Mon clavier, 9 février

47UTCp28UTC02bTue, 09 Feb 2010 07:44:47 +0000UTC 9,2008

§ Le bide du débat sur l’identité nationale, comme il fallait s’y attendre. Sans compter l’hypothétique conversion à l’Islam d’Eric Besson, rapportée par de méchantes langues probablemet farfelues. Le Premier ministre, François Fillon, avait réuni hier à Matignon un séminaire gouvernemental pour formuler des propositions au regard du débat sur l’identité nationale lancé en octobre dernier par le ministre de l’Immigration Eric Besson. Un séminaire pour un enterrement de dernière classe : une campagne énorme et très coûteuse – on n’a pas demandé son avis à Xavier Bertrand pour dépenser plus – pour pondre quelques mesures sans portée pratique importante, sans doute oubliées dès demain. Il fallait s’y attendre ! fillon-enterre-l-identite-nationale-avec-des-mesurettes_847446.html

§ Et ne vous privez pas de lire :

  • Dans le Secret des Services, aux Editions Denoël. Avec le récit détaillé de l’affaire Clearstream. Et de l’affaire Farewell, de première main, là aussi.
  • Nuits bleues ou la saga d’un fugitif, roman nuits-bleues-la-saga-dun-fugitif. Toujours en consultation libre. Version modifiée le 18 novembre 2009.
  • “La Sérénade italienne” Comme le livre est désormais en vente, j’ai retiré la page de consultation gratuite. Autopub : Vous pouvez  le commander ( payant) sous forme de livre papier, sur  http://www.lulu.com/fr . Malheureusement, en raison de frais d’envoi élevés puisque l’impression est effectuées à Raleigh, Caroline du Nord, aux Etats-Unis, le livre est un peu cher. J’ai reçu mon deuxième exemplaire. Belle édition, mais je n’en suis pas encore satisfait. Je devrai donc réaliser une troisième édition, en espérant qu’elle sera la bonne. Je vous informerai quand ce sera finalisé.

Mon clavier, 8 février

43UTCp28UTC02bMon, 08 Feb 2010 17:00:43 +0000UTC 9,2008

Pour cause de festivités familiales, j’ai été un peu absent, cette semaine. Je reviens.

§ Principale information : les économies européennes chahutées par les fonds spéculatifs, en partie alimentés par les subventions massives destinées à remettre les économies sur les rails. Il y a lieu de réfléchir. crise-financiere-libe-commente%E2%80%A6

§ Affaire de Villiers le Bel. Selon France info, Jean-Pierre Mignard, l’avocat des familles de deux jeunes tués en novembre 2007 à Villiers-le-Bel (Val-d’Oise) après un choc avec une voiture de police a déposé plainte contre les policiers pour faux témoignage.

§ Le Premier ministre, François Fillon, réunit à 14h00 (13h00 GMT) à Matignon un séminaire gouvernemental pour formuler des propositions au regard du débat sur l’identité nationale lancé en octobre dernier par le ministre de l’Immigration Eric Besson. Un séminaire pour un enterrement de dernière classe : une campagne énorme pour pondre quelques mesures sans portée pratique importante. Il fallait s’y attendre ! fillon-enterre-l-identite-nationale-avec-des-mesurettes_847446.html

§ Régionales : selon Opinionway, pour le premier tour du scrutin des 14 et 21 mars l’addition des intentions de vote pour les différentes listes classées à gauche  atteint 44%, contre 33% pour la droite parlementaire.

§ Garde à vue, le feuilleton garde-a-vue-limpossible-quadrature-du-cercle

§ US, Santé : Obama tente de sortir de l’impasse usa-obama-tente-de-sortir-ddu-blocage-des-negociations-sur-le-plan-sante Et Saraj Palin met son graind de sel, avec l’aide de Dieu ! Sarah_Palin_couronn%C3%A9e_par_les_conservateurs

§ Hoax ? Bakchich révèle qu’Eric Besson aurait promis à la famille de sa fiancée tunisienne de se convertir à l’Islam ! Besson-trebuche-dans-le-tapis-de,09972.html

§ Et ne vous privez pas de lire :

  • Dans le Secret des Services, aux Editions Denoël. Avec le récit détaillé de l’affaire Clearstream. Et de l’affaire Farewell, de première main, là aussi.
  • Nuits bleues ou la saga d’un fugitif, roman nuits-bleues-la-saga-dun-fugitif. Toujours en consultation libre. Version modifiée le 18 novembre 2009.
  • “La Sérénade italienne” Comme le livre est désormais en vente, j’ai retiré la page de consultation gratuite. Autopub : Vous pouvez  le commander ( payant) sous forme de livre papier, sur  http://www.lulu.com/fr . Malheureusement, en raison de frais d’envoi élevés puisque l’impression est effectuées à Raleigh, Caroline du Nord, aux Etats-Unis, le livre est un peu cher. J’ai reçu mon deuxième exemplaire. Belle édition, mais je n’en suis pas encore satisfait. Je devrai donc réaliser une troisième édition, en espérant qu’elle sera la bonne. Je vous informerai quand ce sera finalisé.

Garde à vue : l’impossible quadrature du cercle

00UTCp28UTC02bMon, 08 Feb 2010 11:23:00 +0000UTC 9,2008

Marc Louboutin me transmet ces précisions importantes sur la question des gardes à vue. On constatera que la solution du problème s’approche de la quadrature du cercle : les GAV sont multipliées par mesure de précaution, et cette précaution augmente les risques de dérapages !

Première précision à propos du doigté anal, qui peut être tenu pour un viol

Le « doigté anal » n’existe pas dans ces opérations de sécurisation, et la mise à nu d’ailleurs, ne devrait pas être systématique.
Encore faudrait il pour cela que la circulaire de mai 2003 soit appliquée et la hiérarchie vraiment concernée (et responsabilisée comme c’est prévu dans ce texte) de manière à ce que cela ne soit pas les gardiens de la paix qui se retrouvent seuls responsables de ces actes. Et donc, légitimement, sachant qu’ils restent des « fusibles », opèrent au risque minima.
S’il y avait réellement des cadres responsables du bon déroulement de ces mesures, comme c’est prévu dans cette instruction ministérielle, responsabilisés à donner les instructions et les justifier, sans doute cela amoindriraient les problèmes et replacerait légitimement les choses là où elles devraient être.
La garde à vue devient une priorité polémique nationale, sans pour autant que le débat ne se fasse sur le terrain du concret.

Parlons par exemple de l’ «arrêt Micheline» de la cour de cassation de 2003, expliquant qu’une procédure peut être cassée si la personne mise en cause n’a pas été placée en GAV et n’a pas bénéficié des droits qui vont avec. D’où en partie  l’explication de la systématisation des GAV, en sus des consignes de « chiffre » à obtenir, le nombre de ces mesures étant devenu un « indice de performance » des services de police.
Enfin, symptomatique de cette suspicion de toutes les façons systématique, la tragique affaire de la vraisemblable absorption médicamenteuse de Madame Chantal Guéroult, mise en garde à vue dans le cadre de l’affaire « Bédier », décédée le 09 septembre 2003. (Je n’ai pas retrouvé le lien original).
http://leruisseau.iguane.org/spip.php?article248
Toujours est il, comme on le voit, qu’en faire trop ou pas assez, au delà des discours théoriques, est donc toujours, finalement, de la fautes des policiers…
A défaut de découvrir un système de lecture du fond de l’âme, des pensées et des intentions pour analyser l’état d’esprit et la dangerosité éventuelle pour eux-mêmes ou pour autrui des gardés à vue, je ne vois pas bien comment trouver la juste mesure dans ces opérations pourtant nécessaires de sécurisation.
Sauf peut être à supprimer totalement les gardes à vue et toutes mesures de possibilité de coercition et de rétention des forces de l’ordre.
Après tout, s’il faut en passer par là pour en tirer les conclusions sur les actes nécessaires aux aboutissement des enquêtes et leur déroulement, pourquoi pas ?
Au point où nous en sommes rendus dans le déplacement du débat de la réalité crue de la société à la sphère purement « idéologique », autant également tester l’absurdité un peu naïve de ceux qui viscéralement sont opposés à toutes formes de contrainte…

“Crise financière” : Libé commente…

35UTCp28UTC02bMon, 08 Feb 2010 07:42:35 +0000UTC 9,2008

Jour après jour, il apparaît de plus en plus clair que des banques et des fonds spéculatifs américains jouent l’éclatement de la zone euro : d’abord la Grèce avant le Portugal, l’Espagne, etc. Pas par idéologie, mais pour empocher un maximum de bénéfices, à l’image d’un Georges Soros qui, en 1992-93, a eu la peau de la lire italienne et de la livre britannique et a failli avoir celle du franc français… Devenu immensément riche, le banquier américain prêche désormais la moralisation du capitalisme.

Le problème est qu’il ne sert plus à rien d’expliquer que la faillite de la Grèce est totalement improbable. Les marchés sont entrés dans une zone où la rationalité n’est plus de mise. Les rumeurs les plus folles circulent, les banques calculent déjà leurs pertes en cas de défaut de la Grèce, la panique s’étend d’heure en heure, alimentée par des déclarations boute feu, telle celle du gérant obligataire américain, Pimco, qui recommande « de se tenir à l’écart de la zone euro »… Résultat : l’euro et les bourses plongent et la Grèce et ses citoyens payent le prix fort.

Preuve que l’on est dans l’irrationnel le plus total : l’écart de taux d’intérêt (« spread »)entre la Grèce et l’Allemagne, la signature la plus sûre de l’Union, sur les emprunts à deux ans, a atteint 550 points de base, et 370 sur les emprunts à dix ans, du jamais vu ! Les marchés exigent désormais d’Athènes des taux d’intérêt deux fois supérieurs à la moyenne des pays émergents…

Et vive le franc suisse ! franc-suisse-beneficiaire-de-la-crise

D’étranges images sur le sable

37UTCp28UTC02bSun, 07 Feb 2010 17:54:37 +0000UTC 9,2008

Un ami me transmet d’étranges images, fugitives, sur le sable. Un spectacle singulier

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La gagnante de  ”Ukraine’s Got  Talent”, Kseniya  Simonova, agée de 24 ans, dessine une série  d’images sur une table de sable  illuminée, montrant comment les gens ordinaires ont été  affectés par l’invasion allemande durant la  seconde guerre mondiale.  Son talent est  étrange mais passionnant.  Kseniya est  arrivée en première place et a gagné le prix  d’environ 100,000  euros.
L’histoire commence par un  couple assis, se tenant la main sur un banc sous  un ciel étoilé, mais les avions arrivent et la  scène s’efface, pour être remplacée par un  visage de femme qui pleure; quand un bébé  arrive, la femme sourit de nouveau.   Mais la guerre continue, décrite par le  sable devenu chaos, et d’où sort le visage  d’une jeune femme, qui devient rapidement une  vieille veuve, le visage triste et ridé.   Puis l’image se transforme en monument au soldat  inconnu.
Cette  scène se transforme et l’on voit apparaître une  mère et son enfant à l’intérieur d’une maison, et  un homme les regardant de l’extérieur, leur  disant au  revoir.
La grande guerre  patriotique, comme on l’appelle en Ukraine, a  tué une personne sur quatre – environ 10-11  million de morts pour une population de 42  millions.  L’artiste nous dit qu’elle ne  sait pas s’exprimer avec du papier, des crayons,  des brosses ou de la peinture.  Vous verrez  certaines personnes très émues dans la  salle, et l’artiste pense qu’il ne lui a  jamais été donné de plus grand  compliment.

Garde à vue : nouvelles annulations

43UTCp28UTC02bSun, 07 Feb 2010 10:00:43 +0000UTC 9,2008

Actualisé au 7 février

Quand j’ai commencé à batailler contre le principe et le système des gardes à vue, il y a un an au moment du procès Colonna, j’étais bien seul, les confrères ne m’ont pas relayé car ils étaient convaincus que les dépositions obtenues en GAV par certaines personnes considérées comme proches du chevrier corse constituaient des preuves irréfutables, comme le soutenait le parquet. Après avoir entendu certains témoignages de gardés à vue, j’avais  pu soutenir que ce système, tel qu’il est pratiqué, pouvaient constituer des actes de torture. Tous les “aveux” et les dénonciations avaient été obtenus à la suite d’inadmissibles pressions, déshonorantes pour toute démocratie.

Les policiers répondent : il faut bien en passer par cette voie pour lutter contre le terrorisme. Les gardes à vue et les tabassages n’ont jamais empêché un seul “terroriste” d’agir, au contraire ils alimentent la rancoeur, ils amplifient la colère.

Maintenant, tous les confrères se précipitent pour crier haro sur les gardes à vue. Plus pragmatiques et soucieux de leur réputation plusieurs magistrats entendent appliquer les leçons de la Cour européenne de Justice. Ce n’est pas de la résistance à Sarkozy, mais bien un retour à la morale judiciaire.

Lire à ce propos aujourd’hui dans Le Post le billet de Roger Bruno-Petit qui enfourche à son tour ce cheval de bataille.

L’Express rapporte les faits, mais sans en tirer toutes les conséquences.

En pleine controverse sur les abus de cette procédure, le tribunal correctionnel de Paris a annulé cinq gardes à vue dans une affaire d’agression présumée contre des agents de police, au motif que les avocats des prévenus n’avaient pu exercer pleinement les droits prévus par la convention européenne des droits de l’Homme.

Selon ce jugement, rendu le 28 janvier dernier, les auditions des cinq prévenus à compter de la 24e heure de garde à vue et l’intégralité de l’audition de l’un d’entre eux sont irrégulières “dès lors qu’ils n’ont pu bénéficier de l’ensemble des interventions qu’un citoyen européen ou français sont en droit d’attendre”.

Il s’appuie notamment sur l’article 6-3 de la convention européenne, telle qu’interprétée récemment par la cour européenne des droits de l’Homme, qui exige la présence de l’avocat dès la première heure de garde à vue et doit comprendre la communication effective du dossier.

Dans cette affaire indique notamment le jugement,

les poursuites engagées par le procureur “l’ont été à l’issue des éléments recueillis lors de la prolongation de la garde à vue qu’il a autorisée (…)” et “aucune investigation n’a pu être demandée par les conseils des prévenus tenus dans l’ignorance du déroulement de l’enquête”,

Plusieurs juridictions de première instance, notamment à Bobigny, ont déjà annulé des gardes à vue dans lesquelles le mis en cause n’avait pas pu avoir accès à un avocat dès le début de la mesure de privation de liberté.

Je rappelle que certains policiers de PJ, notamment du 9.3 (Seine St-Denis, tribunal de Bobigny) renâclent devant cette évolution qui dérange leur système d’enquête fondé sur le principe de l’aveu, hérité de l’Inquisition. Au coeur du débat, au-delà de l’aspect émotionnel et anecdotique des événements, le problème de l’évolution des méthodes d’investigation qui impose aux policiers une véritable révolution copernicienne.

Il est étrange que les policiers et les gendarmes de petit niveau professionnel choisissent précisément ce moment pour multiplier les gardes à vue abusives.

Il faut également resituer cette discussion dans le débat encore plus général de la preuve en matière judiciaire. Et en particulier des jugements fondés sur l’intime conviction, c’est-à-dire sans preuve, qui domine le fonctionnemement de nombreux magistrats. Depuis quelques mois, on relève en effet de nombreuses relaxes motivées par l’absence de preuve. A commencer dans l’affaire Clearstream.

Les juges de la Cour de Cassation sauront-ils mettre en oeuvre cette nouvelle philosophie lorsqu’ils auront à débattre très bientôt du cas Colonna ? Dès cette époque, mais plus encore avec le recul, je persiste à affirmer que pas une seule preuve de qualité n’a été apportée pour étayer l’accusation contre Colonna. Pour l’avoir affirmé, le procureur Jean-Claude Kross s’est cru permis de m’insulter. Il eut été préférable qu’il se regarde dans un miroir, il y aurait vu son pire ennemi.

Mon clavier, 7 février

03UTCp28UTC02bSun, 07 Feb 2010 08:04:03 +0000UTC 9,2008

§ J’ai remis en ligne ce matin une version modifiée de mon billet sur les gardes à vue. Leur remise en cause est très importante garde-a-vue-nouvelles-annulations

§ A ne pas rater, en Ukraine, un spectacle étrange detranges-images-sur-le-sable

§ Round-up de l’année : Lien pour le premier semestre bilan-sarkozy-1er-semestre-2009. Lien pour le deuxième semestre bilan-2009-2%C2%B0-semestre

§ Et ne vous privez pas de lire :

  • Dans le Secret des Services, aux Editions Denoël. Avec le récit détaillé de l’affaire Clearstream. Et de l’affaire Farewell, de première main, là aussi.
  • Nuits bleues ou la saga d’un fugitif, roman nuits-bleues-la-saga-dun-fugitif. Toujours en consultation libre. Version modifiée le 18 novembre 2009.
  • “La Sérénade italienne” Comme le livre est désormais en vente, j’ai retiré la page de consultation gratuite. Autopub : Vous pouvez  le commander ( payant) sous forme de livre papier, sur  http://www.lulu.com/fr . Malheureusement, en raison de frais d’envoi élevés puisque l’impression est effectuées à Raleigh, Caroline du Nord, aux Etats-Unis, le livre est un peu cher. J’ai reçu mon deuxième exemplaire. Belle édition, mais je n’en suis pas encore satisfait. Je devrai donc réaliser une troisième édition, en espérant qu’elle sera la bonne. Je vous informerai quand ce sera finalisé.

Mon clavier, 6 février

53UTCp28UTC02bSat, 06 Feb 2010 17:50:53 +0000UTC 9,2008

§ l’évolution nécessaire des méthodes de police garde-a-vue-nouvelles-annulations

§ Secret bancaire : l’Allemagne se sert en France L\’Allemagne acquerrait en France des données bancaires suisses

§ A lire de toute urgence : Moreas et sa plaque d’immatriculation  mon-identite-nationale

§ Au secours des étrangers persécutés 421403

§ Roger Bruno-Petit fustige les horribles chroniques de Zemmour sur RTL. Le meilleur moyen ne serait-il pas que de ne plus évoquer ce personnage ? Je me tiendrai désomrais à cette règle, bien que la seule mention de Zemmour provoque immédiatement une avalanche de clics. 1924987_zemmour-sur-rtl-la-loi-veil-etait-un-pis-aller-compassionnel.html#xtor=EPR-275-[NL_732]-20100206-[medias-web]

§ Une plaisanterie encore plus idiote qu’hier : dans sa grande jalousie compétitive envers Obama, notre président adoré aurait dit qu’il n’est pas encore noir, mais qu’il a déjà Bruni.

(C’est pas moi, je le jure !)

§ Round-up de l’année : Lien pour le premier semestre bilan-sarkozy-1er-semestre-2009. Lien pour le deuxième semestre bilan-2009-2%C2%B0-semestre

§ Et ne vous privez pas de lire :

  • Dans le Secret des Services, aux Editions Denoël. Avec le récit détaillé de l’affaire Clearstream. Et de l’affaire Farewell, de première main, là aussi.
  • Nuits bleues ou la saga d’un fugitif, roman nuits-bleues-la-saga-dun-fugitif. Toujours en consultation libre. Version modifiée le 18 novembre 2009.
  • “La Sérénade italienne” Comme le livre est désormais en vente, j’ai retiré la page de consultation gratuite. Autopub : Vous pouvez  le commander ( payant) sous forme de livre papier, sur  http://www.lulu.com/fr . Malheureusement, en raison de frais d’envoi élevés puisque l’impression est effectuées à Raleigh, Caroline du Nord, aux Etats-Unis, le livre est un peu cher. J’ai reçu mon deuxième exemplaire. Belle édition, mais je n’en suis pas encore satisfait. Je devrai donc réaliser une troisième édition, en espérant qu’elle sera la bonne. Je vous informerai quand ce sera finalisé.

Corse, régionales : vers une défaite des Sarkozystes ?

07UTCp28UTC02bFri, 05 Feb 2010 11:15:07 +0000UTC 9,2008

[Nicolas Sarkozy]  a fait le constat, sévère, de l’échec patent de la politique de sa majorité en Corse, particulièrement lorsqu’il a évoqué le Padduc, le PEI et le développement durable. Au point même qu’il a fait en sorte de proposer un autre candidat à la présidence de l’exécutif.

bastia-paul-giacobbi-nicolas-sarkozy-a-reconnu-que-son-equipe-a-failli

Avec ce constat spectaculaire dans une longue interview publiée ce matin dans Corse-Matin, Paul Giacobbi se pose en leader de la gauche. Bien décidé à remporter la victoire. Contrairement aux impressions données lors du récent voyage entrepris par le Président en Corse, le leader du PRG ne paraît guère disposé à rejoindre la majorité présidentielle. Ceci malgré les divisions persistantes et récurrentes entre les divers groupes politiques qui se revendiquent de la gauche et/ou du nationalisme.

Pourtant, selon mes informations – tirées de source sûr à Ajaccio – Mon Président a multiplié les gestes et les efforts pour s’approcher d’un consensus qui permettrait à l’UMP et à ses alliés de remporter une nouvelle fois la victoire aux Régionales. Un interlocuteur de haut niveau m’a même précisé que tout le monde avait été frappé par le calme raisonnable qui caractérisait l’attitude du Président, contrairement à sa fébrilité habituelle. En vérité, il a même multiplié les gages en direction des Nationalistes modérés d’Inseme, sans pour autant évoquer des questions essentielles telles que l’identité et la langue.

L’impression qui prévaut aujourd’hui que malgré les divisions susmentionnées, l’actuelle majorité UMP du Conseil régional risque d’être balayée.

“Les Corses, me dit-on, sont assoiffés de changement.”

Malgré les réserves du maire de Bastia, Emile Zuccarelli, le grand gagnant de l’opération serait de toute façon Giaccobi : si la gauche et les nationalistes modérés réussissent à constituer une majorité, Giaccobi revendiquera la prsidence de l’Assemblée régionale. Si la droite gagne,  Nicolas Sarkozy lui proposera de toute façon un ministère. Qu’il a d’ailleurs refusé il y a quelques semaines, mais qu’il pourrait quand même accepter dans le futur. Ce serait un des plus beaux scalps de gauche pour la ceinture du Président.

Les plus absents du débat sont paradoxalement les tenants du FLNC et de ses avatars lointains, qui se plaignent des Nationalistes modérés, accusés d’avoir déserté le combat !

Précision utile

Je suis désolé de ne pouvoir citer ma source, mais je peux vous garantir que mon interlocuteur a assisté de près à toutes les étapes du voyage, me confirmant en particulier la mauvaise humeur du Président à l’encontre de sa propre majorité.

Mon clavier, 5 février

35UTCp28UTC02bFri, 05 Feb 2010 10:29:35 +0000UTC 9,2008

§ Les perspectives des Régionales en Corse corse-regionales-vers-une-defaite-des-sarkozystes

§ La dernière plaisanterie en vogue : Nicolas (Sarkozy) blanchit, Carla brunit. Aïe !

§ L a France enverra environ 80 soldats supplémentaires en Afghanistan, pas des combattants mais des formateurs pour aider  l’armée afghane, a déclaré vendredi Hervé Morin, à l’issue d’une réunion avec ses homologues de l’OTAN à Istanbul. Et l’OTAN cherche des sous pour financer ses opérations en Afghanistan

§ La cour d’appel d’Amiens (Somme) a condamné vendredi les six salariés de Continental à des amendes de 4.000 et 2.000 euros pour le saccage de la sous-préfecture de Compiègne (Oise) en avril 2009. Ils avaient été condamnés en première instance à des peines de trois à cinq mois de prison avec sursis, cette peine n’a pas été maintenue en appel.

§ Moindre progression du chômage aux USA. Pourquoi Wall Street n’aime pas ? usa-la-courbe-du-chomage-sinflechit-2

§ Round-up de l’année : Lien pour le premier semestre bilan-sarkozy-1er-semestre-2009. Lien pour le deuxième semestre bilan-2009-2%C2%B0-semestre

§ Et ne vous privez pas de lire :

  • Dans le Secret des Services, aux Editions Denoël. Avec le récit détaillé de l’affaire Clearstream. Et de l’affaire Farewell, de première main, là aussi.
  • Nuits bleues ou la saga d’un fugitif, roman nuits-bleues-la-saga-dun-fugitif. Toujours en consultation libre. Version modifiée le 18 novembre 2009.
  • “La Sérénade italienne” Comme le livre est désormais en vente, j’ai retiré la page de consultation gratuite. Autopub : Vous pouvez  le commander ( payant) sous forme de livre papier, sur  http://www.lulu.com/fr . Malheureusement, en raison de frais d’envoi élevés puisque l’impression est effectuées à Raleigh, Caroline du Nord, aux Etats-Unis, le livre est un peu cher. J’ai reçu mon deuxième exemplaire. Belle édition, mais je n’en suis pas encore satisfait. Je devrai donc réaliser une troisième édition, en espérant qu’elle sera la bonne. Je vous informerai quand ce sera finalisé.

Sarkozy : réformer à tout va, mais le tout va ne va pas bien

43UTCp28UTC02bThu, 04 Feb 2010 13:43:43 +0000UTC 9,2008

La réformite aigüe du Président se heurte à de terribles obstacles. Sans parler des “habitués de la grève” comme à la SNCF, en matière judiciaire, face aux perspectives d’une profonde refonte de la procédure pénale, la grogne secrète des magistrats, et pas seulement de gauche. Pour les plus récalcitrants, comme à Paris, on les prive de travail intéressant. On les punit.Ce n’est pas forcément la bonne manière.

Pas plus que l’idéologue ultra libéral  Fillon n’avait besoin d’annoncer pour les fonc tionnaires des mesures suggérant que la fonction publique pourrait voir intégrer les mesures de licenciement. Rare maladresse à un mois des Régionales.

Les policiers viennent de manifester leur mauvaise humeur lors des élections professionnelles.

Haïti : pire qu’Hiroshima

44UTCp28UTC02bThu, 04 Feb 2010 12:49:44 +0000UTC 9,2008

Le bilan du tremblement de terre de Port au Prince est plus lourd que celui de l’explosion nucléaire qui a ravagé Hiroshima. “Plus de 200.000″ Haïtiens ont perdu la vie, a annoncé le Premier ministre Jean-Max Bellerive, révisant à la hausse un précédent bilan de 170.000 morts. Il a également parlé de 300.000 blessés et annoncé que 4.000 personnes avaient été amputées à la suite de la catastrophe.

“C’est un désastre au niveau planétaire”, a-t-il jugé, affirmant cependant que “le gouvernement a toujours été en prise avec les événements et contrôle la situation”.

Polices municipales : manif

19UTCp28UTC02bThu, 04 Feb 2010 12:33:19 +0000UTC 9,2008

Les policiers municipaux veulent plus de sous. Ils ne se contentent pas de réclamer plus de pouvoir afin d’être alignés sur la police nationale.

La FNPM, syndicat majoritaire, réclame un alignement des grilles indiciaires sur celles de la police nationale.

Les policiers municipaux sont appelés à manifester jeudi 4 février en début d’après-midi dans 22 villes françaises. Des manifestations sont notamment prévues à Lyon, Nantes, Versailles, Bobigny, Nîmes et Tours à l’appel du Syndicat national des policiers municipaux (SNPM-CFTC, majoritaire).

“Les policiers municipaux sont au bout du rouleau, mais le ministère de l’Intérieur fait la sourde oreille à nos demandes et refuse de négocier”, s’insurge Frédéric Foncel, vice-président du SNPM. “Nous espérons que 4.500 à 7.000 fonctionnaires descendront dans la rue”.

Mon clavier, 4 février

25UTCp28UTC02bThu, 04 Feb 2010 12:00:25 +0000UTC 9,2008

§ La réformite aigüe ne passe pas sarkozy-reformer-a-tout-va-mais-le-tout-va-ne-va-pas-bien

§ Régionales : forte poussée de la gauche prévue par les sondages. Et le voyage en Corse de Mon Président Sarkozy ne paraît pas avoir été très utile : il n’a pas obtenu le ralliement de Giacobbi et des radicaux de gauche. Face à quelques dizaines de manifestants hostiles les 1500 hommes de 15 compagnies de CRS et de gendarmes! Regarder cet excellent reportage vidéo de Corse Matin, dont le contenu ne correspond pas du tout au titre rencontre-politique-le-president-a-seduit-les-elus-avec-de-la-matiere-et-du-contenu

§ Encore de la colère, les policiers municipaux polices-municipales-manif

§ Grippe A : moins de 5% de la population a été vaccinée, des dizaines de millions de doses vaccinales vont partir à la poubelle. Les laboratoires peuvent remercier Roselyne Bachelot et ses “experts en catastrophe” ! vaccination-l-echec-a-mediter-par-gerard-bapt_1298460_3232.html

§ Banques suisses, les soucis des “épargnants” secrets allemands suisse-banques-inquietudes-allemandes

§ Haïti : pire qu’Hiroshima. haiti-pire-quhiroshima Et, après le cataclysme, la faim et la colère haiti-la-population-affamee-s-en-prend-aux-autorites_846453.html

§ Un terroriste bavard usa-un-terroriste-bavard-vient-au-secours-de-barack-obama

§ Round-up de l’année : Lien pour le premier semestre bilan-sarkozy-1er-semestre-2009. Lien pour le deuxième semestre bilan-2009-2%C2%B0-semestre

§ Et ne vous privez pas de lire :

  • Dans le Secret des Services, aux Editions Denoël. Avec le récit détaillé de l’affaire Clearstream. Et de l’affaire Farewell, de première main, là aussi.
  • Nuits bleues ou la saga d’un fugitif, roman nuits-bleues-la-saga-dun-fugitif. Toujours en consultation libre. Version modifiée le 18 novembre 2009.
  • “La Sérénade italienne” Comme le livre est désormais en vente, j’ai retiré la page de consultation gratuite. Autopub : Vous pouvez  le commander ( payant) sous forme de livre papier, sur  http://www.lulu.com/fr . Malheureusement, en raison de frais d’envoi élevés puisque l’impression est effectuées à Raleigh, Caroline du Nord, aux Etats-Unis, le livre est un peu cher. J’ai reçu mon deuxième exemplaire. Belle édition, mais je n’en suis pas encore satisfait. Je devrai donc réaliser une troisième édition, en espérant qu’elle sera la bonne. Je vous informerai quand ce sera finalisé.

Sardaigne : un jour de colère

22UTCp28UTC02bThu, 04 Feb 2010 10:27:22 +0000UTC 9,2008

Notre amie Christina Bianca Troncia, ardente avocate des Sardes, nous rappelle dans une proclamation enflammée que demain…

… Vendredi 5 février 2010, la Sardaigne sera totalement paralysée : commerces fermés, écoles et lycées fermés dont les directeurs et professeurs seront également dans la rue, tous syndicats confondus, membres du diocèse dans la rue avec le peuple sarde suite à l’appel du Pape, services des trains et bus (sauf ceux réservés aux manifestants qui descendront sur Cagliari pour participer à la manifestation !), activités des aéoroports perturbées (des manifestants occuperont certainement les pistes pour empêcher les avions d’atterrir !), personnels hôteliers et restaurations, etc.

Le peuple sarde dans une unité solide et totale sera dans les rues et notamment à Cagliari (et dans d’autres grandes villes, où des cortèges seront organisés pour ceux qui ne pourront se déplacer jusque dans le Sud de l’île !) où les organisateurs attendent plus de 30 milles personnes, travailleurs accompagnés de leur famille mais aussi tous les représentants des partis politiques tous bords confondus, les représentants de l’institut d’éducation, les représentants du diocèse, les hauts représentants des associations des régions et des communes (ANCI et UPS) !

Le cortège partira à 10 heures du centre de Cagliari, la capitale de l’île, avec le slogan “”Lavoro, sviluppo, autogoverno, dalla crisi alle opportunità” (Travail, développement, auto-gouvernance, de la crise à l’opportunité),
La plupart des journaux régionaux sardes dont leurs journalistes seront parmi les manifestants, annoncent également un piquet de grève en soutien total au peuple sarde !

La grève générale de 2002 n’ayant pas abouti à des résultats concrêts suite aux propositions déposées, il est à craindre que demain, la colère sourde du peuple sarde n’éclate au cours de cette journée !!!

GAV – toujours la polémique, et des contre vérités

44UTCp28UTC02bWed, 03 Feb 2010 15:08:44 +0000UTC 9,2008

Mise à jour à 16 h 30

Sur les questions des conditions dans lesquelles se déroulent les gardes à vue, Marc Louboutin entend remettre les choses au point. Ancien officier de police, Louboutin est aujourd’hui journaliste. Je reprends les termes de son communiqué, tout en exprimant quelques réserves quant au contenu, car les témoignages sont trop nombreux pour être tous fantaisistes.

Paris le 3 février 2010. Communiqué de presse du Blog de Police. (Communauté totalement indépendante de plusieurs milliers de policiers – et aussi de citoyens – pour un débat concret sur la sécurité publique et la réalité du métier des forces de l’ordre.)

Dignité des gardes à vue : Non, les policiers ne pratiquent pas de « fouilles anales » contrairement à ce qu’affirment certains avocats !

Les policiers lecteurs du Blog de Police ont suivis (en direct, en différé ou en podcast) avec attention l’émission « C dans l’air » sur France 5, animée par  Yves Calvi, le 2 février 2010 dont le thème était «  Police de gauche, PV à droite ».

Etaient invités à débattre sur les thèmes des quotas statistiques, de la politique du chiffre dans la police et de la problématique des gardes à vue : Maître Christian Charrière-Bournazel, Bâtonnier de l’Ordre des avocats du barreau de Paris, Maître Eric de Caumont, Avocat spécialisé en droit de l’automobile, Monsieur Christophe Soullez, Criminologue, Chef de division de l’Observatoire national de la délinquance et Nicolas Comte, secrétaire général du syndicat Unité-SGP-FO.

Le présent communiqué n’a pas pour but de revenir sur l’ensemble de ce débat, notant tout de même que quelques absurdités ont été citées sans aucun rapport avec la réalité des faits ; Non, Monsieur Calvi, les automobilistes auteur d’un excès de vitesse à 52 km/h pour 50 autorisés ne sont pas mis en garde à vue !

Le débat sur le mode procédural du déroulement des gardes à vue en France, et de son adéquation avec les décisions européennes est évidemment légitime, et à ce titre, il est normal, en ces temps d’examen de la réforme de cette mesure que les avocats, garants des droits des droits des mis en cause, interviennent pour exprimer leurs points de vue.

Pour autant, des accusations graves et totalement diffamatoires ont été portées lors de cette émission à l’encontre des policiers chargés de la gestion des gardes à vue par Maître Eric de Caumont, et cela à deux reprises.

Non, les « fouilles anales » ne sont pas JAMAIS pratiquées lors des mesures de gardes à vue.

Qu’est-ce qu’une « fouille anale » si l’on s’en tient aux propos de Maître Charrière-Bournazel, intervenant à grands renforts médiatiques lors de la garde à vue de sa consoeur Maître Wassermann et dénonçant, avec force,  déjà, de telles pratiques, sur France Info, propos repris dans le journal le Monde daté du 16 novembre 2009 ?

Extrait(1) : « Christian Charrière-Bournazel, bâtonnier, a raconté sur France Info que Caroline Wassermann », … « avait été convoquée au commissariat de Meaux (Seine-et-Marne) sous le prétexte d’un problème personnel. “Elle a été menottée, elle a été mise nue, on lui a mis un doigt dans l’anus. On la traite comme la dernière des dernières des dernières au mépris du respect de la personne humaine le plus élémentaire”, a-t-il déclaré. »

Accusation diffamatoire, mensongère et totalement dénuée de fondement.

Maître Wasserman avait d’ailleurs démenti ces propos lors de ses interviews à ce sujet. (Le Parisien du 17 novembre 2009 (2) : « Contrairement à ce que le bâtonnier de Paris affirmait hier, l’avocate reconnaît que «personne» ne lui a pratiqué d’examens approfondis »)

Maître Charrière-Bournazel, évidemment, à notre connaissance, ne s’est jamais pour autant exprimé publiquement sur le caractère mensonger des accusations graves de traitement inhumain qu’il avait prononcé à l’encontre des policiers dans cette affaire.

Prenant le relais de ces accusations diffamatoires pour les forces de l’ordre, approuvé par les hochements de tête du bâtonnier des avocats de Paris, Maître Eric de Caumont, réitérait hier de telles accusations en racontant la garde à vue d’un de ses clients dont il aurait été avisé le matin même de l’émission « C dans l’air »

(3)« Il a eu le droit également à la fouille anale. Est-ce que c’est indispensable à la sécurité tout court ou à la sécurité routière tout court de faire une fouille anale pour quelqu’un qui a pris un verre de trop ? »

Puis plus tard, répondant à Monsieur Soulez qui justifiait le retrait des ceintures et cravates pour des raisons de sécurité des personnes retenues.

(4)«Et la fouille anale, c’est pour sa sécurité aussi ? »

Les lecteurs du Blog de Police ont été nombreux à réagir à ces propos qui ne sont ni plus que moins de ces accusations de « viols »( au sens propre du terme) qui seraient pratiqués par les fonctionnaires de police de manière habituelle lors des mesures de sûreté des personnes gardées à vue, qui évidemment se verraient pratiquées de telles intrusion contre leur gré.

Non, contrairement à l’appel à la mémoire collective que souhaitent évoquer ces avocats, les cellules de gardes à vue en France ne sont pas comparables à des « annexes » de la prison d’Abu Ghraïb !

Les fonctionnaires de police, dans leur immense majorité, appliquent à la lettre les instruction de la circulaire ministérielle du 11 mars 2003 concernant le déroulement et la dignité des gardes à vue.

Et si les « mises à nu » sont encore trop nombreuses, contrairement à ces instructions, la question objective à se poser n’est pas la responsabilité des simples gardiens de la paix, mais l’abandon parfois de ces derniers par la chaîne hiérarchique face à des responsabilité de sécurisation dont ils ne doivent être que les exécutants et non les uniques responsables en tant que « fusibles ».

  • Les lecteurs du blog de police demandent donc :     Au deux avocats précités : de prouver leurs assertions et  à défaut et concernant particulièrement le bâtonnier des avocats de  Paris, au minima, de présenter ses excuses pour ses accusations graves et non fondées d’après sa cliente elle-même.
  • Au Ministre de l’Intérieur : conformément à son devoir de défense des fonctionnaires de police sous sa responsabilité en cas d’accusation injustifiée, de réagir fermement à ces accusations diffamatoires laissant penser que les policiers se livrent habituellement à des fouilles intimes forcées lors des mesures de gardes à vue, d’engager une politique déterminée de communication sur la réalité du métier des forces de l’ordre en se rapprochant des policiers et gendarmes exerçant au quotidien les missions de sécurité publique. Et également de rappeler, une fois de plus, mais de manière non dérogatoire et très formelle, l’application des instructions ministérielles du 11 mai 2003 en responsabilisant fermement l’ensemble de la chaîne hiérarchique et non seulement les simples exécutants.

Marc Louboutin est Administrateur-créateur du Blog de Police marclouboutin@gmail.com 06 10 86 29 08

Sources :

(1) http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/11/16/le-batonnier-de-paris-denonce-la-garde-a-vue-d-une-avocate_1268067_3224.html

(2) http://www.leparisien.fr/seine-et-marne-77/polemique-apres-la-garde-a-vue-d-une-avocate-parisienne-a-meaux-17-11-2009-714864.php

(3) http://www.france5.fr/c-dans-l-air/index-fr.php?page=resume&id_rubrique=1360&info=invites (time code vidéo des propos : 42’03’’)

(4) http://www.france5.fr/c-dans-l-air/index-fr.php?page=resume&id_rubrique=1360&info=invites (Time code vidéo  des propos :45’17 ‘’)

Précisions

Marc Louboutin apporte quelques précisions, concernant e particulier les raisons pour lesquels le “doigté” ne doit pas être utilisé : il s’agit au sens strict d’un viol, susceptible de poursuites comme tel. Mais, dit Marc, les gardiens de la pais ne se lanceraient de toute façon pas dans cette pratique car elle est très préjudiciable à l’hygiène, et, en tout état de cause, mentionnée de façon espresse dans les PV d’interrogatoire. Il demande que des preuves soient apportées d’une telle pratique. D’une façon générale, il impute certains dérapages constatés dans les gardes à vue au manque de formation de très jeunes gardiens, et surtout aux lacunes surprenantes du contrôle hiérarchique. Or un gardien ou un gendarme APJ 20, et même OPJ, ne devrait pas pouvoir gérer une garde à vue hors du contrôle des supérieurs hiérarchiques immédiatement compétents.

People : pourquoi pas de Carla à San Remo

13UTCp28UTC02bWed, 03 Feb 2010 14:05:13 +0000UTC 9,2008

Version complétée à 15 h 30

Voici les paroles de Simone Cristicchi qui ont offusqué Carla Bruni :

“Elle dit quoi Carla Bruni?

Comment s’habille Carla Bruni?

Elle mange quoi Carla Bruni?

Il est sorti le nouveau disque de Carla Bruni?

Elle pense quoi Carla Bruni?

Comment marche Carla Bruni?

Comment se maquille Carla Bruni?

Nous sommes tous plus contents avec Carla Bruni.

Heureusement qu’il y a Carla Bruni”,

chante Simone Cristicchi, brocardant quelque peu la chanteuse “devenue une icône esthétique”. Mais le chanteur italien s’en prend également à Nicolas Sarkozy dans le refrain :

“Nous somme fait comme ça Sarko nò, Sarko si, si on parle de toi, il n’y a pas de problèmes”.

Pas de quoi fouetter un chat, n’est-ce pas ? Parce que, en plus, il faut éviter d’être irrespectueux à l’égard des artistes ?

Et une vision oblique de notre ami psychologue Jean-Pierre V.

Disons que ce texte est très bien écris puisqu’il est ambigü. Au sens premier des mots, on peut croire qu’il fait part des pensées d’un(e) fan de Carla Bruni avec ses questions (comme “Comment s’habille Carla Bruni?”). Du moins, c’est ce qu’on peut penser. Puis apparaissent deux vers qui ne sont plus des questions. Et c’est là que l’ambiguïté apparait dans sa toute splendeur :

<i>Nous sommes tous plus contents avec Carla Bruni. Heureusement qu’il y a Carla Bruni.</i>

C’est peut-être encore la pensée du fan, mais c’est peut-être aussi un renversemen, une ironie car les chances que cela soit réel sont faibles.

<i>Nous sommes tous plus contents avec Carla Bruni.</i>

heu? non, les socialistes ne diront pas ça, ainsi que tous ceux que la muse de notre président n’amuse pas. Donc la phrase est fausse, naturellement et évidemment fausse. Comme cela n’a pu échapper à l’auteur, le lecteur comprend que c’est ironique et que c’est la vanité ou l’orgueil du sujet qui est visé. Maintenant, allons plus loin ! Pourquoi cette ambiguïté sinon aussi pour pointer du doigt une autre ambivalence, visiblement internationalement connue ? En effet, à voir notre bon président et ses ministres annoncer de nouvelles lois qui existent déjà, nous avons l’image qu’ils veulent se donner : des sortes de supermen indispensables (alors,

“heureusement qu’ils sont là” et <i>Heureusement qu’il y a Carla Bruni</i>)

mais il y a aussi la réalité (qui tendrait à nous faire part de leur absence de jugement). Cette ambivalence entre cette volonté de se mettre en avant et le vide de leur décision (ou compétences), c’est la chanson que nous offre le gouvernement depuis un temps. Et finalement, le sujet visé par la chanson participe à ce mécanisme tout en en profitant. L’attaque est rude, mais intelligente. Il n’y a pas diffamation puisque c’est un fan qui parle ! Du moins, c’est sans doute la défense possible. Par contre, la réponse de la dame en question est moins intelligente car elle ne répond pas dans ce même mode de l’ambiguïté. Quant à savoir si c’est mérité, chacun répondra…

Obama et son avenir

07UTCp28UTC02bWed, 03 Feb 2010 12:36:07 +0000UTC 9,2008

Ce billet est une ébauche

Comment Bruce D., un analyste politique américain de mes amis voit le Président Obama.

Obama est un vrai centriste avant tout féru de consensus.

Dans le monde et dans la gauche américaine, on a cru qu’Obama mènerait une politique de gauche, c’était mal le connaître. Il écoute, mais on ne sait jamais quelle est son idée exacte.

Il est évident que la réforme du système de santé est son grand projet, qui conditionne tout le reste. Il espérait que les Républicains accepteraient un minimum de collaboration. Mais les Républicains ont décidé de s’opposer à tout, par système. Pour obtenir que son projet Santé soit finalement voté, le Président Obama a multiplié les concessions. Mais pour ses adversaires, ce n’est jamais assez. Ils sont même capables de voter contre leurs propres idées pour montrer leur opposition résolue.

Ainsi, de proche en proche, le projet Santé est vidé de son contenu. Outre la “minorité républicaine”, trois adversaires majeurs : les compagnies d’assurances ; les groupes financiers propriétaires d’hôpitaux ( presque tous privés) et surtout le “Grand Pharma”, le lobby des laboratoires. Obama leur a promis qu’ils ne perdraient pas un sou avec la réforme de santé, autant dire qu’il n’y a plus de réforme de santé.

” Je rappelle que pour chaque parlementaire américain opère au moins cinq lobbyistes de toutes catégories. C’est une pression terrible.”

Les milieux de gauche américains sont évidemment déçus.

Dans ces conditions, quel est l’avenir du Président Obama ? Il sera particulièrement difficile de concilier le projet déjà adopté par la Chambre des Représentants entraînée par Nancy Pelosi, patron de la majorité démocrate. et le projet accepté par le Sénat. En outre Mrs Pelosi est l’objet de violentes attaques de la part des Républicains parce qu’elle est trop… libérale !

Mon clavier, 3 février

36UTCp28UTC02bWed, 03 Feb 2010 07:22:36 +0000UTC 9,2008

§ François Fillon insiste sur la possibilité de soumettre les fonctionnaires à la procédure de licenciement. Veut-il tellement perdre les élections régionales ? francois-fillon-introduit-l-idee-de-precarite-chez-les-fonctionnaires_226146.html#xtor=AL-189

§ Mon Président Sarkozy : six heures en Corse, pas une de plus 01002-20100203ARTFIG00053-sarkozy-se-bat-pour-garder-la-corse-a-droite-.php

§ Mon Président en Corse (bis) : un chef de parti qui se prend pour un président en-corse-m-sarkozy-appelle-a-l-unite-de-son-camp-et-multiplie-les-promesses_1300371_1293905.html Un voyage paisible ! lappel_dajaccio__sarkozy_se_projette_en_2012.html

§ gardes à vue “Je suis choqué du nombre des gardes à vue dans notre pays, qu’elles soient utilisées comme des moyens de pression pour obtenir des aveux”. C’est François Fillon qui le dit en promettant de s’attaquer à ce problème dans le cadre “d’une réforme de la justice qui sera bientôt soumise au conseil des ministres”. Il serait temps : rappelons que les “aveux” en garde à vue sont les seules “preuves” dans le dossier Colonna ! On relève aussi une réaction virulente de certains policiers gav-toujours-la-polemique

§ Je partage absolument le point de vue de Roger Bruno-Petit exprimé dans le billet joint. En rappelant que Xavier Bertrand a été défini par les Editions de l’Archipel : Faux gentil, vrai méchant, pour présenter le livre que Ian Hamel consacre au susdit 1919556_quand-xavier-bertrand-se-fait-interviewer-par-la-reincarnation-de-desproges.html#xtor=EPR-275-[NL_732]-20100203-[medias-web]

§ Politique américaine : esquisse pour une vision globale obama-et-son-avenir

§ Selon Le Temps, de Genève, la hausse du chômage rime avec hausse des profits ! Une_hausse_du_ch%C3%B4mage_se_traduit_par_un_rebond_des_profits

§ Et une belle carte, toujours du Temps, sur l’endetement de l’OCDE a79ab890-0a6b-11df-811c-d996489948b4

§ Le respect dû à la Première dame chanteuse… people-pourquoi-pas-de-carla-a-san-remo

§ Pour illustrer la St-Valentin, Google a appelé à sa rescousse le peintre américain Norman Rockwell, célèbre outre-Atlantique pour ses portraits d’enfants www.google.fr

A cette occasion, je signale qu’avec mon épouse nous venons de franchir le 30 janvier le cap des 50 ans de mariage. Eh oui !

§ Round-up de l’année : Lien pour le premier semestre bilan-sarkozy-1er-semestre-2009. Lien pour le deuxième semestre bilan-2009-2%C2%B0-semestre

§ Et ne vous privez pas de lire :

  • Dans le Secret des Services, aux Editions Denoël. Avec le récit détaillé de l’affaire Clearstream. Et de l’affaire Farewell, de première main, là aussi.
  • Nuits bleues ou la saga d’un fugitif, roman nuits-bleues-la-saga-dun-fugitif. Toujours en consultation libre. Version modifiée le 18 novembre 2009.
  • “La Sérénade italienne” Comme le livre est désormais en vente, j’ai retiré la page de consultation gratuite. Autopub : Vous pouvez  le commander ( payant) sous forme de livre papier, sur  http://www.lulu.com/fr . Malheureusement, en raison de frais d’envoi élevés puisque l’impression est effectuées à Raleigh, Caroline du Nord, aux Etats-Unis, le livre est un peu cher. J’ai reçu mon deuxième exemplaire. Belle édition, mais je n’en suis pas encore satisfait. Je devrai donc réaliser une troisième édition, en espérant qu’elle sera la bonne. Je vous informerai quand ce sera finalisé.

La francophonie, sans la France

19UTCp30UTC11bTue, 11 Nov 2008 11:54:19 +0000UTC 9,2008

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Défaite en rase campagne pour les écrivains germanoparatins français, victoire pour la francophonie. Pas la francophonie de salon. Avec JMG Le Clezion un Mauricien élevé comme un Britannique au Nigeria, Prix Nobel ; le Goncourt à « Syngué sabour » (POL), le premier roman écrit en français par l’écrivain et cinéaste afghan Atiq Rahimi.et et le Renaudot pour Le roi de Kahel (Le Seuil), dû à la « plume » du Guinéen, Tieno Monenembo. Lequel vit aujourd’hui à Cuba. Même s’il y a volonté des jurys de frapper fort, de surfer sur l’effet Obama, ce n’est pas de la francophonie institutionnelle à la Foccart ou à la Jouyet, le très discret Secrétaire d’Etat à la francophonie.
Dans son Paradis B où il s’est retiré depuis maintenant deux ans et demi, mon fils Lucio Mad doit jubiler. Auteur de plusieurs romans plus africains que français, dont « Les trafiqueurs », « Paradis B », ( Gallimard), il était inconditionnel de la littérature francophone non française ; amateur notamment des Antillais Patrick Chamoiseau et Edouard Glissant. Il soutenait sans cesse que l’avenir de la littérature francophone était hors de France. L’attaché culturel français à Dakar avait chargé Lucio de détecter au Sénégal des écrivains francophones, c’est ainsi qu’il avait aidé Abasse Ndione ( La Vie en spirale, Ramata) à être édité chez Gallimard
Lire : Abasse Ndione Ecrits noir sur blanc, Catherine Simon, Le Monde, édition du 06.09.08
La propre épouse de Lu, Aminata Zaaria, avait publié chez Grasset La nuit est tombée sur Dakar, (2004).
On peut tenir le même raisonnement avec les Britanniques, qui voient leur littérature restaurée par les Indiens et les Pakistanais.

Urgence humanitaire – Veille sur le Kivu – Suite

10UTCp30UTC11bWed, 12 Nov 2008 10:40:10 +0000UTC 9,2008

Il y a deux jours, j’ai répercuté un appel lancée par mon amie Anne-Christine depuis San Francisco pour installer un système de veille humanitaire au Nord Kivu, sur le même site déjà utilisé pour le Kenya. Elle nous apporte ce matin des éclaircissements importants. Je reproduis son texte anglais.

This interactive mobile + internet system from the Ushahidi project (Kenyan and US tekkies) is still in early stages but has been used very successfully by many Kenyan citizens who have cell phones in villages outside major cities in the Kenyan countryside to directly report on and monitor the post-election situation in Kenya since January of this year (ongoing).

The same approach is being taken now for the humanitarian catasrophe that has developed in the past two weeks in E Congo, DRC.(though the platform is still in alpha stage, so still has kinks to be worked out). The DRC project will be in French and English, and also includes a focus on mapping the humanitarian and local civil society response. What may additionally interest many of you is that this type of web 2.0 platform and software has been designed for mobile users in poor countries to provide live and direct feeds, and get and receive alerts from the computer. This system can ideally be applied to any topic and combines GPS geo tracking to map live reports from the field.. I just heard that the folks at Google Earth are getting involved to help respond to the Congo crisis… with this approach, this info and maps that can be read on a mobile phone can include info such as where emergency med services such as IDP relief, or PEP in local hospitals are provided etc. So could be potentially a very critical tool for providers and local advocates.
So for those of you in HIV and public health or human rights field, take note of this project and its goals, as this type of system could be adapted for use in other countries and as a great local networking tool for communication, emergency reporting, and mapping delivery of responses of any kind. And for those of you interested, I plan to track this project myself and will keep you posted via my own blog – starting shortly at my own blog, which is not very active to date at: www.acdadesky.org. Thank you..- AC
Donc n’oubliez pas l’Afrique dans vos pensées, et transmettez le message.

La crise mondiale et les hyperconservateurs britanniques

40UTCp30UTC11bThu, 13 Nov 2008 00:15:40 +0000UTC 9,2008

IPN ( International Policy network) est un think tank britannqiue qui s’est donné pour mission de répandre la bonne parole ultralibérale dans le monde. Dans son dernier bulletin d’information – novembre – un de leurs analystes revient sur la crise mondiale, il tente d’identifier les causes, il critique d’avance les solutions qui vont être débattues lors du sommet du G20 le 15 novembre à Washington. Cette lecture devrait permettre de mesurer le gouffre stupéfiant entre les idéologies ultralibérales et les réalités. A l’heure où totalement inspirée par l’idéologie libérale le monde financier britannique voit ses reins brisés ; où l’industrie automobile américaine est en train de s’effondrer faute d’avoir été capable d’anticiper la fin du tout automobile de gros calibre ; maintenant que le crédit immobilier et la petite propriété pour tous dans les grandes banlieues se sont écroulés faute d’un minimum de régulation, nous pouvons constater que certains penseurs britanniques persistent dans la magnification du tout libéral. Je vous soumets ce document surprenant, à lire avec soin.

[According to Eamonn Butler] the current financial crisis was in large part caused by the US government. These errors were then magnified enormously by subsequent interventions. The bailout of Bear Sterns created an assumption that the US government would step in to bail out all very large US financial institutions – and signaled to the leadership at Lehman Brothers, for example, that it need not worry too much about finding outside capital. To make matters worse, Keynesian stimulus packages are also catching on like wildfire, with governments around the world attempting to boost their economies with injections of cash.

Governments are terrible at allocating resources and their attempts to boost our economies will almost certainly backfire. Economic growth is the result of entrepreneurs identifying and filling niches by developing better products and production processes, thereby boosting production and productivity. In contrast, when governments throw money at the economy, they divert resources away from their most efficient and effective uses, undermining innovation and growth.

The best way to stimulate the economies of the world would be to reduce the number of overbearing taxes and regulations that currently inhibit the development and delivery of all manner of products and services.

On November 15, representatives from governments from the G20 group of countries will meet to discuss the future of world financial regulation. There is a grave danger that in this time of crisis, they agree to all manner of interventions that would harm people around the world. Already we have heard President Sarkozy espouse ridiculous anti-capitalist sentiments. Britain’s Foxy Brown (recently transformed from his role as Flash Gordon, saviour of the Universe) seems to be resisting these overtures – presumably because he fears, rightly, that they would harm the City of London, a major engine of Britain’s growth.

La dimension criminelle de la Crise

05UTCp30UTC11bWed, 19 Nov 2008 16:00:05 +0000UTC 9,2008

Et si les crises financières étaient causées par des gangsters ? Et si elles étaient le produit évident de l’économie criminelle ? On a tout dit sur la crise financière actuelle, on a démonté tous les rouages de cette infernale mécanique qui des subprimes nous a conduit à la profonde crise économique qui ravage aujourd’hui le monde. Une crise qui remet en cause le capitalisme libéral issu des accords de Bretton Woods. Sauf à identifier les ressorts fondamentaux qui seraient des agissements mafieux, des pratiques criminelles avérées. Un commissaire de l’Union européenne allait jusqu’à dénier il y a encore quelques jours toute dimension criminelle à la crise. Trois experts, le journaliste Xavier Raufer, animateur du centre de recherche sur les menaces criminelles contemporaines (MCC, lié à l’Université Paris 2, Panthéon Assas), Noël Pons et Jean-François Gayraud ont entrepris de mettre la question sur le tapis. Oui, affirment-ils à l’unisson, la crise actuelle, comme les précédentes, est directement liée à la criminalisation de l’économie. Ils ont jeté le pavé dans la mare devant un public très fermé de spécialistes lors d’une conférence tenue mardi soir 18 novembre à la faculté de droit du Panthéon.

Pour comprendre, insiste le commissaire Gayraud, il faut remonter à la crise des “Savings and Loans” qui a ravagé le monde des Caisses d’épargne américaines au cours des années 1980. Près de 80% d’entre elles ont disparu dans la tourmente, 747 en tout, sur l’ensemble du territoire américain. Le coût de cette crise est estimé à environ $160.1 milliards de dollars, dont $124.6 milliards assumés directement par le Trésor américain, donc par les contribuables. Cet apport massif a largement contribué au déficit budgétaire américain au début des années 1990.

“Soit l’équivalent du coût de la deuxième guerre mondiale, soutient Gayraud. Or des groupes mafieux sont clairement à l’origine de cette crise”.

Il n’avait pas échappé à certains groupes mafieux, expose-t-il, que le domaine des Caisses d’Epargne n’était régi par aucune régulation sérieuse, par aucun contrôle efficace. La situation a été aggravée par une loi ” Garn-St. Germain Depository Institutions” de1982, dérégulant totalement le secteur.

Dans ces années 1980, il était plus facile d’ouvrir une caisse d’Epargne qu’un casino dans le Nevada. Les mafieux se sont enfoncés dans cette faille pour mener leurs affaires criminelles.  Ils se sont en particulier acoquinés avec des directeurs de caisse pour s’emparer d’un grand nombre d’entre elles, les piller par divers moyens pervers. Prêts sur documents falsifiés, à très faible taux, accordés dans des conditions plus que libérales : ces quelques pratiques ont permis à l’économie criminelle de s’alimenter largement en cash. Les caisses se sont lancées dans une course éperdue aux investissements hors logement, en s’appuyant notamment sur des investisseurs définis comme “discutables”. Et pour masquer leurs pratiques frauduleuses, elles ont commencé à truquer les comptes. C’était “l’intérêt” de tout le monde. Cette belle histoire a eu une fin : en 1987, l’Attorney général du Gouvernement américain doit reconnaître l’existence au niveau national de fraudes massives. 30 à 40 % des prêts alors en cours auraient été frauduleux ! Nous sommes bien dans la configuration d’une économie criminelle. L’essentiel des gains illicites engrangé par les mafias a disparu dans des institutions financières situées dans des paradis fiscaux. De façon assez étonnante les Yakuzas japonais sont réputés avoir pris une part majeure dans ce scandale.

Première conséquence, chute dramatique du marché de la construction américain, passant entre 1986 et 1991 de 1,8 millions de maisons par an à 1 million. Et tout le système du financement de la construction s’effondre, alors que les banques classiques n’ont guère d’expérience en ce domaine. C’est l’essentiel à retenir.

Car, souligne pour sa part Noël Pons, la crise qui a éclaté ce printemps est dans sa mécanique quasi identique à celle des années 1980, sauf que les acteurs sont différents. Dans une nouvelle configuration les banques sont désormais alimentées en demandes de prêts par des courtiers spécialisés, qui promettent tout, et même la lune. Le montant des prêts dépasse fréquemment les 125 % de la valeur de la maison objet de l’emprunt, dont la valeur est elle-même fortement surévaluée. C’est plus simple, plus sûr, mieux que le casino. Pour éviter une mise en lumière trop crue sur ces méthodes désastreuses pour l’avenir, mais plus que profitables dans l’immédiat, les banques entreprennent de regrouper dans des pots communs les prêts, en les “titrisant”, puis dans un deuxième temps en mêlant ces titres pourris avec d’autres créances dans des structures globales qui seront elles-mêmes valorisées de façon anarchique. Naturellement, les comptes sont truqués. Dans un troisième temps, ces structures “globalisées” sont assurées, puis réassurées, nouveaux flux de fonds, donc, et enfin revendues à des “investisseurs” tout aussi douteux que dans les annés 1980, logés, bien sûr, dans des paradis fiscaux. Les “créances” revendues servent elles-mêmes de levier pour “lever” des emprunts auprès des grandes banques d’affaires. Lesquelles placent ces “valeurs virtuelles” auprès d’autres banques qui n’y voient que du feu, notamment en Europe occidentale et de l’Est; dans des collectivités locales – les municipalités anglaises et plusieurs Conseils généraux français en sont infectés -; ou à des institutions aussi surprenantes que des clubs de foot. Etc. Autrement dit on vend à tout le monde du vent, puisque la base de toute la machinerie est constituée en grande partie de créances non recouvrables. Un point est absolument certain : du bas en haut de l’échelle sont mises en oeuvre par manoeuvres frauduleuses des pratiques criminelles et par tout le monde, la plupart des opérateurs étant conscients de leur implication. Ceux qui s’y refusent sont écartés sans ménagement. Les autres acceptent parce que les “bonus” – on les estime à 3 milliards de dollars – sont si importants qu’on ne peut les négliger. Ces pratiques à caractère mafieux  se prolongent dans la manipulation des marchés financiers, admet Michael Mukasey, l’Attorney general de Georges “W”, le 23 avril 2008, lors d’une conférence sur le crime organisé au Center for Strategic and International Studies (CSIS). Alors que dans  la crise des Saving&Loans l’intervention des mafias était somme toute limitée, désormais, c’est l’ensemble d’une économie qui est placée sous la coupe de méthodes criminelles, ce sont les hommes ordinaires, on est passé à un stade supérieur, la criminalisation d’une société dans son ensemble. Personne ne comprenait ce qui se passait, mais tout le monde en profitait. Le “crime organisé”, désormais ce ne sont plus des “sales types” (bad guys), mais lui, votre voisin, votre avocat, votre conseiller financier, voire votre banquier.

Et, comme de juste, l’administration Bush et les Républicains se sont farouchement opposés à toute forme de régulation qui aurait pu freiner le développement de ces pratiques criminelles, dans lesquelles nombre d’entre eux seraient impliqués. Il fallait choisir entre ce scandale et la “Guerre au terrorisme”. Pour Bush ce choix était évident.

En guise de conclusion, Noël Pons rapporte la formule paradoxale d’Alan  Greenspan, l’ancien Président de la FED, le Federal Reserve Board.

Si vous avez cru comprendre ce que je viens de vous dire, c’est que je me suis mal expliqué.

Noël Pons est inspecteur des Impôts, actuellement chargé de mission au SCPC (Service central de Prévention de la Corruption). Son dernier livre, publié chez Odile Jacob : “Cols blancs et mains sales”. Il publiera un nouvel opus d’ici à la fin de l’année, toujours dans le domaine de l’économie criminelle.  Avant d’être détaché à l’INHES, le commissaire Jean-François Gayraud a été  le n°2 à la sous-direction de la sécurité et de la protection du patrimoine à la DST, adjoint du commissaire Martini. Gayraud a également publié deux livres couvrant ce secteur : Le Vol, (avec David Sénat)aux PUF, 2001, et Le Monde des mafias, Géopolitique du crime organisé, Odile Jacob, Paris, 2005.

Je précise que cet article décrit les mécanismes de façon assez sommaire, forcément grossière tant les méthodes utilisées ont été “sophistiquées”.

La casse industrielle – Suite

01UTCp31UTC12bFri, 12 Dec 2008 09:25:01 +0000UTC 9,2008

Donc voici de retour les mauvais chiffres du chômage. Cet été, en août, le gouvernement a cru pouvoir expliquer un subit accroissement du chômage par le “cycle d’été”. On s’aperçoit aujourd’hui qu’il n’en était rien. Le mauvais chiffre d’août était seulement annonciateur de la crise économique accompagnant la crise financière. Ce soir (jeudi) il faudra avaler 45000 chômeurs de plus, 100 000 en trois mois.

Et Christine Lagarde de proclamer sur LCI en rajustant son élégante écharpe blanche :

“Heureusement, on part de loin, on est aujourd’hui à 7,2%, et on a un taux de chômage qui est le plus bas depuis une vingtaine d’années… On s’y attend parce que l’économie a ralenti pendant cette période-là, donc il est inévitable que le chômage augmente”.

Pas “grave” puisque c’était prévu ! Les patrons se précipitent pour virer les “inutiles”, ceux qui leur bouffent leurs bénéfices. En oubliant toutes les “aides” (tous les cadeaux) reçus de ce gouvernement pour les inciter à recruter du monde. Les patrons ne cessent jamais de réclamer des aides, pour en oublier aussitôt le bénéfice, ou, pire, pour alimenter leurs comptes en banque secrets. Ils n’ont pas vraiment accepté d’embaucher, ils ont rejeté les 35 heures censées être utiles pour pour “partager l’emploi”. Aujourd’hui, à pein un petit coup de vent vient-il balayer l’économie qu’aussitôt des dizaines de milliers d’hommes et de femmes se retrouvent sans job. Et bien sûr, ce sont toujours les plus petits, les plus fragiles qui trinquent : les intérimaires, les CDD, les emplois à mi temps.

Du temps de la gauche, j’ai eu la naïveté de croire que le patronat refusait de jouer le jeu de l’économie dynamique pour gêner un gouvernement qu’il considérait comme illégitime. Comme toute la droite, d’ailleurs. On voit aujourd’hui que l’analyse était erronée. La vérité est plus simple : le patronat refuse de jouer le jeu de l’économie dynamique, quelque soit le gouvernement. Notre Omni Président a cru astucieux de tenter d’amadouer la patronat et les riches avec une pluie de cadeaux. Ce n’était pas astucieux, mais tout simplement mal vu.

Donc, il faut s’inquiéter pour nos enfants. A quand un patronat qui pensera à l’intérêt général, générateur de profits plus encore que le management à la petite semaine ?

Nouvelle casse : chez Alcatel-Lucent, qui n’en fini pas de dégraisser. Le martyrologue vous lasse ? Pas ceux qui sont virés !

Une déconstruction du monde, après faillite

19UTCp30UTC11bSun, 30 Nov 2008 18:08:19 +0000UTC 9,2008

La crise est un voile qui se déchire, en révélant tout ce qu’on avait refusé de voir jusque là. Ce n’est pas simplement un aphorisme vague, mais une constatation évidente. La crise économique laisse surgir à la surface des préoccupations profondes que l’euphorie de la croissance masquait. Le phénomène capital est la croissance économique. Comme l’observe avec justesse Guy Sorman (dîner débat avec les auditeurs de l’INHES, 25 novembre), nous avons vécu depuis 1991 dans la croyance d’une croissance continue, qu’il estime à 5% du Produit mondial brut pr an. C’est gigantesque, et on s’est installé dans l’illusion que ce rythme de croissance se maintiendrait pendant un temps sans limite. Certes, on comprenait bien que cette progression ne pourrait être continue, qu’elle serait marquée par des pauses, voire des reculs plus ou moins importants. Mais on la considérait comme de toute façon irréversible dans le modèle économique qui a lui a permis de se développer.

Or voici justement que cette crise actuelle apparaît comme beaucoup plus radicale que les autres. Autour des fondations, la terre se disloque, on découvre précisemment que ces fondations sont loin d’être aussi solides qu’on le croyait. Et même qu’elle se révèle d’une grande fragilité.

Pour avancer, il est nécessaire d’établir un premier bilan, qui nous conduira immanquablement à une déconstruction du modèle pour pouvoir imaginer une autre forme de vie sur terre. Le projet est ambitieux, je le sais, mais je pense qu’on ne peut éviter d’affronter cette immense difficulté.

Voici quelques uns des premiers éléments de mon analyse.

Déconstruire-reconstruire

Crise d’un modèle fondamental. Ce modèle est archaïque, il se réfère à une structure mentale antérieure à la première renaissance, au 15° siècle, centrée autour du château du Seigneur, de son carrosse, de son écurie, et d’une production principalement tournée vers la subsistance. Ce modèle s’est transformé en se généralisant, le château est devenu une petite maison individuelle dans une banlieue infinie, le carrosse s’est transformé en une grosse caisse métallique, la bagnole, entraînés par quelques dizaines de chevaux sous un capot-moteur.
Loin de renverser ce schéma, la Révolution de 1789 l’a imposé comme une nécessité, comme un droit pour tous. Depuis le début du 19° siècle la révolution industrielle s’est développée sur ce modèle, d’abord en Europe, puis aux Etats-Unis, puis dans le reste du monde. La liberté, c’est la petite maison et la bagnole.Et tout le système industriel qui permet d’assurer la pérennité de ce système. Urbanisme, architecture, béton, grands travaux routiers, sidérurgie, électronique, industrie automobile tout concourt à amplifier le modèle, puis à l’autojustifier. On ne peut revenir sur ce système sauf à mettre à bas toute l’économie mondiale. Il est au demeurant pour le moins étrange que les pays émergents adoptent ce modèle sans discussion.
Le système communiste, plus exactement le système collectiviste avait tenté d’imposer au autre modèle, fondé sur la gestion de masse et non sur l’individu. Le problème est que ce système ne pouvait que faillir dans la mesure où la massification impliquait l’écrasement de l’individu, la répression généralisée. Ce n’est pas la modèle qui s’est effondré, mais les moyens choisis pour l’atteindre. Car la réponse était d’une certaine façon pertinente : on ne peut aller jusqu’à l’infini dans le modèle rurbanisé de la société, forcément une limite sera atteinte. La crise absolue s’inscrit logiquement  dans ce développement.

Il est une autre révolution que l’on ne perçoit pas : la généralisation progressive de la « virtualité », d’un mode de communication fondé sur les rapports virtuels. Le grand révolutionnaire n’a pas été Marx, ni Rockefeller, ni personne, mais Edison. L’immense révolution est issue de l’exploitation des ondes, ondes de toutes sortes, comme support de la communication. Le téléphone, puis la radio, puis la télévision. Internet n’est qu’un avatar de ce système, mais qui le pousse toujours plus loin dans se implications.
Pour se parler, le transport par onde des informations ne nécessite plus une présence physique des deux partenaires, la présence peut ne plus être que virtuelle.

Secrets 2 – A propos du… “Cabinet noir”, par Guy Birenbaum

26UTCp31UTC12bSun, 21 Dec 2008 09:00:26 +0000UTC 9,2008

Précision en date du 21 décembre : voir le papier consacré hier 20 décembre aux ultimes confidences d’Yves Bertrand

Article d’origine 30 novembre

Je l’ai déjà écrit hier, j’aime bien le nouveau livre de Guy Birenbaum, Le cabinet noir. J’aime bien parce que, fidèle à sa réputation, Birenbaum met sur la table toute son information. Il raconte l’histoire d’un certain nombre de coups éditoriaux plus ou moins fumeux qu’il a su éviter. Plus par circonspection que par prudence. Il manifeste une certaine dose de candeur. Notamment quand il se demande comment un livre qu’il allait publier chez Denoël sur le juge Eric Halphen a été remis au Figaro par des mains secrètes avant publication. Guy doit savoir que les RG ont toujours été au courant des livres avant publication. Dans mes archives (inaccessibles, inutile de venir chercher ça chez moi) repose quelque part la “copie avant publication” d’un livre de Jacques Derogy que m’a remis un membre du… cabinet noir (!). Les RG ont toujours disposé d’informateurs patentés dans les imprimeries… et dans les journaux. Des informateurs le plus souvent insoupçonnables, du niveau des petites mains. Du Canard Enchaîné à tous les livres d’investigation, rien n’échappe à cette prépublication ! Et Yves Bertrand, cible de ce Cabinet noir n’était pas le dernier à en profiter.

