pris publiquement lors du dernier sommet du G20, fin septembre à Pittsburgh.

§ Nouveau coup de com-pub du gouvernement : un couvre-feu pour les moins de 13 ans “délinquants”. Inapplicable ? C’est le jugement unanime des milieux de la sécurité. Seul l’inénarable Frédéric Lefebvre soutient le projet. Comme il a soutenu la candidature de Jean Sarkozy à l’Epad, que le Président lui-même considère comme une erreur politque. un-couvre-feu-pour-les-delinquants-de-moins-de-13-ans-largement-juge-inapplicable_1262512_823448.html#xtor=EPR-32280229-[NL_Titresdujour]-20091104-[zonea]&ens_id=1262411

§ Justice US : poursuites antitrust contre Intel us-justice-antitrust-poursuites-contre-intel

§ Opel casse-industrielle-opel

§ Le stock d’armes saisi par Israël à bord du cargo Francop. Le stock était destiné … à personne, Téhéran, Damas et le Hezbollah, désignés par Israël, nient tout lien avec cette cargaison. Et dénoncent un acte de piraterie commis pas Israël !

§ A écouter, sur Radio Nova, dans la série “première fois”, Ma première nuit chez moi de Joseph Moreno. radio-a-ecouter-sur-radio-nova Le lien viendra pas la suite

§ Dans l’Express : Il faudra lire, les dernières confidences du juge Jean-Louis Bruguière les-verites-du-juge-bruguiere_826144.html?p=4

§ Le site satirique bakchich.info, qui avait lancé en septembre un hebdomadaire papier pour tenter de sauver le groupe, va se déclarer lundi en cessation de paiement, a indiqué mercredi à l’AFP son patron Nicolas Beau.

§ En attendant, vous pouvez toujours lire…

  • Dans le Secret des Services, aux Editions Denoël. Avec le récit détaillé de l’affaire Clearstream. Et de l’affaire Farewell, de première main, là aussi.
  • le manuscrit de la “Sérénade italienne“, thriller, en chargement libre fiction-la-serenade-italienne
  • et le manuscrit de “Nuits bleues, la saga d’un fugitif“, également en chargement libre fiction-nuits-bleues

Casse industrielle : OPEL

58UTCp30UTC11bThu, 05 Nov 2009 10:20:58 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

General Motors a décidé de conserver Opel dans son giron. Mais au prix de 10 000 licenciements en Europe. Que deviendront les 1700 ouvriers de l’usine de Strasbourg ?

La Chancelière Angela Merkel serait fort mécontente de cette décision.

Ça ne baigne pas dans les sommets politiques français

12UTCp30UTC11bThu, 05 Nov 2009 10:11:12 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

La baston se poursuit dans la majorité. Tout est bon et tout le monde s’y met : Raffarin, les 63, Jean-François Copé, Rama Yade. Et surtout le Grrrand emprunt. Les uns, derrière Henri Guaino, veulent un emprunt à 100 milliards d’Euros. Juppé et Rocard, chargés de l’étude, entre 20 et 30 ; François Fillon aux environ de 35 Mld, tout en taclant sévère Henri Guaino. A ce jour, l’Elysée se contenterait de 25 à 50 milliards

Nicolas Sarkozy a profité mercredi du Conseil des ministres pour souligner la “nécessité d’être solidaires”, selon le porte-parole du gouvernement Luc Chatel. C’est-à-dire pour pousser un bon coup de gueule contre les uns et les autres.

Animé d’une colère froide, le président n’a pas mâché ses mots la veille face aux dirigeants de l’UMP. “Il y a autour de nous un océan de fébrilité”, a-t-il clamé, sermonnant Jean-Pierre Raffarin pour sa tribune cosignée avec 23 autres sénateurs contre la réforme actuelle de la taxe professionnelle

A propos de Raffarin,

“On n’a pas apprécié ce coup d’éclat alors que la majorité est déjà assez bien secouée comme ça”, confie à l’AFP un responsable de la majorité.

“Le président a voulu être très ferme pour mettre fin à ces interpellations qui ne servent vraiment pas notre famille”, a résumé à l’AFP un haut cadre du parti.

Le « haut cadre du parti » en question ne serait autre que Mon Président lui-même !

Un ministre ironise :

“Raffarin s’emmerde et n’a pas digéré de ne pas avoir eu la présidence du Sénat”.

François Fillon revient pour sa part sur le cas du conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, Henri Guaino. Son autre bête noire. Il l’accuse de militer publiquement pour un grand emprunt massif.

Dans ce contexte est passé pratiquement inaperçu le départ de l’Elysée de Patrick Ouart, « conseiller spécial pour les affaires juridiques », lisez le conseiller chargé de suivre et de manipuler le procès Clearstream. Il retourne chez LVMH comme conseiller de Bernard Arnaud.Patrick-va-se-faire-Ouart-chez,09178.html

Question : pourquoi ce départ soudain alors que le procès Clearstream n’en est qu’au milieu du gué ? Le Président ne serait-il pas satisfait des avis délivrés par son conseiller ?

Enfin, bref, ça baigne. Ce qui nous vaut cette analyse plutôt surprenante

“C’est normal, il n’y a pas d’opposition, alors le débat a lieu dans la majorité. Il n’y a pas de gauche, donc on se bouffe le nez entre nous”, glisse un  « expert » proche du sommet.

Sécurité : les Israéliens arraisonnent un bateau transportant des armes

30UTCp30UTC11bWed, 04 Nov 2009 18:21:30 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

Précisions à 18 h 30

Ce mercredi 4 novembre, des commandos de marine israéliens sont montés à l’abordage du Francop, un cargo porte-conteneurs antiguais, s’en sont rendus maîtres et l’on remorqué jusqu’au port d’Ashdod, dans le sud du pays. L’arraisonnement s’est produit à cent miles nautiques (185 kilomètres) des côtes israéliennes, à l’extérieur des eaux territoriales libanaises et israéliennes. Le navire, qui était parti d’Iran, transportait des armes et des munitions à l’intention du Hezbollah, en parfaite contravention avec les provisions de la résolution 1701 du Conseil de Sécurité de l’ONU. Sous des leurres tendant à faire croire à un chargement commercial, les commandos ont découvert des missiles et des roquettes antichars, selon un communiqué officieux de l’armée.

Selon les autorités israéliennes, la cargaison d’armes serait vingt fois plus importante que celle que transportait le Karin A, commandité par Yasser Arafat, qui avait 50 tonnes de matériel militaire à son bord. Le chargement atteindrait conc 1000 tonnes ! Il y aurait de quoi équiper une division complète.

( Source : Metula news agency)

Sarkozy n’est pas fini…

52UTCp30UTC11bWed, 04 Nov 2009 16:26:52 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

Des cassandres annoncent la fin de Nicolas Sarkozy, s’en gargarisent même depuis que celui-ci multiplie les erreurs économiques et les décisions à caractère népotique. Le Président serait même au plus bas dans les sondages (39 ) … jusque dans son propre camp.

Mais alors, comment expliquer la récente élection de David Douillet sous l’étiquette UMP, même dans une circonscription traditionnellement ancrée à droite et en faisant abstraction du niveau d’abstention ? Mieux, le nouveau député des Yvelines ne s’est-il pas exprimé en faveur de la nomination de Jean Sarkozy à la tête de l’Epad (Établissement public d’aménagement de la Défense) et le maintien du bouclier fiscal ?!

Par conséquent, sauf à considérer que les Français sont des veaux à l’instar du jugement abrupt porté par le général De Gaulle, ne vendons pas la peau de l’ours avant de l’avoir tué, d’autant que l’opposition, pourtant loin d’être aphone ou dépourvue d’idées, demeure inaudible sur une scène politique phagocytée par Nicolas Sarkozy.

Mon clavier, 4 novembre

35UTCp30UTC11bWed, 04 Nov 2009 15:38:35 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

§ Avertissement : responsabilité et modération responsabilite-et-moderation

§ Je rappelle que je répète volontairement le même texte tous les matins. C’est la nouvelle technique d’information inaugurée par le quotidien “La Repubblica” de Milan.

“Mon Président” nous ruine pour donner beaucoup de plaisir aux riches. Pour comprendre, analysez l’évolution et le profil et du déficit budgétaire – qui avec 141 milliards d’euros va atteindre près de 8,5 % du PIB – et de la dette publique, 84 % du PIB. finances-publiques-il-nous-ruine

Sans compter les 50 milliards d’Euros du grand emprunt, toujours en devenir.  Un sujet autour duquel s’étripent les députés de la majorité. 63 d’entre eux veulent un “immense emprunt”, contrairement à Alain Juppé et Michel Rocard qui s’inquiètent du déficit budgétaire abyssal.chronique-du-grand-emprunt

§ Quand Sarkozy remonte les bretelles de Raffarin sarkozy-tance-raffarin-sur-la-taxe-professionnelle_826072.html

§ Suite identité nationale identite-francaise-le-blabla-du-net

§ Le bilan contrasté de Barack Obama et deux défaites électorales obama-deux-defaites-une-victoire-et-un-couronnement-attenduusa-le-bilan-contraste-de-barack-obama

§ un cargo d’armes arraisonné par les Israéliens securite-les-israeliens-arraisonnent-un-bateau-transportant-des-armes

§ Les prix littéraires, suite les-prix-litteraires-suite

§ J’ai apprécié “Un mur à Berlin”, voir sur mon blog associé des Trois cultures television-le-mur-de-berlin-vingt-ans-plus-tard

§ En attendant, vous pouvez toujours lire…

  • Dans le Secret des Services, aux Editions Denoël. Avec le récit détaillé de l’affaire Clearstream. Et de l’affaire Farewell, de première main, là aussi.
  • le manuscrit de la “Sérénade italienne“, thriller, en chargement libre fiction-la-serenade-italienne
  • et le manuscrit de “Nuits bleues, la saga d’un fugitif“, également en chargement libre fiction-nuits-bleues

USA : Le bilan contrasté de Barack Obama

24UTCp30UTC11bWed, 04 Nov 2009 11:00:24 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

Deux échecs électoraux s’expliquent par le bilan constrasté du Président Barack Obama au bout d’un an à la Maison Blanche. Il semble avoir du mal à tenir ses promesses de campagne.

  • Guantanamo et les prisons spéciales de la CIA

Il a signé la fermeture du camp. Mais elle se révèle très difficile car personnes ne veut accueillir certains prisonniers. Aucune information pertinente sur les autres “prisons de la CIA”

  • politique CIA

Reprise en main complète du système de renseignement US qui est rentré dans l’orbite présidentielle.

  • politique étrangère : G 20, l’Europe, Israël, l’Iran,
  • Ici encore bilan contrasté. Si la présence américaine au G20 a donné un nouveau poids à cette réunion des chefs d’Etat, sur le terrain, pas encore de résultats décisifs. Des avancées en matière de climat, mais modestes.
  • L’Europe semble un peu le cadet des soucis d’Obama qui regarde à peine Sarkozy. On va voir ce que donnera l’émergence de l’Europe en tant que puissance mondiale après la mise en vigueur du Traité de Lisbonne le 1er décembre.
  • L’OTAN reste toujours sous strict contrôle américain.
  • Israël : des avancées très modestes sur le plan des colonies. Déception des Israéliens, habitués à un soutien américain inconditionnel. Le “discours du Caire” dans lequel Obama a prôné la réconciliation avec le monde musulman a fortement inquiété Israël.
  • Afghanistan, Irak

Position prudente et attentiste d’Obama. La réduction d’effectifs a commencé en Irak, mais en Afghanistan situation se rapproche de plus en plus du bourbier. “Indécision’ d’Obama, manifestation de sa pratique “participative” qui exige de longs palabres avant d’avancer vers une décision.

  • Afrique
  • politique économique :

redressement. Comme prévu, lancement d’un plan de redressement extrêmement coûteux en subventions, mais apparemment efficace. Mais Obama ne veut pas entrer dans la voie d’un vrai contrôle des pratiques bancaires perverses qui reprennent de plus belle. Plusieurs dépôts de bilan spectaculaire. Mais les résultats en ce début novembre semblent donner raison à sa marche lente. Les grands banques sont sorties du rouge, de même que Ford et General Electric. Le marché de l’immobilier retrouve des couleurs

  • Plan Santé

La grande affaire reste le Plan Santé qu’Obama semble capable de mettre en oeuvre, avec de grandes difficultés dans les deux chambres soumises à un lobbying effréné des sociétés privées d’assurances. Personnellement, il me paraît probable que le Président va parvenir à ses fins, au prix de quelques sacrifices.

  • La révolution vertes en route (avec LePoint.fr)

C’était le 4 novembre 2008. “Je ne sous-estime pas l’énormité de la tâche qui est devant nous”, déclarait le nouveau président des États-Unis, Barack Obama, avant de dérouler l’essentiel de son programme . Un an plus tard, le locataire de la Maison-Blanche a entrepris une bonne partie de ses engagements. lepoint.fr fait l’inventaire. Aujourd’hui : le climat.

C’est un projet de loi de 800 pages, qualifié déjà d’historique. Mardi 3 novembre, le Sénat américain a débuté l’examen de ce texte relatif aux gaz à effet de serre. L’arrivée d’un tel document devant le Congrès peut s’apparenter à une victoire pour Barack Obama. Alors que l’administration Bush n’a eu de cesse d’exclure toute loi sur le réchauffement climatique , la nouvelle équipe gouvernementale a pris à bras le corps ce sujet sensible dans un des pays les plus pollueurs au monde. L’objectif de Barack Obama est ambitieux : la réduction de 20 % des gaz à effet de serre d’ici à 2020. Une première étape puisque son programme électoral préconise une réduction de 80 % d’ici 2050.

Ce bilan en demi teintes, très conforme au caractère du personnage, déçoit ceux qui attendaient “tout, tout de suite”.

Identité française : le blabla du net

43UTCp30UTC11bWed, 04 Nov 2009 10:53:43 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

Mes messages au ministère Besson sont toujours écartés… Bon. La lecture des contributions est assez affligeante, j’ai recopié une page (40) de ce matin. Guy Birenbaum observe pour sa part que cette question sur l’Identité nationale lui rappelle de fâcheux souvenirs personnels. Il est vrai que Birenbaum… Au fait, ça veut dire quoi, ce patronyme ? Mais Besson persiste et signe, il est sûrement ravi que tant de militants UMP remplissent ses pages laudatives !

Je rappelle également que la publication de messages sous pseudonymes est plus que critiquable.

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Responsabilité et modération

03UTCp30UTC11bWed, 04 Nov 2009 09:00:03 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

Je dois rappeler à certains de mes lecteurs que le titulaire d’un blog en est responsable au plan juridique, au même titre qu’un directeur de publication en presse écrite.

Conséquence : le titulaire d’un blog, en tant que webmaster, doit contrôler avec rigueur tous les écrits qui pourraient être insérés dans le blog au titre de commentaire. Il en découle un droit sans partage dit de “modération” qui consiste à accepter ou non la publication de commentaires transmis par des lecteurs.

Ceux-ci peuvent proposer un commentaire, mais le webmaster n’est pas obligé de les publier. Quand je n’accepte pas un commentaire – une ligne spéciale est prévue à cet effet dans le programme d’édition – il ne s’agit pas d’une censure mais bien d’une mesure à caractère juridique destinée à prévenir toute mise en cause pour diffamation, injures ou autres délits, ainsi que les actions de propagande à caractère commercial, politique ou idéologique.

Sans avoir à me justifier d’une façon quelconque sur mes décisions, je peux même intervenir à l’intérieur des textes, toujours relus avec soin pour des questions de grammaire, d’orthographe et pour détecter les mises en cause inopportunes.

Enfin je n’inclus jamais les commentaires qui pourraient m’être adressés sous pseudonymes et/ou dont les sources ne sont pas clairement identifiées.

La francophonie, sans la France

19UTCp30UTC11bTue, 11 Nov 2008 11:54:19 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

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Défaite en rase campagne pour les écrivains germanoparatins français, victoire pour la francophonie. Pas la francophonie de salon. Avec JMG Le Clezion un Mauricien élevé comme un Britannique au Nigeria, Prix Nobel ; le Goncourt à « Syngué sabour » (POL), le premier roman écrit en français par l’écrivain et cinéaste afghan Atiq Rahimi.et et le Renaudot pour Le roi de Kahel (Le Seuil), dû à la « plume » du Guinéen, Tieno Monenembo. Lequel vit aujourd’hui à Cuba. Même s’il y a volonté des jurys de frapper fort, de surfer sur l’effet Obama, ce n’est pas de la francophonie institutionnelle à la Foccart ou à la Jouyet, le très discret Secrétaire d’Etat à la francophonie.
Dans son Paradis B où il s’est retiré depuis maintenant deux ans et demi, mon fils Lucio Mad doit jubiler. Auteur de plusieurs romans plus africains que français, dont « Les trafiqueurs », « Paradis B », ( Gallimard), il était inconditionnel de la littérature francophone non française ; amateur notamment des Antillais Patrick Chamoiseau et Edouard Glissant. Il soutenait sans cesse que l’avenir de la littérature francophone était hors de France. L’attaché culturel français à Dakar avait chargé Lucio de détecter au Sénégal des écrivains francophones, c’est ainsi qu’il avait aidé Abasse Ndione ( La Vie en spirale, Ramata) à être édité chez Gallimard
Lire : Abasse Ndione Ecrits noir sur blanc, Catherine Simon, Le Monde, édition du 06.09.08
La propre épouse de Lu, Aminata Zaaria, avait publié chez Grasset La nuit est tombée sur Dakar, (2004).
On peut tenir le même raisonnement avec les Britanniques, qui voient leur littérature restaurée par les Indiens et les Pakistanais.

Urgence humanitaire – Veille sur le Kivu – Suite

10UTCp30UTC11bWed, 12 Nov 2008 10:40:10 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

Il y a deux jours, j’ai répercuté un appel lancée par mon amie Anne-Christine depuis San Francisco pour installer un système de veille humanitaire au Nord Kivu, sur le même site déjà utilisé pour le Kenya. Elle nous apporte ce matin des éclaircissements importants. Je reproduis son texte anglais.

This interactive mobile + internet system from the Ushahidi project (Kenyan and US tekkies) is still in early stages but has been used very successfully by many Kenyan citizens who have cell phones in villages outside major cities in the Kenyan countryside to directly report on and monitor the post-election situation in Kenya since January of this year (ongoing).

The same approach is being taken now for the humanitarian catasrophe that has developed in the past two weeks in E Congo, DRC.(though the platform is still in alpha stage, so still has kinks to be worked out). The DRC project will be in French and English, and also includes a focus on mapping the humanitarian and local civil society response. What may additionally interest many of you is that this type of web 2.0 platform and software has been designed for mobile users in poor countries to provide live and direct feeds, and get and receive alerts from the computer. This system can ideally be applied to any topic and combines GPS geo tracking to map live reports from the field.. I just heard that the folks at Google Earth are getting involved to help respond to the Congo crisis… with this approach, this info and maps that can be read on a mobile phone can include info such as where emergency med services such as IDP relief, or PEP in local hospitals are provided etc. So could be potentially a very critical tool for providers and local advocates.
So for those of you in HIV and public health or human rights field, take note of this project and its goals, as this type of system could be adapted for use in other countries and as a great local networking tool for communication, emergency reporting, and mapping delivery of responses of any kind. And for those of you interested, I plan to track this project myself and will keep you posted via my own blog – starting shortly at my own blog, which is not very active to date at: www.acdadesky.org. Thank you..- AC
Donc n’oubliez pas l’Afrique dans vos pensées, et transmettez le message.

La crise mondiale et les hyperconservateurs britanniques

40UTCp30UTC11bThu, 13 Nov 2008 00:15:40 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

IPN ( International Policy network) est un think tank britannqiue qui s’est donné pour mission de répandre la bonne parole ultralibérale dans le monde. Dans son dernier bulletin d’information – novembre – un de leurs analystes revient sur la crise mondiale, il tente d’identifier les causes, il critique d’avance les solutions qui vont être débattues lors du sommet du G20 le 15 novembre à Washington. Cette lecture devrait permettre de mesurer le gouffre stupéfiant entre les idéologies ultralibérales et les réalités. A l’heure où totalement inspirée par l’idéologie libérale le monde financier britannique voit ses reins brisés ; où l’industrie automobile américaine est en train de s’effondrer faute d’avoir été capable d’anticiper la fin du tout automobile de gros calibre ; maintenant que le crédit immobilier et la petite propriété pour tous dans les grandes banlieues se sont écroulés faute d’un minimum de régulation, nous pouvons constater que certains penseurs britanniques persistent dans la magnification du tout libéral. Je vous soumets ce document surprenant, à lire avec soin.

[According to Eamonn Butler] the current financial crisis was in large part caused by the US government. These errors were then magnified enormously by subsequent interventions. The bailout of Bear Sterns created an assumption that the US government would step in to bail out all very large US financial institutions – and signaled to the leadership at Lehman Brothers, for example, that it need not worry too much about finding outside capital. To make matters worse, Keynesian stimulus packages are also catching on like wildfire, with governments around the world attempting to boost their economies with injections of cash.

Governments are terrible at allocating resources and their attempts to boost our economies will almost certainly backfire. Economic growth is the result of entrepreneurs identifying and filling niches by developing better products and production processes, thereby boosting production and productivity. In contrast, when governments throw money at the economy, they divert resources away from their most efficient and effective uses, undermining innovation and growth.

The best way to stimulate the economies of the world would be to reduce the number of overbearing taxes and regulations that currently inhibit the development and delivery of all manner of products and services.

On November 15, representatives from governments from the G20 group of countries will meet to discuss the future of world financial regulation. There is a grave danger that in this time of crisis, they agree to all manner of interventions that would harm people around the world. Already we have heard President Sarkozy espouse ridiculous anti-capitalist sentiments. Britain’s Foxy Brown (recently transformed from his role as Flash Gordon, saviour of the Universe) seems to be resisting these overtures – presumably because he fears, rightly, that they would harm the City of London, a major engine of Britain’s growth.

La dimension criminelle de la Crise

05UTCp30UTC11bWed, 19 Nov 2008 16:00:05 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

Et si les crises financières étaient causées par des gangsters ? Et si elles étaient le produit évident de l’économie criminelle ? On a tout dit sur la crise financière actuelle, on a démonté tous les rouages de cette infernale mécanique qui des subprimes nous a conduit à la profonde crise économique qui ravage aujourd’hui le monde. Une crise qui remet en cause le capitalisme libéral issu des accords de Bretton Woods. Sauf à identifier les ressorts fondamentaux qui seraient des agissements mafieux, des pratiques criminelles avérées. Un commissaire de l’Union européenne allait jusqu’à dénier il y a encore quelques jours toute dimension criminelle à la crise. Trois experts, le journaliste Xavier Raufer, animateur du centre de recherche sur les menaces criminelles contemporaines (MCC, lié à l’Université Paris 2, Panthéon Assas), Noël Pons et Jean-François Gayraud ont entrepris de mettre la question sur le tapis. Oui, affirment-ils à l’unisson, la crise actuelle, comme les précédentes, est directement liée à la criminalisation de l’économie. Ils ont jeté le pavé dans la mare devant un public très fermé de spécialistes lors d’une conférence tenue mardi soir 18 novembre à la faculté de droit du Panthéon.

Pour comprendre, insiste le commissaire Gayraud, il faut remonter à la crise des “Savings and Loans” qui a ravagé le monde des Caisses d’épargne américaines au cours des années 1980. Près de 80% d’entre elles ont disparu dans la tourmente, 747 en tout, sur l’ensemble du territoire américain. Le coût de cette crise est estimé à environ $160.1 milliards de dollars, dont $124.6 milliards assumés directement par le Trésor américain, donc par les contribuables. Cet apport massif a largement contribué au déficit budgétaire américain au début des années 1990.

“Soit l’équivalent du coût de la deuxième guerre mondiale, soutient Gayraud. Or des groupes mafieux sont clairement à l’origine de cette crise”.

Il n’avait pas échappé à certains groupes mafieux, expose-t-il, que le domaine des Caisses d’Epargne n’était régi par aucune régulation sérieuse, par aucun contrôle efficace. La situation a été aggravée par une loi ” Garn-St. Germain Depository Institutions” de1982, dérégulant totalement le secteur.

Dans ces années 1980, il était plus facile d’ouvrir une caisse d’Epargne qu’un casino dans le Nevada. Les mafieux se sont enfoncés dans cette faille pour mener leurs affaires criminelles.  Ils se sont en particulier acoquinés avec des directeurs de caisse pour s’emparer d’un grand nombre d’entre elles, les piller par divers moyens pervers. Prêts sur documents falsifiés, à très faible taux, accordés dans des conditions plus que libérales : ces quelques pratiques ont permis à l’économie criminelle de s’alimenter largement en cash. Les caisses se sont lancées dans une course éperdue aux investissements hors logement, en s’appuyant notamment sur des investisseurs définis comme “discutables”. Et pour masquer leurs pratiques frauduleuses, elles ont commencé à truquer les comptes. C’était “l’intérêt” de tout le monde. Cette belle histoire a eu une fin : en 1987, l’Attorney général du Gouvernement américain doit reconnaître l’existence au niveau national de fraudes massives. 30 à 40 % des prêts alors en cours auraient été frauduleux ! Nous sommes bien dans la configuration d’une économie criminelle. L’essentiel des gains illicites engrangé par les mafias a disparu dans des institutions financières situées dans des paradis fiscaux. De façon assez étonnante les Yakuzas japonais sont réputés avoir pris une part majeure dans ce scandale.

Première conséquence, chute dramatique du marché de la construction américain, passant entre 1986 et 1991 de 1,8 millions de maisons par an à 1 million. Et tout le système du financement de la construction s’effondre, alors que les banques classiques n’ont guère d’expérience en ce domaine. C’est l’essentiel à retenir.

Car, souligne pour sa part Noël Pons, la crise qui a éclaté ce printemps est dans sa mécanique quasi identique à celle des années 1980, sauf que les acteurs sont différents. Dans une nouvelle configuration les banques sont désormais alimentées en demandes de prêts par des courtiers spécialisés, qui promettent tout, et même la lune. Le montant des prêts dépasse fréquemment les 125 % de la valeur de la maison objet de l’emprunt, dont la valeur est elle-même fortement surévaluée. C’est plus simple, plus sûr, mieux que le casino. Pour éviter une mise en lumière trop crue sur ces méthodes désastreuses pour l’avenir, mais plus que profitables dans l’immédiat, les banques entreprennent de regrouper dans des pots communs les prêts, en les “titrisant”, puis dans un deuxième temps en mêlant ces titres pourris avec d’autres créances dans des structures globales qui seront elles-mêmes valorisées de façon anarchique. Naturellement, les comptes sont truqués. Dans un troisième temps, ces structures “globalisées” sont assurées, puis réassurées, nouveaux flux de fonds, donc, et enfin revendues à des “investisseurs” tout aussi douteux que dans les annés 1980, logés, bien sûr, dans des paradis fiscaux. Les “créances” revendues servent elles-mêmes de levier pour “lever” des emprunts auprès des grandes banques d’affaires. Lesquelles placent ces “valeurs virtuelles” auprès d’autres banques qui n’y voient que du feu, notamment en Europe occidentale et de l’Est; dans des collectivités locales – les municipalités anglaises et plusieurs Conseils généraux français en sont infectés -; ou à des institutions aussi surprenantes que des clubs de foot. Etc. Autrement dit on vend à tout le monde du vent, puisque la base de toute la machinerie est constituée en grande partie de créances non recouvrables. Un point est absolument certain : du bas en haut de l’échelle sont mises en oeuvre par manoeuvres frauduleuses des pratiques criminelles et par tout le monde, la plupart des opérateurs étant conscients de leur implication. Ceux qui s’y refusent sont écartés sans ménagement. Les autres acceptent parce que les “bonus” – on les estime à 3 milliards de dollars – sont si importants qu’on ne peut les négliger. Ces pratiques à caractère mafieux  se prolongent dans la manipulation des marchés financiers, admet Michael Mukasey, l’Attorney general de Georges “W”, le 23 avril 2008, lors d’une conférence sur le crime organisé au Center for Strategic and International Studies (CSIS). Alors que dans  la crise des Saving&Loans l’intervention des mafias était somme toute limitée, désormais, c’est l’ensemble d’une économie qui est placée sous la coupe de méthodes criminelles, ce sont les hommes ordinaires, on est passé à un stade supérieur, la criminalisation d’une société dans son ensemble. Personne ne comprenait ce qui se passait, mais tout le monde en profitait. Le “crime organisé”, désormais ce ne sont plus des “sales types” (bad guys), mais lui, votre voisin, votre avocat, votre conseiller financier, voire votre banquier.

Et, comme de juste, l’administration Bush et les Républicains se sont farouchement opposés à toute forme de régulation qui aurait pu freiner le développement de ces pratiques criminelles, dans lesquelles nombre d’entre eux seraient impliqués. Il fallait choisir entre ce scandale et la “Guerre au terrorisme”. Pour Bush ce choix était évident.

En guise de conclusion, Noël Pons rapporte la formule paradoxale d’Alan  Greenspan, l’ancien Président de la FED, le Federal Reserve Board.

Si vous avez cru comprendre ce que je viens de vous dire, c’est que je me suis mal expliqué.

Noël Pons est inspecteur des Impôts, actuellement chargé de mission au SCPC (Service central de Prévention de la Corruption). Son dernier livre, publié chez Odile Jacob : “Cols blancs et mains sales”. Il publiera un nouvel opus d’ici à la fin de l’année, toujours dans le domaine de l’économie criminelle.  Avant d’être détaché à l’INHES, le commissaire Jean-François Gayraud a été  le n°2 à la sous-direction de la sécurité et de la protection du patrimoine à la DST, adjoint du commissaire Martini. Gayraud a également publié deux livres couvrant ce secteur : Le Vol, (avec David Sénat)aux PUF, 2001, et Le Monde des mafias, Géopolitique du crime organisé, Odile Jacob, Paris, 2005.

Je précise que cet article décrit les mécanismes de façon assez sommaire, forcément grossière tant les méthodes utilisées ont été “sophistiquées”.

La casse industrielle – Suite

01UTCp31UTC12bFri, 12 Dec 2008 09:25:01 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

Donc voici de retour les mauvais chiffres du chômage. Cet été, en août, le gouvernement a cru pouvoir expliquer un subit accroissement du chômage par le “cycle d’été”. On s’aperçoit aujourd’hui qu’il n’en était rien. Le mauvais chiffre d’août était seulement annonciateur de la crise économique accompagnant la crise financière. Ce soir (jeudi) il faudra avaler 45000 chômeurs de plus, 100 000 en trois mois.

Et Christine Lagarde de proclamer sur LCI en rajustant son élégante écharpe blanche :

“Heureusement, on part de loin, on est aujourd’hui à 7,2%, et on a un taux de chômage qui est le plus bas depuis une vingtaine d’années… On s’y attend parce que l’économie a ralenti pendant cette période-là, donc il est inévitable que le chômage augmente”.

Pas “grave” puisque c’était prévu ! Les patrons se précipitent pour virer les “inutiles”, ceux qui leur bouffent leurs bénéfices. En oubliant toutes les “aides” (tous les cadeaux) reçus de ce gouvernement pour les inciter à recruter du monde. Les patrons ne cessent jamais de réclamer des aides, pour en oublier aussitôt le bénéfice, ou, pire, pour alimenter leurs comptes en banque secrets. Ils n’ont pas vraiment accepté d’embaucher, ils ont rejeté les 35 heures censées être utiles pour pour “partager l’emploi”. Aujourd’hui, à pein un petit coup de vent vient-il balayer l’économie qu’aussitôt des dizaines de milliers d’hommes et de femmes se retrouvent sans job. Et bien sûr, ce sont toujours les plus petits, les plus fragiles qui trinquent : les intérimaires, les CDD, les emplois à mi temps.

Du temps de la gauche, j’ai eu la naïveté de croire que le patronat refusait de jouer le jeu de l’économie dynamique pour gêner un gouvernement qu’il considérait comme illégitime. Comme toute la droite, d’ailleurs. On voit aujourd’hui que l’analyse était erronée. La vérité est plus simple : le patronat refuse de jouer le jeu de l’économie dynamique, quelque soit le gouvernement. Notre Omni Président a cru astucieux de tenter d’amadouer la patronat et les riches avec une pluie de cadeaux. Ce n’était pas astucieux, mais tout simplement mal vu.

Donc, il faut s’inquiéter pour nos enfants. A quand un patronat qui pensera à l’intérêt général, générateur de profits plus encore que le management à la petite semaine ?

Nouvelle casse : chez Alcatel-Lucent, qui n’en fini pas de dégraisser. Le martyrologue vous lasse ? Pas ceux qui sont virés !

Une déconstruction du monde, après faillite

19UTCp30UTC11bSun, 30 Nov 2008 18:08:19 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

La crise est un voile qui se déchire, en révélant tout ce qu’on avait refusé de voir jusque là. Ce n’est pas simplement un aphorisme vague, mais une constatation évidente. La crise économique laisse surgir à la surface des préoccupations profondes que l’euphorie de la croissance masquait. Le phénomène capital est la croissance économique. Comme l’observe avec justesse Guy Sorman (dîner débat avec les auditeurs de l’INHES, 25 novembre), nous avons vécu depuis 1991 dans la croyance d’une croissance continue, qu’il estime à 5% du Produit mondial brut pr an. C’est gigantesque, et on s’est installé dans l’illusion que ce rythme de croissance se maintiendrait pendant un temps sans limite. Certes, on comprenait bien que cette progression ne pourrait être continue, qu’elle serait marquée par des pauses, voire des reculs plus ou moins importants. Mais on la considérait comme de toute façon irréversible dans le modèle économique qui a lui a permis de se développer.

Or voici justement que cette crise actuelle apparaît comme beaucoup plus radicale que les autres. Autour des fondations, la terre se disloque, on découvre précisemment que ces fondations sont loin d’être aussi solides qu’on le croyait. Et même qu’elle se révèle d’une grande fragilité.

Pour avancer, il est nécessaire d’établir un premier bilan, qui nous conduira immanquablement à une déconstruction du modèle pour pouvoir imaginer une autre forme de vie sur terre. Le projet est ambitieux, je le sais, mais je pense qu’on ne peut éviter d’affronter cette immense difficulté.

Voici quelques uns des premiers éléments de mon analyse.

Déconstruire-reconstruire

Crise d’un modèle fondamental. Ce modèle est archaïque, il se réfère à une structure mentale antérieure à la première renaissance, au 15° siècle, centrée autour du château du Seigneur, de son carrosse, de son écurie, et d’une production principalement tournée vers la subsistance. Ce modèle s’est transformé en se généralisant, le château est devenu une petite maison individuelle dans une banlieue infinie, le carrosse s’est transformé en une grosse caisse métallique, la bagnole, entraînés par quelques dizaines de chevaux sous un capot-moteur.
Loin de renverser ce schéma, la Révolution de 1789 l’a imposé comme une nécessité, comme un droit pour tous. Depuis le début du 19° siècle la révolution industrielle s’est développée sur ce modèle, d’abord en Europe, puis aux Etats-Unis, puis dans le reste du monde. La liberté, c’est la petite maison et la bagnole.Et tout le système industriel qui permet d’assurer la pérennité de ce système. Urbanisme, architecture, béton, grands travaux routiers, sidérurgie, électronique, industrie automobile tout concourt à amplifier le modèle, puis à l’autojustifier. On ne peut revenir sur ce système sauf à mettre à bas toute l’économie mondiale. Il est au demeurant pour le moins étrange que les pays émergents adoptent ce modèle sans discussion.
Le système communiste, plus exactement le système collectiviste avait tenté d’imposer au autre modèle, fondé sur la gestion de masse et non sur l’individu. Le problème est que ce système ne pouvait que faillir dans la mesure où la massification impliquait l’écrasement de l’individu, la répression généralisée. Ce n’est pas la modèle qui s’est effondré, mais les moyens choisis pour l’atteindre. Car la réponse était d’une certaine façon pertinente : on ne peut aller jusqu’à l’infini dans le modèle rurbanisé de la société, forcément une limite sera atteinte. La crise absolue s’inscrit logiquement  dans ce développement.

Il est une autre révolution que l’on ne perçoit pas : la généralisation progressive de la « virtualité », d’un mode de communication fondé sur les rapports virtuels. Le grand révolutionnaire n’a pas été Marx, ni Rockefeller, ni personne, mais Edison. L’immense révolution est issue de l’exploitation des ondes, ondes de toutes sortes, comme support de la communication. Le téléphone, puis la radio, puis la télévision. Internet n’est qu’un avatar de ce système, mais qui le pousse toujours plus loin dans se implications.
Pour se parler, le transport par onde des informations ne nécessite plus une présence physique des deux partenaires, la présence peut ne plus être que virtuelle.

Secrets 2 – A propos du… “Cabinet noir”, par Guy Birenbaum

26UTCp31UTC12bSun, 21 Dec 2008 09:00:26 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

Précision en date du 21 décembre : voir le papier consacré hier 20 décembre aux ultimes confidences d’Yves Bertrand

Article d’origine 30 novembre

Je l’ai déjà écrit hier, j’aime bien le nouveau livre de Guy Birenbaum, Le cabinet noir. J’aime bien parce que, fidèle à sa réputation, Birenbaum met sur la table toute son information. Il raconte l’histoire d’un certain nombre de coups éditoriaux plus ou moins fumeux qu’il a su éviter. Plus par circonspection que par prudence. Il manifeste une certaine dose de candeur. Notamment quand il se demande comment un livre qu’il allait publier chez Denoël sur le juge Eric Halphen a été remis au Figaro par des mains secrètes avant publication. Guy doit savoir que les RG ont toujours été au courant des livres avant publication. Dans mes archives (inaccessibles, inutile de venir chercher ça chez moi) repose quelque part la “copie avant publication” d’un livre de Jacques Derogy que m’a remis un membre du… cabinet noir (!). Les RG ont toujours disposé d’informateurs patentés dans les imprimeries… et dans les journaux. Des informateurs le plus souvent insoupçonnables, du niveau des petites mains. Du Canard Enchaîné à tous les livres d’investigation, rien n’échappe à cette prépublication ! Et Yves Bertrand, cible de ce Cabinet noir n’était pas le dernier à en profiter.

Mais mon intérêt particulier pour ce livre est ailleurs. Peut-être sans le savoir, encore que… Birenbaum dévoile le nom du véritable animateur du pseudo cabinet noir, par la même occasion le persécuteur d’Yves Bertrand. C’est étalé en toutes lettes et en tout fac similé. L’homme n’est autre qu’Hubert Marty-Vrayance, commissaire de police. Il a oeuvré un temps dans le cabinet d’Yves Bertrand. Jusqu’à la découverte par le Directeur central des RG que son collaborateur se multipliait en scoops bidons, rumeurs infondées, provoquant d’immenses frayeurs. L’arrestation bidonnée d’Yvan Colonna, c’est lui. La thèse de l’assassinat de Pierre Beregovoy, c’est lui. Et surtout, l’invraisemblable théorie du complot développée par Thierry Meyssan qui dans L’effroyable imposture a prétendu expliquer les attentats du 11 septembre par une terrible machination montée par les Juifs et la CIA. Du coup, Yves Bertrand avait viré Marty-Vrayance de son cabinet. Le commissaire n’a jamais pardonné ce “forfait” à son ancien patron. Et depuis pour le persécuter répand dans la presse tous les bobards possibles. Les journalistes sont ravis de bénéficier de ces révélations fracassantes qu’ils prennent pour argent comptant, sans enquêter pour vérifier. Vous me direz que Marty-Vrayance n’est pas le seul à la manoeuvre, d’autres entendent avoir la peau d’un homme qui ne les aurait pas assez servis. Je le répète une nouvelle fois : je ne défends pas particulièrement Yves Bertrand qui pendant douze ans a oeuvré pour collecter du renseignement, pour le servir à ses patrons, dans un rapport quotidien au Ministre de l’Intérieur. Mais je me dois de dévoiler aussi le dessous des cartes. Et merci à Guy Birenbaum de publier les documents qui permettent de mieux comprendre.