Mais mon intérêt particulier pour ce livre est ailleurs. Peut-être sans le savoir, encore que… Birenbaum dévoile le nom du véritable animateur du pseudo cabinet noir, par la même occasion le persécuteur d’Yves Bertrand. C’est étalé en toutes lettes et en tout fac similé. L’homme n’est autre qu’Hubert Marty-Vrayance, commissaire de police. Il a oeuvré un temps dans le cabinet d’Yves Bertrand. Jusqu’à la découverte par le Directeur central des RG que son collaborateur se multipliait en scoops bidons, rumeurs infondées, provoquant d’immenses frayeurs. L’arrestation bidonnée d’Yvan Colonna, c’est lui. La thèse de l’assassinat de Pierre Beregovoy, c’est lui. Et surtout, l’invraisemblable théorie du complot développée par Thierry Meyssan qui dans L’effroyable imposture a prétendu expliquer les attentats du 11 septembre par une terrible machination montée par les Juifs et la CIA. Du coup, Yves Bertrand avait viré Marty-Vrayance de son cabinet. Le commissaire n’a jamais pardonné ce “forfait” à son ancien patron. Et depuis pour le persécuter répand dans la presse tous les bobards possibles. Les journalistes sont ravis de bénéficier de ces révélations fracassantes qu’ils prennent pour argent comptant, sans enquêter pour vérifier. Vous me direz que Marty-Vrayance n’est pas le seul à la manoeuvre, d’autres entendent avoir la peau d’un homme qui ne les aurait pas assez servis. Je le répète une nouvelle fois : je ne défends pas particulièrement Yves Bertrand qui pendant douze ans a oeuvré pour collecter du renseignement, pour le servir à ses patrons, dans un rapport quotidien au Ministre de l’Intérieur. Mais je me dois de dévoiler aussi le dessous des cartes. Et merci à Guy Birenbaum de publier les documents qui permettent de mieux comprendre.

13 h . Guy Birenbaum me précise :

L’affaire colonna telle que je l’ai vécue suffit à montrer le contraire de ce que vous avancez…
HMV [ Hubert Marty-Vrayance] est au coeur de l’enquête de Guillaume qui travaille pour Bertrand puisque c’est lui qu me conduit à Bertrand…
Et comme je le dévoile quelques jours après mon déjeuner avec YB, Guillaume et Robin, HMV est bien avec eux à Cosnes sur Loire pour tamponner Rougelet…

Mais je ne vois pas en quoi cette précision dément le rôle obscur et vengeur de Marty-Vrayance.

La crise et un mode de production absurde

39UTCp31UTC12bTue, 02 Dec 2008 08:00:39 +0000UTC 9,2008

Suite de la réflexion sur la crise.

Le modèle traditionnel s’appuyait à l’origine sur un mode de production assez sommaire, l’agriculture vivrière complétée par des pratiques encore proches des populations primitives, telles la chasse et la pêche. Si l’agriculture s’est progressivement industrialisée pour affronter les besoins d’une population mondiale toujours grandissante, si la chasse a pratiquement disparu comme activité productrice, ne subsistant de façon marginale que comme loisir, de manière assez curieuse la production piscicole n’a suivi que très tardivement le mouvement, puisque la pêche n’a guère évolué depuis les temps anciens. Sinon pour participer à un épuisement rapide des ressources naturelles. La production des fermes aquatiques, marines ou de rivière, reste aujourd’hui à peu près égale à celle de la pêche en mer. Laquelle est très probablement vouée à la disparition en  raison des conditions de travail que supportent de moins en moins les ouvriers de la mer, les ouvriers qu’on appelle des pêcheurs.
A terre, la production industrielle a tendu à satisfaire dans des proportions de plus en plus larges les besoins des consommations marginales plutôt que des consommations fondamentales. Je m’explique : aujourd’hui la sidérurgie travaille pour l’essentiel afin de répondre à la demande de l’industrie automobile.
Or l’automobile présente cette particularité d’être un produit aussi peu rentable que possible. Contentez-vous d’observer le taux d’occupation des véhicules privés dans la circulation. Vous pourrez constater que dans leur quasi totalité ils ne sont occupés que par une seule personne. Soit déjà une rentabilité inférieure à 25%. En outre, le véhicule reste immobilisé le long d’un trottoir ou dans un garage au moins vingt heures par jour – au mieux – sinon plus. Taux de rentabilité donc inférieur à 20%. Seule exception : le temps des vacances au cours de laquelle la famille entière est embarquée. Ce produit automobile d’une rentabilité dérisoire est en outre d’une très grande dangerosité. 4000 morts et 200 000 blessés par an en France,  a minima 20000 morts 1400000 blessés par an en Europe, à peu près autant aux EU. Quant au « monde émergent », Afrique et Asie, n’en parlons pas, les chiffres sont alarmants. Nous voici donc en face d’un outil d’une efficacité économique dérisoire, avec à la clé des dépenses de santé effroyables. Et qui nécessite pour tourner d’énormes masses d’énergie, en particulier le carburant tiré de ressources non renouvelables, mal réparties sur le globe, qui s’épuisent vite.
Ainsi considéré, le vecteur majeure de notre croissance apparaît comme un grave facteur de gabegie. La croissance peut-elle se justifier par la nécessité de cette gabegie ? On ne se pose la question – quelques minutes seulement – que lors des crises  périphériques qui nous obligent à considérer les choses autrement. J’appelle « crise périphérique » la succession d’événements qui nous contraint à regarder les choses de plus près. C’est le cas en particulier des « chocs pétroliers » successifs au cours desquels les prix des carburants ont été multipliés à la production par 10, passant de 15 dollars le barril de pétrole à 150, pour retomber à 50 : ces mouvements erratiques mettent l’accent sur la dépendance absurde de notre modèle économique avec des décisions complètement irrationnelles. Le même raisonnement peut être appliqué, mais sans dimension d’un risque mortel, aux besoins énergétiques indispensables pour construire et chauffer les maisons individuelles. Il s’avère que la montée permanente prix du mazout domestique contribue à appauvrir dans des conditions souvent dramatiques les propriétaires modestes. J’avais déjà attiré l’attention de l’opinion sur cet aspect très particulier dans mon livre « Dossier I… comme immobilier » publié en… 1974. Naturellement personne ne m’a écouté. Et aujourd’hui, dans les banlieues des pays froids, aussi bien aux Etats-Unis qu’en Europe, on se gèle, sans espoir de voir la situation s’améliorer autrement que par miracle. Comme le miracle n’existe pas, il faudra bien reconsidérer l’option du « tout maison individuelle ».
Une option qui a une seconde conséquence tout aussi coûteuse, la révolution de la distribution des biens désormais dominée par ce qu’on appelle la « grande distribution », à savoir les hyper marchés, les malls implantés au sein des banlieues. Les clients sont drainés par des parkings immenses.
Suite demain de cette réflexion

Négociation de crise

11UTCp31UTC12bMon, 01 Dec 2008 16:10:11 +0000UTC 9,2008

Nous avons vu pour vous hier soir (dimanche 30 novembre) sur le bouquet canal street/13° rue, “négociation de crise” réalisé par Loïc Ton-That (agence Capa).

3ème Garde à Vue pour Faustine Bollaert qui nous emmène cette fois dans l’univers de la négociation de crise :
En « Garde à Vue » face à Faustine Bollaert ce mois-ci, Philippe Legorjus le négociateur historique des débuts du GIGN, qui a notamment “négocié” pendant la prise d’otage d’Ouvéa en 1988. Aujourd’hui, il est parti vers le privé et est devenu un professionnel de l’investigation économique au service des entreprises en France.

Le film “Négociateur”– de F. Gary Gray avec Samuel L. Jackson et Kevin Spacey, a été suivi par un documentaire inédit “Négociations de crise”, de Loic Ton-That. Il nous permet de nous familiariser avec les unités d’élite qui, depuis leur naissance dans les années 70, ont progressivement formalisé le métier de négociateur : découverte d’une fonction méconnue. Philippe Legorjus, ancien colonel de gendarmerie et patron du GIGN nous guide vers ce métier délicat.

Pour voir ce sujet, à partir de demain, recopier le lien suivant.

http://video.msn.com/video.aspx?search=garde%20%C3%A0%20vue%20&mkt=fr-fr

Justice des mineurs-Tous coupables, bis

24UTCp31UTC12bTue, 02 Dec 2008 03:55:24 +0000UTC 9,2008

Justice des mineurs : dix contre-propositions

En vue de l’élaboration d’un projet de loi permettant à Rachida Dati de reprendre pied sur la scène politique, le 3 décembre sera rendu public le rapport d’une des innombrables commissions qui sévissent sous Sarkozy, la commission Varinard chargée  de plancher sur la justice des Mineurs. Le club Droits, justice et sécurités propose dix mesures alternatives.
La presse s’étale avec complaisance sur les propositions de cette commission. la principale est «l’élaboration d’un code dédié à la justice pénale des mineurs».  avec modification de l’âge de la responsabilité pénale, descendue à 12 ans,  «âge le plus pertinent, au regard de la réalité actuelle de la délinquance juvénile», contre 14 ans à l’heure actuelle. Déjudiciarisation de la première infraction – avec le renvoi du jugement de la première infraction au Conseil local de sécurité ; instauration d’un avertissement final, création pour les 16-18 ans d’un tribunal correctionnel pour mineurs spécialement composé. Instauration d’une peine d’emprisonnement de fin de semaine. Le rapport prévoit de créer un statut particulier pour l’audition des mineurs de moins de 12 ans, assorti d’une “mesure de retenue”, une sorte de garde à vue de 6 heures renouvelable une fois.
Pourquoi ce pénultième projet de toilettage de l’ordonnance de 1945 régissant la justice des mineurs ? Parce que, selon la Chancellerie, la courbe de la délinquance des mineurs n’a pas suivi la baisse de la délinquance générale. Quand les chiffres globaux montrent une diminution de 3,7 % en 2007, ceux de la délinquance des mineurs continuent à augmenter : + 1 %. Et parmi ceux-ci, celle qui augmente le plus est celle des plus jeunes : + 11 % pour les moins de 13 ans, + 10 % pour les 13-16 ans contre +6 % pour les 16-18 ans.
On oublie simplement de préciser que les faits de grande délinquance imputés à des mineurs sont rigoureusement stables depuis 1945, à raison de 300 faits par an. Ce qui augmente, ce sont les outrages et les vols avec violence, pas la délinquance la plus grave
Avant même de devenir un projet de loi au sens strict, ce rapport provoque de gros remous.  La justice des mineurs, estiment les membres du club, serait mise en cause sous l’influence de l’émotion. Options : plus de peines, plus de modestes mesures éducatives, contrairement à la situation actuelle. Le 27 novembre dans un café du 5° arrondissement, magistrats, avocats, professeurs de droit, travailleurs sociaux, les membres d’un “café citoyen”, organisé par le club « Droits, justice et sécurités » (DJS),ont présenté un réquisitoire en règle contre les idées qui soustendent ces travaux. Le groupe souligne que…

Les propositions du rapport « Varinard » sont à cet égard une dramatique régression. Le renvoi d’un mineur devant le tribunal correctionnel doit être exclu comme c’est le cas aujourd’hui. En cas d’infraction mixte, c’est au majeur d’aller devant la juridiction des mineurs, et non pas aux mineurs d’aller devant la juridiction des majeurs.

Selon le bon principe du 11° commandement, “tu ne légiféreras jamais par plaisir et pour faire plaisir”, les uns et les autres ont dénoncé un texte habilement habillé par quelques principes incontestables, qui masquent une réalité beaucoup plus prosaïque : la Chancellerie souhaite purement et simplement démolir la justice des mineurs telle qu’elle fonctionne en France, et en particulier retirer au juge des mineurs sa double casquette de juge unique qui prononce des mesures éducatives et une peine et de juge qui suit l’application de la peine. Il s’agit d’instrumentaliser la justice des mineurs pour amener la question sur le terrain politique.
Christine Lazerges, professeur de droit, Vice Présidente du club DJS, spécialiste du droit des mineurs, s’interroge :

La loi va-t-elle pouvoir changer la situation ? On n’améliore pas ainsi la prise en charge des mineurs délinquants. Ce n’est pas la nature des sanctions qui pose problème, mais leur mise en oeuvre. On veut multiplier les sanctions pénales en ignorant les mesures éducatives. Le discours de Rachida Dati implique des réponses purement répressives.

En vérité, observe-t-on, tous les adolescents sont des enfants en danger, on refuse de voir cette réalité.    Car, souligne l’avocat Jean-Pierre Mignard, les enfants sont les premières victimes. Avec ce texte, on va vers la répression de masse, le groupe “mineurs” est considéré comme globalement responsable. On refuse de voir le cas des enfants victimes des forces d’autorité. Quand il y a des dérapages policiers, les investigations sont bloquées, aucune information n’est jamais ouverte, sauf sous pression de la rue. Comme les jeunes ne se sentent pas entendus ils répliquent par des violences contre les policiers. Il faudrait qu’intervienne dans tous les cas de figure un juge, ce serait très pédagogique. Le club avance dix propositions alternatives.
La principale proposition recommande l’ouverture systématique d’une information judiciaire dès lors qu’il y a une atteinte aux personnes qui concerne un mineur, auteur ou victime. Une telle mesure permettrait de réconcilier les jeunes des quartiers avec la société. Un renforcement considérable du système serait nécessaire, objecte-t-on.
Choisir 13 ans comme âge de la responsabilité pénale parce qu’il s’agit de l’âge médian d’entrée dans l’adolescence. Plusieurs pays d’Europe fixent cet âge à 14 ou 15 ans. Très rares sont ceux qui comme l’Angleterre le fixe dès 10, 11 ou 12 ans.
Maintenir fermement le principe de la sanction éducative pour les mineurs et déterminer dans la loi les critères de prononcé d’une peine proprement dite, par exemple les circonstances et la personnalité. Pour tout mineur poursuivi pénalement un dossier de personnalité, qui est autre chose qu’une simple enquête sociale, doit être constitué.
La sanction de la réparation sous la forme d’une activité de réparation doit être la sanction éducative privilégiée selon tous les spécialistes de la délinquance des mineurs. Cela suppose une mobilisation non seulement de la protection judiciaire de la jeunesse mais d’un beaucoup plus grand nombre d’associations habilitées à mettre en œuvre les décisions des juridictions pour mineurs. Aujourd’hui, non seulement le budget de la protection judiciaire de la jeunesse est rogné mais encore le budget du Ministère de la justice (au 35ème rang en Europe…) s’épuise bien au-delà du raisonnable dans la construction de prisons y compris pour mineurs.
Diversifier et multiplier les lieux et les formes de placement du mineur est un autre impératif).
Affirmer la responsabilité pénale du mineur délinquant à un âge qui corresponde à l’entrée dans l’adolescence doit être sans incidence directe sur l’éventualité d’une peine de prison. En effet, la condamnation à l’emprisonnement doit demeurer l’ultime recours dans un nombre infime de cas. Si peine de prison il y a, l’aménagement de la peine ne doit pas être obligatoire un an avant la sortie comme le propose le rapport « Varinard » mais être pensé et mis en place dès l’entrée en prison. Nous proposons que les assesseurs représentant la société civile au tribunal pour enfants doivent pouvoir être utilement associés au bon déroulement de la phase de l’exécution de la sanction.
La spécificité et la spécialisation de la justice des mineurs, civile et pénale, doit être totalement sauvegardée et même confortée, de même que doit l’être la procédure applicable aux mineurs.
Etendre aux jeunes majeurs délinquants, comme en Allemagne, la possibilité de se voir condamner à des sanctions éducatives par des juridictions ordinaires, empruntées au droit pénal des mineurs
En conclusion :
Il ne faut pas se leurrer : ce n’est pas en changeant la loi que l’on répondra mieux à la délinquance des mineurs. Plus que la dureté d’une sanction, c’est la réalité de son exécution qui compte.

Mais, s’exclame encore l’avocat Jean-Pierre Mignard, un accroissement des moyens donnés à la justice des mineurs serait de toute façon moins coûteux que les déprédations commises lors des émeutes urbaines, toujours provoqués par le refus de la justice d’entendre les jeunes.

A propos de Villepin

10UTCp31UTC12bWed, 03 Dec 2008 17:09:10 +0000UTC 9,2008

Mini “scoop” : j’apprends que à la suite d’un “problème technique” sur sa ligne de téléphone Dominique de Villepin a été placé sous écoute judiciaire, jusqu’à sa prestation de serment comme avocat. Est-ce de la persécution ?

Je peux vous préciser que selon mes toutes dernières informations toutes les communications radio électriques peuvent être en permanence interceptées. Facture pour le Ministère de la Justice : pour chaque réquisition coût de 7 €.

Et sur les ondes est diffusée la grande nouvelle : notre beau poète et néanmoins ex Premier ministre projeterait de fonder un parti politique. Ne serait-il pas plus simple pour lui de participer à un “club des dissidents“. Ils pourraient côtoyer Nicolas Dupont Aignan, François Bayrou, Jean-Luc Mélenchon, Olivier Besancenot, Eric Besson, Jean-Marie Bockel tous deux dissidents dans la dissidence). Pas de ligne politique commune, mais une volonté de s’agiter sur la scène politique.

Les écoutes – tous sur écoute, et tout le temps.

42UTCp31UTC12bThu, 04 Dec 2008 07:57:42 +0000UTC 9,2008

Ce papier sur les écoutes a été légèrement modifié. Voici sa version actualisée.

Tous sur écoutes
Mauvaise nouvelle pour les paranoïaques

Les Ecoutes, c’est encore pire que ce que je croyais. La technique permet désormais tout. Et le reste. On m’interroge souvent, on me pose ce genre de question : “J’entends des cliquetis dans mon téléphone, je crois être écouté. Qu’en penses-tu ?”
Eh bien, je n’en pense rien. Parce que je peux vous l’affirmer : nul ne peut détecter quand il est écouté ou non. Un de mes amis spécialisés dans ce genre de pratique m’a expliqué en long et en large que comme l’interception porte sur les ondes radio électriques, totalement immatérielles, il n’existe aucun moyen technique connu pour détecter les écoutes. Judiciaires, administratives ou sauvages, même topo. Et téléphone ouvert ou fermé, les experts peuvent accrocher votre ligne sans le moindre problème ;
Quand les liaisons téléphoniques transitaient par des fils de cuivre, quand les enregistrements étaient effectués sur des magnétophones – j’en ai vu beaucoup en parcourant des locaux de police pour une raison ou une autre -, il était possible de détecter les détériorations de signal provoquées par les branchements. Aujourd’hui, avec le numérique, c’est fini.
Donc, où que vous soyez, du moment que vous portez sur vous un téléphone cellulaire, on peut récupérer non seulement les communications transmises, mais encore tout ce qui se passe autour de vous. Le téléphone devient en quelque sorte un micro d’ambiance. Même avec un téléphone fermé ?

Même avec un téléphone fermé, précise mon interlocuteur. Mieux, l’agent chargé de l’écoute peut même ouvrir à distance votre téléphone à votre insu. Vous croyez que votre portable est fermé alors qu’il est ouvert, on entend tout ce que vous dites, tout ce qu’on vous dit, on perçoit – et donc on enregistre – toutes les conversations autour de vous. L’écoute fonctionne comme une téléconférence, c’est-à-dire qu’un troisième partenaire silencieux, dormant, vient s’insérer dans votre dialogue.

Et des logiciels spéciaux permettent de corriger le son, d’effacer les parasites, d’amplifier des voix trop faibles. Il y a mieux encore : votre téléphone peut être utilisé comme “radio balise”, grâce à l’appoint du système GPS, il permet de suivre tous vos déplacements, de vous localiser au mètre près.
D’assez nombreuses sociétés de transport – taxis et camions – utilisent d’ailleurs cette faculté pour suivre instant par instant le déplacement des véhicules. Des contrats spéciaux dits de « tracking volontaire » sont conclus dans ce sens avec les sociétés spécialisées dans les écoutes. Elles fournissent toute la gamme de prestations, y compris les services de traduction instantané. Dans toutes les langues possibles.
Elle est loin l’époque où le grand système des Ecoutes était installé dans les sous-sol de la caserne La Tour Maubourg, sur le boulevard éponyme à Paris. Dans ce temps-là, des dizaines de postes de travail étaient alignés, des officiers de Police judiciaire devaient prendre en note tous les propos recueillis dans les écouteurs. Fini, fini. Ce temps préhistorique – quelques années seulement – est révolu. Maintenant, tout le procès technique est accompli à distance. A Paris, on peut écouter en temps réel tout ce qui est dit en Martinique, à Dulles, le siège de la CIA, on peut pirater tous les secrets d’Etat qui transitent par le téléphone. C’est pourquoi, d’ailleurs, à peine élu, Barack Obama s’est vu confisquer son “Blackberry”; dont il était un utilisateur quasiment maniaque. Sécurité nationale oblige.  Mon Omniprésident, qui est un “adicté” du portable pourrait en prendre de la graine.

Si vous voulez éviter l’écoute sauvage, précise mon interlocuteur, il faut retirer la batterie de l’appareil. Et même dans ces conditions il y a probablement un moyen de vous suivre à la trace !

En vérité, le seul moyen d’échapper aux écoutes, ou au moins de les retarder, le cryptage. Une technique horriblement coûteuse, donc hors de portée de l’utilisateur moyens. J’ai bien écrit : retarder, car à ce jour aucun cryptage ne résiste bien longtemps aux efforts pour le casser.

En principe ces écoutes légales sont sévèrement encadrées et contrôlées par la Commission nationale de contrôle des interceptions de sécurité
Pour les enquêtes de PJ, soit les demandes émises par les magistrats instructeurs, 20000 par an, doivent transiter par une super plateforme dépendant du ministère de la justice,  capable de traiter voix, images, mails et SMS  à un rythme industriel.
Les sociétés prestataires ne peuvent travailler que sur réquisition judiciaire en bonne et due forme. Coût : moins de 8 € par connexion, un coût divisé par 5 en deux ou trois ans. Un service spécial du Ministère de l’Intérieur est chargé de contrôler la légalité des écoutes. Pour les écoutes dites « administratives », c’est-à-dire pratiquées hors poursuites judiciaires, par exemple pour surveiller des « terroristes » potentiels, l’autorisation doit être délivrée de façon formelle par le cabinet du Premier ministre. On en compte 6000 par an. Mais la technique va plus vite que la loi. . Aujourd’hui n’importe quel bon bidouilleur informatique peut intercepter votre téléphone. Et entrer sans la moindre difficulté dans la mémoire et dans l’intelligence de votre ordinateur. A Paris seront bientôt installées des milliers de caméras dans la rue, comme à Londres. Mais déjà des millions de microphones sauvages sont en opération : vos téléphones portables.
Pour les policiers tranditionnels, les vieux, cette pratique des écoutes généralisées présente un défaut majeur. L’un d’eux – non, je ne citerai pas ma source – me confie :

Avec cette pratique des écoutes, les jeunes policiers perdent l’habitude d’enquêter, ils ne se fient plus qu’à la technique, on ne va plus sur le terrain.

Alors, les écoutes tueraient-elles Sherlock Holmes ? J’avais déjà repéré que les James Bond modernes de la CIA, de la DGSE ou du Mossad répugnaient à aller au contact pour recuillir du renseignement. Apparemment le mal s’étend à la police judiciaire.

L’Empire du mal, nom de code Babylone

10UTCp31UTC12bThu, 04 Dec 2008 08:30:10 +0000UTC 9,2008

Hypothèse : la guerre d’Irak est le fruit d’un fantasme religieux de Georges W

Réflexions à propos de l’Apocalypse, par Jérôme Prieur et Gérard Mordillat, Arte, mercredi soir 3 décembre.

Jérôme Prieur et Gérard Mordillat poursuivent depuis longtemps une entreprise assez stupéfiante, consistant à trouver, à débusquer les racines du christianisme dans les textes anciens et dans les paroles des historiens de la religion. Les deux volets présentés ce mercredi soir avaient pour ambition d’explorer le contexte historique très précis de l’Apocalypse, un texte attribué à un certain Jean – on n’a aucune certitude quant à l’auteur – ; datant probablement soit de 70 soit de 95 après JC, alors que l’auteur supposé était exilé, assigné à résidence dans l’île grecque de Patmos. Pamphlet combattant, soulignent les experts appelés à la barre, texte de révolte contre Rome, texte qui appelle à la destruction de Rome. Rome, la capitale de l’empire temporel, considéré comme le symbole de la Puissance du Mal. Rome qui sera en effet détruite par le feu en 60, incendie imputé par Néron à la communauté chrétienne naissante, alors qu’il est très probablement le résultat d’un simple accident qui a embrasé une ville construite en bois.

Ce petit détour historique était indispensable pour rendre compte de ce qui m’a frappé en suivant les méandres savants de cette longue investigation dans un passé pour le moins obscur. Et ce qui m’a frappé est ceci : les chrétiens ont interprété cet incendie de Rome comme le geste de Dieu annonçant la fin du monde. Les Chrétiens attendaient le retour du Messie, le Christ qui devrait revenir sauver les hommes sur terres après son ascension, un retour qui annoncerait la fin du monde, la destruction de Rome leur est apparue comme l’événement annonciateur. L’espoir. Il n’y aurait pas lieu de s’arrêter un peu plus longuement sur cette tragédie historique si dans l’Apocalypse, Rome, l’empire du mal, ne figurait-elle pas sous le nom de code de Babylone ? Babylone, c’est le mal, l’empire qui doit être effacé pour que renaisse le monde.

Je veux en venir ceci : quel objectif Georges W.Bush a-t-il poursuivi en engageant la guerre contre l’Irak ? La destruction de l’Empire du mal, n’a-t-il jamais cessé de répéter. Et voici mon hypothèse, qui m’a été inspirée par cette difficile plongée dans l’Apocalypse : et si le nouveau Chrétien – reborn – Georges W. Bush avait pris le Nouveau Testament au pied de la lettre ? Et si en partant à la conquête de l’Irak,  à l’assaut de ce qu’il a lui-même appelé l’Empire du mal, si en ordonnant la chute et la mort de Saddam Hussein, ne s’est-il pas vu comme la main de Dieu, l’ange armé de Dieu chargé de détruire l’Empire du Mal ?

Su le moment, appuyé par son équipe, W a tenté de justifier cette guerre par la présence des ADM, armes de destruction massives. Les outils et les armes de Satan dont Saddam et son armée étaient suspectés de disposer. Les armes propres à détruire le monde. Donc, il aurait conduit l’incendie de Bagdad et la destruction de l’Irak pour éviter au monde la fin apocalyptique promise par les textes de Jean et de ses contemporains.

Bush reconnaît aujourd’hui que les ADM n’ont existé que dans l’imagination de ses courtisans, mauvais informateurs, piètres conseillers. Il est toujours temps d’implorer le pardon des autres en reconnaissant ses fautes quand on va quitter le pouvoir. Ou plutôt en imputnt ses propres fautes aux autres.

Je dois convenir que cette hypothèse d’une inspiration divine serait susceptible d’éclairer l’initiative guerrière, la décision aventureuse et irréfléchie de Georges W. Une guerre sans fin qui ruine les Etats-Unis et le monde. La destruction de l’Empire du mal n’a pas de prix.

La crise vue par un ménage dans l’Etat de NY

23UTCp31UTC12bFri, 05 Dec 2008 16:28:23 +0000UTC 9,2008

Un couple d’amis américains me permet de vivre la crise par l’intérieur. Lui est agent immobilier, spécialisé dans le haut de gamme. Elle est consultante en sociologie, ils sont à mi cours de la soixantaine. Ils ont vécu formidablement bien, ils possèdent une jolie maison à une cinquantaine  de miles de NY, dans la Vallée de l’Hudson.

Et il y a la crise. Voici comment ils la vivent, m’écrit mon amie :

We are concerned about our earning ability in the next year.  The local real estate market is silent, which is partly to be expected during the winter, my husband is hopeful that sharp decreases in interest rates may stimulate some more business when the normal real estate season gets under way in March.
Our retirement savings have been hurt by the economic crisis, so we both will be working for quite a few more years (not that either of us was planning early retirement).
[Our daughter] is busy working and loving her job and we have our fingers and toes crossed that her company will be able to survive the economic crisis.  She’s working for a women’s clothing company. So while the whole retail sector was down in October, their decrease was smaller than for other companies.
We are all watching the political and economic crisis unfold here and wishing that Obama were already in office.  George Bush seems to think that he doesn’t need to do anything at all for the last month of his presidency, and there is a limit to what Obama can do before the new session of Congress opens with increased Democratic votes to pass some dramatic economic reforms.  So far, he seems to be doing as much as he can without getting too deeply involved before he has real power.

Il va sans dire qu’ils sont démocrates, ce sont eux qui m’ont conseillé dès le mois de juillet dernier de lire le premier livre écrit par Barak Obama, même si mon amie penchait plutôt pour Hilary Clinton. Et désolé de vous passer le texte en anglais, c’est plus vrai comme ça.

Crise, pollutions et mauvaises solutions

47UTCp31UTC12bFri, 05 Dec 2008 15:00:47 +0000UTC 9,2008

Et l’écologie, bordel ! L’Ecologie, ça existe ?

La suite de ma réflexion porte naturellement sur la destruction rapide de l’environnement liée à l’expansion de la société de consommation.
Donc, le solution à tous nos maux, c’est l’écologie. Active. Ah oui ? Mais « keskecsé », l’écologie ?
Je ne suis pas vraiment ce qu’on appelle un écolo fanatique c’est-à-dire obsessionnel, hostile au fond de moi-même à toute forme de progrès parce que j’ai peur, parce que je ne veux pas montrer ma peur, donc je l’habille avec un jargon écolo-réactionnaire. Il y a les écolos qui ont peur de tout, et les observateurs de l’environnement qui se dégrade, le combat des uns et des autres n’est pas toujours, n’est pas forcément le même.
Il ne s’agit ap sseulement de la société de consommation. En vérité, la présence de l’homme a toujours contribué à la destruction de l’environnement, à partir du moment où la race humaine est sortie de sa niche initiale. L’homme prend la place de la nature, plus il y a d’hommes, moins est importante la place de la nature. Désormais on doit compter ce qui reste de nature sauvage. Nouvelle Guinée, Amazonie, quelques arpents du Nord Canadien et du Nord russe. Ou encore dans les marais de Louisiane et de Floride. Chez nous, en Europe, nos champs sont labourés depuis des millénaires, nos forêts sont toutes artificielles puisque nos forêts primaires ont été détruites dès l’invasion des Celtes, quelques siècles avant Jean-Claude (before JC). Parfois aussi, la sauvage nature reprend le dessus, comme dans certaines portions du Mexique. Sinon… En allant au Niger, j’ai été frappé par l’invasion des espaces semi désertiques par les sacs en plastique noirs. La steppe est noire et mouvante, ce sont les sacs poubelles qui volent sous la poussée du vent.
La mer… La mer est, on le sait, une poubelle, les marins se débarrassent de leurs ordures en les jetant par dessus bord… Les pétroliers nettoient leurs cuves avec de l’eau de mer, aussitôt polluée, aussitôt rejetée…
Pire : la plus grande partie de nos ressources naturelles fossiles a été détruite par les nécessités de l’expansion. Seuls les noms de villages et de vallées rappellent que la France a été un pays incroyablement riche en or.
Tout serait réglé si on respectait de façon stricte les règles fondamentales et détaillées de l’écologie. Ah oui ? Je vais vous choquer encore : l’écologie n’apporte aucune solution, c’est un combat de défense, d’arrière garde, et, comme tel, perdu d’avance. C’est un combat contre les effets d’une civilisation aussi galopante qu’incontrôlée. Le chant d’un retour à la nature sauvage n’est même pas utopique, il relève de l’impossible. On ne revient jamais en arrière, contrairement à ce que veulent croire les écologistes.
Prenons un exemple parmi d’autres d’une situation aberrante. Pour économise les énergies fossiles, tous les pays du monde se lancent à la conquête des énergies renouvelables. Parmi lesquelles l’éolien, c’est-à-dire la récupération de l’énergie du vent. On peut escompte 10, 15 % d’économies.  A condition de multiplier les « fermes d’éoliennes », comme on peut en voie en Californie, à l’entrée de Palm Springs ou de San Francisco. Ou en Beauce, entre l’autoroute A 20 et la ligne de chemin de fer. Des centaines d’éoliennes géantes poussent un peu partout dans le monde. Or ces tours hautes souvent de plus de 100 mètres sont un vrai facteur de pollution visuelle. Et de bruit. Des groupes d’écolos sont en train de se constituer pour bannir ces engins monstrueux. Ce n’est qu’un détail, dans un problème d’une immense complexité. Alors, faut-il agir sur la source des pollutions, c’est-à-dire notre mode de vie toujours plus exigeant en énergie, ou sur les effets de la pollution, c’est-à-dire la consommation excessive d’énergie fossile ?
Réfléchir à la crise, c’est aborder ces questions sans œillères.
Et voici qu’un de mes amis me pose la question : et si la crise était un événement salutaire ? Et Si elle nous obligeait à rechercher d’autres solutions ?
En France, on n’y est pas encore : dans son plan de relance, pour sauver l’emploi des ouvriers de l’automobile, Notre excellent Président, mon OmniPrésident, privilégie le soutien économique à l’industrie de la bagnole. La source de toutes les pollutions. Et nous voici reparti pour un tour…

ECOUTES – Polémique

27UTCp31UTC12bSun, 07 Dec 2008 09:40:27 +0000UTC 9,2008

Un prof pas content de mes informations sur les écoutes et interceptions de sécurité

Mon papier sur les nouvelles techniques d’écoutes a provoqué une avalanche de lectures et un début de polémique : sur rue89, pas moins de 44.000 visites uniques, ce qui est énorme. “Tu surfes sur les angoisses, me dit un de mes amis. Il est normal que les gens se précipitent dans cet entonnoir. Ainsi, un professeur d’électronique m’écrit, dans des termes pour le moins cavalier :

Je suis professeur en électronique et je suis attérer par votre article. ETES-VOUS VRAIMENTJOURNALISTE ?

Oui, je suis vraiment journaliste. Mais il m’a fallu beaucoup d’efforts pour obliger ce “professeur” à l’orthographe totalement défaillante à se dévoiler. Il ne m’en délivre pas moins une leçon magistrale.

Résumé de cours sur la téléphonie mobile :

EN MODE VEILLE :
Le mobile envoi des signaux de positionnement à l’opérateur qui
permettent à celui-ci de savoir quelle antenne (BTS) est la plus proche de
l’utilisateur afin d’optenir une qualité optimale.
Cette localisation permet aussi de passer d’une antenne à une autre sans
coupure de la communication lorsque l’utilisateur se déplace (HANDOVER).

Cette technique fonctionne de la manière suivante :

-On mesure la puissance du signal transmis à plusieurs antennes BTS (au
moins 3)
-On determine la distance entre le mobile et chacune de ces antennes
-On utilise une technique similaire à la triangulation pour determiner
votre position

Elle peut être utilisée pour vous localiser MAIS CELA N’A RIEN A VOIR
AVEC LE GPS (qui fonctionne à l’aide de satellites) ET sa precision est de
300 mètres et deux kilomètres (selon qu’on soit en zone dense/Urbaine ou
en zone rurale).

Pour ce qui est de l’écoute « ambiante ». Aucune procédé de ce type n’est
prevu ni dans la norme GSM/GRPS/EDGE ni dans sa variate DCS ni dans la
norme 3G/UMTS/HSDPA.

Pour que cela soit possible il faudrait que ces normes établient par le
CEPT (European Conference of Postal and Telecommunications Administrations)
soient volontairement falsifiées pour le grand public et que tous les
acteurs du secteurs soit dans le coup (une centaine de constructeur et plus
de 300 opérateur dans le monde ainsi que toutes les sociétés
sous-traitantes)

CA FAIT UN PEUT GROS COMME COMPLOT, NON ??!!??

De plus avec du materiel de laboratoire il est également possible de
mesurer les emission GSM d’un mobile…
Tous les électoniciens et bidouilleurs du monde sont dans le coup aussi
!!! Vous vous rendez compte ….

EN MODE APPEL :
Il est tout à fait possible d’écoutez les conversations !

BON je vous épargne le passage sur l’écoute lorsque le mobile est
eteint…
ET le passage sur l’écoute lorsque le mobile est eteint et la batterie
débranchée je préfère en rire…

Voici ma réponse, sans omettre de mentionner les innombrables fautes de grammaire et d’orthographe, étonnantes pour un prof !

Je ne doute pas de vos connaissances techniques, c’était d’ailleurs mon niveau de connaissances atteint il y a quelques semaines. Par exemple, la géolocalisation des appels par portable par triangulation utilisant les antennes de la cellule comme bases de calcul, technique utilisée notamment dans l’affaire Erignac. Mais elle nécessitait des émissions actives à un moment donné, répercutées par les opérateurs vers les enquêteurs. C’est un stade tout à fait dépassé. De nouvelles informations tirées de sources que je ne peux citer m’ont permis d’évoluer radicalement vers le niveau de connaissances évoqué dans mon papier. C’est évidemment perturbant. GPS : sur une question précise, mon interlocuteur m’a bien répondu que les techniques de géolocalisation étaient employées par l’intermédiaire des téléphones portables utilisées comme balises radio pour le “tracking volontaire”, par les sociétés de transport. Interceptions téléphone fermé. J’aurais dû m’en douter en lisant les instructions données pour identifier les personnes qui volent des portables : même si vous changez de puce, même si vous enlevez la batterie, il semblerait que l’appareil lui-même soit porteur d’une identification électronique permettant de le repérer, je ne connais pas le détail exact. Mes connaissances étaient suffisantes et mon informateur bien identifié pour que je puisse considérer comme crédibles ces nouvelles informations. J’ajouterais cece : des techniques de contrôle à distance sont systématiquement mises en oeuvre dans le trafic internet, de très nombreuses “réparations” sont effectuées à distance ; les techniciens avec lesquels je travaille pour mon propre blog ne viennent jamais chez moi, ils se contentent de me poster un mail pour m’informer des travaux effectués. A fortiori, tout site internet, toute boite de courrier est accessible à distance, et sans en informer forcément l’utilisateur. Ce qui signifie en clair que toute votre messagerie peut être interceptée sans la moindre difficulté. Et même, au besoin, manipulée.

Une précision à propos de l’emploi éventuel des portables dont on aurait retiré la batterie pour éviter les interceptions. Je doute moi-même plus que sérieusement qu’il soit possible d’utiliser le portable dans cette configuration pour mener des opérations de tracking. Techniquement, il me semble en outre impossible que le portable sans énergie soit utilisable pour assurer des écoutes. Toutefois, selon certains techniciens, il apparaît que éventuellement, le portable soit susceptible d’être employé comme relais passif (micro dormant) dans certaines configurations. En tout état de cause, pour le moment, la plupart des techniques décrites ne peuvent actuellement être mises en oeuvre que par des techniciens de très haut niveau. Affirmons-le clairement, par des services de renseignement. Qui ont toujours été à l’origine des principales avancées en matière d’écoutes.

Ecoutes, polémique : les internautes informateurs

04UTCp31UTC12bSun, 07 Dec 2008 09:55:04 +0000UTC 9,2008

L’article sur les Ecoutes : avalanche de polémiques 2

Mon article sur les Ecoutes sophistiquées publié sur rue89 a donc provoqué une avalanche de réactions, et, de façon assez curieuse, de graves doutes quant à mes sources et à mes compétences techniques. De nombreux intervenants mettent en cause la qualité de l’information véhiculée par cet article, tout en apportant de bien intéressantes précisions. Je vous en rapporte l’essentiel, assorti de réponses.

Oui, on peut mettre quelqu’un sur écoute (quand on voit les démarches administratives quand on ouvre une ligne de téléphone mobile, c’est fait dans le sens que la carte SIM est associée à une personne physique). Mais ça n’est pas à la portée de tout le monde d’espionner parce que chaque conversation est cryptée et tous les cryptages ne sont pas tombés dans le domaine public,
Les interceptions de communication, se font toujours au niveau du filaire, dans les bon vieux centraux, et oui la voix passe par beaucoup d’infrastructure terrestres avant de passer d’un tel à l’autre.

Cet intervenant n’est pas très en avance. Il y a belle lurette que les bons vieux centraux ne sont plus utilisés pour les écoutes, il suffit d’une émission radio électrique pour que soit effectuée l’interception.

Il n’y a pas besoin de commission rogatoire pour que la police accède a ces données (donc zéro contrôle de l’autorité judiciaire), n’importe qui dans un commissariat peut envoyer un fax à Orange pour avoir ces infos.

Inexact. Aucun commissariat ne peut demander des écoutes directes. Comme je l’indique, c’est ou une commission rogatoire délivrée par un juge pour la PJ, ou une demande formelle au cabinet du Premier Ministre pour les écoutes administratives.

Les écoutes proprement dites sont censés etre effectuées uniquement apres autorisation d’un juge, mais vu le nombre de dossiers qu’ils voient passer les verifications ne se font peu etre pas de facon approfondies.
Les opérateurs GSM conservent les données de connexion de tous les utilisateurs pendant deux ans. Ces données contiennent le numéro du correspondant, la durée de la communication mais aussi toutes les informations de roaming (le passage d’une cellule GSM à une autre).
Le plus inquiétant c’est les données de roaming, ça veut dire que si vous possédez un telephone portable, et que vous le laissez allumé, on peut savoir tous les endroits ou vous vous etes rendu avec une précision de l’ordre de 50m à 200m (par triangulation).
On peut donc par exemple savoir que vous êtes souvent à proximité de tel ou tel personne,
« N’importe quel bon bidouilleur informatique peut intercepter votre téléphone » : mais oui, c’est cela, tout informaticien est méga omniscient omnipotent … « Bon » doit désigner une catégorie que je qualifierais plutôt de « extrêmement pointue » actuellement ?

Peut-être …

J’arrête là, on *peut* (surtout la NSA ?) faire beaucoup, intercepter beaucoup. Je serais responsables des réseaux au gouvernement, je préférerais acheter du matériel français ou européen plutôt qu’américain. Mais l’article n’apporte aucun élément factuel et tombe dans la paranoïa complète.

Pour le téléphone éteint encore allumé, ce n’est pas strictement impossible, mais à la base il s’agit d’une légende urbaine qui a subit le téléphone arabe.
Ecoute par un téléphone éteint, mais avec batterie en service, première réaction :
L’écoute téléphone éteint, c’est n’importe quoi sur les modèles courants et aujourd’hui (le futur, je sais pas le prévoir) tout simplement parce que lorsqu’on éteint le téléphone l’alimentation des circuits du modem GSM/EDGE/GPRS ou UMTS sont coupés. Sans eux, pas de communication possible entre votre portable et l’antenne BTS.

Ensuite, tous les intervenants admettent que c’est possible.

Pour ce qui est de l’écoute « ambiante »,  aucun procédé de ce type n’est prévu ni dans la norme GSM/GRPS/EDGE ni dans sa variate DCS ni dans la norme 3G/UMTS/HSDPA.
Pour que cela soit possible il faudrait que ces normes établies par le CEPT (European Conference of Postal and Telecommunications Administrations) soient volontairement falsifiées pour le grand public et que tous les acteurs du secteurs soit dans le coup (une centaine de constructeur et plus de 300 opérateur dans le monde ainsi que toutes les sociétés sous-traitantes).
Je rappelle que les lois antiterroristes en vigueur aux Etats-Unis – Security Act – imposent à tous les constructeurs et à tous les opérateurs de communiquer leurs données techniques pour que les services d’écoute, notamment de la NSA, puissent intercepter toutes les formes de communications.

Personnellement je suis plus dubitatif quant à la géolocalisation d’un téléphone sans batterie, mais mon interlocuteur a été formel. Il est probable que ce n’est envisageable qu’avec des outils utilisés par les services de renseignement. Précision d’un internaute :

L’écoute téléphone éteint, pourquoi pas. Le micro, et même le haut parleur génèrent de l’électricité, et donc des ondes életromagnétiques, avec ou sans batterie, fils coupés ou non.
Pour ce qui est « d’allumer » le téléphone à distance, je suis là effectivement dubitatif, il faudrait pour ceci que le téléphone soit prévu pour, et 1/ cela se saurait

On évoque bien le cas du téléphone éteint, mais batterie en place, donc avec une source d’énergie.

2/ cela serait détectable relativement facilement (impossibilité de téléphoner pendant qu’on est écouté, bruit caractéristiques dans les enceintes qu’on connait tous bien, et surtout batterie qui ne dure pas.

L’écoute fonctionne comme une téléconférence, elle n’est active que lors d’un appel.
Les services ne manifestent pas dans la rue pour rendre publiques leurs dernières trouvailles. On est ici dans la course entre la serrure et le cambrioleur, une course qui ne cesse jamais.

Il existe des ‘exploits’ permettant de prendre la main sur un système donné et ce que dit cet article est possible sous réserve de plusieurs éléments.
Certes les portables sont devenus de véritables mini-ordinateurs et il est maintenant bien plus facile de détourner ce genre d’appareils. Mais l’auteur oublie vite qu’il existe plusieurs marques différentes avec chacune leur système d’exploitation. Chaque système a ses spécificité et ses vulnérabilités.
L’auteur parle de la possibilité d’allumer l’appareil à distance. Ceci n’est possible que si l’appareil a été mis en veille ou si il possède un composant permettant de le mettre en route à distance. Hors ce dernier critère ne concerne qu’une faible minorité des appareils.

La conclusion nous vient d’ailleurs d’un internaute :

La plupart des téléphones ont [ sont dotés de programmes ] des softs que des barbouzes compétents pourraient adapter pour un usage d’espionnage, et avec la limite du problème de l’énergie disponible un portable peut faire un très bon micro espion. Il existe d’ailleurs des modèles particuliers de téléphone pour faire des mesures de qualité et des tests, il est probable (le contraire ne serait pas professionnel) que les services spéciaux aient commandé à des industriels spécialistes des contre mesures des téléphones adaptés à leurs missions (écoute, géolocalisation, etc.), de même que des dispositifs d’écoute et d’interception des communications sur mobile voire d’écoute de PC par les fréquences claviers/moniteurs. Enfin, même si les liaisons sont cryptées, l’interception d’une liaison radioélectrique n’est pas un problème avec la puissance de calcul dont on dispose aujourd’hui même sur un simple pc. Bref, une évidence qu’il faut rappeler tout ce qui est transmis par radio est potentiellement écoutable.

Un lecteur s’interroge sur la raison pour laquelle Ben Laden n’a jamais été localisé. Outre le fait qu’on ne soit pas certain qu’il vive encore, il n’utilise apparemment pas le téléphone cellulaire, ni aucune forme de moyen de communication radio électrique. D’après ce qu’on sait, les groupes style Al Qaïda sont revenus au système de la messagerie « parlée », comme dans l’Antiquité.

Un internaute nous révèle :

Et pour connaître des gens, vous pouvez allez à des conférences comme le CCC à Berlin, les témoignages d’ex-membres du MI-5 ou d’activistes surveillés sont plutôt convaincants.
Je doute que ca arrive à Mme Michu, par contre ça peut arriver à des personnes engagées politiquement. Et enlever la batterie c’est le B.A.-BA, avec l’achat de portable prépayé en liquide ou le clonage de carte SIM.

Un autre moyen d’éviter l’écoute consiste en effet à acheter un téléphone à carte pour un seul usage, très bref. Il sera toujours possible de localiser le lieu d’émission, mais trop tard pour l’exploiter.

Je cous invite à consulter mon article sur rue89, et surtout les commentaires. Le débat a pris trop d’ampleur pour que je l’ignore.  J’ai répondu directement à certaines observations. Et je vous présente mes excuses pour l’aridité de cette réponse, probablement trop technique, rédigée grâce aux internautes.

Paranoïa : tous surveillés, tous fichés, tous fliqués

51UTCp31UTC12bWed, 10 Dec 2008 06:34:51 +0000UTC 9,2008

Tous surveillés, tous fichés, tous fliqués : une théorie du complot ?

Tous surveillés : les écoutes, les caméras, dans la rue, à la banque, dans les entrées d’immeubles.

Où l’on revient d’abord sur les Ecoutes. Les internautes sont si stupéfaits qu’on ose mettre en cause leur bébé, leur bijou, le réceptacle de tous leurs secrets qu’ils sont entrés en fureur, quand je leur ai expliqué que leur charmant petit téléphone portable est non seulement écouté en permanence – quand c’est nécessaire – mais encore qu’il sert à l’occasion de micro espion. Tout comme votre téléphone fixe, il faut bien le dire. Et plus le téléphone est sophistiqué, genre I.phone, Blackberry ou concurrents, plus les écoutes sont développées. A la suite de mon papier sur les Ecoutes, de nombreux, d’excellents ingénieurs, experts, spécialistes, sachant et tout ce qu’on veut, se sont répandus en invectives pour me taxer d’ignare, d’affabulateur, de fantaisiste. Naze. Journaliste débutant, qu’il aille ailleurs apprendre son métier. Ce serait une honte pour rue89 d’accueillir une telle contribution. J’en passe car je reviendrai sur cet étrange comportement linguistique dans un autre billet. Ils rigolent, ah, ah, Madelin est un imbécile intoxiqué par un faux informateur. Un maniaque du complot généralisé. Tonalité générale de la plupart : on n’y croit pas. Comme si des faits étaient une question de foi. On pense que c’est impossible, donc on n’y croit pas.

Malheureusement  les remontées techniques vont toutes dans le même sens. Oui, on peut vous écouter en tous temps, en tous lieux, dans n’importe quelles conditions. Téléphone ou portable inactif. Non seulement on peut vous écouter, donc vous enregistrer, mais encore on peut vous localiser avec une précision qui reste à déterminer, entre cent mètres et quelques mètres, vous localiser et vous suivre à la trace (roaming). Et pas seulement en temps réel. Toutes les données enregistrées sont conservées en mémoire durant deux ans, et les fournisseurs sont tenus des les livrer aux Autorités de police et de justice à la première réquisition judiciaire.

Est-ce clair ?

Même topo pour votre messagerie internet, sécurisée (https) ou non (http), pour vos SMS. En bref pour tout ce qui cause, se transmet, par fil, par radio, par informatique. Pour l’ensemble de ce nouvel univers virtuel dans lequel nous baignons, dans lequel nous nous noyons.

Il apparaît en outre que des logiciels disponibles sur le Web permettent à des personnes non habilitées – sinon mal intentionnées – de mettre en place de tels systèmes d’écoute et d’interception. En revanche, je ne dispose pas d’élément permettant de soutenir et d’affirmer que les appareils photo et les caméras intégrées dans certains portables puissent être utilisées à des fin de surveillance, hors contrôle du propriétaire. Alors, acheter un portable pour un usage unique, et ensuite le jeter ? èn principe, ce n’est plus possible, ni en France, ni en Suisse, l’achat d’un portable à carte nécessite la production d’une pièce d’identité. Mesures de lutte anti-terroriste obligent.

Parlons de l’image maintenant. En principe, la législation sur la protection de la personne privée interdit de prendre des photos d’inconnus, sans leur consentement, sans leur autorisation, et encore n’est-ce pas toujours suffisant.

Ce n’est pas vraiment un problème pour les autorités de police, publiques et privées, qui prennent en charge notre sécurité. On frémit en imaginant les 10.000 caméras – ou plus – en service à Londres pour traquer… Les incidents de circulation… Les banlieusards qui entrent en ville sans avoir payé leur abonnement… les petits voyous… Les passagers du métro, dans les gares  ou dans les aéroports. Ces Anglais, quand même, on les croyait démocrates. Eh bien, s’ils ne sont pas démocrates, nous non plus. Dans le sous-sol de la Préfecture de police à Paris, sur les écrans d’une salle de surveillance aboutissent des images filmées dans toute la capitale. Hier, quelques centaines de caméras, toutes fixées assez haut pour que de mauvais plaisants ne puissent les détruire. Des milliers de nouvelles caméras vont s’ajouter au système le plus ancien. Ce n’est pas tout : toutes les grandes stations du métro parisien, toutes les grandes gares, sont sous surveillance continue. Tout comme les bus, toutes les ligens sont équipées progressivement. Et mieux encore : toutes les agences bancaires, et maintenant de nombreux magasins, petits ou grands, des supermarchés aux supérettes. Si je compte bien, on n’est déjà pas loin des 10.000. Et ce n’est qu’un début, tout le monde en veut. Et c’et d’autant plus facile que les caméras coûtent de moins en moins cher. Elles tournent en permanence. Le moindre site touristique vous propose un visionnage de la ville en continu.

Alors, rester chez soi, en coupant le téléphone ? Mais comment se distraire : reste la télévision. Là ce sont les outils d’audimat qui scrutent votre comportement ; c’est  google qui vous traque. Et ce n’est pas vraiment nouveau. Le 8 juin 2006 il est révélé qu’une équipe de recherche Google a mis au point un prototype qui se sert du microphone interne de l’ ordinateur personnel pour écouter dans une pièce, déterminer ce qui est regardé à la télévision et à offrir sur le Web des informations supplémentaires. En général, ce genre de prototype ne reste pas bien longtemps dans les tiroirs.

Et quand vous en aurez fini avec le son et l’image, restent les fichiers. On a beaucoup glosé sur les fichiers EDVIGE – devenu EVDISRP – , et CRISTINA en service à la DCRI. Dans un rapport remis aujourd’hui même 9 décembre, le criminologue Alain Bauer répertorie 44 grands fichiers de police. ADN, condamnations pénales, infractions routières, suspicion de terrorisme, tout y passe. En vérité, tant de fichiers sont en service qu’il est presque impossible de ne pas tomber dans leurs filets. Sans compter les fichiers des Impôts, des banques, des mauvais payeurs, des interdits bancaires.

Allons, n’en jetez plus. Nous ne sommes pas en plein complot, mais dans la réalité quotidienne.

Paranoïa 2 – A ceux qui lisent

39UTCp31UTC12bWed, 10 Dec 2008 09:04:39 +0000UTC 9,2008

Parmi les centaines de réactions enregistrées après mon papier dans rue89, une très grande majorité expriment des doutes, une “absence de foi”, et m’invectivent avec allégresse, le plaisir de la dénonciation anonyme. J’en ai trouvé cependant quelques unes qui ciblent un peu mieux le problème. Un problème de société que je ne soupçonnais pas vraiment. Mais aussi un problème politique.

mimitos | infoman 14H19 08/12/2008
ben voyons, il est bien plus facile de contester que de penser, de dénigrer que de réfléchir, de laisser ses mains dans ses poches au lieu de faire des grands signes ! Au bas mot : 80% de la population est composée de moutons incapables de réfléchir par eux-mêmes, sans arrêt en train de copier sur l’autre, trop dur de s’émanciper…
Croyez qui vous voudrez, mais je trouve cet article intéressant et pas bidon.
Vous êtes vous posé la question simple : au dos de ma carte d’identité, qu’est ce que c’est que cette petite bulle dans mon adresse ?
Peu de gens se la posent et pourtant il y a des réponses…mais faut se poser la question…d’abord !!!!
merci pour cet article MR Madelin, et ne raccrochez pas, il y a ici des gens qui vous lisent et qui vous apprécient !

Kid_A 00H07 09/12/2008
Au regard du grand nombre de réactions, ce sujet marque un point: il y a un véritable attrait pour ce genre de petites choses qui toucheraient à un « complot  . Pour recadrer les divers points, les confirmer, les infirmer, les démontrer… Les réactions sont variées.
J’avoue qu’après en avoir lu certaines, on y trouve le blanc et le noir. Je vais continuer à tourner en rond.
Mais je me demande quelles sont les connaissances du grand public en matière de haute technologie, la plus haute pointe. Le « top-secret   existe bel et bien non?
Alors qu’en est-il?
Le portable tente de devenir petit à petit l’élément indispensable à toute vie sociale, communications, médias, paiements divers… ou bien télécommande, vibro, réveil pourquoi pas…
Ils sont de véritables petits émetteurs de notre vie, et s’étendent toujours davantage. Et c’est sous contrôle certain, on ne peut le nier.
Un lecteur a écrit que ce genre d’article n’avait sa place que sur un site du genre conspirationniste. Ce que j’aimerais dire, c’est qu’à l’heure de la dellation ouverte, des appels d’offres pour surveiller le net, traquer et dénoncer(et j’en passe), un nombre aussi important de réactions sur certains articles qui fleurissent sur ces sites « toutpabos  , ne seraient pas un mal pour la réflexion que lancent ces mêmes articles. J’imagine que ça permet d’avancer.
Il n’y a pas de « théorie du complot  . Pourrait-on utiliser le mot « pratique  ?…
A moins qu’aucun homme de pouvoir, avide de conquête, n’existe sur cette terre.
Après tout nous serions une génération chanceuse, l’Histoire ne nous apprendrait plus rien, et rien ne nous menace, pas mal un téléphone portable.

Redroom 11H40 09/12/2008
Moi je suis désolé mais autant de réactions négatives sur un sujet aussi bateau, je trouve ça louche, vraiment vraiment louche.
Je crois surtout que les gens sont devenus complètement accrocs à leur téléphone portable et ils le défendent comme on défend son « bébé   c’est à dire en toute subjectivité.
Cet amour aveugle pour un simple objet de consommation courante est troublante et inquiétante…

piaf | visiteur 14H21 09/12/2008
Même si cet article n’est probablement pas le mieux écrit et le mieux documenté du genre, je m’interroge grandement sur les commentaires si péremptoires de certains internautes. Beaucoup d’argument d’autorité (« Je suis professeur d’électronique  , « je suis ingénieur en télécommunications  , etc), mais peu d’arguments réels. Qui peut garantir qu’un appareil aussi complexe qu’un ordinateur (un téléphone n’est qu’un ordinateur doté d’un émetteur) fonctionne comme marqué sur la notice ?
Toutes ces personnes à l’avis si tranché sont-elles mandatées par nos chers services de renseignement pour faire de l’intox ?

Merak | pré retraité 22H28 09/12/2008
c’est du grand n’importe quoi ce grand n’importe quoi . étonnant tous ces gens qui savent bien. étonnant. y savent bien pour la conception des vlsi spécialisés dont le masque est protégé, du logiciel embarqué, libre forcément, des normes et standards à peine stabilisés. de la crypto dans ses moindres détails. Et de tant de choses encore. Et tous ingénieurs avec ça, dans les télécoms, bien sûr. Tous ces très braves gens se souviennent sûrement des fonds baptismaux du GSM, voire même de Rita. Quand même, qu’elle date que celle de Mais 68. Passionnant ce fil.

Ais-je vraiment besoin de prolonger ces commentaires ?

Sécurité, Stup : polémique (encore !)

02UTCp31UTC12bThu, 11 Dec 2008 10:38:02 +0000UTC 9,2008

Le gendarme d’Auch pas d’accord sur une présentation des faits

Le 17 novembre dernier, des gendarmes entrent en force à l’Ecole des Métiers de Auch-Pavie (Ariège), à la recherche de produits stupéfiants. Patrick Poumirau, un professeur, lui-même petit-fils de gendarme,  proteste contre les conditions de cette intervention. Notamment à France-Inter et dans un article publié le 20 novembre par La Dépêche du Midi. Le Major Jeannyck Tribout , commandant la brigade territoriale autonome d’Auch, a dirigé l’opération. Dans une lettre rendue publique, qui m’a été transmise mais qui est également publiée par Libération, le sous-officier s’inscrit en faux contre les propos du professeur.
Voici son texte:

–Le lundi 17 novembre 2008 de 10 h 30 à 12 h 00 sur la demande du directeur de l’école des métiers de AUCH/PAVIE ( lettre à l’appui) et sur réquisition de madame le Procureur de la République à AUCH, une recherche de produits stupéfiants est organisée dans cet établissement. 18 classes sont prévues (274 étudiants âgés entre 17 et 30 ans ) sont concernés. 14 gendarmes + 2 maîtres de chiens sont en charge de ce contrôle. Je suis à la tête de ce groupe et responsable de ce contrôle ( c’est pour celà que je connais bien ce dossier ).

Lorsque nous entrons dans la classe de ce professeur, nous sommes 4 gendarmes et un chien de recherche STUP. Nous avons été précédé du directeur de l’établissement qui rentre le premier et explique le but de la visite. Lorsque nous rentrons, nous disons bonjour ( nous attendons toujours la réponse du professeur ) . Nous indiquons aux étudiants comment nous allons opérer et leurdemandons de ne faire aucun geste brusque, ne pas regarder le chien dans les yeux et de le laisser travailler. A ce moment là ce professeur ouvre la fenêtre et déclare ” en 50 ans de carrière je n’ai jamais vu çà, nous sommes dans un Etat policier “…..Ce professeur à la cinquantaine !! Nous refermons effectivement la fenêtre. Pendant toute la durée du contrôle, le professeur tourne le dos à la classe, regarde par la fenêtre, il ne verra rien de cette intervention proprement dite et il n’adressera à aucun moment la parole à qui
que ce soit…………même pas pour soit disant défendre ses élèves. Le chien n’a agressé personne et n’a démoli aucun ordinateur ou vêtement. Il y a eu des fouilles/palpations de personnes qui ont été “marqués” par le chien avec leur accord. Aucune personne ne s’est retrouvée en caleçon. Lorsque les gendarmes ont quitté la classe l’un d’eux a effectivement dit ” au revoir messieurs dames ” car dans les classes précédentes il y avait des femmes, dans celle-ci il n’y en avait pas, mais il n’a jamais été dit “salut les filles”. Ce que le professeur oublie de dire, c’est que lorsque nous avons quitté sa classe il a dit aux élèves ” ouvrez vite les fenêtres çà pue “……çà c’est pédagogique !!!!!

—Il faut savoir que lors de ce contrôle 6 étudiants ont été trouvés porteur de STUP dont un avec 34 grammes et une petite balance électronique sur lui pour la revente. Si ce professeur accepte çà………..l’avenir de nos enfants est bien sombre.

—Il faut savoir également que 1 mois 1/2 auparavant deux gendarmes ( formateur relais anti drogue ) sont intervenus dans cet établissement pour faire de la prévention, c’est à dire informer du danger de la drogue sur la santé, sur les conséquences pénales, et ont averti les étudiants qu’il y aurait des contrôles.

Le major termine son courrier avec diverses appréciations sur le professeur, des propos que la législation sur la diffamation ne me permettent pas de reprendre.

Paranoïa – Suite et fin du débat sur les écoutes

24UTCp31UTC12bThu, 11 Dec 2008 19:38:24 +0000UTC 9,2008

Je ne suis pas las du débat sur les Ecoutes, mais il tourne en rond en raison de l’acharnement de quelques correspondants. J’apporte une dernière réponse globale. Ensuite je passerai à autre chose.
En italique quelques propos basiques d’un des plus ardents blogueurs. En romain, mes réponses globales.
Je suis accusé de propager des rumeurs urbaines, pour terroriser les foules.
Il n’y a pas de rumeur, propagée par désir de sensationnalisme alarmiste, dans la perspective d’une fumeuse « théorie du complot » dont je serais une adepte, mais des faits recoupés par de nombreuses sources. D’ailleurs, vous vous gardez bien de relever les éléments fournis pas la suite en complément du travail sur les écoutes, enregistrements filmés et fichage. Je vous rassure, dans les quelques centaines de posts reçus, près de la moitié traitent de la question technique. Je vous répète que celle-ci était hors de mon propos.
Reprenez vous Mr Madelin, ça arrive a tout le monde de se planter, apprenez l’humilité, nous sommes tous encore prêts à vous écouter du moment que vous ne dites pas (encore) n’importe quoi.
A partir du moment où l’on pense qu’une personne est dans l’erreur et qu’on le lui signale, on a toujours tendance à lui “faire la morale”…pour ma part je pense que le travail d’information n’a pas été fait, ou alors mal fait…ne rien dire est de la complicité…le dire est moralisateur…j’ai fait mon choix.
Les blogueurs sont très sûrs d’eux, mais ils voient la paille dans l’œil de l’autre, pas la poutre dans le leur. Ils reprochent à mon texte l’absence de preuve, mais ils sont eux-mêmes incapables de soutenir la moindre argumentation cohérente. Ils n’apportent pas la moindre contre preuve aux éléments que je soutiens, que je résume, et, comme toujours, chaque mot a son importance, on ne peut pas tirer n’importe quoi d’un mot, pour arranger son opinion personnelle. Voici ce que j’ai écrit pour l’essentiel, dans une perspective strictement politique :
1 – Tous les portables peuvent être interceptés, dans n’importe quelles conditions, durant les périodes de communication.
2 – Cette possibilité d’interception, accompagnée de la géolocalisation à l’origine du roaming, se prolonge lorsque le portable est en veille, puis quand le portable est fermé, mais batterie active.
3 – Mon interlocuteur a évoqué la possibilité de localiser un portable dont on aurait retiré la batterie. Je présente ça comme une hypothèse, et non comme une certitude.
Vous voulez absolument une démonstration, des preuves, alors que ce billet n’a aucun vocation à être un document scientifique. Contrairement à certaines opinions tout à fait diffamatoires, je suis un journaliste fort sérieux, malheureusement trop sérieux, au demeurant. Si ça vous intéresse tellement de savoir comment je travaille, reportez-vous à mes livres, tous disponibles à l’achat sur Amazon.fr. En particulier le dernier « Dans le Secret des Services », chez Denoël.
Je vous rappelle que la législation sur l’injure et la diffamation, loi de 1881, s’applique aussi aux correspondances transmises par internet et publiées sur des blogs.
Je n’ai pas senti de “fureur” dans mon commentaire, un peu de mesure je vous prie.
Quand je parle de « fureur », je vise l’extrême vigueur de vos propos, de vos remises en cause morales, qui rejoignent les commentaires du même acabit. Et votre volonté de « me faire avouer ma faute ». Curieux langage religieux pour un sujet qui ne l’est pas.
le débat est plus intéressant du coté des “concertés” (oui, tout ces monstrueux anonymes qui se sont concertés pour dénoncer votre article, sur ordre des gouvernements du monde…).
Je n’ai rien suggéré de ça. Je constate seulement l’étrange conjonction des propos qui cherchent à démolir ma réputation. Des propos sans effet, je vous le précise : sur 78.000 visites, on a relevé seulement une centaine de posts critiques et véhéments. Je sais aussi compter :  0,0073333 %, c’est-à-dire moins de 1 pour 10.000. Et soyez rassurés : si les fournisseurs d’accès se sentaient affectés, s’ils avaient eux-mêmes des contre-arguments à présenter, ils me les auraient déjà transmis.

terrorisme – la menace

24UTCp31UTC12bSat, 13 Dec 2008 08:46:24 +0000UTC 9,2008

Une menace très réelle

On va encore m’insulter, me taxer d’adepte du complot généralisé, on va m’accuser de terroriser les bons Français tranquilles. Pourtant, il faut bien le dire : le juge Jean-Louis Bruguière n’est pas le seul à agiter le spectre de la menace terroriste. Dans les “milieux spécialisés” on s’inquiète vraiment.

On ne l’a pas crié sur les toits à Paris : dans la foulée d’une vaste opération anti-terroriste menée en Belgique jeudi, plusieurs personnes considérées comme proches d’Al Qaeda ont été interpellées en France par les policiers chargés de l’anti-terrorisme.
La police belge avait arrêté quatorze individus lors de perquisitions à Bruxelles et à Liège, alors que l’un d’entre eux semblait être sur le point de commettre un attentat suicide. “Cinq hommes et une femme ont été inculpés d’appartenance à un groupe terroriste et placés en détention préventive”, a déclaré vendredi Lieve Pellens, la porte-parole du parquet fédéral.
Cette opération doit-elle conduire la France à craindre des attentats perpétrés par des groupes islamistes ?
« Tout à fait, me confirme-t-on de source très informée et sûre. Plusieurs pays d’Europe sont concernés. Les Britanniques commencent à mesurer la menace, mais ils sont avant tout concernés par les Pakistanais et les Cachmiris. En France, la principale inquiétude vient d’Al Qaeda au Maghreb, l’ancien GSPC. Ils ne sont pas très nombreux, mais très mobiles, leur territoire d’action est immense. Base arrière au Sud-Sahara et dans les Etats riverains comme le Niger ou le Mali. Ils peuvent se déplacer sur plusieurs centaines de kilomètres en une journée ».
Pour être très exact, les services français sont moins préoccupés par une menace contre le territoire national – sans l’exclure – que contre les expatriés et les intérêts français à l’étranger, ainsi que les ambassades. En Algérie, mais pas seulement.
Le Monde » rappelait il y a quelques jours (édition du 10 décembre) que dans un discours de vingt-neuf minutes posté le 22 septembre sur un site Internet islamiste, largement passé inaperçu, Abdelmalek Droukdal, “émir” suprême de l’organisation d’Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) avait lancé cette menace :
“Ceux qui pensent que la France assurera sa sécurité sur ses terres (…) se trompent.” Elle n’aura pas la capacité “de le faire, puisqu’elle sera, le jour venu, préoccupée par sa propre sécurité”.
Rebaptisé Al Qaeda au Maghreb, le GSPC a émergé en 1998-1999. Avec un objectif clair dès l’origine : le GSPC entendait mener “le djihad contre le régime algérien qui a renié l’islam, et contre ses maîtres chrétiens et juifs”.”
Les groupes islamistes pratiquent en outre aujourd’hui sur une large échelle les enlèvements pour obtenir des rançons afin de remplir les caisses. Début novembre 2008,  après des mois de négociations, deux touristes autrichiens enlevés dans le Sud tunisien en février 2008 ont été libérés contre une rançon de 1 à 2 millions d’euros. Les services algériens sont fort mécontents que cette information ait été dévoilée.
On assiste à un véritable élargissement des pratiques initiées naguère par les FARC en Colombie, et par les pirates au large de la Somalie.  Michèle Alliot-Marie, la ministre de l’Intérieur, s’est voulue rassurante. Ma source est beaucoup plus formelle : le niveau de la menace est élevé. Les exercices anti-terroristes ordonnés par MAM ne doivent pas faire illusion.

Débat – Economie – Crise : Guy Sorman

43UTCp31UTC12bSat, 13 Dec 2008 08:00:43 +0000UTC 9,2008

Guy Sorman : un moderato cantabile libéral

L’Association des Auditeurs de l’INHES (Institut national des Hautes études sur la Sécurité) a reçu le 25 novembre Guy Sorman autour du thème Mondialisation et Sécurité. Le publiciste est auteur de nombreux livres, dont L’Economie ne ment pas chez Fayard. Sorman est réputé être conseiller de nombreux grands de ce monde. Il apparaît surtout comme le grand chantre de l’économie libérale.
Or, surprise Sorman a fortement modéré son propos, comme si l’actuelle crise dont le libéralisme extrême serait un des principaux responsables l’avait incité à rester sur une ligne prudente. Donc dans le débat actuel opposant la régulation à la réglementation l’orateur se montre loin de l’hyper libéralisme sur lequel repose sa réputation, mais il reste  opposé aux interventions de l’Etat qui bloquent la croissance en maintenant en survie des acteurs en panne d’innovation. Mais, explique-t-il, le développement social n’a pas suivi le développement démocratique.

C’est une crise dans le capitalisme. Ce n’est pas une crise du capitalisme. La croissance continue de l’économie depuis 1991 ne peut éviter des crises régulières. L’innovation est le moteur de cette croissance, mais on ne peut prévoir le succès de toutes les innovations. Quand on se trompe sur certaines d’entre elles, c’est la crise. Soit parce que personne n’en veut, soit parce que tout le monde en veut. Tel est le cas ce cette extravagante innovation qu’ont représenté les produits dérivés à très haute profitabilité apparente, destinés à satisfaire les besoins des fonds de pension, donc à accroître au mieux les retraites par capitalisation. Pur produit spéculatif, mélange de produits financiers solides, et d’autres qui ne reposaient sur rien, il était logique que l’édifice s’effondre.

C’était un événement considérable, observe-t-il, car c’était la première fois où le Japon acceptait l’entrée dans ses eaux d’un engin à propulsion nucléaire. C’est même un retournement. Une carte du domaine d’intervention de la 7°flotte, la flotte américaine du Pacifique, allant de Madagascar à la côte ouest des USA, permet de comprendre. Le gendarme des mers américains est indispensable pour assurer la liberté de circulation dans cette zone. Le Japon a besoin de ce gendarme pour assurer ses importations de pétrole et ses exportations de marchandises. Sans gendarme, aucune mondialisation n’est possible. Et ce gendarme ne peut être que mondial.

Sorman estime impossible de recourir à des considérations morales pour endiguer la spéculation, car elles sont selon lui intraduisibles dans la pratique. Il faut gérer les phénomènes sociaux, mais pas les jeter à terre. Son credo fondamental : l’économie ne peut pas marcher mieux que la nature humaine, or l’économie de marché est le reflet de la nature humaine.
Pour être bien compris, Guy Sorman rapporte une expérience récente : il a assisté au Japon à l’arrivée du porte-avions US Georges Washington.

C’est bien là où Sorman surprend : on s’attendait à tout sauf à l’entendre évoquer la nécessité d’un vrai gendarme pour rendre le monde plus poli, plus policé ! Les sociétés ne fonctionneraient bien que sous la couverture d’un système de sécurité global, lequel est vraiment invisible quand il fonctionne bien. La mesure de sa réussite est de ne jamais recourir aux moyens d’intervention pour ramener l’ordre.

Par exemple désormais la population paysanne peut accéder aux grands progrès qui impliquent l’allongement de la durée de vie, la baisse de la mortalité, le choix du mode de vie. L’innovation est le socle de cette croissance, structuré autour d’un schéma simple : l’innovateur, l’entrepreneur, le marché, l’Etat qui régit ce monde-là. Sans craindre de se contredire, au moins en apparence, il décit les deux formes d’Etat : l’Etat rationnel qui ne devriat rien faire, à opposer à l’Etat irrationnel qui prétend s’occuper de tout. Il retrouve alors les termes de son credo libéral :

Les remèdes dispensés par l’Etat ne servent à rien, mais au contraire ils amplifient le mal, l’aide publique n’est pas efficiente, il n’apporte pas de progrès réel, la dépense publique peut donner l’impression, l’illusion de servir, mais on risque toujours d’aller trop loin, avec le risque de bloquer la machine, donc l’expansion, en maintenant en survie des acteurs non innovants.

Lors des crises passées ont été commises de nombreuses erreurs au nom du bien commun, telles que la fermeture des frontières, la cartélisation des domaines industriels. Selon lui, seul le libre échange peut s’imposer. Sorman se déclare partisan de la suppression de toutes les entraves.  La régulation autoritaire n’est pas la solution, pour les entreprises en difficulté, il est préférable de recourir à la recapitalisation, et la mise à l’abri des entreprise, pour qu’elels soient moins dépendantes des aléas du marché, il faut les insérer dans des systèmes fiscaux adaptés. Il est indispensable de se diriger vers un rythme de croissance élevé, tout en veillant à ne pas détrire l’environnement.
Guy Sorman revient à plusieurs reprises sur les conditions de l’innovation.

C’est évidemment contraire à tout ce qui est enseigné dans le monde scolaire ; et d’une façon générale à notre propre système universitaire, dominé, dit-il, par le terrorisme intellectuel. Et c’est pourquoi, soutient-il, les chercheurs oeuvrant dans le  domaine des sciences de la vie ont tous migré vers les Etats-Unis.

L’économie, assène-t-il, ne peut pas marcher mieux que la nature humaine, et l’économie de marché est le reflet de cette nature humaine.

Par le biais des dépôts de brevets aux Etats-Unis on peut être certain que les Américains détiendront toujours une position de leadership. Et cette situation est directement liée au système des universités américaines qui d’une part sont dominées par la compétition, et, d’autre part, sont soutenues par une relation étroite entre les universités et le le monde des entreprises. Il faut gérer les phénomènes sociaux, mais pas tout mettre par terre.

Il énumère les conditions d’un bon développement : sécurité mondiale, sécurité des contrats, sécurité juridique ; visibilité de la route à parcourir pour l’entrepreneur, visibilité et prévisibilité, danz ce domaine, l’Etat et bien le gardien suprême. La démocratie est une condition fondamentale, les despotismes ont toujours fragilisé les économies.

La croissance, dit-il, change radicalement la vie.

Je précise que je partage pas les points de vue de Guy Sorman, ses développements doivent être considérés comme une contribution au débat actuel.

Europe et Sarko : la dernière séance

41UTCp31UTC12bSun, 14 Dec 2008 14:00:41 +0000UTC 9,2008

Un bilan pour le moins mitigé

Mardi prochain à Bruxelles, dernière séance du Conseil de l’Union européenne sous la présidence de MBAOP, Mon bien aimé Omni Président (Sarkozy).
Pas besoin d’être flagorneur ou suiviste, je n’attends rien de MBAOP et des siens. Ni des autres d’ailleurs. donc je peux regarder ce semestre européen d’un oeil critique.
Sarko avais misé gros sur cette présidence. Loin de la lettre des institutions européennes, il se voyait en vrai Président « à la française », décidant de tout, régentant tout. Mais Bruxelles n’est pas Paris. Au siège de l’Union ne règne pas l’esprit de cour.
Et le bilan réel est assez modeste.
Il a incontestablement joué un rôle très positif pour le plan de relance européen, mais sans cesse freiné par la BCE, son Président Jean-Claude Trichet qui a plus que traîné les pieds pour abaisser les taux directeurs du crédit. Et surtout, conflit larvé, mais de plus en plus ouvert avec Angela Merkel, la Chancelière allemande, qui s’est révélée toujours plus libérale au sens idéologique du terme, sous l’influence des caciques de l’économie allemande.
En vérité les rapports avec Merkel sont devenus si exécrables que MBAOP s’est vu contraint de trouver d’urgence une sorte de médiateur pour mettre de l’huile dans les rouages. Il a profité du départ de Jean-Pierre Jouyet, le ministricule des affaires européennes pour inventer un nouveau ministère de la germanophonie, pas mal comme idée, chargé de promouvoir de meilleures relations franco-allemandes. Qualifié d’excellent germanophone, Bruno Le Maire, le nouveau ministre, devra gérer une double schizophrénie : villepiniste convaincu, ancien Directeur de cabinet de Dominique de V., beau poète ex-Premier ministre, il devra s’entendre avec Sarko ; il devra suppléer Kouchner pour les affaires allemandes. Du sport en perspective.
Parmi les bons points, la réussite relative de l’arbitrage entre les Russie et la Géorgie, facilité par l’effondrement des prix du pétrole et des matières premières qui a contraint la Russie à rabaisser un peu son caquet. Autre bon point, la création de l’Union pour la Méditerranée : elle existe, il y a un secrétariat, mais c’est tout. Les pays riverains arabes laissent croire qu’ils sont pour. A condition qu’Israël ne soit aps vraiment là.
Autre succès revendiqué, l’adoption par l’Union européenne du paquet « énergie-climat », Accord européen sur le climat, après d’intenses tractations, en fait des concessions majeures à l’Allemagne, l’Italie, la Hongrie ou encore la Pologne, des systèmes d’exemption graduels qui vident en grande partie de son contenu l’accord. Selon cet accord l’Union européenne en 2020 aura réduit de 20% ses émissions de gaz à effet de serre; utilisera 20% d’énergie renouvelable et aura diminué sa consommation de 20%. MBAOP proclame qu’il s’agit d’une décision historique, sans équivalent dans le monde. Des accords ont également été obtenus sur la politique d’immigration et sur la PAC, politique agricole commune, dont la réforme met en fureur le monde paysan car elle prévoit une baisse des subventions à la production.
Les points négatifs sont malheureusement plutôt nombreux. D’abord cette minuscule affaire de la TVA à 5,5 % pour les restaurateurs, déjà promise par Chirac et dont Merkel ne veut pas entendre parler. MBAOP n’a pas obtenu plus que son prédécesseur à l’Elysée. Le « Non » irlandais au traité européen a secoué les institutions. Le gouvernement de Dublin a promis de relancer un nouveau référendum, dans … un an.
Les thuriféraires célèbrent le nouveau style insufflé à Bruxelles. Le nouveau style bling-bling, l’agitation permanente, la réunionite aiguë sans effets vraiment perceptibles. MBAOP a surtout ramené l’Union européenne à son état ancien, l’Europe des Etats. Il rêvait d’en rester Président, il ne le sera plus. La main bien visible de Merkel est passée par là. La Chancelière accepte des bises et des caresses du Président. Sans plus. Sans avoir obtenu de diriger la politique économique européenne, MBAOP sera remplacé à partir du 1er janvier par un eurosceptique… convaincu : Vaclav Klaus, le Président tchèque. Après lui, difficile de savoir ce qui subsistera de l’œuvre de notre Bien aimé Président !
Ensuite, après s’être dépouillé de sa jaquette de Président, direction le Brésil, pour une visite officielle au cours de laquelle devraient être signés d’importants accords de défense, et – peut-être – la vente de Rafale. MBAOP ne rentrera pas tout de suit à Paris, vive les vacances, il restera au Brésil pour Noël, chez le papa de Carla, Maurizio Remmert, qui vit au Brésil depuis trois décennies, avec grand-papa et petite demi-sœur. Moi qui croyait que le Président se devait de rester en France ou à proximité immédiate quand pèsent certaines menaces… Je ne dois pas avoir compris.

Police = privé ?

17UTCp31UTC12bMon, 15 Dec 2008 15:35:17 +0000UTC 9,2008

Police : MBAOP se prononce pour le privé, pour économiser !

Demain, la police de sécurité sera-t-elle contrôlée par le privé ? En tout cas une nouvelle étape majeure dans la privatisation d’un certain nombre de tâches dans le domaine de la sécurité vient d’être franchie. C’est du moins ce qui ressort de la prise de position de Michèle Alliot-Marie, la Ministre de l’Intérieur, ce lundi lors de l’ouverture du Sommet européen de la Sécurité privée à Paris quand elle a annoncé la création d’un “Conseil économique de sécurité”. Il sera ” chargé de lui faire des propositions en vue d’une approche globale de la sécurité mêlant les secteurs public et privé.
Depuis plusieurs années on assiste en France à un transfert toujours plus large de missions de sécurité au privé, aussi bien au plan de la sécurité publique quotidienne que de tâches plus spécifiques, comme les enquêtes et l’Intelligence  économique. Des vigiles et des gardes remplacent de plus en plus souvent les « policiers officiels » dans d’importantes missions de sécurité publique. Pour ne prendre qu’un exemple, spectaculaire et peu connu : la sécurité des ambassades de France dites de 3° niveau, les moins importantes, est désormais assurée non par des gendarmes ou des CRS, mais par des sociétés privées locales, c’est-à-dire choisies dans le pays où siège l’ambassade. Selon un spécialiste…

Dix vigiles de recrutement local coûtent moins cher pour un an qu’un mois de gendarme en mission avec sa famille.

Nous ne donnerons pas d’exemple pour des raison de… sécurité. De façon plus spectaculaire, on constate que les sociétés de sécurité privée envahissent tous les domaines : le contrôle des passagers et des bagages dans les aéroports, entre autres Orly et Roissy 2 ; la sécurité dans les grandes surfaces, dans les grands ensembles de logements. Ils sont aujourd’hui 90.000.
Le privé en Europe pèseraient aujourd’hui 1,7 million d’employés, 50.000 entreprises, 15 milliards d’euros de chiffre d’affaires. La France est d’ailleurs relativement en retard.
L’organisateur privé de ce colloque, la CoESS, Confédération européenne des services de sécurité trente organisations nationales) , a préparé le travail en collaborant avec l’INHES – Institut Nationale des Hautes études de la Sécurité – pour l’élaboration d’un Livre Blanc intitulé « Demain, quelle sécurité pour l’Europe ? ».

« Alors que les forces de sécurité étatiques vont gagner en productivité mais être stables en nombre, souligne Pierre Monzani, le directeur de l’INHES, les emplois dans la sécurité privée vont se développer fortement.   »

On évoque un effectif de 200.000 employés dans les SSP – sociétés de sécurité privées – dans la perspective des dix ans à venir, soit autant que la gendarmerie et la police nationale réunies !
Il y a encore peu, Michèle Alliot-Marie dénonçait l’invasion du marché de la sécurité par les « officines privées », il semble qu’elle se soit soudain convertie. Sans doute à l’initiative de MBAOP ( Mon Bien aimé omni Président) Nicolas Sarkozy : l’œil fixé sur la  RGPP (révision général des politiques publiques), et les économies budgétaires drastiques nécessaires pour boucher les trous de la crise économique et financière, il n’est plus du tout décidé à accorder de nouveaux moyens aux polices « officielles »,  en dépit de ses engagements de campagne électorale. Au contraire, puisque d’importantes réductions d’effectifs sont programmées tant dans la police nationale que dans la gendarmerie. Dans la préface au Livre Blanc publié lors de ce colloque, le Président  s’engage personnellement, il constate que «la demande et l’offre de sécurité se font plus pressantes et exigeantes, en raison de l’espace laissé par la réduction nécessaire des dépenses des États ». L’acteur public n’a donc plus les moyens d’assumer seul sa mission, assène-t-il.

Livre-photos : Charuel en Afghanistan

36UTCp31UTC12bWed, 17 Dec 2008 09:55:36 +0000UTC 9,2008

Attaché à l’hebdo Valeurs actuelles, le photographe de guerre Marc Charuel,  ne dételle pas. Il vient de publier chez aux éditions Valmonde un album illustrant la vie des militaires français en Afghanistan. Les textes sont de Fréderic Pons. Sur place les deux journalistes ont suivi en opération les hommes du bataillon Kapissa (8ème RPIMa, 35ème RAP, 17ème RGP, Service de santé), le détachement air de Kaboul et le groupe médico-chirurgical. 110 pages, format carré 21×21, 39 euros.

Grand baroudeur devant l’éternel, Charuel a assis sa réputation initiale par un grand reportage chez les Karen, en Birmanie, un voyage au cours duquel il a été blessé. Il a publié notamment en 1993

Putain de guerre: Gaston Besson, volontaire français contre les Serbes,

et en 2003 L’affaire Boudarel. Ces deux livres sont introuvables neufs.


Mondialisation et capitalisme débridé

55UTCp31UTC12bFri, 19 Dec 2008 13:08:55 +0000UTC 9,2008

L ‘économie artificielle, l’économie virtuelle :

US-ATTACKS-TRADE CENTER RUBBLE

Les ruines du World Trade Center, symbole de la ruine des finances mondiales

Des junk bonds à Madoff, en passant par Enron, et les subprimes, comment  comprendre les mécanismes de la mondialisation ?
Le problème dans l’information est sa dispersion, sa parcellisation. Quand survient un événement, moi le premier, on vous balance en vrac des informations sur tel ou tel scandale, sans les relier les uns aux autres. Hier on évoquait l’affaire des Saving & loans, américains, les junks bonds qui ont servi à financer ces opérations. Je rappelle les chiffres : la crise des “Savings and Loans” a ravagé le monde des Caisses d’épargne américaines au cours des années 1980. Près de 80% d’entre elles ont disparu dans la tourmente, 747 en tout, sur l’ensemble du territoire américain. Le coût de cette crise est estimé à environ $160.1 milliards de dollars, dont $124.6 milliards assumés directement par le Trésor américain, donc par les contribuables.
Je vous ai exposé la question dans un billet du 19 novembre dernier
Cette affaire est surtout à l’origine de la politique de crédit à tout va grâce à laquelle l’économie américaine a gonflé démesurément, bulle après bulle. Sans pilotage apparent. Puis, plus tard, est venue l’affaire ENRON, une société texane, intermédiaire sur le marché de l’énergie. Elle achetait et elle vendait des tonnages de pétrole et de gaz, sans matérialité. ENRON était plus virtuelle que réelle puisque dans le marché de l’énergie elle jouait un rôle d’intermédiaire qui, n’étant pas essentiel, ne pouvait pas assurer de revenus suffisants. Les comptes étaient contrôlés par la société d’audit Arthur Andersen. ENRON bénéficiait de la plus grande bienveillance des politiciens républicains, très hostiles aux vrais contrôles, comme je l’ai déjà relevé : plus de 100 membres du Congrès ont reçu des contributions d’ENRON à leur caisse électorale. Le vice-président, Dick Cheney, a recu plusieurs fois Kenneth Lay, président d’ENRON, dans le groupe de travail sur l’énergie dont il assumait la présidence. Pour George Bush, Kenneth Lay c’était Kenny Boy.
À son sommet, en janvier 2001, l’action d’ENRON valait 83$, un an plus tard, elle tombe à 0,67$. Pendant qu’à New York, les tours du World Trade Center s’effondraient, sous les coups d’activistes de l’extérieur, appelés terroristes, à Houston, au Texas, implosait ma société ENRON, 4.000 emplois perdus à la clé, une perte pour les actionnaires de 63 milliards de dollars. Une perte surtout pour les fonds de pension assurant leur retraite à des millions d’Américains.
On croyait avoir tout vu. Eh bien non : l’effondrement du système basé sur les subprimes et produits dérivés a provoqué des pertes encore plus énormes, à ce jour incalculables. Finalement l’escroquerie en forme de pyramide de Ponzi montée par Bernard Madoff et sa société « Bernard Madoff Investment Securities » est à la limite relativement moins importante. Mais la responsabilité de l’absence de contrôle est tout aussi évidente que pour ENRON.
Toutes ces affaires relèvent d’un seul et même principe : la maximisation des profits. On ne travaille plus sur la réalité de la production, mais sur le potentiel de profit fondé sur une exploitation anarchique du capital investi. Ou de l’absence de capital. Quand un fonds spéculatif rachète une entreprise, il ne sort pas un sou de sa caisse, même pas de la poche de ses dirigeants. L’acquisition est totalement financée par recours au marché des capitaux. Autrement dit par les banques qui préfèrent s’investir dans ce genre d’opérations qualifiées de hautement profitables que dans le financement de l’industrie, des entreprises qui produisent une matière réelle, des voitures aux trains en passant par l’acier et les produits chimiques.
Mais ces industries elles-mêmes fonctionnent sur le même principe de la valorisation maximum, sans lien réel avec les impératifs du marché. Et cette valorisation maximum passe par un abaissement continu des coûts de production qui sont systématiquement alignés sur les plus bas. C’est-à-dire sur les coûts apparents constatés dans les pays en voie de développement.
D’où les délocalisations. Les délocalisations ne reposent pas sur des impératifs industriels, mais exclusivement sur des impératifs de valorisation financière. On ne se préoccupe pas de la dégradation continue du tissus industriel dans les pays développés, on soustraite tout dans les pays en voie de développement. Sans se préoccuper non plus des conditions de travail. Ainsi voit-on des entreprises prospères, encaissant de larges profits, comme Arcelor-Mittal, Valeo ou Michelin, qui n’hésitent pas à licencier de façon « préventive », parce que les perspectives ne sont plus aussi bonnes. Le seul objectif es bien de « maximiser » le profit. Ainsi la mondialisation relève-t-elle du même mécanisme que les scandales financiers.
Incontournable pour le financement des investissements, le capitalisme n’est pas en soi critiquable, on n’a pas encore trouvé d’autre moyen pour assurer un développement continu. Mais sa pratique débridée et sans contrôle, souvent largement criminelle, est de plus en plus dangereuse. C’est presque un truisme de le constater.

Précisions à propos du fonds Madoff

Il n’y a pas de petits épargants victimes directes en France pour une raison simple : il fallait être un gros épargnant pour entrer dans le fonds Madoff, le ticket d’entrée était à 1 million de collars. Pas à la portée de tous.

En fait, à l’origine, il n’était sûrement pas un escroc. tous les éléments concernant sa société étaient clairs, et même transparents, tout était déclaré à la SEC, des bulletins fréquents nous tenaient au courant de l’évolution de la société. Contrairement à ce qui a été écrit, les taux d’intérêt promis étaient très variables, de 4 à 10%, loin des 11 % généralement annoncés. A un moment, il a dû ^tre dépassé, poussé à promettre des taux d’intérêt plus élevés.

Mon conseiller financier a vu passer entre ses mains de nombreux titres Madoff, il affirme s’en être toujours méfié. Ses explication me paraissent très claires. L’affaire est bien dans la logique de la course à la valorisation maximum, pas forcément raisonnable d’ailleurs sous la pression des retraités émargeant aux fonds de pension, soucieux de voir leur rente augmenter toujours plus.

100 BO (bandes originales) cultes

09UTCp31UTC12bFri, 19 Dec 2008 11:00:09 +0000UTC 9,2008

Olivier Cachin, Christophe Geudin

Editions Tournon, 100 bandes originales cultes, De 1927 à 2008.35€.

Les deux auteurs sont des journalistes spécialistes des musiques urbaines. Ils rappellent que la musique de film fête ses cent ans, on doit la première à Camille Saint-Saens, pour illustrer un film muet consacré au Duc de Guise. Depuis la musique de film est devenue un genre musical spécifique, bien à part, ponctué d’immenses succès. qui ne se souvient pas du Docteur Jivago, de Maurice Jarre, ou de Il était une fois dans l’Ouest de Sergio Leone, le maître. On n’imagine plus un film sans cette partition musicale qui souligne l’action, qui amplifie les effets dramatiques. Les deux auteurs remettent en perspective les bandes originales d’un certain nombre de fils dits “cultes”, ils nous les racontent par le menu. C’est superbement illusté par les affiches elles aussi d’époque.

Je précise qu’Olivier Cachin était un ami de lycée de mon fils Lucio Mad. Ils ne s’étaient jamais quittés.

Bagnole : un nouveau genre de malus

45UTCp31UTC12bFri, 19 Dec 2008 15:30:45 +0000UTC 9,2008

Mes correspondants commencent à me considérer comme un relais pour informations mal diffusées, comme celle-ci…

Le gouvernement avec l’assentiment de nos chers députés vient de faire passer en douceur un texte sur lequel il n’y a eu aucune communication ….et les journalistes sont d’une discrétion absolue là dessus : à  partir du 1er janvier 2009 lorsque vous aurez un accident avec votre voiture, votre assureur devra missionner un expert pour chiffrer les réparations (jusque là rien d’anormal), sauf que l’expert devra, en plus, vérifier 21 points de contrôle du véhicule ….même si cela ne concerne pas le choc initial et même si votre contrôle technique récent était O.K.

Bref si l’un de ces 21 points n’est pas conforme ou en état de fonctionner, votre carte grise sera gelée en préfecture (conséquence: impossible de vendre votre voiture), et vous aurez alors trois jours pour accepter de réparer le ou les points non conforme(s), à défaut, votre voiture sera immobilisée au garage.
Et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, si vous réparez et que les points non conformes n’étaient pas liés au sinistre, l’expert devra revenir pour valider les travaux, et ce, à votre charge bien sûr ! Sans oublier bien sûr les malus ….au cas ou vous seriez responsable de l’accident.
Commentaire : serait-ce un moyen de relancer les ventes de voitures récentes …..ou de voitures neuves qui encombrent les parking des constructeurs !!!! Et ce seront encore les assureurs qui passeront pour des voleurs, et bien non ! il faut savoir que ce sera la loi ….tout simplement. Une façon de donner également du travail aux garagistes qui devront embaucher pour faire face …..(CQFD)
Alors à compter du 1er Janvier 2009 redoublez d’attention sur la route car le moindre accrochage va être “hors de prix”…et on n’aura pas fini de voir les délits de fuite après un accrochage, même banal . “

Secrets – Ultimes confidences d’Yves Bertrand

14UTCp31UTC12bSat, 20 Dec 2008 19:58:14 +0000UTC 9,2008

« On m’a “volé“ mes carnets »,

tempête Yves Bertrand l’ancien patron des DCRG.
Les carnets secrets d’Yves Bertrand n’ont pas fini d’encombrer les médias. Aujourd’hui, samedi, on apprend que deux mois après le dépôt de la plainte de Nicolas Sarkozy, le parquet de Paris a ordonné l’ouverture d’une enquête préliminaire sur les notes de l’ancien patron des RG qui fourmillent de rumeurs sur le monde politique, pour dénonciation calomnieuse, faux et usage de faux, recel et atteinte à l’intimité de la vie privée.
J’ai pu rencontrer, le personnage, pas clandestinement du tout au demeurant. Il m’a confié sa colère. Colère froide, mais violente.

« Le parquet a agi sur ordre », accuse Yves Bertrand.

Puis, sans chercher à se justifier, il explique qu’il a toujours restitué les informations importantes. Voici comment fonctionnait la chaîne d’information à l’intérieur du Ministère de l’Intérieur :

« Tous les soirs était établi le compte-rendu quotidien. En vue d’être distribuées aux services intéressés, les notes étaient reproduites à quinze exemplaires, le dossier ministre étit sous couverture verte. Il y a lieu d’ajouter des notes à diffusion plus restreinte.
« J’ai toujours rendu compte à mon autorité hiérarchique administrative, le Directeur de cabinet du Président et le Directeur général de la police nationale. Tous les ministres, à commencer par Dominique de Villepin, ont toujours été tenus strictement au courant.
« Je n’ai jamais rien donné à l’autorité judiciaire au titre de la dénonciation de faits délictueux, ce n’était pas à moi de le faire.

Puis il revient sur les carnets contestés.

« Je ne peux être poursuivi puisque ce n’est pas moi qui a publié les carnets. »
« Je suis un personnage archaïque, j’écris tout. J’ai cessé de tenir ces carnets en 2003 quand j’ai quitté mon poste de DCRG pour l’IGA (Inspection générale de l’Administration. Donc il est normal de ne pas trouver de carnet postérieur à 2003.
« Tout ce que je raconte est prescrit depuis longtemps puisque les brouillons et les carnets sont prescrits par trois ans.
« Les plaintes lancées contre moi ne sont pas fondées juridiquement. On a pris en photo l’ensemble des vingt-trois carnets. C’est ainsi que le contenu a pu être récupéré. Complicité de l’avocat, je ne vois pas autrement. Ça s’analyse en trois temps : bris de scellés, violation du secret de l’instruction, recel de violation du secret.
« C’est délirant, ce sont des plaintes médiatiques. Le Président Sarkozy est suivi par une cohorte de personnages qui lui ont emboîté le pas, toutes les plaintes sont rédigées dans les mêmes termes : dénonciation calomnieuse. Ce n’est pas à l’honneur du Président, ça ne va pas lui faire du bien. Il eut été intelligent de retirer sa plainte en considérant la personnalité de deux qui l’ont suivi.
« Je suis honoré d’être poursuivi par des gens comme ça »

En conclusion de son propos, il martèle :

« Je suis une cible parce que je suis le plus médiatisé. Mais pas question de me laisser abattre, j‘ai des munitions. J’ai en particulier connaissance de certaines informations concernant des emplois fictifs distribués par tel ou tel.
« Je ne suis pas amer, mais lucide. Mais pourquoi un tel acharnement contre moi ? ».

Serais-je moi aussi l’objet d’une manipulation ? Je connais le personnage depuis longtemps, il sait que je peux le “peser”.

Quant aux journalistes qui se répandent en propos plus ou moins bien informés sur YB, il observe en s’amusant que nombre d’entre eux ont fréquenté de façon assidue son bureau.

C’était whysky pour les hommes, champagne pour les femmes. Quand je leur proposais de les voir au petit déjeuner, [ donc sans whysky ni champagne,NDLA ] ils n’aimaient pas.

YB me cite un nombre de noms considérable, parmi les plus connus de la presse française. Je ne vous les citerai pas, évidemment. Certains de ces “noms” ont effacé ces rencontres de leur mémoire, ils s’empressent de multiplier les critiques à l’encontre de l’ancien Directeur central des Renseignements généraux. Ainsi va la vie.

La France en Afghanistan

07UTCp31UTC12bSun, 21 Dec 2008 11:53:07 +0000UTC 9,2008

Jean-Dominique Merchet, dans son site “Secret Défense” associé au quotidien Libération, a jeté cette semaine un pavé dans la mare : la France envisagerait de renforcer ses effectifs en Afghanistan, pour les porter au niveau d’une brigade opérationnelle, très au-delà des 3.000 hommes actuellement présents sur le terrain. Très bien informé, très au fait des questions de stratégie, et peut-être un peu le passeur de paroles pour des militaires de tous rangs, Merchet écrit rarement pour ne rien dire. Je me demande si la publication de cette information n’est pas un “appel à réactions”. Ça peut se pratiquer…

Evidemment, compte-tenu de l’impopularité de cet engagement des troupes françaises, démenti généralisé et prompt, notamment d’Hervé Morin, le Ministre de la Défense :

Il n’envisage “aucun plan d’accroissement des effectifs en Afghanistan”. Ni le président Nicolas Sarkozy ni lui même n’ont “donné à l’état-major la consigne de travailler sur un plan de renforcement des effectifs en Afghanistan“. Un peu plus tôt le même ministre expliquait sur RTL que «pour l’instant, nous n’avons pas l’intention d’envoyer des hommes supplémentaires (…) Mais une partie de notre propre sécurité se joue en Afghanistan. On ne peut pas laisser ce pays revenir dans les mains des Talibans.»

Ce discours, je l’ai déjà entendu en avril au Tadjikistan quand avec les Auditeurs de l’INHES j’ai visité la base aérienne française de Douchanbé, assurant la logistique des troupes françaises en Afghanistan. Le principe cardinal de la politique française dans cette lointaine région de l’Asie est que notre sécurité en France dépend du succès des alliés en Afghanistan. Certes, mais on ne nous a toujours pas expliqué pourquoi et comment. Pour le moment, j’y ai surtout vu la volonté de MBAOP de s’aligner sur la politique définie par son copain Georges W. Pour le moment, Barack Obama semble suivre la même voie pour la guerre en Afghanistan. Et ensuite ? Question sécurité de la France, je vois surtout le flux continu de réfugiés afghans qui par la Turque, la Grèce et l’Italie se déverse sur l’Europe afin de fuir les combats. Un flux continu que l’on voit s’installer partout dans Paris, sous les porches d’immeubles dans les beaux quartiers. Je vois aussi que ce conflit en Afghanistan est le prétexte à une résurgence d’actions violentes à caractère éventuellement terroriste. Avant cette guerre, hormis le roman de Joseph Kessel, Les Cavaliers publié en 1967, l’opinion publique française ignorait tout de l’Afghanistan. Aujourd’hui, la présence de nos troupes sur place pour “renforcer” les Américains contribue à accroître à Paris la menace terroriste.


Ecoutes – rappel de l’organisation légale

25UTCp31UTC12bMon, 22 Dec 2008 11:30:25 +0000UTC 9,2008

Suite de mes informations sur les Ecoutes et les interceptions de sécurité :

Les internautes doivent admettre que les écoutes couvrent un champ très large

De nombreux internautes n’ont toujours pas admis que leurs très chères communications téléphoniques transmises peuvent être interceptées par tous moyens et en toutes circonstances. Ceci pour deux raisons majeures : la première a trait aux enquêtes judiciaires qui s’appuient désormais largement sur les écoutes et sur l’interception de toutes les formes de messageries téléphoniques et électroniques, téléphone fixe, fax, téléphone cellulaire, Textos, téléphones satellitaires, liaisons WiFi – celles-ci particulièrement “perméables”-, et tout l’ensemble des messageries électroniques transitant par le réseau internet.

Les interceptions sont réalisées qu’il y ait ou non cryptage. Il y a belle lurette que les codes de cryptage sont cassés sans difficulté par traitement informatique; en France les codes sont limités à 128 bits pour faciliter le décryptage. La première opération de décryptage majeur a été réalisée à partir de 1939 par les Polonais, les Français et les Britanniques grâce à la machine Enigma. J’ajoute ce commentaire très pertinent que m’a transmis un internautre

Précision pertinente d’un internaute

La loi autorise depuis des années les particuliers à utiliser des logiciels tels que PGP et GnuPG sans limitation de taille de clef : http://fr.wikipedia.org/wiki/Chiffrement#En_France Or, bien utilisée, la cryptographie asymétrique utilisant des clefs de 1024 ou 2048 bits est réputée “incassable”, même s’il reste certes possible d’installer un espion logiciel pour capturer le mot de passe lorsqu’il est tapé sur le clavier (keylogger) ou pour retrouver les version “en clair” des messages chiffrés, ou encore de retrouver le mot de passe s’il a mal été choisi, entre autres…

D’une façon générale toute émission radio-électrique, quelque soit son support et son intensité, est susceptible d’être interceptée. Les “Services” disposent même d’outils permettant d’intercepter les émissions des écrans d’ordinateurs – à faible distance – et donc de capter l’image des écrans. Ces systèmes d’écoute permettent également le suivi sur le terrain des porteurs de cellulaire, grâce au rowing. Cet appareil d’interception comporte en complément la possibilité de prendre le contrôle à distance (remote control) des ordinateurs et des téléphones cellulaires. Ce n’est pas un tableau issu d’une quelconque “théorie du complot”, mais la description d’une réalité très prosaïque.

La mise sous surveillance est notifiée aux opérateurs par application de commissions rogatoires ; les opérateurs sont tenus de fournirs aux autorités toutes les données, en particulier les fréquences, des “comptes” placés sous écoute ; ce qui signifie que les écoutes ne sont pas limitées aux réseaux filaires dont l’importance relative s’amoindrit chaque jour. Le deuxième motif de mise sous surveillance et interception est la sécurité nationale, on entre dans le domaine des écoutes administratives sans motif juridique. Une décision du Premier ministre est nécessaire pour mener cette deuxième catagorie d’écoutes.

Je peux préciser qu’une surveillance spéciale à caractère préventif vise les sites internet à caractère pédophile, et, par la même occasion sur les sites à caractère pornographique ! Ils sont placés sur le même plan que les sites islamistes, susceptibles de véhculer des messages de liaison pour les réseaux “terroristes”, ainsi que sur certains sites de jeux en ligne.

Il est évident qu’un tel appareil de traque ne peut supporter la moindre faille, sinon il serait inutile. Les “Ecoutes” doivent permettre non seulement d’écouter et d’enregistrer les communications, mais encore d’inverser le flux, c’est-à-dire d’écouter les bruits enregistrés autour des appareils de transmission, téléphones fixes ou cellulaires, utilisés comme micros quelques soient les précautions prises par les utilisateurs pour échapper aux mailles du filet. Il serait naïf de croire le contraire.

Tous les pays importants dans le monde disposent désormais de services importants pour traiter les écoutes, en général liés aux services de renseignement. Aux Etats-Unis la NSA, en France un service – dirigé par un général – qui devient commun à toutes les directions du renseignement et de la police judiciaire. Dans mon livre “Dans le Secret des Services” (Denoël 2007), je décris les différents étages du système des Ecoutes :

- En France, par l’intermédiaire des fournisseurs d’accès

- Par interception directe des émissions radio électriques sur le territorie français

- En France et hors de France, utilisation à des fins d’interception du réseau de tracking des satellites, antennes notamment en France, à StPierre et Miquelon, aux Caraïbes, en Guyane, à Djibouti, en Nouvelle-Calédonie.

- utlisation du système satellitaire Helios, complété par les antennes dde la frégate A 759 Dupuy de Lôme. Opérant pour le compte de la DGSE, la A 759 est une sorte de « satellite en mer ». Entré en service en juin 2006 ce navire « espion » est spécialisé dans la détection et le recueil des informations électroniques.

Je rappelle les informations fournies à cet égard dès mai 2007 :

Police anti-terroriste : l’interception des données techniques de connexions

Les procédures judiciaires législatives, réglementaires et techniques sont au point, les structures  toutes en place. La loi du 23 janvier 2006 légalise cette nouvelle construction.

les éléments d’information sont assez largement diffusés, et cette diffusion entre clairement dans les programmes de prévention et de lutte contre le terrorisme. Voire de dissuasion : il est signifié aux « malfaisants » que désormais toutes leurs connexions téléphoniques ou informatiques peuvent être identifiées et localisées très vite.

Jusqu’à ce mois de mai 2007, sans compter les équipes de policiers chargées de le suivre, la surveillance rapprochée d’un « personnage à risque » nécessitait un dispositif lourd et coûteux, centré autour de la mise sous écoute de ses différents moyens de communication : téléphone fixe et portable, ligne informatique, etc. Des semaines étaient parfois nécessaires pour que tout soit mis en place après autorisation formelle donnée par la CNCIS – Commission de contrôle des interceptions de Sécurité -, au prix d’un investissement considérable, plusieurs dizaines de milliers d’euros pour un résultat aléatoire. Depuis le 2 mai 2007 tout a été remis à plat. En outre, les systèmes d’écoutes de la DGSE et de la DCRI sont désormais communs.

Désormais au sein du service chargé de détecter les risques, pour entrer dans le processus, un fonctionnaire habilité passe un simple message – crypté – à la nouvelle plate-forme technique d’interception des données de connexion aux systèmes de communication gérée par l’UCLAT (Unité de coordination de la Lutte antiterroriste) et installée dans les nouveaux locaux du Ministère de l’Intérieur à Levallois. Contenu du message : demande d’autorisation pour placer sous surveillance ,connaître les données techniques de connexion des les communications passées par les personnages ciblés : identification précise de leurs téléphones fixes ou mobiles, et le ou les adresses IP de leurs moyens informatiques ; demande de communication de tous les abonnements liés aux numéros repérés et des documents d’inscription ; relevé précis de toutes les connexions téléphoniques – entrées et sorties - ; destinataire ou émetteur des SMS, dates et heures ; adresses internet personnelles et sites internet consultés, soit par câble, soit par système WIFI ; géolocalisation des connexions par téléphone portable. Le champ d’investigation est large, mais, à ce stade, ne porte pas sur le contenu des communications.

La plate-forme est un simple relais technique, en quelque sorte un serveur. Par application de l’article 6, loi du 23 janvier 2006, le serveur bascule la demande sur le servicel à  la « pertsonnalité qualifiée » qui, à l’Inspection générale de la Police Nationale est légalement investie de l’évaluation. Cette fonction est assurée par l’Inspecteur général François Jaspart et quatre cinq adjoints disponibles jour et nuit.

Trois réponses sont possibles : c’est oui, c’est non, ou bien la demande nécessite des éclaircissements supplémentaires. Après validation par signature électronique infalsifiable, l’Inspection notifie sa décision à l’UCLAT. Celle-ci peut alors saisir tous les opérateurs téléphoniques et/ou informatiques qui sont tenus de communiquer toutes les informations en leur possession. Dernier stade, l’UCLAT retransmet les résultats de l’enquête au service demandeur d’origine, seul à pouvoir consulter les résultats.

Toutefois les informations ne peuvent concerner que les données techniques des connexions, il ne s’agit pas d’une écoute au sens strict. En quelques sorte, il s’agit d’un tri préalable. Si les suspicions à l’encontre de la cible subsistent, le service a la faculté de demander à la CNCIS une écoute à caractère administratif en bonne et due forme. L’interception portera cette fois-ci sur le contenu des conversations et des messages, on se retrouve dans le schéma antérieur au 2 mai, des interceptions de sécurité régies par la loi du 10 juillet 1991.

Mais nous restons là au niveau de la recherche du renseignement.

Un dernier stade est cependant possible, au niveau judiciaire, désormais : admettons qu’il soit établi par les écoutes et tout autre moyen que la personne ciblée soit suspectée de participer à une action à caractère terroriste on va passer au stade de l’enquête judiciaire, si une information a été ouverte.. Menées dans le cadre strict de la procédure pénale, l’enquête préliminaire ou l’instruction doivent déterminer la nature et l’ampleur des infractions commises. Le procureur chargé du dossier et/ou le juge d’instruction peuvent alors demander la mise en place d’écoutes à caractère judiciaire, dont ils assureront le contrôle ; le compte-rendu apparaîtra dans le dossier judiciaire comme des pièces à conviction, ce qui n’est pas le cas des interceptions et écoutes administratives, qui ne relèvent que du renseignement à caractère préventif.

Terrorisme : MAM s’amuse

50UTCp31UTC12bMon, 22 Dec 2008 16:14:50 +0000UTC 9,2008

Un exercice d’état major pour occuper la Une des médias

  • Si “notre pays n’est pas plus menacé” que d’autres, a souligné la ministre, “nous devons être capables de nous adapter à tous les risques d’attentats et à toutes (leurs) formes”, a-t-elle expliqué aux journalistes conviés Place Beauvau pour l’occasion.

Dans une  “salle de crise” relevant plus du cinéma que de la réalité,  installée dans la salle des fêtes du ministère ont été rassemblés les représentants de la police, de la gendarmerie, du renseignement, de la Sécurité civile. La vraie “salle de crise” ne sera opérationnelle qu’à l’été 2009.

Commentaire de la ministre :

Dans un cas “comme celui-ci, il est vraisemblable que nous passerions à un +Vigipirate+ maximum” soit l’arrêt de la circulation aérienne, des transports en commun et la fermeture des établissements d’enseignement. Nous avons testé nos capacités de réaction, de communication, de coordination”, a fait valoir Mme Alliot-Marie, précisant qu’en situation réelle, il faudrait “moins d’une heure” pour mobiliser ensemble les représentants des services concernés. Nous allons vérifier en particulier “quelle est la durée de réaction de chacun, combien il aura fallu de temps, par exemple, pour que les places d’hôpitaux soient dégagées, ou pour que les renforts arrivent à tel ou tel endroit. Nous en aurons un autre, avec tous les intervenants d’ici à une dizaine de jours pour voir où il y a des faiblesses”.

Ce jeu de guerre est excellent pour la Com’ ministérielle. Malheureusement, d’expérience, les actions terroristes sont par définition imprévisibles. Pour s’entraîner, pour prévenir leurs conséquences, on ne peut travailler qu’à partir d’événements passés, alors qu’on ne peut bien sûr jamais présager de l’avenir. Qui a prévu l’attentaticule du Printemps ? Qui a prévu les actions contre les chemins de fer ? Les services de renseignement savent toujours un peu que “quelquechose va arriver”. Mais où, quand, comment ? L’exercice conduit par MAM n’apporte pas de réponse. Mais il permet de montrer la Ministre en pleine action. Ce qui est le plus important.

Vous voyez, je ne suis jamais content. Mais pas dupe !

Président – Son nouveau paradis

18UTCp31UTC12bTue, 23 Dec 2008 14:16:18 +0000UTC 9,2008

MBAOP au paradis

Il nous l’avait caché, mais rien n’échappe à la presse brésilienne qui dévoile le secret. Selon les informations publiées au plan local, MBAOP et son épouse Carla – icône de la France comme la Tour Eiffel et Monoprix pour nos confrères cariocas – ne vont pas rester au Brésil proprement dit pour leurs vacances, mais séjourner dans un paradis exclusif pour ultra milliardaires, dans l’archipel de Fernando de Noronha, en face de Récife.

Les descriptions de ces îles protégées, parc national écologique, sont enthousiastes. Une petite île centrale dominée par un mini “pain de sucre” entourée par une vingtaine d’îlots. D’immenses baies dont les touristes sont écartés. Latitude : 3° au sud de l’Equateur, 220 km au large de la côte. Pas de lignes aériennes régulières, un seul hôtel, de super luxe, naturellement. Notre Président ne peut échapper à son destin… Mais que se passerait-il si une crise survenait en France alors que manifestement notre Président est coupé de tout ? Il a laissé MAM aux commande, mais est-ce bien sérieux ? Donc nous sommes abandonnés jusqu’au dernier jour de l’année !

fernando4

Avec la complicité passive de Guy Birenbaum

Politique : une démocratie musclée

01UTCp31UTC12bThu, 25 Dec 2008 10:41:01 +0000UTC 9,2008

Coup de gueule contre une démocratie musclée, poutinisée

On doit l’expression de démocratie poutinisée à Arnaud Montebourg alors que depuis quelques jours je cherchais un angle pour aborder la question de plus en plus brûlante des atteintes aux libertés publiques.
Et pas seulement : atteintes à la démocratie de façon plus générale.
Je dois avouer que je m’en inquiète plus que des fortunes perdues par quelques très richissimes comme la « malheureuse » et multimilliardaire  Liliane Bettencourt, propriétaire de l’Oréal. C’est plus problématique pour la fondation Elie Wiesel qui n’avait sûrement pas de projet spéculatif.
Revenons à l’évolution du régime politique en France. Il est clair que « Mon bien Aimé Omni Président » est fasciné par l’exemple de Vladimir Poutine, l’acrobate de la politique russe. Il se chasse par la porte, en renonçant au renouvellement de son mandat présidentiel, il revient par la fenêtre en s’installant dans l’ombre de Medvedev. Ah, quelle bonne idée ! Verra-t-on Sarkozy pousser en avant Xavier Bertrand pour la présidence de la République à condition qu’il promette de laisser agir Sarko dans l’ombre ? Ce serait le sens logique de cette démocratie musclée, poutinisée, qui s’installe insidieusement.
Qui trouvera à y redire ? Les chaînes de télé et de radio publiques ? Sûrement pas, puisque effrayés à l’idée de perdre son poste de Président Patrick de Carolis s’est suicidé d’avance, acceptant d’appliquer d’avance une loi qui n’était pas votée. Les chaînes de télé et de radio privées ? Sûrement pas, puisqu’elles doivent tout au Président. La presse ? Elle est ou exsangue, en proie aux pires difficultés financières, ou à la botte. Pour un oui ou pour un non, on traîne un directeur de publication menottes aux poings devant un juge d’instruction. Il est clair que ce juge n’agirait pas ainsi si elle, en l’occurrence, ne pensait pas aller dans le sens de l’actualité immédiate et des desideratas non exprimés du Président. Voici maintenant que d’autres acteurs judiciaires jettent en pâture les  pièces des dossiers d’instruction, ici de l’affaire de pseudo terrorisme de Tarnac, là de Julien Dray. L’opposition monte lentement et mollement au créneau pour protester. Les journalistes eux-mêmes ne sont guère enclins à mener bataille. Pour défendre le statut d’indépendance de l’Agence France Presse, ils sont trente dans la rue. Pour défendre Vittorio de Filippis, ils sont 200. Pourquoi le pouvoir se gênerait-il ? Pour ferrailler contre le nouveau projet de loi refondant l’ORTS (Office de Radio Télévision Sarkozy), ils sont une petite poignée de députés en séance, une trentaine. Quand François Fillon annonce que le prohjet passera en force, je n’ai entendu hurler ni Martine Aubry, ni Marie-Georges Buffet, encore moins Olivier Besancenot qui s’en fout, ces histoires de presse ploutocratique et bourgeoise ne le concernent sans doute pas. Quand Jean-François Copé s’en prend à la fureur d’amendements déposés par les Socialistes, ceux-ci ne claquent pas leurs pupitres, ils ne quittent pas la séance. Il a fallu plusieurs jours avant que Martine Aubry s’élève contre le procès intenté d’avance à Julien Dray. Il est vrai que Dray était le porte-parole de Ségolène Royal, son ancienne rivale au PS.
C’est en acceptant l’une après l’autres les humiliations infligées par Hitler que la République de Weimar s’est finalement dissoute dans la dictature du Führer. Je ne veux pas dire que Sarkozy puisse être traité de führer. Mais les exemples de Poutine et de Ju Jin Tao l’intéressent sûrement.
Désolé de vous avoir infligé un tel propos un matin de Noël.

Cuisine : la recette de Marina

25UTCp31UTC12bThu, 25 Dec 2008 18:06:25 +0000UTC 9,2008

Ma femme veut vous expliquer sa vraie recette, c’est son cadeau de Noël

De notoriété publique, ma femme Marina est une intellectuelle mais les gens adorent venir dîner à la maison, parce qu’on y mange vraiment bien. Mieux que de la simple cuisine de famille. En plus, contrairement à bien d’autres, elle ne passe ni des jours, ni des plombes devant « ses fourneaux » . Son idée est qu’il faut cuisiner bien sans se fatiguer, c’est le rêve de tous les pratiquants de la cuisine (ce que je ne suis pas). Autre manière de s’exprimer : comment réussir un plat sans suivre la recette. Voici sa … recette :
1 – Ne jamais rien peser, se fier à son regard.
2 – Diviser en deux toutes les proportions données dans les livres de recettes
3 – N’utiliser que les produits que vous connaissez, quitte à remplacer les inconnus par d’autres
4 – Ne pas mettre trop de vigueur dans le maniement des instruments
5 – Se contenter des moyens les plus simples pour cuisiner. Utiliser ceux que vous possédez et dont vous connaissez le maniement
6 – Vous devez toujours préparer vos pâtes ( pour gâteaux) vous-même.
7 – Goûter beaucoup en cours de route, rectifier selon votre goût et non selon la recette.
8 – Quelque soit le plat, cuisez-le à température moyenne haute.
9 – Vous n’y consacrerez pas votre journée, et le résultat sera bon à 90%.
10 – Quand vous avez raté deux fois un plat, laissez tomber, il n’est pas pour vous.
11 – Et, surtout, éliminez les recettes dont le vocabulaire exige un dictionnaire pour comprendre.
Avec ça, vous pouvez réussir le canard à l’orange, la carbonade à la Flamande, la mousse au chocolat, un rakot kaposta tout à fait exotique, la goulash à la Hongroise, la tarte tatin (géniale), les pommes de terre en gratin, les tartelettes aux tomates, la tarte à l’orange, tous les gâteaux au chocolat à la manière austro-hongroise. Les crèmes et les sauces, évidemment… Et l’art de récupérer les restes. Parfois elle rate une nouvelle recette qu’elle a testé sur moi, si ce n’est pas bon, je me dis, elle se fâche, mais elle ne recommence pas.

Président : rétro Sarko, 2008

21UTCp31UTC12bWed, 31 Dec 2008 10:55:21 +0000UTC 9,2008

J’ai le plaisir et l’honneur de vous présenter ma manière de voir la rétrospective Sarkosy pour 2008. J’ai éta aussi bref que possible…

2008 Sarkozy de janvier juin
Au temps du bling bling
Il est encore le Président de la France

Après une longue série de réformes présentées comme fondamentales, Mon bien Aimé Omni Président continue sur sa lancée. Ce devait être l’année de tous les succès. Ce sera l’année de toutes les grandes crises. Crise financière, conflit en Géorgie, présidence européenne en grande partie ratée, conflit franco-allemand. Les réformes « capitales pour notre pays » sont passée à la moulinette de la crise économique. Pas à la trappe. Endormies… Une petite satisfaction quand même, bien qu’il n’y soit pour rien : la libération d’Ingrid Betancourt.
Pour Mon Président, 2008 est une année capitale. Non sans agiter ses colifichets, son goût immodéré pour le bling bling, frénésie de voyages, frénésie de réformes, frénésie de com’ : il entend révolutionner la France. Laisser sa marque, son empreinte définitive. Libérer le pays. Il est libéral, faute d’une opposition claire, il accélère la manœuvre. Le président a dit de sa première année au pouvoir : «Il n’y a pas eu une telle action réformatrice depuis De Gaulle… finalement, gouverner est plus facile que je ne le pensais». Et les textes s’enchaînent à un rythme accéléré, sans souci des remous provoqués dans les couches sociales affectées. Réforme de la carte judiciaire (27 juin 2007), une nouvelle loi sur la récidive , puis un texte sur l’autonomie des Universités, suivi du fameux « paquet fiscal » qui permet de poursuivre la baisse des charges pour les entreprises, complété par le bouclier fiscal, avec enchaînement sur le service minimum en cas de grève dans les services publics, Régimes spéciaux de retraite (21 octobre 2007) (alignement de la Fonction publique sur le privé, assouplissement des dates de départ en retraite,…), grèves à l’appui. Sans compter la fusion entre la direction des impôts et la Comptabilité publique aux Finances, le volet social est complété par la loi qui introduit des franchises médicales (baisse des remboursements sur les médicaments) en vue de diminuer le déficit de la Sécurité Sociale. Le «Grenelle de l’Environnement» (25 octobre 2007) débouche sur une seule mesure concrète, la taxation des grosses voitures sous forme de  «bonus-malus». Retour enfin sur la préoccupation sécuritaire avec le texte sur «Immigration choisie» (20 novembre 2007) qui durcit les lois sur l’immigration.
Le Président et son gouvernement – qui existe alors encore – enchaînent sur de nouvelles réformes. Ils ont l’avenir et la prospérité devant eux, croient-ils. Ils n’ont rien vu venir, nos gouvernants, alors que la crise des subprimes va éclater dès février. On voit donc surgir une réforme du contrat de travail réclamée depuis longtemps par le patronat, suivies d’un assouplissement du système des RTT, en clair on liquide par  la bande les 35 heures.
Mon bien Aimé Omni Président ne voit pas d’opposition contre lui. Il aurait dû se méfier, et lire la presse étrangère qui a tendance à ridiculiser Nicolas. Il est vrai qu’il ne lit probablement pas les journaux, surtout pas anglo-saxons puisqu’il ne parle pas l’anglais. En vérité, manque de bienséance… voire de bienveillance ?, dans la presse étrangère l’année ne commence pas bien pour Mon bien Aimé Omni Président… La revue est inquiétante :  Süddeutsche Zeitung (Allemagne), 21 décembre : “Ehonté, irritant, narcissique (…) Ses prédécesseurs aussi aimaient le luxe. Chez Sarkozy, cependant, cela tourne vite au vulgaire.” Berliner Zeitung (Allemagne), 24 décembre : “Les Français ne peuvent que constater à quel point ce nouveau Napoléon est imprévisible”. Le Soir (Belgique), 26 décembre : “Sarko termine 2007 sûr de lui, arrogant, espérant mettre un voile sur ses premiers vrais déboires”, le Hollandais NRC-Handelsblad du 27 décembre est persuadé qu’à l’Elysée on tourne un remake de Louis de Funès”, alors que le britannique The Independent du 31 décembre suggère que “Sarkozy est le candidat unique d’un studio de «Loft Story» appelé Elysée, une star de soap opera”. Plus violent, l’Espresso (Italie) le 23 janvier assène: s’achemine vers un régime présidentiel.
En Argentine Terra Magazine est plus cru  “Sarkozy ou la politique de l’érection permanente”. The Times (Angleterre) – constate que Nicolas Sarkozy est devenu le lauréat incontesté du prix Silvio Berlusconi de l’homme politique européen le plus embarrassant du moment. « De ce côté-ci de la Manche, les maladresses du chef de l’Etat français, son côté nouveau riche et ses faux-pas nous paraissent tout bonnement comiques (…) L’économie française est dans une situation alarmante, et alors que le président part en vacances au soleil avec un cortège de 26 véhicules et une belle héritière italienne, les Français ne se sont jamais sentis aussi pauvres depuis le début des années 1990.”
Habillé pour l’hiver notre président de la France… Les journalistes étrangers disent n’importe quoi ou les Français sont-ils pusillanimes ? Nos confrères français auraient-ils oublié l’insolence de Beumarchais ?

Evidemment, Mon Président n’a rien lu. Nonobstant la volée de bois vert, il se déclare prêt à poursuivre les réformes sans débander. Dès sa première conférence de presse, le 7 janvier, il annonce la couleur. Suppression totale de la publicité sur les chaînes publiques, relèvement et assouplissement de la participation, lancement de dix projets de rénovation universitaire, changement complet de gouvernance de l’hôpital, réorientation de la Caisse des Dépôts en “un instrument de la politique de défense” des entreprises, recours à la clause de sauvegarde sur les OGM… Et de reconnaître que contrairement à ses promesses de campagne,”s’agissant du pouvoir d’achat, qu’est-ce que vous attendez de moi? Que je vide des caisses qui sont déjà vides? Qu’il faut que je donne des ordres à des entreprises à qui je n’ai pas à donner d’ordres ?”, et il qualifie , d’”absurde de réduire le débat politique” à cette question.
Tollé dans la presse française ? Eh bien non. Dans les rédactions, on a d’autres préoccupations, tout Paris bruisse d’une histoire incroyable : notre Président se remarierait avec la « Carla », la chanteuse Carla Bruni-Tedeschi. Une « croqueuse d’hommes ». Avant que la rumeur ne se confirme, le 5 février Président file en Lorraine, à Grandange, pour rassurer les métalos. En effet, la stratégie du groupe indien Mittal qui a conquis le contrôle d’Arcelor, commence à poser le problème des délocalisations et des investissements stratégiques.
On apprendra dans la foulée le mariage le 9 février à l’Elysée – la Mairie du 8° arrondissement, c’est trop plouc -  de Mon bien Aimé Omni Président Sarkozy avec la belle Carla Bruni. Une fois n’est pas coutume les noces ont été précédées par le voyage de … noces en Egypte, à bord du jet de Vincent Bolloré.
A l’Assemblée nationale se poursuit la frénésie de réformes. Le 13 février, création d’un Service public de l’emploi, qui recouvre en fait une fusion entre les ASSEDIC et l’ANPE, c’est-à-dire entre le payeur et l’utilisateur. Avec durcissement des obligations pour les chômeurs. Aussitôt après, le ministre de  l’Education Xavier Darcos entame sa campagne d’hiver dans l’Education nationale avec la présentation des nouveaux programmes, Priorité à l’enseignement des maths et du français (orthographe, grammaire). Et grognements chez les instit. Tout ça sans vrais débats, la majorité est trop massive, pas moyen de discuter. Mais des voix s’élèvent : sous Sarkozy se profilerait Bonaparte ? Berlusconi ? On se trompe : c’est Poutine et Ju jin Tao, le Chinois. Le ravalement de son premier ministre au rang de « collaborateur » et celui du Parlement au rôle de chambre d’enregistrement ont rendu tentante l’analogie. En outre, les déclarations du Président sur la laïcité positive, c’est-à-dire une remise en selle de la cléricalité hérissent le poil : en estimant devant le panzer pape Benoît XVI que, « dans la transmission des valeurs, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur »,  il provoque un tollé dans les rangs républicains. Sarkozy a été mal inspiré par sa conseillère Emmanuelle  Mignon. Il sera assez habile pour oublier bientôt cette malencontreuse référence.
Mon bien Aimé Omni Président ne sera pas Badinguet. Mais le costume de Président français lui semble bien étroit, tout comme Jacques Chirac avant lui, il rêve de vêtement plus amples. Il se voit en Président de l’Europe. Il le sera de facto en juillet, mais il prépare l’événement dès le mois de mars. A Aix la Chapelle, il prononce un hommage vibrant à Angela Merkel, il lui passe la main dans le dos, sans comprendre que la rude Chancelière allemande n’a que faire des mamours. Le 3 mars lors d’un sommet européen à Hanovre, Sarko réussit quand même à soutirer à Merkel un accord du bout des lèvres – on appelle ça un compromis – sur une Union méditerranéenne dont il pourrait aussi être Président. Pâle avatar d’une union institutionnelle abandonnée au profit d’une structure plus légère, plus souple et plus concrète. Une Union vidée de son contenu à peine créée, mais grosse de conflits à venir entre l’Allemagne et la France. Le projet ira toutefois jusqu’en Juin 2008, lors d’une  conférence des chefs d’Etats riverains de la Méditerranée à Marseille, amplifiée les 13 et 14 juillet à Paris lors d’un Sommet « Union pour la Méditerranée » à Paris, avec les Etats concernés. C’st la gloire de moi-même sur les Champs-Elysées entouré d’une brochette de chefs d’Etat, dont le très discutable syrien Bachar el Assad. On a même craint des manif d’anciens combattants lors du défilé militaire. Les policiers rassemblés en masse on veillé au grain.
Il est probable que Sarkozy a alors atteint son apogée. Car, sanction des échos défavorables qu’il n’a pas entendus, les municipales des 10 et 16 mars sont un échec. Sensible bien que non spectaculaire, le bloc de la gauche traditionnelle PS-PCF-Verts, est crédité de 49,5% des voix contre 47,5% à l’UMP. Dès février sa cote de popularité est tombée en chute libre : selon, le sondage TNS Sofres/ Le Figaro, réalisé le 20 et le 21 février, le Président ne recueille que 37%. Il ne s’en prépare pas moins à d’autres échéances encore plus spectaculaires. Il va s’attaquer cette fois à une forteresse à laquelle Chirac n’a pas osé s’en prendre : l’armée. Dans un discours prononcé le 21 mars, il laisse pointer son option peu favorable aux militaires, tout en prêchant auprès de ses ministres l’abnégation le sang-froid, et l’art de savoir mettre de côté ses ambitions personnelles, oubliant ses propres impatiences personnelles. Quand il n’était pas Président !
Le 26 mars, une visite d’Etat chez la reine d’Angleterre le gonfle d’aise, surtout quand Carla se penche vers la Souveraine, sans esquisser  la protocolaire révérence. Puisqu’elle est reine, elle aussi. Jolie photo souvenir qu’il faudra contempler plus tard, lorsque les temps seront durs. Dans la presse pipole le voyage au Royaume-Uni éclipse la victoire de la gauche aux municipales, le Président a l’art de ces ripostes décalée. On oublie Bonaparte pour évoquer le coup d’Etat médiatique, les épisodes du feuilleton présidentiel ne doivent rien au hasard… Mais les spin doctors s’aperçoivent bientôt que le mariage présidentiel, ce que les sondages ont révélé, a bien provoqué un certain malaise parmi les Français. Pourtant, cette baisse de popularité du président de la République ne doit pas occulter la réalité de sa stratégie politique: la conquête méthodique puis l’exercice personnel du pouvoir. Au sommet de l’Etat prévaut une confusion permanente entre vie publique et vie privée. Produite par le choc entre l’hyper-présidentialisation l’hyper-médiatisation l’opposition ne comprend que goutte à cette berlusconisation. Parce qu’elle espère en tirer plus tard profit.
Mon Bien aimé Président ne bronche pas. Le 5 avril il annonce l’envoi de nouvelles troupes en Afghanistan. Nicolas Sarkozy entend se conduire en chef de guerre. Contre l’opinion publique française très hostile à toute forme de conflit. Sans vrai débat à l’Assemblée nationale.
Même passage en force pour une loi autorisant la culture d’OGM, malgré une levée de boucliers des écolos qui tiennent pour irresponsable de poursuivre une politique agricole criminelle coûte que coûte, quel qu’en soit le prix. De même, la  chasse aux sans papiers se poursuit. Seule réaction du Président : tout le monde ne peut pas recevoir la nationalité française. Tout le monde ne la demande pas non plus. Même indifférence apparent, au moins politique, face à la main mise de plus en plus lourde des Chinois sur le Tibet. Ce qui occasionnera au Parlement européens des incidents violents quand Daniel Cohn-Bendit somme le Président de ne pas se rendre aux Jeux olympiques de Pekin.
En juin enfin, par la voix d’un groupe Surcouf explose le malaise de l’armée, lors de la présentation d’un Livre Blanc sur la Défense qui prévoit de lourdes, de déchirantes révisions pour l’armée, la dissolution de dizaines d’unités, le redéploiement d’autres, la fermeture de bases, la limitation de certains programmes d’armement. Mon bien Aimé Omni Président est de plus en plus nerveux. Il laisse éclater sa colère « off » lors de la préparation d’une interview à France 3, il se plaint du manque de politesse d’un technicien, en coulisses, qui ne l’a pas salué :”On n’est pas dans le service public, on est chez les manifestants”. Tourné clandestinement, l’incident fait les choux gras de rue89 – 525.546 visites – et de Daily motion. Le semestre s’achève sur cette note désagréable. Mai on peut quand même partir en vacances. On a raison : les mois qui suivent seront chaotiques.

A demain pour la suite.

La casse industrielle : le feuilleton

10UTCp31UTC12bSat, 27 Dec 2008 17:15:10 +0000UTC 9,2008

Ce billet reprend en partie mon précédent texte sur la casse industrielle, pour le transformer en feuilleton. Quoi de neuf ce matin ?

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Dollar, année zéro ? Je répercute un pseudo dollar adressé par un correspondant.

Version rénovée de mon billet sur la Casse industrielle. Je vous recommande de m’envoyer les informations de complément.

“Si l’on tarde trop, la filière automobile risqe de disparaître”

Tel est l’avertissement sans frais de Jean Lamy, Président du Comité de liaison des fournisseurs de l’automobile, dans une lettre adressée à Nicolas Sarkozy. Comme aux Etats-Unis, le secteur automobile est profondément ateint par la crise. La baisse du pétrole permettra-t-elle de redresser la situation, ou bien assiste-t-on à un phénomène de plus grande ampleur, une détérioration profonde qui ne serait pas seulement conjoncturelle ? Il est possible, au demeurant, que emportée par les espoirs, par les perspectives nées avec la bulle financière, l’industrie automobile ait été surdimensionnée. Mais on doit rappeler aussi qu’en Grande Bretagne les plus grands constructeurs ont tout simplement disparus !

On doit ajouter à la liste de la casse, en éliminant les doubles mentions :

Valeo, 1600 postes supprimés

Faurecia, 1215 postes supprimés en 2009-2010

Molex 300 emplois à supprimer

Tyco Electronics 600 emplois

Klarius 200 emplois menacés dans cette société en liquidation

Key plastics France 300 emplois dans cette société en cessaton de paiement

Trelleborg équipementier automobile (Carquefou) 461 emplois supprimés dont 150 intérimaires, dans un plan de suppression depuis avril. Du chômage partiel a été décrété.

A l’initiative d’un internaute :  ajouter Milan presse (Toulouse), avec un plan de licenciement d’environ 40 personnes.

On apprend ce matin par le Figaro que les “Trois Suisses” naguère le Numéro 1 de la vente par correspondance en France devrait supprimer 400 postes en février, dont 140 et 170 emplois au siège de Roubaix. Les autres réductions d’effectifs concerneraient les six centres d’appels téléphoniques de Villeneuve-d’Ascq, Rouen, Marseille, Nantes, Lyon et Nancy. Après la Redoute en voie de réorganisation, et la  CAMIF récemment liquidée, c’est le troisième spécialiste de la vente par correspondance qui subit de graves difficultés. Mais, en l’occurrence, la “crise” n’y et sans doute pour rien alors que les ventes par Internet explosent, + 40% pour les achats de fin d’année. Justement : les anciens ne semblent pas avoir pris assez tôt et bien le tournant de l’informatique, la “crise” amplifie seulement le problème. LA REDOUTE (Roubaix) : 672 licenciements dont 151 au siège
CAMIF (Niort) : 980 emplois

Toutefois les Trois Suisses démentent en partie cette information ; il ne s’agirait que d’une réorganisation des services en vue d’une meilleure adaptation aux nouvelles techniques. On veut bien.

Chanel fin des CDD et intérimaires. Environ 200 personnes seraient concernées. Le magasin historique de la rue Cambon est également touché avec le départ programmé de 16 employés.
Selon Manuel Blanco, secrétaire fédéral des industries chimiques CGT, “200 suppressions de postes de CDD et intérimaires ont été annoncées au sein du groupe mi-décembre pendant un Comité central d’entreprise, ce qui représente environ 10% des effectifs de production”.

Et, malheureusement, la casse industrielle se poursuit de plus belle : un effet d’aubaine ? Une usine va même jusqu’à confier la garde de ses locaux à son personnel ouvrier, après rupture du contrat avec la société de gardiennage !

Selon  Le Canard Enchainé MBAOP (Sarkozy) s’attendrait à 2,5 millions de chômeurs fin 2009, avec effondrement de la filière automobile, de l’aéronautique, des effets sensibles dans le commerce et le tourisme. Le plan de relance piloté par Devedjan sera-t-il suffisant pour enrayer cette spirale vers la catastrophe ?

Enfin une bonne nouvelle : selon l’AFP, le tribunal de commerce de Grenoble a autorisé la reprise de la papeterie Matussière et Forest de Turckheim (Haut-Rhin) par un ancien cadre de l’entreprise, Pierre Gavelle, qui s’engage à embaucher 95 personnes en 2009. Le projet de reprise de Pierre Gavelle, qui était notamment soutenus par la CCI de Colmar, prévoit une modernisation du site de production et l’embauche de 95 personnes en 2009 et la création de 25 emplois supplémentaires en 2010-2011.

Mon papier sur l’économie criminelle n’est pas passé inaperçu, il a attiré des dizaines de réactions. Je vous en transmets l’essentiel, pour éviter qu’elles ne soient perdues.

de dulconte | Conteur perdu à Buenos Aires | 24/11/2008 | 12H16
quand je lis ce titre Et si les crises étaient causées par des gangsters ?
la première réaction est de penser que les tenants du capitalisme financier ont trouvé un bouc émissaire idéal. Ainsi ils n’ont pas besoin de se remettre en cause et, quand la situation le permettra, relanceront leur campagne de propagande (je ne crois pas que cela ait d’autre nom), sur les bienfaits de l’ultra-libéralisme, la main invisible des marchés et autre âneries du même genre. Oh bien sur ils auront trouvé d’autres jolis noms pour décorer le paquet, mais le fond sera le même. Le travail de sape des acquis des conflits ouvriers du 19ème et 20ème siècle reprendra au projet d’un petit nombre et nous retournerons tranquillement vers des oligarchies paternalistes. Une fois encore l’exemple argentin est intéressant. En effet la dernière dictature n’avait pas eu d’autre but que de détruire la classe moyenne du pays, seul pays latino-américain qui avait réussit à en développer une. C’est cette même classe moyenne qui payera au prix fort la crise de 2001 (100 milliards de dollars ont quitté le pays les jours précédant la crise, les comptes bancaires en dollars ont été passé en pesos, quand ils n’ont pas été supprimeés grâce aux faillites de nombreuses banques, par contre les prêts sont eux restés en dollars). Bref même si la méthode argentine est pour le moins brutale, elle n’est pas sans rappeler ce qui se passe actuellement. D’ailleurs les Argentins se marrent comme des tondus quand ils entendent les grands discours des chefs d’états des pays du premier monde (c’est comme cela qu’ils appellent les pays occidentaux) tenir exactement les mêmes discours que leurs propres politiques en 2001-2002.
La seconde impression c’est qu’en fait le système lui même est mafieux, ce qui le rendra particulièrement difficile à réformer.

Quand je pense que 100 milliards me semblaient astronomique il y a encore quelques mois et qu’aujourd’hui la « normalité » à un zéro de plus.


brigadoon | ouf!!! | 24/11/2008 | 16H40

Merci Philippe pour cet article.

Je peux me payer un petit coup de chapeau, non ?

Cela conforte grandement mon entendement du capitalisme : un système mafieux dont certains sont légitimés et d’autres tentent de l’être. Mais les principes qui sont au fondement sont les mêmes : vendre une voiture ou des reins; des armes ou de la drogue ou du travail au noir après tout il n’y a que la législation et le statut de ceux qui le font pour y voir des différences.
Et qu’on ne me dise pas que la drogue tue et pas les voitures, il suffit de voir les chiffres des accidents de la route, les armes tuent aussi, Monsanto aussi et le travail délocalisé ou stressant aussi, etc…
Combat entre capitalistes pour prendre des part de marchés légales ou illégales (voir la crise des ordures à Naples) sur le dos des couillons qui croient à ce système en y participant passivement ou activement.
On n’a pas fini de se faire plumer !!!!