13 h . Guy Birenbaum me précise :

L’affaire colonna telle que je l’ai vécue suffit à montrer le contraire de ce que vous avancez…
HMV [ Hubert Marty-Vrayance] est au coeur de l’enquête de Guillaume qui travaille pour Bertrand puisque c’est lui qu me conduit à Bertrand…
Et comme je le dévoile quelques jours après mon déjeuner avec YB, Guillaume et Robin, HMV est bien avec eux à Cosnes sur Loire pour tamponner Rougelet…

Mais je ne vois pas en quoi cette précision dément le rôle obscur et vengeur de Marty-Vrayance.

La crise et un mode de production absurde

39UTCp31UTC12bTue, 02 Dec 2008 08:00:39 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

Suite de la réflexion sur la crise.

Le modèle traditionnel s’appuyait à l’origine sur un mode de production assez sommaire, l’agriculture vivrière complétée par des pratiques encore proches des populations primitives, telles la chasse et la pêche. Si l’agriculture s’est progressivement industrialisée pour affronter les besoins d’une population mondiale toujours grandissante, si la chasse a pratiquement disparu comme activité productrice, ne subsistant de façon marginale que comme loisir, de manière assez curieuse la production piscicole n’a suivi que très tardivement le mouvement, puisque la pêche n’a guère évolué depuis les temps anciens. Sinon pour participer à un épuisement rapide des ressources naturelles. La production des fermes aquatiques, marines ou de rivière, reste aujourd’hui à peu près égale à celle de la pêche en mer. Laquelle est très probablement vouée à la disparition en  raison des conditions de travail que supportent de moins en moins les ouvriers de la mer, les ouvriers qu’on appelle des pêcheurs.
A terre, la production industrielle a tendu à satisfaire dans des proportions de plus en plus larges les besoins des consommations marginales plutôt que des consommations fondamentales. Je m’explique : aujourd’hui la sidérurgie travaille pour l’essentiel afin de répondre à la demande de l’industrie automobile.
Or l’automobile présente cette particularité d’être un produit aussi peu rentable que possible. Contentez-vous d’observer le taux d’occupation des véhicules privés dans la circulation. Vous pourrez constater que dans leur quasi totalité ils ne sont occupés que par une seule personne. Soit déjà une rentabilité inférieure à 25%. En outre, le véhicule reste immobilisé le long d’un trottoir ou dans un garage au moins vingt heures par jour – au mieux – sinon plus. Taux de rentabilité donc inférieur à 20%. Seule exception : le temps des vacances au cours de laquelle la famille entière est embarquée. Ce produit automobile d’une rentabilité dérisoire est en outre d’une très grande dangerosité. 4000 morts et 200 000 blessés par an en France,  a minima 20000 morts 1400000 blessés par an en Europe, à peu près autant aux EU. Quant au « monde émergent », Afrique et Asie, n’en parlons pas, les chiffres sont alarmants. Nous voici donc en face d’un outil d’une efficacité économique dérisoire, avec à la clé des dépenses de santé effroyables. Et qui nécessite pour tourner d’énormes masses d’énergie, en particulier le carburant tiré de ressources non renouvelables, mal réparties sur le globe, qui s’épuisent vite.
Ainsi considéré, le vecteur majeure de notre croissance apparaît comme un grave facteur de gabegie. La croissance peut-elle se justifier par la nécessité de cette gabegie ? On ne se pose la question – quelques minutes seulement – que lors des crises  périphériques qui nous obligent à considérer les choses autrement. J’appelle « crise périphérique » la succession d’événements qui nous contraint à regarder les choses de plus près. C’est le cas en particulier des « chocs pétroliers » successifs au cours desquels les prix des carburants ont été multipliés à la production par 10, passant de 15 dollars le barril de pétrole à 150, pour retomber à 50 : ces mouvements erratiques mettent l’accent sur la dépendance absurde de notre modèle économique avec des décisions complètement irrationnelles. Le même raisonnement peut être appliqué, mais sans dimension d’un risque mortel, aux besoins énergétiques indispensables pour construire et chauffer les maisons individuelles. Il s’avère que la montée permanente prix du mazout domestique contribue à appauvrir dans des conditions souvent dramatiques les propriétaires modestes. J’avais déjà attiré l’attention de l’opinion sur cet aspect très particulier dans mon livre « Dossier I… comme immobilier » publié en… 1974. Naturellement personne ne m’a écouté. Et aujourd’hui, dans les banlieues des pays froids, aussi bien aux Etats-Unis qu’en Europe, on se gèle, sans espoir de voir la situation s’améliorer autrement que par miracle. Comme le miracle n’existe pas, il faudra bien reconsidérer l’option du « tout maison individuelle ».
Une option qui a une seconde conséquence tout aussi coûteuse, la révolution de la distribution des biens désormais dominée par ce qu’on appelle la « grande distribution », à savoir les hyper marchés, les malls implantés au sein des banlieues. Les clients sont drainés par des parkings immenses.
Suite demain de cette réflexion

Négociation de crise

11UTCp31UTC12bMon, 01 Dec 2008 16:10:11 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

Nous avons vu pour vous hier soir (dimanche 30 novembre) sur le bouquet canal street/13° rue, “négociation de crise” réalisé par Loïc Ton-That (agence Capa).

3ème Garde à Vue pour Faustine Bollaert qui nous emmène cette fois dans l’univers de la négociation de crise :
En « Garde à Vue » face à Faustine Bollaert ce mois-ci, Philippe Legorjus le négociateur historique des débuts du GIGN, qui a notamment “négocié” pendant la prise d’otage d’Ouvéa en 1988. Aujourd’hui, il est parti vers le privé et est devenu un professionnel de l’investigation économique au service des entreprises en France.

Le film “Négociateur”– de F. Gary Gray avec Samuel L. Jackson et Kevin Spacey, a été suivi par un documentaire inédit “Négociations de crise”, de Loic Ton-That. Il nous permet de nous familiariser avec les unités d’élite qui, depuis leur naissance dans les années 70, ont progressivement formalisé le métier de négociateur : découverte d’une fonction méconnue. Philippe Legorjus, ancien colonel de gendarmerie et patron du GIGN nous guide vers ce métier délicat.

Pour voir ce sujet, à partir de demain, recopier le lien suivant.

http://video.msn.com/video.aspx?search=garde%20%C3%A0%20vue%20&mkt=fr-fr

Justice des mineurs-Tous coupables, bis

24UTCp31UTC12bTue, 02 Dec 2008 03:55:24 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

Justice des mineurs : dix contre-propositions

En vue de l’élaboration d’un projet de loi permettant à Rachida Dati de reprendre pied sur la scène politique, le 3 décembre sera rendu public le rapport d’une des innombrables commissions qui sévissent sous Sarkozy, la commission Varinard chargée  de plancher sur la justice des Mineurs. Le club Droits, justice et sécurités propose dix mesures alternatives.
La presse s’étale avec complaisance sur les propositions de cette commission. la principale est «l’élaboration d’un code dédié à la justice pénale des mineurs».  avec modification de l’âge de la responsabilité pénale, descendue à 12 ans,  «âge le plus pertinent, au regard de la réalité actuelle de la délinquance juvénile», contre 14 ans à l’heure actuelle. Déjudiciarisation de la première infraction – avec le renvoi du jugement de la première infraction au Conseil local de sécurité ; instauration d’un avertissement final, création pour les 16-18 ans d’un tribunal correctionnel pour mineurs spécialement composé. Instauration d’une peine d’emprisonnement de fin de semaine. Le rapport prévoit de créer un statut particulier pour l’audition des mineurs de moins de 12 ans, assorti d’une “mesure de retenue”, une sorte de garde à vue de 6 heures renouvelable une fois.
Pourquoi ce pénultième projet de toilettage de l’ordonnance de 1945 régissant la justice des mineurs ? Parce que, selon la Chancellerie, la courbe de la délinquance des mineurs n’a pas suivi la baisse de la délinquance générale. Quand les chiffres globaux montrent une diminution de 3,7 % en 2007, ceux de la délinquance des mineurs continuent à augmenter : + 1 %. Et parmi ceux-ci, celle qui augmente le plus est celle des plus jeunes : + 11 % pour les moins de 13 ans, + 10 % pour les 13-16 ans contre +6 % pour les 16-18 ans.
On oublie simplement de préciser que les faits de grande délinquance imputés à des mineurs sont rigoureusement stables depuis 1945, à raison de 300 faits par an. Ce qui augmente, ce sont les outrages et les vols avec violence, pas la délinquance la plus grave
Avant même de devenir un projet de loi au sens strict, ce rapport provoque de gros remous.  La justice des mineurs, estiment les membres du club, serait mise en cause sous l’influence de l’émotion. Options : plus de peines, plus de modestes mesures éducatives, contrairement à la situation actuelle. Le 27 novembre dans un café du 5° arrondissement, magistrats, avocats, professeurs de droit, travailleurs sociaux, les membres d’un “café citoyen”, organisé par le club « Droits, justice et sécurités » (DJS),ont présenté un réquisitoire en règle contre les idées qui soustendent ces travaux. Le groupe souligne que…

Les propositions du rapport « Varinard » sont à cet égard une dramatique régression. Le renvoi d’un mineur devant le tribunal correctionnel doit être exclu comme c’est le cas aujourd’hui. En cas d’infraction mixte, c’est au majeur d’aller devant la juridiction des mineurs, et non pas aux mineurs d’aller devant la juridiction des majeurs.

Selon le bon principe du 11° commandement, “tu ne légiféreras jamais par plaisir et pour faire plaisir”, les uns et les autres ont dénoncé un texte habilement habillé par quelques principes incontestables, qui masquent une réalité beaucoup plus prosaïque : la Chancellerie souhaite purement et simplement démolir la justice des mineurs telle qu’elle fonctionne en France, et en particulier retirer au juge des mineurs sa double casquette de juge unique qui prononce des mesures éducatives et une peine et de juge qui suit l’application de la peine. Il s’agit d’instrumentaliser la justice des mineurs pour amener la question sur le terrain politique.
Christine Lazerges, professeur de droit, Vice Présidente du club DJS, spécialiste du droit des mineurs, s’interroge :

La loi va-t-elle pouvoir changer la situation ? On n’améliore pas ainsi la prise en charge des mineurs délinquants. Ce n’est pas la nature des sanctions qui pose problème, mais leur mise en oeuvre. On veut multiplier les sanctions pénales en ignorant les mesures éducatives. Le discours de Rachida Dati implique des réponses purement répressives.

En vérité, observe-t-on, tous les adolescents sont des enfants en danger, on refuse de voir cette réalité.    Car, souligne l’avocat Jean-Pierre Mignard, les enfants sont les premières victimes. Avec ce texte, on va vers la répression de masse, le groupe “mineurs” est considéré comme globalement responsable. On refuse de voir le cas des enfants victimes des forces d’autorité. Quand il y a des dérapages policiers, les investigations sont bloquées, aucune information n’est jamais ouverte, sauf sous pression de la rue. Comme les jeunes ne se sentent pas entendus ils répliquent par des violences contre les policiers. Il faudrait qu’intervienne dans tous les cas de figure un juge, ce serait très pédagogique. Le club avance dix propositions alternatives.
La principale proposition recommande l’ouverture systématique d’une information judiciaire dès lors qu’il y a une atteinte aux personnes qui concerne un mineur, auteur ou victime. Une telle mesure permettrait de réconcilier les jeunes des quartiers avec la société. Un renforcement considérable du système serait nécessaire, objecte-t-on.
Choisir 13 ans comme âge de la responsabilité pénale parce qu’il s’agit de l’âge médian d’entrée dans l’adolescence. Plusieurs pays d’Europe fixent cet âge à 14 ou 15 ans. Très rares sont ceux qui comme l’Angleterre le fixe dès 10, 11 ou 12 ans.
Maintenir fermement le principe de la sanction éducative pour les mineurs et déterminer dans la loi les critères de prononcé d’une peine proprement dite, par exemple les circonstances et la personnalité. Pour tout mineur poursuivi pénalement un dossier de personnalité, qui est autre chose qu’une simple enquête sociale, doit être constitué.
La sanction de la réparation sous la forme d’une activité de réparation doit être la sanction éducative privilégiée selon tous les spécialistes de la délinquance des mineurs. Cela suppose une mobilisation non seulement de la protection judiciaire de la jeunesse mais d’un beaucoup plus grand nombre d’associations habilitées à mettre en œuvre les décisions des juridictions pour mineurs. Aujourd’hui, non seulement le budget de la protection judiciaire de la jeunesse est rogné mais encore le budget du Ministère de la justice (au 35ème rang en Europe…) s’épuise bien au-delà du raisonnable dans la construction de prisons y compris pour mineurs.
Diversifier et multiplier les lieux et les formes de placement du mineur est un autre impératif).
Affirmer la responsabilité pénale du mineur délinquant à un âge qui corresponde à l’entrée dans l’adolescence doit être sans incidence directe sur l’éventualité d’une peine de prison. En effet, la condamnation à l’emprisonnement doit demeurer l’ultime recours dans un nombre infime de cas. Si peine de prison il y a, l’aménagement de la peine ne doit pas être obligatoire un an avant la sortie comme le propose le rapport « Varinard » mais être pensé et mis en place dès l’entrée en prison. Nous proposons que les assesseurs représentant la société civile au tribunal pour enfants doivent pouvoir être utilement associés au bon déroulement de la phase de l’exécution de la sanction.
La spécificité et la spécialisation de la justice des mineurs, civile et pénale, doit être totalement sauvegardée et même confortée, de même que doit l’être la procédure applicable aux mineurs.
Etendre aux jeunes majeurs délinquants, comme en Allemagne, la possibilité de se voir condamner à des sanctions éducatives par des juridictions ordinaires, empruntées au droit pénal des mineurs
En conclusion :
Il ne faut pas se leurrer : ce n’est pas en changeant la loi que l’on répondra mieux à la délinquance des mineurs. Plus que la dureté d’une sanction, c’est la réalité de son exécution qui compte.

Mais, s’exclame encore l’avocat Jean-Pierre Mignard, un accroissement des moyens donnés à la justice des mineurs serait de toute façon moins coûteux que les déprédations commises lors des émeutes urbaines, toujours provoqués par le refus de la justice d’entendre les jeunes.

A propos de Villepin

10UTCp31UTC12bWed, 03 Dec 2008 17:09:10 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

Mini “scoop” : j’apprends que à la suite d’un “problème technique” sur sa ligne de téléphone Dominique de Villepin a été placé sous écoute judiciaire, jusqu’à sa prestation de serment comme avocat. Est-ce de la persécution ?

Je peux vous préciser que selon mes toutes dernières informations toutes les communications radio électriques peuvent être en permanence interceptées. Facture pour le Ministère de la Justice : pour chaque réquisition coût de 7 €.

Et sur les ondes est diffusée la grande nouvelle : notre beau poète et néanmoins ex Premier ministre projeterait de fonder un parti politique. Ne serait-il pas plus simple pour lui de participer à un “club des dissidents“. Ils pourraient côtoyer Nicolas Dupont Aignan, François Bayrou, Jean-Luc Mélenchon, Olivier Besancenot, Eric Besson, Jean-Marie Bockel tous deux dissidents dans la dissidence). Pas de ligne politique commune, mais une volonté de s’agiter sur la scène politique.

Les écoutes – tous sur écoute, et tout le temps.

42UTCp31UTC12bThu, 04 Dec 2008 07:57:42 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

Ce papier sur les écoutes a été légèrement modifié. Voici sa version actualisée.

Tous sur écoutes
Mauvaise nouvelle pour les paranoïaques

Les Ecoutes, c’est encore pire que ce que je croyais. La technique permet désormais tout. Et le reste. On m’interroge souvent, on me pose ce genre de question : “J’entends des cliquetis dans mon téléphone, je crois être écouté. Qu’en penses-tu ?”
Eh bien, je n’en pense rien. Parce que je peux vous l’affirmer : nul ne peut détecter quand il est écouté ou non. Un de mes amis spécialisés dans ce genre de pratique m’a expliqué en long et en large que comme l’interception porte sur les ondes radio électriques, totalement immatérielles, il n’existe aucun moyen technique connu pour détecter les écoutes. Judiciaires, administratives ou sauvages, même topo. Et téléphone ouvert ou fermé, les experts peuvent accrocher votre ligne sans le moindre problème ;
Quand les liaisons téléphoniques transitaient par des fils de cuivre, quand les enregistrements étaient effectués sur des magnétophones – j’en ai vu beaucoup en parcourant des locaux de police pour une raison ou une autre -, il était possible de détecter les détériorations de signal provoquées par les branchements. Aujourd’hui, avec le numérique, c’est fini.
Donc, où que vous soyez, du moment que vous portez sur vous un téléphone cellulaire, on peut récupérer non seulement les communications transmises, mais encore tout ce qui se passe autour de vous. Le téléphone devient en quelque sorte un micro d’ambiance. Même avec un téléphone fermé ?

Même avec un téléphone fermé, précise mon interlocuteur. Mieux, l’agent chargé de l’écoute peut même ouvrir à distance votre téléphone à votre insu. Vous croyez que votre portable est fermé alors qu’il est ouvert, on entend tout ce que vous dites, tout ce qu’on vous dit, on perçoit – et donc on enregistre – toutes les conversations autour de vous. L’écoute fonctionne comme une téléconférence, c’est-à-dire qu’un troisième partenaire silencieux, dormant, vient s’insérer dans votre dialogue.

Et des logiciels spéciaux permettent de corriger le son, d’effacer les parasites, d’amplifier des voix trop faibles. Il y a mieux encore : votre téléphone peut être utilisé comme “radio balise”, grâce à l’appoint du système GPS, il permet de suivre tous vos déplacements, de vous localiser au mètre près.
D’assez nombreuses sociétés de transport – taxis et camions – utilisent d’ailleurs cette faculté pour suivre instant par instant le déplacement des véhicules. Des contrats spéciaux dits de « tracking volontaire » sont conclus dans ce sens avec les sociétés spécialisées dans les écoutes. Elles fournissent toute la gamme de prestations, y compris les services de traduction instantané. Dans toutes les langues possibles.
Elle est loin l’époque où le grand système des Ecoutes était installé dans les sous-sol de la caserne La Tour Maubourg, sur le boulevard éponyme à Paris. Dans ce temps-là, des dizaines de postes de travail étaient alignés, des officiers de Police judiciaire devaient prendre en note tous les propos recueillis dans les écouteurs. Fini, fini. Ce temps préhistorique – quelques années seulement – est révolu. Maintenant, tout le procès technique est accompli à distance. A Paris, on peut écouter en temps réel tout ce qui est dit en Martinique, à Dulles, le siège de la CIA, on peut pirater tous les secrets d’Etat qui transitent par le téléphone. C’est pourquoi, d’ailleurs, à peine élu, Barack Obama s’est vu confisquer son “Blackberry”; dont il était un utilisateur quasiment maniaque. Sécurité nationale oblige.  Mon Omniprésident, qui est un “adicté” du portable pourrait en prendre de la graine.

Si vous voulez éviter l’écoute sauvage, précise mon interlocuteur, il faut retirer la batterie de l’appareil. Et même dans ces conditions il y a probablement un moyen de vous suivre à la trace !

En vérité, le seul moyen d’échapper aux écoutes, ou au moins de les retarder, le cryptage. Une technique horriblement coûteuse, donc hors de portée de l’utilisateur moyens. J’ai bien écrit : retarder, car à ce jour aucun cryptage ne résiste bien longtemps aux efforts pour le casser.

En principe ces écoutes légales sont sévèrement encadrées et contrôlées par la Commission nationale de contrôle des interceptions de sécurité
Pour les enquêtes de PJ, soit les demandes émises par les magistrats instructeurs, 20000 par an, doivent transiter par une super plateforme dépendant du ministère de la justice,  capable de traiter voix, images, mails et SMS  à un rythme industriel.
Les sociétés prestataires ne peuvent travailler que sur réquisition judiciaire en bonne et due forme. Coût : moins de 8 € par connexion, un coût divisé par 5 en deux ou trois ans. Un service spécial du Ministère de l’Intérieur est chargé de contrôler la légalité des écoutes. Pour les écoutes dites « administratives », c’est-à-dire pratiquées hors poursuites judiciaires, par exemple pour surveiller des « terroristes » potentiels, l’autorisation doit être délivrée de façon formelle par le cabinet du Premier ministre. On en compte 6000 par an. Mais la technique va plus vite que la loi. . Aujourd’hui n’importe quel bon bidouilleur informatique peut intercepter votre téléphone. Et entrer sans la moindre difficulté dans la mémoire et dans l’intelligence de votre ordinateur. A Paris seront bientôt installées des milliers de caméras dans la rue, comme à Londres. Mais déjà des millions de microphones sauvages sont en opération : vos téléphones portables.
Pour les policiers tranditionnels, les vieux, cette pratique des écoutes généralisées présente un défaut majeur. L’un d’eux – non, je ne citerai pas ma source – me confie :

Avec cette pratique des écoutes, les jeunes policiers perdent l’habitude d’enquêter, ils ne se fient plus qu’à la technique, on ne va plus sur le terrain.

Alors, les écoutes tueraient-elles Sherlock Holmes ? J’avais déjà repéré que les James Bond modernes de la CIA, de la DGSE ou du Mossad répugnaient à aller au contact pour recuillir du renseignement. Apparemment le mal s’étend à la police judiciaire.

L’Empire du mal, nom de code Babylone

10UTCp31UTC12bThu, 04 Dec 2008 08:30:10 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

Hypothèse : la guerre d’Irak est le fruit d’un fantasme religieux de Georges W

Réflexions à propos de l’Apocalypse, par Jérôme Prieur et Gérard Mordillat, Arte, mercredi soir 3 décembre.

Jérôme Prieur et Gérard Mordillat poursuivent depuis longtemps une entreprise assez stupéfiante, consistant à trouver, à débusquer les racines du christianisme dans les textes anciens et dans les paroles des historiens de la religion. Les deux volets présentés ce mercredi soir avaient pour ambition d’explorer le contexte historique très précis de l’Apocalypse, un texte attribué à un certain Jean – on n’a aucune certitude quant à l’auteur – ; datant probablement soit de 70 soit de 95 après JC, alors que l’auteur supposé était exilé, assigné à résidence dans l’île grecque de Patmos. Pamphlet combattant, soulignent les experts appelés à la barre, texte de révolte contre Rome, texte qui appelle à la destruction de Rome. Rome, la capitale de l’empire temporel, considéré comme le symbole de la Puissance du Mal. Rome qui sera en effet détruite par le feu en 60, incendie imputé par Néron à la communauté chrétienne naissante, alors qu’il est très probablement le résultat d’un simple accident qui a embrasé une ville construite en bois.

Ce petit détour historique était indispensable pour rendre compte de ce qui m’a frappé en suivant les méandres savants de cette longue investigation dans un passé pour le moins obscur. Et ce qui m’a frappé est ceci : les chrétiens ont interprété cet incendie de Rome comme le geste de Dieu annonçant la fin du monde. Les Chrétiens attendaient le retour du Messie, le Christ qui devrait revenir sauver les hommes sur terres après son ascension, un retour qui annoncerait la fin du monde, la destruction de Rome leur est apparue comme l’événement annonciateur. L’espoir. Il n’y aurait pas lieu de s’arrêter un peu plus longuement sur cette tragédie historique si dans l’Apocalypse, Rome, l’empire du mal, ne figurait-elle pas sous le nom de code de Babylone ? Babylone, c’est le mal, l’empire qui doit être effacé pour que renaisse le monde.

Je veux en venir ceci : quel objectif Georges W.Bush a-t-il poursuivi en engageant la guerre contre l’Irak ? La destruction de l’Empire du mal, n’a-t-il jamais cessé de répéter. Et voici mon hypothèse, qui m’a été inspirée par cette difficile plongée dans l’Apocalypse : et si le nouveau Chrétien – reborn – Georges W. Bush avait pris le Nouveau Testament au pied de la lettre ? Et si en partant à la conquête de l’Irak,  à l’assaut de ce qu’il a lui-même appelé l’Empire du mal, si en ordonnant la chute et la mort de Saddam Hussein, ne s’est-il pas vu comme la main de Dieu, l’ange armé de Dieu chargé de détruire l’Empire du Mal ?

Su le moment, appuyé par son équipe, W a tenté de justifier cette guerre par la présence des ADM, armes de destruction massives. Les outils et les armes de Satan dont Saddam et son armée étaient suspectés de disposer. Les armes propres à détruire le monde. Donc, il aurait conduit l’incendie de Bagdad et la destruction de l’Irak pour éviter au monde la fin apocalyptique promise par les textes de Jean et de ses contemporains.

Bush reconnaît aujourd’hui que les ADM n’ont existé que dans l’imagination de ses courtisans, mauvais informateurs, piètres conseillers. Il est toujours temps d’implorer le pardon des autres en reconnaissant ses fautes quand on va quitter le pouvoir. Ou plutôt en imputnt ses propres fautes aux autres.

Je dois convenir que cette hypothèse d’une inspiration divine serait susceptible d’éclairer l’initiative guerrière, la décision aventureuse et irréfléchie de Georges W. Une guerre sans fin qui ruine les Etats-Unis et le monde. La destruction de l’Empire du mal n’a pas de prix.

La crise vue par un ménage dans l’Etat de NY

23UTCp31UTC12bFri, 05 Dec 2008 16:28:23 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

Un couple d’amis américains me permet de vivre la crise par l’intérieur. Lui est agent immobilier, spécialisé dans le haut de gamme. Elle est consultante en sociologie, ils sont à mi cours de la soixantaine. Ils ont vécu formidablement bien, ils possèdent une jolie maison à une cinquantaine  de miles de NY, dans la Vallée de l’Hudson.

Et il y a la crise. Voici comment ils la vivent, m’écrit mon amie :

We are concerned about our earning ability in the next year.  The local real estate market is silent, which is partly to be expected during the winter, my husband is hopeful that sharp decreases in interest rates may stimulate some more business when the normal real estate season gets under way in March.
Our retirement savings have been hurt by the economic crisis, so we both will be working for quite a few more years (not that either of us was planning early retirement).
[Our daughter] is busy working and loving her job and we have our fingers and toes crossed that her company will be able to survive the economic crisis.  She’s working for a women’s clothing company. So while the whole retail sector was down in October, their decrease was smaller than for other companies.
We are all watching the political and economic crisis unfold here and wishing that Obama were already in office.  George Bush seems to think that he doesn’t need to do anything at all for the last month of his presidency, and there is a limit to what Obama can do before the new session of Congress opens with increased Democratic votes to pass some dramatic economic reforms.  So far, he seems to be doing as much as he can without getting too deeply involved before he has real power.

Il va sans dire qu’ils sont démocrates, ce sont eux qui m’ont conseillé dès le mois de juillet dernier de lire le premier livre écrit par Barak Obama, même si mon amie penchait plutôt pour Hilary Clinton. Et désolé de vous passer le texte en anglais, c’est plus vrai comme ça.

Crise, pollutions et mauvaises solutions

47UTCp31UTC12bFri, 05 Dec 2008 15:00:47 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

Et l’écologie, bordel ! L’Ecologie, ça existe ?

La suite de ma réflexion porte naturellement sur la destruction rapide de l’environnement liée à l’expansion de la société de consommation.
Donc, le solution à tous nos maux, c’est l’écologie. Active. Ah oui ? Mais « keskecsé », l’écologie ?
Je ne suis pas vraiment ce qu’on appelle un écolo fanatique c’est-à-dire obsessionnel, hostile au fond de moi-même à toute forme de progrès parce que j’ai peur, parce que je ne veux pas montrer ma peur, donc je l’habille avec un jargon écolo-réactionnaire. Il y a les écolos qui ont peur de tout, et les observateurs de l’environnement qui se dégrade, le combat des uns et des autres n’est pas toujours, n’est pas forcément le même.
Il ne s’agit ap sseulement de la société de consommation. En vérité, la présence de l’homme a toujours contribué à la destruction de l’environnement, à partir du moment où la race humaine est sortie de sa niche initiale. L’homme prend la place de la nature, plus il y a d’hommes, moins est importante la place de la nature. Désormais on doit compter ce qui reste de nature sauvage. Nouvelle Guinée, Amazonie, quelques arpents du Nord Canadien et du Nord russe. Ou encore dans les marais de Louisiane et de Floride. Chez nous, en Europe, nos champs sont labourés depuis des millénaires, nos forêts sont toutes artificielles puisque nos forêts primaires ont été détruites dès l’invasion des Celtes, quelques siècles avant Jean-Claude (before JC). Parfois aussi, la sauvage nature reprend le dessus, comme dans certaines portions du Mexique. Sinon… En allant au Niger, j’ai été frappé par l’invasion des espaces semi désertiques par les sacs en plastique noirs. La steppe est noire et mouvante, ce sont les sacs poubelles qui volent sous la poussée du vent.
La mer… La mer est, on le sait, une poubelle, les marins se débarrassent de leurs ordures en les jetant par dessus bord… Les pétroliers nettoient leurs cuves avec de l’eau de mer, aussitôt polluée, aussitôt rejetée…
Pire : la plus grande partie de nos ressources naturelles fossiles a été détruite par les nécessités de l’expansion. Seuls les noms de villages et de vallées rappellent que la France a été un pays incroyablement riche en or.
Tout serait réglé si on respectait de façon stricte les règles fondamentales et détaillées de l’écologie. Ah oui ? Je vais vous choquer encore : l’écologie n’apporte aucune solution, c’est un combat de défense, d’arrière garde, et, comme tel, perdu d’avance. C’est un combat contre les effets d’une civilisation aussi galopante qu’incontrôlée. Le chant d’un retour à la nature sauvage n’est même pas utopique, il relève de l’impossible. On ne revient jamais en arrière, contrairement à ce que veulent croire les écologistes.
Prenons un exemple parmi d’autres d’une situation aberrante. Pour économise les énergies fossiles, tous les pays du monde se lancent à la conquête des énergies renouvelables. Parmi lesquelles l’éolien, c’est-à-dire la récupération de l’énergie du vent. On peut escompte 10, 15 % d’économies.  A condition de multiplier les « fermes d’éoliennes », comme on peut en voie en Californie, à l’entrée de Palm Springs ou de San Francisco. Ou en Beauce, entre l’autoroute A 20 et la ligne de chemin de fer. Des centaines d’éoliennes géantes poussent un peu partout dans le monde. Or ces tours hautes souvent de plus de 100 mètres sont un vrai facteur de pollution visuelle. Et de bruit. Des groupes d’écolos sont en train de se constituer pour bannir ces engins monstrueux. Ce n’est qu’un détail, dans un problème d’une immense complexité. Alors, faut-il agir sur la source des pollutions, c’est-à-dire notre mode de vie toujours plus exigeant en énergie, ou sur les effets de la pollution, c’est-à-dire la consommation excessive d’énergie fossile ?
Réfléchir à la crise, c’est aborder ces questions sans œillères.
Et voici qu’un de mes amis me pose la question : et si la crise était un événement salutaire ? Et Si elle nous obligeait à rechercher d’autres solutions ?
En France, on n’y est pas encore : dans son plan de relance, pour sauver l’emploi des ouvriers de l’automobile, Notre excellent Président, mon OmniPrésident, privilégie le soutien économique à l’industrie de la bagnole. La source de toutes les pollutions. Et nous voici reparti pour un tour…

ECOUTES – Polémique

27UTCp31UTC12bSun, 07 Dec 2008 09:40:27 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

Un prof pas content de mes informations sur les écoutes et interceptions de sécurité

Mon papier sur les nouvelles techniques d’écoutes a provoqué une avalanche de lectures et un début de polémique : sur rue89, pas moins de 44.000 visites uniques, ce qui est énorme. “Tu surfes sur les angoisses, me dit un de mes amis. Il est normal que les gens se précipitent dans cet entonnoir. Ainsi, un professeur d’électronique m’écrit, dans des termes pour le moins cavalier :

Je suis professeur en électronique et je suis attérer par votre article. ETES-VOUS VRAIMENTJOURNALISTE ?

Oui, je suis vraiment journaliste. Mais il m’a fallu beaucoup d’efforts pour obliger ce “professeur” à l’orthographe totalement défaillante à se dévoiler. Il ne m’en délivre pas moins une leçon magistrale.

Résumé de cours sur la téléphonie mobile :

EN MODE VEILLE :
Le mobile envoi des signaux de positionnement à l’opérateur qui
permettent à celui-ci de savoir quelle antenne (BTS) est la plus proche de
l’utilisateur afin d’optenir une qualité optimale.
Cette localisation permet aussi de passer d’une antenne à une autre sans
coupure de la communication lorsque l’utilisateur se déplace (HANDOVER).

Cette technique fonctionne de la manière suivante :

-On mesure la puissance du signal transmis à plusieurs antennes BTS (au
moins 3)
-On determine la distance entre le mobile et chacune de ces antennes
-On utilise une technique similaire à la triangulation pour determiner
votre position

Elle peut être utilisée pour vous localiser MAIS CELA N’A RIEN A VOIR
AVEC LE GPS (qui fonctionne à l’aide de satellites) ET sa precision est de
300 mètres et deux kilomètres (selon qu’on soit en zone dense/Urbaine ou
en zone rurale).

Pour ce qui est de l’écoute « ambiante ». Aucune procédé de ce type n’est
prevu ni dans la norme GSM/GRPS/EDGE ni dans sa variate DCS ni dans la
norme 3G/UMTS/HSDPA.

Pour que cela soit possible il faudrait que ces normes établient par le
CEPT (European Conference of Postal and Telecommunications Administrations)
soient volontairement falsifiées pour le grand public et que tous les
acteurs du secteurs soit dans le coup (une centaine de constructeur et plus
de 300 opérateur dans le monde ainsi que toutes les sociétés
sous-traitantes)

CA FAIT UN PEUT GROS COMME COMPLOT, NON ??!!??

De plus avec du materiel de laboratoire il est également possible de
mesurer les emission GSM d’un mobile…
Tous les électoniciens et bidouilleurs du monde sont dans le coup aussi
!!! Vous vous rendez compte ….

EN MODE APPEL :
Il est tout à fait possible d’écoutez les conversations !

BON je vous épargne le passage sur l’écoute lorsque le mobile est
eteint…
ET le passage sur l’écoute lorsque le mobile est eteint et la batterie
débranchée je préfère en rire…

Voici ma réponse, sans omettre de mentionner les innombrables fautes de grammaire et d’orthographe, étonnantes pour un prof !

Je ne doute pas de vos connaissances techniques, c’était d’ailleurs mon niveau de connaissances atteint il y a quelques semaines. Par exemple, la géolocalisation des appels par portable par triangulation utilisant les antennes de la cellule comme bases de calcul, technique utilisée notamment dans l’affaire Erignac. Mais elle nécessitait des émissions actives à un moment donné, répercutées par les opérateurs vers les enquêteurs. C’est un stade tout à fait dépassé. De nouvelles informations tirées de sources que je ne peux citer m’ont permis d’évoluer radicalement vers le niveau de connaissances évoqué dans mon papier. C’est évidemment perturbant. GPS : sur une question précise, mon interlocuteur m’a bien répondu que les techniques de géolocalisation étaient employées par l’intermédiaire des téléphones portables utilisées comme balises radio pour le “tracking volontaire”, par les sociétés de transport. Interceptions téléphone fermé. J’aurais dû m’en douter en lisant les instructions données pour identifier les personnes qui volent des portables : même si vous changez de puce, même si vous enlevez la batterie, il semblerait que l’appareil lui-même soit porteur d’une identification électronique permettant de le repérer, je ne connais pas le détail exact. Mes connaissances étaient suffisantes et mon informateur bien identifié pour que je puisse considérer comme crédibles ces nouvelles informations. J’ajouterais cece : des techniques de contrôle à distance sont systématiquement mises en oeuvre dans le trafic internet, de très nombreuses “réparations” sont effectuées à distance ; les techniciens avec lesquels je travaille pour mon propre blog ne viennent jamais chez moi, ils se contentent de me poster un mail pour m’informer des travaux effectués. A fortiori, tout site internet, toute boite de courrier est accessible à distance, et sans en informer forcément l’utilisateur. Ce qui signifie en clair que toute votre messagerie peut être interceptée sans la moindre difficulté. Et même, au besoin, manipulée.

Une précision à propos de l’emploi éventuel des portables dont on aurait retiré la batterie pour éviter les interceptions. Je doute moi-même plus que sérieusement qu’il soit possible d’utiliser le portable dans cette configuration pour mener des opérations de tracking. Techniquement, il me semble en outre impossible que le portable sans énergie soit utilisable pour assurer des écoutes. Toutefois, selon certains techniciens, il apparaît que éventuellement, le portable soit susceptible d’être employé comme relais passif (micro dormant) dans certaines configurations. En tout état de cause, pour le moment, la plupart des techniques décrites ne peuvent actuellement être mises en oeuvre que par des techniciens de très haut niveau. Affirmons-le clairement, par des services de renseignement. Qui ont toujours été à l’origine des principales avancées en matière d’écoutes.

Ecoutes, polémique : les internautes informateurs

04UTCp31UTC12bSun, 07 Dec 2008 09:55:04 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

L’article sur les Ecoutes : avalanche de polémiques 2

Mon article sur les Ecoutes sophistiquées publié sur rue89 a donc provoqué une avalanche de réactions, et, de façon assez curieuse, de graves doutes quant à mes sources et à mes compétences techniques. De nombreux intervenants mettent en cause la qualité de l’information véhiculée par cet article, tout en apportant de bien intéressantes précisions. Je vous en rapporte l’essentiel, assorti de réponses.

Oui, on peut mettre quelqu’un sur écoute (quand on voit les démarches administratives quand on ouvre une ligne de téléphone mobile, c’est fait dans le sens que la carte SIM est associée à une personne physique). Mais ça n’est pas à la portée de tout le monde d’espionner parce que chaque conversation est cryptée et tous les cryptages ne sont pas tombés dans le domaine public,
Les interceptions de communication, se font toujours au niveau du filaire, dans les bon vieux centraux, et oui la voix passe par beaucoup d’infrastructure terrestres avant de passer d’un tel à l’autre.

Cet intervenant n’est pas très en avance. Il y a belle lurette que les bons vieux centraux ne sont plus utilisés pour les écoutes, il suffit d’une émission radio électrique pour que soit effectuée l’interception.

Il n’y a pas besoin de commission rogatoire pour que la police accède a ces données (donc zéro contrôle de l’autorité judiciaire), n’importe qui dans un commissariat peut envoyer un fax à Orange pour avoir ces infos.

Inexact. Aucun commissariat ne peut demander des écoutes directes. Comme je l’indique, c’est ou une commission rogatoire délivrée par un juge pour la PJ, ou une demande formelle au cabinet du Premier Ministre pour les écoutes administratives.

Les écoutes proprement dites sont censés etre effectuées uniquement apres autorisation d’un juge, mais vu le nombre de dossiers qu’ils voient passer les verifications ne se font peu etre pas de facon approfondies.
Les opérateurs GSM conservent les données de connexion de tous les utilisateurs pendant deux ans. Ces données contiennent le numéro du correspondant, la durée de la communication mais aussi toutes les informations de roaming (le passage d’une cellule GSM à une autre).
Le plus inquiétant c’est les données de roaming, ça veut dire que si vous possédez un telephone portable, et que vous le laissez allumé, on peut savoir tous les endroits ou vous vous etes rendu avec une précision de l’ordre de 50m à 200m (par triangulation).
On peut donc par exemple savoir que vous êtes souvent à proximité de tel ou tel personne,
« N’importe quel bon bidouilleur informatique peut intercepter votre téléphone » : mais oui, c’est cela, tout informaticien est méga omniscient omnipotent … « Bon » doit désigner une catégorie que je qualifierais plutôt de « extrêmement pointue » actuellement ?

Peut-être …

J’arrête là, on *peut* (surtout la NSA ?) faire beaucoup, intercepter beaucoup. Je serais responsables des réseaux au gouvernement, je préférerais acheter du matériel français ou européen plutôt qu’américain. Mais l’article n’apporte aucun élément factuel et tombe dans la paranoïa complète.

Pour le téléphone éteint encore allumé, ce n’est pas strictement impossible, mais à la base il s’agit d’une légende urbaine qui a subit le téléphone arabe.
Ecoute par un téléphone éteint, mais avec batterie en service, première réaction :
L’écoute téléphone éteint, c’est n’importe quoi sur les modèles courants et aujourd’hui (le futur, je sais pas le prévoir) tout simplement parce que lorsqu’on éteint le téléphone l’alimentation des circuits du modem GSM/EDGE/GPRS ou UMTS sont coupés. Sans eux, pas de communication possible entre votre portable et l’antenne BTS.

Ensuite, tous les intervenants admettent que c’est possible.

Pour ce qui est de l’écoute « ambiante »,  aucun procédé de ce type n’est prévu ni dans la norme GSM/GRPS/EDGE ni dans sa variate DCS ni dans la norme 3G/UMTS/HSDPA.
Pour que cela soit possible il faudrait que ces normes établies par le CEPT (European Conference of Postal and Telecommunications Administrations) soient volontairement falsifiées pour le grand public et que tous les acteurs du secteurs soit dans le coup (une centaine de constructeur et plus de 300 opérateur dans le monde ainsi que toutes les sociétés sous-traitantes).
Je rappelle que les lois antiterroristes en vigueur aux Etats-Unis – Security Act – imposent à tous les constructeurs et à tous les opérateurs de communiquer leurs données techniques pour que les services d’écoute, notamment de la NSA, puissent intercepter toutes les formes de communications.

Personnellement je suis plus dubitatif quant à la géolocalisation d’un téléphone sans batterie, mais mon interlocuteur a été formel. Il est probable que ce n’est envisageable qu’avec des outils utilisés par les services de renseignement. Précision d’un internaute :

L’écoute téléphone éteint, pourquoi pas. Le micro, et même le haut parleur génèrent de l’électricité, et donc des ondes életromagnétiques, avec ou sans batterie, fils coupés ou non.
Pour ce qui est « d’allumer » le téléphone à distance, je suis là effectivement dubitatif, il faudrait pour ceci que le téléphone soit prévu pour, et 1/ cela se saurait

On évoque bien le cas du téléphone éteint, mais batterie en place, donc avec une source d’énergie.

2/ cela serait détectable relativement facilement (impossibilité de téléphoner pendant qu’on est écouté, bruit caractéristiques dans les enceintes qu’on connait tous bien, et surtout batterie qui ne dure pas.

L’écoute fonctionne comme une téléconférence, elle n’est active que lors d’un appel.
Les services ne manifestent pas dans la rue pour rendre publiques leurs dernières trouvailles. On est ici dans la course entre la serrure et le cambrioleur, une course qui ne cesse jamais.

Il existe des ‘exploits’ permettant de prendre la main sur un système donné et ce que dit cet article est possible sous réserve de plusieurs éléments.
Certes les portables sont devenus de véritables mini-ordinateurs et il est maintenant bien plus facile de détourner ce genre d’appareils. Mais l’auteur oublie vite qu’il existe plusieurs marques différentes avec chacune leur système d’exploitation. Chaque système a ses spécificité et ses vulnérabilités.
L’auteur parle de la possibilité d’allumer l’appareil à distance. Ceci n’est possible que si l’appareil a été mis en veille ou si il possède un composant permettant de le mettre en route à distance. Hors ce dernier critère ne concerne qu’une faible minorité des appareils.

La conclusion nous vient d’ailleurs d’un internaute :

La plupart des téléphones ont [ sont dotés de programmes ] des softs que des barbouzes compétents pourraient adapter pour un usage d’espionnage, et avec la limite du problème de l’énergie disponible un portable peut faire un très bon micro espion. Il existe d’ailleurs des modèles particuliers de téléphone pour faire des mesures de qualité et des tests, il est probable (le contraire ne serait pas professionnel) que les services spéciaux aient commandé à des industriels spécialistes des contre mesures des téléphones adaptés à leurs missions (écoute, géolocalisation, etc.), de même que des dispositifs d’écoute et d’interception des communications sur mobile voire d’écoute de PC par les fréquences claviers/moniteurs. Enfin, même si les liaisons sont cryptées, l’interception d’une liaison radioélectrique n’est pas un problème avec la puissance de calcul dont on dispose aujourd’hui même sur un simple pc. Bref, une évidence qu’il faut rappeler tout ce qui est transmis par radio est potentiellement écoutable.

Un lecteur s’interroge sur la raison pour laquelle Ben Laden n’a jamais été localisé. Outre le fait qu’on ne soit pas certain qu’il vive encore, il n’utilise apparemment pas le téléphone cellulaire, ni aucune forme de moyen de communication radio électrique. D’après ce qu’on sait, les groupes style Al Qaïda sont revenus au système de la messagerie « parlée », comme dans l’Antiquité.

Un internaute nous révèle :

Et pour connaître des gens, vous pouvez allez à des conférences comme le CCC à Berlin, les témoignages d’ex-membres du MI-5 ou d’activistes surveillés sont plutôt convaincants.
Je doute que ca arrive à Mme Michu, par contre ça peut arriver à des personnes engagées politiquement. Et enlever la batterie c’est le B.A.-BA, avec l’achat de portable prépayé en liquide ou le clonage de carte SIM.

Un autre moyen d’éviter l’écoute consiste en effet à acheter un téléphone à carte pour un seul usage, très bref. Il sera toujours possible de localiser le lieu d’émission, mais trop tard pour l’exploiter.

Je cous invite à consulter mon article sur rue89, et surtout les commentaires. Le débat a pris trop d’ampleur pour que je l’ignore.  J’ai répondu directement à certaines observations. Et je vous présente mes excuses pour l’aridité de cette réponse, probablement trop technique, rédigée grâce aux internautes.

Paranoïa : tous surveillés, tous fichés, tous fliqués

51UTCp31UTC12bWed, 10 Dec 2008 06:34:51 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

Tous surveillés, tous fichés, tous fliqués : une théorie du complot ?

Tous surveillés : les écoutes, les caméras, dans la rue, à la banque, dans les entrées d’immeubles.

Où l’on revient d’abord sur les Ecoutes. Les internautes sont si stupéfaits qu’on ose mettre en cause leur bébé, leur bijou, le réceptacle de tous leurs secrets qu’ils sont entrés en fureur, quand je leur ai expliqué que leur charmant petit téléphone portable est non seulement écouté en permanence – quand c’est nécessaire – mais encore qu’il sert à l’occasion de micro espion. Tout comme votre téléphone fixe, il faut bien le dire. Et plus le téléphone est sophistiqué, genre I.phone, Blackberry ou concurrents, plus les écoutes sont développées. A la suite de mon papier sur les Ecoutes, de nombreux, d’excellents ingénieurs, experts, spécialistes, sachant et tout ce qu’on veut, se sont répandus en invectives pour me taxer d’ignare, d’affabulateur, de fantaisiste. Naze. Journaliste débutant, qu’il aille ailleurs apprendre son métier. Ce serait une honte pour rue89 d’accueillir une telle contribution. J’en passe car je reviendrai sur cet étrange comportement linguistique dans un autre billet. Ils rigolent, ah, ah, Madelin est un imbécile intoxiqué par un faux informateur. Un maniaque du complot généralisé. Tonalité générale de la plupart : on n’y croit pas. Comme si des faits étaient une question de foi. On pense que c’est impossible, donc on n’y croit pas.

Malheureusement  les remontées techniques vont toutes dans le même sens. Oui, on peut vous écouter en tous temps, en tous lieux, dans n’importe quelles conditions. Téléphone ou portable inactif. Non seulement on peut vous écouter, donc vous enregistrer, mais encore on peut vous localiser avec une précision qui reste à déterminer, entre cent mètres et quelques mètres, vous localiser et vous suivre à la trace (roaming). Et pas seulement en temps réel. Toutes les données enregistrées sont conservées en mémoire durant deux ans, et les fournisseurs sont tenus des les livrer aux Autorités de police et de justice à la première réquisition judiciaire.

Est-ce clair ?

Même topo pour votre messagerie internet, sécurisée (https) ou non (http), pour vos SMS. En bref pour tout ce qui cause, se transmet, par fil, par radio, par informatique. Pour l’ensemble de ce nouvel univers virtuel dans lequel nous baignons, dans lequel nous nous noyons.

Il apparaît en outre que des logiciels disponibles sur le Web permettent à des personnes non habilitées – sinon mal intentionnées – de mettre en place de tels systèmes d’écoute et d’interception. En revanche, je ne dispose pas d’élément permettant de soutenir et d’affirmer que les appareils photo et les caméras intégrées dans certains portables puissent être utilisées à des fin de surveillance, hors contrôle du propriétaire. Alors, acheter un portable pour un usage unique, et ensuite le jeter ? èn principe, ce n’est plus possible, ni en France, ni en Suisse, l’achat d’un portable à carte nécessite la production d’une pièce d’identité. Mesures de lutte anti-terroriste obligent.

Parlons de l’image maintenant. En principe, la législation sur la protection de la personne privée interdit de prendre des photos d’inconnus, sans leur consentement, sans leur autorisation, et encore n’est-ce pas toujours suffisant.

Ce n’est pas vraiment un problème pour les autorités de police, publiques et privées, qui prennent en charge notre sécurité. On frémit en imaginant les 10.000 caméras – ou plus – en service à Londres pour traquer… Les incidents de circulation… Les banlieusards qui entrent en ville sans avoir payé leur abonnement… les petits voyous… Les passagers du métro, dans les gares  ou dans les aéroports. Ces Anglais, quand même, on les croyait démocrates. Eh bien, s’ils ne sont pas démocrates, nous non plus. Dans le sous-sol de la Préfecture de police à Paris, sur les écrans d’une salle de surveillance aboutissent des images filmées dans toute la capitale. Hier, quelques centaines de caméras, toutes fixées assez haut pour que de mauvais plaisants ne puissent les détruire. Des milliers de nouvelles caméras vont s’ajouter au système le plus ancien. Ce n’est pas tout : toutes les grandes stations du métro parisien, toutes les grandes gares, sont sous surveillance continue. Tout comme les bus, toutes les ligens sont équipées progressivement. Et mieux encore : toutes les agences bancaires, et maintenant de nombreux magasins, petits ou grands, des supermarchés aux supérettes. Si je compte bien, on n’est déjà pas loin des 10.000. Et ce n’est qu’un début, tout le monde en veut. Et c’et d’autant plus facile que les caméras coûtent de moins en moins cher. Elles tournent en permanence. Le moindre site touristique vous propose un visionnage de la ville en continu.

Alors, rester chez soi, en coupant le téléphone ? Mais comment se distraire : reste la télévision. Là ce sont les outils d’audimat qui scrutent votre comportement ; c’est  google qui vous traque. Et ce n’est pas vraiment nouveau. Le 8 juin 2006 il est révélé qu’une équipe de recherche Google a mis au point un prototype qui se sert du microphone interne de l’ ordinateur personnel pour écouter dans une pièce, déterminer ce qui est regardé à la télévision et à offrir sur le Web des informations supplémentaires. En général, ce genre de prototype ne reste pas bien longtemps dans les tiroirs.

Et quand vous en aurez fini avec le son et l’image, restent les fichiers. On a beaucoup glosé sur les fichiers EDVIGE – devenu EVDISRP – , et CRISTINA en service à la DCRI. Dans un rapport remis aujourd’hui même 9 décembre, le criminologue Alain Bauer répertorie 44 grands fichiers de police. ADN, condamnations pénales, infractions routières, suspicion de terrorisme, tout y passe. En vérité, tant de fichiers sont en service qu’il est presque impossible de ne pas tomber dans leurs filets. Sans compter les fichiers des Impôts, des banques, des mauvais payeurs, des interdits bancaires.

Allons, n’en jetez plus. Nous ne sommes pas en plein complot, mais dans la réalité quotidienne.

Paranoïa 2 – A ceux qui lisent

39UTCp31UTC12bWed, 10 Dec 2008 09:04:39 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

Parmi les centaines de réactions enregistrées après mon papier dans rue89, une très grande majorité expriment des doutes, une “absence de foi”, et m’invectivent avec allégresse, le plaisir de la dénonciation anonyme. J’en ai trouvé cependant quelques unes qui ciblent un peu mieux le problème. Un problème de société que je ne soupçonnais pas vraiment. Mais aussi un problème politique.

mimitos | infoman 14H19 08/12/2008
ben voyons, il est bien plus facile de contester que de penser, de dénigrer que de réfléchir, de laisser ses mains dans ses poches au lieu de faire des grands signes ! Au bas mot : 80% de la population est composée de moutons incapables de réfléchir par eux-mêmes, sans arrêt en train de copier sur l’autre, trop dur de s’émanciper…
Croyez qui vous voudrez, mais je trouve cet article intéressant et pas bidon.
Vous êtes vous posé la question simple : au dos de ma carte d’identité, qu’est ce que c’est que cette petite bulle dans mon adresse ?
Peu de gens se la posent et pourtant il y a des réponses…mais faut se poser la question…d’abord !!!!
merci pour cet article MR Madelin, et ne raccrochez pas, il y a ici des gens qui vous lisent et qui vous apprécient !

Kid_A 00H07 09/12/2008
Au regard du grand nombre de réactions, ce sujet marque un point: il y a un véritable attrait pour ce genre de petites choses qui toucheraient à un « complot  . Pour recadrer les divers points, les confirmer, les infirmer, les démontrer… Les réactions sont variées.
J’avoue qu’après en avoir lu certaines, on y trouve le blanc et le noir. Je vais continuer à tourner en rond.
Mais je me demande quelles sont les connaissances du grand public en matière de haute technologie, la plus haute pointe. Le « top-secret   existe bel et bien non?
Alors qu’en est-il?
Le portable tente de devenir petit à petit l’élément indispensable à toute vie sociale, communications, médias, paiements divers… ou bien télécommande, vibro, réveil pourquoi pas…
Ils sont de véritables petits émetteurs de notre vie, et s’étendent toujours davantage. Et c’est sous contrôle certain, on ne peut le nier.
Un lecteur a écrit que ce genre d’article n’avait sa place que sur un site du genre conspirationniste. Ce que j’aimerais dire, c’est qu’à l’heure de la dellation ouverte, des appels d’offres pour surveiller le net, traquer et dénoncer(et j’en passe), un nombre aussi important de réactions sur certains articles qui fleurissent sur ces sites « toutpabos  , ne seraient pas un mal pour la réflexion que lancent ces mêmes articles. J’imagine que ça permet d’avancer.
Il n’y a pas de « théorie du complot  . Pourrait-on utiliser le mot « pratique  ?…
A moins qu’aucun homme de pouvoir, avide de conquête, n’existe sur cette terre.
Après tout nous serions une génération chanceuse, l’Histoire ne nous apprendrait plus rien, et rien ne nous menace, pas mal un téléphone portable.

Redroom 11H40 09/12/2008
Moi je suis désolé mais autant de réactions négatives sur un sujet aussi bateau, je trouve ça louche, vraiment vraiment louche.
Je crois surtout que les gens sont devenus complètement accrocs à leur téléphone portable et ils le défendent comme on défend son « bébé   c’est à dire en toute subjectivité.
Cet amour aveugle pour un simple objet de consommation courante est troublante et inquiétante…

piaf | visiteur 14H21 09/12/2008
Même si cet article n’est probablement pas le mieux écrit et le mieux documenté du genre, je m’interroge grandement sur les commentaires si péremptoires de certains internautes. Beaucoup d’argument d’autorité (« Je suis professeur d’électronique  , « je suis ingénieur en télécommunications  , etc), mais peu d’arguments réels. Qui peut garantir qu’un appareil aussi complexe qu’un ordinateur (un téléphone n’est qu’un ordinateur doté d’un émetteur) fonctionne comme marqué sur la notice ?
Toutes ces personnes à l’avis si tranché sont-elles mandatées par nos chers services de renseignement pour faire de l’intox ?

Merak | pré retraité 22H28 09/12/2008
c’est du grand n’importe quoi ce grand n’importe quoi . étonnant tous ces gens qui savent bien. étonnant. y savent bien pour la conception des vlsi spécialisés dont le masque est protégé, du logiciel embarqué, libre forcément, des normes et standards à peine stabilisés. de la crypto dans ses moindres détails. Et de tant de choses encore. Et tous ingénieurs avec ça, dans les télécoms, bien sûr. Tous ces très braves gens se souviennent sûrement des fonds baptismaux du GSM, voire même de Rita. Quand même, qu’elle date que celle de Mais 68. Passionnant ce fil.

Ais-je vraiment besoin de prolonger ces commentaires ?

Sécurité, Stup : polémique (encore !)

02UTCp31UTC12bThu, 11 Dec 2008 10:38:02 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

Le gendarme d’Auch pas d’accord sur une présentation des faits

Le 17 novembre dernier, des gendarmes entrent en force à l’Ecole des Métiers de Auch-Pavie (Ariège), à la recherche de produits stupéfiants. Patrick Poumirau, un professeur, lui-même petit-fils de gendarme,  proteste contre les conditions de cette intervention. Notamment à France-Inter et dans un article publié le 20 novembre par La Dépêche du Midi. Le Major Jeannyck Tribout , commandant la brigade territoriale autonome d’Auch, a dirigé l’opération. Dans une lettre rendue publique, qui m’a été transmise mais qui est également publiée par Libération, le sous-officier s’inscrit en faux contre les propos du professeur.
Voici son texte:

–Le lundi 17 novembre 2008 de 10 h 30 à 12 h 00 sur la demande du directeur de l’école des métiers de AUCH/PAVIE ( lettre à l’appui) et sur réquisition de madame le Procureur de la République à AUCH, une recherche de produits stupéfiants est organisée dans cet établissement. 18 classes sont prévues (274 étudiants âgés entre 17 et 30 ans ) sont concernés. 14 gendarmes + 2 maîtres de chiens sont en charge de ce contrôle. Je suis à la tête de ce groupe et responsable de ce contrôle ( c’est pour celà que je connais bien ce dossier ).

Lorsque nous entrons dans la classe de ce professeur, nous sommes 4 gendarmes et un chien de recherche STUP. Nous avons été précédé du directeur de l’établissement qui rentre le premier et explique le but de la visite. Lorsque nous rentrons, nous disons bonjour ( nous attendons toujours la réponse du professeur ) . Nous indiquons aux étudiants comment nous allons opérer et leurdemandons de ne faire aucun geste brusque, ne pas regarder le chien dans les yeux et de le laisser travailler. A ce moment là ce professeur ouvre la fenêtre et déclare ” en 50 ans de carrière je n’ai jamais vu çà, nous sommes dans un Etat policier “…..Ce professeur à la cinquantaine !! Nous refermons effectivement la fenêtre. Pendant toute la durée du contrôle, le professeur tourne le dos à la classe, regarde par la fenêtre, il ne verra rien de cette intervention proprement dite et il n’adressera à aucun moment la parole à qui
que ce soit…………même pas pour soit disant défendre ses élèves. Le chien n’a agressé personne et n’a démoli aucun ordinateur ou vêtement. Il y a eu des fouilles/palpations de personnes qui ont été “marqués” par le chien avec leur accord. Aucune personne ne s’est retrouvée en caleçon. Lorsque les gendarmes ont quitté la classe l’un d’eux a effectivement dit ” au revoir messieurs dames ” car dans les classes précédentes il y avait des femmes, dans celle-ci il n’y en avait pas, mais il n’a jamais été dit “salut les filles”. Ce que le professeur oublie de dire, c’est que lorsque nous avons quitté sa classe il a dit aux élèves ” ouvrez vite les fenêtres çà pue “……çà c’est pédagogique !!!!!

—Il faut savoir que lors de ce contrôle 6 étudiants ont été trouvés porteur de STUP dont un avec 34 grammes et une petite balance électronique sur lui pour la revente. Si ce professeur accepte çà………..l’avenir de nos enfants est bien sombre.

—Il faut savoir également que 1 mois 1/2 auparavant deux gendarmes ( formateur relais anti drogue ) sont intervenus dans cet établissement pour faire de la prévention, c’est à dire informer du danger de la drogue sur la santé, sur les conséquences pénales, et ont averti les étudiants qu’il y aurait des contrôles.

Le major termine son courrier avec diverses appréciations sur le professeur, des propos que la législation sur la diffamation ne me permettent pas de reprendre.

Paranoïa – Suite et fin du débat sur les écoutes

24UTCp31UTC12bThu, 11 Dec 2008 19:38:24 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

Je ne suis pas las du débat sur les Ecoutes, mais il tourne en rond en raison de l’acharnement de quelques correspondants. J’apporte une dernière réponse globale. Ensuite je passerai à autre chose.
En italique quelques propos basiques d’un des plus ardents blogueurs. En romain, mes réponses globales.
Je suis accusé de propager des rumeurs urbaines, pour terroriser les foules.
Il n’y a pas de rumeur, propagée par désir de sensationnalisme alarmiste, dans la perspective d’une fumeuse « théorie du complot » dont je serais une adepte, mais des faits recoupés par de nombreuses sources. D’ailleurs, vous vous gardez bien de relever les éléments fournis pas la suite en complément du travail sur les écoutes, enregistrements filmés et fichage. Je vous rassure, dans les quelques centaines de posts reçus, près de la moitié traitent de la question technique. Je vous répète que celle-ci était hors de mon propos.
Reprenez vous Mr Madelin, ça arrive a tout le monde de se planter, apprenez l’humilité, nous sommes tous encore prêts à vous écouter du moment que vous ne dites pas (encore) n’importe quoi.
A partir du moment où l’on pense qu’une personne est dans l’erreur et qu’on le lui signale, on a toujours tendance à lui “faire la morale”…pour ma part je pense que le travail d’information n’a pas été fait, ou alors mal fait…ne rien dire est de la complicité…le dire est moralisateur…j’ai fait mon choix.
Les blogueurs sont très sûrs d’eux, mais ils voient la paille dans l’œil de l’autre, pas la poutre dans le leur. Ils reprochent à mon texte l’absence de preuve, mais ils sont eux-mêmes incapables de soutenir la moindre argumentation cohérente. Ils n’apportent pas la moindre contre preuve aux éléments que je soutiens, que je résume, et, comme toujours, chaque mot a son importance, on ne peut pas tirer n’importe quoi d’un mot, pour arranger son opinion personnelle. Voici ce que j’ai écrit pour l’essentiel, dans une perspective strictement politique :
1 – Tous les portables peuvent être interceptés, dans n’importe quelles conditions, durant les périodes de communication.
2 – Cette possibilité d’interception, accompagnée de la géolocalisation à l’origine du roaming, se prolonge lorsque le portable est en veille, puis quand le portable est fermé, mais batterie active.
3 – Mon interlocuteur a évoqué la possibilité de localiser un portable dont on aurait retiré la batterie. Je présente ça comme une hypothèse, et non comme une certitude.
Vous voulez absolument une démonstration, des preuves, alors que ce billet n’a aucun vocation à être un document scientifique. Contrairement à certaines opinions tout à fait diffamatoires, je suis un journaliste fort sérieux, malheureusement trop sérieux, au demeurant. Si ça vous intéresse tellement de savoir comment je travaille, reportez-vous à mes livres, tous disponibles à l’achat sur Amazon.fr. En particulier le dernier « Dans le Secret des Services », chez Denoël.
Je vous rappelle que la législation sur l’injure et la diffamation, loi de 1881, s’applique aussi aux correspondances transmises par internet et publiées sur des blogs.
Je n’ai pas senti de “fureur” dans mon commentaire, un peu de mesure je vous prie.
Quand je parle de « fureur », je vise l’extrême vigueur de vos propos, de vos remises en cause morales, qui rejoignent les commentaires du même acabit. Et votre volonté de « me faire avouer ma faute ». Curieux langage religieux pour un sujet qui ne l’est pas.
le débat est plus intéressant du coté des “concertés” (oui, tout ces monstrueux anonymes qui se sont concertés pour dénoncer votre article, sur ordre des gouvernements du monde…).
Je n’ai rien suggéré de ça. Je constate seulement l’étrange conjonction des propos qui cherchent à démolir ma réputation. Des propos sans effet, je vous le précise : sur 78.000 visites, on a relevé seulement une centaine de posts critiques et véhéments. Je sais aussi compter :  0,0073333 %, c’est-à-dire moins de 1 pour 10.000. Et soyez rassurés : si les fournisseurs d’accès se sentaient affectés, s’ils avaient eux-mêmes des contre-arguments à présenter, ils me les auraient déjà transmis.

terrorisme – la menace

24UTCp31UTC12bSat, 13 Dec 2008 08:46:24 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

Une menace très réelle

On va encore m’insulter, me taxer d’adepte du complot généralisé, on va m’accuser de terroriser les bons Français tranquilles. Pourtant, il faut bien le dire : le juge Jean-Louis Bruguière n’est pas le seul à agiter le spectre de la menace terroriste. Dans les “milieux spécialisés” on s’inquiète vraiment.

On ne l’a pas crié sur les toits à Paris : dans la foulée d’une vaste opération anti-terroriste menée en Belgique jeudi, plusieurs personnes considérées comme proches d’Al Qaeda ont été interpellées en France par les policiers chargés de l’anti-terrorisme.
La police belge avait arrêté quatorze individus lors de perquisitions à Bruxelles et à Liège, alors que l’un d’entre eux semblait être sur le point de commettre un attentat suicide. “Cinq hommes et une femme ont été inculpés d’appartenance à un groupe terroriste et placés en détention préventive”, a déclaré vendredi Lieve Pellens, la porte-parole du parquet fédéral.
Cette opération doit-elle conduire la France à craindre des attentats perpétrés par des groupes islamistes ?
« Tout à fait, me confirme-t-on de source très informée et sûre. Plusieurs pays d’Europe sont concernés. Les Britanniques commencent à mesurer la menace, mais ils sont avant tout concernés par les Pakistanais et les Cachmiris. En France, la principale inquiétude vient d’Al Qaeda au Maghreb, l’ancien GSPC. Ils ne sont pas très nombreux, mais très mobiles, leur territoire d’action est immense. Base arrière au Sud-Sahara et dans les Etats riverains comme le Niger ou le Mali. Ils peuvent se déplacer sur plusieurs centaines de kilomètres en une journée ».
Pour être très exact, les services français sont moins préoccupés par une menace contre le territoire national – sans l’exclure – que contre les expatriés et les intérêts français à l’étranger, ainsi que les ambassades. En Algérie, mais pas seulement.
Le Monde » rappelait il y a quelques jours (édition du 10 décembre) que dans un discours de vingt-neuf minutes posté le 22 septembre sur un site Internet islamiste, largement passé inaperçu, Abdelmalek Droukdal, “émir” suprême de l’organisation d’Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) avait lancé cette menace :
“Ceux qui pensent que la France assurera sa sécurité sur ses terres (…) se trompent.” Elle n’aura pas la capacité “de le faire, puisqu’elle sera, le jour venu, préoccupée par sa propre sécurité”.
Rebaptisé Al Qaeda au Maghreb, le GSPC a émergé en 1998-1999. Avec un objectif clair dès l’origine : le GSPC entendait mener “le djihad contre le régime algérien qui a renié l’islam, et contre ses maîtres chrétiens et juifs”.”
Les groupes islamistes pratiquent en outre aujourd’hui sur une large échelle les enlèvements pour obtenir des rançons afin de remplir les caisses. Début novembre 2008,  après des mois de négociations, deux touristes autrichiens enlevés dans le Sud tunisien en février 2008 ont été libérés contre une rançon de 1 à 2 millions d’euros. Les services algériens sont fort mécontents que cette information ait été dévoilée.
On assiste à un véritable élargissement des pratiques initiées naguère par les FARC en Colombie, et par les pirates au large de la Somalie.  Michèle Alliot-Marie, la ministre de l’Intérieur, s’est voulue rassurante. Ma source est beaucoup plus formelle : le niveau de la menace est élevé. Les exercices anti-terroristes ordonnés par MAM ne doivent pas faire illusion.

Débat – Economie – Crise : Guy Sorman

43UTCp31UTC12bSat, 13 Dec 2008 08:00:43 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

Guy Sorman : un moderato cantabile libéral

L’Association des Auditeurs de l’INHES (Institut national des Hautes études sur la Sécurité) a reçu le 25 novembre Guy Sorman autour du thème Mondialisation et Sécurité. Le publiciste est auteur de nombreux livres, dont L’Economie ne ment pas chez Fayard. Sorman est réputé être conseiller de nombreux grands de ce monde. Il apparaît surtout comme le grand chantre de l’économie libérale.
Or, surprise Sorman a fortement modéré son propos, comme si l’actuelle crise dont le libéralisme extrême serait un des principaux responsables l’avait incité à rester sur une ligne prudente. Donc dans le débat actuel opposant la régulation à la réglementation l’orateur se montre loin de l’hyper libéralisme sur lequel repose sa réputation, mais il reste  opposé aux interventions de l’Etat qui bloquent la croissance en maintenant en survie des acteurs en panne d’innovation. Mais, explique-t-il, le développement social n’a pas suivi le développement démocratique.

C’est une crise dans le capitalisme. Ce n’est pas une crise du capitalisme. La croissance continue de l’économie depuis 1991 ne peut éviter des crises régulières. L’innovation est le moteur de cette croissance, mais on ne peut prévoir le succès de toutes les innovations. Quand on se trompe sur certaines d’entre elles, c’est la crise. Soit parce que personne n’en veut, soit parce que tout le monde en veut. Tel est le cas ce cette extravagante innovation qu’ont représenté les produits dérivés à très haute profitabilité apparente, destinés à satisfaire les besoins des fonds de pension, donc à accroître au mieux les retraites par capitalisation. Pur produit spéculatif, mélange de produits financiers solides, et d’autres qui ne reposaient sur rien, il était logique que l’édifice s’effondre.

C’était un événement considérable, observe-t-il, car c’était la première fois où le Japon acceptait l’entrée dans ses eaux d’un engin à propulsion nucléaire. C’est même un retournement. Une carte du domaine d’intervention de la 7°flotte, la flotte américaine du Pacifique, allant de Madagascar à la côte ouest des USA, permet de comprendre. Le gendarme des mers américains est indispensable pour assurer la liberté de circulation dans cette zone. Le Japon a besoin de ce gendarme pour assurer ses importations de pétrole et ses exportations de marchandises. Sans gendarme, aucune mondialisation n’est possible. Et ce gendarme ne peut être que mondial.

Sorman estime impossible de recourir à des considérations morales pour endiguer la spéculation, car elles sont selon lui intraduisibles dans la pratique. Il faut gérer les phénomènes sociaux, mais pas les jeter à terre. Son credo fondamental : l’économie ne peut pas marcher mieux que la nature humaine, or l’économie de marché est le reflet de la nature humaine.
Pour être bien compris, Guy Sorman rapporte une expérience récente : il a assisté au Japon à l’arrivée du porte-avions US Georges Washington.

C’est bien là où Sorman surprend : on s’attendait à tout sauf à l’entendre évoquer la nécessité d’un vrai gendarme pour rendre le monde plus poli, plus policé ! Les sociétés ne fonctionneraient bien que sous la couverture d’un système de sécurité global, lequel est vraiment invisible quand il fonctionne bien. La mesure de sa réussite est de ne jamais recourir aux moyens d’intervention pour ramener l’ordre.

Par exemple désormais la population paysanne peut accéder aux grands progrès qui impliquent l’allongement de la durée de vie, la baisse de la mortalité, le choix du mode de vie. L’innovation est le socle de cette croissance, structuré autour d’un schéma simple : l’innovateur, l’entrepreneur, le marché, l’Etat qui régit ce monde-là. Sans craindre de se contredire, au moins en apparence, il décit les deux formes d’Etat : l’Etat rationnel qui ne devriat rien faire, à opposer à l’Etat irrationnel qui prétend s’occuper de tout. Il retrouve alors les termes de son credo libéral :

Les remèdes dispensés par l’Etat ne servent à rien, mais au contraire ils amplifient le mal, l’aide publique n’est pas efficiente, il n’apporte pas de progrès réel, la dépense publique peut donner l’impression, l’illusion de servir, mais on risque toujours d’aller trop loin, avec le risque de bloquer la machine, donc l’expansion, en maintenant en survie des acteurs non innovants.

Lors des crises passées ont été commises de nombreuses erreurs au nom du bien commun, telles que la fermeture des frontières, la cartélisation des domaines industriels. Selon lui, seul le libre échange peut s’imposer. Sorman se déclare partisan de la suppression de toutes les entraves.  La régulation autoritaire n’est pas la solution, pour les entreprises en difficulté, il est préférable de recourir à la recapitalisation, et la mise à l’abri des entreprise, pour qu’elels soient moins dépendantes des aléas du marché, il faut les insérer dans des systèmes fiscaux adaptés. Il est indispensable de se diriger vers un rythme de croissance élevé, tout en veillant à ne pas détrire l’environnement.
Guy Sorman revient à plusieurs reprises sur les conditions de l’innovation.

C’est évidemment contraire à tout ce qui est enseigné dans le monde scolaire ; et d’une façon générale à notre propre système universitaire, dominé, dit-il, par le terrorisme intellectuel. Et c’est pourquoi, soutient-il, les chercheurs oeuvrant dans le  domaine des sciences de la vie ont tous migré vers les Etats-Unis.

L’économie, assène-t-il, ne peut pas marcher mieux que la nature humaine, et l’économie de marché est le reflet de cette nature humaine.

Par le biais des dépôts de brevets aux Etats-Unis on peut être certain que les Américains détiendront toujours une position de leadership. Et cette situation est directement liée au système des universités américaines qui d’une part sont dominées par la compétition, et, d’autre part, sont soutenues par une relation étroite entre les universités et le le monde des entreprises. Il faut gérer les phénomènes sociaux, mais pas tout mettre par terre.

Il énumère les conditions d’un bon développement : sécurité mondiale, sécurité des contrats, sécurité juridique ; visibilité de la route à parcourir pour l’entrepreneur, visibilité et prévisibilité, danz ce domaine, l’Etat et bien le gardien suprême. La démocratie est une condition fondamentale, les despotismes ont toujours fragilisé les économies.

La croissance, dit-il, change radicalement la vie.

Je précise que je partage pas les points de vue de Guy Sorman, ses développements doivent être considérés comme une contribution au débat actuel.

Europe et Sarko : la dernière séance

41UTCp31UTC12bSun, 14 Dec 2008 14:00:41 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

Un bilan pour le moins mitigé

Mardi prochain à Bruxelles, dernière séance du Conseil de l’Union européenne sous la présidence de MBAOP, Mon bien aimé Omni Président (Sarkozy).
Pas besoin d’être flagorneur ou suiviste, je n’attends rien de MBAOP et des siens. Ni des autres d’ailleurs. donc je peux regarder ce semestre européen d’un oeil critique.
Sarko avais misé gros sur cette présidence. Loin de la lettre des institutions européennes, il se voyait en vrai Président « à la française », décidant de tout, régentant tout. Mais Bruxelles n’est pas Paris. Au siège de l’Union ne règne pas l’esprit de cour.
Et le bilan réel est assez modeste.
Il a incontestablement joué un rôle très positif pour le plan de relance européen, mais sans cesse freiné par la BCE, son Président Jean-Claude Trichet qui a plus que traîné les pieds pour abaisser les taux directeurs du crédit. Et surtout, conflit larvé, mais de plus en plus ouvert avec Angela Merkel, la Chancelière allemande, qui s’est révélée toujours plus libérale au sens idéologique du terme, sous l’influence des caciques de l’économie allemande.
En vérité les rapports avec Merkel sont devenus si exécrables que MBAOP s’est vu contraint de trouver d’urgence une sorte de médiateur pour mettre de l’huile dans les rouages. Il a profité du départ de Jean-Pierre Jouyet, le ministricule des affaires européennes pour inventer un nouveau ministère de la germanophonie, pas mal comme idée, chargé de promouvoir de meilleures relations franco-allemandes. Qualifié d’excellent germanophone, Bruno Le Maire, le nouveau ministre, devra gérer une double schizophrénie : villepiniste convaincu, ancien Directeur de cabinet de Dominique de V., beau poète ex-Premier ministre, il devra s’entendre avec Sarko ; il devra suppléer Kouchner pour les affaires allemandes. Du sport en perspective.
Parmi les bons points, la réussite relative de l’arbitrage entre les Russie et la Géorgie, facilité par l’effondrement des prix du pétrole et des matières premières qui a contraint la Russie à rabaisser un peu son caquet. Autre bon point, la création de l’Union pour la Méditerranée : elle existe, il y a un secrétariat, mais c’est tout. Les pays riverains arabes laissent croire qu’ils sont pour. A condition qu’Israël ne soit aps vraiment là.
Autre succès revendiqué, l’adoption par l’Union européenne du paquet « énergie-climat », Accord européen sur le climat, après d’intenses tractations, en fait des concessions majeures à l’Allemagne, l’Italie, la Hongrie ou encore la Pologne, des systèmes d’exemption graduels qui vident en grande partie de son contenu l’accord. Selon cet accord l’Union européenne en 2020 aura réduit de 20% ses émissions de gaz à effet de serre; utilisera 20% d’énergie renouvelable et aura diminué sa consommation de 20%. MBAOP proclame qu’il s’agit d’une décision historique, sans équivalent dans le monde. Des accords ont également été obtenus sur la politique d’immigration et sur la PAC, politique agricole commune, dont la réforme met en fureur le monde paysan car elle prévoit une baisse des subventions à la production.
Les points négatifs sont malheureusement plutôt nombreux. D’abord cette minuscule affaire de la TVA à 5,5 % pour les restaurateurs, déjà promise par Chirac et dont Merkel ne veut pas entendre parler. MBAOP n’a pas obtenu plus que son prédécesseur à l’Elysée. Le « Non » irlandais au traité européen a secoué les institutions. Le gouvernement de Dublin a promis de relancer un nouveau référendum, dans … un an.
Les thuriféraires célèbrent le nouveau style insufflé à Bruxelles. Le nouveau style bling-bling, l’agitation permanente, la réunionite aiguë sans effets vraiment perceptibles. MBAOP a surtout ramené l’Union européenne à son état ancien, l’Europe des Etats. Il rêvait d’en rester Président, il ne le sera plus. La main bien visible de Merkel est passée par là. La Chancelière accepte des bises et des caresses du Président. Sans plus. Sans avoir obtenu de diriger la politique économique européenne, MBAOP sera remplacé à partir du 1er janvier par un eurosceptique… convaincu : Vaclav Klaus, le Président tchèque. Après lui, difficile de savoir ce qui subsistera de l’œuvre de notre Bien aimé Président !
Ensuite, après s’être dépouillé de sa jaquette de Président, direction le Brésil, pour une visite officielle au cours de laquelle devraient être signés d’importants accords de défense, et – peut-être – la vente de Rafale. MBAOP ne rentrera pas tout de suit à Paris, vive les vacances, il restera au Brésil pour Noël, chez le papa de Carla, Maurizio Remmert, qui vit au Brésil depuis trois décennies, avec grand-papa et petite demi-sœur. Moi qui croyait que le Président se devait de rester en France ou à proximité immédiate quand pèsent certaines menaces… Je ne dois pas avoir compris.

Police = privé ?

17UTCp31UTC12bMon, 15 Dec 2008 15:35:17 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

Police : MBAOP se prononce pour le privé, pour économiser !