La réaction la plus importante nous vient de Marie 75. Elle a pris la peine de collationner toutes les actions de licenciement récentes, auxquelles elle ajoute les mesures de chômage technique. Je ne conserve que les licenciements. C’est impressionnant, on a l’impression de voir toute l’industrie s’en aller dans le vide. En enfer. C’est surtout la grande casse de la sous-traitance, de ces PME et PMI qui sont censées faire la richesse d’un pays ! Une liste, ou un martyrologue ?

nouvelle liste publiée pour novembre-décembre

ARCELOR-MITTAL : 1400 salariés
RENAULT : 4 000  licenciements dont 1 000 salarisé à Sandouville.
HEWLETT-PACKARD(Brest, Nantes, Rennes, Tours, Toulouse, Lyon et Nanterre) : 580

salariés.
ADECCO (en France) : 600 salariés.
ALICE : (Paris) : 350 salariés.
LA REDOUTE : 672 salariés.
CAMIF (Niort) : 980 salariés.
FORD (Blanquefort) : 1600 salariés,
PSA : 3 500 suppressions d’emplois dont 850 salariés à Rennes
TYCO (Pontoise, Chapareillan, de Val-de-Reuil) : 620 salariés.
RANGER (Theillay) : 442 salariés.
CONTINENTAL AUTORADIOS (Rambouillet) : 400 salariés.
MOLEX (Villemur-sur-Tarn) : 300 salariés. JOHNSON CONTROLS (Grand Quevilly) : 280 salariés.
NXP (Caen) : 280 salariés.
KLARIUS (Dreux) : 238 salariés.
LEAR (Offranville) : 150 salariés.

TREVES CERA : (Reims et Paris) : 145 salariés.

TREVES PTPM : (Ay) : 40 salariés. TREVES MATT : (Montcornet) : 40 salariés. TREVES MPAP

(Ploërmel) : 38 à 53 salariés. TREVES SODIMATEX (Crépy) : 14 salariés. TREVES TREVEST (Brognard) : 12 et 15 salariés.

HARMAN BECKER (Château-de-Loir) : 134 salariés.

RIETER (Rémy) : 135 salariés.

KEY PLASTICS (Rochefort) : 139 salariés. KEY PLASTICS (Voujeaucourt) : 114 salariés.

MAHLE (Persan) : 132 salariés.

FAURECIA (Sandouville) : 130 salariés.

EMT (Caudebec) : 120 salariés.

FRUEHAUF (Auxerre) : 104 salariés.

SKF (Saint-Cyr) : 100 salariés.

JTEKT (Dijon) : 200 salariés.

MCA (Maubeuge) : 91 salariés.

EUROCEL (Dives-sur-Mer) : 80 salariés.

MAHLE (Colmar) : 69 salariés. AB (Limay) : 64 salariés.

INERGY (Aulnay) : Plusieurs dizaines de salariés. INERGY (Nucourt) : 65 salariés.

LAPRADE (Arudy) : 26 salariés.

FONDERIE GM (Ponts-de-Cé) : 20 salariés.

FONDERIE LORRAINE (Grosbliederstroff), 19 salariés.

PERFORMANCE FIBERS (Longlaville) : 7 salariés.

SEALYNX (Villiers-La-Montagne) : 7 salariés.

WAGON (St Pierre de Varengeville) : 235 salariés.

MOTEURS BAUDOUIN (Cassis) : 123 salariés.

NEXITY : 500 salariés.

CELEOS (Saint- Brieuc) : 247 salariés.

KAUFMAN & BROAD : 165 salariés.

PIERA (Gap) : 70 salariés.

EXTREME DECORS (Lamastre) : 35 salariés.

PARQUETS MARTY (Cuzorn) : 107 salariés.

FFMT (Le Fossat) : 12 salariés.

SOPROFENE (Champagney), 10 salariés.

SUM TECH (Charleville-Mézières) : 9 salariés.

THEALEC (Rosheim) : 7 salariés.

APMO (Ardenne) 17 salariés.

TIXIT (Haguenau) : En redressement.

CALYON (Crédit agricole), 250 salariés.

KRONENBOURG (Strasbourg) : 214 salariés.

AMORAMAILLE (Dijon) : 265 salariés.

DANDY (Pontivy) : 238 salariés.

BEGHIN SAY : (Nantes) : 172 salariés.

MAXEVILLE: 36 salariés.

VALSPAR (Nantes) : 30 salariés.

SALAISONS GUEGUEN : 19 salariés.

ABATTOIR DE

BELLEBRUNE : 18 salariés.

ALPLAST (Ste Marie aux Mines) : 108 salariés.

LEPETIT (Saint-Maclou) : fermeture de l’usine.

EBREX (Pagny) : 51 salariés.

TMT (Montauban) : 12 salariés.

HYMER (Cernay) : 12 salariés.

SANOFIAVENTIS : 927 salariés.

MBO France (Boulogne) : 1100 salariés.

ASTRA ZENECA, (Dunkerque) : 95 à 400 salariés.

BMS (Epernon) : 220 salariés.

BMS (Meymac) : 160 salariés.

RAFLATAC (Pompey) : une centaine de salariés.

MATHUSSIERE & FOREST (Saint-Girons) : 160 salariés.

MATHUSSIERE & FOREST (Turkheim) : 183 salariés.

PAPETERIE CASCADES (Blendecques) 100 salariés.

GASCOGNE SOPAL (Givet) : 50 salariés.

DMC (Saint-Amarin) : 88 salariés.

DIM (Autun) : 83 salariés.

CYMBELINE (Nemours) : 10 salariés.

ASTER (St Germain du Salembre) : 11 salariés.

WITTENDAL (Roncq) : 9 salariés.

DEOUVELAERE (Lépanges) : 58 salariés.

FILATURE COSSERAT (Amiens) : 20 salariés.

SOPHIE HALLETTE (Caudry) : 9 salariés.

LA CAUDRESIENNE (Caudry) : 5 salariés.

APEX (Darois) : 70 salariés.

LATECOERE (Toulouse) : 1 000 salariés.

SUN CHEMICAL (Brie-Comte-Robert) : 46 salariés.

HENKEL (Cosne-Cours) : 166 salariés.

HENKEL (Châlons-en-Champagne) : 62 salariés.

HENKEL (Villefrance/Saône) : 12 salariés.

SONY (Pontonx) : 317 salariés.

NIPSON (Belfort) : 90 salariés.

LIMOGES PHOTOGRAVURE (Limoges) : 56 salariés.

MOTOROLA (Rennes) : 150 salariés et menace sur 3000 emplois.

ZODIAC (Buhl) : 105 salariés.

CAUVAL (ameublement) : 3 200 salariés dans l’attente.

TEXAS INSTRUMENTS (Vill.-Loubet) : de 300 à 350 salariés.

IMPRESS (Laon) : 173 salariés.

DENTELLES NOYON (Calais) : 140 emplois salariés.

BIJOUX GL (Ardèche) : 135 emplois salariés.

NICOSOFRA (Evry) : 114 salariés.

NICOSOFRA (Burnhaupt) : 38 salariés.

GARDY (Barentin) : 109 salariés.

DESHOULIERES (Chauvigny) : 82 salariés. DESHOULIERES (Lamotte-Beuvron) : 72 emplois salariés.

AKZO (Montataire) : 65 salariés.

FORGES DE SYAM : 37 salariés.

TERGAL (Gauchy, Picardie) 35 salariés.

SCIERIE NICOLE (Saint-Saëns) : 21 salariés.

HMS (Noyelles-Godault) 18 salariés.

HELVETICAST (Angers) : 18 salariés.

SERERO (Plancher-Bas) : 52 salariés.

GICEP (Courlaoux) : 70 salariés.

NORZINCO (Anzin) : 34 salariés.

BASTOR (mécanique) : 9 salariés.

CARROY (Vierzon) : 6 salariés.

SBFM (Caudan) : menaces de plan social.

A cette liste il y a lieu d’ajouter la disparition d’environ une dizaine de milliers d’agences immobilières ( sur 60000) en moins d’un an. J’aurais pu prolonger encore la citation avec toutes les mises au chômage technique. Les médias vous en entretiennent chaque matin. Le tout est accablant. Pourquoi briser net un appareil industriel ? La “crise financière” n’a-t-elle pas bon dos ?

Politique : mon omniprésident d’été en hiver

03UTCp31UTC01bThu, 01 Jan 2009 10:03:03 +0000UTC 9,2008

2008- juillet-décembre Il est enfin le Président de l’Europe,  mais aussi Président de la crise économique

Le Ier juillet, enfin le grand moment, Mon bien Aimé Omni Président, Nicolas Sarkozy, par le jeu du tourniquet accède à la Présidence de l’Union européenne.  Il a rêvé d’être le vrai Président de l’Europe, comme il est le Président de la France, il s’est démené, il a beaucoup circulé, il n’en restera pas grand-chose. Même pas de la popularité. Avant de s’éloigner de Paris, le 2 juillet il accueille Ingrid Bétancourt, qui vient d’être miraculeusement libéré après 6 ans et demi dans la jungle colombienne. Sarko n’y est pour rien, mais la presse fait comme si…
Ensuite, congés payés prévus, comme n’importe quel père de famille, vacances chez belle-maman, au Cap Nègre, un coin parfaitement préservé, à partir du 7 juillet. Ordre de Carla. Pour ces vacances dans le sud de la France, retour du jogging sous les yeux des caméras… Vacances discrètes – en comparaison de ses escapades luxueuses de 2007, à Malte ou à Wolfeboro aux Etats-Unis. Malheureusement, ce deuxième semestre 2008 ira de mal en pis. Bien qu’au début pas forcément si mal pour Nicolas.
Les vacances sont interrompues à peine commencées, Mon bien Aimé Omni Président doit monter à Strasbourg pour la première séance de l’Union européenne sous sa présidence. Et là il rencontre le lutin qui ne va pas cesser de le tracasser. C’est l’incontournable Dany le Rouge, Dany Cohn-Bendit. Le seul à ouvrir grand sa gueule quand tous les autres se terrent prudemment. Ainsi s’ouvre un « immense » combat entre deux lutins acharnés. Dany, l’insolent, l’inventif, le véhément… Nico, l’ambitieux, l’arrogant, le frénétique : non moins sincère que l’autre, peut-être…
Mon Président croyait avoir neutralisé Dany en l’invitant à l’Elysée. On n’a jamais neutralisé, il ne s’en laisse pas conter. A la tribune de Strasbourg il interpelle Nicolas avec fracas à propos de son intention d’aller à l’ouverture des JO de Pekin :
“C’est une honte, c’est minable d’aller à l’ouverture des Jeux Olympiques”, a tonné ce jeudi matin le coprésident des Verts, Daniel Cohn-Bendit. Avec passion Dany clame : « C’était Nicolas Sarkozy avait “une occasion en or” de dire : “Je ne participerai pas à la mascarade du Parti communiste chinois”.
Affaires intérieures
Deux semaines plus tard, bien qu’adoptée de justesse par le Congrès réuni à Versailles, une profonde révision constitutionnelle menée tambour battant rassure le Président. Elle aura pour effet majeur de renforcer les pouvoirs du président et de son parti en affaiblissant ceux du premier ministre. La réforme concerne 47 articles – sur 89 – de la Constitution de 1958.Principales mesures :  limitation de la présidence à deux quinquennats consécutifs ; possibilité pour les ministres élus avant leur entrée au gouvernement de retrouver automatiquement leur siège, sans le remettre en jeu ; introduction du référendum d’initiative populaire ou parlementaire ; reconnaissance des langues régionales et promotion de l’égalité hommes-femmes ; garantie de « l’indépendance » et du « pluralisme » de la presse. La  réforme permettra surtout au président de la République de s’adresser aux députés et aux sénateurs afin de leur donner des orientations de politique générale, sur le modèle du discours annuel du président des Etats-Unis sur l’état de l’Union.
Quelques jours plus tard, le 24 juillet, la publication du Plan de modernisation de l’armée confirme les grandes lignes du Livre Blanc paru quelques semaines plus tôt. L’opposition militaire se tait, les collectivités locales potentiellement lésées se hérissent.
Sur ce, le Président file à Pékin pour participer à l’ouverture des JO, contre l’avis d’une grande partie de l’opinion. Impair, mais il ne passe pas. Nicolas doit régler le contentieux avec les Chinois très irrités par l’attitude de la population française quant à l’affaire du Tibet
“Sarkozy devrait tenir compte de l’importance de la Chine au lieu de la repousser. Votre président voudrait dominer l’Europe, devenir le réformateur du système financier international et ébranler le leadership des États-Unis. Mais la Chine considère qu’elle est la seule puissance aujourd’hui à pouvoir tenir tête aux Etats-Unis. »
Avant d’assister à la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques, le chef de l’Etat a rencontré le président chinois Ju Jintao et le premier ministre Wen Jiabao, afin d’évoquer de “nouveaux projets communs”. Il a fait remettre une liste de prisonniers politiques aux dirigeants chinois.
En vérité, le Président n’a guère l’esprit libre. En effet, le 7 août, la veille de son départ en Chine a éclaté en Géorgie, sur les bords de la mer Noire, une véritable guerre entre les Géorgiens et les Russes pour le contrôle de l’Ossétie du Sud, et, en fait, de toute cette région sud-caucasienne qui échappe désormais à Moscou.
Nico ne rate pas vraiment l’occasion, cette guerre a failli être l’heure de gloire de Nicolas Sarkozy, transformé en chef d’Etat-pompier. Il se démène pour obtenir au moins le silence des armes. Un saut à Moscou pour rencontrer Poutine, une navette Tbilissi-Moscou et la paix est gagnée… ou presque. C’est à l’arrivée une cote mal taillée qu’a obtenue le président en exercice du Conseil européen, mais au moins les armes s’étaient tues. Mais Sarko n’a pu sauver l’Ossétie du Sud ‘une main mise de Moscou.
Voyages, voyages, la note de frais explose
Mon Président n’a pas le temps de souffler. En Afghanistan, le 18 août, dix soldats français tombent dans une embuscade dressée par des « rebelles », comme on qualifie les combattants nationalistes afghans. Déjà frais depuis la publication du plan de réforme, les relations avec l’armée se tendent de nouveau. Le Président doit en mettre des tonnes : il court le  20 août à Kaboul pour saluer le contingent français, le  21 août une cérémonie est organisée aux Invalides pour saluer la mémoire des dix soldats tués. Mon bien Aimé Omni Président doit surfer entre l’hostilité de l’opinion française, l’inquiétude de l’Armée, et la volonté de Sarkozy de réintégrer les structures de commandement de l’OTAN. Au printemps, il a envoyé un nouveau bataillon à Kaboul. L’envoi de renforts français et la participation plus active des soldats français aux combats, décidés au printemps après un simulacre de débat parlementaire, visent avant tout à préparer le retour de la France dans les structures militaires intégrées de l’Otan, quatre décennies après la décision de De Gaulle de l’en retirer. En Afghanistan et en Géorgie, dans un jeu complexe de billard, les réalités géopolitiques ont été plus fortes que les choix antérieurement annoncés par le Président, qui tente toujours de concilier le tout et son contraire. Un Conseil européen extraordinaire convoqué début septembre à Bruxelles, sous présidence française, ne changera rien à cet équilibrisme d’une diplomatie qui a encore du mal à trouver sa cohérence.
Mais pas sa com’ : la communication reste l’essentiel, occuper le terrain, même quand il croit ne rien pouvoir dire. Nous allons le constater durant le mois de septembre qui vient, marqué par le fracas d’une grande crise mondiale. En marge de laquelle le Président reste avec prudence. Pour commencer, les bons esprits restent occupés par le retour sur la scène, sur le mode burlesque, d’un problème français récurrent, les rapports avec les Corses. Sous la houlette de l’avocat Guy Talamoni, les nationalistes, sans cagoule, marquent un grand coup en occupant durant quelques heures le jardin de la villa appartenant au comédien Christian Clavier. Attentat insupportable, on a jeté dans la piscine une statue en plâtre. Or Clavier est un ami du Président. Lequel prend feu, et vire sans autre forme de procès le préfet chargé de la sécurité dans l’île, jugé responsable de cette occupation pour n’avoir pas su la prévoir.
Septembre apparaît avec le recul comme un temps suspendu. Cliché : le calme avant la tempête, mais on ignore encore que la tempête arrive. Pour Sarkozy, le temps suspendu signifie aussi du temps en mouvement. 3 et 4 septembre, Damas en Syrie, pour un sommet Syrie, France, Qatar, Turquie ; 6 septembre, Avignon, réunion des ministres européens des Affaires étrangères ;  8 septembre, Moscou et la Géorgie pour les ultimes mises au point du conflit de Géorgie, Lourdes pour voir le Pape le 12 septembre, 22 septembre, New-York pour recevoir le prix de «l’homme d’Etat de l’année 2008», remis par la Fondation pour l’appel à la conscience. Au passage, il a pris le temps de convoquer le Parlement en session exceptionnelle le 22 septembre, afin de débattre des projets de lois sur les revenus du travail et le RSA. Et voici enfin à Toulon, le 25 septembre. Pour exposer ses vues sur l’économie, alors que la crise financière est déjà bien entamée. Il martèle :
” Je veux le dire aux Français : l’anticapitalisme n’offre aucune solution à la crise actuelle (…) La crise actuelle doit nous inciter à refonder le capitalisme sur une base éthique “
Quelle crise ?, s’étonne la ministre des Finances Christine Lagarde. Et de toute façon, s’il y a crise, elle ne pourrait atteindre la France.
On s’étonne même du silence présidentiel, contraire à ses habitudes puisque, comme l’observe Nicolas Domenach, de Mariane,
Nicolas Sarkozy est une parole qui parle. Tout le temps. De tout. Et même de rien. Plutôt bien d’ailleurs. Roulement de mots, d’yeux, et de biscottos. C’est un avocat-camelot. Un «bavard», comme on dit. Mais le bavardage peut troubler les messages. Parfois, on n’entend pas, tant il brouillonne et fait du bruit avec ses causeries tintamarres, quel que soit le sujet.
Il sera encore à Marseille le 29 septembre pour un sommet entre l’Union européenne et l’Inde. Car désormais, seuls les « sommets » sont inscrits à l’agenda, on ne peut pas descendre à un niveau inférieur.
Sondages en baisse
En un mois, huit étapes, trois continents, les frais de déplacement montent en flèche à l’Elysée. Toutefois, cet activisme n’est guère rentable. Alors que l’opinion a apprécié le dynamisme présidentiel mis en œuvre pendant la crise géorgienne, l’enthousiasme retombe.
Le 15 septembre 2008 dans les sondages Sarkozy retombe à 42 % d’opinions favorables, contre 44 % en août.
Sarkozy et Fillon en baisse dans les sondages pour septembre! Le Figaro n’a pas bien lu, ni le chiffre, ni son sens puisque le quotidien retient que près de 45 % des Français portent un jugement favorable sur Nicolas Sarkozy alors qu’il administre au pays un traitement de cheval au pays.
Désormais, Mon bien Aimé Omni Président s’astreint à administrer la crise mondiale et ses conséquences. Et il court encore. D’un « sommet européen à l’Elysée où il réunit Gordon Brown, José Manuel Durão Baroso, Angela Merkel, Jean-Claude Junkers, Silvio Berlusconi au 12° « sommet » de la Francophonie à Montréal qu’il écourte pour filer à Toronto, puis à à Camp David pour discuter avec le président américain George W. Bush de la refondation des règles du capitalisme financier où il tente de convaincre Georges W de prendre de vraies mesures pour enrayer la crise mondiale. En vain, il lui soutirera seulement l’engagement de participer à un sommet du G 20 à Washington. Au passage il froisse quelques susceptibilités, à commencer par celle d’Angela Merkel qu’il tente de convaincre d’adopter un plan de relance. La Chancelière allemande se refuse obstinément à obéir aux injonctions de Notre Président : pas question de dépense ses bons Marks… Pardon : ses bons euros, pour soutenir l’économie allemande, qui se porte plutôt bien, et entraîner les autres économies européennes, qui se portent plutôt mal. Et surtout, pas question d’accepter le principe d’un “gouvernement économique européen” proposé par notre Omni Président, avec dans sa tête l’idée de le mener. Angela et Nicolas se rencontrent aujourd’hui pour tchatcher à ce propos.: Le discours d’Aix-la-Chapelle est loin, derrière les mamours publics, il y a longtemps que les relations entre un Président français et un Chancelier allemand ont été si mauvaises. Il faudra même nommer un Secrétaire d’Etat spécial et germanophone – Bruno Le Maire – pour recoller les morceaux. Notre Président a l’impression d’agir puisqu’il saute d’un avion à l’autre. Il est le Président de l’Europe, que diable, on doit l’écouter.
Mais il n’écoute même pas ce qui se passe chez lui. Par exemple la grogne de ses policiers, qu’il met à la portion congrue au nom de la RGPP (Révision générale des politiques publiques), le 18 novembre 8500 policiers défilent dans les rues de Lyon pour protester contre des promesses non tenues.
Nicolas était hier à Washington, au sommet du G20 dont il a tant rêvé. Il obtient un un accord à l’arraché, qui ne sert à rien, Georges W n’a pas l’intention d’appliquer le catalogue de bonnes intentions.
Et en France, toujours ces mêmes agités qui troublent les grands desseins internationaux. Ce sont les protestations contre l’arrestation à grand spectacle de Vittorio De Filippis, directeur de publication durant quelques mois de Libération. Puis le meurtre d’un passant par un fou échappé de l’asile, à Grenoble. S’occupant de tout , Mon omni président trouve le temps de faire préparer le 2 décembre un plan de sécurisation des hôpitaux psychiatriques. Il  entend régler la question de la dangerosité des malades mentaux. Non en donnant de nouveau moyens aux structures de soin, mais en aggravant les conditions d’incarcération des personnes hospitalisées d’office sur ordre des préfets.
Super com’
Et la cote de popularité continue sa glissade infernale. 38 % le 4 décembre. Comme toujours, dès que sa cote de popularité se casse la gueule, Mon OmniPrésident bien aimé, se précipite dans la com… Tout et n’importe quoi : les fous, les pauvres, la relance de l’économie. Tout à condition qu’on en parle. Quitte même à jouer les feuilletonistes : aujourd’hui je vous parle de la grande pauvreté, je vous donnerai les solutions demain. Une première solution avec le “Fonds souverain à la française”… sans fonds autres que de la dette. C’est aussi un plan de relance de l’économie, celui refusé obstinément par Fillon l’été dernier, avec là aussi beaucoup de milliards tirés de la dette (c’est le trou sans fond, sans fonds, le tonneau des Danaïdes) sans grande réflexion mais justifié par le nombre  d’emplois en difficulté. Mardi 16 décembre 2008, la dernière séance à l’Union européenne, Nicolas avoue qu’il a essayé de “bouger l’Europe”, mais que c’est elle qui l’a “changé”.
L’hebdomadaire américain Newsweek juge sans aménité mon pourtant excellent Président :
Sarkozy est un électron libre sans véritable opposition. Pour l’instant, ça lui a réussi. Mais ça pourrait changer. Depuis trois mois, le président français Nicolas Sarkozy avertit le peuple de France, d’Europe, et tous ceux qui veulent bien l’écouter, que le monde tel que nous le connaissons est voué à une fin prochaine. Quel autre politicien se permettrait de telles envolées lyriques et de faire montre d’un tel culte du moi? Le président français est aujourd’hui en quelque sorte Sarkozy sans limites, pour le meilleur et pour le pire.
Et pourtant… La récession attendue pour le premier semestre 2009 et la montée du chômage dessinent un avenir difficile. Nicolas roule des mécaniques, mais il est désormais inquiet, il renvoie à plus tard ses projets, suite aux émeutes en Grèce il recommande à Xavier Darcos plus de modération dans ses rapports avec les lycéens, il renonce provisoirement à un important projet de loi sur le travail du dimanche. Nicolas Sarkozy a été élu pour être le « Président de la reconquête de la croissance et des réformes », la crise mondiale venue change la donne, il doit revoir à la baisse son programme économique, l’adapter à une conjoncture catastrophique.
Et il est bien seul pour manœuvrer. Nicolas Sarkozy, Mon Omni, mon hyper, mon ultra président, a bouleversé en dix-huit mois l’ordre hiérarchique des institutions. “Tout se passe à l’Elysée”.
Sur l’Europe son influence est finalement modeste, comme le constate avec une modération rusée Daniel Cohn-Bendit :
La présidence française a eu beaucoup d’énergie, elle a réagi avec volontarisme et un peu au bluff dans la crise géorgienne, où elle a permis d’aider à arrêter l’offensive russe, elle a bien joué son rôle de médiateur honnête, elle a pris des risques tous azimuts pour répondre à la crise financière et à la crise climatique, et s’en sort difficilement parce qu’elle a misé sur une Europe des gouvernements qui la soumettait à l’unanimité.
L’année se termine un peu comme elle a passé. Il repart en voyage, il repart en vacances. Direction le Brésil, pour un pénultième « sommet » brésilo-européen, suivi par une visite d’Etat au cours de laquelle selon sa coutume il passe la main dans le dos au Président Lula, en lui murmurant des mots d’amour à l’oreille, et non sans lui soutirer quelques gros contrats d’armement. Justifiés par le nouveau statut mondial du Brésil. Sur quoi, Bling bling, Nicolas repart « en retraite » sur une plage paradisiaque pour milliardaires à Itacaré près de Bahia, il y passe les derniers jours de l’année avec Carla, revue sans correction par les journalistes brésiliens comme icône de la France comme la Tour Eiffel et Monoprix. Une dernière colère, derniers trépignements, contre les paparazzi locaux qui le persécutent. Quelle vie trépidante !
Ainsi, il n’aura pas pu s’empêcher d’être clinquant, presque malgré lui. Parce que c’est peut-être plus fort que lui.
Bonne année, Mon bien Aimé Omni Président !

Au cinéma : Australia, à voir avec un regard oblique

03UTCp31UTC01bSat, 03 Jan 2009 10:02:03 +0000UTC 9,2008

Cinéma – Australia, de Baz Luhrmann, avec Nicole Kidman qui se bat contre un sinistre propriétaire, David Wenham avant de tomber dans les bras du cow-boy, sauveur de son bien. Hugh Jackman.
Il est évident que je devrais être fondamentalement méchant, descendre en flammes cette œuvre inspirée par Autant en emporte le Vent, Pearl Harbour et… l’Office du tourisme australien, avec la complicité de Rupert Murdoch, le tycoon – également australien – maître des gazettes en Grande Bretagne. C’est l’histoire d’une nana assez coincée, une vraie Lady, arrivée à la fin des années 1930 en Australie pour retrouver son mari volage. Elle le retrouve, mais mort, assassiné. Elle aura le plus grand mal à récupérer l’héritage, convoité par un voisin suspecté d’avoir fomenté le meurtre. Elle y parviendra au prix de mille péripéties, convertie au passage à la sexualité la plus torride, et à la défense des aborigènes persécutés par la population blanche.
Quelques mots donc pour résumer un opus de 2 h 40, financé par Murdoch et l’Australie au titre de l’action touristique, dirigée par un cinéaste australien ; exclusivement interprété par des comédiens australiens, à commencer par Kidman. Le grand problème du film est son objectif, traduit dans son cahier des charges, en quelque sorte : promouvoir la beauté souvent extrême des paysages australiens encore sauvages, en esquissant quelques pans de son histoire tumultueuse totalement inconnue en dehors de l’île continent. Avec une consigne précise : éviter toute appréciation générale qui pourrait fâcher les sponsors du film. C’est son défaut, un immense défaut pour beaucoup, à première vue Australia apparaît comme une longue bande annonce en forme d’images d’Epinal. Une bande annonce qui, disons-le tout de suite, n’est pas ennuyeuse. Deuxième défaut, et non des moindres : comme il fallait remplir 2 h 40, les scénaristes et le réalisateur ont entassé plusieurs histoires sans grands rapports entre elles : la guerre des éleveurs, l’ivresse des grands espaces déserts, la persécution des aborigènes et leurs proximité de la nature, les émois d’une jeune lady qui n’a rien vu de la vie au point de succomber au premier musclé venu, et pour couronner le tout, la « menace des jaunes » – en l’occurrence des Japonais – sur l’Australie. Je me serais bien contenté d’une de ces histoires, mieux racontée, plus approfondie.
Mais les choses étant ce qu’elles sont, comme je ne peux plus rien changer au fond, je vous propose un autre regard sur ce film. Oubliez les nunucheries et les clichetons de scénario, attachez-vous à  une vision oblique. Et, soudain, le conventionnel s’efface, il s’efface pour laisser la place à une impitoyable violence ; à une critique radicale du rôle des missionnaires chrétiens dans l’exploitation des métis aborigènes ; à une vision aussi peu classique que possible du destin qui n’a pas encore permis à cette île continent d’émerger à la surface d l’histoire. Tout le monde en retient quelques sites d’une « sauvage beauté », le pont et l’opéra de Sydney et avec ses grandes voiles de béton, les trains routiers monstrueux qui parcourent le pays « à fond la caisse », personne ne se souvient que ce pays a été bâti par des bagnards et leurs descendants, par les orphelins anglais exilés de force là-bas, en spoliant les aborigènes et leurs descendants qui sombrent aujourd’hui trop souvent dans l’alcool, tandis que les blancs ne parviennent pas à assumer leur culpabilité.

Quelle crise ?

09UTCp31UTC01bSun, 04 Jan 2009 10:50:09 +0000UTC 9,2008

Je ne veux pas être particulièrement optimiste. Mon examen du quotidien ne le permet pas. Mais les observations visuelles ne vont pas dans le même sens. Comme beaucoup, j’ai pris quelques jours de vacances, à Cannes. L’une des villes les plus opulentes de France. Au départ, le TGV : plein à craquer, plus une seule place disponible pour les deux weekend de fête. Dans le train, des familles entières, des bébés, des bébés. C’est frappant quand on a été un peu à l’étranger comme moi cette année : les familles frnçaises sont bien fournies, les parents décontractés et attentifs. Les avions sont également pleins, dans les deux sens, pour aller et repartir, vers les sports d’hiver, vers la Côte. Même topo sur les autoroutes, malgré le froid, le verglas, la neige. Dans la gare de Cannes, la foule, les bras chargés de cadeaux. Dans les restaurants, toutes les tables sont prises d’assaut dès 7 heures du soir. Vous m’objecterez qu’à Cannes, on rencontre surtout des touristes étrangers, italiens de préférence. Mais les touristes, n’est-ce pas du pouvoir d’achat ? Apparemment, c’est moins brillant dans les boutiques de fringues : on attend les soldes. Dans les stations de sports d’hiver, un enneigement exceptionnel réjouit tous les professionnels. Sans compter tous ces Français malins qui profitent de la baisse de la Livre pour courir les soldes monstres à Londres. Etc. Les signes de la crise ne sont pas évidents, il semble que les chiffres corroborent l’observation, même si les habitudes de consommation se modifient, comme le relèvent les instituts spécilisés. Plusieurs sont convaincus que cette frénésie de consommation précède la vraie crise. On verra.

C’est ce que semble suggérer un sondage publié le 4 janvier par le Journal du Dimanche : selon l’IFOP, 69 % des Français envisageraient de moins consommer en 2009.  Les produits de haute technologie (informatique, écrans plasma…), les sorties au restaurant et les voyages seraient les premiers postes concernés par une réduction du budget des dépenses: ces trois postes sont respectivement cités par 52%, 48% et 44% des sondés. A l’opposé, l’alimentation (19%), la téléphonie (34%) et l’habillement (37%) seraient les postes les moins touchés par une restriction des dépenses. Alors ? Les Français pratiquent-ils le voeu pieux comme il sied en début d’année, ou bien la vérité toute crue ?

La crise et le complot des incapables

46UTCp31UTC01bSun, 04 Jan 2009 11:33:46 +0000UTC 9,2008

Morgan, faillite

Regardez cette image, photographiée dans une vitrine à Cannes cette semaine. Elle reflète évidemment l’image d’un monde absurde tombé dans le chaos. Quand le groupe Morgan se débat dans les pires difficultés, les filiales recrutent encore du personnel.morgan-31

Morgan, créateur et distributeur de vêtements pour femmes, a révélé , mardi 30 décembre, avoir été placé en redressement judiciaire après s’être déclaré en cessation de paiements, le 24 décembre. La société sera soumise à une période d’observation de six mois.

Les premières boutiques Morgan, créées en 1968 par Claude Bismuth et Pierre Barouch, étaient, une marque star de la mode à petits prix dans les années 1990.  Officiellement, étonnement et consternation. En réalité, cette chute brutale n’a rien d’inattendue. La crise a bon dos. Propriété à hauteur de 40% du fonds Apax, la chaîne est depuis deux ans sur une pente fatale. Gestion insuffisante, la crise ne pardonne pas les fautes. Le dossier Morgan est emblématique des graves erreurs de gestion qui ont précédé la crise.

Selon le magazine Capital, les financiers d’Apax, seraient assez pressés de se dégager de Morgan, “excédés” par la mauvaise gestion de la société depuis plus de deux ans. Mi-2006, les dirigeants du fonds avaient  tenté de redresser le groupe en virant le patron fondateur Claude Bismuth. Mais faute de parvenir à rendre à nouveau Morgan bénéficiaire, Apax aura fini par abandonner. Morgan accumulait les pertes depuis 2006. Et la crise aurait accéléré la déconfiture de la société. En 2008, le chiffre d’affaires des 500 boutiques Morgan présent dans 50 pays, a reculé de 9 % à 140 millions d’euros. La société, qui emploie 1 000 personnes, dont 750 en France n’était plus en mesure d’honorer ses créances de 30 millions d’euros au total.


Aide : la France et la Palestine

01UTCp31UTC01bMon, 05 Jan 2009 10:00:01 +0000UTC 9,2008

Je reproduis ci-après l’essentiel d’une note rédigée par Stéphane Haddad, membre du Bureau de l’UPJF (Union des Patrons et des Professionnels Juifs de France ), transmise par un ami.
Il me semble indispensable d’apporter cet élément d’information pour mieux comprendre la position de la France dans ce conflit.
Des finances et des aides de la France aux territoires palestiniens
Le consul général de France à Jérusalem, Alain Remy, a indiqué mardi 23 décembre 2008 que la France avait versé à titre d’aide, 3 milliards de dollars aux Palestiniens en 2008 dont 1,8 milliard alloué au budget de l’Autorité palestinienne, 500 millions de dollars accordés aux missions humanitaires et 700 millions de dollars destinés à des programmes spéciaux. (Guysen.International.News) (source : http://www.diplomatie.gouv.fr/)
La seule agence française de développement dans les territoires palestiniens a participé en 2008 notamment aux programmes suivants : les sommes suivantes: Projet 2003 d’AEP et d’assainissement dans les Territoires Palestiniens – 10 500 000 € ;  Construction d’une station d’assainissement au nord de la bande de Gaza 12 000 000 € ; Quatrième projet d’adduction et de distribution d’eau potable. Territoires Autonomes Palestiniens : 10 600 000 € ; Compteurs électriques à prépaiement : 6 900 000 € ;  Projet de création d’emplois II Territoires autonomes palestiniens : 6 000 000 € ;  ELECTRIFICATION RURALE. Nord de la Cisjordanie 11 500 000 € ; Appui à la mise en place d’une politique de santé mentale : 2 740 000 € ; Projet d’appui au développement municipal n° 1 : 12 000 000 € ; FEPP 1, Fonds d’Etudes et de Préparation de Projets 1, Palestine : 1 000 000 € ; Création d’emplois et réalisation d’infrastructures communautaires à Gaza : 5 000 000 € ; Contribution au Mécanisme TIM (Temporary International Mechanism) : 5 000 000 € ; Programme de Développement Communautaire 2003 en Cisjordanie : 3 500 000 €
Commentaire de l’auteur, dont je lui laisse la responsabilité : En ces temps de crise mondiale, où la situation économique de la France et des français s’est détériorée, que le budget de la sécurité sociale accuse une perte abyssale, que les déficits de tous ordres n’arrêtent pas de se creuser, que la misère des plus vulnérables, et des personnes âgées progresse, et que les restaurants du cœur sont pleins, l’UPJF estime que cet argent prélevé sur les contribuables français serait mieux employé en France qui ne manque pas de causes à aider plutôt qu’a être versé à une autorité palestinienne corrompue, qui ne fait rien pour empêcher la perpétration d’actes de terrorisme en Israël, mais qui réclame chaque année à la France, à l’Europe, et au reste du monde, le versement de sa « pension alimentaire » comme ci celle-ci était un dû à la suite d’un divorce, et qu’ils étaient l’unique problème du monde. […] L’UPJF s’étonne, que malgré les sommes considérables versées par la France et le reste du monde depuis des années, le niveau de vie des Palestiniens n’ait pas évolué et que le revenu par habitant soit si bas.
Des dizaines de milliards de dollars ont été versés par le monde entier aux seuls palestiniens, et ce alors qu’il existe de nombreux autres réfugiés de par le monde. Pour quel résultat ? Ou est le progrès dans la société palestinienne ? Qu’est donc devenu cet argent qui aurait permis 100 fois de construire des logements décents et des infrastructures modernes, et de construire une société viable permettant aux palestiniens de se développer dans une région pacifiée. […]
L’UPJF souhaite savoir dans quelles conditions ces sommes ont été versées. Quel a été le contrôle parlementaire exercé ? A qui cet argent a-t-il été remis ? A quel titre et en application de quel accord et quelle a été la contrepartie obtenue ?

Casse industrielle, suite : Travailler moins pour gagner moins…

31UTCp31UTC01bTue, 06 Jan 2009 10:41:31 +0000UTC 9,2008

Chômage, chômage partiel et flexibilité.
Au cours des douze derniers mois, le nombre de chômeurs a augmenté de 161 000. Novembre a battu un  record : en un mois, 64 000 nouveaux demandeurs d’emploi inscrits en catégorie 1, depuis 1993 la France n’avait pas connu une telle hausse mensuelle.  Conséquence, alors que Nicolas avait promis le plein emploi, l’Hexagone comptait fin novembre près de 2,1 millions de chômeurs. Leur nombre n’a cessé d’augmenter depuis le mois de mai, enregistrant sept hausses mensuelles consécutives, une brutale accélération du rythme en août – donc avant le déclenchement « officiel » de la Crise – et le franchissement de la barre symbolique des deux millions de sans-emploi en octobre.

Inquiet de cette dégradation de l’emploi, le gouvernement a pris les devants en annonçant la création de 100 000 emplois aidés supplémentaires, en améliorant l’indemnisation du chômage partiel ou encore en étendant les contrats de transition professionnelle. Autant de réformes qui seront appliquées courant 2009 et auxquelles s’ajoutent les effets attendus du plan de relance. Le concept de temps partiel doit retenir l’attention, avec son jumeau, le non renouvellement des intérimaires : les entreprises continuent à se séparer de leurs salariés précaires. Les entrées au chômage suite à la fin d’un CDD ont augmenté de 6,9 % au cours des trois derniers mois, et celles pour fin de mission d’intérim de 18,2 %. « Le marché du travail est devenu plus flexible. Résultat, dès que la conjoncture fléchit, le chômage augmente.
Avec l’élargissement du temps partiel on est bien arrivé à la flexibilité de l’emploi tant revendiquée par le patronat. Dans un discours prononcé à Valenciennes le 25 novembre, Nicolas Sarkozy a théorisé la nécessité du temps partiel :

“L’Etat engagera 500 millions d’euros” pour venir en aide aux salariés licenciés économiquement. Nicolas Sarkozy “préfère l’activité partielle au chômage total”, l’Etat aidera donc “les entreprises à avoir un travail partiel pour leurs salariés plutôt qu’un plan social”.

De façon concrète, un décret publié le 3 janvier 2009 double les possibilités de recours au chômage partiel, de 600 à 800 heures par an. Le  contingent annuel est fixé à 1 000 heures pour les industries les plus sensibles, le textile, l’habillement et du cuir, l’industrie automobile et ses sous-traitants, ainsi que le commerce de véhicules automobiles.
“Activité partielle”, pour ne pas dire chômage tout court. Dans la réalité, le champ d’application du chômage technique est large. Les critères sont pour le moins larges : La conjoncture économique, Des difficultés d’approvisionnement en matières premières ou en énergie ; Un sinistre ou des intempéries de caractère exceptionnel ; La transformation, restructuration ou modernisation de l’entreprise et toute circonstance de caractère exceptionnel
Les travailleurs sont censés toucher 60% de leur salaire. Qui paiera l’addition? Les ouvriers et les contribuables. Qui en effet paie ce chômage partiel? Le mécanisme en vigueur revient à faire payer à l’Etat et aux travailleurs une bonne partie de la compensation versée aux salariés placés en arrêt d’activité.
En effet, une fois l’autorisation obtenue, l’employeur verse une partie de la rémunération brute (aujourd’hui 60%, alors qu’elle n’était que de 50%), puis il se fait rembourser par l’Etat l’allocation spécifique. Détail: ces allocations ne sont pas soumises à cotisations sociales. Les augmenter revient donc à appauvrir l’Etat et les salariés. Le chômage partiel, nouvel outil de flexibilité
C’est donc un grand retournement qu’anticipe le gouvernement pour 2009. Selon les Echos, ces trois dernières années, le nombre de salariés passés par le chômage partiel est resté faible (données OCDE), 2005, 171 500 salariés ; 2006, 105 600 ; 2007, 117 800
Dans les secteurs les plus affectés, le nombre de journées indemnisées est loin d’être négligeable, puisqu’il atteint parfois l’équivalent de la durée des congés payés. Sachant que la durée moyenne du travail, dans les secteurs de l’habillement et de l’automobile, est déjà parmi les plus basses (1 610 heures par an pour l’automobile), cette réforme des seuils vient entériner la possibilité pour les sociétés de “flexibiliser” les deux tiers du temps de travail annuel de leurs salariés. 2009 marque donc le début de l’ère du “travailler moins pour gagner moins”. N’a-t-on pas entendu MBAOP déclarer ouverte l’ère du “travailler plus pour gagner plus ? Avons-nous tous rêvé ?
Sources : Le Figaro, Le Monde, rue89

Justice : feu le juge d’instruction

45UTCp31UTC01bTue, 06 Jan 2009 18:20:45 +0000UTC 9,2008

Quelques éléments supplémentaires sur le dossier des juges d’instruction

Juges d’instruction : un acte de décès ?

Le juge d’instruction doit-il disparaître ? A l’audience de rentrée de la Cour de cassation, Nicolas Sarkozy soulève cette question, récurrente depuis deux décennies. Elle est au cœur du chantier le plus important des six programmés pour  l’année 2009 : la réforme de la procédure pénale. Le problème de l’instruction est crucial, comme l’ont montré des affaires récentes, Outreau, ou bien le mandat d’amener sans nuance délivré par la juge d’instruction Muriel Josié contre Vittorio de Fillipis, l’ancien directeur de Libération. Elles ont de nouveau soulevé d’innombrables interrogations sur l’omnipotence prêtée au juge d’instruction dans la procédure pénale française. Le rôle de ce magistrat s’est d’ailleurs amenuisé au cours des années, à peine 2% des dossiers judiciaires sont renvoyés à l’instruction, au profit du système de l’enquête préliminaire menée par les seuls magistrats du parquet.
Préparée de longue date, cette réforme prévoit que l’enquête judiciaire sera retirée au juge d’instruction unique, un personnage hybride avec un pied dans le Parquet, c’est-à-dire dans l’accusation, et l’autre pied dans le tribunal. L’enquête serait confiée au Parquet, comme aux Etats-Unis et en Italie, un juge de l’instruction étant chargé du contrôle de légalité.
Réaction sans surprise d’un haut magistrat, qui par fonction ne peut s’exprimer de façon ouverte. Aujourd’hui avocat général, il a occupé toutes les fonctions dans divers tribunaux, juge à différents niveaux, procureur dans un parquet des mineurs en banlieue, Président de chambre correctionnelle à Paris. Et juge d’instruction, période au cours de laquelle il a présidé l’AFMI – Association française des Magistrats instructeurs – . Autant dire que son point de vue est parfaitement éclairé :

Cette réforme est conforme à l’évolution déjà amorcée dans les précédentes réformes de la procédure pénale. L’une des grandes étapes a été la loi Guigou, votée le 15 juin 2000. Elle prévoyait que le juge d’instruction serait secondé par un juge des libertés et de la détention. A la lecture des décisions prises on doit constater qu’en fait ce juge des liberté est devenu le juge de l’instruction.
Ce nouveau projet n’est donc ni de droite ni de gauche. Le problème fondamental est le devenir de l’indépendance des magistrats et des enquêteurs dans cette nouvelle configuration. Il ne faudrait pas que cette réforme soir une nouvelle fois mi figue mi raisin. Dans le genre « vous voulez du thé, ou du café ? » Réponse : un peu des deux, et c’est imbuvable.

Une fraction importante de la magistrature est hostile à cette évolution qui retirerait une part notable de leurs pouvoirs aux juges. Mais il faut bien le dire, et je partage totalement ce point de vue, l’instruction est devenue une institution archaïque. Non seulement les droits des personnes suspectées sont mal protégés, non seulement les incarcérations provisoires – préventives ? – sont multipliées sans jamais être remises en cause,  mais encore les enquêtes judiciaires sont exagérement ralenties et alourdies. En outre, d’expérience, on constate que dans les grandes affaires d’assises, mais aussi correctionnelles, l’instruction est complétment recommencée à l’audience, comme si le juge d’instruction n’avait pas déjà oeuvré.

Les débats au Parlement et dans la société risquent d’être pour le moins agités, et même chahutés. On va voir monter au créneau des défenseurs inattendus de l’instruction, sans compter les juges en charge soucieux de défendre leur forteresse. On peut être au moins certain qu’il va y avoir encore de grands accès de colère dans le landernau judiciaire. Déjà, du côté des Socialistes on s’inquiète d’une possible main mise du pouvoir sur le parquet pour orienter les enquêtes judiciaires. Et, éventuellement, pour écarter les poursuites par trop embarrassantes pour les hommes au pouvoir.

Justice : l’instruction, suite. Le contexte

51UTCp31UTC01bWed, 07 Jan 2009 17:29:51 +0000UTC 9,2008

“Il est temps que le juge d’instruction cède la place à un juge de l’instruction, qui contrôlera le déroulement des enquêtes mais ne les dirigera plus”.

Cette déclaration de MBAOP lancée cet après midi devant les juges de la Cour de Cassation était prévue et elle est conforme à mes informations. Elle va amplifier la polémique déjà amorcée. Une polémique biaisée.

Formidable, tempête un de mes amis juge d’instruction. Sarkozy est rentré d’Israël où ça ne s’est pas bien passé, alors il annonce la suppression du juge d’instruction. Au mépris des conclusion de la commission Léger, rendues il y a trois semaines, et qui ne se prononçait pas d’une manière formelle. Pour ma part, j’ai toujours été partisan d’une structure collégiale pour l’instruction, trois magistrats pour éviter les décisions par trop individualistes. Pour les affaires sensibles, c’est une catastrophe. Déjà, on avait du mal à les faire passer. Désormais ce sera impossible.

Mon ami est en charge de dossiers extrêmement sensibles, notamment au plan de la Sécurité de l’Etat.

La gauche pour sa part feint d’oublier que le démantèlement de l’instruction traditionnelle a été amorcée dès 2000 par la loi Guigou, votée à l’initiative d’Elisabeth Guigou, Garde des Sceaux dans le gouvernement Jospin, qui créait par ailleurs le Juge des Libertés det de la Détention. Depuis, la situation n’avait cessé d’évoluer, le champs de l’Instruction ne cessant de se restreindre. Selon les statistiques de la Chancellerie, en 2006, 4 953 065 affaires  pénales sont venues à la connaissance des Parquets, allant des simples  contraventions aux  délits, et beaucoup plus rarement des crimes. Sur ce total, seules 1 526 396 étaient susceptibles de poursuites, notamment dans le cadre d’enquêtes préliminaires menées exclusivement par les procureurs et leurs substituts. Mais en bout de chaîne les juges d’instruction n’ont été saisis que de  30 566 dossiers.  à terminer dans le cabinet d’un magistrat instructeur. 1 % des infractions pénales constatées, un chiffre porté à 2% si l’on ne retient que les dossiers retenus.

En les situant dans leur contexte, ces chiffres permettent d’éclairer sous un autre jour la polémique. En clair et en détail, le rôle de l’instruction est tout à fait marginal dans la machine judiciaire pénale. Les grands discours sur l’indépendance de la magistrature n’y changeront rien. En outre, il faut se rappeler que les juges instructeurs sont étroitement bornés dans leur action par le réquisitoire introductif du Parquet, qui détermine avec précision les champs d’investigations autorisés. Or cette saisine est elle-même totalement contrôlée par le Parquet. Lequel s’impose à tous les niveaux. Y compris en “préjugeant” de l’opportunité des poursuites laissée à la seule appréciation des Procureurs. Les juges peuvent laisser croire qu’ils sont libres, ils ne le sont pas le moins du monde. “L’homme le plus puissant de France” est en vérité un colosse aux pieds d’argile.

Ceux qui montent à l’assaut du projet Sarkozy se fondent sur des données erronées. Car, en réalité, le juge d’instruction est une survivance d’un mode de fonctionnement judiciaire complètement archaïque, issu de l’Inquisition. Sur le papier, le juge instruit à charge et à décharge, dans la pratique et surtout pour les affaires importantes, il n’en est rien, il n’a pas le temps et pas la volonté – le plus souvent – d’instruire à décharge. Le magistrat entérine l’enquête policière. Ecrasés sous les dossiers – chacun traite une moyenne de 80 par an, considérés comme d’une importance tout à fait mineure dans l’organisation de la justice, soucieux de promouvoir leur image personnelle, les juges d’instruction n’ont eu de cesse que d’imposer leur nécessité par des grands coups d’éclat, sans être trop regardant sur les moyens. On se souvient de la grande vedette de l’instruction, Eva Joly, sans rappeler qu’elle a laissé derrière elle en partant des dizaines d’affaires en suspens, mal ficelées. Le juge Van Ruymbeke n’a jamais réussi à percer les mystères de l’affaire des Frégates de Taïwan, les deux juges de l’affaire Clearstream ont dû clore en toute hâte leurs dossiers quand ils ont été nommés ailleurs. Quant au juge Philippe Courroye il a pour le moins traité le dossier de l’AFER avec désinvolture, ne recevant le principal mis en cause que trois fois en deux ans, avant d’être nommé Procureur à Versailles. Plus grave, comme je l’ai relevé hier, on s’aperçoit que de plus en plus, dans les grands procès toute l’instruction est reprise à l’audience, comme si le/les juges chargés des dossiers s’étaient tournés les pouces pendant des années. Honnêtement, je ne vois pas en quoi d’interminables et stériles instructions protègent de quelque manière que ce soit les Libertés fondamentales. Pour leur part, les “petits crimes” non médiatiques sont instruits de la façon la plus expéditive avant d’être renvoyés aux Assises, où, une fois encore, on ne tiendra vraiment compte que de l’enquête policière, pas de l’instruction.

Mon Bien Aimé Président a hérité de ce vieux dossier. Qu’il s’en empare pour magnifier son rôle politique est de bonne guerre. Mais François Bayrou ( MoDem) ou André Valini devraient mieux réviser leurs archives avant d’entrer en guerre. André Valini devrait se souvenir qu’il a été le premier à proposer la suppression du juge d’instrution lors des travaux de la commission Outreau, et que la gauche n’a cessé de ferrailler contre cette survivance du passé. Quant aux avocats, de droite ou de gauche, je comprends encore moins leur opposition puisque, logiquement, la suppression de l’instruction aura pour résultat logique de développer la procédure contradictoire à l’anglo-saxonne, et par conséquent d’accroître considérablement le rôle des avocats. En défense et en partie civile.

Je vois qye certains vont me considérer comme un soutien inconditionnel à MBAOP. Ils ont tort : je suis depuis de très nombreuses années hostile au système de l’instruction.

Je rappelle le titre d’un de mes livres les plus importants : Dossier J… comme Justice, ou la Justice du plus fort. Editions Alain Moreau, 1978. A l’époque, j’allais déjà dans ce sens?

Diffamation : la fin des règlements de comptes ?

32UTCp31UTC01bThu, 08 Jan 2009 11:21:32 +0000UTC 9,2008

Une partie du discours prononcé par Nicolas Sarkozy mardi semble avoir échappé à la sagacité des polémistes : il a proposé de mettre à la poubelle une des plus vieilles mesures visant la liberté de la presse, la diffamation. On oublie trop souvent qu’il s’agit d’une infraction pénale, contravention lorsque la diffamation est proférée dans un cercle privé (ou dans des écrits non rendus publics), délit dans toutes les autres circonstances. Qui dit délit, implique des poursuites devant le tribunal correctionnel. Avec cette particularité que le diffamateur est tenu pour coupable par définition, c’est-à-dire qu’il doit démontrer qu’il a raison, apporter la preuve de ses allégations. Il ne suffit pas que le diffamé n’aie pas raison.

Cette infraction pénale a été créée par la loi de 1881, dite de liberté d’expression ou liberté de la presse. Elle donne lieu chaque année à des ribambelles de procédures judiciaires, accompagnées de force invectives. Un climat qui n’honore pas  le monde de la presse française. Et qui a donné lieu à un grave dérapage dans la récente affaire de Fillipis, l’ancien directeur de Libération, où on a vu la juge d’instruction Muriel Josié décerner un mandat d’amener dans une affaire de diffamation tout à fait modeste. La mesure était manifestement disproportionnée. D’où, sans doute, la réation de MBAOP qui a intérêt à mettre les journalistes de son côté à un moment où sa gestion politique est difficile.

Une condamnation pour diffamation entraîne automatiquement un recours devant les tribunaux civils pour fixer le montant des réparations dûes pour compenser le préjudice subi. Si je comprends bien, malgré l’absence de détails, seule serait maintenu le principe d’une indemnisation de droit civil, avec suppression totale de l’aspect pénal. Cette modification du droit pénal de la presse proprement révolutionnaire mettrait un terme aux règlements de comptes féroces qui entourent les affaires de diffamation.

En revanche, il ne semble pas question de revenir sur la législation prohibant les injures et la calomnie, qui relèveraient toujours du droit pénal. La diffamation s’analyse comme la publication d’informations non prouvées, tandis que l’injure vise tous les propos malséants, qu’ils visent juste ou non, d’ailleurs.

Tous mes anciens étudiants et les jeunes que je conseille doivent suivre avec attention l’évolution de la situation, et rester toujours aussi prudents. Un procès en diffamation n’est jamais que la manifestation d’un échec, ce n’est jamais une gloire.

Presse : une information libre

29UTCp31UTC01bFri, 09 Jan 2009 10:22:29 +0000UTC 9,2008

Je relaie volontiers l’appel de mes confrères pour la liberté de la presse :

Sans information libre, sans une presse indépendante et pluraliste, il ne saurait y avoir d’authentique délibération démocratique, dénoncent Charlie Hebdo, Les Inrockuptibles, Marianne, Mediapart, Le Nouvel Observateur, et Rue89 dans un appel commun.

Le droit à l’information, à la libre expression et à la libre critique, ainsi qu’à la diversité des opinions est une liberté publique fondamentale. C’est un droit des citoyens et non pas un privilège des journalistes: sans information libre, sans une presse indépendante et pluraliste, il ne saurait y avoir d’authentique délibération démocratique.

Or, loin de réduire les retards français en ce domaine, l’actuel président de la République les aggrave, tant par sa pratique personnelle du pouvoir que par les décisions qu’il impose à la hussarde. Mise en œuvre au mépris des droits du Parlement, la réforme de l’audiovisuel public résume cette régression de nos libertés. Accorder au seul chef de l’Etat le pouvoir d’en nommer et révoquer les dirigeants, c’est abolir symboliquement l’indépendance des radios et des télévisions publiques. C’est un abus de pouvoir, et c’est l’abus de trop.

Une République où le pouvoir exécutif impose ainsi sa loi au pouvoir législatif et ses désirs au contre-pouvoir médiatique n’est pas une démocratie digne de ce nom. Mus par cette conviction commune et cette inquiétude partagée, nous avons exceptionnellement décidé de nous adresser ensemble à l’opinion publique, par-delà la diversité de nos titres, de nos histoires et de nos sensibilités. Et nous appelons à un vaste sursaut citoyen contre ce recul des libertés qui affaiblit notre démocratie et discrédite notre pays.

Tous ensemble, défendons la liberté de l’information! Nous vous donnons rendez-vous, vendredi 30 janvier, au Théâtre du Châtelet, à Paris.

Hôpitaux : encore de la casse

53UTCp31UTC01bFri, 09 Jan 2009 12:01:53 +0000UTC 9,2008

L’hôpital ne souffre pas d’un problème de moyens, a estimé Notre Bien Aimé Président dans le discours prononcé ce vendredi 9 janvier à l’occasion de l’inauguration du nouvel hôpital civil de Strasbourg, rappelant que le budget de l’assurance maladie consacré à l’hôpital avait augmenté de 50% entre 1998 et 2008. Il s’agace de voir ses efforts remis en cause.

Entre 1998 et 2008, j’ai pris cette période parce qu’il y a eu des gouvernements de droite et de gauche, la France, au travers des dépenses de l’assurance maladie au profit des hôpitaux, a augmenté le budget de 50%. C’est 23 milliards d’euros de plus pour l’hôpital au cours des dix derniers années (…) je livre ce chiffre à votre réflexion. Le défi de l’hôpital d’aujourd’hui, c’est que cet argent qui est nécessaire soit plus efficace parce que l’hôpital doit être mieux organisé.

Il a ainsi abordé – avec prudence – la réforme de l’hôpital public qui sera consacrée par une loi « hôpital, patients, santé et territoire », à discuter en janvier. Notre Président tient cette réforme pour une des plus fondamentales. Objectif : compte tenu du déficit croissant constaté dans l’hospitalisation publique, pour alléger la charge, il faut faciliter les regroupements d’établissements et de cliniques ; au public les pathologies lourdes, forcément déficitaires, et au privé les actes rémunérateurs : petite chirurgie, hospitalisations longues de style convalescences.

L’hôpital d’aujourd’hui ne correspond pas tout à fait au cahier des charges de ses impératifs. On va supprimer les doublons. L’hôpital doit être un modèle d’adaptabilité pour répondre aux défis du XXIe siècle. On va accompagner l’hôpital vers la modernisation.

Dans un esprit de pur libéralisme, on s’acheminerait vers un système à l’Anglaise dont le moins qu’on puisse écrire est qu’il n’a pas prouvé sa pertinence en matière de santé publique.
Il faut dire que le déficit des hôpitaux est passé de 400 à 800 millions d’Euros. Il toucherait 60 % des établissements publics, dont tous les CHU, les Centres hospitalo-universitaires.
Selon la Fédération hospitalière de France, pour éponger le déficit en trois ans, il faudrait supprimer de 15 000 à 20 000 postes La charge de personnel représente de 68 à 75% des dépenses, le coût moyen d’un agent hospitalier (une curieuse entité économique qui désigne tout le personnel non médecin) est de 35 000 euros, celui d’un médecin 105 000 euros. Depuis plusieurs années déjà, notamment pour compenser la baisse des dotations publiques, de vigoureux efforts d’économies sont menés dans tous les établissements.
En 2008 l’A.P-HP (Assistance publique-Hôpitaux de Paris) a supprimé 2600 postes. En 2008 il a fallu fermer de nombreux lits, et pas seulement pendant les vacances. Tous les chefs de service se plaignent de la modicité des moyens qui leur sont alloués. Selon Le Canard Enchaîné du 31 décembre 2008, il faudrait encore 300 millions d’euros d’économies.

Pour se gendarmer, les présidents de comité médicaux des hôpitaux parisiens ont rendu public un courrier où ils dénoncent un « étranglement financier délibéré [qui] menace la qualité des soins ». Les récents « incidents » survenus dans plusieurs établissements, dont la mort d’un bébé à la suite d’une erreur de transfusion, à l’hôpital Saint-Vincent-de-Paul, dépendant du groupe Cochin, ont démontré les effets dévastateurs des économies de personnel. La fermeture de l’hôpital Saint-Vincent-de-Paul est d’ailleurs programmée. On constate des pratiques gestionnaires du même ordre  à l’hôpital pédiatrique Robert Debré, tandis que l’hôpital Ambroise Paré à Boulogne-Billancourt a dû mettre à l’arrêt un de ses blocs de chirurgie en raison de l’absence pour motif médical de la principale infirmière de bloc.

Le Monde (10 décembre) observe :

Placés sous tension financière permanente par le gouvernement – Nicolas Sarkozy a exigé leur retour à l’équilibre en 2012 –, les hôpitaux français se sont engagés dans de vastes opérations de restructuration impliquant des économies tous azimuts. Pour éviter des suppressions de postes, ils ont puisé, en 2006-2007, dans leurs réserves financières, obérant d’autant leur capacité d’investissement.

A Marseille, 650 postes suppressions d’emploi entre 2002 et 2008. Au Havre, le retour à l’équilibre implique la disparition de 400 emplois. Au CHU de Nancy, encore 600 postes dans les quatre ans à venir. Avec cette particularité et cette limite : le statut de la fonction publique ne permet pas de licencier les agents hospitaliers, donc les directeurs compriment les effectifs par non remplacement des départs à la retraite ou non renouvellement des contrats à durée déterminée.
Parfois, sont appliqués des plans de départ volontaire, avec indemnité de départ : à Nantes, 200 personnes devraient quitter l’hôpital en 2009 avec une enveloppe individuelle qui pourrait atteindre 42 000 euros.
Ce simple tour d’horizon non exhaustif porte sur 4400 emplois !
Le problème est que notre Bien Aimé Omniprésident semble confondre les établissements de santé publique avec des entreprises privées, nécessairement rentables. Sans contraintes de service public. Une tâche de plus en plus ardue en raison du vieillissement de la population et du coût exponentiel des traitements médicaux lourds. La stratégie de redressement financier de l’hospitalisation publique  risque fort de prendre les allures d’un plan social massif portant sur plusieurs milliers d’emplois, assorti d’un choix plus accentué en faveur du privé. Le gouvernement accélèrerait les conditions de partage du marché, et le développement d’une médecine à deux vitesses. Comme en Grande Bretagne. Déjà, aujourd’hui, le système des consultations privées à l’hôpital public permet de s’affranchir des délais d’attente. Vous êtes pressé ? Alors c’est 150 ou 300 euros la visite ! Quant aux opérations lourdes, c’est ad libitum.
Et si vous craignez la promiscuité vous pouvez toujours aller à la Clinique de la Muette, comme Rachida Dati, la Garde des Sceaux.

Ce billet est une version actualisée à 15 heures, en fonction des annonces présidentielles.

Réforme hospitalière : des idées floues

11UTCp31UTC01bSat, 10 Jan 2009 12:00:11 +0000UTC 9,2008

Comme indiqué hier, le Président ne veut pas consacrer de nouveaux moyens à l’hôpital public, et probablement au secteur de l’hospitalisation publique et privée.

“Si on ne change pas, les mêmes causes produiront les mêmes effets. Et on ne peut plus continuer comme ça parce que le monde change. L’hôpital doit être un modèle d’adaptabilité pour faire face aux défis du 21e siècle.”

Il estime que la modernisation ne passe pas par une augmentation des moyens, mais que tout est une question d’organisation. Qui serait mauvaise, aujourd’hui.
D’abord au niveau de l’hôpital.

«Dans un hôpital, tout le monde a le pouvoir de dire non, et pas celui de dire oui. Je ne dis pas qu’il vous faut un omniprésident… mais il faut un vrai patron qui décide, qui est responsable et capable d’arbitrer».

Deuxième volet : la coordination au niveau régional grâce aux agences régionales de santé (ARS) pour améliorer la prise en charge des urgences et des soins non programmés.

“Ca suffit la pagaille en la matière, chacun en ville comme à l’hôpital doit prendre sa part de la charge que représentent ces urgences potentielles”.

Sarkozy a aussi confirmé son intention d’engager une réforme des hôpitaux universitaires.

A ce niveau le projet évoqué par Sarkozy apparaît plutôt flou, comme si ses idées n’étaient pas encore fixées. Gérard Larcher avait ouvert la route vers la réforme des hôpitaux, dans son rapport remis en avril 2008 au Président. A la suite de quoi avait été élaborée une loi très cohérente. Malheureusement, concernant les CHU, le ministère de la Santé et le ministère de l’Education supérieure et de la Recherche n’avaient pas réussi à s’entendre. Pour sortir de cette impasse a été mise en place une inévitable et pénultième commission, ici intitulée «groupe des sages» présidé par le professeur Jacques Marescaux, chirurgien et chercheur. Car, depuis 1958, l’organisation des CHU n’a pas bougé d’un iota. Une réforme tous les cinquante ans, cela ne nous paraît pas excessif, plaide un conseiller du Président. Comme si la réforme était l’alpha et l’omega de toute politique !
Commentaire du professeur J.F. Dhainaut, Président de l’AERES, Agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur, lui-même ancien professeur de médecin et Doyen de la faculté Cochin.

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« Il est exact que la formule du CHU est vraiment dépassée. Mais l’idée de séparer l’enseignement de la médecine de l’hospitalisation me paraît très mauvaise. Le problème n’est pas là. Il faut se pencher sur le problème de l’évaluation des CHU qui est pour le moment embryonnaire. Il faut s’attaquer de front à l’évaluation des soins et des pratiques, sur la base d’un rapport qualité-efficacité-coût. Il y a surtout à gagner sur la pratique. Il faut arrêter la fuite en avant vers les examens de haute technologie, un IRM pour tout et n’importe quoi. Il faut revenir à la prévalence des examens cliniques sur l’emploi des moyens d’investigation très sophistiqués. »

En écoutant le professeur Dhainaut, il semble que ce retour aux fondamentaux ne soit pas vraiment gagné.

Roman : “c’était notre terre”, une tragédie pied noir

22UTCp31UTC01bSat, 10 Jan 2009 17:53:22 +0000UTC 9,2008

Je vous recommande avec chaleur “C’était notre terre“, un roman de Mathieu Belezi, Albin Michel.

A travers l’histoire de la famille de Saint-André, des colons français devenus pieds noirs, toute l’horrible tragédie de l’Algérie. Le grand père féroce, comme sa fille ; le gendre ivrogne qui baise tout ce qui lui tombe sous la main, et cravache les autres. Le fils, qui hait sa mère au point de passer du côté des fellaghas, et de mourir sous la torture des parachutistes. Les filles, l’une mémé un peu nunuche qui ne comprend pas bien ce qui se passe, l’autre homosexuelle interdite de pratique qui termine sa vie dans un couvent de bénédictines. Et une nounou kabyle qui porte derrière son front toute l’histoire des autres.

En soi, l’histoire est à la fois classique et pas ordinaire. Personne n’est gentil, personne n’est méchant. Barbares, bourreaux, victimes, ils sont tout à la fois, ils glissent sur la pente de leur destin méditerranéen. Pas de nostalgie déplacée, le portrait de l’Algérie post coloniale, juste avant l’indépendance, est noir. Plus que noir.  Mais tel n’est pas vraiment l’aspect essentiel de ce roman. Sa totale originalité tient dans l’écriture… Pas un seul point d’un bout à l’autre du livre, pas une seule majuscule pour ouvrir une phrase, les ponctuations sont seulement marquées par le passage à la ligne d’un paragraphe à l’autre. Pas de lyrisme malgré la volonté de conter une saga, une odyssée. Chaque personnage parle avec sa propre voix, sauvage, féroce, lamentable, le romancier avance dans son histoire sans le moindre souci de la chronologie. Et c’est magnifique.

Ancien professeur de géographie et mathématicien, Mathieu Belezi n’a jamais vécu en Algérie, puisqu’il est né – prétend-il – dans un avion entre l’Algérie et la France, en 1957 si l’on en croit son âge. Il aurait passé sa  jeunesse en Limousin. Mais on a du mal à le croire, tant il décrit si bien, avec tant de précision une Algérie presque fantasmée dans sa tête.