Demain, la police de sécurité sera-t-elle contrôlée par le privé ? En tout cas une nouvelle étape majeure dans la privatisation d’un certain nombre de tâches dans le domaine de la sécurité vient d’être franchie. C’est du moins ce qui ressort de la prise de position de Michèle Alliot-Marie, la Ministre de l’Intérieur, ce lundi lors de l’ouverture du Sommet européen de la Sécurité privée à Paris quand elle a annoncé la création d’un “Conseil économique de sécurité”. Il sera ” chargé de lui faire des propositions en vue d’une approche globale de la sécurité mêlant les secteurs public et privé.
Depuis plusieurs années on assiste en France à un transfert toujours plus large de missions de sécurité au privé, aussi bien au plan de la sécurité publique quotidienne que de tâches plus spécifiques, comme les enquêtes et l’Intelligence  économique. Des vigiles et des gardes remplacent de plus en plus souvent les « policiers officiels » dans d’importantes missions de sécurité publique. Pour ne prendre qu’un exemple, spectaculaire et peu connu : la sécurité des ambassades de France dites de 3° niveau, les moins importantes, est désormais assurée non par des gendarmes ou des CRS, mais par des sociétés privées locales, c’est-à-dire choisies dans le pays où siège l’ambassade. Selon un spécialiste…

Dix vigiles de recrutement local coûtent moins cher pour un an qu’un mois de gendarme en mission avec sa famille.

Nous ne donnerons pas d’exemple pour des raison de… sécurité. De façon plus spectaculaire, on constate que les sociétés de sécurité privée envahissent tous les domaines : le contrôle des passagers et des bagages dans les aéroports, entre autres Orly et Roissy 2 ; la sécurité dans les grandes surfaces, dans les grands ensembles de logements. Ils sont aujourd’hui 90.000.
Le privé en Europe pèseraient aujourd’hui 1,7 million d’employés, 50.000 entreprises, 15 milliards d’euros de chiffre d’affaires. La France est d’ailleurs relativement en retard.
L’organisateur privé de ce colloque, la CoESS, Confédération européenne des services de sécurité trente organisations nationales) , a préparé le travail en collaborant avec l’INHES – Institut Nationale des Hautes études de la Sécurité – pour l’élaboration d’un Livre Blanc intitulé « Demain, quelle sécurité pour l’Europe ? ».

« Alors que les forces de sécurité étatiques vont gagner en productivité mais être stables en nombre, souligne Pierre Monzani, le directeur de l’INHES, les emplois dans la sécurité privée vont se développer fortement.   »

On évoque un effectif de 200.000 employés dans les SSP – sociétés de sécurité privées – dans la perspective des dix ans à venir, soit autant que la gendarmerie et la police nationale réunies !
Il y a encore peu, Michèle Alliot-Marie dénonçait l’invasion du marché de la sécurité par les « officines privées », il semble qu’elle se soit soudain convertie. Sans doute à l’initiative de MBAOP ( Mon Bien aimé omni Président) Nicolas Sarkozy : l’œil fixé sur la  RGPP (révision général des politiques publiques), et les économies budgétaires drastiques nécessaires pour boucher les trous de la crise économique et financière, il n’est plus du tout décidé à accorder de nouveaux moyens aux polices « officielles »,  en dépit de ses engagements de campagne électorale. Au contraire, puisque d’importantes réductions d’effectifs sont programmées tant dans la police nationale que dans la gendarmerie. Dans la préface au Livre Blanc publié lors de ce colloque, le Président  s’engage personnellement, il constate que «la demande et l’offre de sécurité se font plus pressantes et exigeantes, en raison de l’espace laissé par la réduction nécessaire des dépenses des États ». L’acteur public n’a donc plus les moyens d’assumer seul sa mission, assène-t-il.

Livre-photos : Charuel en Afghanistan

36UTCp31UTC12bWed, 17 Dec 2008 09:55:36 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

Attaché à l’hebdo Valeurs actuelles, le photographe de guerre Marc Charuel,  ne dételle pas. Il vient de publier chez aux éditions Valmonde un album illustrant la vie des militaires français en Afghanistan. Les textes sont de Fréderic Pons. Sur place les deux journalistes ont suivi en opération les hommes du bataillon Kapissa (8ème RPIMa, 35ème RAP, 17ème RGP, Service de santé), le détachement air de Kaboul et le groupe médico-chirurgical. 110 pages, format carré 21×21, 39 euros.

Grand baroudeur devant l’éternel, Charuel a assis sa réputation initiale par un grand reportage chez les Karen, en Birmanie, un voyage au cours duquel il a été blessé. Il a publié notamment en 1993

Putain de guerre: Gaston Besson, volontaire français contre les Serbes,

et en 2003 L’affaire Boudarel. Ces deux livres sont introuvables neufs.


Mondialisation et capitalisme débridé

55UTCp31UTC12bFri, 19 Dec 2008 13:08:55 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

L ‘économie artificielle, l’économie virtuelle :

US-ATTACKS-TRADE CENTER RUBBLE

Les ruines du World Trade Center, symbole de la ruine des finances mondiales

Des junk bonds à Madoff, en passant par Enron, et les subprimes, comment  comprendre les mécanismes de la mondialisation ?
Le problème dans l’information est sa dispersion, sa parcellisation. Quand survient un événement, moi le premier, on vous balance en vrac des informations sur tel ou tel scandale, sans les relier les uns aux autres. Hier on évoquait l’affaire des Saving & loans, américains, les junks bonds qui ont servi à financer ces opérations. Je rappelle les chiffres : la crise des “Savings and Loans” a ravagé le monde des Caisses d’épargne américaines au cours des années 1980. Près de 80% d’entre elles ont disparu dans la tourmente, 747 en tout, sur l’ensemble du territoire américain. Le coût de cette crise est estimé à environ $160.1 milliards de dollars, dont $124.6 milliards assumés directement par le Trésor américain, donc par les contribuables.
Je vous ai exposé la question dans un billet du 19 novembre dernier
Cette affaire est surtout à l’origine de la politique de crédit à tout va grâce à laquelle l’économie américaine a gonflé démesurément, bulle après bulle. Sans pilotage apparent. Puis, plus tard, est venue l’affaire ENRON, une société texane, intermédiaire sur le marché de l’énergie. Elle achetait et elle vendait des tonnages de pétrole et de gaz, sans matérialité. ENRON était plus virtuelle que réelle puisque dans le marché de l’énergie elle jouait un rôle d’intermédiaire qui, n’étant pas essentiel, ne pouvait pas assurer de revenus suffisants. Les comptes étaient contrôlés par la société d’audit Arthur Andersen. ENRON bénéficiait de la plus grande bienveillance des politiciens républicains, très hostiles aux vrais contrôles, comme je l’ai déjà relevé : plus de 100 membres du Congrès ont reçu des contributions d’ENRON à leur caisse électorale. Le vice-président, Dick Cheney, a recu plusieurs fois Kenneth Lay, président d’ENRON, dans le groupe de travail sur l’énergie dont il assumait la présidence. Pour George Bush, Kenneth Lay c’était Kenny Boy.
À son sommet, en janvier 2001, l’action d’ENRON valait 83$, un an plus tard, elle tombe à 0,67$. Pendant qu’à New York, les tours du World Trade Center s’effondraient, sous les coups d’activistes de l’extérieur, appelés terroristes, à Houston, au Texas, implosait ma société ENRON, 4.000 emplois perdus à la clé, une perte pour les actionnaires de 63 milliards de dollars. Une perte surtout pour les fonds de pension assurant leur retraite à des millions d’Américains.
On croyait avoir tout vu. Eh bien non : l’effondrement du système basé sur les subprimes et produits dérivés a provoqué des pertes encore plus énormes, à ce jour incalculables. Finalement l’escroquerie en forme de pyramide de Ponzi montée par Bernard Madoff et sa société « Bernard Madoff Investment Securities » est à la limite relativement moins importante. Mais la responsabilité de l’absence de contrôle est tout aussi évidente que pour ENRON.
Toutes ces affaires relèvent d’un seul et même principe : la maximisation des profits. On ne travaille plus sur la réalité de la production, mais sur le potentiel de profit fondé sur une exploitation anarchique du capital investi. Ou de l’absence de capital. Quand un fonds spéculatif rachète une entreprise, il ne sort pas un sou de sa caisse, même pas de la poche de ses dirigeants. L’acquisition est totalement financée par recours au marché des capitaux. Autrement dit par les banques qui préfèrent s’investir dans ce genre d’opérations qualifiées de hautement profitables que dans le financement de l’industrie, des entreprises qui produisent une matière réelle, des voitures aux trains en passant par l’acier et les produits chimiques.
Mais ces industries elles-mêmes fonctionnent sur le même principe de la valorisation maximum, sans lien réel avec les impératifs du marché. Et cette valorisation maximum passe par un abaissement continu des coûts de production qui sont systématiquement alignés sur les plus bas. C’est-à-dire sur les coûts apparents constatés dans les pays en voie de développement.
D’où les délocalisations. Les délocalisations ne reposent pas sur des impératifs industriels, mais exclusivement sur des impératifs de valorisation financière. On ne se préoccupe pas de la dégradation continue du tissus industriel dans les pays développés, on soustraite tout dans les pays en voie de développement. Sans se préoccuper non plus des conditions de travail. Ainsi voit-on des entreprises prospères, encaissant de larges profits, comme Arcelor-Mittal, Valeo ou Michelin, qui n’hésitent pas à licencier de façon « préventive », parce que les perspectives ne sont plus aussi bonnes. Le seul objectif es bien de « maximiser » le profit. Ainsi la mondialisation relève-t-elle du même mécanisme que les scandales financiers.
Incontournable pour le financement des investissements, le capitalisme n’est pas en soi critiquable, on n’a pas encore trouvé d’autre moyen pour assurer un développement continu. Mais sa pratique débridée et sans contrôle, souvent largement criminelle, est de plus en plus dangereuse. C’est presque un truisme de le constater.

Précisions à propos du fonds Madoff

Il n’y a pas de petits épargants victimes directes en France pour une raison simple : il fallait être un gros épargnant pour entrer dans le fonds Madoff, le ticket d’entrée était à 1 million de collars. Pas à la portée de tous.

En fait, à l’origine, il n’était sûrement pas un escroc. tous les éléments concernant sa société étaient clairs, et même transparents, tout était déclaré à la SEC, des bulletins fréquents nous tenaient au courant de l’évolution de la société. Contrairement à ce qui a été écrit, les taux d’intérêt promis étaient très variables, de 4 à 10%, loin des 11 % généralement annoncés. A un moment, il a dû ^tre dépassé, poussé à promettre des taux d’intérêt plus élevés.

Mon conseiller financier a vu passer entre ses mains de nombreux titres Madoff, il affirme s’en être toujours méfié. Ses explication me paraissent très claires. L’affaire est bien dans la logique de la course à la valorisation maximum, pas forcément raisonnable d’ailleurs sous la pression des retraités émargeant aux fonds de pension, soucieux de voir leur rente augmenter toujours plus.

100 BO (bandes originales) cultes

09UTCp31UTC12bFri, 19 Dec 2008 11:00:09 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

Olivier Cachin, Christophe Geudin

Editions Tournon, 100 bandes originales cultes, De 1927 à 2008.35€.

Les deux auteurs sont des journalistes spécialistes des musiques urbaines. Ils rappellent que la musique de film fête ses cent ans, on doit la première à Camille Saint-Saens, pour illustrer un film muet consacré au Duc de Guise. Depuis la musique de film est devenue un genre musical spécifique, bien à part, ponctué d’immenses succès. qui ne se souvient pas du Docteur Jivago, de Maurice Jarre, ou de Il était une fois dans l’Ouest de Sergio Leone, le maître. On n’imagine plus un film sans cette partition musicale qui souligne l’action, qui amplifie les effets dramatiques. Les deux auteurs remettent en perspective les bandes originales d’un certain nombre de fils dits “cultes”, ils nous les racontent par le menu. C’est superbement illusté par les affiches elles aussi d’époque.

Je précise qu’Olivier Cachin était un ami de lycée de mon fils Lucio Mad. Ils ne s’étaient jamais quittés.

Bagnole : un nouveau genre de malus

45UTCp31UTC12bFri, 19 Dec 2008 15:30:45 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

Mes correspondants commencent à me considérer comme un relais pour informations mal diffusées, comme celle-ci…

Le gouvernement avec l’assentiment de nos chers députés vient de faire passer en douceur un texte sur lequel il n’y a eu aucune communication ….et les journalistes sont d’une discrétion absolue là dessus : à  partir du 1er janvier 2009 lorsque vous aurez un accident avec votre voiture, votre assureur devra missionner un expert pour chiffrer les réparations (jusque là rien d’anormal), sauf que l’expert devra, en plus, vérifier 21 points de contrôle du véhicule ….même si cela ne concerne pas le choc initial et même si votre contrôle technique récent était O.K.

Bref si l’un de ces 21 points n’est pas conforme ou en état de fonctionner, votre carte grise sera gelée en préfecture (conséquence: impossible de vendre votre voiture), et vous aurez alors trois jours pour accepter de réparer le ou les points non conforme(s), à défaut, votre voiture sera immobilisée au garage.
Et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, si vous réparez et que les points non conformes n’étaient pas liés au sinistre, l’expert devra revenir pour valider les travaux, et ce, à votre charge bien sûr ! Sans oublier bien sûr les malus ….au cas ou vous seriez responsable de l’accident.
Commentaire : serait-ce un moyen de relancer les ventes de voitures récentes …..ou de voitures neuves qui encombrent les parking des constructeurs !!!! Et ce seront encore les assureurs qui passeront pour des voleurs, et bien non ! il faut savoir que ce sera la loi ….tout simplement. Une façon de donner également du travail aux garagistes qui devront embaucher pour faire face …..(CQFD)
Alors à compter du 1er Janvier 2009 redoublez d’attention sur la route car le moindre accrochage va être “hors de prix”…et on n’aura pas fini de voir les délits de fuite après un accrochage, même banal . “

Secrets – Ultimes confidences d’Yves Bertrand

14UTCp31UTC12bSat, 20 Dec 2008 19:58:14 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

« On m’a “volé“ mes carnets »,

tempête Yves Bertrand l’ancien patron des DCRG.
Les carnets secrets d’Yves Bertrand n’ont pas fini d’encombrer les médias. Aujourd’hui, samedi, on apprend que deux mois après le dépôt de la plainte de Nicolas Sarkozy, le parquet de Paris a ordonné l’ouverture d’une enquête préliminaire sur les notes de l’ancien patron des RG qui fourmillent de rumeurs sur le monde politique, pour dénonciation calomnieuse, faux et usage de faux, recel et atteinte à l’intimité de la vie privée.
J’ai pu rencontrer, le personnage, pas clandestinement du tout au demeurant. Il m’a confié sa colère. Colère froide, mais violente.

« Le parquet a agi sur ordre », accuse Yves Bertrand.

Puis, sans chercher à se justifier, il explique qu’il a toujours restitué les informations importantes. Voici comment fonctionnait la chaîne d’information à l’intérieur du Ministère de l’Intérieur :

« Tous les soirs était établi le compte-rendu quotidien. En vue d’être distribuées aux services intéressés, les notes étaient reproduites à quinze exemplaires, le dossier ministre étit sous couverture verte. Il y a lieu d’ajouter des notes à diffusion plus restreinte.
« J’ai toujours rendu compte à mon autorité hiérarchique administrative, le Directeur de cabinet du Président et le Directeur général de la police nationale. Tous les ministres, à commencer par Dominique de Villepin, ont toujours été tenus strictement au courant.
« Je n’ai jamais rien donné à l’autorité judiciaire au titre de la dénonciation de faits délictueux, ce n’était pas à moi de le faire.

Puis il revient sur les carnets contestés.

« Je ne peux être poursuivi puisque ce n’est pas moi qui a publié les carnets. »
« Je suis un personnage archaïque, j’écris tout. J’ai cessé de tenir ces carnets en 2003 quand j’ai quitté mon poste de DCRG pour l’IGA (Inspection générale de l’Administration. Donc il est normal de ne pas trouver de carnet postérieur à 2003.
« Tout ce que je raconte est prescrit depuis longtemps puisque les brouillons et les carnets sont prescrits par trois ans.
« Les plaintes lancées contre moi ne sont pas fondées juridiquement. On a pris en photo l’ensemble des vingt-trois carnets. C’est ainsi que le contenu a pu être récupéré. Complicité de l’avocat, je ne vois pas autrement. Ça s’analyse en trois temps : bris de scellés, violation du secret de l’instruction, recel de violation du secret.
« C’est délirant, ce sont des plaintes médiatiques. Le Président Sarkozy est suivi par une cohorte de personnages qui lui ont emboîté le pas, toutes les plaintes sont rédigées dans les mêmes termes : dénonciation calomnieuse. Ce n’est pas à l’honneur du Président, ça ne va pas lui faire du bien. Il eut été intelligent de retirer sa plainte en considérant la personnalité de deux qui l’ont suivi.
« Je suis honoré d’être poursuivi par des gens comme ça »

En conclusion de son propos, il martèle :

« Je suis une cible parce que je suis le plus médiatisé. Mais pas question de me laisser abattre, j‘ai des munitions. J’ai en particulier connaissance de certaines informations concernant des emplois fictifs distribués par tel ou tel.
« Je ne suis pas amer, mais lucide. Mais pourquoi un tel acharnement contre moi ? ».

Serais-je moi aussi l’objet d’une manipulation ? Je connais le personnage depuis longtemps, il sait que je peux le “peser”.

Quant aux journalistes qui se répandent en propos plus ou moins bien informés sur YB, il observe en s’amusant que nombre d’entre eux ont fréquenté de façon assidue son bureau.

C’était whysky pour les hommes, champagne pour les femmes. Quand je leur proposais de les voir au petit déjeuner, [ donc sans whysky ni champagne,NDLA ] ils n’aimaient pas.

YB me cite un nombre de noms considérable, parmi les plus connus de la presse française. Je ne vous les citerai pas, évidemment. Certains de ces “noms” ont effacé ces rencontres de leur mémoire, ils s’empressent de multiplier les critiques à l’encontre de l’ancien Directeur central des Renseignements généraux. Ainsi va la vie.

La France en Afghanistan

07UTCp31UTC12bSun, 21 Dec 2008 11:53:07 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

Jean-Dominique Merchet, dans son site “Secret Défense” associé au quotidien Libération, a jeté cette semaine un pavé dans la mare : la France envisagerait de renforcer ses effectifs en Afghanistan, pour les porter au niveau d’une brigade opérationnelle, très au-delà des 3.000 hommes actuellement présents sur le terrain. Très bien informé, très au fait des questions de stratégie, et peut-être un peu le passeur de paroles pour des militaires de tous rangs, Merchet écrit rarement pour ne rien dire. Je me demande si la publication de cette information n’est pas un “appel à réactions”. Ça peut se pratiquer…

Evidemment, compte-tenu de l’impopularité de cet engagement des troupes françaises, démenti généralisé et prompt, notamment d’Hervé Morin, le Ministre de la Défense :

Il n’envisage “aucun plan d’accroissement des effectifs en Afghanistan”. Ni le président Nicolas Sarkozy ni lui même n’ont “donné à l’état-major la consigne de travailler sur un plan de renforcement des effectifs en Afghanistan“. Un peu plus tôt le même ministre expliquait sur RTL que «pour l’instant, nous n’avons pas l’intention d’envoyer des hommes supplémentaires (…) Mais une partie de notre propre sécurité se joue en Afghanistan. On ne peut pas laisser ce pays revenir dans les mains des Talibans.»

Ce discours, je l’ai déjà entendu en avril au Tadjikistan quand avec les Auditeurs de l’INHES j’ai visité la base aérienne française de Douchanbé, assurant la logistique des troupes françaises en Afghanistan. Le principe cardinal de la politique française dans cette lointaine région de l’Asie est que notre sécurité en France dépend du succès des alliés en Afghanistan. Certes, mais on ne nous a toujours pas expliqué pourquoi et comment. Pour le moment, j’y ai surtout vu la volonté de MBAOP de s’aligner sur la politique définie par son copain Georges W. Pour le moment, Barack Obama semble suivre la même voie pour la guerre en Afghanistan. Et ensuite ? Question sécurité de la France, je vois surtout le flux continu de réfugiés afghans qui par la Turque, la Grèce et l’Italie se déverse sur l’Europe afin de fuir les combats. Un flux continu que l’on voit s’installer partout dans Paris, sous les porches d’immeubles dans les beaux quartiers. Je vois aussi que ce conflit en Afghanistan est le prétexte à une résurgence d’actions violentes à caractère éventuellement terroriste. Avant cette guerre, hormis le roman de Joseph Kessel, Les Cavaliers publié en 1967, l’opinion publique française ignorait tout de l’Afghanistan. Aujourd’hui, la présence de nos troupes sur place pour “renforcer” les Américains contribue à accroître à Paris la menace terroriste.


Ecoutes – rappel de l’organisation légale

25UTCp31UTC12bMon, 22 Dec 2008 11:30:25 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

Suite de mes informations sur les Ecoutes et les interceptions de sécurité :

Les internautes doivent admettre que les écoutes couvrent un champ très large

De nombreux internautes n’ont toujours pas admis que leurs très chères communications téléphoniques transmises peuvent être interceptées par tous moyens et en toutes circonstances. Ceci pour deux raisons majeures : la première a trait aux enquêtes judiciaires qui s’appuient désormais largement sur les écoutes et sur l’interception de toutes les formes de messageries téléphoniques et électroniques, téléphone fixe, fax, téléphone cellulaire, Textos, téléphones satellitaires, liaisons WiFi – celles-ci particulièrement “perméables”-, et tout l’ensemble des messageries électroniques transitant par le réseau internet.

Les interceptions sont réalisées qu’il y ait ou non cryptage. Il y a belle lurette que les codes de cryptage sont cassés sans difficulté par traitement informatique; en France les codes sont limités à 128 bits pour faciliter le décryptage. La première opération de décryptage majeur a été réalisée à partir de 1939 par les Polonais, les Français et les Britanniques grâce à la machine Enigma. J’ajoute ce commentaire très pertinent que m’a transmis un internautre

Précision pertinente d’un internaute

La loi autorise depuis des années les particuliers à utiliser des logiciels tels que PGP et GnuPG sans limitation de taille de clef : http://fr.wikipedia.org/wiki/Chiffrement#En_France Or, bien utilisée, la cryptographie asymétrique utilisant des clefs de 1024 ou 2048 bits est réputée “incassable”, même s’il reste certes possible d’installer un espion logiciel pour capturer le mot de passe lorsqu’il est tapé sur le clavier (keylogger) ou pour retrouver les version “en clair” des messages chiffrés, ou encore de retrouver le mot de passe s’il a mal été choisi, entre autres…

D’une façon générale toute émission radio-électrique, quelque soit son support et son intensité, est susceptible d’être interceptée. Les “Services” disposent même d’outils permettant d’intercepter les émissions des écrans d’ordinateurs – à faible distance – et donc de capter l’image des écrans. Ces systèmes d’écoute permettent également le suivi sur le terrain des porteurs de cellulaire, grâce au rowing. Cet appareil d’interception comporte en complément la possibilité de prendre le contrôle à distance (remote control) des ordinateurs et des téléphones cellulaires. Ce n’est pas un tableau issu d’une quelconque “théorie du complot”, mais la description d’une réalité très prosaïque.

La mise sous surveillance est notifiée aux opérateurs par application de commissions rogatoires ; les opérateurs sont tenus de fournirs aux autorités toutes les données, en particulier les fréquences, des “comptes” placés sous écoute ; ce qui signifie que les écoutes ne sont pas limitées aux réseaux filaires dont l’importance relative s’amoindrit chaque jour. Le deuxième motif de mise sous surveillance et interception est la sécurité nationale, on entre dans le domaine des écoutes administratives sans motif juridique. Une décision du Premier ministre est nécessaire pour mener cette deuxième catagorie d’écoutes.

Je peux préciser qu’une surveillance spéciale à caractère préventif vise les sites internet à caractère pédophile, et, par la même occasion sur les sites à caractère pornographique ! Ils sont placés sur le même plan que les sites islamistes, susceptibles de véhculer des messages de liaison pour les réseaux “terroristes”, ainsi que sur certains sites de jeux en ligne.

Il est évident qu’un tel appareil de traque ne peut supporter la moindre faille, sinon il serait inutile. Les “Ecoutes” doivent permettre non seulement d’écouter et d’enregistrer les communications, mais encore d’inverser le flux, c’est-à-dire d’écouter les bruits enregistrés autour des appareils de transmission, téléphones fixes ou cellulaires, utilisés comme micros quelques soient les précautions prises par les utilisateurs pour échapper aux mailles du filet. Il serait naïf de croire le contraire.

Tous les pays importants dans le monde disposent désormais de services importants pour traiter les écoutes, en général liés aux services de renseignement. Aux Etats-Unis la NSA, en France un service – dirigé par un général – qui devient commun à toutes les directions du renseignement et de la police judiciaire. Dans mon livre “Dans le Secret des Services” (Denoël 2007), je décris les différents étages du système des Ecoutes :

- En France, par l’intermédiaire des fournisseurs d’accès

- Par interception directe des émissions radio électriques sur le territorie français

- En France et hors de France, utilisation à des fins d’interception du réseau de tracking des satellites, antennes notamment en France, à StPierre et Miquelon, aux Caraïbes, en Guyane, à Djibouti, en Nouvelle-Calédonie.

- utlisation du système satellitaire Helios, complété par les antennes dde la frégate A 759 Dupuy de Lôme. Opérant pour le compte de la DGSE, la A 759 est une sorte de « satellite en mer ». Entré en service en juin 2006 ce navire « espion » est spécialisé dans la détection et le recueil des informations électroniques.

Je rappelle les informations fournies à cet égard dès mai 2007 :

Police anti-terroriste : l’interception des données techniques de connexions

Les procédures judiciaires législatives, réglementaires et techniques sont au point, les structures  toutes en place. La loi du 23 janvier 2006 légalise cette nouvelle construction.

les éléments d’information sont assez largement diffusés, et cette diffusion entre clairement dans les programmes de prévention et de lutte contre le terrorisme. Voire de dissuasion : il est signifié aux « malfaisants » que désormais toutes leurs connexions téléphoniques ou informatiques peuvent être identifiées et localisées très vite.

Jusqu’à ce mois de mai 2007, sans compter les équipes de policiers chargées de le suivre, la surveillance rapprochée d’un « personnage à risque » nécessitait un dispositif lourd et coûteux, centré autour de la mise sous écoute de ses différents moyens de communication : téléphone fixe et portable, ligne informatique, etc. Des semaines étaient parfois nécessaires pour que tout soit mis en place après autorisation formelle donnée par la CNCIS – Commission de contrôle des interceptions de Sécurité -, au prix d’un investissement considérable, plusieurs dizaines de milliers d’euros pour un résultat aléatoire. Depuis le 2 mai 2007 tout a été remis à plat. En outre, les systèmes d’écoutes de la DGSE et de la DCRI sont désormais communs.

Désormais au sein du service chargé de détecter les risques, pour entrer dans le processus, un fonctionnaire habilité passe un simple message – crypté – à la nouvelle plate-forme technique d’interception des données de connexion aux systèmes de communication gérée par l’UCLAT (Unité de coordination de la Lutte antiterroriste) et installée dans les nouveaux locaux du Ministère de l’Intérieur à Levallois. Contenu du message : demande d’autorisation pour placer sous surveillance ,connaître les données techniques de connexion des les communications passées par les personnages ciblés : identification précise de leurs téléphones fixes ou mobiles, et le ou les adresses IP de leurs moyens informatiques ; demande de communication de tous les abonnements liés aux numéros repérés et des documents d’inscription ; relevé précis de toutes les connexions téléphoniques – entrées et sorties - ; destinataire ou émetteur des SMS, dates et heures ; adresses internet personnelles et sites internet consultés, soit par câble, soit par système WIFI ; géolocalisation des connexions par téléphone portable. Le champ d’investigation est large, mais, à ce stade, ne porte pas sur le contenu des communications.

La plate-forme est un simple relais technique, en quelque sorte un serveur. Par application de l’article 6, loi du 23 janvier 2006, le serveur bascule la demande sur le servicel à  la « pertsonnalité qualifiée » qui, à l’Inspection générale de la Police Nationale est légalement investie de l’évaluation. Cette fonction est assurée par l’Inspecteur général François Jaspart et quatre cinq adjoints disponibles jour et nuit.

Trois réponses sont possibles : c’est oui, c’est non, ou bien la demande nécessite des éclaircissements supplémentaires. Après validation par signature électronique infalsifiable, l’Inspection notifie sa décision à l’UCLAT. Celle-ci peut alors saisir tous les opérateurs téléphoniques et/ou informatiques qui sont tenus de communiquer toutes les informations en leur possession. Dernier stade, l’UCLAT retransmet les résultats de l’enquête au service demandeur d’origine, seul à pouvoir consulter les résultats.

Toutefois les informations ne peuvent concerner que les données techniques des connexions, il ne s’agit pas d’une écoute au sens strict. En quelques sorte, il s’agit d’un tri préalable. Si les suspicions à l’encontre de la cible subsistent, le service a la faculté de demander à la CNCIS une écoute à caractère administratif en bonne et due forme. L’interception portera cette fois-ci sur le contenu des conversations et des messages, on se retrouve dans le schéma antérieur au 2 mai, des interceptions de sécurité régies par la loi du 10 juillet 1991.

Mais nous restons là au niveau de la recherche du renseignement.

Un dernier stade est cependant possible, au niveau judiciaire, désormais : admettons qu’il soit établi par les écoutes et tout autre moyen que la personne ciblée soit suspectée de participer à une action à caractère terroriste on va passer au stade de l’enquête judiciaire, si une information a été ouverte.. Menées dans le cadre strict de la procédure pénale, l’enquête préliminaire ou l’instruction doivent déterminer la nature et l’ampleur des infractions commises. Le procureur chargé du dossier et/ou le juge d’instruction peuvent alors demander la mise en place d’écoutes à caractère judiciaire, dont ils assureront le contrôle ; le compte-rendu apparaîtra dans le dossier judiciaire comme des pièces à conviction, ce qui n’est pas le cas des interceptions et écoutes administratives, qui ne relèvent que du renseignement à caractère préventif.

Terrorisme : MAM s’amuse

50UTCp31UTC12bMon, 22 Dec 2008 16:14:50 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

Un exercice d’état major pour occuper la Une des médias

  • Si “notre pays n’est pas plus menacé” que d’autres, a souligné la ministre, “nous devons être capables de nous adapter à tous les risques d’attentats et à toutes (leurs) formes”, a-t-elle expliqué aux journalistes conviés Place Beauvau pour l’occasion.

Dans une  “salle de crise” relevant plus du cinéma que de la réalité,  installée dans la salle des fêtes du ministère ont été rassemblés les représentants de la police, de la gendarmerie, du renseignement, de la Sécurité civile. La vraie “salle de crise” ne sera opérationnelle qu’à l’été 2009.

Commentaire de la ministre :

Dans un cas “comme celui-ci, il est vraisemblable que nous passerions à un +Vigipirate+ maximum” soit l’arrêt de la circulation aérienne, des transports en commun et la fermeture des établissements d’enseignement. Nous avons testé nos capacités de réaction, de communication, de coordination”, a fait valoir Mme Alliot-Marie, précisant qu’en situation réelle, il faudrait “moins d’une heure” pour mobiliser ensemble les représentants des services concernés. Nous allons vérifier en particulier “quelle est la durée de réaction de chacun, combien il aura fallu de temps, par exemple, pour que les places d’hôpitaux soient dégagées, ou pour que les renforts arrivent à tel ou tel endroit. Nous en aurons un autre, avec tous les intervenants d’ici à une dizaine de jours pour voir où il y a des faiblesses”.

Ce jeu de guerre est excellent pour la Com’ ministérielle. Malheureusement, d’expérience, les actions terroristes sont par définition imprévisibles. Pour s’entraîner, pour prévenir leurs conséquences, on ne peut travailler qu’à partir d’événements passés, alors qu’on ne peut bien sûr jamais présager de l’avenir. Qui a prévu l’attentaticule du Printemps ? Qui a prévu les actions contre les chemins de fer ? Les services de renseignement savent toujours un peu que “quelquechose va arriver”. Mais où, quand, comment ? L’exercice conduit par MAM n’apporte pas de réponse. Mais il permet de montrer la Ministre en pleine action. Ce qui est le plus important.

Vous voyez, je ne suis jamais content. Mais pas dupe !

Président – Son nouveau paradis

18UTCp31UTC12bTue, 23 Dec 2008 14:16:18 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

MBAOP au paradis

Il nous l’avait caché, mais rien n’échappe à la presse brésilienne qui dévoile le secret. Selon les informations publiées au plan local, MBAOP et son épouse Carla – icône de la France comme la Tour Eiffel et Monoprix pour nos confrères cariocas – ne vont pas rester au Brésil proprement dit pour leurs vacances, mais séjourner dans un paradis exclusif pour ultra milliardaires, dans l’archipel de Fernando de Noronha, en face de Récife.

Les descriptions de ces îles protégées, parc national écologique, sont enthousiastes. Une petite île centrale dominée par un mini “pain de sucre” entourée par une vingtaine d’îlots. D’immenses baies dont les touristes sont écartés. Latitude : 3° au sud de l’Equateur, 220 km au large de la côte. Pas de lignes aériennes régulières, un seul hôtel, de super luxe, naturellement. Notre Président ne peut échapper à son destin… Mais que se passerait-il si une crise survenait en France alors que manifestement notre Président est coupé de tout ? Il a laissé MAM aux commande, mais est-ce bien sérieux ? Donc nous sommes abandonnés jusqu’au dernier jour de l’année !

fernando4

Avec la complicité passive de Guy Birenbaum

Politique : une démocratie musclée

01UTCp31UTC12bThu, 25 Dec 2008 10:41:01 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

Coup de gueule contre une démocratie musclée, poutinisée

On doit l’expression de démocratie poutinisée à Arnaud Montebourg alors que depuis quelques jours je cherchais un angle pour aborder la question de plus en plus brûlante des atteintes aux libertés publiques.
Et pas seulement : atteintes à la démocratie de façon plus générale.
Je dois avouer que je m’en inquiète plus que des fortunes perdues par quelques très richissimes comme la « malheureuse » et multimilliardaire  Liliane Bettencourt, propriétaire de l’Oréal. C’est plus problématique pour la fondation Elie Wiesel qui n’avait sûrement pas de projet spéculatif.
Revenons à l’évolution du régime politique en France. Il est clair que « Mon bien Aimé Omni Président » est fasciné par l’exemple de Vladimir Poutine, l’acrobate de la politique russe. Il se chasse par la porte, en renonçant au renouvellement de son mandat présidentiel, il revient par la fenêtre en s’installant dans l’ombre de Medvedev. Ah, quelle bonne idée ! Verra-t-on Sarkozy pousser en avant Xavier Bertrand pour la présidence de la République à condition qu’il promette de laisser agir Sarko dans l’ombre ? Ce serait le sens logique de cette démocratie musclée, poutinisée, qui s’installe insidieusement.
Qui trouvera à y redire ? Les chaînes de télé et de radio publiques ? Sûrement pas, puisque effrayés à l’idée de perdre son poste de Président Patrick de Carolis s’est suicidé d’avance, acceptant d’appliquer d’avance une loi qui n’était pas votée. Les chaînes de télé et de radio privées ? Sûrement pas, puisqu’elles doivent tout au Président. La presse ? Elle est ou exsangue, en proie aux pires difficultés financières, ou à la botte. Pour un oui ou pour un non, on traîne un directeur de publication menottes aux poings devant un juge d’instruction. Il est clair que ce juge n’agirait pas ainsi si elle, en l’occurrence, ne pensait pas aller dans le sens de l’actualité immédiate et des desideratas non exprimés du Président. Voici maintenant que d’autres acteurs judiciaires jettent en pâture les  pièces des dossiers d’instruction, ici de l’affaire de pseudo terrorisme de Tarnac, là de Julien Dray. L’opposition monte lentement et mollement au créneau pour protester. Les journalistes eux-mêmes ne sont guère enclins à mener bataille. Pour défendre le statut d’indépendance de l’Agence France Presse, ils sont trente dans la rue. Pour défendre Vittorio de Filippis, ils sont 200. Pourquoi le pouvoir se gênerait-il ? Pour ferrailler contre le nouveau projet de loi refondant l’ORTS (Office de Radio Télévision Sarkozy), ils sont une petite poignée de députés en séance, une trentaine. Quand François Fillon annonce que le prohjet passera en force, je n’ai entendu hurler ni Martine Aubry, ni Marie-Georges Buffet, encore moins Olivier Besancenot qui s’en fout, ces histoires de presse ploutocratique et bourgeoise ne le concernent sans doute pas. Quand Jean-François Copé s’en prend à la fureur d’amendements déposés par les Socialistes, ceux-ci ne claquent pas leurs pupitres, ils ne quittent pas la séance. Il a fallu plusieurs jours avant que Martine Aubry s’élève contre le procès intenté d’avance à Julien Dray. Il est vrai que Dray était le porte-parole de Ségolène Royal, son ancienne rivale au PS.
C’est en acceptant l’une après l’autres les humiliations infligées par Hitler que la République de Weimar s’est finalement dissoute dans la dictature du Führer. Je ne veux pas dire que Sarkozy puisse être traité de führer. Mais les exemples de Poutine et de Ju Jin Tao l’intéressent sûrement.
Désolé de vous avoir infligé un tel propos un matin de Noël.

Cuisine : la recette de Marina

25UTCp31UTC12bThu, 25 Dec 2008 18:06:25 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

Ma femme veut vous expliquer sa vraie recette, c’est son cadeau de Noël

De notoriété publique, ma femme Marina est une intellectuelle mais les gens adorent venir dîner à la maison, parce qu’on y mange vraiment bien. Mieux que de la simple cuisine de famille. En plus, contrairement à bien d’autres, elle ne passe ni des jours, ni des plombes devant « ses fourneaux » . Son idée est qu’il faut cuisiner bien sans se fatiguer, c’est le rêve de tous les pratiquants de la cuisine (ce que je ne suis pas). Autre manière de s’exprimer : comment réussir un plat sans suivre la recette. Voici sa … recette :
1 – Ne jamais rien peser, se fier à son regard.
2 – Diviser en deux toutes les proportions données dans les livres de recettes
3 – N’utiliser que les produits que vous connaissez, quitte à remplacer les inconnus par d’autres
4 – Ne pas mettre trop de vigueur dans le maniement des instruments
5 – Se contenter des moyens les plus simples pour cuisiner. Utiliser ceux que vous possédez et dont vous connaissez le maniement
6 – Vous devez toujours préparer vos pâtes ( pour gâteaux) vous-même.
7 – Goûter beaucoup en cours de route, rectifier selon votre goût et non selon la recette.
8 – Quelque soit le plat, cuisez-le à température moyenne haute.
9 – Vous n’y consacrerez pas votre journée, et le résultat sera bon à 90%.
10 – Quand vous avez raté deux fois un plat, laissez tomber, il n’est pas pour vous.
11 – Et, surtout, éliminez les recettes dont le vocabulaire exige un dictionnaire pour comprendre.
Avec ça, vous pouvez réussir le canard à l’orange, la carbonade à la Flamande, la mousse au chocolat, un rakot kaposta tout à fait exotique, la goulash à la Hongroise, la tarte tatin (géniale), les pommes de terre en gratin, les tartelettes aux tomates, la tarte à l’orange, tous les gâteaux au chocolat à la manière austro-hongroise. Les crèmes et les sauces, évidemment… Et l’art de récupérer les restes. Parfois elle rate une nouvelle recette qu’elle a testé sur moi, si ce n’est pas bon, je me dis, elle se fâche, mais elle ne recommence pas.