” … qu’ils sachent bien qu’on ne peut jouer indéfiniment à l’amnésique, qu’un jour ou l’autre l’histoire se vengera, comment ? je n’en ai aucune idée, mais qu’ils soient sûrs qu’elle se vengera d’eux, l’histoire et les morts qui en sont comme l’arrière-cour, tous ces morts enterrés dans les cimetières d’Alger, d’Oran, de Mostaganem, de Blida, d’Orléansville et de Cassagne, et qui appellent avec leurs voix de mort et qui jugent à l’aune de leurs os rongés de solitude, et qui condamnent et vouent aux gémonies ces générations aux yeux aveugles, aux oreilles bouchées, aux ventres tant égoïstes que nous leurs parents nous en rougissons de honte…”

Lettre d’Israël : Francine Kaufman

36UTCp31UTC01bSun, 11 Jan 2009 10:00:36 +0000UTC 9,2008

Je vous rebascule la lettre d’une prof d’université en Israël, communiquée par un de mes amis. Son propos est une pièce importante dans le dossier du conflit à Gaza :

Je voudrais vous faire part de mon regard sur le conflit actuel, soit pour
vous informer, soit pour vous permettre de dire à vos propres amis et
connaissances ce qu'une Israélienne éprouve en cette période si cruelle.
Je fais partie des Israéliens qui croient que la seule solution au conflit
dans la région réside dans une négociation politique courageuse avec des
concessions douloureuses des deux parties. J'appelle de mes voeux la
création d'un Etat palestinien qui accepterait l'existence de l'Etat
d'Israël à ses côtés. Cela permettrait au peuple palestinien de vivre dans
la dignité et l'indépendance. Je n'ai aucune confiance dans une action
militaire (qui ne peut avoir que des résultats partiels avec des effets
parallèles catastrophiques). Je suis fermement opposée à toute punition
collective. Je crois que le peuple juif possède une tradition éthique qui
exige de lui un comportement moral particulièrement exigeant.
Cela dit, je vis ici et m'informe au quotidien et je sais bien que nous
avions atteint un point de non retour et qu'il fallait que l'armée entre en
action : face aux tirs permanents de missiles sur des villes et villages,
avec des portées sans cesse croissantes (aujourd'hui un rayon de 40 kms), de
plus en plus d'Israéliens avaient perdu confiance dans leur Etat et disaient
à voix haute que nos dirigeants les avaient abandonnés à leur triste sort.
Le sud d'Israël se sentait sacrifié pour que le centre et le sud puissent
prospérer et vivre normalement. Depuis huit ans, les jardins d'enfants, les
écoles et les institutions d'enseignement supérieur du sud du pays ne
peuvent plus étudier normalement, les affaires tournent au ralenti ou
ferment, les récoltes pourrissent sur pied faute de pouvoir être traitées de
manière régulière. Quand elles en ont la possibilité, des familles entières
quittent le pays pour ne plus vivre dans l'angoisse quotidienne de devoir
fonctionner entre deux alertes. Mais les prix des appartements ont tellement
chuté que les habitants les plus pauvres ne peuvent trouver acheteur ou
locataire pour choisir de vivre ailleurs, là où ils seraient plus à l'abri.
Les traumatismes sont profonds et irréversibles (énurésie, cauchemars, états
de choc devenus permanents). Les abris d'il y a dix ans (déjà en nombre
insuffisant)  ne sont pas adaptés aux perfectionnements technologiques des
missiles "Grad". Circuler dans la rue (trottoir et chaussée) est devenu un
risque que beaucoup ne peuvent pas courir et handicapés, personnes âgées
restent murés chez eux à proximité d'un abri ou d'une chambre protégée s'ils
en ont une. Ce sont des bénévoles venus de tout le pays qui se mobilisent
pour faire leurs courses et s'occuper d'eux, entre deux alertes, ou pour
offrir une animation aux enfants et adolescents terrés des jours durant dans
les abris.
Et pourtant, il est difficile de faire comprendre cette situation aux
téléspectateurs de l'étranger, face aux terribles images qui viennent de
Gaza. On leur dit que les Israéliens sont "soudain" devenus fous et se
livrent à un massacre programmé de la population. On ose parler de Shoa ! On
parle de réaction "disproportionnée".
Lorsque du côté israélien des missiles détruisent tout (maisons, voitures,
animaux dans les fermes, routes, jardins d'enfants) mais qu'il n'y a pas de
"victimes" parce qu'une grande partie des habitants vivent une partie du
temps (et depuis des années) dans leurs familles ou chez des amis plus au
nord d'Israël, ou parce qu'ils n'étaient pas momentanément sur place, que
les conducteurs d'autobus et de taxis ont accéléré en début d'alerte et
poussé leurs passagers vers le premier abri, leur véhicule explosant ou les
vitres et les portes volant en éclat quelques secondes à peine après la
chute du missile... peut-on mesurer la peur, la cruauté, la souffrance des
uns et des autres ?
Qui peut nous donner des leçons sur la meilleure manière de défendre une
population civile contre un ennemi qui considère que notre seule existence
en tant qu'Etat juif est une "occupation", une infraction aux lois de
l'Islam qui veut qu'un territoire ayant appartenu aux musulmans ("Dar el
islam") ne puisse plus être souillé par un régime non musulman : le 'hamas
ne peut se contenter de rien moins que de la disparition de l'Etat d'Israël
(sa charte est claire à ce sujet, ainsi que les déclarations de ses
dirigeants). Que nous ayons évacué militairement la bande de Gaza ainsi que
les localités juives de la région (avec leurs habitants )depuis des années
n'a servi à rien. Toute aide humanitaire d'Israël aux populations civiles de
Gaza n'est pas rapportée. La confiscation des fonds internationaux destinée
à la population au profit de la classe dirigeante du 'hamas est passée sous
silence. Les bénéfices rapportés par les tunnels de contrebande creusés
depuis plus d'une dizaine d'années (et non depuis le début du siège
israélien en septembre l'année dernière) rapportent des millions aux trafiquants d'armes
et de biens...
Israël est un pays tenu par le droit international et par son éthique à
respecter les règles de la guerre : ses soldats sont en uniforme et
concentrés dans des bases militaires. A part de terribles erreurs de tir
(dont nos propres soldats sont souvent aussi victimes), l'armée israélienne
met un point d'honneur à distinguer combattants armés et civils.
Le 'hamas est une organisation protéiforme, sans foi ni loi, qui utilise le
terrorisme pour désorganiser la vie quotidienne des civils de la société
dont ils veulent la perte : ses combattants sont en civil et vivent
délibérément mêlés aux civils. Ils n'hésitent pas (nous en avons souvent la
preuve) à utiliser hôpitaux, ambulances, mosquées, écoles pour y entreposer
armes, quartier général, sachant qu'ils placent ainsi Israël devant des
choix impossibles : respecter le droit d'asile ou se défendre en attaquant
des lieux symboliquement marqués.
Je ne suis pas très optimiste pour la suite des combats car j'ai peu
d'illusions sur le sort des armes. Mais je ne suis pas suicidaire et je suis
certaine de notre bon droit. Nous ne pouvions pas rester plus longtemps les
bras croisés face aux attaques quotidiennes de fanatiques prêts à mourir en
martyrs pour que leur vision de l'islam triomphe...S'ils prennent en otage
leur propre population, cela ne doit pas nous empêcher, après tant d'années
de mises en garde, de tenter d'affaiblir leur puissance de tir et leur
conviction qu'ils l'emporteront contre notre Etat réduit à l'impuissance par
des considérations éthiques. Prendre les armes pour se défendre implique
d'être prêts à mourir mais aussi à tuer d'autres êtres humains et à détruire
leur environnement. C'est le prix à payer pour ne pas nous laisser peu à peu
détruire.
Puisse Dieu nous protéger et puisse la communauté internationale comprendre
les enjeux véritables de cette lutte "disproportionnée" parce que la
désinformation présente les agresseurs comme des victimes innocentes et les
agressés (qui ont choisi de se défendre par les armes) comme des
génocidaires.
Demain, je pars enseigner à l'université sans savoir qui de mes étudiants ou
de mes collègues sera mobilisé ou absent parce que la circulation est
impossible.

Presse : les Etats généraux du passé

27UTCp31UTC01bSun, 11 Jan 2009 12:13:27 +0000UTC 9,2008

Presse : notre Président va causer et ce sera dans le vide
A quelle sauce cuisiner la nouvelle presse selon notre M.B.A.O.P.  (Mon bien Aimé Omni Président) ? Le présumé Président de la presse française va causer le 23 janvier, énoncer ses conclusions des conclusions tirées par les Etats généraux de la presse réunis depuis le 2 octobre à Paris, avec la participation de 150 professionnels et experts de la presse française.
Ces conclusions vont couronner son entreprise de réorganisation de la presse – on peut aussi lire « mise au pas » – marquée par un premier succès, bien que mitigé : le nouveau statut de la radio-télévision publique, appliqué avant d’être voté par le Parlement. Un nouveau statut que les méchantes langues appellent déjà ORTS (Officie de la radio-télévision sarkozienne), et qui consacre la disparition au moins partielle de la publicité sur les chaînes d’Etat, et surtout la nomination des Présidents en Conseil des Ministres, comme au bon vieux temps de la « Voix de la France », fustigée par la sociologue québécoise Denis Bombardier.
Sur le papier, l’image de ces Etats généraux se présentait bien :
« Les Etats généraux de la presse écrite ont pour objectif d’établir un diagnostic partagé de la situation de la presse écrite française, d’analyser ses points de blocage et d’identifier, sur la base de ce diagnostic, les solutions à mettre en oeuvre pour l’accompagner dans le tournant stratégique des années 2000. »
Quatre pôles de débat et de proposition : l’avenir des métiers du journalisme ; évolution des structures industrielles et du modèle de distribution de la presse ; passage à l’ère numérique ; attentes du public, des lecteurs et des citoyens.
En lançant cette initiative notre Président cultivait une idée fondamentale,  selon ses propres termes, “la constitution de grands groupes français de presse et multimédia”. En clair, comment tourner les lois qui depuis la Libération interdisent les concentrations excessives dans la presse ? Comment marginaliser le rôle du Syndicat du Livre CGT accusé de couler la presse écrite par des pratiques corporatistes excessivement coûteuses. Il est bien évident que ses amis intimes Martin Bouygues, Arnaud Lagardère et Vincent Bolloré voyaient d’un œil plus que favorable cette entreprise dont ils allaient pouvoir profiter à plein. Enfin, sous leur égide, pourraient se constituer des groupes multimédias monstres, télévision, radio, presse écrite nationale et locale, sites internet. A l’image des groupes américains, dans le style Time Warner.
Les 90 recommandations remises, le 8 janvier, à Christine Albanel, ministre de la culture et de la communication, ne cadrent pas exactement avec l’objectif du Président. François Dufour, responsable du pôle “Presse et société”, estime qu’il ne faut “pas bouger sur la concentration”, soulignant que “des initiatives comme Marianne ou rue89 tendent à prouver que l’innovation émane plutôt des petites structures que des grands groupes”. Patrick Eveno, responsable du sous-pôle “concentration”, constate que “la loi de 1986 sur la presse n’empêche pas la constitution de groupes pluri-médias.”
Treize des propositions portent sur le développement d’une presse “pluraliste et de qualité” sur Internet. Car tel est le problème, plus qu’épineux : entre la vision traditionnelle de la presse entretenue dans les sphères dirigeantes, une presse papier comme du temps de Grand-Papa, et la réalité actuelle s’est glissée la révolution internet. La presse papier, je l’ai déjà souligné, souffre de la concurrence terrible des sites internet. On ignore en général qu’outre Atlantique, un site internet comme Huffington http://www.huffingtonpost.com/ exerce une énorme influence sur l’opinion publique. Il faut également rappeler le rôle décisif des communications internet dans la campagne présidentielle américaine. En France, les sites internet liés à des journaux de presse écrite comme @ Le Figaro , @ Le Point, @ Le Monde ou @ Libération,  ou indépendants comme Médiapart, rue89, Bakchich et autres sont fréquentés chaque jour par des dizaines de milliers d’internautes. Des audiences comme les quotidiens n’en ont jamais connues. On n’a jamais tant lu de journaux, et on n’en a jamais acheté si peu.
Sans avoir forcément mesuré l’ampleur du phénomène, les Etats généraux en ont tenu compte. Ainsi, parmi les recommandations phares du pôle “Presse et Internet”, figure la création d’un “statut d’éditeur de presse en ligne”. Ce statut confèrerait aux éditeurs pure players de bénéficier d’aides publiques au même titre que les journaux traditionnels. Au-delà de ce phénomène se profile une seconde préoccupation, encore plus essentielle, la gratuité. Gratuité des quotidiens papier, mais surtout gratuité de l’information massivment délivrée par internet, et en actualité et en archives.
Qui dit gratuité évoque le financement par la publicité de nouveaux médias non liés à un pays ou un autre comme Google ou Yahoo. Le pôle “Presse et Internet” appelle l’attention des pouvoirs publics sur la possible constitution de position dominante d’acteurs sur le marché de la publicité sur Internet, et particulièrement sur les marchés de l’ad-serving (…), du search (…) et des invendus, qui pourraient bien constituer, de par leur fonctionnement, des marchés pertinents”. C’est joliment dit pour fustiger notamment Google, ou autres Wikipedia devenus des instruments de travail incontournables pour tout chercheur, journaliste, publiciste, écrivain. Et probablement vecteurs porteurs dès demain matin de textes qui ne seront jamais imprimés. Le marché de la presse, et de l’édition prend des dimensions quasiment infinies. Les recommandations d’un groupe d’études national, forcément limité, pourront-elles exercer une influence quelconque sur cette expansion galopante ? Aussi volontariste soit-il le Président saura-t-il comment maîtriser ce phénomène ? En Tunisie, en Chine et en … Australie, on table sur une limitation technique des accès à des sites internet,parce qu’ils sont aussi peu influençables que possible. Les solutions techniques n’ont qu’un temps, elles sont toujours et vite contournées. Heureusement, car c’est là que se développe le véritable esprit libre de la presse. Loin du papier. Loin des Etats généraux du Président.

Film : Barrage contre le Pacifique

22UTCp31UTC01bMon, 12 Jan 2009 10:02:22 +0000UTC 9,2008

Adaptation du roman éponyme – et autobiographique – de la célébrissime écrivaine Marguerite Duras, « Un barrage contre le Pacifique” est un film franco-cambodgien, réalisé par Rithy Panh. 1 h 45. Dans le rôle d’une mère grugée par l’administration coloniale du Cambodge en 1931, ravagée par la maladie, la déception, Isabelle Huppert donne la mesure d’un immense talent, dans un rôle de composition difficile et délicat. On la croit quand pour tenter de sauver ses rizières elle envisage de « vendre » sa fille à un planteur chinois. Beau et ambigu. Huppert n’hésite pas à se laisser filmer comme une femme qui se débat en vain, usée prématurément. En face d’elle, le jeune et glorieux Gaspard Ulliel, n’est pas moins excellent dans le rôle de son fils Joseph qui ne pense qu’à vivre, tout comme la très jeune Astrid Bergès-Frisbey, qui interprète une Suzanne – figure de Marguerite Duras elle-même – candide et perverse à souahait. En plus, elle est bien jolie, ce qui ne gâte rien. Les seconds rôles sont tout aussi bien traités. Même quand les silhouettes des colons et des officiers sont réduites à un demi corps inférieur, une image qui symbolise leur ‘inimportance ».
Belle réalisation, très sobre, qui donne à voir parfaitement la difficulté de vivre dans un climat équatorial. Rithy Panh est documentariste, et ça se sent, tous les détails sont vrais, bien placés. Plus proche du roman par l’esprit que par l’interprétation littérale du texte, le réalisateur Rithy Panh éclaire le film de son regard sévère sur l’époque coloniale. Ce qu’il en montre, avec ses excès dans les spoliations, le travail forcé, la brutalité des « troupes coloniales », n’est guère à notre honneur. Rithy Panh brosse un terrible réquisitoire qui permet de comprendre pourquoi ces peuples d’Indochine ont fini par se révolter.

Justice : l’intime conviction, une pratique moyenâgeuse

34UTCp31UTC01bTue, 20 Jan 2009 09:00:34 +0000UTC 9,2008

Version actualisée et réécrite de mon précédent billet sur l’intime conviction.

Le 14 janvier, le TGI de Paris a prononcé la relaxe générale de six responsables médicaux, jugés pour la mort de 117 jeunes traités dans les années 1980 à l’hormone de croissance et qui avaient développé la maladie de Creutzfeldt-Jakob, dite maladie de la «vache folle». Le premier décès est intervenu il y a dix-huit ans. La principale motivation du jugement est l’incapacité du tribunal à démontrer la culpabilité des personnes poursuivies, faute de preuves décisives quant à leur degré de connaissance du problème posé par l’emploi des hormones de croissance. Outre l’exceptionnelle longueur de la procédure due à une instruction déraisonnablement interminable, seize ans, ce jugement pose le problème de la preuve et de sa qualité dans les décisions judiciaires. Le principe de droit très généralement appliqué en France est : quand il y a doute doit intervenir la relaxe. Sauf en matière criminelle, en cour d’Assise, où la qualité de la preuve importe peu au bénéfice de l‘intime conviction. un système judiciaire totalement archaïque.

C’est ce que nous rappelle l’affaire Yvan Colonna, qui va revenir au tribunal, en appel,  onze ans après les faits, du 9 février au 13 mars.

Yvan Colonna, dit le “berger corse”, originaire de Cargese a été condamné à la perpétuité en décembre 2007 pour l’assassinat du préfet Claude Érignac le 6 février 1998, alors qu’il se rendait à un concert au théâtre d’Ajaccio.

Pour prononcer la décision de 2007 la cour n’a pas pu s’appuyer sur un faisceau de preuves formelles et incontestables. Pas d’écoute téléphonique, pas d’interception de portable. Pas de photo in vivo. Pas la moindre trace physique susceptible d’être attribuée à Colonna sur un objet, sur une arme. Les tentatives d’identification par “tapissage” ont été vaines. Les reconstitutions ont été moins que décisives.

Un exemple, quand j’interroge Irène Stoller, qui a managé l’enquête au niveau du parquet anti terroriste pour lui demander si elle a la preuve de la présence de Colona sur les lieux du meurtre, à l’heure du meurtre, elle me répond :

- Non, nous n’avons pas la preuve, mais j’en suis sûre et certaine.

A l’audience, le commissaire Roger Marion qui a dirigé l’enquête, a déclaré tout de go qu’il est personnellement convaincu de la culpabilité de Colonna. A été déterminant le rôle des témoignages à charge parfois contradictoires , dont plusieurs émanant des proches d’Ivan Colonna. L’accusation s’est fondée essentiellement sur les dénonciations émanant des membres du commando dès leur arrestation en mai 1999. Lesquels se sont rétractés ensemble un an et demi plus tard. Le témoignage était le moyen de preuve fondamentale de l’inquisition pour étayer ses accusations. Les témoignages utilisés en 2007 seront de nouveau excipés en février prochain. avec en plus cet argument massue : Colonna n’a jamais vraiment protesté contre sa condamnation, alors qu’il avait multiplié auparavant les déclarations de non culpabilité. Donc il assumerait sa culpabilité !

Je ne rentrerai donc pas dans le détail pour arriver directement à une citation en forme de conclusion, énoncée par le Président Coujard, avant que la Cour d’Assise ne se retire pour délibérer :

La loi ne demande pas compte aux juges des moyens par lesquels ils se sont convaincus, elle ne leur prescrit pas de règles desquellesnils doivent faire particulièrement dépendre la plénitude et la suffisance d’une preuve ; elle leur prescrit de s’interroger sur eux-mêmes dans le silence et le recueillemen, et de chercher, dans la sincérité de leur conscience, quelle impression ont faite sur leurs raisons les preuves rapportées contre les accusés et les moyens de défense. La loi ne leur fait que cette seule question qui renferme toute la mesure de leurs devoris : “Avez-vous une intime conviction ?”

Sous son apparence élégante, ce texte fondamental implique qu’il est possible, et même probablement recommandé, de juger sans preuve. De toute façon, les juges n’auront pas à motiver leur décision. C’est-à-dire à la justifier.

On sait comment est élaborée une décision aux Assises, sous forme de réponses par Oui ou par non aux dizaines de questions posées par la Cour, et plus particulièrement par le Président. Que le jury soit formé de magistrats et non de simples citoyens ne change pas grand chose au fond du problème. A l’heure de la multiplication des moyens techniques de preuve… à l’heure où on peut déterminer à l’heure près la date d’un texte par examen de l’encre ; à quelques minutes près l’heure du décès par examen des viscères, du bol alimentaire ; en quasi certitude l’appartenance de traces physiques sur un objet par analyse de l’ADN, les juges sont autorisés à s’interroger dans le même climat de totale incertitude que les magistrats qui les ont précédé un siècle ou deux plus tôt. Nous sommes surtout à l’heure d’une remise en cause fondamentale de la véracité des témoignages : tous les travaux actuellement menés sur la Mémoire tendent à établir que celle-ci est essentiellement fugace et versatile, à l’opposé de tout fait établi dans des conditions scientifiques.  Les souvenirs sont éminements flous, incertains, non maîtrisables ; ils ne sont parfois que des rêves. Je peux me souvenir mieux d’un cauchemar de quelques secondes que d’événements circonscrits, dans l’histoire, mais non dans ma mémoire. Or demain comme hier les magistrats jurés doivent se reposer sur des témoignages exprimés sur des faits survenus cinq ou dix ans plus tôt. Vous vous souvenez, vous, de ce que vous avez vu ou entendu le 14 janvier 1999 ? Saviez-vous au moins où vous vous trouviez ? Etes-vous certain de votre souvenir, votre souvenir n’est-il pas inspiré par des récits ultérieurs ?

J’ignore si Colonna est coupable ou non. En l’état, je ne suis pas capable de le déterminer, pas plus que les policiers, les procureurs, les juges. Le principe de l’intime conviction ne tient pas debout, il nous renvoie au temps de l’Inquisition. Ni les policiers chargés de rédiger les procès verbaux d’audition, ni les magistrats instructeurs ne sont pas capables de reconstituer les conditions de l’enquête. Même avec des photos. La vérité du moment leur échappe. La question posée par le premier procès Colonna en Assise reste pendante, elle sera encore plus aigue lors du deuxième procès. Si le principe de l’intime conviction avait prévalu dans l’affaire du sang contaminé, la condamnation aurait été quasi certaine.

Dans l’Express de cette semaine l’avocat Gilles-Jean Portejoie repasse le plat, il remet en cause cette question de l’intime conviction. Il est temps de se pencher sur cette disposition moyen-âgeuse de notre droit pénal : on peut toujours juger sans preuve. Ahurissant, non ? Encore un beau chantier pour l’ancien avocat Nicolas Sarkozy, MPV (Mon Président volant). En attendant, le gouvernement se penche sur la nouvelle LOPSI, projet de loi d’orientation sur la sécurité intérieure.

Terrorisme et téléphone : l’anonymat total

10UTCp31UTC01bFri, 16 Jan 2009 09:00:10 +0000UTC 9,2008

Anonymat mondial et terrorisme

Un rapport d’enquête du gouvernement indien, destiné à éclairer les circonstances des attentats commis le 28 novembre dernier à Bombay – aujour’hui renommée Monbay – a mis en valeur le rôle décisif des communications téléphoniques passées par l’intermédiaire du réseau internet. L’anonymat en ligne entre ainsi de façon fracassante dans l’arsenal terroriste. Premier exemple : les hommes affiliés à Al Qaïda qui ont attaqué New-York le 11 septembre 2001 ont utilisé pour communiquer un réseau de sites internet organisé en cascades. Même procédure donc pour les terroristes d’origine pakistanaise qui ont attaqué les deux hôtels, un centre communautaire juif et des restaurants à Monbay (Bombay), 170 morts à la clé..
Le rapport d’enquête révèle que les terroristes ont mis en œuvre un réseau de communication sophistiqué imaginé par un spécialiste du mouvement terroriste LeT, Zarar Shah. L’achat de numéros de téléphone dits “virtuels”, américains et autrichiens, leur a permis, un temps, de détourner l’attention du Pakistan. Les paiements ont été effectués via des sociétés de transferts d’argent en espèces et les bénéficiaires officiels ont déclaré des adresses en Italie et en Inde.
Ainsi la téléphonie par Internet offre aujourd’hui une gamme infinie de techniques garantissant l’anonymat.
L’anonymat dans le réseau internet est organisé notamment autour de l’ensemble logiciel Tor, initialement conçu pour se protéger contre les intrusions hostiles.
La définition est  en apparence claire, selon ses promoteurs :

Tor est un projet logiciel qui aide à la défense contre l’analyse de trafic, une forme de surveillance de réseau qui menace les libertés individuelles et l’intimité, les activités commerciales et relationnelles, et la sécurité d’état. Tor vous protège en faisant rebondir vos communications à l’intérieur d’un réseau distribué de relais maintenus par des volontaires partout dans le monde : il empêche qu’une tierce personne scrutant votre connexion internet connaisse les sites que vous avez visité, et empêche les sites que vous avez visité de connaître votre position géographique.

Tor fonctionne grâce à de nombreuses applications se basant sur le protocole TCP.
Le téléphone par internet, de style Skype, peut utiliser ce réseau. Dans tous les cas les adresses IP apparentes ne correspondent pas aux ordinateurs utilisateurs, mais à des machines choisies par le logiciel de façon aléatoire, reliées en réseau, situées d’un bout à l’autre du monde, les transmissions sont relayées de façon instantanées d’une adresse à l’autre. Sans logique apparente. Par conséquent, il est presque impossible d’identifier les origines réelles des communications. Impossible n’est pas le mot exact, au demeurant, il faut plutôt retenir le concept d’immédiateté. Dans le cas des attentats de New-York, il a fallu aux enquêteurs plusieurs mois avant de reconstituer le trafic, les connexions, le réseau et finalement de remonter aux vrais utilisateurs.
A Mombay la tâche des enquêteurs a été facilitée par la saisie sur les cadavres des terroristes des téléphones cellulaires et satellitaires utilisés par les assaillants. L’examen des traces électroniques a rendu possible l’identification rapide des origines et des relais.
Ainsi, la mondialisation des systèmes de communication et les tentatives pour  éviter les indentifications peuvent être retournées pour monter des opérations tout à fait hostiles. On va encore nous reprocher de voir des complots et des pièges partout, mais en l’occurrence le problème est inquiétant : on peut se masquer totalement derrière de fausses adresses électroniques. En vérité ce système, notamment Tor, est censé être bien connu des spécialistes. Utilisé tant et plus par les agents des services secrets de tous les bords, parmi lesquels plusieurs de mes copains, en complément de moyens comme le passage dans des cybercafés et les transmissions WiFi. Il vaut mieux mettre à plat cette réalité que de la taire quitte à passer pour paranoïaque.

Recherche-Université : la colère

31UTCp31UTC01bSat, 17 Jan 2009 09:30:31 +0000UTC 9,2008

Sauvons la recherche, qui fonctionne comme un groupe de pression pour éiter trop de casse dans l’enseignement supérieur, face aux projets en cours de développement par Mme Valérie Pecresse, va s’investir dans deux manifestations successives : le 20 janvier, avec l’ensemble des organisations, une journée de l’enseignement supérieur et de la recherche. A Paris, la journée commencera notamment par une AG des personnels précaires de la recherche et de l’enseignement supérieur et des personnels techniques et administratifs, elle sera suivie l’après-midi par une manifestation, trajet prévu du Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche vers Matignon. Sauvons la recherche appelle ses membres à rejoindre le 29 janvier la journée interprofessionnelle de grève et de manifestations des salariés des secteurs public et privé. Objectifs :  1/ moratoire des réformes en cours, voire pour certaines leur abandon pur et simple : réforme du statut des enseignants chercheurs, démantèlement du CNRS et des EPST, mastérisation, chaires CNRS/Universités. 2/La création de postes et pour le moins, le rétablissement de tous les postes supprimés aux concours 2009 (chercheurs, enseignants-chercheurs, ITA et BIATOSS).3/ La mise en place d’un débat et d’une véritable négociation avec les personnels, leurs organisations et sur les instances représentatives existantes.

La recette de Marina est passée en italien !

37UTCp31UTC01bSat, 17 Jan 2009 19:30:37 +0000UTC 9,2008

Voici la transcription en… italien de la “recette de Marina”. Comme vous allez pouvoir le constater, le système de traduction est étonnant : tout est en double, d’abord le français, puis l’italien ! J’imagine que c’est bon pour les étudiants en langue.

Cucina: la ricetta per Marina

By phmadelin Con phmadelin

Mia moglie vuole spiegare la sua vera ricetta, è Natale

Noto, mia moglie Marina è un intellettuale, ma anche le persone l’amore di tornare a casa per cena, perché si mangia davvero bene. Migliore rispetto al semplice famiglia di cottura. Inoltre, a differenza di molti altri, non giorni, per età o prima di “il suo forni. La sua idea è che si cucina senza fatica, è il sogno di tutti i professionisti della cucina (che io non sono). Un altro modo per esprimere il successo di un piatto, senza seguire la ricetta. Qui è la sua ricetta:
1 – Ne jamais rien peser, se fier à son regard. 1 – Non pesare nulla, basandosi su i suoi occhi.
2 – Diviser en deux toutes les proportions données dans les livres de recettes 2 – Dividere in due libri di cucina in tutte le proporzioni
3 – N’utiliser que les produits que vous connaissez, quitte à remplacer les inconnus par d’autres 3 – Utilizzare solo i prodotti che si sa, anche per sostituire l’ignoto da parte di altri
4 – Ne pas mettre trop de vigueur dans le maniement des instruments 4 – Non mettere troppa forza nella gestione di strumenti
5 – Se contenter des moyens les plus simples pour cuisiner. 5 – Non si tratta del modo più semplice per cucinare. Utiliser ceux que vous possédez et dont vous connaissez le maniement Usa quello che hai e di sapere come
6 – Vous devez toujours préparer vos pâtes ( pour gâteaux) vous-même. 6 – Si dovrebbe sempre preparare la pasta (per i dolci) te.
7 – Goûter beaucoup en cours de route, rectifier selon votre goût et non selon la recette. 7 – Gouter molto nel modo corretto in base al vostro gusto e non secondo la ricetta.
8 – Quelque soit le plat, cuisez-le à température moyenne haute. 8 – Qualunque sia il piatto, cuoco che più di medio alto.
9 – Vous n’y consacrerez pas votre journée, et le résultat sera bon à 90%. 9 – Non trascorrere la giornata, e il risultato è buono per il 90%.
10 – Quand vous avez raté deux fois un plat, laissez tomber, il n’est pas pour vous. 10 – Quando hai perso due volte un piatto, goccia, non è per voi.
11 – Et, surtout, éliminez les recettes dont le vocabulaire exige un dictionnaire pour comprendre. 11 – E, soprattutto, eliminare il reddito che richiede un vocabolario dizionario per capire.
Avec ça, vous pouvez réussir le canard à l’orange, la carbonade à la Flamande, la mousse au chocolat, un rakot kaposta tout à fait exotique, la goulash à la Hongroise, la tarte tatin (géniale), les pommes de terre en gratin, les tartelettes aux tomates, la tarte à l’orange, tous les gâteaux au chocolat à la manière austro-hongroise. Con questo, si può passare l’anatra à l’arancio, il carbonade fiammingo, mousse al cioccolato, un rákot kaposta abbastanza esotico al gulasch ungherese, torta tatin (brillante), la patata gratinate, le torte a base di pomodori, crostata con arancio, a tutti i dolci al cioccolato austro-ungherese modo. Creme e salse, naturalmente … e l’arte di recuperare i resti. A volte si perde una nuova ricetta che ha testato di me, se questa non è buona, io dico, lei si arrabbiò, ma non iniziare.

J’ajoute qu’elle a refusé tout net de cous communiquer sa recette de cake aux fruits secs. Pourtant délicieux.

Police : chambardements dans les syndicats

26UTCp31UTC01bSun, 18 Jan 2009 09:00:26 +0000UTC 9,2008

Par mon blog j’ai rencontré plusieurs personnes qui me restent physiquement inconnues, mais qui me transmettent des informations sensibles et intéressantes.
C’est le cas de Laurent Opsoner, très attaché aux questions de sécurité. Je lui ai proposé de donner écho à ses points de vue. Voici le premier consacré à l’évolution du syndicalisme policier chez les gardiens de la paix.
Le paysage syndicale policier va être bouleversé : l’UNSA Police a, en effet, décidé de quitter l’UNSA puisque cette dernière a entrepris un rapprochement avec la CGC à laquelle est affilié l’ennemi héréditaire, Alliance Police nationale, affidé au pouvoir actuel. Une nouvelle entité va donc émerger sous peu, née du rapprochement entre l’UNSA Police et le SGP-FO. Cette nouvelle organisation syndicale bénéficiera théoriquement d’une écrasante majorité parmi les gradés et gardiens de la paix si l’on additionne les voix obtenues aux dernières élections professionnelles par l’UNSA Police et le SGP-FO. Face celle-ci, il y aura Alliance, en difficulté suite à l’annonce gouvernementale de la suppression de 4 800 postes de gradés et de gardiens de la paix d’ici à 2011 (Le Monde du 8 janvier dernier), et quelques syndicats ultra-minoritaires comme la CGT Police, la FPIP et Action Police CFTC (ces deux dernières étant traditionnellement classées par leurs pairsà l’extrême droite en raison de leurs prises de position). Ceci dit, j’ignore comment l’Elysée perçoit cette évolution.

Je reprends le volant… MBAOP n’en a en tout cas rien dit lors de ses voeux aux forces de sécurité,  à Orléans le 14 janvier. Il a étalé de nombreuses statistiques de délinquance (et surtout de lutte contre la délinquance) très favorables: selon le Ministère de l’Intérieur, la délinquance générale a baissé de 0,86% en 2008 par rapport à 2007. Mais les violences aux personnes sont en augmentation tout comme les vols à main armée ; les règlements de compte ont explosé. 3.558.329 crimes et délits ont été constatés par l’ensemble des services de police en 2008, contre 3.589.293 en 2007,

Estce une récompense ? MBAOP a annoncé l’ouverture d’un crédit de 100 millions d’euros pour la modernisation du parc automobile des forces de sécurité. Mais il n’a même pas évoqué dans ses voeux les restrictions d’effectifs dans la police et la gendarmerie. Et encore moins les problèmes posés par la redistribution des cartes dans le paysage syndical.

Les recettes de Marina : le cake familial

04UTCp31UTC01bMon, 19 Jan 2009 18:34:04 +0000UTC 9,2008

en français, encore… Car elle est désormais une célébrité internationale… sur internet, et en italien ! Donc voici une nouvelle recette, mes lecteurs sérieux apprécient. Moi aussi.

recette du cake aux fruits secs, pour 4 à 6 personnes (ou, me concernant, plusieurs jours, et ça ne rassit pas).

200 gr de farine, 140 gr de sucre semoule, 140 gr de beurre (je ne savais pas que j’avalais tout ça, pas bon pour mon poids !), 3 oeufs, 1 sachet de levure ; 1 zeste d’orange confit ; abricots secs coupés en morceaux ; dattes coupées en morceaux ; pruneaux coupés en morceaux ; raisins secs.

Préchauffez le four, thermostat 6 (180°)

Fouetter le sucre avec le beurre, ajouter la farine, la levure une pincée de sel et les oeufs battus. Quand la pâte est homogène (bien mélanger au fouet) ajouter tous les fruits coupés et le zeste confit, un peu fariné (c’est le petit secret) pour qu’ils ne tombent pas au fond. Mettre cette pâte dans un moule à cake tapissé de papier d’aluminium, à four chaud (huit) pendant 45 minutes.

Puis bon appétit gourmand !

La mémoire et la justice

54UTCp31UTC01bWed, 21 Jan 2009 09:00:54 +0000UTC 9,2008

Les affaires de justice, et singulièrement le problème posé par les jugements fondés sur une intime conviction, reposent la question du témoignage en particulier, des souvenirs et de la mémoire en général.

J’ai écrit dans mon billet consacré à la suite de l’affaire Colonna :

Nous sommes  à l’heure d’une remise en cause fondamentale de la véracité des témoignages : tous les travaux actuellement menés sur la Mémoire tendent à établir que celle-ci est essentiellement fugace et versatile, à l’opposé de tout fait établi dans des conditions scientifiques.  Les souvenirs sont éminement flous, incertains, non maîtrisables ; ils ne sont parfois que des rêves. Je peux me souvenir mieux d’un cauchemar de quelques secondes que d’événements circonscrits, dans l’histoire, mais non dans ma mémoire. Or demain comme hier les magistrats jurés doivent se reposer sur des témoignages exprimés sur des faits survenus cinq ou dix ans plus tôt. Vous vous souvenez, vous, de ce que vous avez vu ou entendu le 14 janvier 1999 ? Saviez-vous au moins où vous vous trouviez ? Etes-vous certain de votre souvenir, votre souvenir n’est-il pas inspiré par des récits ultérieurs ?

Contrairement  à une image que l’on se plait à entretenir, la mémoire est d’une grande complexité dans son fonctionnement. Certes les souvenirs sont inscrits dans les circonvolutions du cerveau, pas comme les images d’un film mais comme des éléments déjà retravaillés, retransformés par les émotions, par les perceptions diverses qui ont entouré l’inscription de l’événement daans la mémoire. L’exemple le plus célèbre est celui d’une expérience conduite il y a de nombreuses années déjà par des psychologues travaillant pour les Sapeurs Pompiers de Paris, à la suite d’un incendie dans une boutique galerie des Champs Elysées : il a été demandé aux personnes qui avaient échappé à l’incendie de dessiner les lieux, qui comportaient un couloir constituant l’issue de secours ; à la grande surprise des chercheurs, les témoins ont dessiné ce couloir mais selon des longueurs variables d’une personne à l’autre, parfois au double de la longueur. Cette longeur fictive mesurait en fait l’intensité de l’émotion ressentie par le sujet pendant sa fuite devant les flammes.

Cette expérience signifie très simplement que le souvenir n’est pratiquement jamais conforme à la réalité, mais modelé en fonction de l’émotion. Autre exemple : les aveux obtenus après de longs interrogatoires, a fortiori après des tortures, ne permettent jamais de reconstituer une autre histoire que celle dictée, édictée, par l’interrogateur. Et le pire est que cet interrogateur n’est pas toujours conscient de sa part dans la fabrication du “souvenir extorqué”.

Gabrielle Hallez, une des personnes inquiétées dans l’affaire des caténaires SNCF, arrêtée à Tarnac décrit ainsi une partie de son interrogatoire (Le Monde caté du 21 janvier 2009) :

[Au siège de la DCRI à Levallois-Perret] les interrogatoires s’enchaînent. Une fois huit heures sans pause, va-et-vient de nouveaux officiers qui se relaient. Mauvaises blagues, pressions, menaces : “Ta mère est la dixième personne mise en garde à vue dans le cadre de l’opération Taïga, on va la mettre en détention”, “Tu ne reverras plus ta fille”. Leur bassesse n’est pas une surprise. Ils me questionnaient sur tout : “Comment vivez-vous?”, “Comment êtes-vous organisés pour manger?”, “Est-ce que tu écris?”, “Qu’est-ce que tu lis?” Ils voulaient des aveux pour donner corps à leur fantasme de cellule terroriste imaginaire.

C’est un témoignage, et il y a gros à parier que les officiers de la DCRI vont le mettre en cause, comme non conforme à la réalité. Après, on peut attester tout ce qu’on veut, mais on se doit de constater que la mémoire ne restitue jamais une réalité objective, en quelque sorte “cinématographique”. Il y a des images le plus souvent incomplètes, des continuités d’images et de couleurs, des montages même qui organisent la mémoire en fonction des données individuelles essentiellement variables. En outre, plus on s’éloigne du moment où se sont déroulés les faits, plus les souvenirs sont déformés.Qui plus est, chez une même personne les souvenirs sont l’objet d’importantes variations.

En bref, on peut affirmer que ce que l’on appelle le souvenir, base du témoignage n’est qu’une tentative pour reconstituer, pour reconstruire une histoire cohérente à partir des bribes de la mémoire, qui ne sont pas cohérentes. Il n’y a pas de différence substantielle entre le souvenir et le rêve. Qui n’est lui-même qu’une histoire bâtie à partir d’éléments dispersés, un kaléidoscope hors de tout contrôle. Croire que la mémoire puisse être d’une véracité assez forte pour établir des preuves à propos de telle ou telle action relève d’un fantasme absolu.

En clair, fonder un jugement, une condamnation, sur des témoignages paraît incompatible avec les données de la science. Les policiers et les magistrats auront beau multiplier les propos contraires, ils ne peuvent rien contre le fonctionnement en vérité aléatoire de notre cerveau. Alors, dans ce cerveau, notre mémoire nous aménerait-elle à vivre dans un rêve permanent ? Probablement.

Les interrogatoires… à la question. Les méthodes d’interrogatoire musclées, fondées sur les menaces physiques ou psychologiques, sur l’épuisement après de longues périodes d’incrcération ne permettent d’obtenir que ce qu’on en attend, c’est-à-dire l’exposé d’une “vérité” présupposée, imaginée au préalable par les interrogateurs. Ils construisent un système, ensuite ils tentent de démontrer sa véracité en se fondant sur des témoignages obtenus par la force. C’est par exemple le cas pour les prisonniers de Guantanamo. L’administration Bush a prétendu qu’il fallait les maintenir enfermés jusqu’à les obliger à parler. Après des années, il ne leur restait rien à dire, il n’y avait plus rien dans leur mémoire.

Lecteur, point de vue : Sauvons la police

08UTCp31UTC01bThu, 22 Jan 2009 16:38:08 +0000UTC 9,2008

Mon correspondant Laurent Opsomer me propose ce point de vue. Je lui ai offert de pouvoir s’exprimer sur mon blog, sous réserve de mon accord quant aux termes utilisés. Il n’y a pas de problème. Voici donc son texte.

Inquiétée sur sa gauche par la montée en puissance des polices municipales, bousculée sur sa droite par la multiplication des officines de sécurité privée, la police nationale – telle que nous la connaissons aujourd’hui – est désormais menacée dans son existence même, d’autant que la fusion annoncée avec la gendarmerie n’est qu’un leurre puisqu’elle est uniquement guidée par une volonté farouche d’un sévère dégraissage des effectifs.

Bien évidemment, la police nationale est loin d’être exempte de reproches ; la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS) est saisie, chaque année, de bavures ou de brutalités supposées ou avérées. Pourtant, même affidée au pouvoir en place, même tiraillée par des guerres des chefs intestines, la police nationale n’en demeure pas moins au service des citoyens, de tous les citoyens, à la différence des polices municipales que les communes les plus pauvres ne peuvent s’offrir et dont l’action est en réalité très limitée. Mais il y a pire : flics, pandores et matons pourraient dans un avenir proche être remplacés par des vigiles et autres enquêteurs privés, appelés à rapidement dépasser en nombre les premiers. C’est d’ailleurs la conclusion du récent livre blanc conjointement rédigé par l’Institut national des hautes études de sécurité (INHES) et, heureux hasard, la Confédération européenne des services de sécurité (CoESS), et curieusement préfacé par le président de la République, à qui il convient de rappeler  que « la réduction nécessaire des dépenses des Etats » ne doit pas être synonyme d’abandon de leurs missions régaliennes, ni même de délégation de celles-ci au secteur privé sous le fallacieux prétexte de créer « de nouvelles richesses en termes d’emplois et de métiers ». Le glissement sémantique est néanmoins révélateur des ambitions politiques à ce sujet : outre la « coproduction » privé-public prônée par Nicolas Sarkozy, ne parle-t-on pas dorénavant d’« offre globale de sécurité » ou « d’économie de la sécurité » évoquée par la ministre de l’Intérieur lors de son discours au Sommet européen de la sécurité privée le 15 décembre dernier ? Pis, Michèle Alliot-Marie estime que « pour répondre à la demande de sécurité de nos concitoyens […], la sécurité privée doit encore prendre plus de place dans la lutte contre l’insécurité ». Par conséquent, il ne s’agit plus d’encadrer le développement de ces sociétés ou de réglementer leurs activités, mais bel et bien de leur accorder des pouvoirs de police ! Or, la sécurité privée n’obéit qu’à la seule logique du profit, donc de l’argent. Dès lors, serons-nous plus en sécurité dans un monde où nous serons protégés en tant que clients et non comme citoyens ? Finalement, malgré ses défauts, la police nationale reste le moins mauvais des régimes policiers.

Je répercute son propos d’autant plus volontiers que je le vois répercuter les inquiétudes de nombreux policiers. Et gendarmes.

J’ai repris la formule de rue 89 pour mon blog : auteur, experts, lecteurs. Donc, à vos claviers, je vous publierai volontiers. Mais comme je suis le responsable juridique de mon blog, je suis obligé de modérer moi-même les propos.

Presse : les Etats généraux accouchent d’une… souris

46UTCp31UTC01bFri, 23 Jan 2009 12:15:46 +0000UTC 9,2008

Notre cher Président a rendu publiques comme prévu les mesures d’aide à la presse, découlant des Etats généraux de la presse dont les travaux ont duré deux mois. La souris… informatique est la principale bénéficiaire. Une surprise de taille : le Président semble avoir renoncé et aux mesures facilitant de nouvelles contrations dans la presse écrite, et aux dispositions susceptible de rduire la position des Syndicats du Livre. 600 millions d’aide en trois ans sont annoncés, mais la plus grande partie est déjà en vigueur. La principale concernera l’augmentation de la publicité institutionnelle. Prudence extrême également en matière de déontologie, on ne touche pas trop à ce chapitre assez fragile, des modifications auraient pu apparaître comme des atteintes insupportables à la liberté de la presse.

En fin de compte l’aspect le plus novateur, dont l’adoption était au demeurant déjà conue,   concerne Internet, alors que la presse Web est tenue par nombre d’experts comme la cause principale de dégradation de la presse papier. Est ainsi projetée la création d’un statut d’éditeur en ligne, impliquant la reconnaissance de l’emploi de journalistes professionnels. La presse électronique se verra octroyer toute une série d’aides qui l’aligneraient peu ou prou sur le statut de la presse écrite : exonération de la taxe professionnelle, demande à Bruxelles de bénéficier pour la presse en ligne du taux réduit ou super-réduit de TVA, 5,5 % et super-réduits 2,1 % de TVA.  Les aides à l’investissement sur le Web devraient notamment passer par la création de fondations, alimentées par des dons ouvrant droit à une déduction fiscale de 66 %.
Les droits d’auteur des journalistes seront adaptés à l’émergence d’une presse multisupport, en modifiant la loi, selon les propositions de la profession.

Il n’y a pas de quoi s’esbaudir de ces réultats plutôt modestes pour une initiative qui se voulait grandissime et évolutionnaire. La crise est passée par là. On a désormais d’autres préoccupations.

Justice, prud’hommes : quand une employée du groupe LVMH doit réclamer en justice son licenciement.

32UTCp31UTC01bSat, 24 Jan 2009 09:32:32 +0000UTC 9,2008

Une secrétaire contre un filiale de LVMH :  l’employée demande son licenciement, le monde à l’envers
Devant la 6° chambre du Conseil des Prud’hommes de Paris ce 21 janvier, s’est plaidée une très surprenante affaire opposant une assistante de direction Mme Odile N.A. défendue par Me Raphaël Mayet, et Louis Vuitton Services, filiale de LVMH,  représenté par une collaboratrice de Me Jacques Valluis.
Le montant énorme des indemnités réclamées  retient l’attention : au  total: 559 585 euros. Un montant qui n’est pas banal, surtout pour une assistante de direction comme Odile N.A., ce que l’on a coutume de considérer comme du petit personnel. Donc d’extraordinaires indemnités, pour solder une affaire qui est encore moins banale, à dire vrai une histoire folle, et une histoire de fou au sens strict du terme. Il faut dire que l’adversaire est tout aussi peu banal puisqu’il s’agit de la Société Louis Vuitton Services, une des pièces du puzzle LVMH – Louis Vuitton Moët Hennessy – contrôlé par un des hommes les plus riches de France, Bernard Arnault et sa famille.
Le fond de l’affaire est encore plus singulier, puisque la plaignante reproche à son employeur… de ne pas l’avoir licenciée. Et de ce fait de la priver d’une foultitude de droits sociaux et financiers qui auraient découlé d’un licenciement en bonne et due forme.
A première vue, cette histoire est ahurissante, et même difficilement crédible dans un groupe financier et industriel aussi puissant, sans aucun doute peuplé des plus fins juristes possibles. Et pourtant…
Les faits bruts sont assez simples : secrétaire de direction chez Moët Hennessy, Mme Odile N.A est mutée en mai 1997 à la société Louis Vuitton Services. Dans ce cadre, selon la plaignante, il lui est demandé de transcrire sur son ordinateur un document relatant un important montage financier, en l’antidatant de cinq ans. La qualité de faux sera reconnue par la COB.
En juin 2003, la plaignante est convoquée par le médecin du travail de son employeur, sous le prétexte qu’on ne retrouve pas un certificat de visite devant ce médecin. Lequel écrit aussitôt une lettre à un confrère psychiatre pour lui demander d’examiner cette personne au motif, dit-elle, qu’elle manifesterait des symptômes de paranoïa en ne cessant de se plaindre d’être épiée, surveillée, suivie, ses communications téléphoniques interceptées. Le tout à la demande de son employeur, soutient-elle, qui craindrait qu’elle révèle avoir participé à la fabrication d’un faux en écriture utilisé pour des opérations financières surveillées par la COB, Commission des Opérations de Bourse. Autrement dit, pour éviter qu’elle ne témoigne, on voudrait tenter de la faire passer pour folle.
Le psychiatre recommandé par le médecin du travail opère à l’hôpital Sainte- Anne de Paris, principal centre de traitement des maladies mentales. Il délivre un certificat médical sur la foi duquel Mme Odile N.A. est immédiatement internée dans le cadre d’une « Hospitalisation à la demande d’un tiers » au sein de l’établissement public de santé Maison Blanche, situé à Neuilly-sur-Marne. Elle y reste un peu moins d’un mois, du 26 juin au 23 juillet 2003. Dès sa libération, elle entreprend de démontrer que cette hospitalisation était illégale. Elle obtiendra l’annulation par le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise du certificat d’hospitalisation, par décision du 16 novembre 2006, rectifiée le 28 décembre 2006. Avec à l’appui, en référé-provision près le Tribunal de Grande Instance de Paris, une indemnisation de 7500 euros. Pas d’appel, donc décision définitive.
Peu de temps plus tard, la Sécurité sociale va placer Mme Odile N.A. en invalidité de 2° catégorie au motif qu’elle ne pourrait pas se réintégrer dans la vie professionnelle.
Deuxième phase, capitale de l’affaire : cette déclaration d’invalidité aurait dû entraîner de facto la rupture du contrat de travail de la plaignante, avec pour conséquence tous les droits afférents classiques, en particulier une proposition de reclassement, des indemnités de licenciement, la liquidation de ses parts d’intéressement, la délivrance d’un certificat de travail, etc.
Or non seulement la société LVServices n’a pas licencié Mme Odile N.A., mais encore l’a placée en « congé sans solde » hors de toutes les procédures, lui délivrant chaque mois un bulletin de paie de 0,00 euros, évidemment sans aucun point de retraite. Elle prive ainsi sa salariée de très nombreux droits, au premier chef de son salaire mais encore la bloque complètement dans sa vie personnelle et professionnelle. La motivation de l’internement pour troubles mentaux lui interdit bien sûr la recherche de tout nouvel emploi. De façon assez contradictoire, l’employeur soutient que le contrat de travail est suspendu tant qu’aucune visite médicale n’aura permis à la société de constater la situation d’invalidité. Il est également reproché à Mme Odile N.A. de n’avoir jamais sollicité sa réintégration. Et il nie, par la voix de son avocat, avoir participé d’une manière quelconque au processus d’internement.  Sans pouvoir le démontrer d’une façon quelconque l’employeur soutient que Mme Odile N.A. n’aurait pas obtempéré à des convocations de la médecine du travail qui auraient permis de régulariser la situation et d’ouvrir la voie à une procédure de licenciement pour inaptitude au travail.
En clair, et en quelques mots : la salariée de LVServices reproche à son employeur de refuser de la licencier pour éluder ses devoirs définis par le Code du Travail. Suffit-il de soutenir qu’elle n’a pas demandé de retravailler pour s’exonérer de toutes les charges liées à l’exécution du contrat de travail ?
Habituellement, on se plaint d’être licencié sans vraie raison. Il apparaît pour le moins étrange que dans cette affaire, Mme Odile N.A. soit contrainte de demander au tribunal des Prud’hommes la résiliation en justice de son contrat de travail. C’est presque sans précédent, en tout cas à ce niveau. C’est en tout cas le monde à l’envers.
Une tentative de conciliation a échoué. Décision le 21 mars.

Sécurité : le lobbying des policiers municipaux

37UTCp31UTC01bMon, 26 Jan 2009 09:30:37 +0000UTC 9,2008

Mon correspondant lecteur Laurent Opsomer me propose un point de vue  fort pertinent sur le lobby des policiers municipaux. Il s’interroge par ailleurs sur les raisons pour lesquelles les polices municipales se sont développées d’abord dans le midi. La réponse est relativement simple. Quand la gauche était au pouvoir, un certain nombre de municipalités de droite dans le Sud de la France – mais pas seulement  comme le démontre l’exemple de Levallois-Perret avec Patrick Balkany – ont considéré comme nécessaire l’installation de corps de police municipaux « pour suppléer à l’insuffisance de la police nationale ». Le paradoxe est que la nationalisation des corps de police municipaux avait été édictée par le gouvernement de Vichy pendant la guerre. L’institution a depuis fait florès. Précisons que nombre de “municipaux” sont aujourd’hui APJ 20, Agents de police judiciaire de second rang.
Donc Laurent dénonce l’hyper activité des milieux politiques, de droite ou de gauche, en faveur policiers municipaux…

Actif le lobby des policiers municipaux ? Actif, très actif, suractif même ! Pour preuve : le 5 février 2008, Nicolas Dupont-Aignan, ex-député UMP aujourd’hui sans étiquette, interroge la garde des Sceaux, ministre de la Justice, « sur la tendance actuelle des parquets à contester la véracité des témoignages des policiers municipaux lorsqu’ils ne sont pas étayés par une preuve vidéo » (question n°16090). Il est relayé une semaine plus tard par le député communiste de la Somme, Maxime Gremetz, qui attire lui aussi l’attention de la ministre de la Justice « sur la remise en cause de certains parquets de la réalité des faits constatés par les policiers municipaux au seul et unique motif que les faits n’auraient pas été filmés par la vidéo surveillance. En effet certains parquets émettent de sérieux doutes sur la légitimité des interventions réalisées par des policiers municipaux au seul prétexte que les éléments rapportés ne sont pas corroborés par l’examen de la vidéosurveillance. » (question n°16611). Bis repetita le 26 février 2008 où deux élus UMP, Jacques Domergue, député de l’Hérault, et Eric Ciotti, député des Alpes-Maritimes, alertent d’une seule et même voix « sur l’inquiétude des policiers municipaux confrontés aux doutes qu’émettent certains parquets sur la légitimité de leurs interventions au seul prétexte que les éléments rapportés ne sont pas corroborés par l’examen de la vidéo surveillance, fonctionnant parfois en automatique, les parquets s’appuyant alors sur les seules et uniques déclarations des contrevenants. » (questions n°17764 et 17765). Dans un autre registre, Pascale Got, député socialiste de la Gironde, interpelle la ministre de l’Intérieur « sur l’inquiétude des policiers municipaux quant à la reconnaissance de la spécificité de leur métier. En effet, le statut actuel des policiers municipaux et leur rémunération n’est pas en adéquation avec les obligations spécifiques que présentent leur travail » (question n°17237 du 19 février 2008), oubliant au passage qu’il ne s’agit pas d’un corps homogène, mais un corps dominé par son extrême diversité : il n’y a pas une police municipale mais des polices municipales ! Ceci dit, comment expliquer cette coalition parlementaire en faveur de la police municipale si ce n’est par une convergence d’intérêts puisque nombre de parlementaires disposent d’un mandat local ?
D’ailleurs, au soutien sans faille de leur hiérarchie répond une allégeance inconditionnelle des agents municipaux.
Laurent Opsomer relève que les agents municipaux…
sont soumis à une totale obéissance envers une autorité qui ne souffre d’aucune contestation. Cette […] inféodation des gardiens de police municipale vis-à-vis du maire n’est pas sans conséquences. Dans un rapport remis début 1998 au ministre de l’Intérieur de l’époque, Jacques Genthial, inspecteur général, et ancien directeur central de la Police Judiciaire au sein de la direction générale de la Police nationale précisait :

« Un des points faibles des polices municipales est la dévotion sans faille, voire le culte, que les agents portent à leur maire. On sait que parmi ces derniers, certains abusent de leur position, mais il s’agit manifestement d’un nombre négligeable d’élus. »

Il apparaît donc normal que les édiles récompensent cette dévotion en défendant bec et ongle LEUR police. Concrètement, depuis la loi n°99-291 du 15 avril 1999 relative aux polices municipales, il ne se passe désormais plus une année sans qu’une loi n’accroisse les pouvoirs des agents de police municipale et ce, quelle que soit la couleur politique du gouvernement en place.

Film : Nulle part, terre promise

36UTCp31UTC01bSat, 24 Jan 2009 17:38:36 +0000UTC 9,2008

Un film d’Emmanuel Finkiel, Prix Jean Vigo, Festival de Locarno, sélection officielle. Présenté le 23 janvier comme ouverture au Forum des Images d’un nouveau festival, “Un état du monde… et du cinéma” soutenu notamment par rue89. FRANCE – Fiction – Couleur – 1h34 – Avec Elsa Amiel, Nicolas Wanczycki, Haci Aslan, Haci Yusuf Aslan, Abdurrahim Apak, Joanna Grudzinska.

Vous prenez trois groupes de personnages en principe sans rapport entre eux : un cadre sup français chargé de la délocalisation en Hongrie d’une usine de réfrigérateurs : la délocalisation étant entendue comme le paradis des entreprises à la recherche des bas salaires ; trois clandestins kurdes qui franchissent les frontières d’Europe pour atteindre le paradis britannique, de l’autre côté de la Manche. Et une étudiante, peut-être anglaise, qui explore l’Europe de la crise, en filmant tout ce qui tombe sous son regard, de la France à la Hongrie en passant par l’Allemagne. Vous battez les cartes, vous les installez dans des fonds de décor nocturnes et glauques inspirés des graphes urbains, hantés par des chauffeurs de camions bulgares, des futurs chômeurs français, des ouvrières hongroises au rabais, des clodos.

Et vous obtenez un film subtil racontant les trois voyages des personnages dans cette Europe désarticulée. Planqués dans des camions ou dans des trains, les Kurdes pourchassés par les flics courent d’étape en étape du fin fond de la Turquie au bord de la Manche, à Calais. Deux adultes, et un gamin superbe, à la fois candide et apeuré, images de la désolation et d’une volonté farouche de s’en tirer. Arrogant, futur directeur de l’usine délocalisée, le cadre sup assiste au démantèlement de l’usine en France sous les huées des ouvriers, il assiste encore à sa réinstallation en Hongrie, et, peut-être il commence à comprendre. Quant à l’étudiante, lien entre tous, elle court ici et là. Avec sa mini caméra numérique elle filme les ouvriers, elle filme les pauvres. Pas parce qu’ils sont pauvres, mais parce que leurs images sont fortes. A Budapest, après une soirée agitée, elle rencontre un couple d’ouvriers avec lesquels elle se lie d’amitié. Elle, enceinte, travaille dans un atelier déjà opérationnel de l’usine délocalisée. Les Kurdes se planquent dans les camions derrière des marchandises entassées, des produits pas cher pour l’Europe prospère. Ils survivent, et le gamin demande : quand est-ce qu’on prend le bateau ?

Très beau film, presque esthétisant dans sa volonté de transcrire au cinéma le monde des grapheurs. Un film très subtilement construit, magnifiquement interprété, alors que la plupart des comédiens sont des non professionnels. Evidemment, les histoires ne sont pas très réjouissantes. Encore que la solidarité entre les uns et les autres réchauffe le coeur. Sobre dans le propos : Finkiel ne donne pas dans l’émotion larmoyante. Et pourtant l’émotion est sans cesse présente. On comprend mieux l’état de la crise. Il n’y a pas de terre promise.

affiche4

Justice, prud’hommes, réactions

39UTCp31UTC01bSun, 25 Jan 2009 09:47:39 +0000UTC 9,2008

Je répercute ici un aperçu des réactions exprimées par des internautes à la suite de mon papier sur l’affaire prud’hommale évoquée hier sur rue89. Je ne rapporte pas la totalité des réactions, mais seulement celles qui permettent d’aller plus loin dans l’analyse du problème. Lequel apparaît plus fréquent qu’on ne le pense. Quand on veut tuer son chien, il suffit de dire qu’il a la rage…

Bonne idée de faire des petits aperçus des audiences prudhomales : elles donnent la réalité de l’état du monde du travail actuel… Ainsi, en l’occurrence, on trouve dans des situations absolument ubuesques. Et il paraît que les Conseillers Prudhomaux en voient tous les jours « des vertes et des pas mûres », de celles qui dépassent l’imagination !

D’un enseignant
Certes la justice prudhommale ne donne pas toujours satisfaction.
Il faut un temps considérable avant qu’une affaire soit jugée. Et l’on a dit que c’était simplement le Droit du Travail qui y était énoncé. Droit qui est finalement émanation du droit de l’Etat et donc des plus forts.
Mais dans le contexte actuel de démantélement dudit Droit du Travail qu’a entrepris le gouvernement Sarkozy, on ne peut que défendre les faibles remparts face à l’assaut des exploiteurs, des capitalistes aux abois.
La corruption arrive vite quand il s’agit d’étouffer une affaire.

D’un employé de la Sécurité sociale
La rente d’invalidité 2e cat. représente 50 % de la tranche A, soit 30 à 35 % de l’ancien salaire net. S’il y a un contrat de Prévoyance, le complément est dégressif dans la durée.
Les points de retraite représentent rarement plus que 4 % de ce qu’ils auraient été en situation salariée.
En gros, pour les filatures/écoutes dont la plaignante a été victime, ce sont les actionnaires qui ont payé (frais généraux, pseudo-budget Sécurité, …).
Et pour l’internement abusif et l’invalidité, ce sont nous, les assurés sociaux, qui avons payé et payons encore.
Je pense que dans le cas évoqué ici, la Sécu va soit se constituer partie civile contre l’employeur soit -et c’est plus fréquent- déclarer une faute inexcusable de l’employeur. Dans la mesure où le Tribunal a reconnu l’internement abusif, l’employeur sera contraint de déclarer la maladie professionnelle, apparentée à un accident du travail. Les circonstances de cet internement et ses conséquences (versement en invalidité) étant directement liées au travail. L’invalidité est d’ordre psychiatrique, donc c’en est fini de la vie professionnelle. C’est sûrement ce qui explique les D.I. que la dame demande.
L’article indique que l’employeur ne démontre pas que l’employée ne se soit pas rendue chez le médecin du travail. Donc, l’employée n’a jamais été convoquée. Les convocations se font par écrit pas par téléphone. Il est facile de présenter ces convocations à la barre.
Si le médecin du travail la déclare inapte, la dame obtient derechef son licenciement. C’est ce que ne veut surtout pas l’employeur. Licenciement = paiement des indemnités.

D’un journaleux blogueur
Donc si je pige bien, il y aurait eu une mise au placard AVANT le passage devant la médecine du travail, ce qui constitue un ‘bon point’ pour les magistrats prud’homaux, si tant est qu’elle puisse être attestée (si personne ne s’est défilé entre temps).
Il est ‘logique’ que l’employeur se débarrasse d’un salarié gênant. Cependant, dans ce genre de cas, l’indemnité transactionnelle est le meilleur moyen, surtout pour éviter de faire des vagues.
Note de Philippe Madelin la procédure de transaction n’a pas abouti
Je suis bien conscient que la PI2 ne se substitue pas aux salaires, indemnités, primes et autres « avantages » liés au contrat de travail et à sa rupture, mais un certificat de travail n’est pas une pièce essentielle pour « trouver un autre emploi ». C’est une pièce utile. En revanche, avoir des bulletins de paie à 0,00 € (après en avoir eu des normaux, au moins égaux au SMIC équivalent temps plein) empêche toute recherche « officielle » d’emploi (ANPE) et donc d’indemnisation (Assedic). C’est à bon escient que je n’emploie pas le terme de « Pôle Emploi ». Cette dame ne peut compter dans ses démarches que sur elle-même et financièrement que sur sa pension.
Je ne suis pas certain que sa démarche trouve à terme une issue heureuse en termes pécuniaires (indemnités, préjudice moral…), mais pour ce qui est des salaires AU MOINS jusqu’à son dernier jour travaillé et son licenciement, cela prendra -hélas- le temps nécessaire mais aboutira. Je vois mal les conseillers prud’homaux la réintégrer au sein de la société.
Globalement je comprends l’absurdité d’un non-licenciement, ayant déjà vécu cette situation et ayant dû ramer plus de trois ans pour me faire reconnaître licencié, alors qu’un inspecteur du travail me suivait et m’avait « contrôlé » les fois où je lui demandais de se déplacer. Même avec ses témoignages, un contrat de travail, des journaux où j’étais dans l’ours, et des fiches de paie, les prud’hommes rechignaient à me licencier.
Tout comme Philippe Madelin, je m’abstenais de tout commentaire là-dessus, étant moi-même présentement un « sans droits ». Je n’ai que mon 100 % pour une ALD, et pas le reste pour le régime général depuis le 1er janvier, et ne peux prétendre à la CMU ni à quoi que ce soit d’autre.
De même que, lorsque j’étais en arrêt-maladie, si le médecin de ma CPAM avait accepté que je sois indemnisé de octobre 2006 à octobre 2009 au maximum, les techniciens -eux- ont suspendu tout paiement depuis le 01/01/2007, malgré l’avis, aussi de l’assistante sociale de la Cramif.
C’est pourquoi je me permettais de dire que cette dame n’était pas une sans-droits, même si sa situation n’est pas normale et que (peut-être) la CPAM pourra par la suite se retourner contre l’employeur pour récupérer quelques mensualités.

Je me demande encore dans votre histoire jusqu’à quel point le médecin du travail a outrepassé ses prérogatives. C’est fatalement traumatisant pour la personne. Les Prud’hommes sauront-ils l’appréhender à sa juste valeur cette affaire !
C’est dramatique pour cette personne, car voir un médecin du travail diagnostiquer de la paranoïa, l’envoyer à un confrère, et se retrouver internée… Là vraiment…
Je trouve que les indemnités demandées et reçus ne sauront jamais à hauteur du préjudice réel subi.

Deuxième témoignage
J’ai un autre dossier aussi abracadabrantesque à vous proposer, terme que n’ont pas hésité à utiliser certains juges pour le qualifier.
Il présente des similitudes avec celui-ci, et aussi quelques différences.
Pour ce qui est des similitudes : il met de même en scène une salariée aux prises avec des patrons voyous et corrupteurs qui tentent de la faire taire par tous les moyens, et la font notamment surveiller, harceler et agresser de diverses manières.
Au rayon des différences : ayant dû porter plainte avec constitution de partie civile après avoir été licenciée, ses anciens employeurs continuant à la poursuivre de leurs harcèlements divers et variés, elle a été internée illégalement et dans des conditions rocambolesques (également moins d’un mois) sur ordre de ces derniers afin que l’information judiciaire ouverte à leur encontre tourne court, que la plaignante ne puisse plus jamais déposer plainte à raison des exactions diverses et variées dont elle est toujours et restera victime tant qu’elle sera en vie, et bien entendu, que son témoignage contre ces patrons voyous ne puisse en aucun cas ni aucun temps être pris en considération par qui que ce soit.
L’internement a été suivi d’une période d’arrêt de travail pour cause de maladie consécutif aux dégradations physiques subies par la victime dans le cadre de cet internement abusif, lequel arrêt s’est soldé par une expertise psychiatrique ordonnée par la Sécurité Sociale.
Les psychiatres ayant procédé à l’internement sur ordre des patrons  avaient développé pour la défense de ces derniers une thèse en vertu de laquelle la prétendue maladie mentale de la victime la rendait inapte au travail comme à toute vie sociale, et justifiait par conséquent que ses anciens employeurs interviennent absolument partout pour la faire exclure de tout tissu social, et surtout, bien entendu, pour l’empêcher de retrouver un quelconque emploi, une quelconque activité, salariée ou non.
Or, qu’a conclu l’expert psychiatre désigné par la Sécurité Sociale, au vu du dossier d’internement, et à l’issue d’un entretien avec la victime ?
Qu’elle est parfaitement apte à l’emploi !
Celle-ci se retrouve donc dans une situation assez paradoxale, où elle n’a jamais pu rentrer dans son droit au travail, n’a donc aucun salaire ni aucune sorte d’allocation de chômage, et ne peut non plus bénéficier d’aucun autre revenu de substitution, comme par exemple une pension d’invalidité.
Au-delà des contradictions apparentes, le but poursuivi par tous les fonctionnaires et autres professionnels corrompus au service des patrons voyous est toujours le même : priver leurs victimes de tout moyen de subsistance.
Dans le cas que j’évoque, et de façon assez surprenante (on pouvait s’attendre à davantage de dissimulation ou d’affabulations), le diagnostic de maladie mentale n’est étayé que par le dépôt de plainte, et reprend presque textuellement les arguments fallacieux de la partie adverse, lesquels sont amplement contredits par les faits, établis autant par les éléments de preuve fournis par la victime elle-même que par les résultats d’enquêtes judiciaires confortant ses dires.
La relation de cause à effet est donc évidente.

Cinéma : les insurgés

12UTCp31UTC01bSun, 25 Jan 2009 18:01:12 +0000UTC 9,2008

Les Insurgés, un film (américain) réalisé par Edward Zwick. Avec : Daniel Craig , Liev Schreiber , Jamie Bell …
Zwick applique son savoir-faire ( plus que son talent) à une histoire incroyable et pourtant vraie, où trois frères presque malgré eux deviennent les symboles de la résistance face aux Nazis, en menant vers la liberté dans la forêt glacée  une tribu juive perdue. En juillet 1941, la Biélorussie est envahie par les troupes d’Hitler. Tuvia, Asaël et Zus Bielski sont résolus à ne pas attendre la mort qu’ils sentent inéluctable, ils décident de s’enfuir dans la forêt. Au départ constitué d’une poignée d’hommes, le groupe des frères Bielski devient en quelques mois un détachement de partisans juifs qui aide les juifs à s’évader des ghettos. Les Soviétiques les aident un peu. Juste ce qu’il faut…
La mise en scène veut nous prendre aux tripes. Elle entend démontrer combien la vie dans un monde devenu barbare affirme son droit, même dans les situations les plus désespérées.
Malheureusement, cette belle histoire est mal servie par une mise en scène  ampoulée, une réalisation très statique, un scénario émaillé de poncifs. Le réalisateur désire que nous partagions l’angoisse de cette odyssée dans les forêts biélorusses enneigées, on ne marche pas avec ces fugitifs assimilés à leurs ancêtres de ” l’Exode ” : les allusions à la Bible sont lourdes, les ficelles mélodramatiques sont grosses. Ainsi, les derniers épisodes se déroulent le jour de Pessah, la fête du Grand passage.

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On ne s’embête pas, parce que les combats bien réglés menés par les  partisans ne cessent pas. Mais le film passe à côté de son sujet : comment une communauté parfaitement civilisée peut-elle survivre face aux temps barbares ?

Justice,Prud’hommes : suite commentaires

48UTCp31UTC01bMon, 26 Jan 2009 09:49:48 +0000UTC 9,2008

Je vous propose une nouvelle série de commentaires exprimés par des lecteurs sur l’affaire de prud’hommes évoquée dans mon papier de samedi sur rue89. Vous y référer au besoin.

http://www.rue89.com/philippe-madelin/2009/01/24/prudhommes-la-secretaire-reclame-son-licenciement-a-lvmh

Ces commentaires ont été révisés de façon à éliminer toute dérive de langage.

Après de telles lectures, comme être étonné & ne pas comprendre que des ouvriers fasse justice eux-mêmes !!
Lorsqu’un patron délocalise en mettant tout le monde sur le pavé, comment font les ouvriers pour ne pas tout faire brûler ?
Il y a une similitude entre ses cas, l’un ce tire avec arme et bagage, l’autre met sur le pavé un ouvrier qui ne ce pli pas à ses ordres !

Le fait que l’employeur soit très connu le met-il à l’abri de la presse audio-visuelle ?
Pourquoi ne n’en avons nous pas entendu parler ailleurs ?
La réponse est dans la question : l’employeur est très connu.
Et surtout très puissant. Ce n’est pas la classe possédante qui est à la botte des politiques. Ce sont les politiques qui sont à la botte de la classe possédante.
Le patron de LVMH est propriétaire dans les média, donc silence des média. Il fournit gracieusement la garde-robe de la Ministre de la Justice, donc silence de la Justice. Il assiste à la soirée d’intronisation au Fouquet’s, donc silence de l’Elysée. Et donc de la COB. Etc, etc.
Les politiques devraient avoir conscience de la contrepartie demandée lorsqu’ils acceptent des cadeaux…
Une pluie d’articles dans des publications diverses ont décrit comment ce groupe de luxe a continuellement étranglé des créateurs d’entreprises débutants, au moment du premier foisonnement de l’internet: Par le moyen de contrats impossibles à réaliser (objectifs de croissance non tenus = abandon gratuit de toute participation dans sa propre affaire…). En fait le Grand Investisseur a tellement découragé ses « protégés », que tout a péréclité, il a lui-même perdu touites ses mises…
Mais le « congénital » remonte à beaucoup plus longtemps, quand un certain Monsieur Racamier, patron fort respecté dans la communauté des affaires, eut la malencontreuse idée de prendre sous son aile protectrice un « employé de haut niveau » chez Boussac à Roubaix; pour l’aider à se lancer lui-même sur la place de Paris. Cette histoire est généralement décrite sous le nom que tout le monde comprend, de Coucou (virant les oeufs du nid qu’il est venu squatter). Car l’ambitieux débutant prouva d’abord son talent en prenant le contrôle de l’entreprise de ce Monsieur R. et en se débarrassant de lui prestement.
Quand j’ai créé ma première entreprise, un certain Joe Rodgers, ambassadeur des u.s.a. en France (et entrepreneur de travaux publics à travers le monde), offrit un petit-déjeuner à un groupe de jeunes dont je faisais partie. Et nous persuada que « In the long run, there is NOTHING ABOVE INTEGRITY ». Je me sens plutôt bien d’avoir toujours été loyal envers lui et les autres, même si cela, bien sûr, a son prix assez souvent.

L’une des ouvrières d’Ecce (Poix-du-Nord) [est] montée à Paris, lors de l’AG de LVMH, pour demander aux actionnaires de renoncer à leurs dividendes pour sauver les 147 emplois menacés par l’expatriation en Pologne de la production.

Il s’agit d’une triste réalité et même si les prud’hommes sont une justice accessible, souvent tous les moyens sont bons pour les patrons pour continuer la casse.
Avoir gain de cause coûte, prend du temps et tout ce passe bien lorsqu’on tombe sur des véritables avocats spécialisés.
Malheureusement, trop d’avocats généralistes profitent de la misère des gens pour se faire de l’argent facile sur leur dos.
Note de Philippe Madelin : aux prud’hommes, on peut très bien se passer d’un avocat. La plupart des avocats spécialisés sont d’anciens syndicalistes, qui ont souvent siégé auparavant comme membres d’un Conseil des Prud’hommes.
Même lorsque le salarié à gain de cause, souvent les prud’hommes s’alignent sur le minimum légal (6 mois), et même avec cela les patrons n’hésitent pas à faire appel. Eux ils s’en fichent car ils ne paient pas avec leur portefeuille, mais celui de la société.
Il suffirait qu’il y ait une simple réforme, qui oblige les patrons à payer avec leurs argents, demain il y aura beaucoup moins de licenciements abusifs.
Et puis même si ils sont condamnés, cela leur coutera toujours moins que si ils avaient dû payer lorsque la personne est salarié (ils économisent au minimum les charges patronales).
Concernant les sections cadres aux prud’hommes, c’est simple on a l’impression qu’on a 4 employeurs ‘au lieu de 2 employeurs/2salariés). Parfois même les salariés CGT sont plus patronaux, que le collège employeur… c’est peu dire.
Le mot de la fin
Il me semble qu’une telle affaire devrait quitter le terrain prud’hommal et être correctionnalisée.

Enquête au bout du monde : le “mystère Dang”

53UTCp31UTC01bFri, 30 Jan 2009 09:42:53 +0000UTC 9,2008

Le mystère Dang, une enquête d’Anne Pitoiset et Claudine Wéry.
André Dang est un nom tout à fait inconnu en France, en dehors du petit cercle des initiés à la Nouvelle-Calédonie, à 18000 km de la métropole. Et pourtant, cet homme est l’une des clés de ce lointain territoire du Pacifique qui vaut à la France de tenir le rang de quatrième producteur mondial de nickel !  Comme tous ces pays d’aventure, dans cette société complexe, mélange de descendants de bagnards, parmi lesquels de nombreux Politiques, dont Louise Michel, de Kanaks, de descendants d’Algériens exilés et de vietnamiens émergent des figures extraordinaires. A premier rang desquels André Dang, devenu un des nababs de ce pays. « Le mystère Dang » est  un récit mais il se lit comme un roman d’aventures. Dang intrigue, il inquiète, les auteurs ont tenté de le décrypter.
Né misérable dans les années 1930, sur les flancs d’une montagne de nickel, le Koniambo, André Dang, est un descendant de travailleurs venus d’Indochine trimer en Nouvelle-Calédonie pour développer la colonie.  Après la mort de son père sur la mine, Dang est adopté à 6 ans par une famille asiatique de Nouméa, qui lui fera découvrir l’école. Elève surdoué, le petit Viet est relégué au fond de la classe avec les Kanaks. Comme eux, il figure au rang des parias de la société calédonienne, alors dominée par quelques grandes familles qui contrôlent tous les rouages de la vie politique et économique.  Habité d’un désir de revanche sur l’Histoire, qui ne le laisse jamais en paix, et doué d’un grand sens des affaires, André Dang parvient à bouleverser l’ordre établi et fait fortune dans le commerce de voitures. Il brise les codes de l’économie de comptoir pour jouer à jeu égal avec les grandes familles européennes. Méprisé par les Caldoches d’origine européenne, il se lie d’amitié dans les années 1970 avec le leader indépendantiste, Jean-Marie Tjibaou. Des liaisons dangereuses avec les milieux kanaks, qui lui vaudront six ans d’exil forcé en Australie au début des années 1980 lors des violences qui opposèrent kanaks et caldoches.
La paix retrouvée, André Dang devient l’homme providentiel des kanaks.  Dans le sillage des Accords de Matignon (1988), qui depuis déterminent la vie politique du territoire, pour récupérer la maîtrise de leurs richesses les kanaks prennent pied dans l’industrie du nickel, au travers de la SMSP (Société minière du sud Pacifique), vendue par le député Jacques Lafleur. Dang mène la danse. Une nouvelle fois, le diable d’homme s’attire de graves inimitiés et foule au pied les habitudes de l’industrie minière locale. Avec succès. En 1995, la SMSP se hisse au rang de premier exportateur mondial. Grâce à des accords avec des géants mondiaux, elle a inauguré fin 2008 une usine métallurgique en Corée du sud et une autre est en construction au nord de la Nouvelle-Calédonie. Au pied du Koniambo. Tout un symbole pour André Dang.
Il est aujourd’hui âgé de 73 ans, il pose toujours autant de problèmes à la communauté calédonienne. Aussi atypique par les haines qu’il a suscitées et le mystère qui l’entoure. Il a été longtemps soupçonné d’être un agent vietcong, puis accusé de financer les indépendantistes kanaks. Il est une figure majeure sur la scène mondiale du nickel. Une bonne raison pour découvrir cet homme.
Le Mystère Dang, Ed Le Rayon vert, 224 pages dont 32 de photos. Déjà publié en Nouvelle Calédonie,le livre sera disponible en métropole à partir de la mi-février. il sera distribué sur le net (site fnac, amazon.fr etc.) dans quelques librairies spécialisées et à la maison de la Nouvelle Calédonie.

Partageant son temps entre Nouméa et Paris, ancienne journaliste à l’Agence Reuters Anne Pitoiset est la meilleure spécialiste française de la Nouvelle Calédonie et du Pacifique. Sa partenaire Claudine Wéry, est correspondante de l’Agence France-Presse à Nouméa. Les papiers de Pitoiset permettent aux Français de prendre connaissance des affaires très stratégiques qui se déroulent dans cet archipel lointain, situé dans le Pacifique, très exactement à l’autre bout du monde.

Présidence : tous les secrets du jour

31UTCp31UTC01bTue, 27 Jan 2009 09:05:31 +0000UTC 9,2008

Tous les secrets de la présidence, et on ne vous en parle pas. Au terme d’une longue conversation avec un expert, je peux vous rapporter un certain nombre de faits concernant de près le Président. Et d’abord, sa curieuse démarche. Tous ceux qui l’approchent considèrent qu’il souffre d’un véritable problème de hanches. Au moins une jambe beaucoup plus courte que l’autre. Ce qui l’apparenterait à Talleyrand, lequel avait un pied bot. Toutefois, ne telle disparité entre les jambes ne devrait pas lui permettre de courir. Or il court. Mais, depuis une chute récente, il a renoncé au vélo…

- Ce qui caractérise les derniers six mois du Président est son action diplomatique. Les thuriféraires se répandent en éloges. Les experts sont plus réservés.

“Il a réussi des coups flambants, c’est exact, m’explique mon témoin. Comme l’affaire de Géorgie, voire même les progrès vers le cessez-le-feu au Proche Orient. Le problème est que presqu’aussitôt après ses actions, il croit nécessaire de clamer haut et fort, sans grande précaution, qu’il est bien l’auteur de ces succès. il gâche tout par des déclarations fracassantes qui  contredisant souvent ses actions. Avec l’affaire israéliene  par exemple. D’abord il condamne le Hamas avec la dernière vigueur pour ensuite quasiment donner des ordres aux Israéliens. Ils n’apprécient pas. En diplomatie il faut savoir se taire quand il le faut, et il ne le sait pas. Il s’est vraiment pris pour le Maître du monde pendant la présidence européenne, et il se voyait bien en train de partager la gloire de Barak Obama, une sorte de cogestion du monde. C’est mal connaître les Etats-Unis et la tradition des Présidents américains. Ils ne partagent pas le leadership avec un “petit” président comme Sarkozy. En plus il a commis une erreur considérable en ne déléguant pas un représentant de très haut niveau à l’intronisation d’Obama. Il n’en a pas compris le sens. En fait, il n’a pas l’air de se rendre compte qu’en jouant ainsi perso il se met à dos tout le monde. Les Russes, les Chinois, les Américains, les Israéliens. Beaucoup de monde.”

MBAOP est incontestablement un orateur brillant, un excellent manoeuvrier politique. Mai il agit trop à court terme, à la recherche d’un bénéfice immédiat qui obère le long terme. L’ouverture incontestablement réussie au début du septennant s’essoufle, son bénéfice n’est plus aussi évident.

- En politique il sait mieux agir. Sauf qu’il mène ses troupes sans grandes précautions. A force de vouloir intéger toutes les tendances souvent peu ompatibles, L’UMP devient une armée mexicaine. Il veut avoir tout le monde sous sa main, il entend jouer la concurrence, qui se transforme vite en rivalité. Les confidences “off” des caciques de l’UMP sont à cet égard révélatrices, ils passent leur temps à baver les uns sur les autres. Sarkozy a construit un édifice monolithique, mais totalement verticla, tout dépend de lui. Si jamais une pièce de l’édifice vient à défaillir, tout se casse la figure.

Ceci dit, à l’UMP on est franchement inquiet quant au résultat des Européennes. D’où la tentative d’élargissement de la base vers la “classe ouvrière”, en mordant sur l’électorat socialiste

- Rachida Dati n’est plus ministre qu’en titre. et elle n’a plus que le droit de se taire. Elle est interdite de déjeuners intimes avec les journalistes. Le Président est le vrai, le seul Garde des Sceaux. Même si Zohra est désormais installée à demeure Place Vendôme. On se pose toujours la question du père, mais comme cette question n’est plus politique, tout le monde s’en fout. En revanche, le buzz me murmure à l’oreille que Rachida n’a pas compris ce qu’était un député européen.

Economie : toujours la casse. EU et monde

53UTCp31UTC01bTue, 27 Jan 2009 08:53:53 +0000UTC 9,2008

Selon le New York Times 65000 suppressions d’emplois aux Etats Unis et dans des sociétés américaines. Le décompte de lundi :  20,000 emplois supprimés chez  Caterpillar, the world’s largest maker of construction and mining machinery; 8,000 jobs at the wireless provider Sprint Nextel; 7,000 workers at Home Depot (grandes surfaces, produits pour la maison) and 8,000 from the expected de la fusion entre les industriels de la pharmacie  Pfizer and Wyeth. The beleaguered automaker General Motors announced that it would cut shifts at plants in Michigan and Ohio, where the downturn has hit hardest, eliminating some 2,000 jobs.

And Texas Instruments said after the market closed on Monday that it would cut 3,400 jobs or 12 percent of its work force through 1,800 layoffs and 1,600 buyouts or retirements.

In Europe, the banking and insurance group ING said it would cut 7,000 jobs; the electronics company Philips, 6,000; and the steel maker Corus, 3,500 worldwide.

Recherche : la colère

31UTCp31UTC01bTue, 27 Jan 2009 19:04:31 +0000UTC 9,2008

Sauvons la Recherche diffuse ce soir un texte terrible :

Le chef de l’Etat  a confirmé une fois encore sa volonté qui confine à l’obsession de poursuivre le démantèlement de l’intégralité des institutions qui organisent en France la production et la diffusion du savoir scientifique. Le Président de la République a refusé d’entendre le rejet massif par les Universités des réformes sur le statut des enseignants-chercheurs et de la mastérisation et se propose d’ouvrir un autre front en annonçant la disparition programmée d’un système de recherche [ le CNRS] qui a offert au pays une bonne partie de ses succès industriels.  L’heure n’est plus aux tergiversations, les décisions sont déjà prises : les réformes universitaires doivent se poursuivre et le CNRS sera transformé en une kyrielle d’agences de moyens, venant s’ajouter à celles existantes. Et qu’importent les incohérences internes de cette politique, l’aggravation du désintérêt pour les carrières scientifiques qu’elle entraînera, c’est le geste qui compte.

Comme à son habitude, le Président de la République fonde son projet sur un diagnostic totalement mensonger qu’il habille des atours de l’évidence. La France nous dit-il, serait à la traîne en matière de recherche et d’enseignement supérieur et ce, en dépit des sommes formidables qui lui seraient consacrées. La raison de cet échec tiendrait à la vétusté de ses institutions et au conservatisme de ses personnels installés dans le confort de la fonction publique. Faut-il rappeler une fois encore que la France occupe une place tout à fait honorable dans la recherche internationale, notamment au regard des faibles moyens qui lui sont consacrés ? Faut-il rappeler que l’université a vu en une génération ses effectifs étudiants doubler, sans que les moyen! s dont elle dispose pour les encadrer ne suivent, ce qui n’a pu se faire sans une certaine capacité d’adaptation de ses structures et de ses personnels ? Le Président  annonce avec un plaisir presque gourmand son intention d’en découdre,

Armée et OPEX : des effectifs réduits

34UTCp31UTC01bThu, 29 Jan 2009 08:20:34 +0000UTC 9,2008

Assemblée et Sénat vont se prononcer sur les OPEX ( les “opérations militaires extérieures”, en particulier mercredi sur la prolongation de cinq d’entre elles (Kosovo, Liban, Côte-d’Ivoire, Tchad et Centrafrique), après le feu vert donné, dès le 22 septembre, à l’opération menée en Afghanistan. Plus de 13.000 soldats français sont engagés dans des opérations extérieures, dont près de 3.000 au Tchad et dans la République centrafricaine voisine, 2.800 en Afghanistan, 2.000 en Côte-d’Ivoire, 1.850 au Liban et 1.800 au Kosovo. Le coût de ces OPEX s’est élevé à 857 millions d’euros en 2008, bien au-delà des 475 millions inscrits au budget.
Hervé Morin, le ministre de la Défense, dans France Soir estime possible une réduction de 20 % des effectifs à terme. Il serait ainsi possible d’économiser permettrait “d’économiser de l’ordre de 100 à 150 millions d’euros par an”. Le contrôle parlementaire des OPEX -une nouveauté introduite par la réforme constitutionnelle de l’été dernier-, met fin  à une bizarrerie démocratique que j’avais dénoncée dans mon livre “Dans le Secret des Services“: auparavant, l’exécutif pouvait envoyer des troupes à l’étranger sans le moindre contrôle du Parlement.

“Je veux être certain que chaque soldat français, aujourd’hui engagé en opération extérieure, l’est conformément aux intérêts de notre pays”, a lancé MPV (Mon Président volant) le 6 janvier devant le contingent français de la Finul, la force de l’ONU au Liban sud.

Dans l’immédiat, 2000 hommes vont être rappelés, a annoncé le ministre lors du débat parlementaire.

Eco mondialisée et crise : Davos, le forum économique mondial, les Chinois pas contents

27UTCp31UTC01bThu, 29 Jan 2009 08:44:27 +0000UTC 9,2008

Des nouvelles de Davos, le 39° forum des grands gnomes de l’Univers. Vous vous rappelez que tous les ans la crème de l’élite économique et politique mondiale se rassemble dans les neiges de Davos en Suisse pour tchatcher sur l’avenir, le présent et le passé. C’est le grand forum où tout le monde se rencontre pour s’informer des grands buzz de l’économie. On peut rappeler quand même que l’an passé tout le monde se congratulait quant à l’incroyable santé du monde, alors que la crise des subprimes avait déjà commencé… Passons. Ils sont revenus, ils sont plus de 2500, plutôt inquiets, cette fois. Atmosphère lugubre. Moins de soirées, moins de cocktails, jambon fromage à la place du caviar et du homard… Une déroute intellectuelle et émotionnelle, lance – selon l’Express – “. Jean-Pierre Lehmann, professeur à l’IMD à Lausanne. Peu de solutions sont esquissées pour combattre le marasme.  Et le professeur suisse d’ajouter, vachard : Est-ce qu’on a trouvé à Davos le Saint-Graal pour restaurer la confiance ? Non. Beaucoup de bonnes intentions, mais, désolé, pas de solution”. Pour l’ouverture, à la place des vedettes habituelles rentrées dans leurs trous, Wen Jibao, le premier ministre chinois et Vladimir Poutine le “Premier” ministre russe. “Rouges” de colère. Et, savez-vous pourquoi ? Retournant le gant, les leaders des deux “ogres rouges”, l’un encore rouge à Pékin, et l’autre toujours rouge mais masqué à Moscou, ont vivement reproché aux Américains d’avoir mal joué… le jeu capitaliste et d’avoir entraîné le monde dans la crise. Il est vrai que pour sa croissance la Chine avait totalement misé sur l’expansion économique sans limite des Etats-Unis vers lesquels elle exportait de façon massive. Et acheter d’énormes quantités de bons du Trésor (T.bonds) américains. Pékin paie très cher la récession : plusieurs centaines de milliers de chômeurs, un modèle économique à revoir de fond en comble. Le prix est également élevé pour la Russie avec la chute des prix du pétrole alors qu’elle comptait sur le pétrole et le gaz pour booster son économie. Et en l’absence des Etats-Unis entraînés dans l’abime par Georges W, restaurer dans le monde son omni puissance du temps de la guerre froide et de l’Union soviétique. Il y a deux ans, Dimitri Medvedev, l’actuel Président russe alors Premier ministre, s’était montré vraiment agressif, arrogant; et même menaçant,  en  déclarant :

“nous ne demandons à personne d’aimer la Russie mais nous ne permettrons à personne de nuire à ses intérêts”.

La guerre en Géorgie et la crise en Ukraine étaient les premiers signes de ce retour au premier plan. Aujourd’hui pour pallier aux mouvements erratiques du pétrole Poutine quémande la formation d’un “Marché commun” de l’énergie, en quelque sorte une OPEP élargie, et le remplacement du dollar comme monnaie de réserve par un “panier de devises”. Serait-ce une solution pour soutenir le rouble, en pleine déconfiture ?

Après tout, si j’étais un adepte de la théorie des complots, je pourrais soutenir que les gnomes de Wall Street ont imaginé d’organiser la crise mondiale pour briser la croissance, rompre le cou de la Chine et de la Russie, les ex-nouveaux riches.

Le même jour le FMI (Fonds monétaire international) révèle sa dernière estimation du coût de la crise mondiale : 2200 milliards de dollars ! D’une certaine manière, la crise s’apprécie en années-lumière.

Patrimoine : notaires et avocats sous le même toit ?

53UTCp28UTC02bMon, 02 Feb 2009 14:10:53 +0000UTC 9,2008

Version corrigée le  2 février

Un article publié par Le Figaro du 23 janvier à propos de la commission présidée par l’avocat Jean-Michel Darrois repose la question pendante de la réforme bientôt imposée aux professions d’avocat et de notaires. Une fusions est-elle possible ? Ce n’est pas un serpent de mer, mais bien une réalité immédiate bien que la commission aie décidé de repousser à février la remise de son rapport.
Cependant, l’article passe à côté de l’essentiel. Contrairement à ce qu’indique le quotidien, ce n’est pas Nicolas Sarkozy qui a décidé d’avancer dans le sens d’un rapprochement pouvant aller jusqu’à la fusion entre les professions d’avocats, notaires avec des partenariats avec d’autres professions comme les experts-comptables, pour avoir un guichet unique, mais la Commission européenne qui entend mettre un terme au monopole des notaires sur la rédaction des actes authentiques, un monopole unique en Europe.
Le projet à construire comprendra donc nécessairement des dispositions pour dessiner une nouvelle profession regroupant les différentes branches du service de droit privé. Aux personnes et aux entreprises.
C’est d’ailleurs là où le bât blesse, où risquent d’apparaître les plus grandes difficultés du côté des cabinets d’avocat et des études de notaire de dimensions modestes, très proches des usagers, en particulier des familles.

«  Notre situation est anachronique, nous un avocat, Maître Christian Frémaux, surtout face aux grands cabinets d’affaires anglo-saxons. Le monopole des notaires est sans fondement à l’heure actuelle, surtout pour la rédaction des actes, mais puisque nous gérons des domaines communs, autant pousser le rapprochement avec eux. Même si nos cultures juridiques ne sont pas les mêmes, même si nos métiers sont différents par nature et pratiquent le notariat ignorant les subtilités judiciaires, cependant, il faut bouger et être innovant ».

Mais la modification de statut risque d’accentuer l’évolution actuelle vers les grands cabinets juridiques capables de traiter toutes les questions, droits privé, droit des affaires, droit administratif, en recrutant des spécialistes dédiés à tel ou tel domaine, et de rédiger des actes juridiques de toutes natures comme dans les pays anglo-saxons. Avec, à la clé, des frais de structure considérables débouchant sur de forts augmentations d’honoraires en créant des collaborateurs salariés. C’est très favorable aux groupements de conseils juridiques, financiers, voire comptables, opérant surtout pour les grandes entreprises. En revanche cette orientation risque d’écarter les particuliers du droit à la défense juridique et judiciaire, car ils auront plus de difficulté à bénéficier des conseils d’avocats proches d’eux, polyvalents, pour les conseiller ou les défendre individuellement, dans leur parcours personnel, et familial, professionnel, d’habitation…., avec des honoraires acceptables.
Maître Frémaux est encore plus réservé quant à l’intégration des experts-comptables dans ces futures grandes société de droit tous terrains.

« Cette innovation facilitera plus encore l’installation sur le marché français des grandes structures juridiques britanniques ou américaines où elles sont déjà très présentes et qui ont les moyens financiers d’investir  ».

En quelques sorte, l’industrialisation du Conseil juridique peut écarter les particuliers de ce domaine. Et les petits cabinets d’avocat qui vivotent grâce aux contentieux de famille ou d’accidents. Et les petites études de  notaire qui ne sont pas assez fortes pour prendre le train en marche et s’allier ou se restructurer en investissant..

« Ne transformons pas les services, en une marchandise aseptisée, avec des professionnels dits haut de gamme, et les autres. »

En revanche, côté notaire ça grince. Dès octobre dernier, le Conseil supérieur du Notariat s’est élevé avec la dernière vigueur contre ce projet, alors que la crise immobilière américaine est considérée comme le résultat d’une absence de contrôle par un système notarial :

” Pourquoi notre Président choisit-il [d']étudier la mise en place d’une grande profession du droit, alors que vingt quatre pays sur les vingt sept de l’Union possèdent un notariat de type latin, […]  alors que notre qualité d’officier public, délégataire de la puissance publique, garantit les citoyens de l’égalité des droits par l’authenticité, la conservation des preuves, l’absence de litiges ? Il n’est pas raisonnable de penser que la mise en place d’une grande distribution du droit, dans un supermarché livré à lui-même, sans contrôle de l’Etat, donnera les mêmes garanties à chacun.

Le Président de la Chambre des Notaires de Paris a confirmé cette position le 28 janvier un courrier à Maître Darrois pour expliquer l’opposition des notaires à cette réforme.

« Nous ne faisons pas du tout le même métier, nous confie un des principaux notaires de la place de Paris. On ne peut pas concevoir de fusionner deux professions aussi complètement antinomiques. Nous sommes des officiers ministériels, nommés par le Garde des Sceaux, avec des missions de service public. Il est inimaginable de fusionner avec des avocats. Ils sont très nombreux, ils imaginent pouvoir mieux vivre grâce à cette réforme… »

On doit cependant observer que la fusion entre les professions d’avoués et d’avocats, intervenue en 1991/1992, s’est passée sans problème particulier. Au point que dans le public on va jusqu’à oublier ce qu’était un avoué. Nouveau commentaire de Maître Christian Frémaux :

“On peut donc réfléchir à l’évolution des professions sans confondre celui qui défend encore la veuve (de Carpentras, sur le plan financier) et l’orphelin, en y ajoutant les PMI/PME, les salariés…, avec l’homme d’affaire juriste distingué qui ne voit le Palais que de loin, et ne participe plus au service de la Justice.”

Cette enquête a été lancée à l’initative d’un de mes lecteurs. Elle sera complétée à partir de lundi après-midi.

Casse industrielle : Chaffoteaux et Maury à St Brieuc

16UTCp28UTC02bSun, 01 Feb 2009 12:22:16 +0000UTC 9,2008

Ouest France a révélé hier que les actionnaires de Chaffoteaux et Maury, un fabricant de chaudières à gaz désormais contrôlé par un groupe italien installé près de St-Brieuc, dans les Côtes du Nord, avaient entrepris de vider la dernière usine du groupe de son contenu.

“Devant nous, ils embarquent des composants pour fabriquer des chaudières là-bas. Ils démontent nos machines. C’est dégueulasse…”

Les ouvriers voient défiler de camions arrivés d’Osimo (Italie), siège de l’actionnaire principal de l’usine. Chaffoteaux a employé jusqu’à 2 200 salariés dans les années 80. Il en reste 290. L’entreprise a connu des vagues successives de licenciements. De nouvelles journées de chômage partiel se profilent. On semble approcher de la fin. Cet abandon est assez inccompréhensible alors que l’énergie gaz apparaît de plus en plus comme une alternative au pétrole.

Politique : désordre à gauche, désordre à droite

07UTCp28UTC02bSun, 01 Feb 2009 12:23:07 +0000UTC 9,2008

Jean-Luc Mélenchon, le sénateur ex-socialiste de l’Essonne poursuit sans fléchir son entreprise fractionniste. Hier il a donc lancé son «Parti de gauche » avec quelques centaines de militants revendiqués. Il veut en découdre aux élections européennes et il imagine indispensable pour gagner de s’associer à d’autres particules – minuscules partis – . Le PC mais surtout le Nouveau parti anticapitaliste d’Olivier Besancenot lequel, à la grande fureur de Mélenchon, montre qu’il n’entend pas cet appel pour la formation d’un front uni de la gauche. Fureur du Sénateur. Il faut dire que, comme le relève Ouest-France, Mélenchon est

“toujours en colère contre quelque chose ou quelqu’un. Une colère rouge comme son écharpe. Comme ses idées. Emporté par sa gouaille révolutionnaire et populiste, il a constamment besoin de se fâcher, d’engueuler.”

Il faut également souligner que la tolérance n’est pas vraiment la force du bonhomme. Il s’en prend à tout le monde, en gros et en détail. A droite, mais à gauche, également. En bref il ne semble pas vraiment souhaiter que la gauche puisse un jour revenir au pouvoir. Son frationniste militant apparaît en effet comme un bon moyen de perdre, et de conduire les autres à la perte. Mais puisqu’il est le seul à avoir raison…

Heureusement, malgré un calme apparent, le désordre est tout aussi total à droite. On se bat et on se contrebat pour n’avoir pas à figurer sur les listes des Européennes. Comme mon Président Sarkozy MBAOP n’est plus le Président de l’Europe, celle-ci ne peut survivre. A moins que Nicolas vienne à son secours comme on lui en prêt l’intention. Pour lui le Président tchèque de la Communauté est un fantôme.

Economie : Picasso est une industrie

30UTCp28UTC02bSun, 01 Feb 2009 12:24:30 +0000UTC 9,2008

Non, comme je suis un inculte, je n’ai pas été voir l’exposition Picasso et les grzands maîtres. Evidemment, je connais le bonhomme depuis longtemps, dans ma chambre d’étudiant était affichées une reproduction de l’Arlquin, de la période bleue. Je n’aurais été qu’une goutte d’eau dans un fleuve puissante de visiteurs, plus de 750 000. C’est presque incroyable. Pour les derniers jours d’ouverture non stop, 24 heure sur 24, l’immense queue des retardataires.

Je vois surtout que Picasso est devenu une industrie, lourde, aomme le sport. 750 000 visiteurs, c’est déjà par le prix d’entrée une formidable opération financière : 7,5 millions d’Euros, sans compter ceux qui entrent sans payer, pour une raison ou une autre. Ce n’est pas tout. Comptons que les deux tiers des visiteurs sont venus de province ou de l’étanger exprès pour cette visite. Disons 500 000 : train, avion, hôtel, restaurant. En étant modeste : 300 euros par tête de pipe. On arrive au chiffre faramineux de 150 millions d’euros générés par cette exposition. La “crise” ne semble pas avoir dissuadé les fanatiques de l’Art moderne. Picasso aurait aimé, lui qui a été sur la fin de sa vie le plus grand des commerçants pour sa propre production. Comme pour le sport, c’est de la véritable industire lourde. Et Paris recommence à s’imposer par la grand qualité de ses expositions. Une qualité rentable.

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Economie : le sport est la nouvelle industrie lourde

31UTCp28UTC02bSun, 01 Feb 2009 12:25:31 +0000UTC 9,2008

30 000 spectateurs pour le moindre match au Parc des Princes ( le PSG est en forme : 2/0 contre Caen) ; 100 000 personnes  attendues aux Sables d’Olonne pour  rendre hommage à Michel Desjoyeaux qui après 83 jours de mer doit franchir la ligne d’arrivée du Vendée-Globe à 16h45, cet après-midi. a la minute pile : ce n’est pas une course autour du monde à la voile, mais le TGV . p923401d811794g_px_470__w_ouestfrance_

Et encore 250 000 visiteurs prévus à Val d’Isère pour les championnats du monde de ski, cette semaine. Un journaliste de France Info a calculé qu’un séjour aux sports d’hiver pour une famille de quatre personnes, pendant une semaine, coûtait entre 3000 et 10000 €. Pour la totalité des spectateurs de ces championnats : au moins 500 millions d’Euros. Pour les marino-spectateurs du Vendée, à 150 € par tête, au moins 15 millions d’euros.

Au moment où tout le monde se plaint de la déprime qui submerge l’économie, où vont-ils chercher leur pognon, tous ces braves sportifs en pantoufles ? Ces performances sont plus qu’à comparer aux résultats des plus grandes sociétés industrielles. Le tourisme sportif est la nouvelle industrie lourde. Rappelons d’ailleurs que l’innovation la plus sensationnelle du Front Populaire, en 1936, au sortir de la grande crise a été l’institution des congés payés : des millions de vacanciers lancés sur les routes pour dépenser leur bel argent tout neuf !

Pauvre Cécilia : quelle est la valeur des bijoux volés ?

55UTCp28UTC02bSun, 01 Feb 2009 18:26:55 +0000UTC 9,2008

Il y a comme de l’embarras dans l’air à propos de la valeur attribuée aux bijoux volés chez Cécilia Attias, ex-Sarkozy. On a avancé dans un premier temps le chiffre de 500 000 euros, ce qui n’a rien d’invraisemblable quand on sait qu’un beau diamant de qualité, certifié, peut atteindre sans mal 300 000 à 350 000 euros. Evidemement la présence de ce pactole chez Cécilia “fait désordre”, comme on dit. Son entourage tente donc de rattraper le coup en minimisant. Selon une dépêche de l’Agence Reuters citée par Voici, ce sont 50.000 euros “seulement” qui ont été dérobés. L’information a été donné à l’Agence par une proche de Cécilia Attias. Corinne Deburry, qui participait aux Mena Cristal Awards au Liban (un festival de films publicitaires, ndlr), laquelle assurait tenir cette information de l’ex-première Dame en personne. On observera que ce sont là des informations recoupées avec soin et puisées aux meilleurs sources.

Défense : faut-il renforcer les moyens français en Afghanistan ?

00UTCp31UTC12bSat, 26 Dec 2009 15:48:00 +0000UTC 9,2008

Nouvelle version daté du 26 décembre 2009 d’un article oublié en février

Mon Président Nicolas Sarkozy est toujours aussi indécis quant à l’envoi de nouvelles troupes en Afghanistan.

Paris, qui a déployé 3 750 soldats ainsi que 150 gendarmes.

Parmi les moyens manquants aux troupes françaises, des drones d’observation vraiment performants.

Selon Secret Défense le blog de Merchet, le renfort en matériel porte notamment sur la livraison mensuelle d’une vingtaine de VAB équipés de tourelleaux télécommandés de l’intérieur . Les militaires français doivent recevoir soixante de ses véhicules, également mieux protégés contre les mines artisanales.

Mais Paris note que les renforts annoncés début décembre par M. Obama n’arriveront sans doute pas sur place avant le début du mois de mars 2010.

“Cela ne veut pas dire qu’on ne fera rien d’ici au 28 janvier”, précise Paris, au cas où M. Karzaï formulerait une demande précise et jugée pertinente. Le but est d’avoir une stratégie d’“afghanisation”, qui permette in fine aux alliés de se retirer.

L’envoi de renforts est toujours à l’ordre du jour, mais pas avant la fin janvier, et naturellement sans débat à l’Assemblée nationale. Il n’est pas prévu d’envoyer des troupes combattantes sur le terrain, la France estimant avoir les effectifs suffisants pour assumer ses responsabilités dans les zones dont elle a la charge. Il s’agirait avant tout de “formateurs de terrain”, des conseillers techniques intégrés dans les troupes afghanes. Même si la “fidélité” de ces dernières laissent à désirer : le gouvernement afghan paie ses soldats 80 euros par mois, les talibans offrent 500 euros. Probablement grâce au financement par le trafic de l’opium et de l’héroïne.

Le général américain Stanley McChrystal, architecte de la stratégie de renforts en Afghanistan, s’est fait fort mardi de briser l’élan des talibans dans un délai d’un an grâce aux dizaines de milliers de soldats supplémentaires promis par Washington et ses alliés.

Les 30.000 hommes annoncés par le président Barack Obama doivent permettre “l’an prochain à la même époque (…) de renverser la tendance de la rébellion et de couper l’accès des talibans à la population dont ils dépendent pour leur survie”, a promis le commandant des forces internationales en Afghanistan lors d’une audition au Congrès.

“Cette mission n’est pas seulement importante: elle est aussi à même de réussir”, a-t-il déclaré à la commission de la Défense de la Chambre des représentants.

Ce genre de déclaration me rappelle le “dernier quart d’heure” en Algérie. Les militaires sont toujours très forts pour proclamer la victoire avant de l’avoir gagnée.

Selon un récent sondage ( début décembre), les Américains sont favorables à 58% à l’envoi de renforts et à 60% au début de retrait en 2011. Selon cette enquête de l’Université Quinnipiac, 57% des sondés approuvent désormais la guerre en Afghanistan, soit une hausse de neuf points par rapport à un sondage précédent effectué à la mi-novembre.

Laurent Opsomer présente pour sa part une analyse bien argumentée de la situation des troupes françaises en Afghanistan :

Près de six mois après l’embuscade qui a coûté la vie à dix de nos soldats, dont au moins un a été égorgé, pardon “tué à l’arme blanche”, le contingent français va bénéficier de trois drones Sdim (avions sans pilote) pour renforcer ses capacités de reconnaissance, ainsi que des soixantes VAB (Véhicules de l’avant-blindé, des transports de troupes à roues) équipés de tourelleaux, qui permettent au servant de la mitrailleuse lourde de 12,7 mm de tirer tout en restant à l’abri. De bien maigres renforts, qui ne compenseront guère les insuffisances ; le soutien en artillerie est ainsi toujours réduit en raison du nombre de pièces insuffisantes (pour compenser cette faiblesse, il avait été envisagé un moment d’envoyer une poignée de chars Leclerc, engins particulièrement inadaptés à ce théâtre d’opérations montagneux où les altitudes de 3 000 à 6 000 mètres sont la norme).

Pendant la campagne présidentielle, le candidat Sarkozy, conscient de l’impossibilité de gagner cette guerre (car c’est une guerre !), avait évoqué un possible retrait d’Afghanistan. Désormais président de la République, il accroît l’engagement militaire de la France. Serait-il devenu autiste à la réalité ? Aujourd’hui comme hier, l’Afghanistan est un bourbier sans fond où la victoire est impossible mais la défaite interdite. Dès lors, les Nations Unies ne devraient-elles pas réunir, comme à la fin 2001, un sommet extraordinaire rassemblant tous les protagonistes et d’autres acteurs de la région tels que l’Iran, la Chine, le Pakistan, la Russie et l’Inde ? L’actuel locataire de l’Elysée, toujours en quête de notoriété, ne devrait-il pas prendre l’initiative d’un tel sommet plutôt que de s’obstiner dans une voie sans issue ?

Cinéma : Revolutionnary Road (Les noces rebelles)

30UTCp28UTC02bMon, 02 Feb 2009 17:58:30 +0000UTC 9,2008

Les Noces rebelles
Réalisé par : Sam Mendes. Avec notamment Leonardo Di Caprio , Kate Winslet.
J’ai aimé ce film courageux, critique acerbe de la vie de bourgeois pas si modestes que ça, dans une banlieue banale, dans les années 1950. Revolutionnary Road est une voie tranquille dans un lotissement tranquille d’une grande banlieue tranquille de New-York, probablement  dans la vallée de l’Hudson. Quand vous passez là, et ça m’est arrivé cent fois, vous ne voyez que calme, sérénité, beauté. Beauté et des maisons et de leurs habitants. De loin, ils vous présentent un visage lisse et sans histoire aucune. Le visage du rêve américain. American dream, plutôt. Les cadres et leurs familles qui peuplent ces quartiers peuvent tout espérer de l’avenir, comme Franck et d’April Wheeler. Nous sommes en 1955, comme le rappelle un calendrier. Ancien combattant, Franck a participé à la campagne de France en 1944-1945, il a un peu plus de trente ans, il est commercial dans une grande société de services de Manhattan. Il est décontracté comme un jeune,  apprécié dans sa boîte, élément d’avenir. April s’est essayée sans grand succès au théâtre ; puis elle a eu deux enfants, une fille et un garçon ; puis elle a accepté de ne pas travailler. Pour les voisins les Wheeler forment un couple merveilleux.

Mais sur cette belle histoire pèse une hypothèque, un problème bien circonscrit par les sociologue sous le nom du “syndrome des Veuves vertes” (green widows) qui vient bouleverser cet ordre. April s’ennuie, de façon irrémédiable. Elle imagine un stratagème pour casser cet ennui: elle décide que  la famille partira s’installer en Europe. Elle travaillera, Franck vivra sa vie. Et tout de se mettre en place. Il prépare sa démission, elle rêve de devenir secrétaire dans une institution internationale fixée à Paris, OTAN ou OCEDE. Un malade mental fils de leur agent immobilier pointe l’incongruité du projet. Mais Franck se laisse convaincre, en traînant un peu les pieds, en couchaillant à droite et à gauche pour “redevenir un homme”. Il redevient si bien un homme que dans un moment d’enthousiasme égaré il fait l’amour sans précaution à sa femme. Elle “tombe enceinte”. C’est la catastrophe. Elle s’entête dans son projet considéré comme “fou” par les amis et les voisins.  Elle veut avorter. Et tout dérape. En bon Américain moyen de ce temps, Franck refuse absolument cette solution. Elle décide de “s’opérer” seule. Et ça se passe mal. Elle meurt. Point. La vie va reprendre avec son cours d’ennui, même si Franck a pris du grade dans sa boite. Le rêve américain peut se poursuivre.

Dans ce film dont le scénario est d’un rare classicisme, tout tient dans la mise en scène, dans la description subtile des rapports au sein du couple et avec leurs voisins et amis, pas toujours désintéressés. Les dialogues ressemblent certes un peu trop à du théâtre, mais la situation l’exige, d’autant plus que le réalisateur s’amuse à parodier les films des années 1950. Tout tient surtout au jeu des comédiens : Leonardo Di Caprio surprenant de qualité, et Kate Winslet, qui est dans la vie l’épouse de Sam Mendès, nous aide à suivre pas à pas la dégradation désespérée de son personnage. Un personnage noyé dans l’hypocrisie et dans la grisaille de la banlieue américaine. Une banlieue que nos promoteurs français se sont efforcés d’imiter, point par point : belles maisons neutres dans des lotissements neutres, loin de tout. Sauf de la routine. Sauf de l’ennui qui peut tuer. La plaie des banlieues.

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Face à ces éblouissantes prestations, oubliez surtout que Leonardo Di Caprio et Kate Winslet ont été le couple emblématique du film Titanic.

Mais quelle bizarre idée d’avoir choisi le titre inepte et dénué de sens “Les Noces rebelles” à la place du titre original qui lui était très précis, relevant presque de l’anthropologie : Revolutionnary Road ?

Mon clavier, 2 février

25UTCp28UTC02bMon, 02 Feb 2009 10:10:25 +0000UTC 9,2008

Pour aujourd’hui, après avoir regardé la neige tomber sur ma place puis fondre sous la pluie, en ce début de matinée je prévois quelques notes à écrire dans les heures à venir :

# Brice Hortefeux ne prend pas la grève de jeudi au sérieux, il oublie les chiffres du chômage.

# La liste civile de Mon Président

# A signaler : publication à la Documentation Française, du rapport du groupe de travail de l’INHES (Institut national des Hautes études de la Sécurité) sur la sécurité au Quotidien, présidé par Michel Gaudin, actuel Préfet de Police de Paris et ancien Directeur général de la police nationale, et dont le rapporteur était Alain Bauer.

# A propos de la situation explosive en Guadeloupe, une de ces îles qu’on dit françaises.

# A propos de deux scandales judiciaires : Outreau et Tiberi

# En fin d’après-midi, comme promis, des précisions importantes et un document sur le problème des rapports entre les notaires et les avocats

# Une analyse du film Les Noces rebelles

Surtout , ne vous impatientez pas, laissez moi le de temps d’écrire

http://phmadelin.wordpress.com/2009/02/02/justice-des-delais-deraisonnables/

Chômage : de Brice Hortefeux et des chiffres

11UTCp28UTC02bMon, 02 Feb 2009 12:51:11 +0000UTC 9,2008

Brice Hortefeux ne prend pas la grève de jeudi au sérieux, il oublie les chiffres du chômage. « Les manifestations ont été «denses, mais pas historiques». Déposant devant le «Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI», Brice Hortefeux, le Ministre du Travail et grand ami de Sarkozy, Mon bien Aimé Omni Président, ne veut surtout pas valoriser le vaste mouvement de foule qui a mis entre 1 et 2,5 millions de protestataires dans la rue jeudi dernier. Comme tous les autres membres du gouvernement, il ne veut pas comprendre que la manif était dirigée contre la politique actuelle. Selon lui, elle serait…

« l’expression d’une inquiétude face à une crise qui n’est pas française, pas européenne, mais mondiale.»

Ainsi il « comprend ». Les syndicats répondent qu’ils n’ont que faire de la compassion du gouvernement, et ils ne paraissent pas vraiment convaincus par les 1000 mesures programmées dans le plan de relance du gouvernement dévoilées ce matin par le Premier Ministre François Fillon, à Lyon. Lors des débats à l’Assemblée, souligne le Nouvel Obs, site internet, le député PS François Brottes a critiqué un plan dont “seuls 6 milliards d’euros sur les 26 milliards annoncés sont du vrai argent abondé par l’Etat, le reste relevant de l’écriture comptable ou de l’avance de trésorerie”.

Le monde du travail se montre beaucoup plus préoccupé par l’augmentation du chômage, confirmée par la Ministre de l’Economie Christine Lagarde : le nombre de chômeurs inscrits à l’ANPE a augmenté de 45.000 personnes au mois de décembre, par rapport à novembre. Cette annonce devait intervenir jeudi dernier. Elle avait été différée pour éviter le choc sur la manif. Sur l’année 2008, la hausse atteint 216.000 sans-emploi supplémentaires. Et les perspectives sont sombres pour 2009 : la ministre de l’Economie Christine Lagarde s’attend à une récession. Le nombre de chômeurs en catégorie 1 est repassé en octobre au-dessus de la barre symbolique des deux millions, pour la première fois depuis avril 2007.

Justice : des délais déraisonnables

38UTCp28UTC02bMon, 02 Feb 2009 11:18:38 +0000UTC 9,2008

Outreau et faux électeurs de Paris. Deux dossiers judiciaires qui remontent à la surface. Et deux scandales judiciaires. Des scandales qui ne se présentent pas tout à fait comme le voudraient les autorités. Pour l’affaire Outreau, le jeune juge d’instruction Fabrice Burgaud comparaît devant le Conseil de discipline pour répondre des inconséquences de son instruction, menée “uniquement à charge”, affirment les hauts responsables de la justice. Mais le jeune Burgaud ne s’est-il pas contenté d’appliquer presque au pied de la lettre un état d’esprit généralisé dans le monde judiciaire ? L’indépendance du juge d’instruction n’est-elle pas qu’une fiction, tout comme sa mission d’instruire à charge et à décharge ? Si Burgaud est poursuivi dans cette perspective, il faudrait déférer devant le conseil de discipline pratiquement tous les juges d’instruction. Et de nombreux magistrats. Lundi prochain va commencer l’ultime procès d’Yvan Colonna, en appel d’Assises : une illustration caricaturale d’une instruction à charge, fondée sur une bsence de preuves réelles et sur des témoignages qui varient et voyagent.

Quant à l’affaire des faux électeurs pour laquelle les époux Tiberi – Jean l’ancien maire de Paris et sa femme Xavière - comparaissent à partir de ce matin, c’est une autre forme de scandale. Les premiers éléments ont été publiés par Le Canard Enchaîné il y a plus de onze ans, l’instruction et la procédure durent depuis onze ans : ce n’est pas raisonnable, et au demeurant contraire à la doctrine imposée par la Cour Euréopéenne des Droits de l’Homme sanctionnée par un arrêt Felix Tomasi du 25 juin 1992. La France a été condamnée pour n’avoir pas respecté des délais raisonnables pour mener la procédure.

Mon Président et sa liste civile

21UTCp28UTC02bMon, 02 Feb 2009 15:14:21 +0000UTC 9,2008

# Piqûre de rappel L’Express rappelle le montant des dépenses de l’Elysée qui ont augmenté en 2007 de 8,4% pour atteindre 35,11 millions d’euros depuis l’arrivée de Nicolas Sarkozy au pouvoir. Les frais de personnel (+10,9%), les travaux d’entretien (+53%) et l’argent de poche du chef de l’Etat (+29%). Le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel, avait déclaré lors de l’annonce de ces chiffres en juin 2008, que la hausse des dépenses était due à un redoublement d’activité du travail présidentiel. Le budget 2009 prévoit une nouvelle progression de 11,5% des dépenses de l’Elysée.

Mon clavier, 3 février

17UTCp28UTC02bTue, 03 Feb 2009 12:37:17 +0000UTC 9,2008

Aujourd’hui, vous pouvez lire dans les nouveaux billets :

# Un plan de relance artisanal, à la petite semaine. Ce billet a été actualisé à 22 h 30. Comment 26 milliards d’euros devienent 4 milliards, déjà programmés auparavant.

# Selon J.M. Apathie, la situation devient de plus en plus alarmante

# Le conflit des enseignants-chercheurs à l’Université

J’ai regroupé en un seul texte, sur une seule page, l’ensemble des billets constituant “mon clavier quotidien”. Pour consulter les claviers des mois passés, aller sur la rubrique “pages fixes”, sous rubrique de la biographie de Philippe Madelin : clavier de septembre à décembre, puis de janvier. En outre “Mon clavier” devient le menu du jour.

Crise : un plan de relance artisanal

18UTCp28UTC02bTue, 03 Feb 2009 12:58:18 +0000UTC 9,2008

Mille projets : sur le papier, c’est spectaculaire. Dans la pratique, il faut rester modeste. Comment 26 milliards d’Euros deviennent 4 milliards d’euros de crédits nets à la charge de l’Etat, plus 4 milliards d’euros engagés par les entreprises publiques : telle est la réalité du plan de relance concçu par François Fillon. Une relance uniquement par le petit investissement, ils exclut bien sûr toute relance par la consommation, comme la pratique Barack Obama aux Etats-Unis.
Pour garantir un effet immédiat sur l’économie, les trois quarts devront être dépensés en 2009, le reste en 2010.
Il s’agit de sauver “en priorité les emplois (et) la capacité de production de notre pays”, a-t-il insisté, renouvelant son intention de tenir le cap.
Sécurisation du tunnel de Fréjus, travaux sur la nef de la cathédrale Notre-Dame de Paris ou dans la bibliothèque universitaire de Strasbourg, rénovation des prisons ou encore vaste effort en matière de logement, les projets présentés, prévus de longue date, étaient “prêts à démarrer”, mais ne devaient pas se réaliser cette année, a expliqué le chef du gouvernement.
Joli tour de passe-passe, mais telle est la réalité du plan de relance annoncé par François Fillon. Il fallait attendre aujourd’hui pour comprendre mieux. Et c’est malheureusement un plan par le petit bout e la lorgnette. Pas d’ambition, aucune largeur de vues. 1000 projets, certes, mais invisibles.

“Ce que nous espérons, c’est que les mesures que nous sommes en train de prendre permettront à la France d’être dans une perspective meilleure” que les prévisions pessimistes de la Commission européenne ou du Fonds monétaire international (FMI),

… a déclaré le Premier ministre. Pour sa part, jamais en retard d’une fanfaronnade, le ministre de la Relance Patrick Devedjian a calculé que les investissements de l’Etat pourraient créer ou “conserver” plus de 170.000 emplois. Il y a encore quelques semaines, lors de sa nomination, il promettait 100 000 emplois nouveaux. Il a récidivé aujourd’hui.

Selon Le Monde, sur les 26 milliards d’Euros inscrits au plan de relance, 4 milliards seront investis directement par l’Etat.  Dont 1,525 milliard pour les équipements de défense et de sécurité. Soit : 100 millions prévus pour renouveler 5 000 véhicules de police et de gendarmerie. Construction navale : Un bâtiment de projection et de commandement, des navires amphibies, de soutien et de servitude vont compléter la flotte actuellement en service. Armement terrestre : seront accélérées les cadences de production du programme “véhicule blindé de combat d’infanterie”, dont le besoin urgent apparaît en Afghanistan, ainsi que les livraisons de l’opération “petit véhicule protégé”. Aéronautique et espace : L’acquisition de cinq hélicoptères Caracal et la production de deux avions Rafale sera accélérée. Electronique de défense Le domaine de l’optronique bénéficiera d’investissements anticipés.C’est ainsi qu’on transforme 26 milliards d’euros en 4 milliards !

D’autres mesures sont orientées vers le soutien du secteur aéronautique. Ce catalogue est typique de ce plan de relance artisanal : Manque de souffle, manque de perspective, on rate le coche d’une véritable révolution économique. Tant qu’à être mal, on aurait pu être plus audacieux. Ne demandons pas à Fillon ce qu’il ne peut pas… Mais sans doute Mon Président nous sauvera demain soir de nos angoisses en développant de vastes perspectives sur les étranges lucarnes.

Université :la grande confrontation

52UTCp28UTC02bTue, 03 Feb 2009 12:30:52 +0000UTC 9,2008

Une coordination nationale des universités a appelé lundi à une journée de manifestations régionales jeudi et à une manifestation nationale le 10 février à Paris pour protester contre le principal décret d’application de la loi dite « LRU » (loi sur l’autonomie des universités) votée à l’initiative de Valérie Pécresse, en 2007. Le débat sur les enseignants-chercheurs n’est pas seulement une question d’actualité générée par ce projet. Elle pose le problème essentiel de la pérennité de la recherche fondamentale en France. Le domaine affecté par cet appel implique 57 000 enseignants-chercheurs, qui se sont vus infliger un camouflet par Nicolas Sarkozy, quand il a déclaré le 22 janvier dernier :

“En l’absence d’une stratégie claire dans ce domaine de la recherche et de l’innovation et avec un système d’enseignement supérieur et de recherche inadapté aux défis de la connaissance et de la croissance du XXIème siècle, il ne fallait pas s’étonner que la France éprouve des difficultés à tirer son épingle du jeu. Et nous ne sommes pas aujourd’hui dans le peloton de tête des pays industrialisés pour la recherche et l’innovation. Il y a une raison à cela quand même, c’est parce que bien souvent on a reculé devant la nécessité de réformer nos universités et de (sic) nos organismes de recherche. Il faut bien reconnaître que depuis des décennies, le conservatisme l’a toujours emporté. […] Il faut que cela cesse.”

Voilà près de deux ans, le professeur Jean-François Dhainaut, alors doyen de l’Université Paris V – René Descartes, avait posé un diagnostic précis :

La différence de statut entre chercheurs et enseignants-chercheurs nuit à la visibilité et à l’efficacite de la recherche. Élle la prive de talents essentiels, particulièrement de ceux des jeunes universitaires en début de carrière sur qui reposent majoritairement les tâches d’enseignement et de suivi et d’accompagnement des étudiants, essentiellement en premier cycle. Ils n’ont plus assez de temps et d’énergie à consacrer aux travaux pourtant indispensables à la recherche et, incidemment, à la progression de leur carrière.

Malgré la montée de la grogne, et même de la colère des enseignants-chercheurs face à ce que universitaires visés  considèrent comme une provocation et l’expression d’une contre-vérité par le Président, la ministre de l’Enseignement supérieur, Valérie Pécresse, soutient que le projet de loi sur la réforme des universités sera maintenu.
Quelle mouche a piqué Mon Président Nicolas Sarkozy ? Comme trop souvent, il confond critique et invective. Pourquoi prendre de front un monde compliqué, qui lui est majoritairement hostile ? D’habitude, il est politiquement plus malin. En vérité, je pense que notre Président n’aime pas la recherche. Quand il est arrivé au Ministère de l’Intérieur, il a démontré en diminuant de façon significative le rôle de l’Institut national de Hautes études de la Sécurité qu’il considérait la recherche en matière de sécurité comme un gadget. Pour lui, la sécurité, c’est le nombre de flics dans la rue, pas la compréhesion et l’explication des phénomènes. Pas la formation supérieure. La formation supérieure des policiers, et de tous les autres hauts fonctionnaires. Il voudrait peut-être que les succès scientifiques arrivent tout seuls, ou sortent des laboratoires de l’industrie privée. immédiatement rentables. Sauf que l’industrie privée n’a que faire de la recherche fondamentale. Et encore moins de la recherche sur les problèmes de société. Ça ne paie pas tout de suite. Et Sarkozy ne comprend les choses que si elles sont perceptibles de façon immédiate.

Il est par conséquent logique que le monde universitaire lui soit étranger. Il a pourtant pour le conseiller une assez bonne ministre, Valérie Pecresse, fille d’un professeur d’Université, élevée dans le sérail. Comme les autres ministres, elle se doit d’obéir si elle veut que se poursuive sa carrière politique.

Crise : l’alarme ?

28UTCp28UTC02bTue, 03 Feb 2009 21:24:28 +0000UTC 9,2008

Ce n’est pas moi qui l’écirt, et le dit, mais mon excellent confrère Jean-Michel Apathie, l’homme de RTL (pas pour le Président qui lui a préféré Alain Duhamel, presqu’aussi inoxydable que Jean-Pierre Elkabach). Citation du blog d’Apathie :

L’amoncellement constant de mauvaises nouvelles concernant des entreprises, (…)  finit par susciter des pays sur la situation de plus en plus difficile dans de plus en plus de pays. Ceux qui décrivent la situation au Japon et en Grande Bretagne sont proches de l’alarmisme. Inquiétudes croissantes aussi en Chine, et à bien lire des papiers sur les USA, on perçoit la désagrégation continue du tissu industriel, le déséquilibre profond du secteur des services, les faillites proches de collectivités territoriales telles que la Californie ou New-York.

Mon clavier : 4 février

13UTCp28UTC02bWed, 04 Feb 2009 18:31:13 +0000UTC 9,2008

# Selon le New York Times on s’attend que l’administration Obama impose un plafond de 500 000 dollars pour les salaires des patrons des sociétés qui bénéficient d’un subventionement de l’Etat pour leur renflouement.

# J’exprime ma mauvaise humeur à propos des poursuites engagées contre trois hommes qui ont choisi de vivre en marge : Xavier Fortin, Julien Coupat et Yvan Colonna.

# Quand Yves Bertrand se tait et refuse de témoigner

# Lisez aussi le résultat d’une enquête menée par le quotidien italien Corriere dela Sera, sur le nombre réel des morts à Gaza, pendant l’offensive israélienne.

# Et ne manquez pas la lettre d’Israël d’un citoyen ordinaire : elle tranche sur l’information courante.

# Appel de l’UNEF pour rejoindre le mouvement de protestation lancé par les enseignants-chercheurs, et, plus précisément, pour participer à la journée de grève et de manifestation mardi 10 février. Valérie Pecresse, la ministre des Universités, reste droit dans ses bottes, pas question de reculer, dit-elle.

# Mille chantiers et mille questions

Humeur et Marge : Fortin, Coupat, Colonna

20UTCp28UTC02bWed, 04 Feb 2009 10:37:20 +0000UTC 9,2008

Qu’est-ce qui réunit Xavier Fortin, Julien Coupat et Yvan Colonna ? L’un habitait une masure dans les montagnes du Gers, le second tenait une épicerie à Tarnac, en Corrèze, et le troisième était berger à Cargese en Corse. Trois caractères communs. Un : pas de téléphone cellulaire, c’est-à-dire refus d’une vie aux normes de la société de consommation pour aucun des trois. Deux : deux d’entre eux sont issus de familles intellectuelles, un médecin pour Coupat, un professeur d’Education physique et député pour Colonna. Trois : ils sont tous titulaires de diplômes (ou en voie de l’être) de l’enseignement supérieur ; maîtrise de sciences pour Fortin ; ESSEC et doctorant pour Coupat ; après un Baccalauréat D, Yvan Colonna entame des études pour devenir professeur d’éducation physique et sportive.
Et, surtout, ils présentent la caractéristique commune d’avoir voulu vivre autrement. Fortin comme militant alternatif, retour à la nature avec ses deux fils ; Coupat comme « épicier » et militant alternatif, lui aussi. Colonna comme berger, berger d’un troupeau de chèvres.
Ce choix est évidemment assez grave pour que les trois hommes se retrouvent en prison, le dos chargé des pires accusations, enlèvement d’enfants mineurs, sabotage des chemis de fer, terrorisme, meurtre. Sans autre preuve que leur choix de vie et des témoignages à charge pour le moins discutables.
Comme autrefois, comme hier, aujourd’hui la vie en marge est mal vue par la société ordinaire. Les Gitans, les Tziganes, si l’on préfère, seront à jamais persécutés parce qu’ils refusent la vie ordinaire, sédentaire. Persécution en Europe de l’Est, persécution pendant la guerre par les Nazis, persécution rampante par les gendarmes en France. La vie en marge est une preuve de dangerosité absolue.
Je me souviens, quand j’étais enfant, je lisais les livres de la comtesse de Ségur en édition illustrée. J’avais été très frappé par l’image d’un vagabond enchaîné entre deux gendarmes à cheval. Glorieux. Marge, vagabondage, ce sont des ennemis de la société.

A propos : le deuxième procès en assises d’Yvan Colonna commence lundi prochain à 9 heures. Il durera cinq semaines. J’y assisterai, j’aurai donc quelque difficulté à tenir à jour mon blog quotidien.

Gaza : le Hamas a-t-il gonflé le chiffre des victimes ? 600 ou 1300 morts ?

55UTCp28UTC02bWed, 04 Feb 2009 11:11:55 +0000UTC 9,2008

“Incertitude sur le nombre des victimes à Gaza, elles seraient 600 et non pas 1 300.”, une enquête de Lorenzo Cremonesi Corriere Della Sera, 21 janvier 2009.

Vous pouvez retrouver l’enquête originale en composant ce lien :

http://www.corriere.it/esteri/09_gennaio_21/denuncia_hamas_cremonesi_ac41c6f4-e802-11dd-833f-00144f02aabc.shtml

Le journaliste italien a personnellement enquêté à Gaza après la fin de l’intervention israélienne. Ses conclusions sont plutôt dérangeantes : les nombre de victimes serait bien moindre que celui annoncé par les Services de santé contrôlés par le Hamas. Extraits – Rapportant tout d’abord des mouvements d’hostilité de la population gazaouite à l’encontre des miliciens du Hamas, Cremonesi raconte :

« Les miliciens du Hamas, le plus souvent de jeunes garçons de 16 ou 17 ans armés de mitraillettes, cherchaient expressément à provoquer les Israéliens. Ils ne pouvaient rien faire contre les tanks et les avions, ils savaient qu’ils étaient beaucoup plus faibles qu’eux mais ils voulaient que nos maisons soient prises comme cibles pour pouvoir ensuite accuser l’ennemi de crimes de guerre. » C’est ce que soutient Abu Issa, 42 ans, habitant du quartier Tel Awa. « Pratiquement tous les immeubles les plus élevés de Gaza comme le Dogmoush, l’Andalou, le Jawarah, le Siussi et beaucoup d’autres avaient sur leur toit des rampes de lancement de missiles ou des postes d’observation du Hamas. Ils en avaient installés aussi tout près du grand dépôt de l’Onu, celui qui a été détruit par les flammes. Et c’est la même chose en ce qui concerne les villages sur la ligne de frontière qui furent ensuite dévastés par la furie punitive insensée des sionistes » lui répond en écho sa cousine, Um Abdallah, âgée de 48 ans.
Celui qui raconte une version différente de la fable imposée par la “muhamawa” ( la résistance ) est automatiquement un “amil”, un collabo et risque sa vie. Mais la récente lutte fratricide entre le Hamas et l’Olp vient à notre aide. Si Israël et l’Égypte avaient permis plus tôt l’entrée aux journalistes étrangers tout aurait été plus facile. Les journalistes locaux sont en effet souvent menacés par le Hamas.
« Ce n’est pas un fait nouveau, au Moyen Orient, dans les sociétés arabes, il n’y a jamais eu de tradition culturelle des Droits de l’Homme. Sous le régime d’Arafat il était fréquent que la presse soit persécutée et censurée. Avec le Hamas la situation est pire» affirme Eyad Sarraj, psychiatre renommé de Gaza City.
Et une autre donnée devient de plus en plus évidente en visitant les cliniques, les hôpitaux et les familles qui furent victimes des tirs israéliens : en vérité, leur nombre semble beaucoup plus réduit  que les 1 300 morts et les plus de 5 000 blessés rapportés par les hommes du Hamas et diffusés par le personnel officiel de l’Onu et de la Croix-Rouge locale. « Le nombre des morts pourrait ne pas dépasser 500 ou 600, et pour la plupart des jeunes garçons entre 17 et 23 ans, recrutés dans les rangs du Hamas et qu’on a envoyé littéralement se faire massacrer. » c’est ce que nous dit un médecin de l’hôpital de Shifah qui ne veut absolument pas être identifié, il en va de sa vie.
Mais ces chiffres sont aussi confirmés par les journalistes locaux : « Nous l’avons déjà fait remarquer aux chefs du Hamas. Pourquoi insistent-ils à gonfler le nombre des victimes? Il est tout aussi étrange, d’autre part, que les organisations non gouvernementales, même celles des pays occidentaux, les rapportent sans les vérifier. À la fin la vérité pourrait se savoir et ce pourrait être comme à Djénine en 2002 : au début on avait parlé de 1500 victimes et finalement on a su qu’il n’y avait eu que 54 morts dont au moins 45 terroristes morts au combat. »
Il suffit de visiter quelques hôpitaux pour comprendre que les chiffres ne sont pas exacts. Beaucoup de lits sont libres à l’Hôpital Européen de Rafah, celui qui devrait être le plus impliqué dans la prise en charge des victimes de la “guerre des tunnels” israélienne. On peut dire la même chose dans le cas de l’hôpital “Nasser” de Khan Yunis. Quant à l’hôpital privé Al-Amal, seulement 5 lits sur les 150 disponibles sont occupés.
Même le Shifah, le plus grand hôpital de la ville, est bien loin d’afficher le “tout complet”, par contre, en terme de densité, le taux d’occupation de ses souterrains semble avoir été très élevé. « Le Hamas y avait installé sa prison secrète avec cellules d’urgence et salle d’interrogatoire, pour y détenir les prisonniers du Fatah et ceux du Front de la Gauche Laïque qu’on avait évacué de la prison de Saraja. » selon ce que nous disent les militants du Front Démocratique pour la Libération de la Palestine. On a assisté à une guerre dans la guerre, le Fatah contre le Hamas. Les organisations humanitaires locales, la plupart contrôlées par l’OLP, nous parlent de dizaines d’exécutions, de cas de torture, d’enlèvements perpétrés par le Hamas au cours des trois dernières semaines.

Ce billet ne peut être considéré comme une prise de position, mais je dois avouer être assez agacé par mes confrères qui n’enquêtent pas, qui ne recoupent pas, qui se contentent de rapporter sans prendre de distance les propos tenus par leurs interlocuteurs d’un jour.

Relance : les mille chantiers et quelques questions

03UTCp28UTC02bWed, 04 Feb 2009 13:31:03 +0000UTC 9,2008

Les mille chantiers annoncés par le Premier ministre François Fillon doivent démarrer dès cette année. «Les projets ne sont pas nouveaux, concède Patrick Devedjian, mais l’argent est frais. On accélère leur mise en œuvre.»  François Fillon est au demeurant incapable de savoir combien ces chantiers coûtent vraiment, si les crédits étaient déjà inscrits dans le budget et débloqués par anticipation. Le ministre de la Relance finit par chiffrer l’addition à «10 milliards d’euros» sur les 26 directement injectés dans le cadre du plan de soutien à l’économie. A y regarder de près, l’information est pour le moins vague. Il y aurait comme un air d’affichage…
Selon le gouvernement ces 1 000 projets s’ajouteraient aux 11,5 milliards débloqués en faveur des entreprises et aux 4 milliards d’investissements exigés des entreprises publiques. Or dans le panel présenté par le gouvernement ces 4 derniers milliards entrent dans la liste générale. D’où ma perplexité.
En visite ce matin dans le Val-d’Oise, à l’Isle-Adam et Mériel, le 3 février, Nicolas Sarkozy a précisé que dans le cadre de son intervention télévisée de jeudi soir consacrée à la crise, il souhaitait répondre «aux inquiétudes» qui se manifestent dans le pays, mais «pas au prix de l’immobilisme». Donc on continue à avancer sur le chemin des réformes.

Par ailleurs, Luc Chatel, secrétaire d’Etat à l’Industrie, révèle :

Le gouvernement français travaille à un plan de soutien à l’industrie automobile”, qui “concerne à le fois le financement des constructeurs (…) en échange de contreparties fortes de la part des industriels de maintien de l’activité dans notre pays, d’engagements sur la gouvernance et d’actions à destination de l’ensemble de la filière”, et “des mesures structurelles”,

Listing des projets établi par @ Le Figaro En euros
Infrastructures et transports Autorisations d’aménagement : 870 millions
LGV, Bretagne, Atlantique, Est Europe 65 millions
Canaux Seine Nord 20
Routes 111 millions
Investissements des entreprises publiques 4 milliards
EDF22,5 La Poste 0,6 milliards  RATP 0,5 milliards   GDF Suez 0,2 milliards
Entretien du parc de production existant, nouveaux moyens de production…Efforts sur la distribution et le transport du gaz en France essentiellement
ratp  Rénovation des infrastructures, acquisition de nouvelles rames…
*400 millions d’investissements supplémentaires prévus en 2009
+ 300 millions d’anticipations de commandes pour 2009-2010
sncf Rénovation du matériel roulant, acquisition de nouvelles locomotives…
Rénovation du patrimoine 630 millions. 252 projets culturels. Parmi lesquels :
BNF – Richelieu • Notre-Dame-de-Paris • Château et cathédrale de Versailles • Centre des archives de Pierrefitte Palais de Tokyo (travaux de sécurisation)Cathédrale de Bordeaxu,  Mucen (Marseille) Manufacture de Morlaix (restauration)
Enseignement supérieur et recherche 731 millions
Infrastructures et flotte océanographique 46
Centre d’intégration de Saclay 46
Centre universitaire d’Assas 18,5
Accélération du désamiantage de Jussieu 10
Bibliothèque universitaire de médecine de Nantes 8,5
Logements étudiants à la Réunion 6,5
Centre universitaire de Cachan 6,3
Facultés de lettres, langues et philosophie d’Aix-en-Provence 4
Bibliothèque nationale universitaire de Strasbourg 3
Faculté de recherche en médecine Lille-II 2A
Logement la réalisation 100 000 logements locatifs sociaux et intermédiaires«mobilisera» plus de 140 000 emplois dans le BTP en 2009
N’oublions pas non plus le milliard et demi consacré aux forces de sécurité, dont j’ai énuméré le détail hier.

Israël : témoignage direct sur la vie telle qu’elle est

17UTCp28UTC02bWed, 04 Feb 2009 14:49:17 +0000UTC 9,2008

Je vous soumets le témoignage direct d’un très bon ami israélien. Aux premières loges. Pas de filtre, donc.

J’habite Netanya, ville balnéaire à 25 km au nord de Tel Aviv et la vie est tès comparable à la Côte d’Azur, et s’il n’y avaient des infos à la télé ou à la radio, on pourrait ignorer totalement que notre pays est en guerre. Bien sûr, avec internet, se croisent des quantités énormes d’informations. Le climat général, en ce moment, est un peu particulier, car nous sommes en période électorale (vote mardi prochain) et que les grands partis essaient de tirer le maximum de l’opération “plomb durci”. Quant à moi, et aussi un grand nombre d’israéliens, je pense que nous sommes loin d’une solution, car s’il suffit d’un pour faire la guerre, il être deux pour faire la paix et que la paix n’est pas l’objectif du hamas (pour ne citer que lui !). En fait, je suis toujours très intéressé par les infos françaises et découragé, frustré, en colère, par la désinformation dont vous êtes victimes. Ecoeuré par le torrent de haine nous montrant comme d’abominables sanguinaires face à des anges de douceur. Oubliés les Assad (père) les Hussein (saddam et le roi de jordanie), les talibans, les Khomeini et j’en passe, assassins  de musulmans. J’ai du, en 2008, fréquenter assidûment les hôpitaux : dans les salles d’attente, mélangés, en bonne entente, israéliens juifs et musulmans, égaux dans la maladie. Egaux dans TOUS les droits, sauf un : les musulmans israéliens sont dispensés du service militaire.

Justice : Yves Bertrand s’impose le silence

10UTCp28UTC02bThu, 05 Feb 2009 14:30:10 +0000UTC 9,2008

Billet actualisé au 5 février

Ses secrets du « cabinet noir » et les non dits de ses cahiers, Yves Bertrand les garde
Yves Bertrand, l’ancien patron de la Direction centrale des Renseignement généraux ne veut plus causer, il refuse de témoigner, il se terre dans son silence. Il y a quelques semaines on ne voyait que lui dans le journaux. En multipliant les interviews, il entendait se défendre comme un beau diable contre les accusations de sombres machinations qu’il aurait fomentées. Parmi ces plans diaboliques qu’on lui prêtait figurait un supposé montage organisé avec le juge Philippe Courroye pour alimenter le dossier échafaudé par le magistrat dans l’affaire dite Angolagate, des ventes d’armes présumées illégales menées en 1993-1998. Figurent dans cette affaires à un titre ou à un autre de très gros poissons, dans lesquels Courroye voulait voir des requins : Jean-Christophe Mitterrand, fils aîné de François Mitterrand, l’ancien chef de l’Etat, l’ex-ministre de l’Intérieur Charles Pasqua, l’écrivain Bernard Attali, le toujours milliardaire russe devenu israélien Arkady Gaydamak ; Paul-Loup Sulitzer, le préfet Jean-Charles Marchiani. Et surtout Pierre Falcone un intermédiaire à la nationalité incertaines, parfois brésilien, parfois colombien, aujourd’hui Ambassadeur d’Angola auprès de l’UNESCO. Les avocats défenseurs de Falcone avaient cité Yves Bertrand, au motif que dans ses carnets, largement diffusés bien que non publiés, le nom de Philippe Courroye apparaissait à plusieurs reprises. Une mention qui ne signifiait pas forcément que le policier aujourd’hui à la retraite avait bien rencontré Courroye à plusieurs reprises, et de façon clandestine. Y compris dans un entretien qu’il m’a accordé, Yves Bertrand a toujours tenu cette thèse des avocats pour absurde. Et il se gendarme contre le fait que Pierre Falcone entend porter plainte contre lui. Conséquence logique, annoncée dans une lettre datée du 30 janvier, adressée au Président du tribunal, Jean-Baptiste Parlos, Président de la 11° chambre correctionnelle, Yves Bertrand a décidé de se taire, il refuse tout net de témoigner, en raison de l’intention de Falcone de le poursuivre en diffamation.