Président : rétro Sarko, 2008

21UTCp31UTC12bWed, 31 Dec 2008 10:55:21 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

J’ai le plaisir et l’honneur de vous présenter ma manière de voir la rétrospective Sarkosy pour 2008. J’ai éta aussi bref que possible…

2008 Sarkozy de janvier juin
Au temps du bling bling
Il est encore le Président de la France

Après une longue série de réformes présentées comme fondamentales, Mon bien Aimé Omni Président continue sur sa lancée. Ce devait être l’année de tous les succès. Ce sera l’année de toutes les grandes crises. Crise financière, conflit en Géorgie, présidence européenne en grande partie ratée, conflit franco-allemand. Les réformes « capitales pour notre pays » sont passée à la moulinette de la crise économique. Pas à la trappe. Endormies… Une petite satisfaction quand même, bien qu’il n’y soit pour rien : la libération d’Ingrid Betancourt.
Pour Mon Président, 2008 est une année capitale. Non sans agiter ses colifichets, son goût immodéré pour le bling bling, frénésie de voyages, frénésie de réformes, frénésie de com’ : il entend révolutionner la France. Laisser sa marque, son empreinte définitive. Libérer le pays. Il est libéral, faute d’une opposition claire, il accélère la manœuvre. Le président a dit de sa première année au pouvoir : «Il n’y a pas eu une telle action réformatrice depuis De Gaulle… finalement, gouverner est plus facile que je ne le pensais». Et les textes s’enchaînent à un rythme accéléré, sans souci des remous provoqués dans les couches sociales affectées. Réforme de la carte judiciaire (27 juin 2007), une nouvelle loi sur la récidive , puis un texte sur l’autonomie des Universités, suivi du fameux « paquet fiscal » qui permet de poursuivre la baisse des charges pour les entreprises, complété par le bouclier fiscal, avec enchaînement sur le service minimum en cas de grève dans les services publics, Régimes spéciaux de retraite (21 octobre 2007) (alignement de la Fonction publique sur le privé, assouplissement des dates de départ en retraite,…), grèves à l’appui. Sans compter la fusion entre la direction des impôts et la Comptabilité publique aux Finances, le volet social est complété par la loi qui introduit des franchises médicales (baisse des remboursements sur les médicaments) en vue de diminuer le déficit de la Sécurité Sociale. Le «Grenelle de l’Environnement» (25 octobre 2007) débouche sur une seule mesure concrète, la taxation des grosses voitures sous forme de  «bonus-malus». Retour enfin sur la préoccupation sécuritaire avec le texte sur «Immigration choisie» (20 novembre 2007) qui durcit les lois sur l’immigration.
Le Président et son gouvernement – qui existe alors encore – enchaînent sur de nouvelles réformes. Ils ont l’avenir et la prospérité devant eux, croient-ils. Ils n’ont rien vu venir, nos gouvernants, alors que la crise des subprimes va éclater dès février. On voit donc surgir une réforme du contrat de travail réclamée depuis longtemps par le patronat, suivies d’un assouplissement du système des RTT, en clair on liquide par  la bande les 35 heures.
Mon bien Aimé Omni Président ne voit pas d’opposition contre lui. Il aurait dû se méfier, et lire la presse étrangère qui a tendance à ridiculiser Nicolas. Il est vrai qu’il ne lit probablement pas les journaux, surtout pas anglo-saxons puisqu’il ne parle pas l’anglais. En vérité, manque de bienséance… voire de bienveillance ?, dans la presse étrangère l’année ne commence pas bien pour Mon bien Aimé Omni Président… La revue est inquiétante :  Süddeutsche Zeitung (Allemagne), 21 décembre : “Ehonté, irritant, narcissique (…) Ses prédécesseurs aussi aimaient le luxe. Chez Sarkozy, cependant, cela tourne vite au vulgaire.” Berliner Zeitung (Allemagne), 24 décembre : “Les Français ne peuvent que constater à quel point ce nouveau Napoléon est imprévisible”. Le Soir (Belgique), 26 décembre : “Sarko termine 2007 sûr de lui, arrogant, espérant mettre un voile sur ses premiers vrais déboires”, le Hollandais NRC-Handelsblad du 27 décembre est persuadé qu’à l’Elysée on tourne un remake de Louis de Funès”, alors que le britannique The Independent du 31 décembre suggère que “Sarkozy est le candidat unique d’un studio de «Loft Story» appelé Elysée, une star de soap opera”. Plus violent, l’Espresso (Italie) le 23 janvier assène: s’achemine vers un régime présidentiel.
En Argentine Terra Magazine est plus cru  “Sarkozy ou la politique de l’érection permanente”. The Times (Angleterre) – constate que Nicolas Sarkozy est devenu le lauréat incontesté du prix Silvio Berlusconi de l’homme politique européen le plus embarrassant du moment. « De ce côté-ci de la Manche, les maladresses du chef de l’Etat français, son côté nouveau riche et ses faux-pas nous paraissent tout bonnement comiques (…) L’économie française est dans une situation alarmante, et alors que le président part en vacances au soleil avec un cortège de 26 véhicules et une belle héritière italienne, les Français ne se sont jamais sentis aussi pauvres depuis le début des années 1990.”
Habillé pour l’hiver notre président de la France… Les journalistes étrangers disent n’importe quoi ou les Français sont-ils pusillanimes ? Nos confrères français auraient-ils oublié l’insolence de Beumarchais ?

Evidemment, Mon Président n’a rien lu. Nonobstant la volée de bois vert, il se déclare prêt à poursuivre les réformes sans débander. Dès sa première conférence de presse, le 7 janvier, il annonce la couleur. Suppression totale de la publicité sur les chaînes publiques, relèvement et assouplissement de la participation, lancement de dix projets de rénovation universitaire, changement complet de gouvernance de l’hôpital, réorientation de la Caisse des Dépôts en “un instrument de la politique de défense” des entreprises, recours à la clause de sauvegarde sur les OGM… Et de reconnaître que contrairement à ses promesses de campagne,”s’agissant du pouvoir d’achat, qu’est-ce que vous attendez de moi? Que je vide des caisses qui sont déjà vides? Qu’il faut que je donne des ordres à des entreprises à qui je n’ai pas à donner d’ordres ?”, et il qualifie , d’”absurde de réduire le débat politique” à cette question.
Tollé dans la presse française ? Eh bien non. Dans les rédactions, on a d’autres préoccupations, tout Paris bruisse d’une histoire incroyable : notre Président se remarierait avec la « Carla », la chanteuse Carla Bruni-Tedeschi. Une « croqueuse d’hommes ». Avant que la rumeur ne se confirme, le 5 février Président file en Lorraine, à Grandange, pour rassurer les métalos. En effet, la stratégie du groupe indien Mittal qui a conquis le contrôle d’Arcelor, commence à poser le problème des délocalisations et des investissements stratégiques.
On apprendra dans la foulée le mariage le 9 février à l’Elysée – la Mairie du 8° arrondissement, c’est trop plouc -  de Mon bien Aimé Omni Président Sarkozy avec la belle Carla Bruni. Une fois n’est pas coutume les noces ont été précédées par le voyage de … noces en Egypte, à bord du jet de Vincent Bolloré.
A l’Assemblée nationale se poursuit la frénésie de réformes. Le 13 février, création d’un Service public de l’emploi, qui recouvre en fait une fusion entre les ASSEDIC et l’ANPE, c’est-à-dire entre le payeur et l’utilisateur. Avec durcissement des obligations pour les chômeurs. Aussitôt après, le ministre de  l’Education Xavier Darcos entame sa campagne d’hiver dans l’Education nationale avec la présentation des nouveaux programmes, Priorité à l’enseignement des maths et du français (orthographe, grammaire). Et grognements chez les instit. Tout ça sans vrais débats, la majorité est trop massive, pas moyen de discuter. Mais des voix s’élèvent : sous Sarkozy se profilerait Bonaparte ? Berlusconi ? On se trompe : c’est Poutine et Ju jin Tao, le Chinois. Le ravalement de son premier ministre au rang de « collaborateur » et celui du Parlement au rôle de chambre d’enregistrement ont rendu tentante l’analogie. En outre, les déclarations du Président sur la laïcité positive, c’est-à-dire une remise en selle de la cléricalité hérissent le poil : en estimant devant le panzer pape Benoît XVI que, « dans la transmission des valeurs, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur »,  il provoque un tollé dans les rangs républicains. Sarkozy a été mal inspiré par sa conseillère Emmanuelle  Mignon. Il sera assez habile pour oublier bientôt cette malencontreuse référence.
Mon bien Aimé Omni Président ne sera pas Badinguet. Mais le costume de Président français lui semble bien étroit, tout comme Jacques Chirac avant lui, il rêve de vêtement plus amples. Il se voit en Président de l’Europe. Il le sera de facto en juillet, mais il prépare l’événement dès le mois de mars. A Aix la Chapelle, il prononce un hommage vibrant à Angela Merkel, il lui passe la main dans le dos, sans comprendre que la rude Chancelière allemande n’a que faire des mamours. Le 3 mars lors d’un sommet européen à Hanovre, Sarko réussit quand même à soutirer à Merkel un accord du bout des lèvres – on appelle ça un compromis – sur une Union méditerranéenne dont il pourrait aussi être Président. Pâle avatar d’une union institutionnelle abandonnée au profit d’une structure plus légère, plus souple et plus concrète. Une Union vidée de son contenu à peine créée, mais grosse de conflits à venir entre l’Allemagne et la France. Le projet ira toutefois jusqu’en Juin 2008, lors d’une  conférence des chefs d’Etats riverains de la Méditerranée à Marseille, amplifiée les 13 et 14 juillet à Paris lors d’un Sommet « Union pour la Méditerranée » à Paris, avec les Etats concernés. C’st la gloire de moi-même sur les Champs-Elysées entouré d’une brochette de chefs d’Etat, dont le très discutable syrien Bachar el Assad. On a même craint des manif d’anciens combattants lors du défilé militaire. Les policiers rassemblés en masse on veillé au grain.
Il est probable que Sarkozy a alors atteint son apogée. Car, sanction des échos défavorables qu’il n’a pas entendus, les municipales des 10 et 16 mars sont un échec. Sensible bien que non spectaculaire, le bloc de la gauche traditionnelle PS-PCF-Verts, est crédité de 49,5% des voix contre 47,5% à l’UMP. Dès février sa cote de popularité est tombée en chute libre : selon, le sondage TNS Sofres/ Le Figaro, réalisé le 20 et le 21 février, le Président ne recueille que 37%. Il ne s’en prépare pas moins à d’autres échéances encore plus spectaculaires. Il va s’attaquer cette fois à une forteresse à laquelle Chirac n’a pas osé s’en prendre : l’armée. Dans un discours prononcé le 21 mars, il laisse pointer son option peu favorable aux militaires, tout en prêchant auprès de ses ministres l’abnégation le sang-froid, et l’art de savoir mettre de côté ses ambitions personnelles, oubliant ses propres impatiences personnelles. Quand il n’était pas Président !
Le 26 mars, une visite d’Etat chez la reine d’Angleterre le gonfle d’aise, surtout quand Carla se penche vers la Souveraine, sans esquisser  la protocolaire révérence. Puisqu’elle est reine, elle aussi. Jolie photo souvenir qu’il faudra contempler plus tard, lorsque les temps seront durs. Dans la presse pipole le voyage au Royaume-Uni éclipse la victoire de la gauche aux municipales, le Président a l’art de ces ripostes décalée. On oublie Bonaparte pour évoquer le coup d’Etat médiatique, les épisodes du feuilleton présidentiel ne doivent rien au hasard… Mais les spin doctors s’aperçoivent bientôt que le mariage présidentiel, ce que les sondages ont révélé, a bien provoqué un certain malaise parmi les Français. Pourtant, cette baisse de popularité du président de la République ne doit pas occulter la réalité de sa stratégie politique: la conquête méthodique puis l’exercice personnel du pouvoir. Au sommet de l’Etat prévaut une confusion permanente entre vie publique et vie privée. Produite par le choc entre l’hyper-présidentialisation l’hyper-médiatisation l’opposition ne comprend que goutte à cette berlusconisation. Parce qu’elle espère en tirer plus tard profit.
Mon Bien aimé Président ne bronche pas. Le 5 avril il annonce l’envoi de nouvelles troupes en Afghanistan. Nicolas Sarkozy entend se conduire en chef de guerre. Contre l’opinion publique française très hostile à toute forme de conflit. Sans vrai débat à l’Assemblée nationale.
Même passage en force pour une loi autorisant la culture d’OGM, malgré une levée de boucliers des écolos qui tiennent pour irresponsable de poursuivre une politique agricole criminelle coûte que coûte, quel qu’en soit le prix. De même, la  chasse aux sans papiers se poursuit. Seule réaction du Président : tout le monde ne peut pas recevoir la nationalité française. Tout le monde ne la demande pas non plus. Même indifférence apparent, au moins politique, face à la main mise de plus en plus lourde des Chinois sur le Tibet. Ce qui occasionnera au Parlement européens des incidents violents quand Daniel Cohn-Bendit somme le Président de ne pas se rendre aux Jeux olympiques de Pekin.
En juin enfin, par la voix d’un groupe Surcouf explose le malaise de l’armée, lors de la présentation d’un Livre Blanc sur la Défense qui prévoit de lourdes, de déchirantes révisions pour l’armée, la dissolution de dizaines d’unités, le redéploiement d’autres, la fermeture de bases, la limitation de certains programmes d’armement. Mon bien Aimé Omni Président est de plus en plus nerveux. Il laisse éclater sa colère « off » lors de la préparation d’une interview à France 3, il se plaint du manque de politesse d’un technicien, en coulisses, qui ne l’a pas salué :”On n’est pas dans le service public, on est chez les manifestants”. Tourné clandestinement, l’incident fait les choux gras de rue89 – 525.546 visites – et de Daily motion. Le semestre s’achève sur cette note désagréable. Mai on peut quand même partir en vacances. On a raison : les mois qui suivent seront chaotiques.

A demain pour la suite.

La casse industrielle : le feuilleton

10UTCp31UTC12bSat, 27 Dec 2008 17:15:10 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

Ce billet reprend en partie mon précédent texte sur la casse industrielle, pour le transformer en feuilleton. Quoi de neuf ce matin ?

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Dollar, année zéro ? Je répercute un pseudo dollar adressé par un correspondant.

Version rénovée de mon billet sur la Casse industrielle. Je vous recommande de m’envoyer les informations de complément.

“Si l’on tarde trop, la filière automobile risqe de disparaître”

Tel est l’avertissement sans frais de Jean Lamy, Président du Comité de liaison des fournisseurs de l’automobile, dans une lettre adressée à Nicolas Sarkozy. Comme aux Etats-Unis, le secteur automobile est profondément ateint par la crise. La baisse du pétrole permettra-t-elle de redresser la situation, ou bien assiste-t-on à un phénomène de plus grande ampleur, une détérioration profonde qui ne serait pas seulement conjoncturelle ? Il est possible, au demeurant, que emportée par les espoirs, par les perspectives nées avec la bulle financière, l’industrie automobile ait été surdimensionnée. Mais on doit rappeler aussi qu’en Grande Bretagne les plus grands constructeurs ont tout simplement disparus !

On doit ajouter à la liste de la casse, en éliminant les doubles mentions :

Valeo, 1600 postes supprimés

Faurecia, 1215 postes supprimés en 2009-2010

Molex 300 emplois à supprimer

Tyco Electronics 600 emplois

Klarius 200 emplois menacés dans cette société en liquidation

Key plastics France 300 emplois dans cette société en cessaton de paiement

Trelleborg équipementier automobile (Carquefou) 461 emplois supprimés dont 150 intérimaires, dans un plan de suppression depuis avril. Du chômage partiel a été décrété.

A l’initiative d’un internaute :  ajouter Milan presse (Toulouse), avec un plan de licenciement d’environ 40 personnes.

On apprend ce matin par le Figaro que les “Trois Suisses” naguère le Numéro 1 de la vente par correspondance en France devrait supprimer 400 postes en février, dont 140 et 170 emplois au siège de Roubaix. Les autres réductions d’effectifs concerneraient les six centres d’appels téléphoniques de Villeneuve-d’Ascq, Rouen, Marseille, Nantes, Lyon et Nancy. Après la Redoute en voie de réorganisation, et la  CAMIF récemment liquidée, c’est le troisième spécialiste de la vente par correspondance qui subit de graves difficultés. Mais, en l’occurrence, la “crise” n’y et sans doute pour rien alors que les ventes par Internet explosent, + 40% pour les achats de fin d’année. Justement : les anciens ne semblent pas avoir pris assez tôt et bien le tournant de l’informatique, la “crise” amplifie seulement le problème. LA REDOUTE (Roubaix) : 672 licenciements dont 151 au siège
CAMIF (Niort) : 980 emplois

Toutefois les Trois Suisses démentent en partie cette information ; il ne s’agirait que d’une réorganisation des services en vue d’une meilleure adaptation aux nouvelles techniques. On veut bien.

Chanel fin des CDD et intérimaires. Environ 200 personnes seraient concernées. Le magasin historique de la rue Cambon est également touché avec le départ programmé de 16 employés.
Selon Manuel Blanco, secrétaire fédéral des industries chimiques CGT, “200 suppressions de postes de CDD et intérimaires ont été annoncées au sein du groupe mi-décembre pendant un Comité central d’entreprise, ce qui représente environ 10% des effectifs de production”.

Et, malheureusement, la casse industrielle se poursuit de plus belle : un effet d’aubaine ? Une usine va même jusqu’à confier la garde de ses locaux à son personnel ouvrier, après rupture du contrat avec la société de gardiennage !

Selon  Le Canard Enchainé MBAOP (Sarkozy) s’attendrait à 2,5 millions de chômeurs fin 2009, avec effondrement de la filière automobile, de l’aéronautique, des effets sensibles dans le commerce et le tourisme. Le plan de relance piloté par Devedjan sera-t-il suffisant pour enrayer cette spirale vers la catastrophe ?

Enfin une bonne nouvelle : selon l’AFP, le tribunal de commerce de Grenoble a autorisé la reprise de la papeterie Matussière et Forest de Turckheim (Haut-Rhin) par un ancien cadre de l’entreprise, Pierre Gavelle, qui s’engage à embaucher 95 personnes en 2009. Le projet de reprise de Pierre Gavelle, qui était notamment soutenus par la CCI de Colmar, prévoit une modernisation du site de production et l’embauche de 95 personnes en 2009 et la création de 25 emplois supplémentaires en 2010-2011.

Mon papier sur l’économie criminelle n’est pas passé inaperçu, il a attiré des dizaines de réactions. Je vous en transmets l’essentiel, pour éviter qu’elles ne soient perdues.

de dulconte | Conteur perdu à Buenos Aires | 24/11/2008 | 12H16
quand je lis ce titre Et si les crises étaient causées par des gangsters ?
la première réaction est de penser que les tenants du capitalisme financier ont trouvé un bouc émissaire idéal. Ainsi ils n’ont pas besoin de se remettre en cause et, quand la situation le permettra, relanceront leur campagne de propagande (je ne crois pas que cela ait d’autre nom), sur les bienfaits de l’ultra-libéralisme, la main invisible des marchés et autre âneries du même genre. Oh bien sur ils auront trouvé d’autres jolis noms pour décorer le paquet, mais le fond sera le même. Le travail de sape des acquis des conflits ouvriers du 19ème et 20ème siècle reprendra au projet d’un petit nombre et nous retournerons tranquillement vers des oligarchies paternalistes. Une fois encore l’exemple argentin est intéressant. En effet la dernière dictature n’avait pas eu d’autre but que de détruire la classe moyenne du pays, seul pays latino-américain qui avait réussit à en développer une. C’est cette même classe moyenne qui payera au prix fort la crise de 2001 (100 milliards de dollars ont quitté le pays les jours précédant la crise, les comptes bancaires en dollars ont été passé en pesos, quand ils n’ont pas été supprimeés grâce aux faillites de nombreuses banques, par contre les prêts sont eux restés en dollars). Bref même si la méthode argentine est pour le moins brutale, elle n’est pas sans rappeler ce qui se passe actuellement. D’ailleurs les Argentins se marrent comme des tondus quand ils entendent les grands discours des chefs d’états des pays du premier monde (c’est comme cela qu’ils appellent les pays occidentaux) tenir exactement les mêmes discours que leurs propres politiques en 2001-2002.
La seconde impression c’est qu’en fait le système lui même est mafieux, ce qui le rendra particulièrement difficile à réformer.

Quand je pense que 100 milliards me semblaient astronomique il y a encore quelques mois et qu’aujourd’hui la « normalité » à un zéro de plus.


brigadoon | ouf!!! | 24/11/2008 | 16H40

Merci Philippe pour cet article.

Je peux me payer un petit coup de chapeau, non ?

Cela conforte grandement mon entendement du capitalisme : un système mafieux dont certains sont légitimés et d’autres tentent de l’être. Mais les principes qui sont au fondement sont les mêmes : vendre une voiture ou des reins; des armes ou de la drogue ou du travail au noir après tout il n’y a que la législation et le statut de ceux qui le font pour y voir des différences.
Et qu’on ne me dise pas que la drogue tue et pas les voitures, il suffit de voir les chiffres des accidents de la route, les armes tuent aussi, Monsanto aussi et le travail délocalisé ou stressant aussi, etc…
Combat entre capitalistes pour prendre des part de marchés légales ou illégales (voir la crise des ordures à Naples) sur le dos des couillons qui croient à ce système en y participant passivement ou activement.
On n’a pas fini de se faire plumer !!!!

La réaction la plus importante nous vient de Marie 75. Elle a pris la peine de collationner toutes les actions de licenciement récentes, auxquelles elle ajoute les mesures de chômage technique. Je ne conserve que les licenciements. C’est impressionnant, on a l’impression de voir toute l’industrie s’en aller dans le vide. En enfer. C’est surtout la grande casse de la sous-traitance, de ces PME et PMI qui sont censées faire la richesse d’un pays ! Une liste, ou un martyrologue ?

nouvelle liste publiée pour novembre-décembre

ARCELOR-MITTAL : 1400 salariés
RENAULT : 4 000  licenciements dont 1 000 salarisé à Sandouville.
HEWLETT-PACKARD(Brest, Nantes, Rennes, Tours, Toulouse, Lyon et Nanterre) : 580

salariés.
ADECCO (en France) : 600 salariés.
ALICE : (Paris) : 350 salariés.
LA REDOUTE : 672 salariés.
CAMIF (Niort) : 980 salariés.
FORD (Blanquefort) : 1600 salariés,
PSA : 3 500 suppressions d’emplois dont 850 salariés à Rennes
TYCO (Pontoise, Chapareillan, de Val-de-Reuil) : 620 salariés.
RANGER (Theillay) : 442 salariés.
CONTINENTAL AUTORADIOS (Rambouillet) : 400 salariés.
MOLEX (Villemur-sur-Tarn) : 300 salariés. JOHNSON CONTROLS (Grand Quevilly) : 280 salariés.
NXP (Caen) : 280 salariés.
KLARIUS (Dreux) : 238 salariés.
LEAR (Offranville) : 150 salariés.

TREVES CERA : (Reims et Paris) : 145 salariés.

TREVES PTPM : (Ay) : 40 salariés. TREVES MATT : (Montcornet) : 40 salariés. TREVES MPAP

(Ploërmel) : 38 à 53 salariés. TREVES SODIMATEX (Crépy) : 14 salariés. TREVES TREVEST (Brognard) : 12 et 15 salariés.

HARMAN BECKER (Château-de-Loir) : 134 salariés.

RIETER (Rémy) : 135 salariés.

KEY PLASTICS (Rochefort) : 139 salariés. KEY PLASTICS (Voujeaucourt) : 114 salariés.

MAHLE (Persan) : 132 salariés.

FAURECIA (Sandouville) : 130 salariés.

EMT (Caudebec) : 120 salariés.

FRUEHAUF (Auxerre) : 104 salariés.

SKF (Saint-Cyr) : 100 salariés.

JTEKT (Dijon) : 200 salariés.

MCA (Maubeuge) : 91 salariés.

EUROCEL (Dives-sur-Mer) : 80 salariés.

MAHLE (Colmar) : 69 salariés. AB (Limay) : 64 salariés.

INERGY (Aulnay) : Plusieurs dizaines de salariés. INERGY (Nucourt) : 65 salariés.

LAPRADE (Arudy) : 26 salariés.

FONDERIE GM (Ponts-de-Cé) : 20 salariés.

FONDERIE LORRAINE (Grosbliederstroff), 19 salariés.

PERFORMANCE FIBERS (Longlaville) : 7 salariés.

SEALYNX (Villiers-La-Montagne) : 7 salariés.

WAGON (St Pierre de Varengeville) : 235 salariés.

MOTEURS BAUDOUIN (Cassis) : 123 salariés.

NEXITY : 500 salariés.

CELEOS (Saint- Brieuc) : 247 salariés.

KAUFMAN & BROAD : 165 salariés.

PIERA (Gap) : 70 salariés.

EXTREME DECORS (Lamastre) : 35 salariés.

PARQUETS MARTY (Cuzorn) : 107 salariés.

FFMT (Le Fossat) : 12 salariés.

SOPROFENE (Champagney), 10 salariés.

SUM TECH (Charleville-Mézières) : 9 salariés.

THEALEC (Rosheim) : 7 salariés.

APMO (Ardenne) 17 salariés.

TIXIT (Haguenau) : En redressement.

CALYON (Crédit agricole), 250 salariés.

KRONENBOURG (Strasbourg) : 214 salariés.

AMORAMAILLE (Dijon) : 265 salariés.

DANDY (Pontivy) : 238 salariés.

BEGHIN SAY : (Nantes) : 172 salariés.

MAXEVILLE: 36 salariés.

VALSPAR (Nantes) : 30 salariés.

SALAISONS GUEGUEN : 19 salariés.

ABATTOIR DE

BELLEBRUNE : 18 salariés.

ALPLAST (Ste Marie aux Mines) : 108 salariés.

LEPETIT (Saint-Maclou) : fermeture de l’usine.

EBREX (Pagny) : 51 salariés.

TMT (Montauban) : 12 salariés.

HYMER (Cernay) : 12 salariés.

SANOFIAVENTIS : 927 salariés.

MBO France (Boulogne) : 1100 salariés.

ASTRA ZENECA, (Dunkerque) : 95 à 400 salariés.

BMS (Epernon) : 220 salariés.

BMS (Meymac) : 160 salariés.

RAFLATAC (Pompey) : une centaine de salariés.

MATHUSSIERE & FOREST (Saint-Girons) : 160 salariés.

MATHUSSIERE & FOREST (Turkheim) : 183 salariés.

PAPETERIE CASCADES (Blendecques) 100 salariés.

GASCOGNE SOPAL (Givet) : 50 salariés.

DMC (Saint-Amarin) : 88 salariés.

DIM (Autun) : 83 salariés.

CYMBELINE (Nemours) : 10 salariés.

ASTER (St Germain du Salembre) : 11 salariés.

WITTENDAL (Roncq) : 9 salariés.

DEOUVELAERE (Lépanges) : 58 salariés.

FILATURE COSSERAT (Amiens) : 20 salariés.

SOPHIE HALLETTE (Caudry) : 9 salariés.

LA CAUDRESIENNE (Caudry) : 5 salariés.

APEX (Darois) : 70 salariés.

LATECOERE (Toulouse) : 1 000 salariés.

SUN CHEMICAL (Brie-Comte-Robert) : 46 salariés.

HENKEL (Cosne-Cours) : 166 salariés.

HENKEL (Châlons-en-Champagne) : 62 salariés.

HENKEL (Villefrance/Saône) : 12 salariés.

SONY (Pontonx) : 317 salariés.

NIPSON (Belfort) : 90 salariés.

LIMOGES PHOTOGRAVURE (Limoges) : 56 salariés.

MOTOROLA (Rennes) : 150 salariés et menace sur 3000 emplois.

ZODIAC (Buhl) : 105 salariés.

CAUVAL (ameublement) : 3 200 salariés dans l’attente.

TEXAS INSTRUMENTS (Vill.-Loubet) : de 300 à 350 salariés.

IMPRESS (Laon) : 173 salariés.

DENTELLES NOYON (Calais) : 140 emplois salariés.

BIJOUX GL (Ardèche) : 135 emplois salariés.

NICOSOFRA (Evry) : 114 salariés.

NICOSOFRA (Burnhaupt) : 38 salariés.

GARDY (Barentin) : 109 salariés.

DESHOULIERES (Chauvigny) : 82 salariés. DESHOULIERES (Lamotte-Beuvron) : 72 emplois salariés.

AKZO (Montataire) : 65 salariés.

FORGES DE SYAM : 37 salariés.

TERGAL (Gauchy, Picardie) 35 salariés.

SCIERIE NICOLE (Saint-Saëns) : 21 salariés.

HMS (Noyelles-Godault) 18 salariés.

HELVETICAST (Angers) : 18 salariés.

SERERO (Plancher-Bas) : 52 salariés.

GICEP (Courlaoux) : 70 salariés.

NORZINCO (Anzin) : 34 salariés.

BASTOR (mécanique) : 9 salariés.

CARROY (Vierzon) : 6 salariés.

SBFM (Caudan) : menaces de plan social.

A cette liste il y a lieu d’ajouter la disparition d’environ une dizaine de milliers d’agences immobilières ( sur 60000) en moins d’un an. J’aurais pu prolonger encore la citation avec toutes les mises au chômage technique. Les médias vous en entretiennent chaque matin. Le tout est accablant. Pourquoi briser net un appareil industriel ? La “crise financière” n’a-t-elle pas bon dos ?

Politique : mon omniprésident d’été en hiver

03UTCp31UTC01bThu, 01 Jan 2009 10:03:03 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

2008- juillet-décembre Il est enfin le Président de l’Europe,  mais aussi Président de la crise économique

Le Ier juillet, enfin le grand moment, Mon bien Aimé Omni Président, Nicolas Sarkozy, par le jeu du tourniquet accède à la Présidence de l’Union européenne.  Il a rêvé d’être le vrai Président de l’Europe, comme il est le Président de la France, il s’est démené, il a beaucoup circulé, il n’en restera pas grand-chose. Même pas de la popularité. Avant de s’éloigner de Paris, le 2 juillet il accueille Ingrid Bétancourt, qui vient d’être miraculeusement libéré après 6 ans et demi dans la jungle colombienne. Sarko n’y est pour rien, mais la presse fait comme si…
Ensuite, congés payés prévus, comme n’importe quel père de famille, vacances chez belle-maman, au Cap Nègre, un coin parfaitement préservé, à partir du 7 juillet. Ordre de Carla. Pour ces vacances dans le sud de la France, retour du jogging sous les yeux des caméras… Vacances discrètes – en comparaison de ses escapades luxueuses de 2007, à Malte ou à Wolfeboro aux Etats-Unis. Malheureusement, ce deuxième semestre 2008 ira de mal en pis. Bien qu’au début pas forcément si mal pour Nicolas.
Les vacances sont interrompues à peine commencées, Mon bien Aimé Omni Président doit monter à Strasbourg pour la première séance de l’Union européenne sous sa présidence. Et là il rencontre le lutin qui ne va pas cesser de le tracasser. C’est l’incontournable Dany le Rouge, Dany Cohn-Bendit. Le seul à ouvrir grand sa gueule quand tous les autres se terrent prudemment. Ainsi s’ouvre un « immense » combat entre deux lutins acharnés. Dany, l’insolent, l’inventif, le véhément… Nico, l’ambitieux, l’arrogant, le frénétique : non moins sincère que l’autre, peut-être…
Mon Président croyait avoir neutralisé Dany en l’invitant à l’Elysée. On n’a jamais neutralisé, il ne s’en laisse pas conter. A la tribune de Strasbourg il interpelle Nicolas avec fracas à propos de son intention d’aller à l’ouverture des JO de Pekin :
“C’est une honte, c’est minable d’aller à l’ouverture des Jeux Olympiques”, a tonné ce jeudi matin le coprésident des Verts, Daniel Cohn-Bendit. Avec passion Dany clame : « C’était Nicolas Sarkozy avait “une occasion en or” de dire : “Je ne participerai pas à la mascarade du Parti communiste chinois”.
Affaires intérieures
Deux semaines plus tard, bien qu’adoptée de justesse par le Congrès réuni à Versailles, une profonde révision constitutionnelle menée tambour battant rassure le Président. Elle aura pour effet majeur de renforcer les pouvoirs du président et de son parti en affaiblissant ceux du premier ministre. La réforme concerne 47 articles – sur 89 – de la Constitution de 1958.Principales mesures :  limitation de la présidence à deux quinquennats consécutifs ; possibilité pour les ministres élus avant leur entrée au gouvernement de retrouver automatiquement leur siège, sans le remettre en jeu ; introduction du référendum d’initiative populaire ou parlementaire ; reconnaissance des langues régionales et promotion de l’égalité hommes-femmes ; garantie de « l’indépendance » et du « pluralisme » de la presse. La  réforme permettra surtout au président de la République de s’adresser aux députés et aux sénateurs afin de leur donner des orientations de politique générale, sur le modèle du discours annuel du président des Etats-Unis sur l’état de l’Union.
Quelques jours plus tard, le 24 juillet, la publication du Plan de modernisation de l’armée confirme les grandes lignes du Livre Blanc paru quelques semaines plus tôt. L’opposition militaire se tait, les collectivités locales potentiellement lésées se hérissent.
Sur ce, le Président file à Pékin pour participer à l’ouverture des JO, contre l’avis d’une grande partie de l’opinion. Impair, mais il ne passe pas. Nicolas doit régler le contentieux avec les Chinois très irrités par l’attitude de la population française quant à l’affaire du Tibet
“Sarkozy devrait tenir compte de l’importance de la Chine au lieu de la repousser. Votre président voudrait dominer l’Europe, devenir le réformateur du système financier international et ébranler le leadership des États-Unis. Mais la Chine considère qu’elle est la seule puissance aujourd’hui à pouvoir tenir tête aux Etats-Unis. »
Avant d’assister à la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques, le chef de l’Etat a rencontré le président chinois Ju Jintao et le premier ministre Wen Jiabao, afin d’évoquer de “nouveaux projets communs”. Il a fait remettre une liste de prisonniers politiques aux dirigeants chinois.
En vérité, le Président n’a guère l’esprit libre. En effet, le 7 août, la veille de son départ en Chine a éclaté en Géorgie, sur les bords de la mer Noire, une véritable guerre entre les Géorgiens et les Russes pour le contrôle de l’Ossétie du Sud, et, en fait, de toute cette région sud-caucasienne qui échappe désormais à Moscou.
Nico ne rate pas vraiment l’occasion, cette guerre a failli être l’heure de gloire de Nicolas Sarkozy, transformé en chef d’Etat-pompier. Il se démène pour obtenir au moins le silence des armes. Un saut à Moscou pour rencontrer Poutine, une navette Tbilissi-Moscou et la paix est gagnée… ou presque. C’est à l’arrivée une cote mal taillée qu’a obtenue le président en exercice du Conseil européen, mais au moins les armes s’étaient tues. Mais Sarko n’a pu sauver l’Ossétie du Sud ‘une main mise de Moscou.
Voyages, voyages, la note de frais explose
Mon Président n’a pas le temps de souffler. En Afghanistan, le 18 août, dix soldats français tombent dans une embuscade dressée par des « rebelles », comme on qualifie les combattants nationalistes afghans. Déjà frais depuis la publication du plan de réforme, les relations avec l’armée se tendent de nouveau. Le Président doit en mettre des tonnes : il court le  20 août à Kaboul pour saluer le contingent français, le  21 août une cérémonie est organisée aux Invalides pour saluer la mémoire des dix soldats tués. Mon bien Aimé Omni Président doit surfer entre l’hostilité de l’opinion française, l’inquiétude de l’Armée, et la volonté de Sarkozy de réintégrer les structures de commandement de l’OTAN. Au printemps, il a envoyé un nouveau bataillon à Kaboul. L’envoi de renforts français et la participation plus active des soldats français aux combats, décidés au printemps après un simulacre de débat parlementaire, visent avant tout à préparer le retour de la France dans les structures militaires intégrées de l’Otan, quatre décennies après la décision de De Gaulle de l’en retirer. En Afghanistan et en Géorgie, dans un jeu complexe de billard, les réalités géopolitiques ont été plus fortes que les choix antérieurement annoncés par le Président, qui tente toujours de concilier le tout et son contraire. Un Conseil européen extraordinaire convoqué début septembre à Bruxelles, sous présidence française, ne changera rien à cet équilibrisme d’une diplomatie qui a encore du mal à trouver sa cohérence.
Mais pas sa com’ : la communication reste l’essentiel, occuper le terrain, même quand il croit ne rien pouvoir dire. Nous allons le constater durant le mois de septembre qui vient, marqué par le fracas d’une grande crise mondiale. En marge de laquelle le Président reste avec prudence. Pour commencer, les bons esprits restent occupés par le retour sur la scène, sur le mode burlesque, d’un problème français récurrent, les rapports avec les Corses. Sous la houlette de l’avocat Guy Talamoni, les nationalistes, sans cagoule, marquent un grand coup en occupant durant quelques heures le jardin de la villa appartenant au comédien Christian Clavier. Attentat insupportable, on a jeté dans la piscine une statue en plâtre. Or Clavier est un ami du Président. Lequel prend feu, et vire sans autre forme de procès le préfet chargé de la sécurité dans l’île, jugé responsable de cette occupation pour n’avoir pas su la prévoir.
Septembre apparaît avec le recul comme un temps suspendu. Cliché : le calme avant la tempête, mais on ignore encore que la tempête arrive. Pour Sarkozy, le temps suspendu signifie aussi du temps en mouvement. 3 et 4 septembre, Damas en Syrie, pour un sommet Syrie, France, Qatar, Turquie ; 6 septembre, Avignon, réunion des ministres européens des Affaires étrangères ;  8 septembre, Moscou et la Géorgie pour les ultimes mises au point du conflit de Géorgie, Lourdes pour voir le Pape le 12 septembre, 22 septembre, New-York pour recevoir le prix de «l’homme d’Etat de l’année 2008», remis par la Fondation pour l’appel à la conscience. Au passage, il a pris le temps de convoquer le Parlement en session exceptionnelle le 22 septembre, afin de débattre des projets de lois sur les revenus du travail et le RSA. Et voici enfin à Toulon, le 25 septembre. Pour exposer ses vues sur l’économie, alors que la crise financière est déjà bien entamée. Il martèle :
” Je veux le dire aux Français : l’anticapitalisme n’offre aucune solution à la crise actuelle (…) La crise actuelle doit nous inciter à refonder le capitalisme sur une base éthique “
Quelle crise ?, s’étonne la ministre des Finances Christine Lagarde. Et de toute façon, s’il y a crise, elle ne pourrait atteindre la France.
On s’étonne même du silence présidentiel, contraire à ses habitudes puisque, comme l’observe Nicolas Domenach, de Mariane,
Nicolas Sarkozy est une parole qui parle. Tout le temps. De tout. Et même de rien. Plutôt bien d’ailleurs. Roulement de mots, d’yeux, et de biscottos. C’est un avocat-camelot. Un «bavard», comme on dit. Mais le bavardage peut troubler les messages. Parfois, on n’entend pas, tant il brouillonne et fait du bruit avec ses causeries tintamarres, quel que soit le sujet.
Il sera encore à Marseille le 29 septembre pour un sommet entre l’Union européenne et l’Inde. Car désormais, seuls les « sommets » sont inscrits à l’agenda, on ne peut pas descendre à un niveau inférieur.
Sondages en baisse
En un mois, huit étapes, trois continents, les frais de déplacement montent en flèche à l’Elysée. Toutefois, cet activisme n’est guère rentable. Alors que l’opinion a apprécié le dynamisme présidentiel mis en œuvre pendant la crise géorgienne, l’enthousiasme retombe.
Le 15 septembre 2008 dans les sondages Sarkozy retombe à 42 % d’opinions favorables, contre 44 % en août.
Sarkozy et Fillon en baisse dans les sondages pour septembre! Le Figaro n’a pas bien lu, ni le chiffre, ni son sens puisque le quotidien retient que près de 45 % des Français portent un jugement favorable sur Nicolas Sarkozy alors qu’il administre au pays un traitement de cheval au pays.
Désormais, Mon bien Aimé Omni Président s’astreint à administrer la crise mondiale et ses conséquences. Et il court encore. D’un « sommet européen à l’Elysée où il réunit Gordon Brown, José Manuel Durão Baroso, Angela Merkel, Jean-Claude Junkers, Silvio Berlusconi au 12° « sommet » de la Francophonie à Montréal qu’il écourte pour filer à Toronto, puis à à Camp David pour discuter avec le président américain George W. Bush de la refondation des règles du capitalisme financier où il tente de convaincre Georges W de prendre de vraies mesures pour enrayer la crise mondiale. En vain, il lui soutirera seulement l’engagement de participer à un sommet du G 20 à Washington. Au passage il froisse quelques susceptibilités, à commencer par celle d’Angela Merkel qu’il tente de convaincre d’adopter un plan de relance. La Chancelière allemande se refuse obstinément à obéir aux injonctions de Notre Président : pas question de dépense ses bons Marks… Pardon : ses bons euros, pour soutenir l’économie allemande, qui se porte plutôt bien, et entraîner les autres économies européennes, qui se portent plutôt mal. Et surtout, pas question d’accepter le principe d’un “gouvernement économique européen” proposé par notre Omni Président, avec dans sa tête l’idée de le mener. Angela et Nicolas se rencontrent aujourd’hui pour tchatcher à ce propos.: Le discours d’Aix-la-Chapelle est loin, derrière les mamours publics, il y a longtemps que les relations entre un Président français et un Chancelier allemand ont été si mauvaises. Il faudra même nommer un Secrétaire d’Etat spécial et germanophone – Bruno Le Maire – pour recoller les morceaux. Notre Président a l’impression d’agir puisqu’il saute d’un avion à l’autre. Il est le Président de l’Europe, que diable, on doit l’écouter.
Mais il n’écoute même pas ce qui se passe chez lui. Par exemple la grogne de ses policiers, qu’il met à la portion congrue au nom de la RGPP (Révision générale des politiques publiques), le 18 novembre 8500 policiers défilent dans les rues de Lyon pour protester contre des promesses non tenues.
Nicolas était hier à Washington, au sommet du G20 dont il a tant rêvé. Il obtient un un accord à l’arraché, qui ne sert à rien, Georges W n’a pas l’intention d’appliquer le catalogue de bonnes intentions.
Et en France, toujours ces mêmes agités qui troublent les grands desseins internationaux. Ce sont les protestations contre l’arrestation à grand spectacle de Vittorio De Filippis, directeur de publication durant quelques mois de Libération. Puis le meurtre d’un passant par un fou échappé de l’asile, à Grenoble. S’occupant de tout , Mon omni président trouve le temps de faire préparer le 2 décembre un plan de sécurisation des hôpitaux psychiatriques. Il  entend régler la question de la dangerosité des malades mentaux. Non en donnant de nouveau moyens aux structures de soin, mais en aggravant les conditions d’incarcération des personnes hospitalisées d’office sur ordre des préfets.
Super com’
Et la cote de popularité continue sa glissade infernale. 38 % le 4 décembre. Comme toujours, dès que sa cote de popularité se casse la gueule, Mon OmniPrésident bien aimé, se précipite dans la com… Tout et n’importe quoi : les fous, les pauvres, la relance de l’économie. Tout à condition qu’on en parle. Quitte même à jouer les feuilletonistes : aujourd’hui je vous parle de la grande pauvreté, je vous donnerai les solutions demain. Une première solution avec le “Fonds souverain à la française”… sans fonds autres que de la dette. C’est aussi un plan de relance de l’économie, celui refusé obstinément par Fillon l’été dernier, avec là aussi beaucoup de milliards tirés de la dette (c’est le trou sans fond, sans fonds, le tonneau des Danaïdes) sans grande réflexion mais justifié par le nombre  d’emplois en difficulté. Mardi 16 décembre 2008, la dernière séance à l’Union européenne, Nicolas avoue qu’il a essayé de “bouger l’Europe”, mais que c’est elle qui l’a “changé”.
L’hebdomadaire américain Newsweek juge sans aménité mon pourtant excellent Président :
Sarkozy est un électron libre sans véritable opposition. Pour l’instant, ça lui a réussi. Mais ça pourrait changer. Depuis trois mois, le président français Nicolas Sarkozy avertit le peuple de France, d’Europe, et tous ceux qui veulent bien l’écouter, que le monde tel que nous le connaissons est voué à une fin prochaine. Quel autre politicien se permettrait de telles envolées lyriques et de faire montre d’un tel culte du moi? Le président français est aujourd’hui en quelque sorte Sarkozy sans limites, pour le meilleur et pour le pire.
Et pourtant… La récession attendue pour le premier semestre 2009 et la montée du chômage dessinent un avenir difficile. Nicolas roule des mécaniques, mais il est désormais inquiet, il renvoie à plus tard ses projets, suite aux émeutes en Grèce il recommande à Xavier Darcos plus de modération dans ses rapports avec les lycéens, il renonce provisoirement à un important projet de loi sur le travail du dimanche. Nicolas Sarkozy a été élu pour être le « Président de la reconquête de la croissance et des réformes », la crise mondiale venue change la donne, il doit revoir à la baisse son programme économique, l’adapter à une conjoncture catastrophique.
Et il est bien seul pour manœuvrer. Nicolas Sarkozy, Mon Omni, mon hyper, mon ultra président, a bouleversé en dix-huit mois l’ordre hiérarchique des institutions. “Tout se passe à l’Elysée”.
Sur l’Europe son influence est finalement modeste, comme le constate avec une modération rusée Daniel Cohn-Bendit :
La présidence française a eu beaucoup d’énergie, elle a réagi avec volontarisme et un peu au bluff dans la crise géorgienne, où elle a permis d’aider à arrêter l’offensive russe, elle a bien joué son rôle de médiateur honnête, elle a pris des risques tous azimuts pour répondre à la crise financière et à la crise climatique, et s’en sort difficilement parce qu’elle a misé sur une Europe des gouvernements qui la soumettait à l’unanimité.
L’année se termine un peu comme elle a passé. Il repart en voyage, il repart en vacances. Direction le Brésil, pour un pénultième « sommet » brésilo-européen, suivi par une visite d’Etat au cours de laquelle selon sa coutume il passe la main dans le dos au Président Lula, en lui murmurant des mots d’amour à l’oreille, et non sans lui soutirer quelques gros contrats d’armement. Justifiés par le nouveau statut mondial du Brésil. Sur quoi, Bling bling, Nicolas repart « en retraite » sur une plage paradisiaque pour milliardaires à Itacaré près de Bahia, il y passe les derniers jours de l’année avec Carla, revue sans correction par les journalistes brésiliens comme icône de la France comme la Tour Eiffel et Monoprix. Une dernière colère, derniers trépignements, contre les paparazzi locaux qui le persécutent. Quelle vie trépidante !
Ainsi, il n’aura pas pu s’empêcher d’être clinquant, presque malgré lui. Parce que c’est peut-être plus fort que lui.
Bonne année, Mon bien Aimé Omni Président !