« Cette intention annoncée publiquement m’interdit évidemment de me trouver dans l’obligation d’avoir à répondre aux questions que me poseraient, par le truchement de leurs conseils, les auteurs de ces plaintes. [Je n'ai] “été témoin d’aucun des faits qui sont reprochés aux prévenus (…), notamment pas de ceux qui concernent les personnes qui m’ont fait citer”.»

Il admet avoir rencontré Courroye à une seule reprise, dans une affaire sans rapport avec le dossier Angolagate. Il souligne en outre, et j’insiste sur le fait, que les fameux carnets utilisés comme base de la plainte en diffamation sont à l’heure actuelle considérés comme des pièces dans un dossier d’instruction. Par conséquent couverts par le secret.

Ancien juge d’instruction de ce dossier de l’Angolagate, Philippe Courroye, désormais procureur de Nanterre (Hauts-de-Seine) est bien venu à la barre des témoins. Mais il  a déçu les avocats de la défense. Ils  ont eu beau ferrailler ils n’ont rien obtenu de plus que ce qui a toujours été déclaré tant par lui-même  que par Yves Bertrand :

“Je n’ai rencontré Yves Bertrand qu’une seule fois. C’était en janvier 2002 dans une procédure sur le casino d’Annemasse, qui, depuis, a donné lieu à un procès et à une saisine de la Cour de justice de la République.[…] Mais je dois ajouter quelque chose. Mon nom pourrait revenir dix fois, vingt fois, cinquante fois dans ces carnets qu’il ne faudrait pas s’en étonner. J’instruisais à l’époque un certain nombre d’affaires qui ne pouvaient pas laisser insensibles les services de renseignement… »

En théorie, Parlos pourrait délivrer un mandat d’amener contre Yves Bertrand. Ce qui serait sans doute le meilleur moyen de lui coudre les lèvres.  Les secrets du « Cabinet noir » ne seront pas levés pendant le procès de l’Angolagate. En outre Yves Bertrand se méfie peut-être du Pdt Parlos, un ancien juge d’instruction qui conduit souvent ses débats comme une charge de cavalerie, sans grands égards pour les prévenus.

Crise : la France a toujours un coup de retard

50UTCp28UTC02bThu, 05 Feb 2009 09:11:50 +0000UTC 9,2008

Voilà quelques mois j’écrivais ceci :

Et si la crise était un événement salutaire ? Et Si elle nous obligeait à rechercher d’autres solutions ?
En France, on n’y est pas encore : dans son plan de relance, pour sauver l’emploi des ouvriers de l’automobile, Notre excellent Président, mon OmniPrésident, privilégie le soutien économique à l’industrie de la bagnole. La source de toutes les pollutions. Et nous voici reparti pour un tour…

Depuis, beaucoup de bavardage, et le plan de relance, lequel quoiqu’en pense Mon bon Président Sarkozy, est un bel exemple de saupoudrage. Je ne vais pas revenir sur la critique, sauf sur un point : comme Barack Obama aux Etats-Unis, notre Président avait l’opportunité de s’engager de façon hardie dans une voie nouvelle, dans la voie d’une nouvelle économie qui fonderait ses capacités d’expansion sur toutes les techniques environnementales.
Ne croyez surtout pas que je sois un fanatique de la politique des Verts et de leur obsession antinucléaire – que je ne m’explique pas bien sauf à les croire financés par les producteurs de pétrole – . Au contrait. Je pense qu’il faut renforcer l’indépendance énergétique de la France en particulier, de l’Europe en général. La récente crise du gaz russe, cet hiver, en démontre l’impérieuse nécessité. Pour accentuer cette indépendance énergétique de  la France, et remplacer les vieilles centrales dont certaines seront bientôt à bout de souffle, le Président lance le chantier d’une nouvelle centrale nucléaire EPR qui prendra place sur les rives de la Seine. De façon curieuse, ce projet ne figure pas dans le Plan de relance. Alors, l’intention nucléaire ne serait-elle due qu’à un effet d’annonce ? On espère que non. Mais, pour le reste, le plan de relance est désespérément plat. On va encore allonger les lignes LGV (lignes à grande vitesse) mais encore une fois on oubliera la desserte du territoire « non rentable ». En revanche, on voit que de nouvelles autoroutes vont voir le jour. Pour donner du travail aux ouvriers des Travaux publics. Evidemment pas pour diminuer la place de la bagnole. Des bagnoles, on va en acheter un paquet pour les flics et les gendarmes. Pour sauver Renault ou Peugeot ? Même pas puisque les règles de la Communauté européenne imposent des appels d’offres au niveau de la communauté. Au lieu de renforcer encore plus massivement les transports publics, un renforcement très favorable pour l’emploi, on va encore une fois venir en aide à l’industrie automobile.
« Depuis toujours, me confie un expert, haut placé dans une organisation professionnelle, on va céder aux jérémiades des patrons du secteur, on va les arroser de subventions, comme aux Etats-Unis d’ailleurs, mais sans leur imposer de vrais devoirs autrement que sous forme de bonnes paroles. »
Sinon, je ne vois rien sur la recherche en vue de développer les énergies nouvelles ? Le Monde publie certes la photo d’un vaste quartier de banlieue où toutes les maisons doivent êtres dotées d’une production d’énergie par panneaux solaires. Mais c’est au Japon. Où ont les crédits pour le développement de turbines marines pour la production d’électricité ? Où sont les crédits pour les moteurs électriques destinés à la motorisation des bagnoles ? Les 100 000 logements sociaux à lancer seront-ils obligatoirement dotés de chauffage et production d’eau chaude par énergie renouvelable ?  Où sont les intentions affichées de promouvoir de nouveaux développements économiques ?
On a une immense occasion avec la crise qui bouleverse le monde. Pour une fois, les Etats-Unis nous montrent la voie en pariant de propos délibéré sur les énergies nouvelles, sur une autre société. Pourquoi les Français qui se déclarent si intelligents vont encore se retrouver à la traîne faute d’avoir anticipé ?
La dernière anticipation majeure remonte aux années 1970 lorsque sur injonction du Général De Gaulle Pierre Messmer a lancé le programme électro-nucléaire. Près de quarante ans sans imagination, c’est un peu beaucoup, non ? Pour le moment, le gouvernement semble obsédé par d’étranges préoccupation majeures : comment casser les syndicats, comment imposer des baisses de salaires, des diminutions d’avantages sociaux pour faciliter la croissance des profits du capital. Savez-vous que malgré la « crise » la majorité des sociétés du CAC 40 afficheront de beaux bilans bénéficiaires ?

Livres : les ministres en prennent plein la G…

50UTCp28UTC02bThu, 05 Feb 2009 10:25:50 +0000UTC 9,2008

Par les temps qui courent, il n’est pas agréable d’être ministre. Les écrivains journalistes s’acharnent

Contre Bernard Kouchner : Le Monde selon K, par Pierre Péan, chez Fayard, provoque une vague de démentis et de soutiens. François Fillon, naturellement, mais, ce qui est plus surprenant, Martine Aubry.

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Et tout aussi vitriolé,  à la fois plus people et plus politique, sur Rachida Dati, «Belle-Amie», par mes excellents confrères de Michaël Darmon et Yves Derai (Ed. du Moment). Des bonnes feuilles sont publiées ce matin dans La Nouvel Observateur, au milieu d’un gros dossier. Un des articles est consacré aux différentes hypothèses émises quant au père de la fille de la Ministre. Hypothèses non concluantes, au demeurant.  Après avoir exploré la piste d’Aznar, l’ancien Premier ministre espagnol  Darmon et Derai opteraient pour leur part en faveur du procureur général du Qatar, Ali Bin Fetais al-Marri. Ce qui ne manquerait pas de soulever quelques questions : un ministre de la République en exercice aurait-il le droit de cacher ses relations tout à fait personnelles avec un personnage de très haut rang d’un Etat étranger ?

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Mon clavier : 5 février

31UTCp28UTC02bThu, 05 Feb 2009 16:30:31 +0000UTC 9,2008

# Deux ministres vitriolés : Bernard Kouchner et Rachida Dati

# Crise : la France a un coup de retard

# Affaire Angolagate, Philippe Courroye au tribunal : il nie tout rapport particulier avec Yves Bertrand, tout comme ce dernier.

# Dans le cadre de la journée d’actions des universités, des milliers d’étudiants et enseignants chercheurs, ont à défilé cet après-midi  jeudi 5 février  depuis la fac de Jussieu, jusqu’au ministère de l’Enseignement supérieur. Slogan majeur, affiché :  “Pour la recherche et l’enseignement supérieur: des postes statutaires, des crédits de base et la liberté scientifique”.

# Je ne pouvais pas éviter de le mentionner : à Grandange (Moselle) une stèle a été érigée mercredi 4 février par le syndicat CFDT à l’entrée de l’usine ArcelorMittal.
Ici reposent les promesses de N. Sarkozy faites le 4 février 2008 à Gandrange: “Avec ou sans Mittal, l’Etat investira dans Gandrange”.

Mon clavier : 6 février

27UTCp28UTC02bFri, 06 Feb 2009 11:35:27 +0000UTC 9,2008

# Un petit roi dans sa grande salle de bal vide.

# Dans ce registre, un ami qui me veut du mal me transmet un “Clip : c’est moi le boss”. Comme je ne sais toujours pas intégrer les liens dans mon texte, je vous communique le lien en question. Vous n’avez plus qu’à l’utiliser à bon escient !

http://www.leclipquidechire.com/video/large/clip_l.html

# 8 ou 28 milliards d’euros ? Philippe Laurent, le président (divers droite) de la commission des Finances de l’Association des maires de France évalue à 28 milliards d’euros, dont 10 remboursés par l’Etat, le montant de la taxe professionnelle, perçue par l’ensemble des collectivités locales dont Nicolas Sarkozy a annoncé la suppression en 2010, et non huit comme l’a affirmé le Président. “En cas de suppression, il resterait 18 milliards d’euros à trouver, et non 8 milliards”, souligne Philippe Laurent. Mon Bien aimé arrange les chiffres quand ça l’arrange et il aime donner ce qu’il n’a pas.

# Kouchner trouve des défenseurs : au gouvernement, je l’ai relevé, mais aussi au PS, Martine Aubry vole à son secours. Et au Monde : un éditorial publié dans le quotidien daté de ce matin croit relever d’importantes traces de droitisme militant dans le livre de Pierre Péan. Selon l’Express, ce livre voit ses grimper à un niveau rarement atteint dans l’édition française. Selon Hier, Claude Durand, le PDG de Fayard,  le tirage initial, 65 000 exemplaires, a été suivi de deux réimpressions en 24 heures, pour atteindre 105 000 exemplaires.

Politique : un petit roi dans une salle de bal, vide

22UTCp28UTC02bSat, 07 Feb 2009 10:00:22 +0000UTC 9,2008

Mise à jour 7 février

Comme tout le monde hier soir j’ai essayé de regarder notre Président causer, en se prenant pour Fidel Castro ou Hugo Chavez, le Vénézuélien, c’est-à-dire en nous infligeant un interminable pensum qui se voulait exposé pédagogique. Plus d’une heure et demie d’un discours modeste, débité sur un ton plutôt monotone, au demeurant étonnant pour un orateur comme Mon bien aimé Président, en général excellent dans cet exercice, et même flamboyant.

Il faut dire que Mon Président s’était fixé un objectif précis : convaincre les foules qu’il a raison, que seules ses solutions sont bonnes, qu’il faut l’écouter, qu’il faut le croire. Sur parole, au demeurant : pour chaque promesse il nous renvoie pour son accomplissement à des négociations avec les acteurs sociaux, des négociations qui peuvent durer des mois, comme on l’a vu pour la réforme de l’assurance chômage. Ou encore des promesses gagées sur les intérêts des prêts accordés aux banques pour les aider à survivre. Or la plus grande partie de ces intérêts ne pourront pas apparaître  avant un an.

Autre approximation, quand il annonce la suppression de la taxe locale. Son produit actuel, affirme-t-il est de 8 milliards d’euros. Pas du tout, rétorque le Pdt de la Commission des Finances de l’Association des Maires de France (Voirle billet ci-joint).

Je ne dis pas qu’il ne s’est pas efforcé de se mettre à la portée de tous. Il en avait sûrement l’intention. Mais alors pourquoi arborer sans cesse un air furieux ? Il semble confondre la colère et l’esprit de sérieux. Il semble avoir oublié que le miel vaut mieux que le vinaigre pour attraper les mouches. On sentait bien que cette interminable et ennuyeuse prestation télévisée lui a été imposée par ses “spins doctors” domestiques, Claude Guéant et Catherine Pégard. Qu’il ne s’est livré à l’exercice que forcé et contraint, presque à regret. Pourquoi expliquer puisque j’ai raison ?, nous suggère-t-il en sous texte.

A une occasion au moins il s’est coupé, quand David Pujadas a abordé la question de la réforme imposée à l’Audiovisuel public. “Mais, s’est-il exclamé en substance,  ce n’est pas moi qui nommerait le Président de France Télévision. Ce sera le gouvernement qui choisira l’homme idoine, sur proposition du CSA, le Comité supérieur de l’Audiovisuel. Et moi, je me contenterai d’entériner, de sanctifier la nomination par ma signature : on me prête sur ce chantier un pouvoir disproportionné parce que tout le monde me présente comme le Président de tout. On déforme la réalité.”

Comme d’habitude avec mon Président, c’est toujours la faute des autres. Il n’a pas osé asséner “C’est la faute des journalistes” : ils étaient majoritaires dans le public.

Un tout petit public, d’ailleurs, entassé sur une toute petite estrade.

Mais qu’est-ce que m’apprend Le Point ? Que ce public était composé, comme dans n’importe quelle émission publique de la télé, par des figurants, membres du personnel de l’Elysée ! Des figurants, pour admirer le petit Président interrogé par les deux journalistes, qui présentent la particularité d’être eux aussi petits. On l’avait déjà observé avec Jacques Chirac : les Présidents ne supportent bien que ceux qui sont plus petits qu’eux. On comprend les tensions François Fillon, nettement plus grand que Sarkozy. On prêt d’ailleurs un grand avenir à Xavier Bertrand, encore plus petit que Nicolas. Je sais, ce n’est pas très fraternel pour le tout nouveau Secrétaire général de l’UMP.

Hier soir, au milieu de cette immense salle des Fêtes de l’Elysée vide, il avait l’air d’un petit roitelet, ce petit Président encadré par ses deux petits journalistes, admiré par un petit public. Un roitelet effrayé par la proximité de la foule.

Qui se rappelle de la cohue de journalistes, dans cette même salle des fêtes, pour les conférences de presse du Général De Gaulle ? Mon Président aime invoquer l’exemple et les mânes du Général. Mais, vraiment, il n’y a pas photo.

Et j’ai écrit un peu vite : de nombreuses fautes d’inattention émaillaient mon texte, je les ai corrigées.

Mon clavier, 7 février : de quelques choses sérieuses. Et une plaisanterie

44UTCp28UTC02bSat, 07 Feb 2009 13:00:44 +0000UTC 9,2008

A 9 h 57, j’ai passé le cap des 10 000 visiteurs uniques, sur une durée de cinq mois. Hier, journée assez faste (pour moi) avec 184 visites.

# Les lecteurs ont aimé mon papier sur la prestation à la télévision de Mon bien Aimé Président, Nicolas Sarkozy. En y réfléchissant (j’ai un peu l’esprit de l’ecalier) je suis surtout frappé par l’absence de perspective et de prjet. Il pare au plus pressé. Est-ce bien le rôle d’un Grand Président ?

# Guadeloupe, Martinique : le risque de contagion.Et une réponse extravagante d’Yves Jego, Secrétaire d’Etat à l’Outre-Mer “Pourquoi, jeudi, le Président n’a-t-il pas dit un mot à propos de la Guadeloupe ? Parce que aucun journaliste ne lui a posé la question.” Cette réponse tombe vraiment sous le sens.

§ Frédéric Lefebvre, porte-parole de l’UMP, estime que “la dénonciation est un devoir républicain” et prend la défense d‘Eric Besson qui a proposé un titre de séjour aux sans-papiers coopérant avec la police contre des filières clandestines.

Il est bon pour travailler avec le régimet de Vichy, le flamboyant Frédéric ! Mais il est bien, ce jeune homme : toujours d’accord avec les plus mauvaises idées prêtées à son patron, Mon bien aimé Président.

# Suisse, votation je publierai ça plus tard.

# L’or des Dictatures, suite en Suisse. Mobutu et Duvalier: billet joint@

# pendant qu’il cause, la casse continue : Netcomputer, 395 licenciements en vue. Glaxo, 850 licenciements prévus. Voir le billet joint.

# La vérité… sur la taxe professionnelle : le piège pour les collectivités locales… Voir le billet joint. N’oubliez pas de réfléchir, à propos du pouvoir d’achat : le piège pour les syndicats. Et à une donnée politique inattendue : dans la clientèle des artisans : les déçus du sarkozysme. Et il n’y même plus de recours à l’extrême droite.

# Lu par un de mes lecteurs dans un roman d’Anif Kureisi, “Quelque chose à te dire”

Le héros du dit roman est psychanalyste. Il dit ceci : ” les psychotiques  peuvent de très bon chefs, même de bons généraux ou même des chefs d’Etats, mais ils ont ce problème de tendance à la parano et au rejet de leurs propres erreurs sur les autres..”
Curieux comme dit ainsi ça fait terriblement penser a un personnage illustre…

# A lire aussi : lettre-manifeste d’un commando du “Comité mystère

Emploi : la casse continue

56UTCp28UTC02bSat, 07 Feb 2009 09:49:56 +0000UTC 9,2008

Pendant qu’il cause (notre Président), la casse continue. Le groupe pharmaceutique britannique GlaxoSmithKline (GSK) confirme la suppression de 850 emplois en France, essentiellement dans l’Eure,  sur ses 6.000 postes environ d’ici 2011-2012. Ce plan social serait sans rapport avec la crise. Il serait la conséquence du développement des médicaments génériques dans les pays en voie de développement. Par ailleurs le groupe japonais Nec Computers a annoncé jeudi la suppression de 387 postes en France, dont 334 à Angers où l’assemblage et la production d’ordinateurs vont s’arrêter d’ici mi-2010. Le groupe d’électronique et télécommunications japonais doit supprimer en tout 20.000 postes dans le monde.

A l’inverse, on découvre que les collectivités locales ont recruté ces dernières années massivement : 35 000 agents de collectivités locales supplémentaires. Paradoxe de cette crise : grâce à un exceptionnel enneigement dû à un “véritable” hiver, les stations de sport d’hiver sont pleines à craquer pratiquement pour toute la durée de février.

Outre Atlantique, ça ne s’arrange pas non plus : Les Etats-Unis ont supprimé 598.000 emplois en janvier, un chiffre sans précédent depuis décembre 1974, et l’un des pires de l’histoire récente américaine. Le taux de chômage grimpe à 7,6%. Avec les révisions à la hausse des chiffres de fin d’année, sur l’ensemble de l’année 2008, 2,974 millions d’emplois ont été détruits.

L’Or des dictateurs : les fonds Mobutu libérés ?

18UTCp28UTC02bSat, 07 Feb 2009 11:08:18 +0000UTC 9,2008

La Suisse va-t-elle rendre les fonds détournés par le maréchal Mobutu, Président du Zaïre, de novembre 1965 à mai 1997, déposés sur des comptes en Suisse ? Enfin, ce qu’il en reste 8 millions de francs suisses et une villa vendue 3 millions de Francs suisses , sur les milliards de dollars réputés envolés vers la Confédération.  Le maréchal Mobutu, également appelé «le Léopard de Kinshasa», est mort en exil le 7 septembre 1997 au Maroc. Dès le 16 mai 1997, la République démocratique du Congo requérait l’entraide judiciaire de la Suisse afin de retrouver les deniers détournés par l’ancien dictateur. Douze ans plus tard, cette affaire est toujours dans une impasse. Les milliards envolés Président du Congo, qu’il renommera, Connu pour sa mégalomanie, on lui impute le détournement de milliards de dollars. En Suisse, les autorités ont découvert un magot bien moindre. Quelques 8 millions de francs suisses (5,319 millions d’euros) ainsi qu’une luxueuse villa à Savigny sur les hauteurs de Lausanne, vendue aux enchères à la va-vite pour 3,1 millions de francs suisses ( environ 2 millions d’euros) en 2001. Les spécialistes du dossier estiment que Mobutu aurait en fait dépensé l’essentiel de sa fortune pour se maintenir au pouvoir durant les dernières années.
Mais pour exercer des poursuites en Suisse, les pays demandeurs doivent fournir les précisions nécessaires à l’octroi de l’entraide judiciaire. Joseph Kabila, président de la RDC, assène: «Dommage qu’il ne s’agisse que de 8 millions au lieu des dizaines de milliards auxquels nous nous attendions.» C’est ce qu’on appelle désormais les «Etats défaillants». La procédure est délaissée. En 2003, l’Office fédéral de la justice constate que les autorités congolaises ne l’ont jamais voulu ou pu. La procédure est close et le Conseil fédéral ordonne un blocage. Le gouvernement suisse n’a toutefois pas le pouvoir de confisquer lui-même cet argent. En décembre 2008, une plainte pénale est déposée contre le clan Mobutu auprès du parquet fédéral. Le blocage décrété par le Conseil fédéral suisse arrive à échéance le 28 février.
Sous le titre « L’Or des dictatures » (Editions Fayard) , en  1993, j’ai consacré un livre-enquête très fouillé à touetes les voies et moyens utilisés par les Kleptocrates pour voler et cacher les capitaux volés au détriment de leurs concitoyens. Sous le titre « Le Maréchal de Ripoux » je m’étais penché de façon particulière sur le cas Mobutu, et de manière encore plus précise sur le soutien que lui avait assuré la CIA américaine.

Les fonds censés appartenir à Jean-Claude Duvalier, alias Bébé Doc, ancien dictateur d’Haïti, doivent subir à peu près le même sort, car la République d’Haïti n’a jamais prouvé avoir engagé des poursuites contre la famille de l’ancien dictateur, exfiltré en France le 6 février 1986. Ce qui reste des fonds sont bloqués en Suisse, mais ils devraient être bientôt libérés, et rendus à Jean-Claude Duvalier.
Pour la petite histoire : mon enquête sur ces fonds volés est à l’origine de mes connaissances en matière de blanqhiment d’argent.

Taxe professionnelle : pédagogie et embrouilles

27UTCp28UTC02bSat, 07 Feb 2009 13:00:27 +0000UTC 9,2008

Hier j’ai rapporté les doutes quant à la réalité des chiffres concernant la taxe professionnelle que Mon excellent Président Nicolas Sarkosy promet de supprimer :

# 8 ou 28 milliards d’euros ? Philippe Laurent, le président (divers droite) de la commission des Finances de l’Association des maires de France évalue à 28 milliards d’euros, dont 10 remboursés par l’Etat, le montant de la taxe professionnelle, perçue par l’ensemble des collectivités locales dont Nicolas Sarkozy a annoncé la suppression en 2010, et non huit comme l’a affirmé le Président. “En cas de suppression, il resterait 18 milliards d’euros à trouver, et non 8 milliards”, souligne Philippe Laurent. Mon Bien aimé arrange les chiffres quand ça l’arrange et il aime donner ce qu’il n’a pas.

Ces explications ont provoqué dans la journée d’hier une grande confusion. Telle que le ministère des Finances a du se fendre d’une explication de texte, très technique, et pour le moins surprenante. En réalité, la séquence est beaucoup plus compliquée, car le Président s’est bien gardé d’entrer dans le détail, sans doute soucieux de “ne pas embêter” les téléspectateurs. Or ce qu’il a avancé est en partie erroné ! Comment Nicolas Sarkozy est-il parvenu à évaluer à un chiffre de 8 milliards d’euros les économies procurées aux entreprises par la suppression de la taxe professionnelle ?

Par un tour de passe-passe, bien sûr. Je vous détaille ça, un exercice que le Président a d’ailleurs éludé. Depuis la disparition de la taxe professionnelle sur les salaires due à un gouvernement de gauche, à l’heure actuelle le total de la taxe professionnelle représente 28 milliards d’euros. Dont 11 milliards d’euros représentent la taxation sur l’outil de travail, et 17 milliards la taxation sur les immeubles à caractère industriel et commercial.

La suppression porterait sur les 11 milliards d’euros concernant l’outil industriel, une taxe au demeurant unique en Europe. Mais du coup, le bilan des entreprises s’en trouverait revalorisés. Et l’Etat pourrait espérer un retour dans les caisses publiques de 3 milliards d’euros au titre de la taxation sur les bénéfices des entreprises. 11- 3 = 8. Si demonstrat. Je te donne et je reprends.

Sauf que cette mesure provoque de vives protestations dans les   collectivités locales puisque pour elles la taxe professionnelle constitue une grosse partie de leurs ressources. La supprimer reviendrait à revenir d’un trait de plume sur plusieurs décennies de décentralisation. En effet, dans l’attente de l’attribution d’une mythique taxe carbone pour remplacer la taxe professionnelle, l’Etat devrait compenser la disparition de la ressource par des dotations dispensées par le gouvernement. Les collectivités ne seraient plus libres d’agir en fonction de leurs propres décisions. Et ça, ça ne plaît pas, même à droite. Interpellé lors du débat budgétaire au Conseil général des Hauts de Seine qu’il préside, Patrick Devedjan, ministre de la relance, s’est perdu dans des explications hasardeuses et embrouillés. D’où il semble ressortir qu’il approuve cette suppression tout en la regrettant. Bel exercice d’école à la télévsion bfm hier.  Essayez de comprendre ce qu’il nous dit :

Les élus se battent pour avoir des entreprises sur leur territoire, mais, s’ils n’en tirent plus de recettes, ils n’en voudront plus. Il y aura un effet pervers terrible. Il faut donc asseoir la recette sur quelque chose de plus intelligent que la taxe professionnelle. Il y a la taxe foncière qui est payée par les entreprises, qui peut être affectée d’une partie de la différence, il y a la taxe carbone…

En clair, ça paraît relever de l’idée “comme ça”, et non d’un plan mûrement réfléchi. J’aime bien ces hommes de cour qui approuvent toujours le chef. Qui opinent du chef. Qui branlent du chef. Surtout ne pas déplaire à mon Président, sinon, comme on l’a vue à notre Belle amie Rachida, il pourrait se fâcher et vous retirer votre prébende politique. Pour la refiler à son fils, Jean Sarkozy, le scootériste, qui est censé commencer une grande carrière politique. Au Conseil général des Hauts de Seine.

Valérie Pécheresse : communiqué d’un “comité mystère”

16UTCp28UTC02bSat, 07 Feb 2009 14:09:16 +0000UTC 9,2008

Un comité éditorial d’une mystérieuse revue (invisible, puisque non publiée) entend diffuser une information fondamentale pour la vie des Universités :

Objet: votre projet d’article intitulé «décret modifiant le décret de 1984 sur le statut des enseignants-chercheurs »

Madame,

j’ai le regret de vous annoncer que, suite à l’avis des rapporteurs anonymes et indépendants, le comité éditorial a décidé de ne pas publier votre projet.

En effet, les rapporteurs considèrent que, bien que vous vous intéressiez à un problème important et difficile, votre projet présente de trop nombreuses lacunes pour être publié en l’état.

Celles-ci concernent à la fois le manque de pertinence du modèle proposé, les erreurs dans les données statistiques sur lesquelles ce projet est basé, une incapacité à interpréter correctement les rares statistiques non erronées dont vous disposez. L’un des deux rapporteurs met également en avant une interprétation fantaisiste des définitions couramment acceptées de certains mots tels que « négociation », « statut », « indépendance », « autonomie »… et ignorez totalement des définitions telles que « népotisme », « prévarication », « autoritarisme »… Enfin, les rapporteurs critiquent fortement votre faiblesse méthodologique et considèrent qu’un tel projet ne peut être mené sans être accompagné d’une sérieuse étude d’impact. En conclusion, ils estiment que les solutions que vous proposez risquent fortement d’amplifier les maux de l’université française et n’apportent aucune réponse à la moindre des problématiques initiales de votre étude.

En conséquence, le comité éditorial considère que ce texte ne respecte pas les standards de qualité de la profession. Par ailleurs, il vous recommande fortement de chercher conseil auprès de professionnels issus du milieu académique avant toute tentative de révision de ce texte.

Le comité éditorial.

Il est évident que tout en dégageant ma responsabilité, je ne peux que m’associer à cette agression caractérisée perpétrée par un commando du “Comité Mystère”. Il faut confier l’enquête aux fins limiers de la DCRI.

Attention : joke, joco

Politique : sans projet, Sarkozy n’est pas Naboléon

58UTCp28UTC02bSun, 08 Feb 2009 11:51:58 +0000UTC 9,2008

Même s’il le voulait, Nicolas n’est même pas Naboléon… Depuis plusieurs semaines, je cherchais à comprendre ce qui me chagrine tant chez Mon bien Aimé Président Nicolas Sarkozy et chez ses très précieux courtisans. Je tournais autour de cette interrogation sans vraiment approcher vers une solution. L’image quasi surréaliste du personnage tout seul flanqué de deux chandeliers, argumentant avec peine au milieu de la salle de bal vide de l’Elysée m’ouvre une voie  plus précise : il se veut grand, immense, unique. I’m the boss. C’est son projet : être le premier, enfin le premier, vraiment le premier. Projet paranoïaque ? Projet mégalomaniaque ? Je n’irai même pas jusque là. D’abord parce que tiens l’insulte et l’invectives pour de mauvais moyens. Outre le fait qu’ils tombent sous le coup de la loi. J’ajouterai que Mon Président ne mérite même pas de tels noms d’oiseaux, de tels épithètes. Son vrai, son immense problème est que en dehors de sa propre magnification, il n’a pas de projet. Telle est d’une certaine manière sa tragédie. Il n’est toujours pas capable de nous montrer le chemin, de nous dévoiler ses intentions, de nous entraîner sur les sentiers de la gloire.

Je revoyais récemment une séquence tirée d’une conférence de presse du Général, Le Général, dont je n’ai pas été un partisan. Peut-être à tort, avec le recul des années. Le Général était un type assez étonnant, capable de nous enflammer par son verbe, par sa pensée. Il ne piochait pas dans les notes de ses conseillers qui s’inspiraient des lectures du temps : avant d’arriver à la magistrature suprême, Le Général avait eu le temps de se forger une pensée profonde, originale, totalement originale, tournant autour de la grandeur de la France. Dans la lignée de Clémenceau, journaliste et politicien, de gauche, de Maurice Barrès, intellectuel, de droite, il avait bâti une conception du destin à donner à la France d’une totale originalité. Il est  symbolique que sur les Champs-Elysées les statues de De Gaulle et Clémenceau soient dressées face à face. La conception gaullienne était  radicalement opposée aux maîtres de son temps, politiques  comme  Jules Ferry et autres, et militaires comme Lyautey.Tirant les leçons de la Première Guerre mondiale, où la France avait été à deux doigts de perdre faute de pouvoir mobiliser un peuple bien formé, capable d’avenir, il avait imaginé que pour survivre et avancer dans les siècles, la France se devait d’être moderne, et progressive. Que son armée, sujet central de ses réflexions, avait pour mission de soutenir cette vision d’avenir, et non d’aller mener outre-mer des batailles vaines pour soumettre les autres peuples à de petits intérêts économiques de la France.

On ne le soulignera jamais assez : le vrai propos du Général a été de refuser toute forme de soumission. Sur ce plan, il se rattache en ligne directe au Révolutionnarisme de Napoleone Buonaparte. Lequel, contrairement à ce que l’on croit, n’a jamais oublié qu’il était issu d’un peuple corse soumis à la férule coloniale de Gênes, puis de la France. Son premier projet a été de libérer les peuples, de briser le joug des rois et des aristocrates qui s’étaient accaparés le pouvoir, qui l’avaient détourné à leur profit. Le grand, l’immense projet de De Gaulle, dans la lignée et l’esprit de Clémenceau, et dans l’esprit de Napoléon, a été de libérer les peuples colonisés. Il a affiché ses intentions de façon très claire dès le discours de Brazzaville, le 30 janvier 1944 : il s’était fixé pour but de redonner leur identité aux peuples colonisés. On l’a oublié, par la suite, on n’a pas compris pourquoi il avait “bradé l’Algérie”. Les soi-disant Gaullistes qui l’ont suivi n’ont rien compris à ce projet, ils se sont eux aussi embourbés dans la petitesse de l’aventure néocoloniale, où le capitalisme sauvage avait remplacé les expéditions militaires.

Et Sarkozy, dans tout ça ? Quel est son projet ? La rupture, la réforme, me rétorquera-t-il. Quelle rupture, quelle réforme ? La libération des contraintes qui bloquent l’expansion économique de la France. Bien. Mais quelles sont ces contraintes dont il nous libère ? Il s’en prend avant tout au modèle social de la France, que l’on doit en grande partie au Front populaire de 1936 et au Général De Gaulle de 1944 et 1958 ? La Sécurité sociale pour le plus grand nombre, puis pour tous. La limitation du temps de travail. L’association des salariés aux résultats de l’entreprise. La vraie modernisation de l’économie avec les nationalisations, pour s’opposer aux stratégies purement capitalistiques et financières.

A suivre les réformes votées les unes après les autres, on voit bien qu’il s’agit avant tout de détruire un modèle de civilisation honni par la Droite réactionnaire, celle-là même qui n’a jamais pardonné au Général ses innovations sociales et la liberté donné aux “colonies”. Peut-on manifester le moindre enthousiame pour une équipe qui parmi ses “projets” prône la délation, la dénonciation, le fichage, le sécuritisme tous azimuth, mis en oeuvre par quelques ministres qui ont trahi leur cause politique qui venir partager les miettes du pouvoir ? La Droite tient sa revanche avec Sarkozy et cette série de pseudo réformes qui ne sont que des renoncements, on ne perçoit aucun projet, aucun enthousiasme. On ne voit pas le général Bonaparte brandissant le drapeau de la liberté sur le Pont d’Arcole, le Général De Gaulle haranguant la foule sur la place de la Brèche à Constantine, en 1958. J’y étais. Président de l’Europe pendant six mois, Nicolas s’est révélé incapable de retrouver l’esprit soufflant sur la rencontre entre Konrad Adenauer et Charles De Gaulle, qui a lancé l’Europe. Avec son index brandi, Nicolas ne sait que nous menacer, dénoncer la montée de la violence qui n’est qu’une réaction contre l’omnipotence, l’omnipotence d’une société incarnée par un homme sans projet. Il ne paraît pas capable de montrer le chemin, de nous emporter sur les sentiers de la Gloire.

Lors de l’élection de Barack Obama à la tête des Etats-Unis, Mon Président a cru pouvoir détourner à son profit l’exemple du nouveau Président américain. Il s’est vite aperçu que la première et l’immense qualité d’Obama était d’être porteur d’un vrai projet, assez révolutionnaire, pour transformer la société américaine. Nicolas Sarkozy ne cite plus Obama parmi ses modèles.

Mon clavier, 8 février

34UTCp28UTC02bSun, 08 Feb 2009 12:20:34 +0000UTC 9,2008

§ Sans projet, Nicolas Sarkozy n’est même pas Naboléon. Voir le billet joint, très polémique.

§ pas de pot pour le Sénateur Mélenchon : heureux élu par les militants du NPA (Nouveau Parti anticapitaliste) Olivier Besancenot, le “porte-parole”, déclare que  le nouveau parti pose de strictes conditions à une éventuelle entrée dans le “front de gauche” constitué par le PCF et le Parti de gauche (PG) de Jean-Luc Mélenchon.

§ La Suisse vote pour ou contre la libre circulation des étrangers (billet joint)

§ Le père de Zohra Dati. Mon confrère en blog Allain Jules (Agoravox) apporte quelques précisions sur le supposé père de Zohra, la fille de Rachida Dati. Le nom a déjà été publié : Ali Bin Fetais al-Marri, est un juriste reconnu. Ancien de la Sorbonne, il a été effectivement ces derniers temps, très présent à Paris. Dans le même temps, Rachida Dati quant à elle, aurait effectué de nombreux séjours à Doha, au Qatar. Mais, va-t-elle comme promis, une fois libérée de ses préoccupations ministérielles, révéler enfin le nom du père le plus mystérieux de l’année ?ali20bin20fetais20al20marri

Ici décoré par Xavier Darcos, notre toujours ministre de l’Education.

§ Et puisque demain matin commence le procès en appel d’Yvan Colonna le “terroriste corse”, je vous propose de lire sur mon site “Nuits bleues“, un roman, lui aussi inédit, bien que les Editions Ramsay aient failli le retenir. Pour y accéder, vous allez sur mes pages fixes, vous trouvez la rubique “Nuits bleues”, un clic et tout est prêt pour la lecture. Vous pouvez même imprimer la chose, si ça vous chante. C’est toujours mon moyen de contourner la censure éditoriale. Bonne lecture.

Suisse : pour ou contre les Roumains et les Bulgares

34UTCp28UTC02bSun, 08 Feb 2009 12:15:34 +0000UTC 9,2008

aleqm5glr9lhasgcsddxldnqxyfozvdtawPour ou contre les Bulgares et les Roumains, votation en Suisse (avec l’Agence France Presse)
Les Suisses votent aujourd’hui dimanche par référendum populaire sur la libre circulation des travailleurs avec l’Union Européenne. Il s’agit de reconduire et étendre à la Bulgarie et à la Roumanie des accords sur la libre circulation des travailleurs avec l’Union européenne. Ce vote met en balance des années de coopération entre Berne et Bruxelles. En cas d’issue négative ce scrutin pourrait remettre en question le rapprochement économique entre la Suisse et l’Europe. La libre circulation, en vigueur depuis 2002, est en effet associée à six autres accords facilitant les échanges commerciaux entre la Confédération et les membres de l’UE. En cas de rejet de cette dernière, tous ces accords sauteraient automatiquement selon la “clause de la guillotine”. Alors que les Suisses ont jusqu’à présent toujours plébiscité la voie bilatérale avec Bruxelles, la crise économique pourrait faire cette fois basculer le vote vers le non. La crainte du chômage est le principal argument avancé par la seule force d’opposition aux accords, la droite populiste menée par l’Union démocratique du centre (UDC, animée par Christophe Blocher). en a fait son cheval de bataille, assurant que les Bulgares et les Roumains allaient “voler” leurs emplois aux Suisses. Selon Le Matin-dimanche de Lausanne, d’abord seuls, les petits partis de la droite dure à l’origine du référendum ont pu ensuite compter sur le soutien de l’UDC. Après bien des tergiversations, le parti de Christophe Blocher a opté pour le “non”, au grand dam de son aile économique. Pour les démocrates du centre, qui affirment ne contester que le volet visant Bucarest et Sofia, la décision du Parlement de nouer un seul paquet a été la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

On doit replacer cette “votation” dans la lignée des mouvements plus ou moins xénophobes qui traversent l’Europe de la crise. En Irlande, on se pose la question de la présence massive de travailleurs polonais. Au royaume Uni, des ouvriers manifestent pour obtenir “l’expulsion” de travailleurs migrants italiens, en Espagne de fortes pressions s’exercent pour donner prioritairement les emplois vacants à des Nationaux espagnols. En Italie et en France, les politiques visant à expulser les travaillerus clandestins se ressèrent. Parmi les mesures les plus étonnantes, pour ne pas dire scandaleuses, la proposition d’Eric Besson, un transfuge du PS, ministre de je ne sais plus quoi, en charge de l’immigration : il imagine d’accorder des titres de séjour provisoires aux clandestins qui dénonceraient leurs passeurs. On n’est pas loin de la ” L’Affiche Rouge”, l’affiche dénonçant les “terroristes” étrangers qui participaient à la résistance.

Justice : Yvan Colonna encore accusé, sans preuve

28UTCp28UTC02bTue, 10 Feb 2009 07:59:28 +0000UTC 9,2008

Version amendée, 10 février 2009

Procès Colonna : sous haute surveillance

« Je suis persuadée de la culpabilité d’Yvan Colonna et je trouverais normal et courageux que M. Colonna dise pourquoi il a assassiné mon mari, parce que jusqu’à maintenant, nous n’avons pas de réponse. Il ne nous l’a jamais dit”.

Pas de problème pour la veuve du préfet Erignac, le nationaliste corse Colonna est coupable.
Dans Corse-Matin, Christine Colonna, la sœur du prévenu, s’élève contre cette atteinte à la présomption d’innocence.

« Il est incroyable que l’on puisse par médias interposés « dicter » des consignes à la Justice, justice « spéciale » dont on connaît déjà les contraintes… »

Faute de preuves déterminantes, sur la foi de leur intime conviction, en décembre 2007, pour assassinat et différents autres chefs d’accusation, les magistrats jurés ont condamné Colonna à la réclusion à perpétuité, en première instance d’Assises. Malgré les dénégations réitérées du prévenu. Onze ans jour pour jour après le meurtre de son époux, Dominique Erignac prie toujours Yvan Colonna d’avouer sa culpabilité. Avant ou pendant le procès en appel qui s’ouvre lundi devant la Cour d’Assises de Paris. Il durera du 9 février au 13 mars. La Cour tentera une nouvelle fois de déterminer les circonstances du meurtre et les responsabilités exactes d’Yvan Colonna.
La supplique de Dominique Erignac nous renvoie au 6 février 1998 à Ajaccio. A 20 h 30, le préfet Claude Erignac est assassiné par deux hommes devant le Kallisté, une salle de spectacle, rue du colonel d’Ornano à Ajaccio. Accompagné de son épouse, Claude Erignac devait assister à un concert de musique corse. Les meurtriers l’ont abattu alors qu’il venait de stationner sa voiture à proximité. Les constatations du médecin légiste démontrent que touché par trois balles le haut fonctionnaire est mort sur le coup. Pour le reste, rondement menée mais assez chaotique, l’enquête n’a pas permis de déterminer précisément qui était l’exécuteur. Six « complices » ont été arrêtés dans un premier temps, en 1999, et depuis longtemps condamnés, dont Pierre Alessandri, et surtout Alain Ferrandi qui purge pour sa participation active une peine de réclusion à perpétuité. Mis en cause par les hommes interceptés, Yvan Colonna, un « berger » exerçant à Carghese en Corse du Sud, après quatre ans de « maquis », est à son tour arrêté le 4 juillet 2003 par le RAID, opérant sous la direction du commissaire – aujourd’hui préfet – Christian Lambert, dans une bergerie au lieu dit Monti-Barbatu, à Olmeto, près de Vico. Le jour même, Nicolas Sarkozy, alors Ministre de l’Intérieur, proclame «  nous avons arrêté le meurtrier », une déclaration considérée comme une grave atteinte à la présomption d’innocence. Des poursuites sont toujours en cours pour clore ce volet de l’affaire.
L’enquête policière, les aveux notamment de Ferrandi et Alessandri, et les instructions diligentées par trois juges ont alimenté l’accusation contre Yvan Colonna, considéré comme le principal auteur de ce meurtre.
Au cours des débats il a été tenté de « faire parler » les indices et les témoins pour savoir si Colonna pouvait être présent sur place ou non. Sans entrer dans le détail de son emploi du temps, toute sa famille atteste sa présence à Carghese à 20 h. Or le trajet jusqu’à Ajaccio demande au minimum 50 minutes. En outre, comme il ne possédait pas de téléphone cellulaire, il ne pouvait avoir été mis au courant des déplacements exacts du préfet. Certains représentants du parquet soutiennent que Colonna se trouvait déjà à Ajaccio vers 17 h 30, ce qui n’a pas été démontré.
Dans aucune liaison téléphonique par poste fixe ou cellulaire n’apparaît Yvan Colonna.
Sept personnes ont été identifiées comme témoins directs du crime. Sur les lieux six de ces témoins – dont deux femmes positionnées à moins de deux mètres des tueurs – attestent d’avoir vu deux hommes sur les lieux du crime, et pas trois. Or Alain Ferrandi et Pierre Alessandri ont reconnu qu’ils y étaient. Un seul témoin pense avoir vu une troisième silhouette. En outre dans aucun « tapissage » (procédure de reconnaissance) Colonna n’a été reconnu.
Le docteur Paul Marcaggi, médecin légiste, qui a examiné le corps du préfet dans les heures qui ont suivi l’assassinat a par ailleurs introduit un sérieux doute en affirmant l’homme qui a tiré trois balles dans la nuque du préfet de Corse était “probablement de grande stature […], au moins aussi grand” que la victime, soit 1,83 mètre, alors que Colonna mesure 1,72 mètre.” Cette thèse sera contrebattue par l’accusation et les parties civiles.
Aucun indice matériel, empreintes sur le pistolet, traces ADN ou autres, n’a été recueilli permettant de démontrer que Colonna a manipulé l’arme d’une façon quelconque. Et comme il a été arrêté quatre ans après les faits, un examen des traces de poudre sur sa peau aurait été inopérant.
En clair aucune preuve décisive n’a pu être obtenue quant à la participation directe ou indirecte de Colonna au meurtre. Toute l’accusation repose donc sur les dénonciations de Ferrandi et Alessandri, corroborées par leurs amies pendant les gardes à vue et les actes d’instruction. Quel était la motivation du meurtre ? Quelle était la probabilité de participation de Colonna au meurtre, pour des motifs idéologiques ? A ce détail près que Ferrandi est revenu sur ses aveux, et s’est même accusé personnellement d’avoir été le meurtrier.
Au cours de ce nouveau procès, on revendra très probablement sur la question centrale des preuves. L’accusation et les parties civiles tenteront de contourner cet obstacle pour avancer vers une nouvelle condamnation qui serait cette fois sans appel. Et le tribunal jugera en sachant que sa décision fera l’objet de l’attention la plus vigilante possible dans les « plus hautes sphères de l’Etat ». En clair, le Président ne sera pas indifférent au verdict.

La Cour, composée du Président et d’un jury de huit magistrats professionnels, comme le veut la législation anti-terroriste, est présidée par Didier Wacogne, au parquet l’avocat général Jean-Claude Kross.  L’appel a été interjeté et par Yvan Colonna et par le parquet. Le prévenu est défendu par six avocats : Patrick Maisonneuve ; Philippe Dehapiot ; Antoine et Paul Sollacaro ; Pascal Gabarini ; Gilles Simeoni. Parties civiles Me Benoît Chabert, pour l’agent judiciaire du Trésor, Philippe Lemaire et Jean-Christophe Hanoteau pour Dominique Erignac ; Charles Antoine et Christophine Erignac), Vincent Courcelle-Labrousse pour Robert Erignac, Michel Bonnely pour le Fonds de garantie des victimes d’actes de terrorisme) ; Christian Frémaux, pour le gendarme Daniel Hiernaux,  Caty Richard, pour le gendarme Didier Paniez.
Chefs d’accusation : Destruction d’un bien d’autrui en bande organisée ; Vol avec arme, association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un acte de terrorisme ; Séquestration en bande organisée ; Assassinat ;Violence sur personne dépositaire de l’autorité publique ; Enlèvement en bande organisée ; Participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un acte de terrorisme.

Mon clavier, 9 février

30UTCp28UTC02bMon, 09 Feb 2009 08:35:30 +0000UTC 9,2008

§ En avant papier, le dernier procès d’Yvan Colonna. Cette semaine, je crains de passer plus de temps au Palais de Justice que devant mon clavier.

§ Elections en Israël : à droite, toute

§ Université : Axel Kahn, le président de Paris-5 Descartes abandonne en rase campagne Nicolas Sarkozy et Valérie Pécresse. Le Président de la République s’était réclamé de son soutien lors de son émission télévisée jeudi  Axel Kahn vient de déclarer : “M. le président de la République, vous n’arriverez pas à faire passer ce décret (…).

Israel vote à droite, toute

14UTCp28UTC02bMon, 09 Feb 2009 07:30:14 +0000UTC 9,2008

Les électeurs israéliens sont appelés aux urnes demain mardi pour élire les 120 députés de leur parlement, la Knesset. L’opération Plomb durci a été lancée pour éviter un glissement vers la droite en Israël. C’est raté : tous les pronostics montrent que demain la droite menée par le Likoud de Benyamin Netanyahu va gagner, et même l’extrême droite ! Egalement prévue, la percée d’Israël Beiteinou, le parti d’extrême-droite du député Avigdor Lieberman, qui pourrait obtenir 18 ou 19 sièges.

Mon clavier : 10 janvier, un procès sous surveillance

04UTCp28UTC02bTue, 10 Feb 2009 18:53:04 +0000UTC 9,2008

§ Au procès en appel de l’Affaire Colonna-Erignac. La nouvelle reine des victimes du terrorisme est Dominique Erignac, au milieu de la meute des journalistes. Comme je n’avais pa spris (à tort) mon appareil photo : J’ai raté une grande image, Dominique Erignac assaillie par les journalistes.

§ Un pigeon voyageur corse, en mission secrète à la Cour d’Assises. Vraiment, je ne suis pas sérieux. Mais ce n’est pas moi qui le dit. C’est Verdailhan. Avec un H, de Fance 2.

Sinon, ils étaient tous là. Yvan Colonna, les magistrats en noir, les magistrats en rouge, les greffiers, les huissiers, les gendarmes (plutôt gras, très bien portants), les avocats, les victimes, les journalistes. Un peu de public, dont la famille Colonna, Daniel Herrero, le mythique rugbyman.

§ Même coup que pour la réforme des lycées. Quand il ne savent pas comment s’en sortir, les gens de ce gouvernement s’engagent dans de vraies fausses discussions…  Concertation et décret reporté pour Valérie Pécheresse, consultation exigeant le retour inipiné en métropole pour Yves Jego. De toute façon, dans les deux cas, il s’agit de la même démarche : comment “atermoyer”.

§ Les Suisses ont été raisonnables : ils ont apporté dimanche un “oui”  décisif  59,6 % des suffrages de la Confédération, au référendum sur la reconduction de la libre circulation des travailleurs entre la Confédération et l’Union européenne. 200.000 Européens travaillent en Suisse.

§ Selon Laurent Opsomer, Les joujoux, armes non léthales, qu’il n’est pas recommandé de laisser entre les mains des polices municipales.

§ Même le Sénat américain, plus exactement la minorité républicaine, se montre enfin raisonnable. Le New York Times annonce : le Sénat a approuvé par 61 voix contre 37  “an economic stimulus bill of some $838 billion on Tuesday, clearing the way for negotiations with the House and increasing the prospects that a final piece of legislation can be on President Obama’s desk within days.”

Justice : Colonna et le pigeon voyageur corse

40UTCp28UTC02bTue, 10 Feb 2009 09:07:40 +0000UTC 9,2008

“C’est sûrement un Corse”, lâche Dominique Verdeilhan, avec un H, le chroniquer judiciaire de France 2. En ce 9 février 2009, le journaliste ne parle pas d’Yvan Colonna, qui paraît s’ennuyer ferme dans son box, une cage de verre ; ni d’Edmond Siméoni, l’un de ses avocats, qui force sur l’accent corse.

Non, l’interrogation de Verdeilhan, avec un H, vise un pigeon. Un pigeon égaré dans la corniche de la grande salle d’audience réservée aux Assises. Un des plus beaux décors judiciaires de France avec son immense tapisserie précieuse racontant l’affrontement entre le Roi et ces Messieurs du Parlemnt, vers le XVI° siècle.

Le pigeon est là, blotti dans un coin de la corniche. De temps en temps, il déploie une aile, il se retourne. Observe-t-il la grande tragédie qui se déroule son son regard, aigu ?

Comme chacun le sait les pigeons ont l’oeil très aigu. Mais pourquoi est-il là ? Pourquoi attend-il comme tout le monde que l’heure passe et arrive ? Le lever de rideau devrait être à 10 heures. A 10 heures, le supposé meurtrier qu’on va recommencer à juger n’est pas dans le box. A 10 h 25, le pigeon de retourne. Pas de terroriste dans le box. A 10 h 30, le pigeon bat d’une aile, on en est toujours au même point. C’est alors que Verdeilhan, surtout n’oubliez pas le H, jaugeant la situation, estime que le volatile n’est autre qu’un pigeon voyageur corse, sous-entendu chargé d’espionner pour le compte des nationalistes.

10 h 35. encadré de deux gendarmes, Yvan Colonna s’installe dans son box. il est habillé en rouge et blanc, comme un sportif. Petit signe amical à sa famille. Assis, la tête posée sur son bras, il a l’air de dire : mais qu’est-ce que je fous ici ?

Qu’et-ce qu’il fout ? Pas plus que le pigeon, Colonna n’a l’air de se rendre compte que Dominique Erignac, la femme de préfet assassiné il y a onze ans, attend que la cour obéisse à son injonction : Colonna est coupable, il doit être condamné. Elle n’a pas plus de preuves que la cour, que l’avocat général, que les avocats de la partie civile. Mais elle, elle est convaincue : Yvan Colonna est coupable du meurtre de son mari, à Ajaccio, le 6 février 1998, vers 21 heures.  Et qu’en pense le pigeon égaré dans la corniche de la Cour d’Assises ?

Dominique Eriganc a désormais remplacé Françoise Rudetzki comme icône des victimes du terrorisme, à la sortie de la salle des Assises elle est assaillie par les journalistes assoiffés de sang dégoulinant. Qu’en pense le pigeon, là-haut, sous sa corniche ?

Sécurité : les joujoux (interdits) des polices municipales

59UTCp28UTC02bTue, 10 Feb 2009 10:14:59 +0000UTC 9,2008

Laurent Opsomer se  … gendarme contre les policiers municipaux

Flash ball, Taser, Tonfa, désormais les policiers municipaux disposent de toute la panoplie du policier anti-émeute, y compris le gaz lacrymogène et autre pepper spray. Pudiquement appelées armes sub-létales, c’est-à-dire conçues pour être moins létales que les armes à feu conventionnelles, celles-ci ressemblent souvent à des jouets ; compact, le flash ball s’apparente ainsi à un fusil à eau à première vue.

Mais il ne faut pas se fier à leur aspect innocent, pour ne pas dire enfantin. Ces engins dits à létalité réduite ou atténuée sont capables, comme toute arme, de blesser très grièvement une personne.

D’ailleurs, le Comité de l’ONU contre la torture, un organisme chargé de surveiller l’application de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, est arrivé à la conclusion que l’utilisation du pistolet à impulsion électrique constitue « une forme de torture » et « peut même provoquer la mort de personnes ». Finalement, ces « jouets » sont contraires à l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’Homme, qui stipule que « Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants », tout en étant conformes à l’article 2 de ladite Convention qui précise que

« Le droit de toute personne à la vie est protégé par la loi. [Néanmoins] La mort n’est pas considérée comme infligée en violation de cet article dans les cas où elle résulterait d’un recours à la force rendu absolument nécessaire […] pour réprimer, conformément à la loi, une émeute ou une insurrection. »

Paradoxal ? Assurément ! Mais n’est-il pas déjà incohérent d’accorder aux agents de police municipale l’emploi de telles armes alors que la convention de coordination, obligatoire pour les services de police municipale qui excèdent cinq agents ou dont les fonctionnaires sont armés, spécifie dans son préambule : « En aucun cas, il ne peut être confié à la police municipale de mission de maintien de l’ordre » (cf. décret n°2000-275 du 24 mars 2000) ?

Justice : Colonna, l’orage, incident violent

02UTCp28UTC02bWed, 11 Feb 2009 09:00:02 +0000UTC 9,2008

Philippe Madelin
Yvan Colonna met en cause violemment le Président Sarkozy

Et, soudain, l’orage s’est abattu sur le prétoire. Lors d’un incident violent au cour du nouveau procès en assises d’Yvan Colonna, le nationaliste corse déjà condamné pour meurtre du préfet Claude Erignac, a mis en cause avec virulence le Président Sarkozy pour non respect de la présomption d’innocence.

C’est arrivé sans crier gare, pendant l’interrogatoire de personnalité du prévenu. Le Président Wacogne n’a rien vu venir. A coup de questions débitées sur un ton paternel, le Président était en train d’explorer la vie du « berger corse » quand Colonna a soudain lancé, à brûle pourpoint :

- J’ai quelque chose à dire. Depuis des années il y a une vérité absolue, qui veut que je sois l’assassin. En 2003, lors de mon arrestation, le Président a asséné que j’étais le meurtrier. Il n’y a de présomption d’innocence que pour ses amis. Il affirme : je pense ce que je dis, et je dis ce que je pense. Le Président s’est engagé, il a reçu à de nombreuses reprises les parties civiles (Mme Dominique Erignac). Il lui a même dédié un meeting au Bourget. Il s’est engagé à leurs côtés. Je dis que la Président de la République a pris partie contre moi.

Sans perdre son calme et sa maîtrise, Yvan Colonna s’enflamme. Une vraie joute s’engage avec le Président Wacogne, qui semble dépassé. Quand le magistrat observe que le petit Corse se montre désobligeant vis-à-vis du Président, dans sa cage de verre qui tient lieu de box le berger insiste, avec  sa voix forte à peine marquée d’accent corse, il réitère son accusation.

- Il y a encore trois jours une cérémonie  à la mémoire d’Erignac était organisée dans la cour du Ministre de l’Intérieur. J’affirme que le Président soutient la famille Erignac. Je dis que dans cette enceinte Nicolas Sarkozy est au banc de la partie civile. Il m’a déclaré coupable. C’est le droit du Président de prendre parti à titre personnel. Mais ça n’a rien à voir avec mon affaire.

Les allégations étaient connues, une instance est en cours devant le tribunal civil pour régler cette question. Mais jamais des accusations d’une telle gravité n’avaient été proclamées de façon aussi solennelle, dans l’enceinte d’un tribunal.
On attendait l’incident, mais pas sitôt. Du coup le Président Wacogne en est resté presque sans voix. Et, de façon étonnante, ni les parties civiles pourtant si promptes à ne pas respecter la présomption d’innocence, ni surtout l’Avocat général Jean-Claude Kross n’ont jugé bon de réagir, d’entrer dans le débat.
L’avocat général en a même presque oublié de jouer les méchants procureurs. Alors que l’interrogatoire de personnalité se poursuivait, pour demander à Colonna de recommander aux siens de venir témoigner en sa faveur, loin de se fâcher, Jean-Claude Kross a plaidé avec toute la force de son humanité proverbiale. L’orage était passé. L’incident risque de laisser des traces et de peser sur la suite du procès

Mon clavier : 11 janvier. Le Président mis en cause

41UTCp28UTC02bWed, 11 Feb 2009 08:20:41 +0000UTC 9,2008

§ Toujours sur Colonna, 2° jour : l’orage au tribunal, le Corse prend à partie le Pdt Nicolas Sarkozy. Et surtout, il faut que vous le sachiez : le pigeon de la Cour d’Assises s’en est allé. Peut-être s’est-il envolé. A moins que les Nemrods du Palais de, Justice, alertés par la presse et par moi-même ( je n’oserais pas le penser !) ne soient partis en chasse pour débusquer le pigeon. Le pire est qu’il soit vraiment rentré dans son pays, pour informer les foules qu’il se passe de drôles de choses, à la Cour d’Assises.

§ Israël : poussée non décisive de la droite

§ Universités : la rue continue à parler

§ Outre-mer : Fillon refuse d’aider Jego à résoudre la crise. Quel gouvernment !

Israël : la droite pousse, sans décision

57UTCp28UTC02bWed, 11 Feb 2009 08:18:57 +0000UTC 9,2008

Lzes élections anticipées en Israël n’ont pas vraiment permis d’éclairer le paysage politique toujours aussi confus, sans majorité claire. Principal cause : le scrutin proportionnel, très démocratique mais tout aussi peu propice à l’efficacité. Selon l’Agence Metula, le premier fait  est que Tzipi Livni et son parti Kadima arrivent en tête.

Derrière eux, avec une réussite moindre que prévu, toutes les autres formations sont soit en recul.

Alors que le Likud n’avait pas quitté la tête des intentions de vote depuis près d’un an , le Premier “non gagnant” Binyamin Netanyahu,  crédité de deux sièges de moins que sa rivale centriste (30 à 28 ou 29 à 27).

Lieberman et son parti populiste  Israël Beinténou (Israël notre maison) a fait beaucoup moins bien que ce qu’on lui prédisait. Avec les 14 ou 15 sièges qu’il obtient, ce parti, principalement russophone, n’a rien pris au Likud.

Les observateurs sur place estiment que Netanyahu risque de ne pas pouvoir prendre la tête d’une coalition gouvernementale
.

Délation : j’ai l’esprit tordu

11UTCp28UTC02bThu, 12 Feb 2009 08:52:11 +0000UTC 9,2008

Eric Besson, le ministre de l’Immigration, a tout à fait raison, il faut avoir l’esprit tordu comme lui pour ne pas voir un esprit de délation dans les mesures qu’il propose à propos des travailleurs immigrés.

Forcément, je ne suis pas d’accord avec lui quand il proclame, et à Londres, le mercredi 11 février qu’il n’y a “que des élites tordues pour parler de délation”, à propos de sa circulaire prévoyant la délivrance de titres de séjour en échange d’une coopération au démantèlement de filières clandestines”.

J’ai l’impression que M. Besson ignore que pour “coopérer avec la police pour identifier  les juifs et les terroristes résistants”, des dizaines de milliers de Français ont envoyé aux autorités pendant l’Occupation leurs contributions ( anonyme) au rétablissement de l’Ordre.

Mon Clavier : 12 février

39UTCp28UTC02bThu, 12 Feb 2009 16:00:39 +0000UTC 9,2008

§ Ainsi que l’atteste Eric Besson, j’ai l’esprit tordu puisque je vois un esprit de  délation dans sa politique

§ 5,5 milliards d’euros pour les bagnoles. Pour sauver l’emploi. L’emploi. Ce qui n’empêche pas PSA d’annoncer 3000 licenciements. Une manière de remercier Mon Président pour son cadeau de soutien ? On annonce 285000 chômeurs de plus en France en 2009.

§ La grogne universitaire

§ Pas de chance pour la tribu Sarkozy : après le casse perpétré chez Cecilia à Neuilly, c’est au tour du frère François Sarkozy d’être victime d’un cambriolage. Toujours à Neuilly. Nouvelle confirmée par la police mardi dernier. Les voleurs-acrobates sont passés par une porte-fenêtre du 5° étage. Conclusion : 1/ la ville de Neuilly est très dangereuse ;2/ Il est encore plus dangereux d’être apaprenté au Président.

Justice : colonna ne cause pas, il laisse parler les témoins

23UTCp28UTC02bThu, 12 Feb 2009 09:07:23 +0000UTC 9,2008

Ce doit être terrible d’assister au récit de sa propre vie sans pouvoir parler. Yvan Colonna semble le penser tant l’ennui est peint sur son visage quand il doit écouter les témoins qui se succèdent à son procès. Il a tort, pourtant. Car cette tragi-comédie devrait être pour lui une bonne occasion d’élargir sa culture. Il a commencé hier par améliorer la nôtre en expliquant au Président de la Cour d’Assises quelles sont les contraintes de l’élevage des chèvres. Aujourd’hui, les témoins ont expliqué comment une gendarmerie était mal protégée, en Corse, en 1997.

Ils nous ont tout dit sur les explosifs, dynamite type C4 ou F15 ; sur la conservation des armes de poing, comment éviter la corrosion des armes : surtout ne pas les envelopper dans un chiffon, car ça maintient une atmosphère humide qui facilite la corrosion ; sur les techniques d’enquête de la gendarmerie en milieu hostile, avec un groupe de spécialistes immergés dans le centre de la Légion de Calvi, et le GIGN ; comment l’enquête sur un meurtre, meurtre d’un préfet, certes, bloque et annule l’enquête sur la destruction d’une gendarmerie.

Le plus étrange : on a entendu M. Wacogne, digne Président de Cour d’Assises, développer pendant plus d’une demi-heure toutes les théories et les revendications les plus échevelées des nationalistes corses.

En effet la procédure lui impose de relire à haute voix toutes les revendications des groupes corses plus ou moins suspectés dans ce dossier Colonna, quand elles sont versées en procédure. Un Président de Cour d’Assises en porte-parole des militants politiques corses. amusant, non?

Religion : les fous de Jérusalem

47UTCp28UTC02bThu, 12 Feb 2009 09:15:47 +0000UTC 9,2008

A propos des élections israéliennes, mon ami m’écrit de Nétanya : On dit :”il y a autant de partis politiques due de juifs…”
Il y a des juifs ultra orthodoxes pour qui Israel ne peut être rétabli que par le messie ; et donc, l’Israël d’aujourd’hui est une insulte à la face de dieu.
Ce qui amène à toutes les dérives.
Heureusement, ils sont très peu nombreux, mais groupés sur une place donnent l’impression de foule.
Il y a un ou deux ans, un de leurs chefs a été reçu, embrassé, chouchouté par le président iranien Amadinedjad.
Heureusement, le peuple israélien est un modèle de démocratie, ce dont il vient de fournir la preuve hier. C’est vrai que le système ne facilite pas la gouvernance (voir nos anciennes républiques) mais tous peuvent être représentés, jusques et y compris les partis arabes israéliens reconnaissant le hamas.
Il faut se souvenir qu’Israël est la seule démocratie de tout le proche orient et que, de mémoire d’homme, jamais deux démocraties ne se sont fait la guerre.
La conclusion s’impose !

Justice, Colonna : l’accusation court après ses preuves

12UTCp28UTC02bFri, 13 Feb 2009 09:12:12 +0000UTC 9,2008

Procès Colonna : la Défense harcèle l’accusation, à court de preuves.

Long bras de fer parfois violent entre l’Accusation et la Défense dans le procès Colonna qui se poursuit devant la Cour d’Assises de Paris. Lors du premier round, l’accusation avait réussi à marquer un point important en obtenant d’établir sans grande marge d’erreur que le tueur du préfet Erignac, le 6 février 1998, devait être beaucoup plus petit que le haut fonctionnaire.
Pour parvenir à cette conclusion avait été utilisé le témoignage, alors considéré comme flou, du Dr Paul Marcaggi, le médecin légiste qui avait examiné le corps du préfet. Il en ressortait que le tueur devait être beaucoup plus petit que le préfet. Sous-entendu, ce qui correspond à la stature d’Yvan Colonna. Les parties civiles et le Ministère public ont tenté aujourd’hui de renouveler leur performance. Mais le Président Wacogne ne leur a pas permis. Plus exactement, quand le parquet et les parties civiles ont voulu se référer à la déposition du Dr Marcaggi, en première instance, le Président le leur a interdit : « Dans un procès en appel d’Assises, les débats de première instance n’existent pas ».
Or le Dr Marcaggi a obstinément refusé d’entrer dans le jeu de l’accusation, et de déterminer la taille approximative du tueur. Exit le « petit Corse ».
Pour enfoncer le clou, faute d’une expertise balistique officielle, la Défense a commandé un rapport de balistique à un expert indépendant, mais non agréé, Aurèle Mannarini.
C’est l’un des nombreux épisodes de la guerre qui oppose l’Accusation et la Défense. Les avocats de Colonna ne ratent pas une occasion pour pointer les graves insuffisances du dossier. Par exemple : pas d’expertise balistique pour corroborer l’expertise de médecine légale ; pas d’enquête complémentaire sur un Peugeot blanche dotée de fausses plaque d’immatriculation partie en trombe des lees lieux, le soir du meurtre..
Egarements de l’enquête vers la « piste agricole » qui s’est révélée plus que fumeuse. La Défense ne cesse de houspiller l’accusation, de démonter les arguments, de dénoncer l’absence de preuves.
Le plus curieux est que le Président Wacogne vient souvent au secours de la défense, par souci d’honnêteté que d’aucuns pourront considérer comme excessive. On sent souvent que le Président craint par dessus tout d’être taxé de partialité, de montrer qu’il aurait pu subir des pressions.
Cette journée de jeudi avait commencé par les témoignages de la famille Erignac, frère, enfants, femme. Au plan de la dramaturgie, on attendait beaucoup de cette audition. Or cette séquence a été bien décevante. La famille s’était repliée sur elle-même.
Dominique Erignac avait-elle trop souvent sommé Yvan Colonna d’avouer, piétinant avec ardeur toute forme de présomption d’innocence ? Ses avocats lui ont conseillé la prudence, plus question d’interpeller Colonna, elle s’est contentée de fustiger d’une petite voix « Le sens de l’honneur corse », qu’elle n’a pas rencontré.
Pas de tragédie, pas de drame, juste chez la fille du préfet quelques larmes et des mains torturées par la détresse. Sinon, rien d’autre qu’un portrait hagiographique du préfet, un saint homme, bien que protestant et quelque peu rigide.
Quant à la veuve, Dominique Erignac, qui ne se pardonne pas d’avoir laissé son mari aller seul dans la rue, le soir du meurtre, le souffle du désespoir a été coupé net par les instructions de ses avocats. Elle a lu un long texte, où, pour l’essentiel elle a parlé d’elle, de sa solitude, de son angoisse tout au long de ces onze années passées depuis le meurtre.
Quand le Président demande à Yvan Colonna de se prononcer, il refuse de parler. « On me reproche encore mon cynisme et mon manque de cœur. » Donc, le silence.

Mon clavier, 13 février

35UTCp28UTC02bFri, 13 Feb 2009 10:30:35 +0000UTC 9,2008

§ Procès Colonna : la Défense harcèle l’accusation, à court de preuves. Je reviendrai demain sur les incidents qui ont émaillé cette journée de vendredi. Et pour vous distraire, une image étonnante : un journaliste de FR3 Corse enregistrant son plateau de commentaire en plein coeur du Palais de Justice. En Corse. Les indépendantistes contamineraient-ils déjà le coeur de la République ?

§ Casse industrielle : Air France, Caterpillar, les Trois Suisses, 300 000 chômeurs annoncés

§ L’irak au lieu de la Guadeloupe, le tapis rouge au lieu des quolibets, des huées, des tomates et des oeufs pourris

Casse industrielle : Caterpillar, Trois Suisses, Air France

53UTCp28UTC02bFri, 13 Feb 2009 10:04:53 +0000UTC 9,2008

Le “pôle emploi” est comme chacun le sait la nouvelle dénomination de l’ANPE. Or, à peine en place, ce Pôle peine. L’UNEDIC prévoit pour l’année un minimum de 283 000 nouveaux chômeurs.

Au martyrologue aujourd’hui, pour la France :

- Peugeot, comme indiqué avant hier, 3000 suppressions d’emplois. Mais il paraît que ce ne sera pas en France. Les initiatives de mon Président pour rapatrier en France des usines délocalisées en Europe de l’Est contribuent à tendre les relations, notamment avec l présidence tchèque de l’Union européenne.

- ce matin : Caterpillar, 733 suppressions d’emplois

- Site de vente par correspondance Trois Suisses : 674

- Air France-KLM : la compagnie franco néerlandais s’attend à de mauvais résultats financiers et prévoit 1000 à 1200 suppressions de postes. Pas de licenciement, mais non remplacement après départ en retraite ou démission.