Au cinéma : Australia, à voir avec un regard oblique

03UTCp31UTC01bSat, 03 Jan 2009 10:02:03 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

Cinéma – Australia, de Baz Luhrmann, avec Nicole Kidman qui se bat contre un sinistre propriétaire, David Wenham avant de tomber dans les bras du cow-boy, sauveur de son bien. Hugh Jackman.
Il est évident que je devrais être fondamentalement méchant, descendre en flammes cette œuvre inspirée par Autant en emporte le Vent, Pearl Harbour et… l’Office du tourisme australien, avec la complicité de Rupert Murdoch, le tycoon – également australien – maître des gazettes en Grande Bretagne. C’est l’histoire d’une nana assez coincée, une vraie Lady, arrivée à la fin des années 1930 en Australie pour retrouver son mari volage. Elle le retrouve, mais mort, assassiné. Elle aura le plus grand mal à récupérer l’héritage, convoité par un voisin suspecté d’avoir fomenté le meurtre. Elle y parviendra au prix de mille péripéties, convertie au passage à la sexualité la plus torride, et à la défense des aborigènes persécutés par la population blanche.
Quelques mots donc pour résumer un opus de 2 h 40, financé par Murdoch et l’Australie au titre de l’action touristique, dirigée par un cinéaste australien ; exclusivement interprété par des comédiens australiens, à commencer par Kidman. Le grand problème du film est son objectif, traduit dans son cahier des charges, en quelque sorte : promouvoir la beauté souvent extrême des paysages australiens encore sauvages, en esquissant quelques pans de son histoire tumultueuse totalement inconnue en dehors de l’île continent. Avec une consigne précise : éviter toute appréciation générale qui pourrait fâcher les sponsors du film. C’est son défaut, un immense défaut pour beaucoup, à première vue Australia apparaît comme une longue bande annonce en forme d’images d’Epinal. Une bande annonce qui, disons-le tout de suite, n’est pas ennuyeuse. Deuxième défaut, et non des moindres : comme il fallait remplir 2 h 40, les scénaristes et le réalisateur ont entassé plusieurs histoires sans grands rapports entre elles : la guerre des éleveurs, l’ivresse des grands espaces déserts, la persécution des aborigènes et leurs proximité de la nature, les émois d’une jeune lady qui n’a rien vu de la vie au point de succomber au premier musclé venu, et pour couronner le tout, la « menace des jaunes » – en l’occurrence des Japonais – sur l’Australie. Je me serais bien contenté d’une de ces histoires, mieux racontée, plus approfondie.
Mais les choses étant ce qu’elles sont, comme je ne peux plus rien changer au fond, je vous propose un autre regard sur ce film. Oubliez les nunucheries et les clichetons de scénario, attachez-vous à  une vision oblique. Et, soudain, le conventionnel s’efface, il s’efface pour laisser la place à une impitoyable violence ; à une critique radicale du rôle des missionnaires chrétiens dans l’exploitation des métis aborigènes ; à une vision aussi peu classique que possible du destin qui n’a pas encore permis à cette île continent d’émerger à la surface d l’histoire. Tout le monde en retient quelques sites d’une « sauvage beauté », le pont et l’opéra de Sydney et avec ses grandes voiles de béton, les trains routiers monstrueux qui parcourent le pays « à fond la caisse », personne ne se souvient que ce pays a été bâti par des bagnards et leurs descendants, par les orphelins anglais exilés de force là-bas, en spoliant les aborigènes et leurs descendants qui sombrent aujourd’hui trop souvent dans l’alcool, tandis que les blancs ne parviennent pas à assumer leur culpabilité.

Quelle crise ?

09UTCp31UTC01bSun, 04 Jan 2009 10:50:09 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

Je ne veux pas être particulièrement optimiste. Mon examen du quotidien ne le permet pas. Mais les observations visuelles ne vont pas dans le même sens. Comme beaucoup, j’ai pris quelques jours de vacances, à Cannes. L’une des villes les plus opulentes de France. Au départ, le TGV : plein à craquer, plus une seule place disponible pour les deux weekend de fête. Dans le train, des familles entières, des bébés, des bébés. C’est frappant quand on a été un peu à l’étranger comme moi cette année : les familles frnçaises sont bien fournies, les parents décontractés et attentifs. Les avions sont également pleins, dans les deux sens, pour aller et repartir, vers les sports d’hiver, vers la Côte. Même topo sur les autoroutes, malgré le froid, le verglas, la neige. Dans la gare de Cannes, la foule, les bras chargés de cadeaux. Dans les restaurants, toutes les tables sont prises d’assaut dès 7 heures du soir. Vous m’objecterez qu’à Cannes, on rencontre surtout des touristes étrangers, italiens de préférence. Mais les touristes, n’est-ce pas du pouvoir d’achat ? Apparemment, c’est moins brillant dans les boutiques de fringues : on attend les soldes. Dans les stations de sports d’hiver, un enneigement exceptionnel réjouit tous les professionnels. Sans compter tous ces Français malins qui profitent de la baisse de la Livre pour courir les soldes monstres à Londres. Etc. Les signes de la crise ne sont pas évidents, il semble que les chiffres corroborent l’observation, même si les habitudes de consommation se modifient, comme le relèvent les instituts spécilisés. Plusieurs sont convaincus que cette frénésie de consommation précède la vraie crise. On verra.

C’est ce que semble suggérer un sondage publié le 4 janvier par le Journal du Dimanche : selon l’IFOP, 69 % des Français envisageraient de moins consommer en 2009.  Les produits de haute technologie (informatique, écrans plasma…), les sorties au restaurant et les voyages seraient les premiers postes concernés par une réduction du budget des dépenses: ces trois postes sont respectivement cités par 52%, 48% et 44% des sondés. A l’opposé, l’alimentation (19%), la téléphonie (34%) et l’habillement (37%) seraient les postes les moins touchés par une restriction des dépenses. Alors ? Les Français pratiquent-ils le voeu pieux comme il sied en début d’année, ou bien la vérité toute crue ?

La crise et le complot des incapables

46UTCp31UTC01bSun, 04 Jan 2009 11:33:46 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

Morgan, faillite

Regardez cette image, photographiée dans une vitrine à Cannes cette semaine. Elle reflète évidemment l’image d’un monde absurde tombé dans le chaos. Quand le groupe Morgan se débat dans les pires difficultés, les filiales recrutent encore du personnel.morgan-31

Morgan, créateur et distributeur de vêtements pour femmes, a révélé , mardi 30 décembre, avoir été placé en redressement judiciaire après s’être déclaré en cessation de paiements, le 24 décembre. La société sera soumise à une période d’observation de six mois.

Les premières boutiques Morgan, créées en 1968 par Claude Bismuth et Pierre Barouch, étaient, une marque star de la mode à petits prix dans les années 1990.  Officiellement, étonnement et consternation. En réalité, cette chute brutale n’a rien d’inattendue. La crise a bon dos. Propriété à hauteur de 40% du fonds Apax, la chaîne est depuis deux ans sur une pente fatale. Gestion insuffisante, la crise ne pardonne pas les fautes. Le dossier Morgan est emblématique des graves erreurs de gestion qui ont précédé la crise.

Selon le magazine Capital, les financiers d’Apax, seraient assez pressés de se dégager de Morgan, “excédés” par la mauvaise gestion de la société depuis plus de deux ans. Mi-2006, les dirigeants du fonds avaient  tenté de redresser le groupe en virant le patron fondateur Claude Bismuth. Mais faute de parvenir à rendre à nouveau Morgan bénéficiaire, Apax aura fini par abandonner. Morgan accumulait les pertes depuis 2006. Et la crise aurait accéléré la déconfiture de la société. En 2008, le chiffre d’affaires des 500 boutiques Morgan présent dans 50 pays, a reculé de 9 % à 140 millions d’euros. La société, qui emploie 1 000 personnes, dont 750 en France n’était plus en mesure d’honorer ses créances de 30 millions d’euros au total.


Aide : la France et la Palestine

01UTCp31UTC01bMon, 05 Jan 2009 10:00:01 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

Je reproduis ci-après l’essentiel d’une note rédigée par Stéphane Haddad, membre du Bureau de l’UPJF (Union des Patrons et des Professionnels Juifs de France ), transmise par un ami.
Il me semble indispensable d’apporter cet élément d’information pour mieux comprendre la position de la France dans ce conflit.
Des finances et des aides de la France aux territoires palestiniens
Le consul général de France à Jérusalem, Alain Remy, a indiqué mardi 23 décembre 2008 que la France avait versé à titre d’aide, 3 milliards de dollars aux Palestiniens en 2008 dont 1,8 milliard alloué au budget de l’Autorité palestinienne, 500 millions de dollars accordés aux missions humanitaires et 700 millions de dollars destinés à des programmes spéciaux. (Guysen.International.News) (source : http://www.diplomatie.gouv.fr/)
La seule agence française de développement dans les territoires palestiniens a participé en 2008 notamment aux programmes suivants : les sommes suivantes: Projet 2003 d’AEP et d’assainissement dans les Territoires Palestiniens – 10 500 000 € ;  Construction d’une station d’assainissement au nord de la bande de Gaza 12 000 000 € ; Quatrième projet d’adduction et de distribution d’eau potable. Territoires Autonomes Palestiniens : 10 600 000 € ; Compteurs électriques à prépaiement : 6 900 000 € ;  Projet de création d’emplois II Territoires autonomes palestiniens : 6 000 000 € ;  ELECTRIFICATION RURALE. Nord de la Cisjordanie 11 500 000 € ; Appui à la mise en place d’une politique de santé mentale : 2 740 000 € ; Projet d’appui au développement municipal n° 1 : 12 000 000 € ; FEPP 1, Fonds d’Etudes et de Préparation de Projets 1, Palestine : 1 000 000 € ; Création d’emplois et réalisation d’infrastructures communautaires à Gaza : 5 000 000 € ; Contribution au Mécanisme TIM (Temporary International Mechanism) : 5 000 000 € ; Programme de Développement Communautaire 2003 en Cisjordanie : 3 500 000 €
Commentaire de l’auteur, dont je lui laisse la responsabilité : En ces temps de crise mondiale, où la situation économique de la France et des français s’est détériorée, que le budget de la sécurité sociale accuse une perte abyssale, que les déficits de tous ordres n’arrêtent pas de se creuser, que la misère des plus vulnérables, et des personnes âgées progresse, et que les restaurants du cœur sont pleins, l’UPJF estime que cet argent prélevé sur les contribuables français serait mieux employé en France qui ne manque pas de causes à aider plutôt qu’a être versé à une autorité palestinienne corrompue, qui ne fait rien pour empêcher la perpétration d’actes de terrorisme en Israël, mais qui réclame chaque année à la France, à l’Europe, et au reste du monde, le versement de sa « pension alimentaire » comme ci celle-ci était un dû à la suite d’un divorce, et qu’ils étaient l’unique problème du monde. […] L’UPJF s’étonne, que malgré les sommes considérables versées par la France et le reste du monde depuis des années, le niveau de vie des Palestiniens n’ait pas évolué et que le revenu par habitant soit si bas.
Des dizaines de milliards de dollars ont été versés par le monde entier aux seuls palestiniens, et ce alors qu’il existe de nombreux autres réfugiés de par le monde. Pour quel résultat ? Ou est le progrès dans la société palestinienne ? Qu’est donc devenu cet argent qui aurait permis 100 fois de construire des logements décents et des infrastructures modernes, et de construire une société viable permettant aux palestiniens de se développer dans une région pacifiée. […]
L’UPJF souhaite savoir dans quelles conditions ces sommes ont été versées. Quel a été le contrôle parlementaire exercé ? A qui cet argent a-t-il été remis ? A quel titre et en application de quel accord et quelle a été la contrepartie obtenue ?

Casse industrielle, suite : Travailler moins pour gagner moins…

31UTCp31UTC01bTue, 06 Jan 2009 10:41:31 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

Chômage, chômage partiel et flexibilité.
Au cours des douze derniers mois, le nombre de chômeurs a augmenté de 161 000. Novembre a battu un  record : en un mois, 64 000 nouveaux demandeurs d’emploi inscrits en catégorie 1, depuis 1993 la France n’avait pas connu une telle hausse mensuelle.  Conséquence, alors que Nicolas avait promis le plein emploi, l’Hexagone comptait fin novembre près de 2,1 millions de chômeurs. Leur nombre n’a cessé d’augmenter depuis le mois de mai, enregistrant sept hausses mensuelles consécutives, une brutale accélération du rythme en août – donc avant le déclenchement « officiel » de la Crise – et le franchissement de la barre symbolique des deux millions de sans-emploi en octobre.

Inquiet de cette dégradation de l’emploi, le gouvernement a pris les devants en annonçant la création de 100 000 emplois aidés supplémentaires, en améliorant l’indemnisation du chômage partiel ou encore en étendant les contrats de transition professionnelle. Autant de réformes qui seront appliquées courant 2009 et auxquelles s’ajoutent les effets attendus du plan de relance. Le concept de temps partiel doit retenir l’attention, avec son jumeau, le non renouvellement des intérimaires : les entreprises continuent à se séparer de leurs salariés précaires. Les entrées au chômage suite à la fin d’un CDD ont augmenté de 6,9 % au cours des trois derniers mois, et celles pour fin de mission d’intérim de 18,2 %. « Le marché du travail est devenu plus flexible. Résultat, dès que la conjoncture fléchit, le chômage augmente.
Avec l’élargissement du temps partiel on est bien arrivé à la flexibilité de l’emploi tant revendiquée par le patronat. Dans un discours prononcé à Valenciennes le 25 novembre, Nicolas Sarkozy a théorisé la nécessité du temps partiel :

“L’Etat engagera 500 millions d’euros” pour venir en aide aux salariés licenciés économiquement. Nicolas Sarkozy “préfère l’activité partielle au chômage total”, l’Etat aidera donc “les entreprises à avoir un travail partiel pour leurs salariés plutôt qu’un plan social”.

De façon concrète, un décret publié le 3 janvier 2009 double les possibilités de recours au chômage partiel, de 600 à 800 heures par an. Le  contingent annuel est fixé à 1 000 heures pour les industries les plus sensibles, le textile, l’habillement et du cuir, l’industrie automobile et ses sous-traitants, ainsi que le commerce de véhicules automobiles.
“Activité partielle”, pour ne pas dire chômage tout court. Dans la réalité, le champ d’application du chômage technique est large. Les critères sont pour le moins larges : La conjoncture économique, Des difficultés d’approvisionnement en matières premières ou en énergie ; Un sinistre ou des intempéries de caractère exceptionnel ; La transformation, restructuration ou modernisation de l’entreprise et toute circonstance de caractère exceptionnel
Les travailleurs sont censés toucher 60% de leur salaire. Qui paiera l’addition? Les ouvriers et les contribuables. Qui en effet paie ce chômage partiel? Le mécanisme en vigueur revient à faire payer à l’Etat et aux travailleurs une bonne partie de la compensation versée aux salariés placés en arrêt d’activité.
En effet, une fois l’autorisation obtenue, l’employeur verse une partie de la rémunération brute (aujourd’hui 60%, alors qu’elle n’était que de 50%), puis il se fait rembourser par l’Etat l’allocation spécifique. Détail: ces allocations ne sont pas soumises à cotisations sociales. Les augmenter revient donc à appauvrir l’Etat et les salariés. Le chômage partiel, nouvel outil de flexibilité
C’est donc un grand retournement qu’anticipe le gouvernement pour 2009. Selon les Echos, ces trois dernières années, le nombre de salariés passés par le chômage partiel est resté faible (données OCDE), 2005, 171 500 salariés ; 2006, 105 600 ; 2007, 117 800
Dans les secteurs les plus affectés, le nombre de journées indemnisées est loin d’être négligeable, puisqu’il atteint parfois l’équivalent de la durée des congés payés. Sachant que la durée moyenne du travail, dans les secteurs de l’habillement et de l’automobile, est déjà parmi les plus basses (1 610 heures par an pour l’automobile), cette réforme des seuils vient entériner la possibilité pour les sociétés de “flexibiliser” les deux tiers du temps de travail annuel de leurs salariés. 2009 marque donc le début de l’ère du “travailler moins pour gagner moins”. N’a-t-on pas entendu MBAOP déclarer ouverte l’ère du “travailler plus pour gagner plus ? Avons-nous tous rêvé ?
Sources : Le Figaro, Le Monde, rue89

Justice : feu le juge d’instruction

45UTCp31UTC01bTue, 06 Jan 2009 18:20:45 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

Quelques éléments supplémentaires sur le dossier des juges d’instruction

Juges d’instruction : un acte de décès ?

Le juge d’instruction doit-il disparaître ? A l’audience de rentrée de la Cour de cassation, Nicolas Sarkozy soulève cette question, récurrente depuis deux décennies. Elle est au cœur du chantier le plus important des six programmés pour  l’année 2009 : la réforme de la procédure pénale. Le problème de l’instruction est crucial, comme l’ont montré des affaires récentes, Outreau, ou bien le mandat d’amener sans nuance délivré par la juge d’instruction Muriel Josié contre Vittorio de Fillipis, l’ancien directeur de Libération. Elles ont de nouveau soulevé d’innombrables interrogations sur l’omnipotence prêtée au juge d’instruction dans la procédure pénale française. Le rôle de ce magistrat s’est d’ailleurs amenuisé au cours des années, à peine 2% des dossiers judiciaires sont renvoyés à l’instruction, au profit du système de l’enquête préliminaire menée par les seuls magistrats du parquet.
Préparée de longue date, cette réforme prévoit que l’enquête judiciaire sera retirée au juge d’instruction unique, un personnage hybride avec un pied dans le Parquet, c’est-à-dire dans l’accusation, et l’autre pied dans le tribunal. L’enquête serait confiée au Parquet, comme aux Etats-Unis et en Italie, un juge de l’instruction étant chargé du contrôle de légalité.
Réaction sans surprise d’un haut magistrat, qui par fonction ne peut s’exprimer de façon ouverte. Aujourd’hui avocat général, il a occupé toutes les fonctions dans divers tribunaux, juge à différents niveaux, procureur dans un parquet des mineurs en banlieue, Président de chambre correctionnelle à Paris. Et juge d’instruction, période au cours de laquelle il a présidé l’AFMI – Association française des Magistrats instructeurs – . Autant dire que son point de vue est parfaitement éclairé :

Cette réforme est conforme à l’évolution déjà amorcée dans les précédentes réformes de la procédure pénale. L’une des grandes étapes a été la loi Guigou, votée le 15 juin 2000. Elle prévoyait que le juge d’instruction serait secondé par un juge des libertés et de la détention. A la lecture des décisions prises on doit constater qu’en fait ce juge des liberté est devenu le juge de l’instruction.
Ce nouveau projet n’est donc ni de droite ni de gauche. Le problème fondamental est le devenir de l’indépendance des magistrats et des enquêteurs dans cette nouvelle configuration. Il ne faudrait pas que cette réforme soir une nouvelle fois mi figue mi raisin. Dans le genre « vous voulez du thé, ou du café ? » Réponse : un peu des deux, et c’est imbuvable.

Une fraction importante de la magistrature est hostile à cette évolution qui retirerait une part notable de leurs pouvoirs aux juges. Mais il faut bien le dire, et je partage totalement ce point de vue, l’instruction est devenue une institution archaïque. Non seulement les droits des personnes suspectées sont mal protégés, non seulement les incarcérations provisoires – préventives ? – sont multipliées sans jamais être remises en cause,  mais encore les enquêtes judiciaires sont exagérement ralenties et alourdies. En outre, d’expérience, on constate que dans les grandes affaires d’assises, mais aussi correctionnelles, l’instruction est complétment recommencée à l’audience, comme si le juge d’instruction n’avait pas déjà oeuvré.

Les débats au Parlement et dans la société risquent d’être pour le moins agités, et même chahutés. On va voir monter au créneau des défenseurs inattendus de l’instruction, sans compter les juges en charge soucieux de défendre leur forteresse. On peut être au moins certain qu’il va y avoir encore de grands accès de colère dans le landernau judiciaire. Déjà, du côté des Socialistes on s’inquiète d’une possible main mise du pouvoir sur le parquet pour orienter les enquêtes judiciaires. Et, éventuellement, pour écarter les poursuites par trop embarrassantes pour les hommes au pouvoir.

Justice : l’instruction, suite. Le contexte

51UTCp31UTC01bWed, 07 Jan 2009 17:29:51 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

“Il est temps que le juge d’instruction cède la place à un juge de l’instruction, qui contrôlera le déroulement des enquêtes mais ne les dirigera plus”.

Cette déclaration de MBAOP lancée cet après midi devant les juges de la Cour de Cassation était prévue et elle est conforme à mes informations. Elle va amplifier la polémique déjà amorcée. Une polémique biaisée.

Formidable, tempête un de mes amis juge d’instruction. Sarkozy est rentré d’Israël où ça ne s’est pas bien passé, alors il annonce la suppression du juge d’instruction. Au mépris des conclusion de la commission Léger, rendues il y a trois semaines, et qui ne se prononçait pas d’une manière formelle. Pour ma part, j’ai toujours été partisan d’une structure collégiale pour l’instruction, trois magistrats pour éviter les décisions par trop individualistes. Pour les affaires sensibles, c’est une catastrophe. Déjà, on avait du mal à les faire passer. Désormais ce sera impossible.

Mon ami est en charge de dossiers extrêmement sensibles, notamment au plan de la Sécurité de l’Etat.

La gauche pour sa part feint d’oublier que le démantèlement de l’instruction traditionnelle a été amorcée dès 2000 par la loi Guigou, votée à l’initiative d’Elisabeth Guigou, Garde des Sceaux dans le gouvernement Jospin, qui créait par ailleurs le Juge des Libertés det de la Détention. Depuis, la situation n’avait cessé d’évoluer, le champs de l’Instruction ne cessant de se restreindre. Selon les statistiques de la Chancellerie, en 2006, 4 953 065 affaires  pénales sont venues à la connaissance des Parquets, allant des simples  contraventions aux  délits, et beaucoup plus rarement des crimes. Sur ce total, seules 1 526 396 étaient susceptibles de poursuites, notamment dans le cadre d’enquêtes préliminaires menées exclusivement par les procureurs et leurs substituts. Mais en bout de chaîne les juges d’instruction n’ont été saisis que de  30 566 dossiers.  à terminer dans le cabinet d’un magistrat instructeur. 1 % des infractions pénales constatées, un chiffre porté à 2% si l’on ne retient que les dossiers retenus.

En les situant dans leur contexte, ces chiffres permettent d’éclairer sous un autre jour la polémique. En clair et en détail, le rôle de l’instruction est tout à fait marginal dans la machine judiciaire pénale. Les grands discours sur l’indépendance de la magistrature n’y changeront rien. En outre, il faut se rappeler que les juges instructeurs sont étroitement bornés dans leur action par le réquisitoire introductif du Parquet, qui détermine avec précision les champs d’investigations autorisés. Or cette saisine est elle-même totalement contrôlée par le Parquet. Lequel s’impose à tous les niveaux. Y compris en “préjugeant” de l’opportunité des poursuites laissée à la seule appréciation des Procureurs. Les juges peuvent laisser croire qu’ils sont libres, ils ne le sont pas le moins du monde. “L’homme le plus puissant de France” est en vérité un colosse aux pieds d’argile.

Ceux qui montent à l’assaut du projet Sarkozy se fondent sur des données erronées. Car, en réalité, le juge d’instruction est une survivance d’un mode de fonctionnement judiciaire complètement archaïque, issu de l’Inquisition. Sur le papier, le juge instruit à charge et à décharge, dans la pratique et surtout pour les affaires importantes, il n’en est rien, il n’a pas le temps et pas la volonté – le plus souvent – d’instruire à décharge. Le magistrat entérine l’enquête policière. Ecrasés sous les dossiers – chacun traite une moyenne de 80 par an, considérés comme d’une importance tout à fait mineure dans l’organisation de la justice, soucieux de promouvoir leur image personnelle, les juges d’instruction n’ont eu de cesse que d’imposer leur nécessité par des grands coups d’éclat, sans être trop regardant sur les moyens. On se souvient de la grande vedette de l’instruction, Eva Joly, sans rappeler qu’elle a laissé derrière elle en partant des dizaines d’affaires en suspens, mal ficelées. Le juge Van Ruymbeke n’a jamais réussi à percer les mystères de l’affaire des Frégates de Taïwan, les deux juges de l’affaire Clearstream ont dû clore en toute hâte leurs dossiers quand ils ont été nommés ailleurs. Quant au juge Philippe Courroye il a pour le moins traité le dossier de l’AFER avec désinvolture, ne recevant le principal mis en cause que trois fois en deux ans, avant d’être nommé Procureur à Versailles. Plus grave, comme je l’ai relevé hier, on s’aperçoit que de plus en plus, dans les grands procès toute l’instruction est reprise à l’audience, comme si le/les juges chargés des dossiers s’étaient tournés les pouces pendant des années. Honnêtement, je ne vois pas en quoi d’interminables et stériles instructions protègent de quelque manière que ce soit les Libertés fondamentales. Pour leur part, les “petits crimes” non médiatiques sont instruits de la façon la plus expéditive avant d’être renvoyés aux Assises, où, une fois encore, on ne tiendra vraiment compte que de l’enquête policière, pas de l’instruction.

Mon Bien Aimé Président a hérité de ce vieux dossier. Qu’il s’en empare pour magnifier son rôle politique est de bonne guerre. Mais François Bayrou ( MoDem) ou André Valini devraient mieux réviser leurs archives avant d’entrer en guerre. André Valini devrait se souvenir qu’il a été le premier à proposer la suppression du juge d’instrution lors des travaux de la commission Outreau, et que la gauche n’a cessé de ferrailler contre cette survivance du passé. Quant aux avocats, de droite ou de gauche, je comprends encore moins leur opposition puisque, logiquement, la suppression de l’instruction aura pour résultat logique de développer la procédure contradictoire à l’anglo-saxonne, et par conséquent d’accroître considérablement le rôle des avocats. En défense et en partie civile.

Je vois qye certains vont me considérer comme un soutien inconditionnel à MBAOP. Ils ont tort : je suis depuis de très nombreuses années hostile au système de l’instruction.

Je rappelle le titre d’un de mes livres les plus importants : Dossier J… comme Justice, ou la Justice du plus fort. Editions Alain Moreau, 1978. A l’époque, j’allais déjà dans ce sens?

Diffamation : la fin des règlements de comptes ?

32UTCp31UTC01bThu, 08 Jan 2009 11:21:32 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

Une partie du discours prononcé par Nicolas Sarkozy mardi semble avoir échappé à la sagacité des polémistes : il a proposé de mettre à la poubelle une des plus vieilles mesures visant la liberté de la presse, la diffamation. On oublie trop souvent qu’il s’agit d’une infraction pénale, contravention lorsque la diffamation est proférée dans un cercle privé (ou dans des écrits non rendus publics), délit dans toutes les autres circonstances. Qui dit délit, implique des poursuites devant le tribunal correctionnel. Avec cette particularité que le diffamateur est tenu pour coupable par définition, c’est-à-dire qu’il doit démontrer qu’il a raison, apporter la preuve de ses allégations. Il ne suffit pas que le diffamé n’aie pas raison.

Cette infraction pénale a été créée par la loi de 1881, dite de liberté d’expression ou liberté de la presse. Elle donne lieu chaque année à des ribambelles de procédures judiciaires, accompagnées de force invectives. Un climat qui n’honore pas  le monde de la presse française. Et qui a donné lieu à un grave dérapage dans la récente affaire de Fillipis, l’ancien directeur de Libération, où on a vu la juge d’instruction Muriel Josié décerner un mandat d’amener dans une affaire de diffamation tout à fait modeste. La mesure était manifestement disproportionnée. D’où, sans doute, la réation de MBAOP qui a intérêt à mettre les journalistes de son côté à un moment où sa gestion politique est difficile.

Une condamnation pour diffamation entraîne automatiquement un recours devant les tribunaux civils pour fixer le montant des réparations dûes pour compenser le préjudice subi. Si je comprends bien, malgré l’absence de détails, seule serait maintenu le principe d’une indemnisation de droit civil, avec suppression totale de l’aspect pénal. Cette modification du droit pénal de la presse proprement révolutionnaire mettrait un terme aux règlements de comptes féroces qui entourent les affaires de diffamation.

En revanche, il ne semble pas question de revenir sur la législation prohibant les injures et la calomnie, qui relèveraient toujours du droit pénal. La diffamation s’analyse comme la publication d’informations non prouvées, tandis que l’injure vise tous les propos malséants, qu’ils visent juste ou non, d’ailleurs.

Tous mes anciens étudiants et les jeunes que je conseille doivent suivre avec attention l’évolution de la situation, et rester toujours aussi prudents. Un procès en diffamation n’est jamais que la manifestation d’un échec, ce n’est jamais une gloire.

Presse : une information libre

29UTCp31UTC01bFri, 09 Jan 2009 10:22:29 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

Je relaie volontiers l’appel de mes confrères pour la liberté de la presse :

Sans information libre, sans une presse indépendante et pluraliste, il ne saurait y avoir d’authentique délibération démocratique, dénoncent Charlie Hebdo, Les Inrockuptibles, Marianne, Mediapart, Le Nouvel Observateur, et Rue89 dans un appel commun.

Le droit à l’information, à la libre expression et à la libre critique, ainsi qu’à la diversité des opinions est une liberté publique fondamentale. C’est un droit des citoyens et non pas un privilège des journalistes: sans information libre, sans une presse indépendante et pluraliste, il ne saurait y avoir d’authentique délibération démocratique.

Or, loin de réduire les retards français en ce domaine, l’actuel président de la République les aggrave, tant par sa pratique personnelle du pouvoir que par les décisions qu’il impose à la hussarde. Mise en œuvre au mépris des droits du Parlement, la réforme de l’audiovisuel public résume cette régression de nos libertés. Accorder au seul chef de l’Etat le pouvoir d’en nommer et révoquer les dirigeants, c’est abolir symboliquement l’indépendance des radios et des télévisions publiques. C’est un abus de pouvoir, et c’est l’abus de trop.

Une République où le pouvoir exécutif impose ainsi sa loi au pouvoir législatif et ses désirs au contre-pouvoir médiatique n’est pas une démocratie digne de ce nom. Mus par cette conviction commune et cette inquiétude partagée, nous avons exceptionnellement décidé de nous adresser ensemble à l’opinion publique, par-delà la diversité de nos titres, de nos histoires et de nos sensibilités. Et nous appelons à un vaste sursaut citoyen contre ce recul des libertés qui affaiblit notre démocratie et discrédite notre pays.

Tous ensemble, défendons la liberté de l’information! Nous vous donnons rendez-vous, vendredi 30 janvier, au Théâtre du Châtelet, à Paris.

Hôpitaux : encore de la casse

53UTCp31UTC01bFri, 09 Jan 2009 12:01:53 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

L’hôpital ne souffre pas d’un problème de moyens, a estimé Notre Bien Aimé Président dans le discours prononcé ce vendredi 9 janvier à l’occasion de l’inauguration du nouvel hôpital civil de Strasbourg, rappelant que le budget de l’assurance maladie consacré à l’hôpital avait augmenté de 50% entre 1998 et 2008. Il s’agace de voir ses efforts remis en cause.

Entre 1998 et 2008, j’ai pris cette période parce qu’il y a eu des gouvernements de droite et de gauche, la France, au travers des dépenses de l’assurance maladie au profit des hôpitaux, a augmenté le budget de 50%. C’est 23 milliards d’euros de plus pour l’hôpital au cours des dix derniers années (…) je livre ce chiffre à votre réflexion. Le défi de l’hôpital d’aujourd’hui, c’est que cet argent qui est nécessaire soit plus efficace parce que l’hôpital doit être mieux organisé.

Il a ainsi abordé – avec prudence – la réforme de l’hôpital public qui sera consacrée par une loi « hôpital, patients, santé et territoire », à discuter en janvier. Notre Président tient cette réforme pour une des plus fondamentales. Objectif : compte tenu du déficit croissant constaté dans l’hospitalisation publique, pour alléger la charge, il faut faciliter les regroupements d’établissements et de cliniques ; au public les pathologies lourdes, forcément déficitaires, et au privé les actes rémunérateurs : petite chirurgie, hospitalisations longues de style convalescences.

L’hôpital d’aujourd’hui ne correspond pas tout à fait au cahier des charges de ses impératifs. On va supprimer les doublons. L’hôpital doit être un modèle d’adaptabilité pour répondre aux défis du XXIe siècle. On va accompagner l’hôpital vers la modernisation.

Dans un esprit de pur libéralisme, on s’acheminerait vers un système à l’Anglaise dont le moins qu’on puisse écrire est qu’il n’a pas prouvé sa pertinence en matière de santé publique.
Il faut dire que le déficit des hôpitaux est passé de 400 à 800 millions d’Euros. Il toucherait 60 % des établissements publics, dont tous les CHU, les Centres hospitalo-universitaires.
Selon la Fédération hospitalière de France, pour éponger le déficit en trois ans, il faudrait supprimer de 15 000 à 20 000 postes La charge de personnel représente de 68 à 75% des dépenses, le coût moyen d’un agent hospitalier (une curieuse entité économique qui désigne tout le personnel non médecin) est de 35 000 euros, celui d’un médecin 105 000 euros. Depuis plusieurs années déjà, notamment pour compenser la baisse des dotations publiques, de vigoureux efforts d’économies sont menés dans tous les établissements.
En 2008 l’A.P-HP (Assistance publique-Hôpitaux de Paris) a supprimé 2600 postes. En 2008 il a fallu fermer de nombreux lits, et pas seulement pendant les vacances. Tous les chefs de service se plaignent de la modicité des moyens qui leur sont alloués. Selon Le Canard Enchaîné du 31 décembre 2008, il faudrait encore 300 millions d’euros d’économies.

Pour se gendarmer, les présidents de comité médicaux des hôpitaux parisiens ont rendu public un courrier où ils dénoncent un « étranglement financier délibéré [qui] menace la qualité des soins ». Les récents « incidents » survenus dans plusieurs établissements, dont la mort d’un bébé à la suite d’une erreur de transfusion, à l’hôpital Saint-Vincent-de-Paul, dépendant du groupe Cochin, ont démontré les effets dévastateurs des économies de personnel. La fermeture de l’hôpital Saint-Vincent-de-Paul est d’ailleurs programmée. On constate des pratiques gestionnaires du même ordre  à l’hôpital pédiatrique Robert Debré, tandis que l’hôpital Ambroise Paré à Boulogne-Billancourt a dû mettre à l’arrêt un de ses blocs de chirurgie en raison de l’absence pour motif médical de la principale infirmière de bloc.

Le Monde (10 décembre) observe :

Placés sous tension financière permanente par le gouvernement – Nicolas Sarkozy a exigé leur retour à l’équilibre en 2012 –, les hôpitaux français se sont engagés dans de vastes opérations de restructuration impliquant des économies tous azimuts. Pour éviter des suppressions de postes, ils ont puisé, en 2006-2007, dans leurs réserves financières, obérant d’autant leur capacité d’investissement.

A Marseille, 650 postes suppressions d’emploi entre 2002 et 2008. Au Havre, le retour à l’équilibre implique la disparition de 400 emplois. Au CHU de Nancy, encore 600 postes dans les quatre ans à venir. Avec cette particularité et cette limite : le statut de la fonction publique ne permet pas de licencier les agents hospitaliers, donc les directeurs compriment les effectifs par non remplacement des départs à la retraite ou non renouvellement des contrats à durée déterminée.
Parfois, sont appliqués des plans de départ volontaire, avec indemnité de départ : à Nantes, 200 personnes devraient quitter l’hôpital en 2009 avec une enveloppe individuelle qui pourrait atteindre 42 000 euros.
Ce simple tour d’horizon non exhaustif porte sur 4400 emplois !
Le problème est que notre Bien Aimé Omniprésident semble confondre les établissements de santé publique avec des entreprises privées, nécessairement rentables. Sans contraintes de service public. Une tâche de plus en plus ardue en raison du vieillissement de la population et du coût exponentiel des traitements médicaux lourds. La stratégie de redressement financier de l’hospitalisation publique  risque fort de prendre les allures d’un plan social massif portant sur plusieurs milliers d’emplois, assorti d’un choix plus accentué en faveur du privé. Le gouvernement accélèrerait les conditions de partage du marché, et le développement d’une médecine à deux vitesses. Comme en Grande Bretagne. Déjà, aujourd’hui, le système des consultations privées à l’hôpital public permet de s’affranchir des délais d’attente. Vous êtes pressé ? Alors c’est 150 ou 300 euros la visite ! Quant aux opérations lourdes, c’est ad libitum.
Et si vous craignez la promiscuité vous pouvez toujours aller à la Clinique de la Muette, comme Rachida Dati, la Garde des Sceaux.

Ce billet est une version actualisée à 15 heures, en fonction des annonces présidentielles.

Réforme hospitalière : des idées floues

11UTCp31UTC01bSat, 10 Jan 2009 12:00:11 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

Comme indiqué hier, le Président ne veut pas consacrer de nouveaux moyens à l’hôpital public, et probablement au secteur de l’hospitalisation publique et privée.

“Si on ne change pas, les mêmes causes produiront les mêmes effets. Et on ne peut plus continuer comme ça parce que le monde change. L’hôpital doit être un modèle d’adaptabilité pour faire face aux défis du 21e siècle.”

Il estime que la modernisation ne passe pas par une augmentation des moyens, mais que tout est une question d’organisation. Qui serait mauvaise, aujourd’hui.
D’abord au niveau de l’hôpital.

«Dans un hôpital, tout le monde a le pouvoir de dire non, et pas celui de dire oui. Je ne dis pas qu’il vous faut un omniprésident… mais il faut un vrai patron qui décide, qui est responsable et capable d’arbitrer».

Deuxième volet : la coordination au niveau régional grâce aux agences régionales de santé (ARS) pour améliorer la prise en charge des urgences et des soins non programmés.

“Ca suffit la pagaille en la matière, chacun en ville comme à l’hôpital doit prendre sa part de la charge que représentent ces urgences potentielles”.

Sarkozy a aussi confirmé son intention d’engager une réforme des hôpitaux universitaires.

A ce niveau le projet évoqué par Sarkozy apparaît plutôt flou, comme si ses idées n’étaient pas encore fixées. Gérard Larcher avait ouvert la route vers la réforme des hôpitaux, dans son rapport remis en avril 2008 au Président. A la suite de quoi avait été élaborée une loi très cohérente. Malheureusement, concernant les CHU, le ministère de la Santé et le ministère de l’Education supérieure et de la Recherche n’avaient pas réussi à s’entendre. Pour sortir de cette impasse a été mise en place une inévitable et pénultième commission, ici intitulée «groupe des sages» présidé par le professeur Jacques Marescaux, chirurgien et chercheur. Car, depuis 1958, l’organisation des CHU n’a pas bougé d’un iota. Une réforme tous les cinquante ans, cela ne nous paraît pas excessif, plaide un conseiller du Président. Comme si la réforme était l’alpha et l’omega de toute politique !
Commentaire du professeur J.F. Dhainaut, Président de l’AERES, Agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur, lui-même ancien professeur de médecin et Doyen de la faculté Cochin.

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« Il est exact que la formule du CHU est vraiment dépassée. Mais l’idée de séparer l’enseignement de la médecine de l’hospitalisation me paraît très mauvaise. Le problème n’est pas là. Il faut se pencher sur le problème de l’évaluation des CHU qui est pour le moment embryonnaire. Il faut s’attaquer de front à l’évaluation des soins et des pratiques, sur la base d’un rapport qualité-efficacité-coût. Il y a surtout à gagner sur la pratique. Il faut arrêter la fuite en avant vers les examens de haute technologie, un IRM pour tout et n’importe quoi. Il faut revenir à la prévalence des examens cliniques sur l’emploi des moyens d’investigation très sophistiqués. »

En écoutant le professeur Dhainaut, il semble que ce retour aux fondamentaux ne soit pas vraiment gagné.

Roman : “c’était notre terre”, une tragédie pied noir

22UTCp31UTC01bSat, 10 Jan 2009 17:53:22 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

Je vous recommande avec chaleur “C’était notre terre“, un roman de Mathieu Belezi, Albin Michel.

A travers l’histoire de la famille de Saint-André, des colons français devenus pieds noirs, toute l’horrible tragédie de l’Algérie. Le grand père féroce, comme sa fille ; le gendre ivrogne qui baise tout ce qui lui tombe sous la main, et cravache les autres. Le fils, qui hait sa mère au point de passer du côté des fellaghas, et de mourir sous la torture des parachutistes. Les filles, l’une mémé un peu nunuche qui ne comprend pas bien ce qui se passe, l’autre homosexuelle interdite de pratique qui termine sa vie dans un couvent de bénédictines. Et une nounou kabyle qui porte derrière son front toute l’histoire des autres.

En soi, l’histoire est à la fois classique et pas ordinaire. Personne n’est gentil, personne n’est méchant. Barbares, bourreaux, victimes, ils sont tout à la fois, ils glissent sur la pente de leur destin méditerranéen. Pas de nostalgie déplacée, le portrait de l’Algérie post coloniale, juste avant l’indépendance, est noir. Plus que noir.  Mais tel n’est pas vraiment l’aspect essentiel de ce roman. Sa totale originalité tient dans l’écriture… Pas un seul point d’un bout à l’autre du livre, pas une seule majuscule pour ouvrir une phrase, les ponctuations sont seulement marquées par le passage à la ligne d’un paragraphe à l’autre. Pas de lyrisme malgré la volonté de conter une saga, une odyssée. Chaque personnage parle avec sa propre voix, sauvage, féroce, lamentable, le romancier avance dans son histoire sans le moindre souci de la chronologie. Et c’est magnifique.

Ancien professeur de géographie et mathématicien, Mathieu Belezi n’a jamais vécu en Algérie, puisqu’il est né – prétend-il – dans un avion entre l’Algérie et la France, en 1957 si l’on en croit son âge. Il aurait passé sa  jeunesse en Limousin. Mais on a du mal à le croire, tant il décrit si bien, avec tant de précision une Algérie presque fantasmée dans sa tête.

” … qu’ils sachent bien qu’on ne peut jouer indéfiniment à l’amnésique, qu’un jour ou l’autre l’histoire se vengera, comment ? je n’en ai aucune idée, mais qu’ils soient sûrs qu’elle se vengera d’eux, l’histoire et les morts qui en sont comme l’arrière-cour, tous ces morts enterrés dans les cimetières d’Alger, d’Oran, de Mostaganem, de Blida, d’Orléansville et de Cassagne, et qui appellent avec leurs voix de mort et qui jugent à l’aune de leurs os rongés de solitude, et qui condamnent et vouent aux gémonies ces générations aux yeux aveugles, aux oreilles bouchées, aux ventres tant égoïstes que nous leurs parents nous en rougissons de honte…”

Lettre d’Israël : Francine Kaufman

36UTCp31UTC01bSun, 11 Jan 2009 10:00:36 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

Je vous rebascule la lettre d’une prof d’université en Israël, communiquée par un de mes amis. Son propos est une pièce importante dans le dossier du conflit à Gaza :

Je voudrais vous faire part de mon regard sur le conflit actuel, soit pour
vous informer, soit pour vous permettre de dire à vos propres amis et
connaissances ce qu'une Israélienne éprouve en cette période si cruelle.
Je fais partie des Israéliens qui croient que la seule solution au conflit
dans la région réside dans une négociation politique courageuse avec des
concessions douloureuses des deux parties. J'appelle de mes voeux la
création d'un Etat palestinien qui accepterait l'existence de l'Etat
d'Israël à ses côtés. Cela permettrait au peuple palestinien de vivre dans
la dignité et l'indépendance. Je n'ai aucune confiance dans une action
militaire (qui ne peut avoir que des résultats partiels avec des effets
parallèles catastrophiques). Je suis fermement opposée à toute punition
collective. Je crois que le peuple juif possède une tradition éthique qui
exige de lui un comportement moral particulièrement exigeant.
Cela dit, je vis ici et m'informe au quotidien et je sais bien que nous
avions atteint un point de non retour et qu'il fallait que l'armée entre en
action : face aux tirs permanents de missiles sur des villes et villages,
avec des portées sans cesse croissantes (aujourd'hui un rayon de 40 kms), de
plus en plus d'Israéliens avaient perdu confiance dans leur Etat et disaient
à voix haute que nos dirigeants les avaient abandonnés à leur triste sort.
Le sud d'Israël se sentait sacrifié pour que le centre et le sud puissent
prospérer et vivre normalement. Depuis huit ans, les jardins d'enfants, les
écoles et les institutions d'enseignement supérieur du sud du pays ne
peuvent plus étudier normalement, les affaires tournent au ralenti ou
ferment, les récoltes pourrissent sur pied faute de pouvoir être traitées de
manière régulière. Quand elles en ont la possibilité, des familles entières
quittent le pays pour ne plus vivre dans l'angoisse quotidienne de devoir
fonctionner entre deux alertes. Mais les prix des appartements ont tellement
chuté que les habitants les plus pauvres ne peuvent trouver acheteur ou
locataire pour choisir de vivre ailleurs, là où ils seraient plus à l'abri.
Les traumatismes sont profonds et irréversibles (énurésie, cauchemars, états
de choc devenus permanents). Les abris d'il y a dix ans (déjà en nombre
insuffisant)  ne sont pas adaptés aux perfectionnements technologiques des
missiles "Grad". Circuler dans la rue (trottoir et chaussée) est devenu un
risque que beaucoup ne peuvent pas courir et handicapés, personnes âgées
restent murés chez eux à proximité d'un abri ou d'une chambre protégée s'ils
en ont une. Ce sont des bénévoles venus de tout le pays qui se mobilisent
pour faire leurs courses et s'occuper d'eux, entre deux alertes, ou pour
offrir une animation aux enfants et adolescents terrés des jours durant dans
les abris.
Et pourtant, il est difficile de faire comprendre cette situation aux
téléspectateurs de l'étranger, face aux terribles images qui viennent de
Gaza. On leur dit que les Israéliens sont "soudain" devenus fous et se
livrent à un massacre programmé de la population. On ose parler de Shoa ! On
parle de réaction "disproportionnée".
Lorsque du côté israélien des missiles détruisent tout (maisons, voitures,
animaux dans les fermes, routes, jardins d'enfants) mais qu'il n'y a pas de
"victimes" parce qu'une grande partie des habitants vivent une partie du
temps (et depuis des années) dans leurs familles ou chez des amis plus au
nord d'Israël, ou parce qu'ils n'étaient pas momentanément sur place, que
les conducteurs d'autobus et de taxis ont accéléré en début d'alerte et
poussé leurs passagers vers le premier abri, leur véhicule explosant ou les
vitres et les portes volant en éclat quelques secondes à peine après la
chute du missile... peut-on mesurer la peur, la cruauté, la souffrance des
uns et des autres ?
Qui peut nous donner des leçons sur la meilleure manière de défendre une
population civile contre un ennemi qui considère que notre seule existence
en tant qu'Etat juif est une "occupation", une infraction aux lois de
l'Islam qui veut qu'un territoire ayant appartenu aux musulmans ("Dar el
islam") ne puisse plus être souillé par un régime non musulman : le 'hamas
ne peut se contenter de rien moins que de la disparition de l'Etat d'Israël
(sa charte est claire à ce sujet, ainsi que les déclarations de ses
dirigeants). Que nous ayons évacué militairement la bande de Gaza ainsi que
les localités juives de la région (avec leurs habitants )depuis des années
n'a servi à rien. Toute aide humanitaire d'Israël aux populations civiles de
Gaza n'est pas rapportée. La confiscation des fonds internationaux destinée
à la population au profit de la classe dirigeante du 'hamas est passée sous
silence. Les bénéfices rapportés par les tunnels de contrebande creusés
depuis plus d'une dizaine d'années (et non depuis le début du siège
israélien en septembre l'année dernière) rapportent des millions aux trafiquants d'armes
et de biens...
Israël est un pays tenu par le droit international et par son éthique à
respecter les règles de la guerre : ses soldats sont en uniforme et
concentrés dans des bases militaires. A part de terribles erreurs de tir
(dont nos propres soldats sont souvent aussi victimes), l'armée israélienne
met un point d'honneur à distinguer combattants armés et civils.
Le 'hamas est une organisation protéiforme, sans foi ni loi, qui utilise le
terrorisme pour désorganiser la vie quotidienne des civils de la société
dont ils veulent la perte : ses combattants sont en civil et vivent
délibérément mêlés aux civils. Ils n'hésitent pas (nous en avons souvent la
preuve) à utiliser hôpitaux, ambulances, mosquées, écoles pour y entreposer
armes, quartier général, sachant qu'ils placent ainsi Israël devant des
choix impossibles : respecter le droit d'asile ou se défendre en attaquant
des lieux symboliquement marqués.
Je ne suis pas très optimiste pour la suite des combats car j'ai peu
d'illusions sur le sort des armes. Mais je ne suis pas suicidaire et je suis
certaine de notre bon droit. Nous ne pouvions pas rester plus longtemps les
bras croisés face aux attaques quotidiennes de fanatiques prêts à mourir en
martyrs pour que leur vision de l'islam triomphe...S'ils prennent en otage
leur propre population, cela ne doit pas nous empêcher, après tant d'années
de mises en garde, de tenter d'affaiblir leur puissance de tir et leur
conviction qu'ils l'emporteront contre notre Etat réduit à l'impuissance par
des considérations éthiques. Prendre les armes pour se défendre implique
d'être prêts à mourir mais aussi à tuer d'autres êtres humains et à détruire
leur environnement. C'est le prix à payer pour ne pas nous laisser peu à peu
détruire.
Puisse Dieu nous protéger et puisse la communauté internationale comprendre
les enjeux véritables de cette lutte "disproportionnée" parce que la
désinformation présente les agresseurs comme des victimes innocentes et les
agressés (qui ont choisi de se défendre par les armes) comme des
génocidaires.
Demain, je pars enseigner à l'université sans savoir qui de mes étudiants ou
de mes collègues sera mobilisé ou absent parce que la circulation est
impossible.

Presse : les Etats généraux du passé

27UTCp31UTC01bSun, 11 Jan 2009 12:13:27 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

Presse : notre Président va causer et ce sera dans le vide
A quelle sauce cuisiner la nouvelle presse selon notre M.B.A.O.P.  (Mon bien Aimé Omni Président) ? Le présumé Président de la presse française va causer le 23 janvier, énoncer ses conclusions des conclusions tirées par les Etats généraux de la presse réunis depuis le 2 octobre à Paris, avec la participation de 150 professionnels et experts de la presse française.
Ces conclusions vont couronner son entreprise de réorganisation de la presse – on peut aussi lire « mise au pas » – marquée par un premier succès, bien que mitigé : le nouveau statut de la radio-télévision publique, appliqué avant d’être voté par le Parlement. Un nouveau statut que les méchantes langues appellent déjà ORTS (Officie de la radio-télévision sarkozienne), et qui consacre la disparition au moins partielle de la publicité sur les chaînes d’Etat, et surtout la nomination des Présidents en Conseil des Ministres, comme au bon vieux temps de la « Voix de la France », fustigée par la sociologue québécoise Denis Bombardier.
Sur le papier, l’image de ces Etats généraux se présentait bien :
« Les Etats généraux de la presse écrite ont pour objectif d’établir un diagnostic partagé de la situation de la presse écrite française, d’analyser ses points de blocage et d’identifier, sur la base de ce diagnostic, les solutions à mettre en oeuvre pour l’accompagner dans le tournant stratégique des années 2000. »
Quatre pôles de débat et de proposition : l’avenir des métiers du journalisme ; évolution des structures industrielles et du modèle de distribution de la presse ; passage à l’ère numérique ; attentes du public, des lecteurs et des citoyens.
En lançant cette initiative notre Président cultivait une idée fondamentale,  selon ses propres termes, “la constitution de grands groupes français de presse et multimédia”. En clair, comment tourner les lois qui depuis la Libération interdisent les concentrations excessives dans la presse ? Comment marginaliser le rôle du Syndicat du Livre CGT accusé de couler la presse écrite par des pratiques corporatistes excessivement coûteuses. Il est bien évident que ses amis intimes Martin Bouygues, Arnaud Lagardère et Vincent Bolloré voyaient d’un œil plus que favorable cette entreprise dont ils allaient pouvoir profiter à plein. Enfin, sous leur égide, pourraient se constituer des groupes multimédias monstres, télévision, radio, presse écrite nationale et locale, sites internet. A l’image des groupes américains, dans le style Time Warner.
Les 90 recommandations remises, le 8 janvier, à Christine Albanel, ministre de la culture et de la communication, ne cadrent pas exactement avec l’objectif du Président. François Dufour, responsable du pôle “Presse et société”, estime qu’il ne faut “pas bouger sur la concentration”, soulignant que “des initiatives comme Marianne ou rue89 tendent à prouver que l’innovation émane plutôt des petites structures que des grands groupes”. Patrick Eveno, responsable du sous-pôle “concentration”, constate que “la loi de 1986 sur la presse n’empêche pas la constitution de groupes pluri-médias.”
Treize des propositions portent sur le développement d’une presse “pluraliste et de qualité” sur Internet. Car tel est le problème, plus qu’épineux : entre la vision traditionnelle de la presse entretenue dans les sphères dirigeantes, une presse papier comme du temps de Grand-Papa, et la réalité actuelle s’est glissée la révolution internet. La presse papier, je l’ai déjà souligné, souffre de la concurrence terrible des sites internet. On ignore en général qu’outre Atlantique, un site internet comme Huffington http://www.huffingtonpost.com/ exerce une énorme influence sur l’opinion publique. Il faut également rappeler le rôle décisif des communications internet dans la campagne présidentielle américaine. En France, les sites internet liés à des journaux de presse écrite comme @ Le Figaro , @ Le Point, @ Le Monde ou @ Libération,  ou indépendants comme Médiapart, rue89, Bakchich et autres sont fréquentés chaque jour par des dizaines de milliers d’internautes. Des audiences comme les quotidiens n’en ont jamais connues. On n’a jamais tant lu de journaux, et on n’en a jamais acheté si peu.
Sans avoir forcément mesuré l’ampleur du phénomène, les Etats généraux en ont tenu compte. Ainsi, parmi les recommandations phares du pôle “Presse et Internet”, figure la création d’un “statut d’éditeur de presse en ligne”. Ce statut confèrerait aux éditeurs pure players de bénéficier d’aides publiques au même titre que les journaux traditionnels. Au-delà de ce phénomène se profile une seconde préoccupation, encore plus essentielle, la gratuité. Gratuité des quotidiens papier, mais surtout gratuité de l’information massivment délivrée par internet, et en actualité et en archives.
Qui dit gratuité évoque le financement par la publicité de nouveaux médias non liés à un pays ou un autre comme Google ou Yahoo. Le pôle “Presse et Internet” appelle l’attention des pouvoirs publics sur la possible constitution de position dominante d’acteurs sur le marché de la publicité sur Internet, et particulièrement sur les marchés de l’ad-serving (…), du search (…) et des invendus, qui pourraient bien constituer, de par leur fonctionnement, des marchés pertinents”. C’est joliment dit pour fustiger notamment Google, ou autres Wikipedia devenus des instruments de travail incontournables pour tout chercheur, journaliste, publiciste, écrivain. Et probablement vecteurs porteurs dès demain matin de textes qui ne seront jamais imprimés. Le marché de la presse, et de l’édition prend des dimensions quasiment infinies. Les recommandations d’un groupe d’études national, forcément limité, pourront-elles exercer une influence quelconque sur cette expansion galopante ? Aussi volontariste soit-il le Président saura-t-il comment maîtriser ce phénomène ? En Tunisie, en Chine et en … Australie, on table sur une limitation technique des accès à des sites internet,parce qu’ils sont aussi peu influençables que possible. Les solutions techniques n’ont qu’un temps, elles sont toujours et vite contournées. Heureusement, car c’est là que se développe le véritable esprit libre de la presse. Loin du papier. Loin des Etats généraux du Président.

Film : Barrage contre le Pacifique

22UTCp31UTC01bMon, 12 Jan 2009 10:02:22 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

Adaptation du roman éponyme – et autobiographique – de la célébrissime écrivaine Marguerite Duras, « Un barrage contre le Pacifique” est un film franco-cambodgien, réalisé par Rithy Panh. 1 h 45. Dans le rôle d’une mère grugée par l’administration coloniale du Cambodge en 1931, ravagée par la maladie, la déception, Isabelle Huppert donne la mesure d’un immense talent, dans un rôle de composition difficile et délicat. On la croit quand pour tenter de sauver ses rizières elle envisage de « vendre » sa fille à un planteur chinois. Beau et ambigu. Huppert n’hésite pas à se laisser filmer comme une femme qui se débat en vain, usée prématurément. En face d’elle, le jeune et glorieux Gaspard Ulliel, n’est pas moins excellent dans le rôle de son fils Joseph qui ne pense qu’à vivre, tout comme la très jeune Astrid Bergès-Frisbey, qui interprète une Suzanne – figure de Marguerite Duras elle-même – candide et perverse à souahait. En plus, elle est bien jolie, ce qui ne gâte rien. Les seconds rôles sont tout aussi bien traités. Même quand les silhouettes des colons et des officiers sont réduites à un demi corps inférieur, une image qui symbolise leur ‘inimportance ».
Belle réalisation, très sobre, qui donne à voir parfaitement la difficulté de vivre dans un climat équatorial. Rithy Panh est documentariste, et ça se sent, tous les détails sont vrais, bien placés. Plus proche du roman par l’esprit que par l’interprétation littérale du texte, le réalisateur Rithy Panh éclaire le film de son regard sévère sur l’époque coloniale. Ce qu’il en montre, avec ses excès dans les spoliations, le travail forcé, la brutalité des « troupes coloniales », n’est guère à notre honneur. Rithy Panh brosse un terrible réquisitoire qui permet de comprendre pourquoi ces peuples d’Indochine ont fini par se révolter.

Justice : l’intime conviction, une pratique moyenâgeuse

34UTCp31UTC01bTue, 20 Jan 2009 09:00:34 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

Version actualisée et réécrite de mon précédent billet sur l’intime conviction.

Le 14 janvier, le TGI de Paris a prononcé la relaxe générale de six responsables médicaux, jugés pour la mort de 117 jeunes traités dans les années 1980 à l’hormone de croissance et qui avaient développé la maladie de Creutzfeldt-Jakob, dite maladie de la «vache folle». Le premier décès est intervenu il y a dix-huit ans. La principale motivation du jugement est l’incapacité du tribunal à démontrer la culpabilité des personnes poursuivies, faute de preuves décisives quant à leur degré de connaissance du problème posé par l’emploi des hormones de croissance. Outre l’exceptionnelle longueur de la procédure due à une instruction déraisonnablement interminable, seize ans, ce jugement pose le problème de la preuve et de sa qualité dans les décisions judiciaires. Le principe de droit très généralement appliqué en France est : quand il y a doute doit intervenir la relaxe. Sauf en matière criminelle, en cour d’Assise, où la qualité de la preuve importe peu au bénéfice de l‘intime conviction. un système judiciaire totalement archaïque.

C’est ce que nous rappelle l’affaire Yvan Colonna, qui va revenir au tribunal, en appel,  onze ans après les faits, du 9 février au 13 mars.

Yvan Colonna, dit le “berger corse”, originaire de Cargese a été condamné à la perpétuité en décembre 2007 pour l’assassinat du préfet Claude Érignac le 6 février 1998, alors qu’il se rendait à un concert au théâtre d’Ajaccio.

Pour prononcer la décision de 2007 la cour n’a pas pu s’appuyer sur un faisceau de preuves formelles et incontestables. Pas d’écoute téléphonique, pas d’interception de portable. Pas de photo in vivo. Pas la moindre trace physique susceptible d’être attribuée à Colonna sur un objet, sur une arme. Les tentatives d’identification par “tapissage” ont été vaines. Les reconstitutions ont été moins que décisives.

Un exemple, quand j’interroge Irène Stoller, qui a managé l’enquête au niveau du parquet anti terroriste pour lui demander si elle a la preuve de la présence de Colona sur les lieux du meurtre, à l’heure du meurtre, elle me répond :

- Non, nous n’avons pas la preuve, mais j’en suis sûre et certaine.

A l’audience, le commissaire Roger Marion qui a dirigé l’enquête, a déclaré tout de go qu’il est personnellement convaincu de la culpabilité de Colonna. A été déterminant le rôle des témoignages à charge parfois contradictoires , dont plusieurs émanant des proches d’Ivan Colonna. L’accusation s’est fondée essentiellement sur les dénonciations émanant des membres du commando dès leur arrestation en mai 1999. Lesquels se sont rétractés ensemble un an et demi plus tard. Le témoignage était le moyen de preuve fondamentale de l’inquisition pour étayer ses accusations. Les témoignages utilisés en 2007 seront de nouveau excipés en février prochain. avec en plus cet argument massue : Colonna n’a jamais vraiment protesté contre sa condamnation, alors qu’il avait multiplié auparavant les déclarations de non culpabilité. Donc il assumerait sa culpabilité !

Je ne rentrerai donc pas dans le détail pour arriver directement à une citation en forme de conclusion, énoncée par le Président Coujard, avant que la Cour d’Assise ne se retire pour délibérer :

La loi ne demande pas compte aux juges des moyens par lesquels ils se sont convaincus, elle ne leur prescrit pas de règles desquellesnils doivent faire particulièrement dépendre la plénitude et la suffisance d’une preuve ; elle leur prescrit de s’interroger sur eux-mêmes dans le silence et le recueillemen, et de chercher, dans la sincérité de leur conscience, quelle impression ont faite sur leurs raisons les preuves rapportées contre les accusés et les moyens de défense. La loi ne leur fait que cette seule question qui renferme toute la mesure de leurs devoris : “Avez-vous une intime conviction ?”

Sous son apparence élégante, ce texte fondamental implique qu’il est possible, et même probablement recommandé, de juger sans preuve. De toute façon, les juges n’auront pas à motiver leur décision. C’est-à-dire à la justifier.

On sait comment est élaborée une décision aux Assises, sous forme de réponses par Oui ou par non aux dizaines de questions posées par la Cour, et plus particulièrement par le Président. Que le jury soit formé de magistrats et non de simples citoyens ne change pas grand chose au fond du problème. A l’heure de la multiplication des moyens techniques de preuve… à l’heure où on peut déterminer à l’heure près la date d’un texte par examen de l’encre ; à quelques minutes près l’heure du décès par examen des viscères, du bol alimentaire ; en quasi certitude l’appartenance de traces physiques sur un objet par analyse de l’ADN, les juges sont autorisés à s’interroger dans le même climat de totale incertitude que les magistrats qui les ont précédé un siècle ou deux plus tôt. Nous sommes surtout à l’heure d’une remise en cause fondamentale de la véracité des témoignages : tous les travaux actuellement menés sur la Mémoire tendent à établir que celle-ci est essentiellement fugace et versatile, à l’opposé de tout fait établi dans des conditions scientifiques.  Les souvenirs sont éminements flous, incertains, non maîtrisables ; ils ne sont parfois que des rêves. Je peux me souvenir mieux d’un cauchemar de quelques secondes que d’événements circonscrits, dans l’histoire, mais non dans ma mémoire. Or demain comme hier les magistrats jurés doivent se reposer sur des témoignages exprimés sur des faits survenus cinq ou dix ans plus tôt. Vous vous souvenez, vous, de ce que vous avez vu ou entendu le 14 janvier 1999 ? Saviez-vous au moins où vous vous trouviez ? Etes-vous certain de votre souvenir, votre souvenir n’est-il pas inspiré par des récits ultérieurs ?

J’ignore si Colonna est coupable ou non. En l’état, je ne suis pas capable de le déterminer, pas plus que les policiers, les procureurs, les juges. Le principe de l’intime conviction ne tient pas debout, il nous renvoie au temps de l’Inquisition. Ni les policiers chargés de rédiger les procès verbaux d’audition, ni les magistrats instructeurs ne sont pas capables de reconstituer les conditions de l’enquête. Même avec des photos. La vérité du moment leur échappe. La question posée par le premier procès Colonna en Assise reste pendante, elle sera encore plus aigue lors du deuxième procès. Si le principe de l’intime conviction avait prévalu dans l’affaire du sang contaminé, la condamnation aurait été quasi certaine.

Dans l’Express de cette semaine l’avocat Gilles-Jean Portejoie repasse le plat, il remet en cause cette question de l’intime conviction. Il est temps de se pencher sur cette disposition moyen-âgeuse de notre droit pénal : on peut toujours juger sans preuve. Ahurissant, non ? Encore un beau chantier pour l’ancien avocat Nicolas Sarkozy, MPV (Mon Président volant). En attendant, le gouvernement se penche sur la nouvelle LOPSI, projet de loi d’orientation sur la sécurité intérieure.

Terrorisme et téléphone : l’anonymat total

10UTCp31UTC01bFri, 16 Jan 2009 09:00:10 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

Anonymat mondial et terrorisme

Un rapport d’enquête du gouvernement indien, destiné à éclairer les circonstances des attentats commis le 28 novembre dernier à Bombay – aujour’hui renommée Monbay – a mis en valeur le rôle décisif des communications téléphoniques passées par l’intermédiaire du réseau internet. L’anonymat en ligne entre ainsi de façon fracassante dans l’arsenal terroriste. Premier exemple : les hommes affiliés à Al Qaïda qui ont attaqué New-York le 11 septembre 2001 ont utilisé pour communiquer un réseau de sites internet organisé en cascades. Même procédure donc pour les terroristes d’origine pakistanaise qui ont attaqué les deux hôtels, un centre communautaire juif et des restaurants à Monbay (Bombay), 170 morts à la clé..
Le rapport d’enquête révèle que les terroristes ont mis en œuvre un réseau de communication sophistiqué imaginé par un spécialiste du mouvement terroriste LeT, Zarar Shah. L’achat de numéros de téléphone dits “virtuels”, américains et autrichiens, leur a permis, un temps, de détourner l’attention du Pakistan. Les paiements ont été effectués via des sociétés de transferts d’argent en espèces et les bénéficiaires officiels ont déclaré des adresses en Italie et en Inde.
Ainsi la téléphonie par Internet offre aujourd’hui une gamme infinie de techniques garantissant l’anonymat.
L’anonymat dans le réseau internet est organisé notamment autour de l’ensemble logiciel Tor, initialement conçu pour se protéger contre les intrusions hostiles.
La définition est  en apparence claire, selon ses promoteurs :

Tor est un projet logiciel qui aide à la défense contre l’analyse de trafic, une forme de surveillance de réseau qui menace les libertés individuelles et l’intimité, les activités commerciales et relationnelles, et la sécurité d’état. Tor vous protège en faisant rebondir vos communications à l’intérieur d’un réseau distribué de relais maintenus par des volontaires partout dans le monde : il empêche qu’une tierce personne scrutant votre connexion internet connaisse les sites que vous avez visité, et empêche les sites que vous avez visité de connaître votre position géographique.

Tor fonctionne grâce à de nombreuses applications se basant sur le protocole TCP.
Le téléphone par internet, de style Skype, peut utiliser ce réseau. Dans tous les cas les adresses IP apparentes ne correspondent pas aux ordinateurs utilisateurs, mais à des machines choisies par le logiciel de façon aléatoire, reliées en réseau, situées d’un bout à l’autre du monde, les transmissions sont relayées de façon instantanées d’une adresse à l’autre. Sans logique apparente. Par conséquent, il est presque impossible d’identifier les origines réelles des communications. Impossible n’est pas le mot exact, au demeurant, il faut plutôt retenir le concept d’immédiateté. Dans le cas des attentats de New-York, il a fallu aux enquêteurs plusieurs mois avant de reconstituer le trafic, les connexions, le réseau et finalement de remonter aux vrais utilisateurs.
A Mombay la tâche des enquêteurs a été facilitée par la saisie sur les cadavres des terroristes des téléphones cellulaires et satellitaires utilisés par les assaillants. L’examen des traces électroniques a rendu possible l’identification rapide des origines et des relais.
Ainsi, la mondialisation des systèmes de communication et les tentatives pour  éviter les indentifications peuvent être retournées pour monter des opérations tout à fait hostiles. On va encore nous reprocher de voir des complots et des pièges partout, mais en l’occurrence le problème est inquiétant : on peut se masquer totalement derrière de fausses adresses électroniques. En vérité ce système, notamment Tor, est censé être bien connu des spécialistes. Utilisé tant et plus par les agents des services secrets de tous les bords, parmi lesquels plusieurs de mes copains, en complément de moyens comme le passage dans des cybercafés et les transmissions WiFi. Il vaut mieux mettre à plat cette réalité que de la taire quitte à passer pour paranoïaque.

Recherche-Université : la colère

31UTCp31UTC01bSat, 17 Jan 2009 09:30:31 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

Sauvons la recherche, qui fonctionne comme un groupe de pression pour éiter trop de casse dans l’enseignement supérieur, face aux projets en cours de développement par Mme Valérie Pecresse, va s’investir dans deux manifestations successives : le 20 janvier, avec l’ensemble des organisations, une journée de l’enseignement supérieur et de la recherche. A Paris, la journée commencera notamment par une AG des personnels précaires de la recherche et de l’enseignement supérieur et des personnels techniques et administratifs, elle sera suivie l’après-midi par une manifestation, trajet prévu du Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche vers Matignon. Sauvons la recherche appelle ses membres à rejoindre le 29 janvier la journée interprofessionnelle de grève et de manifestations des salariés des secteurs public et privé. Objectifs :  1/ moratoire des réformes en cours, voire pour certaines leur abandon pur et simple : réforme du statut des enseignants chercheurs, démantèlement du CNRS et des EPST, mastérisation, chaires CNRS/Universités. 2/La création de postes et pour le moins, le rétablissement de tous les postes supprimés aux concours 2009 (chercheurs, enseignants-chercheurs, ITA et BIATOSS).3/ La mise en place d’un débat et d’une véritable négociation avec les personnels, leurs organisations et sur les instances représentatives existantes.

La recette de Marina est passée en italien !

37UTCp31UTC01bSat, 17 Jan 2009 19:30:37 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

Voici la transcription en… italien de la “recette de Marina”. Comme vous allez pouvoir le constater, le système de traduction est étonnant : tout est en double, d’abord le français, puis l’italien ! J’imagine que c’est bon pour les étudiants en langue.

Cucina: la ricetta per Marina

By phmadelin Con phmadelin

Mia moglie vuole spiegare la sua vera ricetta, è Natale

Noto, mia moglie Marina è un intellettuale, ma anche le persone l’amore di tornare a casa per cena, perché si mangia davvero bene. Migliore rispetto al semplice famiglia di cottura. Inoltre, a differenza di molti altri, non giorni, per età o prima di “il suo forni. La sua idea è che si cucina senza fatica, è il sogno di tutti i professionisti della cucina (che io non sono). Un altro modo per esprimere il successo di un piatto, senza seguire la ricetta. Qui è la sua ricetta:
1 – Ne jamais rien peser, se fier à son regard. 1 – Non pesare nulla, basandosi su i suoi occhi.
2 – Diviser en deux toutes les proportions données dans les livres de recettes 2 – Dividere in due libri di cucina in tutte le proporzioni
3 – N’utiliser que les produits que vous connaissez, quitte à remplacer les inconnus par d’autres 3 – Utilizzare solo i prodotti che si sa, anche per sostituire l’ignoto da parte di altri
4 – Ne pas mettre trop de vigueur dans le maniement des instruments 4 – Non mettere troppa forza nella gestione di strumenti
5 – Se contenter des moyens les plus simples pour cuisiner. 5 – Non si tratta del modo più semplice per cucinare. Utiliser ceux que vous possédez et dont vous connaissez le maniement Usa quello che hai e di sapere come
6 – Vous devez toujours préparer vos pâtes ( pour gâteaux) vous-même. 6 – Si dovrebbe sempre preparare la pasta (per i dolci) te.
7 – Goûter beaucoup en cours de route, rectifier selon votre goût et non selon la recette. 7 – Gouter molto nel modo corretto in base al vostro gusto e non secondo la ricetta.
8 – Quelque soit le plat, cuisez-le à température moyenne haute. 8 – Qualunque sia il piatto, cuoco che più di medio alto.
9 – Vous n’y consacrerez pas votre journée, et le résultat sera bon à 90%. 9 – Non trascorrere la giornata, e il risultato è buono per il 90%.
10 – Quand vous avez raté deux fois un plat, laissez tomber, il n’est pas pour vous. 10 – Quando hai perso due volte un piatto, goccia, non è per voi.
11 – Et, surtout, éliminez les recettes dont le vocabulaire exige un dictionnaire pour comprendre. 11 – E, soprattutto, eliminare il reddito che richiede un vocabolario dizionario per capire.
Avec ça, vous pouvez réussir le canard à l’orange, la carbonade à la Flamande, la mousse au chocolat, un rakot kaposta tout à fait exotique, la goulash à la Hongroise, la tarte tatin (géniale), les pommes de terre en gratin, les tartelettes aux tomates, la tarte à l’orange, tous les gâteaux au chocolat à la manière austro-hongroise. Con questo, si può passare l’anatra à l’arancio, il carbonade fiammingo, mousse al cioccolato, un rákot kaposta abbastanza esotico al gulasch ungherese, torta tatin (brillante), la patata gratinate, le torte a base di pomodori, crostata con arancio, a tutti i dolci al cioccolato austro-ungherese modo. Creme e salse, naturalmente … e l’arte di recuperare i resti. A volte si perde una nuova ricetta che ha testato di me, se questa non è buona, io dico, lei si arrabbiò, ma non iniziare.

J’ajoute qu’elle a refusé tout net de cous communiquer sa recette de cake aux fruits secs. Pourtant délicieux.

Police : chambardements dans les syndicats

26UTCp31UTC01bSun, 18 Jan 2009 09:00:26 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

Par mon blog j’ai rencontré plusieurs personnes qui me restent physiquement inconnues, mais qui me transmettent des informations sensibles et intéressantes.
C’est le cas de Laurent Opsoner, très attaché aux questions de sécurité. Je lui ai proposé de donner écho à ses points de vue. Voici le premier consacré à l’évolution du syndicalisme policier chez les gardiens de la paix.
Le paysage syndicale policier va être bouleversé : l’UNSA Police a, en effet, décidé de quitter l’UNSA puisque cette dernière a entrepris un rapprochement avec la CGC à laquelle est affilié l’ennemi héréditaire, Alliance Police nationale, affidé au pouvoir actuel. Une nouvelle entité va donc émerger sous peu, née du rapprochement entre l’UNSA Police et le SGP-FO. Cette nouvelle organisation syndicale bénéficiera théoriquement d’une écrasante majorité parmi les gradés et gardiens de la paix si l’on additionne les voix obtenues aux dernières élections professionnelles par l’UNSA Police et le SGP-FO. Face celle-ci, il y aura Alliance, en difficulté suite à l’annonce gouvernementale de la suppression de 4 800 postes de gradés et de gardiens de la paix d’ici à 2011 (Le Monde du 8 janvier dernier), et quelques syndicats ultra-minoritaires comme la CGT Police, la FPIP et Action Police CFTC (ces deux dernières étant traditionnellement classées par leurs pairsà l’extrême droite en raison de leurs prises de position). Ceci dit, j’ignore comment l’Elysée perçoit cette évolution.

Je reprends le volant… MBAOP n’en a en tout cas rien dit lors de ses voeux aux forces de sécurité,  à Orléans le 14 janvier. Il a étalé de nombreuses statistiques de délinquance (et surtout de lutte contre la délinquance) très favorables: selon le Ministère de l’Intérieur, la délinquance générale a baissé de 0,86% en 2008 par rapport à 2007. Mais les violences aux personnes sont en augmentation tout comme les vols à main armée ; les règlements de compte ont explosé. 3.558.329 crimes et délits ont été constatés par l’ensemble des services de police en 2008, contre 3.589.293 en 2007,

Estce une récompense ? MBAOP a annoncé l’ouverture d’un crédit de 100 millions d’euros pour la modernisation du parc automobile des forces de sécurité. Mais il n’a même pas évoqué dans ses voeux les restrictions d’effectifs dans la police et la gendarmerie. Et encore moins les problèmes posés par la redistribution des cartes dans le paysage syndical.

Les recettes de Marina : le cake familial

04UTCp31UTC01bMon, 19 Jan 2009 18:34:04 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

en français, encore… Car elle est désormais une célébrité internationale… sur internet, et en italien ! Donc voici une nouvelle recette, mes lecteurs sérieux apprécient. Moi aussi.

recette du cake aux fruits secs, pour 4 à 6 personnes (ou, me concernant, plusieurs jours, et ça ne rassit pas).

200 gr de farine, 140 gr de sucre semoule, 140 gr de beurre (je ne savais pas que j’avalais tout ça, pas bon pour mon poids !), 3 oeufs, 1 sachet de levure ; 1 zeste d’orange confit ; abricots secs coupés en morceaux ; dattes coupées en morceaux ; pruneaux coupés en morceaux ; raisins secs.

Préchauffez le four, thermostat 6 (180°)

Fouetter le sucre avec le beurre, ajouter la farine, la levure une pincée de sel et les oeufs battus. Quand la pâte est homogène (bien mélanger au fouet) ajouter tous les fruits coupés et le zeste confit, un peu fariné (c’est le petit secret) pour qu’ils ne tombent pas au fond. Mettre cette pâte dans un moule à cake tapissé de papier d’aluminium, à four chaud (huit) pendant 45 minutes.

Puis bon appétit gourmand !

La mémoire et la justice

54UTCp31UTC01bWed, 21 Jan 2009 09:00:54 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

Les affaires de justice, et singulièrement le problème posé par les jugements fondés sur une intime conviction, reposent la question du témoignage en particulier, des souvenirs et de la mémoire en général.

J’ai écrit dans mon billet consacré à la suite de l’affaire Colonna :

Nous sommes  à l’heure d’une remise en cause fondamentale de la véracité des témoignages : tous les travaux actuellement menés sur la Mémoire tendent à établir que celle-ci est essentiellement fugace et versatile, à l’opposé de tout fait établi dans des conditions scientifiques.  Les souvenirs sont éminement flous, incertains, non maîtrisables ; ils ne sont parfois que des rêves. Je peux me souvenir mieux d’un cauchemar de quelques secondes que d’événements circonscrits, dans l’histoire, mais non dans ma mémoire. Or demain comme hier les magistrats jurés doivent se reposer sur des témoignages exprimés sur des faits survenus cinq ou dix ans plus tôt. Vous vous souvenez, vous, de ce que vous avez vu ou entendu le 14 janvier 1999 ? Saviez-vous au moins où vous vous trouviez ? Etes-vous certain de votre souvenir, votre souvenir n’est-il pas inspiré par des récits ultérieurs ?

Contrairement  à une image que l’on se plait à entretenir, la mémoire est d’une grande complexité dans son fonctionnement. Certes les souvenirs sont inscrits dans les circonvolutions du cerveau, pas comme les images d’un film mais comme des éléments déjà retravaillés, retransformés par les émotions, par les perceptions diverses qui ont entouré l’inscription de l’événement daans la mémoire. L’exemple le plus célèbre est celui d’une expérience conduite il y a de nombreuses années déjà par des psychologues travaillant pour les Sapeurs Pompiers de Paris, à la suite d’un incendie dans une boutique galerie des Champs Elysées : il a été demandé aux personnes qui avaient échappé à l’incendie de dessiner les lieux, qui comportaient un couloir constituant l’issue de secours ; à la grande surprise des chercheurs, les témoins ont dessiné ce couloir mais selon des longueurs variables d’une personne à l’autre, parfois au double de la longueur. Cette longeur fictive mesurait en fait l’intensité de l’émotion ressentie par le sujet pendant sa fuite devant les flammes.

Cette expérience signifie très simplement que le souvenir n’est pratiquement jamais conforme à la réalité, mais modelé en fonction de l’émotion. Autre exemple : les aveux obtenus après de longs interrogatoires, a fortiori après des tortures, ne permettent jamais de reconstituer une autre histoire que celle dictée, édictée, par l’interrogateur. Et le pire est que cet interrogateur n’est pas toujours conscient de sa part dans la fabrication du “souvenir extorqué”.

Gabrielle Hallez, une des personnes inquiétées dans l’affaire des caténaires SNCF, arrêtée à Tarnac décrit ainsi une partie de son interrogatoire (Le Monde caté du 21 janvier 2009) :

[Au siège de la DCRI à Levallois-Perret] les interrogatoires s’enchaînent. Une fois huit heures sans pause, va-et-vient de nouveaux officiers qui se relaient. Mauvaises blagues, pressions, menaces : “Ta mère est la dixième personne mise en garde à vue dans le cadre de l’opération Taïga, on va la mettre en détention”, “Tu ne reverras plus ta fille”. Leur bassesse n’est pas une surprise. Ils me questionnaient sur tout : “Comment vivez-vous?”, “Comment êtes-vous organisés pour manger?”, “Est-ce que tu écris?”, “Qu’est-ce que tu lis?” Ils voulaient des aveux pour donner corps à leur fantasme de cellule terroriste imaginaire.

C’est un témoignage, et il y a gros à parier que les officiers de la DCRI vont le mettre en cause, comme non conforme à la réalité. Après, on peut attester tout ce qu’on veut, mais on se doit de constater que la mémoire ne restitue jamais une réalité objective, en quelque sorte “cinématographique”. Il y a des images le plus souvent incomplètes, des continuités d’images et de couleurs, des montages même qui organisent la mémoire en fonction des données individuelles essentiellement variables. En outre, plus on s’éloigne du moment où se sont déroulés les faits, plus les souvenirs sont déformés.Qui plus est, chez une même personne les souvenirs sont l’objet d’importantes variations.

En bref, on peut affirmer que ce que l’on appelle le souvenir, base du témoignage n’est qu’une tentative pour reconstituer, pour reconstruire une histoire cohérente à partir des bribes de la mémoire, qui ne sont pas cohérentes. Il n’y a pas de différence substantielle entre le souvenir et le rêve. Qui n’est lui-même qu’une histoire bâtie à partir d’éléments dispersés, un kaléidoscope hors de tout contrôle. Croire que la mémoire puisse être d’une véracité assez forte pour établir des preuves à propos de telle ou telle action relève d’un fantasme absolu.

En clair, fonder un jugement, une condamnation, sur des témoignages paraît incompatible avec les données de la science. Les policiers et les magistrats auront beau multiplier les propos contraires, ils ne peuvent rien contre le fonctionnement en vérité aléatoire de notre cerveau. Alors, dans ce cerveau, notre mémoire nous aménerait-elle à vivre dans un rêve permanent ? Probablement.

Les interrogatoires… à la question. Les méthodes d’interrogatoire musclées, fondées sur les menaces physiques ou psychologiques, sur l’épuisement après de longues périodes d’incrcération ne permettent d’obtenir que ce qu’on en attend, c’est-à-dire l’exposé d’une “vérité” présupposée, imaginée au préalable par les interrogateurs. Ils construisent un système, ensuite ils tentent de démontrer sa véracité en se fondant sur des témoignages obtenus par la force. C’est par exemple le cas pour les prisonniers de Guantanamo. L’administration Bush a prétendu qu’il fallait les maintenir enfermés jusqu’à les obliger à parler. Après des années, il ne leur restait rien à dire, il n’y avait plus rien dans leur mémoire.

Lecteur, point de vue : Sauvons la police

08UTCp31UTC01bThu, 22 Jan 2009 16:38:08 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

Mon correspondant Laurent Opsomer me propose ce point de vue. Je lui ai offert de pouvoir s’exprimer sur mon blog, sous réserve de mon accord quant aux termes utilisés. Il n’y a pas de problème. Voici donc son texte.

Inquiétée sur sa gauche par la montée en puissance des polices municipales, bousculée sur sa droite par la multiplication des officines de sécurité privée, la police nationale – telle que nous la connaissons aujourd’hui – est désormais menacée dans son existence même, d’autant que la fusion annoncée avec la gendarmerie n’est qu’un leurre puisqu’elle est uniquement guidée par une volonté farouche d’un sévère dégraissage des effectifs.

Bien évidemment, la police nationale est loin d’être exempte de reproches ; la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS) est saisie, chaque année, de bavures ou de brutalités supposées ou avérées. Pourtant, même affidée au pouvoir en place, même tiraillée par des guerres des chefs intestines, la police nationale n’en demeure pas moins au service des citoyens, de tous les citoyens, à la différence des polices municipales que les communes les plus pauvres ne peuvent s’offrir et dont l’action est en réalité très limitée. Mais il y a pire : flics, pandores et matons pourraient dans un avenir proche être remplacés par des vigiles et autres enquêteurs privés, appelés à rapidement dépasser en nombre les premiers. C’est d’ailleurs la conclusion du récent livre blanc conjointement rédigé par l’Institut national des hautes études de sécurité (INHES) et, heureux hasard, la Confédération européenne des services de sécurité (CoESS), et curieusement préfacé par le président de la République, à qui il convient de rappeler  que « la réduction nécessaire des dépenses des Etats » ne doit pas être synonyme d’abandon de leurs missions régaliennes, ni même de délégation de celles-ci au secteur privé sous le fallacieux prétexte de créer « de nouvelles richesses en termes d’emplois et de métiers ». Le glissement sémantique est néanmoins révélateur des ambitions politiques à ce sujet : outre la « coproduction » privé-public prônée par Nicolas Sarkozy, ne parle-t-on pas dorénavant d’« offre globale de sécurité » ou « d’économie de la sécurité » évoquée par la ministre de l’Intérieur lors de son discours au Sommet européen de la sécurité privée le 15 décembre dernier ? Pis, Michèle Alliot-Marie estime que « pour répondre à la demande de sécurité de nos concitoyens […], la sécurité privée doit encore prendre plus de place dans la lutte contre l’insécurité ». Par conséquent, il ne s’agit plus d’encadrer le développement de ces sociétés ou de réglementer leurs activités, mais bel et bien de leur accorder des pouvoirs de police ! Or, la sécurité privée n’obéit qu’à la seule logique du profit, donc de l’argent. Dès lors, serons-nous plus en sécurité dans un monde où nous serons protégés en tant que clients et non comme citoyens ? Finalement, malgré ses défauts, la police nationale reste le moins mauvais des régimes policiers.

Je répercute son propos d’autant plus volontiers que je le vois répercuter les inquiétudes de nombreux policiers. Et gendarmes.

J’ai repris la formule de rue 89 pour mon blog : auteur, experts, lecteurs. Donc, à vos claviers, je vous publierai volontiers. Mais comme je suis le responsable juridique de mon blog, je suis obligé de modérer moi-même les propos.

Presse : les Etats généraux accouchent d’une… souris

46UTCp31UTC01bFri, 23 Jan 2009 12:15:46 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

Notre cher Président a rendu publiques comme prévu les mesures d’aide à la presse, découlant des Etats généraux de la presse dont les travaux ont duré deux mois. La souris… informatique est la principale bénéficiaire. Une surprise de taille : le Président semble avoir renoncé et aux mesures facilitant de nouvelles contrations dans la presse écrite, et aux dispositions susceptible de rduire la position des Syndicats du Livre. 600 millions d’aide en trois ans sont annoncés, mais la plus grande partie est déjà en vigueur. La principale concernera l’augmentation de la publicité institutionnelle. Prudence extrême également en matière de déontologie, on ne touche pas trop à ce chapitre assez fragile, des modifications auraient pu apparaître comme des atteintes insupportables à la liberté de la presse.

En fin de compte l’aspect le plus novateur, dont l’adoption était au demeurant déjà conue,   concerne Internet, alors que la presse Web est tenue par nombre d’experts comme la cause principale de dégradation de la presse papier. Est ainsi projetée la création d’un statut d’éditeur en ligne, impliquant la reconnaissance de l’emploi de journalistes professionnels. La presse électronique se verra octroyer toute une série d’aides qui l’aligneraient peu ou prou sur le statut de la presse écrite : exonération de la taxe professionnelle, demande à Bruxelles de bénéficier pour la presse en ligne du taux réduit ou super-réduit de TVA, 5,5 % et super-réduits 2,1 % de TVA.  Les aides à l’investissement sur le Web devraient notamment passer par la création de fondations, alimentées par des dons ouvrant droit à une déduction fiscale de 66 %.
Les droits d’auteur des journalistes seront adaptés à l’émergence d’une presse multisupport, en modifiant la loi, selon les propositions de la profession.

Il n’y a pas de quoi s’esbaudir de ces réultats plutôt modestes pour une initiative qui se voulait grandissime et évolutionnaire. La crise est passée par là. On a désormais d’autres préoccupations.

Justice, prud’hommes : quand une employée du groupe LVMH doit réclamer en justice son licenciement.

32UTCp31UTC01bSat, 24 Jan 2009 09:32:32 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

Une secrétaire contre un filiale de LVMH :  l’employée demande son licenciement, le monde à l’envers
Devant la 6° chambre du Conseil des Prud’hommes de Paris ce 21 janvier, s’est plaidée une très surprenante affaire opposant une assistante de direction Mme Odile N.A. défendue par Me Raphaël Mayet, et Louis Vuitton Services, filiale de LVMH,  représenté par une collaboratrice de Me Jacques Valluis.
Le montant énorme des indemnités réclamées  retient l’attention : au  total: 559 585 euros. Un montant qui n’est pas banal, surtout pour une assistante de direction comme Odile N.A., ce que l’on a coutume de considérer comme du petit personnel. Donc d’extraordinaires indemnités, pour solder une affaire qui est encore moins banale, à dire vrai une histoire folle, et une histoire de fou au sens strict du terme. Il faut dire que l’adversaire est tout aussi peu banal puisqu’il s’agit de la Société Louis Vuitton Services, une des pièces du puzzle LVMH – Louis Vuitton Moët Hennessy – contrôlé par un des hommes les plus riches de France, Bernard Arnault et sa famille.
Le fond de l’affaire est encore plus singulier, puisque la plaignante reproche à son employeur… de ne pas l’avoir licenciée. Et de ce fait de la priver d’une foultitude de droits sociaux et financiers qui auraient découlé d’un licenciement en bonne et due forme.
A première vue, cette histoire est ahurissante, et même difficilement crédible dans un groupe financier et industriel aussi puissant, sans aucun doute peuplé des plus fins juristes possibles. Et pourtant…
Les faits bruts sont assez simples : secrétaire de direction chez Moët Hennessy, Mme Odile N.A est mutée en mai 1997 à la société Louis Vuitton Services. Dans ce cadre, selon la plaignante, il lui est demandé de transcrire sur son ordinateur un document relatant un important montage financier, en l’antidatant de cinq ans. La qualité de faux sera reconnue par la COB.
En juin 2003, la plaignante est convoquée par le médecin du travail de son employeur, sous le prétexte qu’on ne retrouve pas un certificat de visite devant ce médecin. Lequel écrit aussitôt une lettre à un confrère psychiatre pour lui demander d’examiner cette personne au motif, dit-elle, qu’elle manifesterait des symptômes de paranoïa en ne cessant de se plaindre d’être épiée, surveillée, suivie, ses communications téléphoniques interceptées. Le tout à la demande de son employeur, soutient-elle, qui craindrait qu’elle révèle avoir participé à la fabrication d’un faux en écriture utilisé pour des opérations financières surveillées par la COB, Commission des Opérations de Bourse. Autrement dit, pour éviter qu’elle ne témoigne, on voudrait tenter de la faire passer pour folle.
Le psychiatre recommandé par le médecin du travail opère à l’hôpital Sainte- Anne de Paris, principal centre de traitement des maladies mentales. Il délivre un certificat médical sur la foi duquel Mme Odile N.A. est immédiatement internée dans le cadre d’une « Hospitalisation à la demande d’un tiers » au sein de l’établissement public de santé Maison Blanche, situé à Neuilly-sur-Marne. Elle y reste un peu moins d’un mois, du 26 juin au 23 juillet 2003. Dès sa libération, elle entreprend de démontrer que cette hospitalisation était illégale. Elle obtiendra l’annulation par le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise du certificat d’hospitalisation, par décision du 16 novembre 2006, rectifiée le 28 décembre 2006. Avec à l’appui, en référé-provision près le Tribunal de Grande Instance de Paris, une indemnisation de 7500 euros. Pas d’appel, donc décision définitive.
Peu de temps plus tard, la Sécurité sociale va placer Mme Odile N.A. en invalidité de 2° catégorie au motif qu’elle ne pourrait pas se réintégrer dans la vie professionnelle.
Deuxième phase, capitale de l’affaire : cette déclaration d’invalidité aurait dû entraîner de facto la rupture du contrat de travail de la plaignante, avec pour conséquence tous les droits afférents classiques, en particulier une proposition de reclassement, des indemnités de licenciement, la liquidation de ses parts d’intéressement, la délivrance d’un certificat de travail, etc.
Or non seulement la société LVServices n’a pas licencié Mme Odile N.A., mais encore l’a placée en « congé sans solde » hors de toutes les procédures, lui délivrant chaque mois un bulletin de paie de 0,00 euros, évidemment sans aucun point de retraite. Elle prive ainsi sa salariée de très nombreux droits, au premier chef de son salaire mais encore la bloque complètement dans sa vie personnelle et professionnelle. La motivation de l’internement pour troubles mentaux lui interdit bien sûr la recherche de tout nouvel emploi. De façon assez contradictoire, l’employeur soutient que le contrat de travail est suspendu tant qu’aucune visite médicale n’aura permis à la société de constater la situation d’invalidité. Il est également reproché à Mme Odile N.A. de n’avoir jamais sollicité sa réintégration. Et il nie, par la voix de son avocat, avoir participé d’une manière quelconque au processus d’internement.  Sans pouvoir le démontrer d’une façon quelconque l’employeur soutient que Mme Odile N.A. n’aurait pas obtempéré à des convocations de la médecine du travail qui auraient permis de régulariser la situation et d’ouvrir la voie à une procédure de licenciement pour inaptitude au travail.
En clair, et en quelques mots : la salariée de LVServices reproche à son employeur de refuser de la licencier pour éluder ses devoirs définis par le Code du Travail. Suffit-il de soutenir qu’elle n’a pas demandé de retravailler pour s’exonérer de toutes les charges liées à l’exécution du contrat de travail ?
Habituellement, on se plaint d’être licencié sans vraie raison. Il apparaît pour le moins étrange que dans cette affaire, Mme Odile N.A. soit contrainte de demander au tribunal des Prud’hommes la résiliation en justice de son contrat de travail. C’est presque sans précédent, en tout cas à ce niveau. C’est en tout cas le monde à l’envers.
Une tentative de conciliation a échoué. Décision le 21 mars.

Sécurité : le lobbying des policiers municipaux

37UTCp31UTC01bMon, 26 Jan 2009 09:30:37 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

Mon correspondant lecteur Laurent Opsomer me propose un point de vue  fort pertinent sur le lobby des policiers municipaux. Il s’interroge par ailleurs sur les raisons pour lesquelles les polices municipales se sont développées d’abord dans le midi. La réponse est relativement simple. Quand la gauche était au pouvoir, un certain nombre de municipalités de droite dans le Sud de la France – mais pas seulement  comme le démontre l’exemple de Levallois-Perret avec Patrick Balkany – ont considéré comme nécessaire l’installation de corps de police municipaux « pour suppléer à l’insuffisance de la police nationale ». Le paradoxe est que la nationalisation des corps de police municipaux avait été édictée par le gouvernement de Vichy pendant la guerre. L’institution a depuis fait florès. Précisons que nombre de “municipaux” sont aujourd’hui APJ 20, Agents de police judiciaire de second rang.
Donc Laurent dénonce l’hyper activité des milieux politiques, de droite ou de gauche, en faveur policiers municipaux…

Actif le lobby des policiers municipaux ? Actif, très actif, suractif même ! Pour preuve : le 5 février 2008, Nicolas Dupont-Aignan, ex-député UMP aujourd’hui sans étiquette, interroge la garde des Sceaux, ministre de la Justice, « sur la tendance actuelle des parquets à contester la véracité des témoignages des policiers municipaux lorsqu’ils ne sont pas étayés par une preuve vidéo » (question n°16090). Il est relayé une semaine plus tard par le député communiste de la Somme, Maxime Gremetz, qui attire lui aussi l’attention de la ministre de la Justice « sur la remise en cause de certains parquets de la réalité des faits constatés par les policiers municipaux au seul et unique motif que les faits n’auraient pas été filmés par la vidéo surveillance. En effet certains parquets émettent de sérieux doutes sur la légitimité des interventions réalisées par des policiers municipaux au seul prétexte que les éléments rapportés ne sont pas corroborés par l’examen de la vidéosurveillance. » (question n°16611). Bis repetita le 26 février 2008 où deux élus UMP, Jacques Domergue, député de l’Hérault, et Eric Ciotti, député des Alpes-Maritimes, alertent d’une seule et même voix « sur l’inquiétude des policiers municipaux confrontés aux doutes qu’émettent certains parquets sur la légitimité de leurs interventions au seul prétexte que les éléments rapportés ne sont pas corroborés par l’examen de la vidéo surveillance, fonctionnant parfois en automatique, les parquets s’appuyant alors sur les seules et uniques déclarations des contrevenants. » (questions n°17764 et 17765). Dans un autre registre, Pascale Got, député socialiste de la Gironde, interpelle la ministre de l’Intérieur « sur l’inquiétude des policiers municipaux quant à la reconnaissance de la spécificité de leur métier. En effet, le statut actuel des policiers municipaux et leur rémunération n’est pas en adéquation avec les obligations spécifiques que présentent leur travail » (question n°17237 du 19 février 2008), oubliant au passage qu’il ne s’agit pas d’un corps homogène, mais un corps dominé par son extrême diversité : il n’y a pas une police municipale mais des polices municipales ! Ceci dit, comment expliquer cette coalition parlementaire en faveur de la police municipale si ce n’est par une convergence d’intérêts puisque nombre de parlementaires disposent d’un mandat local ?
D’ailleurs, au soutien sans faille de leur hiérarchie répond une allégeance inconditionnelle des agents municipaux.
Laurent Opsomer relève que les agents municipaux…
sont soumis à une totale obéissance envers une autorité qui ne souffre d’aucune contestation. Cette […] inféodation des gardiens de police municipale vis-à-vis du maire n’est pas sans conséquences. Dans un rapport remis début 1998 au ministre de l’Intérieur de l’époque, Jacques Genthial, inspecteur général, et ancien directeur central de la Police Judiciaire au sein de la direction générale de la Police nationale précisait :

« Un des points faibles des polices municipales est la dévotion sans faille, voire le culte, que les agents portent à leur maire. On sait que parmi ces derniers, certains abusent de leur position, mais il s’agit manifestement d’un nombre négligeable d’élus. »

Il apparaît donc normal que les édiles récompensent cette dévotion en défendant bec et ongle LEUR police. Concrètement, depuis la loi n°99-291 du 15 avril 1999 relative aux polices municipales, il ne se passe désormais plus une année sans qu’une loi n’accroisse les pouvoirs des agents de police municipale et ce, quelle que soit la couleur politique du gouvernement en place.

Film : Nulle part, terre promise

36UTCp31UTC01bSat, 24 Jan 2009 17:38:36 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

Un film d’Emmanuel Finkiel, Prix Jean Vigo, Festival de Locarno, sélection officielle. Présenté le 23 janvier comme ouverture au Forum des Images d’un nouveau festival, “Un état du monde… et du cinéma” soutenu notamment par rue89. FRANCE – Fiction – Couleur – 1h34 – Avec Elsa Amiel, Nicolas Wanczycki, Haci Aslan, Haci Yusuf Aslan, Abdurrahim Apak, Joanna Grudzinska.

Vous prenez trois groupes de personnages en principe sans rapport entre eux : un cadre sup français chargé de la délocalisation en Hongrie d’une usine de réfrigérateurs : la délocalisation étant entendue comme le paradis des entreprises à la recherche des bas salaires ; trois clandestins kurdes qui franchissent les frontières d’Europe pour atteindre le paradis britannique, de l’autre côté de la Manche. Et une étudiante, peut-être anglaise, qui explore l’Europe de la crise, en filmant tout ce qui tombe sous son regard, de la France à la Hongrie en passant par l’Allemagne. Vous battez les cartes, vous les installez dans des fonds de décor nocturnes et glauques inspirés des graphes urbains, hantés par des chauffeurs de camions bulgares, des futurs chômeurs français, des ouvrières hongroises au rabais, des clodos.

Et vous obtenez un film subtil racontant les trois voyages des personnages dans cette Europe désarticulée. Planqués dans des camions ou dans des trains, les Kurdes pourchassés par les flics courent d’étape en étape du fin fond de la Turquie au bord de la Manche, à Calais. Deux adultes, et un gamin superbe, à la fois candide et apeuré, images de la désolation et d’une volonté farouche de s’en tirer. Arrogant, futur directeur de l’usine délocalisée, le cadre sup assiste au démantèlement de l’usine en France sous les huées des ouvriers, il assiste encore à sa réinstallation en Hongrie, et, peut-être il commence à comprendre. Quant à l’étudiante, lien entre tous, elle court ici et là. Avec sa mini caméra numérique elle filme les ouvriers, elle filme les pauvres. Pas parce qu’ils sont pauvres, mais parce que leurs images sont fortes. A Budapest, après une soirée agitée, elle rencontre un couple d’ouvriers avec lesquels elle se lie d’amitié. Elle, enceinte, travaille dans un atelier déjà opérationnel de l’usine délocalisée. Les Kurdes se planquent dans les camions derrière des marchandises entassées, des produits pas cher pour l’Europe prospère. Ils survivent, et le gamin demande : quand est-ce qu’on prend le bateau ?

Très beau film, presque esthétisant dans sa volonté de transcrire au cinéma le monde des grapheurs. Un film très subtilement construit, magnifiquement interprété, alors que la plupart des comédiens sont des non professionnels. Evidemment, les histoires ne sont pas très réjouissantes. Encore que la solidarité entre les uns et les autres réchauffe le coeur. Sobre dans le propos : Finkiel ne donne pas dans l’émotion larmoyante. Et pourtant l’émotion est sans cesse présente. On comprend mieux l’état de la crise. Il n’y a pas de terre promise.

affiche4

Justice, prud’hommes, réactions

39UTCp31UTC01bSun, 25 Jan 2009 09:47:39 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

Je répercute ici un aperçu des réactions exprimées par des internautes à la suite de mon papier sur l’affaire prud’hommale évoquée hier sur rue89. Je ne rapporte pas la totalité des réactions, mais seulement celles qui permettent d’aller plus loin dans l’analyse du problème. Lequel apparaît plus fréquent qu’on ne le pense. Quand on veut tuer son chien, il suffit de dire qu’il a la rage…

Bonne idée de faire des petits aperçus des audiences prudhomales : elles donnent la réalité de l’état du monde du travail actuel… Ainsi, en l’occurrence, on trouve dans des situations absolument ubuesques. Et il paraît que les Conseillers Prudhomaux en voient tous les jours « des vertes et des pas mûres », de celles qui dépassent l’imagination !

D’un enseignant
Certes la justice prudhommale ne donne pas toujours satisfaction.
Il faut un temps considérable avant qu’une affaire soit jugée. Et l’on a dit que c’était simplement le Droit du Travail qui y était énoncé. Droit qui est finalement émanation du droit de l’Etat et donc des plus forts.
Mais dans le contexte actuel de démantélement dudit Droit du Travail qu’a entrepris le gouvernement Sarkozy, on ne peut que défendre les faibles remparts face à l’assaut des exploiteurs, des capitalistes aux abois.
La corruption arrive vite quand il s’agit d’étouffer une affaire.

D’un employé de la Sécurité sociale
La rente d’invalidité 2e cat. représente 50 % de la tranche A, soit 30 à 35 % de l’ancien salaire net. S’il y a un contrat de Prévoyance, le complément est dégressif dans la durée.
Les points de retraite représentent rarement plus que 4 % de ce qu’ils auraient été en situation salariée.
En gros, pour les filatures/écoutes dont la plaignante a été victime, ce sont les actionnaires qui ont payé (frais généraux, pseudo-budget Sécurité, …).
Et pour l’internement abusif et l’invalidité, ce sont nous, les assurés sociaux, qui avons payé et payons encore.
Je pense que dans le cas évoqué ici, la Sécu va soit se constituer partie civile contre l’employeur soit -et c’est plus fréquent- déclarer une faute inexcusable de l’employeur. Dans la mesure où le Tribunal a reconnu l’internement abusif, l’employeur sera contraint de déclarer la maladie professionnelle, apparentée à un accident du travail. Les circonstances de cet internement et ses conséquences (versement en invalidité) étant directement liées au travail. L’invalidité est d’ordre psychiatrique, donc c’en est fini de la vie professionnelle. C’est sûrement ce qui explique les D.I. que la dame demande.
L’article indique que l’employeur ne démontre pas que l’employée ne se soit pas rendue chez le médecin du travail. Donc, l’employée n’a jamais été convoquée. Les convocations se font par écrit pas par téléphone. Il est facile de présenter ces convocations à la barre.
Si le médecin du travail la déclare inapte, la dame obtient derechef son licenciement. C’est ce que ne veut surtout pas l’employeur. Licenciement = paiement des indemnités.

D’un journaleux blogueur
Donc si je pige bien, il y aurait eu une mise au placard AVANT le passage devant la médecine du travail, ce qui constitue un ‘bon point’ pour les magistrats prud’homaux, si tant est qu’elle puisse être attestée (si personne ne s’est défilé entre temps).
Il est ‘logique’ que l’employeur se débarrasse d’un salarié gênant. Cependant, dans ce genre de cas, l’indemnité transactionnelle est le meilleur moyen, surtout pour éviter de faire des vagues.
Note de Philippe Madelin la procédure de transaction n’a pas abouti
Je suis bien conscient que la PI2 ne se substitue pas aux salaires, indemnités, primes et autres « avantages » liés au contrat de travail et à sa rupture, mais un certificat de travail n’est pas une pièce essentielle pour « trouver un autre emploi ». C’est une pièce utile. En revanche, avoir des bulletins de paie à 0,00 € (après en avoir eu des normaux, au moins égaux au SMIC équivalent temps plein) empêche toute recherche « officielle » d’emploi (ANPE) et donc d’indemnisation (Assedic). C’est à bon escient que je n’emploie pas le terme de « Pôle Emploi ». Cette dame ne peut compter dans ses démarches que sur elle-même et financièrement que sur sa pension.
Je ne suis pas certain que sa démarche trouve à terme une issue heureuse en termes pécuniaires (indemnités, préjudice moral…), mais pour ce qui est des salaires AU MOINS jusqu’à son dernier jour travaillé et son licenciement, cela prendra -hélas- le temps nécessaire mais aboutira. Je vois mal les conseillers prud’homaux la réintégrer au sein de la société.
Globalement je comprends l’absurdité d’un non-licenciement, ayant déjà vécu cette situation et ayant dû ramer plus de trois ans pour me faire reconnaître licencié, alors qu’un inspecteur du travail me suivait et m’avait « contrôlé » les fois où je lui demandais de se déplacer. Même avec ses témoignages, un contrat de travail, des journaux où j’étais dans l’ours, et des fiches de paie, les prud’hommes rechignaient à me licencier.
Tout comme Philippe Madelin, je m’abstenais de tout commentaire là-dessus, étant moi-même présentement un « sans droits ». Je n’ai que mon 100 % pour une ALD, et pas le reste pour le régime général depuis le 1er janvier, et ne peux prétendre à la CMU ni à quoi que ce soit d’autre.
De même que, lorsque j’étais en arrêt-maladie, si le médecin de ma CPAM avait accepté que je sois indemnisé de octobre 2006 à octobre 2009 au maximum, les techniciens -eux- ont suspendu tout paiement depuis le 01/01/2007, malgré l’avis, aussi de l’assistante sociale de la Cramif.
C’est pourquoi je me permettais de dire que cette dame n’était pas une sans-droits, même si sa situation n’est pas normale et que (peut-être) la CPAM pourra par la suite se retourner contre l’employeur pour récupérer quelques mensualités.

Je me demande encore dans votre histoire jusqu’à quel point le médecin du travail a outrepassé ses prérogatives. C’est fatalement traumatisant pour la personne. Les Prud’hommes sauront-ils l’appréhender à sa juste valeur cette affaire !
C’est dramatique pour cette personne, car voir un médecin du travail diagnostiquer de la paranoïa, l’envoyer à un confrère, et se retrouver internée… Là vraiment…
Je trouve que les indemnités demandées et reçus ne sauront jamais à hauteur du préjudice réel subi.

Deuxième témoignage
J’ai un autre dossier aussi abracadabrantesque à vous proposer, terme que n’ont pas hésité à utiliser certains juges pour le qualifier.
Il présente des similitudes avec celui-ci, et aussi quelques différences.
Pour ce qui est des similitudes : il met de même en scène une salariée aux prises avec des patrons voyous et corrupteurs qui tentent de la faire taire par tous les moyens, et la font notamment surveiller, harceler et agresser de diverses manières.
Au rayon des différences : ayant dû porter plainte avec constitution de partie civile après avoir été licenciée, ses anciens employeurs continuant à la poursuivre de leurs harcèlements divers et variés, elle a été internée illégalement et dans des conditions rocambolesques (également moins d’un mois) sur ordre de ces derniers afin que l’information judiciaire ouverte à leur encontre tourne court, que la plaignante ne puisse plus jamais déposer plainte à raison des exactions diverses et variées dont elle est toujours et restera victime tant qu’elle sera en vie, et bien entendu, que son témoignage contre ces patrons voyous ne puisse en aucun cas ni aucun temps être pris en considération par qui que ce soit.
L’internement a été suivi d’une période d’arrêt de travail pour cause de maladie consécutif aux dégradations physiques subies par la victime dans le cadre de cet internement abusif, lequel arrêt s’est soldé par une expertise psychiatrique ordonnée par la Sécurité Sociale.
Les psychiatres ayant procédé à l’internement sur ordre des patrons  avaient développé pour la défense de ces derniers une thèse en vertu de laquelle la prétendue maladie mentale de la victime la rendait inapte au travail comme à toute vie sociale, et justifiait par conséquent que ses anciens employeurs interviennent absolument partout pour la faire exclure de tout tissu social, et surtout, bien entendu, pour l’empêcher de retrouver un quelconque emploi, une quelconque activité, salariée ou non.
Or, qu’a conclu l’expert psychiatre désigné par la Sécurité Sociale, au vu du dossier d’internement, et à l’issue d’un entretien avec la victime ?
Qu’elle est parfaitement apte à l’emploi !
Celle-ci se retrouve donc dans une situation assez paradoxale, où elle n’a jamais pu rentrer dans son droit au travail, n’a donc aucun salaire ni aucune sorte d’allocation de chômage, et ne peut non plus bénéficier d’aucun autre revenu de substitution, comme par exemple une pension d’invalidité.
Au-delà des contradictions apparentes, le but poursuivi par tous les fonctionnaires et autres professionnels corrompus au service des patrons voyous est toujours le même : priver leurs victimes de tout moyen de subsistance.
Dans le cas que j’évoque, et de façon assez surprenante (on pouvait s’attendre à davantage de dissimulation ou d’affabulations), le diagnostic de maladie mentale n’est étayé que par le dépôt de plainte, et reprend presque textuellement les arguments fallacieux de la partie adverse, lesquels sont amplement contredits par les faits, établis autant par les éléments de preuve fournis par la victime elle-même que par les résultats d’enquêtes judiciaires confortant ses dires.
La relation de cause à effet est donc évidente.

Cinéma : les insurgés

12UTCp31UTC01bSun, 25 Jan 2009 18:01:12 +0000UTC 9,2008 par phmadelin

Les Insurgés, un film (américain) réalisé par Edward Zwick. Avec : Daniel Craig , Liev Schreiber , Jamie Bell …
Zwick applique son savoir-faire ( plus que son talent) à une histoire incroyable et pourtant vraie, où trois frères presque malgré eux deviennent les symboles de la résistance face aux Nazis, en menant vers la liberté dans la forêt glacée  une tribu juive perdue. En juillet 1941, la Biélorussie est envahie par les troupes d’Hitler. Tuvia, Asaël et Zus Bielski sont résolus à ne pas attendre la mort qu’ils sentent inéluctable, ils décident de s’enfuir dans la forêt. Au départ constitué d’une poignée d’hommes, le groupe des frères Bielski devient en quelques mois un détachement de partisans juifs qui aide les juifs à s’évader des ghettos. Les Soviétiques les aident un peu. Juste ce qu’il faut…
La mise en scène veut nous prendre aux tripes. Elle entend démontrer combien la vie dans un monde devenu barbare affirme son droit, même dans les situations les plus désespérées.
Malheureusement, cette belle histoire est mal servie par une mise en scène  ampoulée, une réalisation très statique, un scénario émaillé de poncifs. Le réalisateur désire que nous partagions l’angoisse de cette odyssée dans les forêts biélorusses enneigées, on ne marche pas avec ces fugitifs assimilés à leurs ancêtres de ” l’Exode ” : les allusions à la Bible sont lourdes, les ficelles mélodramatiques sont grosses. Ainsi, les derniers épisodes se déroulent le jour de Pessah, la fête du Grand passage.

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On ne s’embête pas, parce que les combats bien réglés menés par les  partisans ne cessent pas. Mais le film passe à côté de son sujet : comment une communauté parfaitement civilisée peut-elle survivre face aux temps barbares ?