Guadeloupe : Mon Président aime les tapis rouges

29UTCp28UTC02bFri, 13 Feb 2009 10:30:29 +0000UTC 9,2008

Curieuse initiative de Mon Président, cette semaine : mardi il rend une visite impromptue à l’Irak, à son Président. Pour renforcer les liens économiques, affirme-t-il. Pourquoi ne pas avoir été aussi en Guadeloupe, puisque mon Président aime tant voyager ? Pourquoi avoir envoyé à l’abattoir le malheureux Yves Jego, le Secrétaire d’Etat à l’Outre mer (ex colonies…), avec mandat de négocier, mais sans marge de négociation ?

Il va, il revient à Paris pour soumettre ses avancées au Premier Ministre, qui n’en a rien à cirer, voilà Jego reparti en Guadeloupe, flanqué de deux “Go between”, il les laisse sur place et le voici de retour ce matin. Jego apparaît être un négociateur avec mandat de ne pas négocier.

Le collectif Liyannaj kont pwofitasyon (LKP, Ensemble contre la surexploitation), à l’origine de la grève générale qui paralyse la Guadeloupe depuis le 20 janvier a bien compris le message : il a suspendu les négociations avec les médiateurs du gouvernement français jeudi 12 février. Le collectif qui rassemble 49 organisations, exige que l’Etat s’engage dans le pré-accord conclu la semaine dernière avec le patronat et les collectivités locales. Refus net de François Fillon de consentir à la rallonge nécessaire.

“De passage” à la Martinique, Yves Jego a confié à l’envoyée spéciale du Monde (13 février)  :

Je n’ai jamais fait de promesses sur les salaires et je défie quiconque de trouver un écrit ou un enregistrement qui prouverait le contraire. Une loi de développement de l’outre-mer va arriver au Parlement, destinée à conforter l’économie. Voilà qui relève de l’Etat. Mes seules interventions ont porté sur l’évolution de ce texte […]

Le monde traverse une crise économique grave et les territoires éloignés de la métropole vivent cette crise de façon encore plus aiguë. Je n’en suis pas surpris. Nous avons d’emblée prévu que les mesures du gouvernement pour les Antilles s’appliqueraient à tous les territoires. C’est un plan global pour l’outre-mer que nous sommes en train de construire.

Incidemment, il faut vraiment aimer participer au pouvoir pour qu’un homme comme Yves Jego accepte d’être ainsi traité de larbin.

Il faut dire que le conflit de Guadeloupe, inspiré par un affrontement identique en Guyane, est en train de déborder. La Martinique est déjà en Grève, à l’autre bout du monde la Réunion a décidé de suivre l’exemple.

Je reviens à ma question : pourquoi Mon Président, qui aime tant traiter lui-même toutes les questions ne va pas à Pointe à Pitre pour discuter directement ? Il devrait se souvenir que la Guadeloupe a toujours été turbulente, que derrière la majorité socialiste, le mouvement indépendantiste est très présent.

Sa réaction est en fin de compte assez molle. il a annoncé vendredi 13 février, en conseil des ministres la création d’un Conseil interministériel de l’Outre-Mer, mis en place “sans délai”. Mais ce Conseil ne sera pas opérationnel avant plusieurs mois…
Le Président Nicolas Sarkozy a flanqué sa décision d’une belle déclaration en forme d’intention :

“Cette crise sociale aux Antilles doit nous interpeller collectivement (…). C’est pour cette raison que je souhaite que l’on mette en place, comme je m’y étais engagé pendant la campagne présidentielle, un conseil interministériel de l’Outre-Mer, sans délai”,  “Ce conseil se réunira, dans les prochains mois, pour faire des propositions sur la rénovation de la politique menée par l’Etat en Outre-Mer”. “Plus que jamais, l’Etat doit être juste, il n’est au service d’aucun groupe, d’aucune catégorie sociale (…).

La société antillaise a le sentiment aujourd’hui qu’elle n’est pas entendue. Nous devons continuer à nous battre, tous les jours, pour que la République fasse une plus grande place à tous ceux qui incarnent la diversité de la France”. […] La crise sociale en Guadeloupe et en Martinique traduit, au-delà de la question du pouvoir d’achat (…), un problème plus profond de société […] “Il ne peut y avoir de société à deux vitesses où une catégorie sociale progresse alors qu’une autre stagnerait et resterait dépendante des prestations sociales”.

Les Smicards guadeloupéens apprécieront certainement. Je me répète : pourquoi ne pas aller là-bas ? J’émets une hypothèse : Mon Président Nicolas Sarkozy préfère le tapis rouge de Bagdad aux quolibets, huées et autres jets de tomates de Pointe à Pitre ; les courbettes intéressées des officiels irakiens aux revendications des populations dans ces îles que l’on dit françaises.

Université : un mathématicien et un responsable universitaire expliquent quel est leur vécu

32UTCp28UTC02bTue, 24 Feb 2009 09:27:32 +0000UTC 9,2008

Le statut des enseignants-chercheurs dans les universités :Valérie Pécresse va recevoir les orgnisations syndicales représentatives et les Présidents d’université et de la médiatrice.

Pour cadrer, les éléments à ma disposition.

Je reçois les communications régulières de « Sauvons la Recherche » depuis que j’ai soutenu mon doctorat à l’Université d’Evry. En outre, à ma demande, un de mes amis mathématicien de très haut niveau, vous savez ces types pas farfelus qui valent à la France une immense réputation, m’adresse tout ce qu’il peut comme liens après m’avoir exposé sa position.

Même s’il est descendu dans la rue,  et s’il y reviendra , le débat sur le statut des enseignants-chercheurs de l’Université reste assez obscur, et pour être plus précis, élitiste pour le grand public. Pourquoi ces privilégiés de la Société (?) s’en vont-ils manifester comme de vulgaires travailleurs ouvriers.

Dès la première manifestation, la participation a été massive, puisque la quasi totalité des enseignants-chercheurs s’est jointe au mouvement : ils sont 57 000, ils étaient sans doute plus de 50 000 sur le pavé.

Mon Président Nicolas Sarkozy n’a-t-il pas lancé voilà quelques jours que ces chercheurs n’étaient guère crédibles puisque la recherche en France est mauvaise. La charge était évidemment politique. Les chercheurs, et enseignants-chercheurs, n’ont guère apprécié. Observant au passage que dans plusieurs domaines, la France est excellente malgré la faiblesse des moyens consacrés à ce domaine : les mathématiques – plusieurs médailles Field attribuées à des chercheurs français -, la physique fondamentale, la médecine, avec une foultitude de Prix Nobel…

Je pense que le vrai problème tient au fait que Notre très cher Président, non content de ne guère apprécier les chercheurs – suspectés d’être massivement à gauche – ignore même ce qu’est la recherche, ce que signifie le mot recherche. Il confond ce concept avec le Développement des technologies appliquées. En plus, assène un de mes amis chercheurs (mais socialiste, je le précise), Mon Président détesterait la liberté.

Or, sans recherche fondamentale, il ne peut y avoir de développement des sciences expérimentales et de la technologie.

Mon Président et ses affidés voudraient que la Recherche soit toujours rentable. C’était leur idée quand a été initiée l’ANR, Agence nationale de la Recherche, dont la principale fonction est de répartir les crédits entre les laboratoire de recherche. Or, justement, on ne peut jamais affirmer d’avance qu’une recherche aboutira ou non. Ni dans l’immédiat, ni plus tard. Un des plus beaux exemples sont les étranges machines de Leonardo Da Vinci : il a fallu cinq siècles pour qu’elles deviennent des objets concrets.

Il est prévu que les recherches soient menées sur projets, et ensuite évaluées, entre autre par l’AERES (Agence d’évaluation de la Recherche et de l’enseignement scientifique). Une recherche sur projet, c’est répondre à la question avant de l’avoir posée.

D’où le malaise profond des enseignants-chercheurs, tous enseignants dans le monde universitaire, tous chercheurs dans de multiples laboratoires.

“On voudrait, m’explique avec la véhémence contrôlée de rigueur dans son monde, Marc C, un mathématicien du plus haut niveau possible, en son temps vainqueur des concours pour Normale Sup’ et Polytechnique. J’ai choisi Normale Sup’. C’et-à-dire que j’ai choisi une vie d’universitaire avec des salaires modestes, en contrepartie d’une totale liberté de recherche.”

Une totale liberté au demeurant inscrite dans la Constitution

En 1984, rappelle Dominique Rousseau dans Le Monde (28 janvier 2009), le doyen Georges Vedel, alors membre du Conseil constitutionnel, fait consacrer la valeur constitutionnelle du principe d’indépendance des professeurs d’université, quand il fait sanctionner, par la décision du 20 janvier 1984, les règles d’organisation de l’université qui y portent atteinte, il fonde son raisonnement sur une liberté, « la liberté du citoyen », qui, dit-il, est toujours « première ».

Depuis, un autre de mes proches qui souhaite rester anonyme, lui-même titulaire d’un doctorat, responsable de haut rang dans une université de province, me raconte son vécu:

Je ne suis pas en charge de la réforme de l’université française, je  suis maître de conférences, chef d’un département au sein d’une  université française, avec comme responsabilités la gestion de 600  étudiants, 30 enseignants permanents, 6 personnels administratifs, une  cinquantaine d’intervenants professionnels, huit cycles de formation,  la mise en oeuvre des politiques et actions pédagogiques, d’insertion  professionnelle des étudiants, relationnelles avec les entreprises, à l’international, budgétaires,…, plus assurer les cours dont j’ai la  charge et lorsque j’en trouve le temps préparer une communication pour  un colloque scientifique.

Si la qualité de mon travail et celui de mes collègues se juge par la  satisfaction de nos parties prenantes (étudiants, familles des  étudiants, entreprises, la hiérarchie de l’université, les collègues  eux mêmes et leur satisfaction au travail), il me semble que nous  travaillons plutôt bien.

Et d’un point de vue général, les français et les entreprises
françaises sont, je crois bien, contents de leur université.
Par contre, si l’on en juge la mobilisation actuelle des enseignants  et des étudiants, je ne crois pas que l’on puisse dire que les parties  prenantes du Ministère en charge de l’enseignement et de la recherche  soient très satisfaites !

Faire croire que certains ne font pas bien leur travail alors que soit  même on n’en est pas capable à de quoi faire bondir les gens. C’est  tout simplement ce qui se passe.
Dans la communauté universitaire, certains s’orienteront davantage  dans l’administration, d’autres dans la recherche et d’autres dans  l’enseignement. Tous sont soumis au jugement de la ligne hiérachique  universitaire, des bénéficiaires de ce service public qu’est  l’enseignement supérieur et des comités scientifiques pour ce qui est  de la recherche. La répartition et l’évaluation des tâches au sein de  l’université s’effectue par des personnes élues, diplômées, expertes  dans leur domaine et mues par un véritable esprit du service public.

Tout est toujours perfectible, mais la voie de l’amélioration continue  de l’université choisie ces derniers temps ne semble apparemment pas  la bonne !

Pour ma part, je trouve scandaleux que les universitaires (ainsi que  les étudiants) soient contraints de manifester, d’organiser des  assemblées générales et des réunions de travail sur la réforme parce  que d’autres n’ont pas fait correctement leur travail en amont, tout  en continant leurs activités et en voyant leur salaire diminué parce  qu’obligés de s’inscrire comme grévistes (pour que les statistiques du  Ministère rendent compte de la désapprobation !). Sans parler des
étudiants qui ont autre chose à faire que de manifester !

Voilà en quelques mots mon petit coup de gueule. Etant donné que l’on ne m’a pas  sollicité, comme d’ailleurs nombre d’universitaires, que le Ministère   se débrouille avec des coups de gueule anonymes pour comprendre  vraiment la situation.

Mon clavier, 14 février

34UTCp28UTC02bSat, 14 Feb 2009 09:00:34 +0000UTC 9,2008

§ L’université : les raisons fondamentales du conflit. C’est la politique contre la recherche (billet à venir). Je pensais pouvoir le terminer vendredi, mais je n’ai pas eu le temps.

§ Procès Colonna :rebondissement et renvoi du procès ?

§ Puisque j’y suis, je vous rappelle que le texte de mon roman “Nuits bleues” est disponible sur mon blog, en page fixe. Pour l’atteindre, cliquer sur la page éponyme, et, dans la page, sur le texte du roman. Bonne lecture. Le roman se déroule sur fond de nationalisme corse, paradigme de tous les nationalismes.

§ Etats-Unis : Obama finit par obtenir le vote de son plan de relance, malgré l’obstruction des Républicains. Les deux chambres du Congrès américain ont adopté vendredi ce plan de relance économique de 787 milliards de dollars, donnant au président Barack Obama une première victoire législative majeure.Le Sénat a approuvé le plan de relance par 60 voix contre 38, après le vote de la Chambre des représentants par 246 voix contre 183.

Procès Colonna : itinéraire d’un scandale

46UTCp28UTC02bSat, 14 Feb 2009 12:45:46 +0000UTC 9,2008

“Il y a peut-être deux hommes dans la nature qui ont participé à l’assassinat du préfet (…) Cela m’est insupportable.”

Didier Vinolas est témoin cité par la Défense d’Yvan Colonna. Il est commissaire de police en position détachée à la Mairie de Paris, mais surtout ancien Secrétaire général de la Préfecture d’Ajaccio quand Claude Erignac était en fonction. Sa déclaration a jeté la stupeur dans le prétoire hier, à la Cour d’Assises de Paris.

Le policier affirme tenir depuis septembre 2002 ces “deux noms” – qu’il a refusé de révéler – d’un informateur anonyme, et les avoir transmis quelques jours plus tard au procureur Yves Bot. Celui-ci s’apprêtait alors à prendre la tête du parquet de Paris avant de devenir, en 2005, procureur général de Paris et aujourd’hui avocat général à la cour de Justice des Communautés européennes à Luxembourg.

Vinolas a précisé avoir aussi transmis les noms de deux suspects, en février 2004, à Christian Lambert, ancien chef du RAID, qui doit déposer vers la fin du procès, et à Charles-Antoine Erignac, le fils du préfet, membre du cabinet de Philippe Lemaire, avocat de la famille Erignac. Me Lemaire ne s’en est pas moins déclaré stupéfait.

“Je me dis qu’il y a peut-être d’autres personnes ayant participé à l’assassinat” qui n’ont jamais été arrêtés, a poursuivi le commissaire divisionnaire. Déjà témoin au premier procès de Colonna fin 2007, il n’avait jamais évoqué cette hypothèse, mais s’est décidé à en parler en appel pour “aider les magistrats à forger leur intime conviction”, évoquant aussi du “risque de laisser condamner un innocent”.

Apparemment, aucune recherche n’a été entreprise pour corroborer cette information.
Et c’est la vraie question posée par cette déposition fracassante. L’enquête sur le meurtre du préfet a-t-elle été menée jusqu’au bout ?

Le problème mérite d’autant mieux d’être posé que sur plusieurs autres points on relève d’importantes lacunes dans le dossier d’accusation : n’y figure aucune expertise balistique « officielle » ; l’expertise médico-légale conduite par le Dr Paul Marcaggi est remise en causse sans cesse par les parties civiles ; n’a pas été effectuée non plus l’identification d’une 205 GTI blanche dotée de fausses plaques d’immatriculation, citée par plusieurs témoins comme présente sur les lieux et partie en trombe ; …

Ces lacunes sont autant de balises sur l’itinéraire d’instructions conduites de façon pour le moins critiquables. Les juges d’instruction avaient conclu à la culpabilité d’Yvan Colonna.

Sans la moindre preuve matérielle, uniquement sur la base de dépositions d’autres hommes impliqués dans le meurtre, et qui sont d’ailleurs revenus sur leurs dénonciations.

Cet itinéraire nous conduit de façon très directe vers un énorme scandale annoncé : alors qu’il a été dénoncé par Nicolas Sarkozy comme le coupable du meurtre, Yvan Colonna pourrait être étranger à l’affaire. Donc innocent. Ce qu’il a toujours soutenu.

Son éventuelle culpabilité, martèlent ses avocats, pourrait ne pas être démontrée du tout.

Ce soir, les avocats de la Défense vont demander un « complément d’enquête ». Ce qui conduirait à la suspension du procès.

§ Si j’y arrive, ce soir j’ajouterai quelques mots à propos d’un avocat coupeur de tête, Benoit Chabert qui confond son rôle de Partie Civile pour l’Etat avec celui d’un bourreau exécuteur des Hautes oeuvres. J’étais prévenu, me voici édifié. Pour lui, quoi qu’il arrive, Colonna est coupable. Comme si Maître Chabert n’avait pas suivi des études de droit, où on apprend le sens de la preuve et de la présomption d’innocence, comme s’il n’était pas avocat, c’est-à-dire un défenseur de la Veuve et de l’Orphelin, pas un procureur égaré.

Quelques mots aussi à propos de certains confrères, que je citerai pas par… confraternité, qui eux aussi se prennent pour des procureurs, en oubliant leur rôle de raconteurs d’histoire. Certains avaient condamné Colonna dès le premier procès en Assises, les mêmes récidivent grave.

Justice, Colonna : mascarade et tempête

30UTCp28UTC02bSun, 15 Feb 2009 00:47:30 +0000UTC 9,2008

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Cette image de la conférence de presse des avocats de Colonna rend bien compte du climat d’ouragan qui pèse désormais sur le procès du “berger” corse. Me Sollacaro lance : nous ne pouvons pas participer à une telle mascarade. Images : Ph.Madelin

Avant le procès Colonna, les “observateurs avertis” (en réalité une source de grande qualité) s’attendaient à la multiplication des incidents provoqués par les avocats de la Défense. Je pense qu’on ne prévoyait pas une telle tempête.

La déposition du commissaire Didier Vinolas vendredi est à l’origine de cet ouragan. Présisons qu’il était cité par la famille Eriganc – qui n’en demandait sûrement pas autant – ,  et non par la Défense. Ce témoignage a permis aux avocats de découvrir qu’un certain nombre d’éléments du dossier Colonna avaient été cachés avant l’audience.

En particulier une lettre du témoin à Didier Wacogne, qui préside la Cour d’Assises, pour lui annoncer la teneur de sa déposition. Le magistrat assure qu’il ne l’a pas lue, et, ce matin, le porte-parole du parquet général estime que c’est normal, une lettre n’entrerait pas dans le système de l’oralité de débats.

Plus grave, estiment les avocats, des informations transmises par Vinolas à toutes les autorités dès 2002 et renouvelées à de nombreuses reprises, n’ont pas été exploitées au stade de l’enquête.

“Entrave à la manifestation de la vérité”, tonne Me Sollacaro.”Il n’est pas question d’aller plus loin sans obtenir des réponses précises du Pdt de la Cour d’Assises”. “Pourquoi nous avoir caché des éléments fondamentaux du procès ?”

A partir de là, tout s’enchaîne sur le thème du procès truqué. On présente Yvan Colonna comme la victime d’une affaire d’Etat.

On s’écrasait samedi dans le petit bureau parisien de Me Garbarini, l’un des avocats de Colonna. Le grand jeu n’est plus du côté de la famille Erignac, du parquet et des parties civiles, mais du côté d’Yvan Colonna et de la Défense. Les journalistes ne s’y sont pas trompés : ça sent la tragédie. Le plus grave dossier de justice depuis des lustres, dénonce Me Gilles Simeoni. Les avocats sont déchaînés.

La Défense dénonce une fois de plus les lacunes de l’enquête : apparition d’un rapport antidaté déjà signalé lors du procès initial. Disparition d’écoutes judiciaires à décharge pour l’accusé. On n’enquête pas sur la Peugeot blanche aux fausses plaques d’immatriculation présente sur les lieux. On n’enquête pas sur les deux “inconnus” signalés à de multiples reprises par le Commissaire Vinolas.

Cette affaire ne pouvait laisser indifférents les “médias” en retard d’un train. Ainsi va la presse. Pas d’indifférence, mais de la surenchère : Madiapart, sous la signature de Fabrice Lhomme, croit donc pouvoir avancer que dès 2002 l’information dévoilée par le commissaire Vinolas était parvenue jusqu’à Nicolas Sarkozy, alors Ministre de l’Intérieur.

Elle lui aurait été transmise par  Yves Bot, alors procureur de Nanterre. Le procureur refuse de s’exprimer, mais il déclare souhaiter être entendu par la Cour d’Assises.

Dans la foulée, les avocats assènent : il serait nécessaire de reprendre à zéro toute l’enquête sur l’assassinat d’Erignac. Mais à qui la confier ? Peut-on avoir confiance dans des policiers et des magistrats accusés de truquer leurs investigations ?

On évoque même une requête en suspicion légitime. Quand la décision sera-t-elle prise ? Réponse un peu sybiline de Christine Colonna, la soeur ainée d’Yvan : On avance en marchant. Me Garbarini précise : tout dépendra des réponses du Pdt Wacogne à nos questions, savoir comment il justifiera tous ces errements.

p1030300

Christine Colonna (photo Ph.Madelin)

“Nous allons porter plainte contre X pour entrave à la vérité. Si les réponses ne sont pas satisfaisantes, nous ne participerons plus aux audiences.”

Les propos des avocats ont le mérite d’être clairs.

Le 15 février sur RTL Me Benoit Chabert, avocat de partie civile pour l’Etat, estime que les révélations de l’ex-collaborateur du préfet Claude Erignac, Didier Vinolas, “ne changeaient pas sa lecture du dossier” et n’avaient “aucune conséquence sur la culpabilité d’Yvan Colonna”.

Chabert est-il avocat ou juge ? Ne serait-il pas utile qu’il recommence ses études de droit pour apprendre que l’avocat ne peut pas se substituer au juge ?

Mon clavier, 15 février

16UTCp28UTC02bSun, 15 Feb 2009 09:44:16 +0000UTC 9,2008

§ Affaire Colonna : Une conférence de presse tempétueuse et de graves mises en cause qui remontent jusqu’au Président de la République.

Attention : je suis obligé de mettre à jour mon billet de façon régulière, afin d’intégrer les informations les plus récentes. Même comme écrivain et blogueur je ne peux oublier que je suis journaliste. Cette violente polémique qui se développe d’heure en heure, et son contexte corse me ramènent bien loi en arrière. Quand j’opérais pour l’AFP, en mes débuts de carrière, et surtout quand j’allais en Corse, plus d’une quarantaine de missions en tout pour le compte de TF1, plus quelques voyages complémentaires. Dont un en janvier 2008 au cours duquel j’ai pu vérifier des points importants du dossier : examen des lieux, et surtout mesure du temps nécessaire pour aller de Carghese à Ajaccio, un soir d’hiver.

§ J’ai franchi hier soir le cap des 11000 visites uniques.

§ Et du coup, j’ai oublié de relever un événement capitale : le PSG est 2° de la Ligue 1 de football. Un rang depuis si longtemps attendu !

Mon clavier, 16 février

45UTCp28UTC02bMon, 16 Feb 2009 08:30:45 +0000UTC 9,2008

§ Il va y avoir du sang, ce matin : il faut s’attendre à des échanges musclés ce matin à la Cour d’Assises devant laquelle comparaît en appel Yvan Colonna.

§ Cette semaine, à partir de mercredi, commencent à l’Elysée de nouvelles négociations sociales dans le cadre du “plan de relance”. j’ai dans la tête, en sous texte, en quelque sorte, la déclaration de Jean-Pierre Raffarin hier, réclamant une pause dans les réformes. JPR s’oppose directement à François Fillon, le maniaque de la réforme qui avait réussi à imposer son point de vue au Président.

§ Et je n’ai toujours pas avancé mon billet sur le problème des Universités. Sauf à vous préciser que Valérie Pécresse, la ministre des Universités, estime que le décret en cause n’est pas caduc. Alors que Mon Président leui a demandé de revoir sa copie. Manif jeudi?

Justice : Colonna ça continue à secouer, dur

07UTCp28UTC02bMon, 16 Feb 2009 08:00:07 +0000UTC 9,2008

Afin de suivre les débats pour vous, je serai ce matin au Palais de Justice, dans la salle d’audience où siège la Cour d’Assises qui doit rendre justice dans le dossier Colonna.

Le vent de tempête va sans doute prendre encore plus force et vigueur. En effet, ce qui devient désormais l’Affaire Colonna n’a cessé de prendre de l’ampleur dans la presse tout au long de la journée de dimanche. Si vous l’ignorez encore, les sites internet indépendants ou liés aux journaux continues leur travail.

Donc on se chamaille autour de l’intérêt du témoignage présenté vendredi par le Commissaire Didier Vinolas, un ami de Claude Erignac, cité par la famille Erignac. Il a indiqué, je le rappelle, que deux personnages mystérieux n’ont pas été recherchés par la police et la justice, alors qu’il les avait signalé dès l’été 2002. Pire, Médiapart suggère que le Président, Mon bien aimé Président Sarkozy, a été mis au courant immédiatement.

Pour Maître Chabert, partie civile pour l’Etat, ce témoignage ne présente pas d’intérêt. Pour le parquet, rien de décisif non plus. En revanche, la Défense recherche sur ce point l’incident majeur, et très probablement, un motif de cassation si jamais Colonna vient à être condamné.

Toutes les parties fourbissent leurs armes préparer la réplique aux révélations de Didier Vinolas.

Rappelons que  Colonna a toujours nié avoir participé à ce crime. Comme je vous l’ai déjà indiqué, la Défense a  déjà annoncé qu’elle porterait plainte pour “entrave à la manifestation de la vérité”.

Le président de la cour d’assises, Didier Wacogne, peut décider  de faire citer le procureur Bot comme témoin pour vérifier qu’il a bien reçu ce renseignement et le cas échéant lui demander d’expliquer pourquoi il ne l’a pas exploité ou transmis aux juges d’instruction. Il peut également ordonner un complément d’information qui serait confié à des policiers ou qu’il peut mener lui-même.

Selon ses réponses, a annoncé la Défense, elle acceptera de rester dans le débat, ou elle se retirera si les intérêts d’Yvans Colonna ne semblent pas bien pris en compte. En clair, le procès peut s’arrêter demain, pour laisser aller la rechenrche d’élémens nouveaux.Le seul personnage auquel on ne peut rien demander est Nicolas Sarkozy, puisqu’il est couvert par l’immunité présidentielle.

La tragédie continue.

Justice : procès Colonna, batailles acharnées

40UTCp28UTC02bTue, 17 Feb 2009 08:12:40 +0000UTC 9,2008

Philippe Madelin
Rue89

Procès Colonna : guerre de tranchées
et les proches de Nicolas Sarkozy au courant dès 2002

« En septembre 2002, au cours d’un repas, le commissaire Didier Vinolas m’a indiqué qu’un « Monsieur X » souhaitait transmettre de graves informations concernant Yvan Colonna. A condition qu’elles soient reçues par Nicolas Sarkozy, alors Ministre de l’Intérieur ou à l’un des membres de son cabinet. C’était un renseignement de police. Je l’ai immédiatement communiqué au préfet Guéant, alors Directeur de cabinet de Sarkozy. »
Par cette déclaration, cité comme témoin surprise dans le procès Colonna à quelques détails près, le procureur Yves Bot a confirmé point par point la déposition du commissaire passé dans l’administration de la Villes de Paris. Vendredi Didier Vinolas, avait provoqué la stupeur en dévoilant que les plus hautes autorités de l’Etat – et donc plus que probablement Nicolas Sarkozy – étaient parfaitement au courant de certains aspects de l’enquête, et en particulier d’éléments laissés en déshérence. Ceci alors que le parquet et les parties civiles avaient tenté de déconsidérer le policier. Didier Vinolas a confirmé détenir les noms de deux membres présumés du commando nationaliste à l’origine du plasticage de Pietrosella et peut-être de l’assassinat du préfet Erignac qui n’auraient jamais été inquiétés. Ces noms, a-t-il assuré, avaient été transmis notamment en 2002 à Yves Bot et en 2004 à Christian Lambert, le chef du RAID.
Cette confirmation a été le point d’orgue d’une journée extravagante dans un procès extraordinaire, une journée où l’on a parlé de tout sauf de l’essentiel. C’est-à-dire savoir si Colonna était coupable ou non de l’assassinat du préfet Erignac, le 6 février 1998. En effet, durant toutes ces heures de dures batailles, des batailles de tranchées, selon Maître Garbarini, les avocats de la Défense ont tempêté contre le Président Didier Wacogne qui ne leur a pas transmis un courrier où Didier Vinolas annonçait son intention de dévoiler de graves faits à l’audience. Et en particulier d’évoquer les confidences d’un informateur « X », dont il a fini par convenir qu’il s’agissait d’un policier de haut rang de la Direction centrale des Renseignement Généraux.
Et les avocats de lancer :
« Grave atteinte au droits de la Défense… Dissimulation constitutive d’un manque de loyauté… Les magistrats de l’accusation sont des tricheurs… »
En bref, des noms d’oiseaux malfaisants. Ce qui a provoqué des réactions outragées du Parquet. Un débat qui n’a cessé de se tendre entre des positions radicalement opposés, entre le Président de la Cour et le parquet qui tentaient par tous les moyens de dégonfler la polémique. Et la Défense d’enfoncer le clou : l’enquête et l’instruction ont été mal menées et malmenés. Et de réclamer à cor et à cris l’ouverture d’un « complément d’enquête » pour vérifier la véracité des propos tenus par le commissaire Vinolas, et donc aujourd’hui confirmés par le procureur Bot.
Au-delà de ces péripéties, la Défense cherchait à démontrer : 1/ que l’enquête et l’instruction ont été menées uniquement à charge ; 2/ que l’accusation est toujours partie de l’idée que c’était à Colonna de prouver son innocence et non à l’accusation d’établir sa culpabilité ; 3/ que de nombreux éléments, comme l’existence des deux inconnus dénoncés par Vinolas n’avaient été l’objet d’aucune enquête sérieuse.
Une thèse que reprend en chorus Yvan Colonna en interpellant la Cour :
« Ce tribunal est en mission pour raison d’Etat. Je n’ai rien à retirer de ce que j’ai dit. Je suis innocent… C’est vous, clame-t-il, qui allez être obligé de répondre à certaines questions ».
Malgré une bataille acharnée, Colonna et la Défense n’ont rien obtenu, la Cour a décidé de surseoir à statuer sur la demande de complément d’enquête qui aurait renvoyé le procès à plus tard. L’accusation a même contre attaqué en reprochant avec virulence à Didier Vinolas de ne pas dire toute la vérité en refusant de livrer le nom de son informateur et des deux hommes accusés d’avoir participé aux actions du commando « sans nom » qui serait responsable en particulier du meurtre du préfet Erignac. Vinolas s’est accroché à son refus de dévoiler les noms. On comprend qu’il y va de sa vie et de celle des hommes dénoncés.
Quant à l’enquête, tronquée, incomplète, on semble l’avoir oubliée. Et, dans sa cage de verre blindé Yvan Colonna reste impassible.

Mon clavier, 17 février

44UTCp28UTC02bTue, 17 Feb 2009 19:00:44 +0000UTC 9,2008

§ Je suis toujours enfermé au Palais de Justice pour le procès Colonna. On a été à deux doigts de le voir abattu en plein vol. Mais ça a continué. Extravagante et violente journée, où l’on a beaucoup reparlé de Mon Président Nicolas Sarkozy et de la justice d’Etat. A 19 heures, le procès n’était toujours pas suspendu…

Demain, si la session n’est pas renvoyée pour supplément d’information, je vous raconterai comment ce procès Colonna ne se contente pas d’être extravagant. Il inaugure une évolution décisive vers une véritable procédure contradictoire à l’anglo-saxonne..

§ Cette affaire de justice ne doit pas pousser de côté les événements de Guadeloupe, qui s’enveniment, comme prévu : toute la journée l’île a été en état de guerre. Mon Président Sarkozy consent à s’intéresser à ce mouvement. Et pourtant critiquée par J.P Raffarin, les réformes se poursuivent avec la “réforme hospitalière” : des pouvoirs accrus pour le Directeur d’établissement.

§ Et demain, les début des “négociations de l’Elysée” pour mise en oeuvre du plan de relance. Une mise en oeuvre sous l’oeil suspicieux de Bruxelles qui voit d’un très mauvais oeil le dérapage du déficit budgétaire de la France, tandis que les membres est-européens de l’Union européenne manifestent leur crainte de voir la France se replier sur elle-même. L’effet est déjà sensible en Turquie où la production dans les usines délocalisées semble massivement réduite.

§ Un Madoff texan ( proche de Bush ?) Une fraude à 8 milliards de dollars, qui dit mieux ? La justice américaine a gelé les actifs d’un financier texan, Robert Stanford, accusé par le gendarme de la Bourse, la SEC d’avoir monté une escroquerie lui permettant de vendre 8 milliards de dollars de produits financiers en promettant des rendements exceptionnels.

Justice, Colonna : la piste du grand banditisme ?

32UTCp30UTC11bMon, 23 Nov 2009 17:15:32 +0000UTC 9,2008

Version actualisé le  23 novembre 2009.

Pour apprécier le billet qui suit, remontant au 19 février 2009, j’apporte une précision d’importance, recueillie fin  octobre en Corse, dans l’entourage immédiat d‘Yvan Colonna, bien après le procès en assises, au terme duquel il a été recondamné à perpétuité. Ces proches d’Yvan sont extrêmement sceptiques quant à l’hypothèse développée par le Commissaire Frizon d’une piste qui imputerait le meurtre au grand banditisme et non à une affaire politique.

Commentant une éventuelle commandite du meurtre du Préfet Erignac imputée à Jean-Jé Colonna, comme il est écrit dans mon billet d’origine, on me répond :

” Ce n’était pas le genre de Colonna de participer à de tels montages. Il était bien trop calculateur pour se lancer dans une telle exécution.”

Deuxième élément qui n’a jamais été évoqué pendant le procès : entre la famille Colonna et la famille Alessandri depuis longtemps pesait une vive querelle de village. Cet aspect pourrait-il expliquer pourquoi les proches d’Alessandri ont dénoncé Yvan Colonna comme ayant participé au meurtre ? Ceci éclairerait des comportements étranges, que la justice n’a pas tenté de démêler.

Deuxième point: le recours en cassation devrait être plaidé durant la première quinzaine de février 2010.

Troisième point : les procédures de garde à vue sont aujourd’hui très vivement mises en cause. Malgré l’obstruction de certains milieux policiers toujours attachés à “religion de l’aveu”, je rappelle que le Premier ministre François Fillon s’interroge à son tour non pas sur le principe de la garde à vue, mais sur ses modalités. Or, dans l’affaire Colonna, tous les “aveux” ont été obtenus d’abord en garde à vue.

Billet du 19 février

C’est la dernière des dernières dans l’affaire Colonna dont le procès en Assises se poursuit non sans heurts à Paris
Et pas la moins sensationnelle ! Et si le Colonna cité dans l’affaire n’était pas Yvan, le berger corse de Carghese, mais Jean-Jé, un « parrain du milieu corse » mort dans un accident de voiture le 10 novembre 2006 ? Originaire de Pila-Canale, non loin d’Ajaccio, il s’était forgé autour de Jean-Jérôme une légende formidable. On finissait par le voir partout où il ne fallait pas être quand on est honnête. Notamment dans les affaires de jeu. Dans le Cercle Concorde à Paris, mais aussi et surtout comme Président du casino d’Ajaccio
Je n’invente rien, c’est le commissaire Philippe Frizon qui l’a suggéré devant la Cour pendant sa déposition mardi devant les Assises. Frizon a dirigé en second l’enquête sur la mort du Préfet Erignac. Il racontait les circonstances du témoignage reçu du commissaire Didier Vinolas, ancien Secrétaire général de la préfecture d’Ajaccio. Mais dans une autre vie commissaire de police à la DCRG. Au Service des Courses et Jeux.
Pourquoi lui avait-on demander de témoigner dans le cadre de l’enquête Erignac ? Parce que le préfet s’apprêtait à prendre une décision importante quant à l’agrandissement du parc des machines à sous du Casino municipal d’Ajaccio, Vinolas étant chargé de préparer cette décision. C’est ainsi qu’a surgi le nom de Jean-Jé Colonna comme pouvant être impliqué dans l’assassinat. Il était donc alors le Président du casino municipal.

«  Mais, précise Frizon, nous nous étions des spécialistes du terrorisme pas du grand banditisme. Le commissaire Roger Marion – Eagle four – qui dirigeait l’enquête m’a lancé : Et je l’accroche comment, Jean-Jé ? ». Et il ne s’est pas intéressé à cette piste.

C’est-à-dire « je l’implique comment pour l’insérer dans la procédure ? »
Marion connaissait parfaitement le personnage, il avait même obtenu que son nom soit retiré du fichier du grand banditisme.
Le fait est que Jean-Jé Colonna a disparu de l’enquête, pour être remplacé par… Yvan Colonna. Un Colonna chasse l’autre.
Le plus étonnant est que la Cour n’a pas bondi sur cette nouvelle piste inexplorée.

« Normal, remarque un connaisseur du dossier, il y a eu tant de pistes ! Faute de pouvoir choisir, les policiers ont tout simplement abandonné de nombreuses enquêtes. »

Une nouvelle enquête n’aboutirait  pas forcément, mais il est sans doute utile de la lancer.
Piste agricole ? Abandonnée. Piste de la filière porcine ? Abandonnée. Piste de l’endettement agricole ? Abandonnée. Piste des Jeux ? Abandonnée.
Roger Marion et son équipe ont préféré échafauder une formidable usine à gaz avec un « groupe des anonymes », avec un sous-groupe du Nord auteur des attentats sur le Continent, et un sous-groupe du Sud, responsable de l’attaque de la gendarmerie à Pietrosella et du meurtre du préfet.
Ainsi va cette affaire judiciaire ahurissante : trois enquêtes de police, trois instructions plus une quatrième en cours à l’audience. Quatre procès. Et toujours pas de preuve contre Yvan Colonna !

J’ajoute à mon papier un commentaire qui me vient évidemment de Corse, d’une Christina Bianca Troncia :

Je suis tombée sur une liste d’assassinats commis en Corse depuis 1983 et une vue d’ensemble de cette liste m’a mis la puce à l’oreille !!! Qui en veut à la famille Colonna ?!!! [ NDLA : pas celle d'Yvan, celle de Jean-Jé] Lorsqu’on constate sur cette liste qu’après Jean-Jé, il y a eu Michel, puis en 2008, son cousin Jean Claude, puis un ami proche de Jean Jé, Ange Marie Michelosi et pour finir, bizarre cette manière de tirer dans la nuque !!! Dans la liste, on ne cite que deux ou trois assassinats commis de cette manière, dont un à Cargese, celui de Jean Dominique Cerati en 1995 !!! Cette piste, à mon avis, n’est pas à écarter et même à exploiter fortement ! Je reste convaincue de l’innocence d’Yvan Colonna ! Pourquoi se serait-il retiré de ce groupe nationaliste durant tant d’années pour ensuite y revenir, juste pour commettre un meurtre ! Ca ne tient pas debout ! De plus, il a été pompier, sportif et pour finir berger…des métiers que l’on choisit lorsque l’on est “pur” et soucieux d’aider les autres, soucieux de vérité et de respect de l’autre !!!  Pace e salute ! Auguri !

Mon clavier, 18 février

42UTCp28UTC02bWed, 18 Feb 2009 08:15:42 +0000UTC 9,2008

§ Affaire Colonna, un scoop : d’un Colonna (Jean-Jé) à l’autre (Yvan). Quand dans l’indifférence générale le commissaire Frizon soulève une énorme question.

§ casse industrielle (économique), FNAC, groupe Printemps Pinault Un plan “d’économies” pourrait concerner 400 postes en France

Justice, Colonna : les avocats tempêtent

39UTCp28UTC02bThu, 19 Feb 2009 10:24:39 +0000UTC 9,2008

Au titre de document, les images du principal avocat d’Yvan Colonna, Maître Antoine Sollacaro. Il tempête  contre le climat de ce procès… Mascarade, tricherie, et autres noms d’oiseaux

Erreur
Cette vidéo n’existe pas

Mon clavier, 19 février

14UTCp28UTC02bThu, 19 Feb 2009 10:29:14 +0000UTC 9,2008

§ Procès Colonna 1 – Sollacaro tempête (vidéo)

§ Procès Colonna, 2 : renvoi

§ la manif des chercheurs Le procès Colonna m’a fortement retardé. Les chervheurs sont encore dans la rue, il fait se demander pourquoi.

§ Mon bien aimé Président Sarkozy devient mon bien aimé professeur. Il  cause encore, notre nouveau professeur Fidel Sarkozy ou Nicolas Castro

§ Guadeloupe : Résultat de l’entêtement de Fillon, 1 mort, l’île à feu et à sang, la contagion

Justice, Colonna – Un procès extravagant, et surtout hors normes

43UTCp28UTC02bMon, 23 Feb 2009 10:00:43 +0000UTC 9,2008

Version actualisée au 23 février, matin, avec l’intégration d’une observation essentielle d’un lecteur de rue89 :

Déjà extravagant, le procès Colonna a failli basculer dans l’absurde. Ça s’est passé jeudi matin à la Cour d’Assises de Paris, devant laquelle comparaît depuis le 9 février  Yvan Colonna pour l’assassinat du préfet Erignac.

La semaine dernière, Didier Vinolas, témoin surprise, avait assuré que des hommes ayant participé à l’assassinat étaient encore dans la nature, et il avait affirmé avoir rencontré comme informateur, parmi d’autres,  un ancien commissaire des RG, dénommé Quilichini, sans préciser son prénom. Sans attendre, le Président Wacogne convoque le Quilichini en question pour le confronter à Vinolas. Probablement avec l’intention de déconsidérer Vinolas, dont le témoignage gène beaucoup l’accusation dans la mesure où il met en lumière le fait que de nombreuses pistes de recherches n’ont pas été explorées. Volontairement ?

Et voici Quilichini à la barre. François Quilichini. Question du Président, avec autorité: Le reconnaissez-vous ? Réponse de Vinolas : Oui, l’homme que j’ai rencontré était comme celui-ci petit, cheveux blancs, lunettes. Question au témoin : connaissez-vous Vinolas ? Réponse : non, je ne l’ai jamais rencontré

Et Vinolas de convenir finalement que le Quilichini présent dans le prétoire n’était peut-être pas celui qu’il avait rencontré. On a ferraillé pendant une heure pour s’apercevoir que l’homme à la barre n’avait rien à voir avec celui qui s’est présenté sous le nom de Quilichini lors d’une rencontre secrète avec Vinolas. Il a fallu une heure pour éclaircir une « non affaire », c’est-à-dire pour découvrir que le témoin Quilichini – François – n’était probablement pas celui qui devait être convoqué ! Impression d’audience : l’huissier se serait-il  trompé ? Non, proteste-t-il, c’est la police. On va de surprise en surprise.

Cet interrogatoire témoin contre témoin a été caractéristique de l’enquête menée en temps réel par le Président dans le prétoire, des confrontations renouellées à plusieurs reprises, une enquête contradictoire comme de mémoire de chroniqueur judiciaire on n’a jamais vue dans un procès d’assises.

Il s’agissait d’éviter à tout prix la requête pour supplément d’information demandée à répétition par la Défense de Colonna, qui considère que les enquêtes policières et les instructions ont été fortement défaillantes. Une demande de supplément rejetée avec non moins de constance par le Parquet et les Parties civiles.

Cette confrontation grotesque entre Didier Vinolas et François Quilichini est en vérité caractéristique de ce procès où l’on parle de tout sauf du fond, à savoir de la culpabilité supposée de l’accusé Yvan Colonna.

Un des épisodes les plus surréalistes d’un procès surréaliste : trois enquêtes de police, des « pistes » multiples, certaines farfelues, d’autres inexploitées, comme celle du casino d’Ajaccio évoquée par le commissaire Frizon (Voir un billet précédent : désolé, je ne sais pas inclure les liens). Trois instructions qui ne démontrent rien. Plus une quatrième instruction pendant le procès, à la barre, menée par le Président Didier Wacogne. Quatre procès, et toujours pas de preuve formelle d’une quelconque implication d’Yvan Colonna. On en reste sur la piteuse position de l’intime conviction, c’est-à-dire de l’absence de preuves.

Au fil des audiences, le procès a évolué de façon étonnante. Pour traiter l’affaire initiale de Pietrosella – l’attaque et la destruction d’une gendarmerie – , on restait dans le schéma classique des Assises, mais avec le surgissement de Vinolas, tout a été bouleversé.

C’est à ce stade précis que Didier Wacogne a pris l’initiative d’entamer une nouvelle instruction, un complément d’information, justement ce que réclamait depuis une semaine la Défense sans pouvoir l’obtenir.

Le procureur général  Jean-Claude Kross me déclare :

Cette session d’assises renvoie toute la procédure classique aux rayon des vieilleries.  On entre vraiment dans le mode accusatoire, à la manière des grands procès de droit américain.

Même si le Président joue encore un rôle important, souvent il n’est qu’un arbitre entre des thèses carrément opposées soutenues par l’accusation, les parties civiles – au cemeurant souvent absentes du débat – et la Défense soutenue par cinq avocats.

C’est Didier Wacogne qui dans une démarche d’une grande originalité l’a voulu en confrontant systématiquement à la barre Vinolas et ses différents contradicteurs. En acceptant un vrai débat sur l’opportunité de reprendre tout ou partie des enquêtes et des instructions qui ont conduit Colonna dans le box, dans sa cage de verre. Même si le Président donne souvent l’impression de marcher à reculons, il est sur un terrain inconnu, peut-être marécageux puisqu’il semble que jamais la procédure contradictoire ne s’est aventurée jusque là.

Naguère, le Président était le maître de son audience. Désormais, l’offensive est animée par la Défense, l’essentiel se passe dans le prétoire.
La Défense est beaucoup plus… offensive, et même agressive que dans le premier procès Colonna.

Parfois on a même l’impression que les avocats de la Défense sont les vrais magistrats instructeurs. Et, toujours à la manière des procès américains, la Défense multiplie les incidents juridiques, pour pointer la moindre faille dans l’accusation

Il s’agit de montrer que les enquêtes policières – trois – et les instructions – trois aussi – ont été mal menées. Malmenées. Et finalement que l’accusation ne tient pas debout.

Les Parties civiles s’acharnent à refuser toute enquête supplémentaire, en ridiculisant les témoins qui vont au secours de la Défense.
Un acharnement qui ne paie pas : même le parquet et la Partie civile ont fini par céder, comme saisis par le doute, par un malaise. Le Président Wacogne a donc décidé de renvoyer à quatre jours la suite du procès. Quatre jours pour trouver et prouver ce qu’on n’a jamais cherché, donc jamais trouvé. Vainqueur sur le principe d’un renvoi pour information, les avocats de la Défense ont dénoncé évidemment ce délais ridicule pour une tâche d’une telle ampleur.

L’essentiel est ailleurs : il tient au fait que ce renvoi très temporaire finalement obtenu est le résultat d’un débat totalement contradictoire. Voulu par le Président. Lequel doit en fin de compte en tirer les conséquences.

Le procès Colonna n’est pas seulement extravagant : il est totalement novateur, il conduit le monde judiciaire français vers la raison : ne plus fonder la procédure sur l’aveu et le témoignage flou, mais sur des preuves. Il serait temps que les juges entrent dans le monde moderne.

On aimerait qu’une même rigueur préside à la recherche d’éléments bien réels qui conduisent à un jugement fondé sur des faits, et non sur des impressions et sur des aveux dont au moins une partie ont été obtenus sous la contrainte. Pour l’heure, hormis ces aveux d’acteurs par ailleurs condamnés, aucune preuve formelle n’a jusqu’ici été articulée pour impliquer Yvan Colonna.

Un lecteur de rue 89 nuance mon propos, qui lui paraît peut-être trop péremptoire :

Vous écrivez « l’intime conviction, c’est-à-dire l’absence de preuves ».
La question de l’intime conviction ne se présente apparemment, pour beaucoup de spécialistes, pas tout à fait comme cela.

Par exemple chez Jules (Diner’s room) :

sur la preuve :
« En droit pénal, la France adopte un système de preuve dite « morale ». (…), mais seulement que le juge apprécie librement la valeur des moyens de preuve qui lui sont soumis. Autrement dit, un moyen de preuve ne devient preuve que lorsque le juge admet avoir été convaincu par elle. »

et, sur l’intime conviction :
« L’intime conviction est la conséquence naturelle d’un système de preuve morale. C’est au juge qu’il appartient de déterminer, librement et en conscience, si les preuves qui lui sont présentées emportent sa conviction. »

(http://dinersroom.free.fr/index.php?2006/12/22/299-petit-lexique-incompl…)

NB – Pour ne pas simplifier une situation juridique déjà bien compliquée,Yvan Colonna a introduit une requête en récusation contre Didier Wacogne, le Président de la Cour d’Assises, pour ne pas avoir immédiatement informé la Défense de la démarche entreprise par le commissaire Didier Vinolas à propos des faits nouveaux ! La cour d’appel de Paris a rejeté cette demande de récusation.

Justice : procès Colonna, renvoi à… quatre jours

20UTCp28UTC02bThu, 19 Feb 2009 16:26:20 +0000UTC 9,2008

Désolé, je ne parviens pas à charge ma propre vidéo sur mon blog !

Feuilleton Colonna, suite… La cour d’Assises a décidé aujourd’hui de renvoyer à … quatre jours la suite du procès, pour complément d’information. Quatre jours ? C’est un délai dénué de sens, affirment les avocats avec Maître Patrick Maisoneuve.

Pourquoi un complément d’information ?  A la fin de la semaine dernière Didier Vinolas, l’ancien Secrétaire général de la Préfecture d’Ajaccio a affirmé qu’un informateur lui avait confié que deux des membres du commando responsable du meurtre du Préfet Erignac seraient encore dans la nature. Depuis cette révélation, malgré les efforts du Président Didier Wacogne le procès en assises a dérapé. Suivant sa ligne constante depuis le début du procès la Défense voulait absolument que la Cour décide d’ouvrir un complément d’information, un biais pour remettre en cause les enquêtes policières et les instructions qui ont abouti aux débats d’aujourd’hui. Craignant que ce complément ne remettre en cause de façon trop profonde l’accusation, le Parquet et les Parties civiles n’ont cessé de ferrailler pour éviter cette nouvelle procédure. Le Président Wacogne s’était même livré à une véritable instruction à l’audience pour vérifier la pertinence des propos tenus par le témoin Vinolas. On allait à l’affrontement direct, les avocats de la défense menaçaient de se retirer des débats.

Le Président de la Cour a donc cédé : il y aura bien complément d’information. Mais limité aux seuls faits nouveaux évoqués par le témoin. Il s’agit, rien de moins, que d’obtenir les confidences d’un informateur qui a toujours refusé de se montrer, exigeant 400 000 euros pour prix de ses confidences ; et surtout pour identifier et ramener dans le procès deux inconnus en cavale depuis dix ans. Une mission quali impossible, confiée à deux membres du jury composé de magistrats professionnels, Alain Cadet, juge d’instruction en temps ordinaire, et et Yanne Daurelle. Ils devront rendre le résultat de leurs investigations lundi, à la reprise de l’audience…

Mon clavier : 20 février

03UTCp28UTC02bFri, 20 Feb 2009 08:30:03 +0000UTC 9,2008

§ Un pauvre petit Président Nicolas Sarkozy, riche de contestations et pauvre en popularité.

§ Les universitaires dans la rue, encore une fois. Ils étaient hier entre 15.000 personnes, selon la police, et 30.000, selon les organisateurs, pour manifester contre les réformes dans l’enseignement supérieur, la recherche et l’éducation. La mobilisation  dure depuis trois semaines. Une vingtaine de manifestations se sont déroulées dans les grandes villes de France.

§ La Guadeloupe : dur, dur. Surtout pour le prix spéculatifs

§ Je reviens également sur l’ahurissant procès Colonna, qui conduit le monde judiciaire français vers la raison : ne plus fonder la procédure sur l’aveu et le témoignage flou, mais sur des preuves. Il serait temps que les juges entrent dans le monde moderne.

§ Comme Zorro (dont on n’ignore plus qu’il était l grand défenseur de la veuve et de l’orphelin) Barack Obama arrive : Le ministère de la Justice américain a annoncé avoir porté plainte au civil devant un juge fédéral de Miami (Floride, sud-est) pour exiger qu’UBS (Union des Banques suisses) livre des informations sur 52.000 comptes secrets identifiés par le fisc comme appartenant à des Américains, qui recèleraient près de 15 milliards de dollars d’actifs.
UBS a aussitôt fait savoir qu’elle se battrait en justice pour refuser cette demande qui remet en cause le principe même du secret bancaire “à la suisse”.

Mon Président Sarkozy : Pauvre petit Président, pas riche

36UTCp28UTC02bFri, 20 Feb 2009 11:09:36 +0000UTC 9,2008

Humeur du jour, de parfaite mauvaise foi, naturellement. Mais j’avais envie de me défouler pour une bonne fois.

Si j’étais Carla B., la Carla B. qui tient son journal dans Le Canard Enchaîné, je plaindrais Mon Mari, Nicolas Sarkozy. Comment en est-il parvenu au fond de ce gouffre dans les sondages ?

N’a-t-il pas été royalement élu ? Pour célébrer sa gloire, n’a-t-il pas mobilisé ses amis les grands patrons de presse, Bouyges, Lagardière et autre Bolloré ? Pour arme sa garde rapproché, n’a-t-il pas mis au pas le moindre de ses ministres, transformé en vulgaire porte-parole que l’on envoie au front et rejeté avant même la fin de sa mission ? Le thuriféraires n’ont-ils pas célébré son exceptionnelle maîtrise à la tête de  l’Europe pendant les six mois de Ma Présidence ? N’-a-t-il pas bouleversé les structures de l’information audiovisuelle pour la mettre au garde-à-vous ? N’a-t-il pas accordé aux riches d’énormes cadeaux, et une quasi immunité avec le bouclier fiscal ?

Et pourtant, ils sont tous sur le dos de Mon Bien aimé Président…Il recule, il recule encore en proclament qu’il avance et qu’il a compris, pourtant ils refusent de rentrer à la niche.

# Les lycéens qui ne veulent pas entendre parler de Xavier Darcos et de sa Réforme.

# Les enseignants-chercheurs qui par dizaines de milliers défilent dans la rue pour rejeter les décrets Pécresse – Pécheresse – et refuser toute suppression de poste.

# Les salariés qui réclament à cors et à cris des augmentations de salaire, une amélioration du pouvoir d’achat.

# Les banquiers qui ne sont jamais contents des cadeaux à eux dispensés par Mon Président.

# Les paysans qui à la veille du Salon de l’Agriculture commencent à grogner à l’unisson.

# Les Français d’Outre mer, de la Guadeloupe, qui se révoltent sur l’état post colonial de leurs départements et partent à l’assaut du pouvoir.

# Et jusqu’aux magistrats de la Cour d’Assises de Paris chargés de juger le Corse Yvan Colonna qui, nonobstant Ma condamnation déjà prononcée depuis longtemps, depuis six ans, se mêlent de pinailler et commencent peut-être à se poser des questions sur la culpabilité du dit Colonna.

Tout ça, pour ça ? Mon Président a beau argumenter expliquer à la radio, à la télé, à RFO, plus les semaines passent, plus les agitations de la racaille se multiplient. Et on approche du printemps, des jours moins froids où il est moins dur de descendre dans la rue. Et on approche des élections européennes. Vous me direz que depuis que Mon Président n’est plus aux commandes de l’Europe, l’enjeu européen n’est plus aussi important.

Quand Mon Président a été interviewé l’autre jour à la télé par quelques journalistes très respectueux au milieu d’une salle de bal vide, on a eu l’impression qu’il était bien seul. Un mois ne s’est pas passé depuis : il a l’air encore plus seul, notre pauvre Petit Président.

Donc, je dois vous le dire, je ne suis par Carla B. Mais je plains Son mari, Nicolas Sarkozy.

Monopoles dans ces îles que l’on dit françaises

31UTCp28UTC02bFri, 20 Feb 2009 16:29:31 +0000UTC 9,2008

Sur La Guadeloupe : lisez le très bel article du Monde consacré aux racines du mal. Ces Iles qu’on dit françaises ont d’abord été des bagnes épouvantables pour les Africains importés de force comme esclaves pour venir travailler sur les plantations de canne à sucre.

Et comme Christophe Cambadelis, je ne comprends pas pourquoi Mon Président Nicolas Sarkozy ne se soit pas précipité en Guadeloupe dès le début des tensions. On doit rappeler qu’à l’époque il a préféré le tapis rouge dans les Etats du Golfe et en Irak. Mais pourquoi attendre la “fin des affrontements” pour voler vers Point à Pitre ? Pourquoi se poser des questions sur “la fin de la crise” ? Pourquoi ne pas s’interroger sur les “débuts” de la crise ? Doit-on rappeler que le problème des prix excessifs et de la préféence nationale qui crèe des monopoles n’est pas propre à la Guadeloupe ? On retrouve exactement les mêmes situations, les mêmes causes produisant les mêmes effets, dans toutes les îles françaises : à St Pierre et Miquelon, on importe des voitures et tout le bazar de France au lieu d’aller les chercher au Canada tout proche. En Nouvelles Calédonie, c’est-à-dire à l’autre bout du monde, même topo. La Corse elles-même, malgré les subventions de continuité territoriale est victime de ce phénomène.

Il est vrai que Cambadelis n’est sûrement pas de bon conseil, puisqu’il est socialistes

Mon clavier, 21 février : Cataclysme en Suisse

35UTCp28UTC02bSat, 21 Feb 2009 11:30:35 +0000UTC 9,2008

Au menu, dans la journée

§ Cataclysme national en Suisse : la fin du secret bancaire… vis-à-vis de l’administration Obama

§ Corse et Colonna : La lumière ne sort pas de l’étoile noire. Les journalistes de Libé aux côtés des Parties civiles.

§ Guadeloupe : ils sont bien difficiles ces gens, me confie le responsable d’une association qui comporte de nombreux Guadeloupéens parmi ses membres.

Au moins 10.000 personnes ont manifesté samedi après-midi à Paris en solidarité “avec les mouvements initiés en Guadeloupe contre la vie chère”, à l’appel du collectif “Continuité LKP” (Liyannaj kont Pwofitasyon) soutenu par des syndicats et des partis de gauche.

Procès Colonna : vérités et mensonges

42UTCp28UTC02bSat, 21 Feb 2009 10:10:42 +0000UTC 9,2008

Et si le commissaire Vinolas avait été “enfumé” ? Et si son informateur était aussi bidon que mystère ? Le commissaire Didier Vinolas a, rappelons-le, provoqué la stupeur la semaine dernière, en dévoilant qu’un informateur, un certain Monsieur X, lui avait révélé dès 2002 que deux des auteurs de l’assassinat dont a été victime le préfet Erignac étaient dans la nature, jamais poursuivis, bien que l’un d’entre eux au moins ait été connu des enquêteurs.

Pressé de questions par le Procureur général Jean-Claude Kross, sur un ton plutôt menaçant, Didier Vinolas a obstinément refusé de dire qui était cet informateur, admettant tout au plus qu’il s’agissait d’un policier de l’ancienne Direction centrale des Renseignements généraux. Il a même précisé d’une part que le dit informateur n’accepterait de parler qu’au Président Sarkozy ou à un de ses proches collaborateurs, et après versement de 300 000 euros, montant porté à 400 000 euros par le procureur général Yves Bot, et que, en outre, il ne donnerait ce nom qu’à un juge d’instruction.

La Défense s’était engouffrée dans cette brèche pour demander et obtenir – a minima – un supplément d’information, confié à deux des “jurés” de la cour, Alain Cadet et Yann Daurelle, tous deux magistrats.

J’ai toutefois été intrigué par l’acharnement des Parties civiles à déconsidérer Vinolas, c’est-à-dire à mettre en doute la valeur de son témoignage.

L’offensive de dénigrament s’est poursuivie durant le week end, après l’audition de Didier Vinolas et de Yves Bot par Alain Cadet et Yann Daurelle, au cours de laquelle le policier et le haut magistrat auraient en effet “donné”  l’informateur. Il s’agirait du commandant Michel Poirson, réaffecté à la Sécurité Publique lors de la fusion DST-DCRG, en retraite depuis le 21 janvier 2009.

L’affaire se corse (!) avec le portrait de Poirson dressé par Patricia Tourancheau, de Libération :

Cet officier passe-muraille «falot, nonchalant, limite mytho» pour certains policiers aurait déjà tenté de monnayer des tuyaux en 2002 avec… sa hiérarchie.

En clair, Poirson serait non seulement pas sérieux, mais en plus un petit escroc. Avec ce portrait Libération emboîte le pas des Parties civiles. Ce qui est pour le moins singulier. On peut de toute façon se poser la question : Didier Vinolas a-t-il été “enfumé” ( trompé, en langage de police) par son informateur qui était à la recherche d’une “gratification clandestine”.

Pourquoi pas ? Mais, en l’état, ce nouvel épisode grand guignolesque du procès Colonna ne permet toujours pas de comprendre pourquoi les enquêteurs de la DNAT (Direction nationale anti-terroriste) n’ont pas cherché à corroborer cette information dès qu’ils en ont pu en avoir connaissance, notamment par le préfet Guéant, dès 2002.

La réponse est bizarre, et peu crédible : “il y a eu tellement de pistes qu’il était impossible de les explorer toutes”. Même quand le sommet de l’Etat est informé ? Incurie des enquêteurs ou volonté d’écarter une piste ? Décidemment, pour les affaires corses, tout reste enfermé dans un “trou noir”, masse stellaire gigantesque d’où la lumière ne sort jamais.

Etape suivante : Poirson a été entendu vendredi par Alain Cadet et Yann Daurelle afin d’identifier les deux grands absents de l’enquête. Cette fois, rien n’a filtré de cet entretien. Réponse à la reprise des débats, lundi 13 h.

Pognon et secret : la fin du Secret suisse ?

38UTCp28UTC02bSat, 21 Feb 2009 11:00:38 +0000UTC 9,2008

Je vous le signalais dès hier : l’administration Obama-Zorro a décidé d’imposer à la Confédération helvétique – la Suisse – la mort d’une de ses institutions les plus célèbres, les plus rentables, les plus décriées, le Secret bancaire.

En termes polis : le ministère de la Justice américain a annoncé avoir porté plainte au civil devant un juge fédéral de Miami (Floride, sud-est) pour exiger qu’UBS (Union des Banques suisses) livre des informations sur 52.000 comptes secrets identifiés par le fisc comme appartenant à des Américains, qui recèleraient près de 15 milliards de dollars d’actifs.

La Suisse a bâti sa fortune sur le secret bancaire. Une première alerte aurait dû inquiéter les autorités suisses où toute divulgation d’éléments concernant le secret bancaire, s’il s’agit de fraude fiscale, est considérée comme un délit : à la suite d’enquêtes multiples, l’Allemagne avait obtenu la levée du secret bancaire au Lichtenstein, une petite principauté semi indépendante, faux nez de la Suisse. Depuis, le Lichtenstein a été quasiment rayé de la carte financière.

Cette fois-ci, c’est beaucoup plus grave : si l’UBS doit céder, c’est tout le système suisse qui va s’effondrer, car les autres banques devront suivre.

Or je peu vous révéler que malgré des déclarations fracassantes, l’UBS va céder. Pour au moins deux raisons

- Si la Banque suisse refuse de céder, elle peut voir annulée sa licence de banque aux Etats-Unis.

- un certain nombre de dirigeants et de collaborateurs risquent d’être l’objet de poursuites pénales qui les empécheraient en pratique de sortir de Suisse, ils seraient dans l’incapacité de voyage, et même de travailler.

Première question : pourquoi cette démarche de l’administration Obama ? Tout simplement le Président Barack Obama cherche à récupérer des fonds par tous les moyens pour financer son plan de relance. Il donnait l’impression d’être “gentil”, il ne l’est pas.

Deuxième question : pourquoi maintenant ? En réalité, la démarche américaine était déjà dans les tuyaus depuis plusieurs mois. Mais, bien sûr, l’administration Bush ne se pressait pas. A noter : les poursuites judiciaires sont en route depuis si longtemps qu’il apparaît probable qu’une partie des fonds cachés se soient déjà envolés, on cite couramment Singapour comme point de chute.

Troisième question : que risquent les déposants américains clandestins ? Une amende égale au triple du montant identifié.

Quatrième question : à combien évalue-t-on les montants des dépôts qui seraient contraints de sortir du bois. On n’en a pas d’idée précise : entre 15 milliards et 150 milliards de dollars. On peut tabler sur le haut de la fourchette.

Qui contrôle l’Union des Banques suisses ? Depuis la dernière crise financière, le fonds souverain de Singapour a pris une participation de 8% dans le capital. Il est probable que par une voie ou une autre l’Arabie Saoudite contrôle pour sa part au moins 2% du capital.

Naturellement, n’allez pas chercher des informations dans la presse suisse. Observations de mon correspondant à Genève :

Toute la presse suisse défend le Secret bancaire, donc elle n’évoque pas le conflit. Mais, maintenant, les Suisses vont devoir prouver qu’ils ont d’autres qualités que de protéger les secrets des fraudeurs fiscaux.

En effet : sans possibilité de blanchir l’argent sale, sans secret bancaire, que vont devenir les banquiers suisses ? Ils vont revenir à leur vrai métier : la gestion  de fortune. En bons pères de famille. Génève est prête. Zurich ne sait pas comment rebondir.

Colonna + Me Sollacaro

34UTCp28UTC02bSat, 21 Feb 2009 10:30:34 +0000UTC 9,2008

Maître Antoine Sollacaro avec Stéphane Colonna

Erreur
Cette vidéo n’existe pas

Elysée : le grand cirque des sommets

36UTCp28UTC02bSun, 22 Feb 2009 08:48:36 +0000UTC 9,2008

Un des acteurs présents au Sommet social de l’Elysée me raconte

Bon, je suis loin d’être un Sarkozyste fanatique, mais là, il m’a soufflé »

Là, c’était le jeudi 19 à l’Elysée, lors de la conférence avec les « acteurs sociaux », convoquée par Nicolas pour tenter de parer à la crise qui couve, déjà illustrée par les manifestations monstres du 29 janvier.

«  Il n’a pas arrêté de parler. Mais ce n’était pas un monologue en l’air. Il s’est adressé à chacune des personnes présentes, tous les acteurs du monde social, employés, artisans, petits et grands patrons. Il leur a parlé directement, leur rappelant les grands thèmes de son plan de réforme d’ailleurs déjà développés dans les jours précédents. Il donne, il donne l’argent qu’il n’a pas. Je plains les enfants des générations du futur, quand ils devront affronter les conséquences de la dette qui se creuse.
«  Ce “ multilogue“ ( pour dialogue à plusieurs) direct est à ma connaissance sans précédent sous la V° République. Tous les autres Présidents ont pris soin de laisser leur Premier ministre monter au front du dialogue social. Lui, il y va personnellement. Et il m’a semblé sincère.
«  Mais c’est évidemment très dangereux, car ainsi le Président s’expose personnellement. En cas de pépin, c’est lui qui devra affronter la tempête, et personne d’autre ».

Mon interlocuteur s’est aussi beaucoup amusé de voir s’impatienter Laurence Parisot, la Présidente du MEDEF .

« Sarkozy l’a repérée, il l’a remise à sa place à au moins trois reprises »

Ainsi s’est déroulé le grand cirque de jeudi. On pouvait s’attendre  à une véritable négociation, une sorte de Grenelle à l’Elysée. Le Président ne s’est pas laissé prendre à ce jeu.

Il veut qu’il soit dit et redit qu’il est le patron, l’unique patron.

A propos de sommet, Nicolas revenait des sommets, puisque le week-end du 14-15 février, Nicolas et Carla Sarkozy ont fait une escapade à Megève après la visite du Président à la coupe du monde de ski, à Val-d’Isère.  Ils sont descendus dans l’hôtel le plus luxueux de la station de ski considérée comme la plus huppée, les Fermes de Marie. Durant la journée, le Président s’est exercé au ski de fond sur le plateau de la Livraz .

On n’a pas manqué de remarquer que quatre 4X4 Pathfinder Nissan flambant neufs ont été utilisés pour véhiculer, Monsieur, Madame, la suite, et les mousquetaires – euh : les gardes du corps. Selon le quotidien Le Dauphiné Libéré,  les gardes du corps étaient 19, chargés notamment de tenir les médias à l’écart.

Selon rue89, cette prestation est d’une valeur minimale de 20 000 euros.

Les voitures ont-elles été gracieusement prêtées par la marque, à la demande de l’Elysée? C’est ce qu’affirme une source interne chez Nissan. Mais ni l’Elysée ni la marque ne souhaitent s’exprimer. Encore un Secret d’Etat ? Sommet social après sommets enneigés. Il fallait y penser. En outre, observe Guy Birenbaum, le Président laisse apparaître des cheveux gris dans son impeccable brushing : il paraît que c’est pour avoir l’air plus sérieux.

Mon clavier : 22 février

51UTCp28UTC02bSun, 22 Feb 2009 13:04:51 +0000UTC 9,2008

Le Menu du jour

§ Sarkozy, le grand cirque et les sommets. Les cotes de Nicolas Sarkozy et de François Fillon ont baissé en février, respectivement de sept et cinq points, selon le baromètre de popularité Ifop pour Le Journal du Dimanche publié dimanche 22 février.
Le président de la République recueille en février 37% d’opinions favorables, soit sept points de moins qu’en janvier.

§ Guadeloupe : attente, obsèques et accusation de récupération politique.

§ Le Président est pris à partie à Ajaccio.

Et, demain 13 h, la grande comédie recommence. Comme un lcou chasse l’autre, on ne va s’occuper que d’AZF. Pas le pseudo groupe terroriste, mais l’usine qui a sauté.

§ A propos de Gaza, inquiétudes dans la communauté juive turque

§ Entre les murs, nominé aux Oscars : le film de Laurent Cantet a reçu le prix du meilleur film étranger, samedi 21 février, à Santa Monica aux Spirit Awards qui récompensent les productions indépendantes.

Colonna : Sarkozy pris à partie à Ajaccio

38UTCp28UTC02bSun, 22 Feb 2009 11:51:38 +0000UTC 9,2008

600 personnes ont participé samedi soir, au Palais des Congrès d’Ajaccio, à un meeting de soutien à Yvan Colonna, avec la participation de la famille et de trois des cinq avocats.

Pour Christine, la sœur d’Yvan, « il faut expliquer les enjeux et le combat. » Elle renouvelle son accusation contre les « juges tricheurs » et une instruction à charge. Les avocats présents dénoncent pour leur part, la partialité et la déloyauté du président de la cour d’assises” ainsi que “les amitiés” de certains protagonistes du procès, magistrats comme témoins, avec le président de la République Nicolas Sarkozy. Dans la droite ligne de ses déclarations mises en ligne sur ce blog, Me Antoine Sollacaro a tonné :

p1030358

Maître Sollacaro et Christine Colonna (photo Ph.Madelin)

“Le jeu est pipé, les juges sont des faussaires, des tricheurs et nous allons malgré tout continuer à les affronter[…]. Les Corses doivent “investir la salle (d’audience) et protester chaque fois que le président [Wacogne, ndlr] nous insulte”.

Guadeloupe : obsèques, attente et fête populaire

22UTCp28UTC02bSun, 22 Feb 2009 12:32:22 +0000UTC 9,2008

Guadeloupe : La Gauche française monte au créneau. Olivier Besancenot, Ségolène Royale … et José Bové sont aujourd’hui à Pointe-à-Pitre pour participer aux cérémonies accompagnant le départ vers son Paradis de Jacques Bino, le syndicaliste tué par balle sur un barrage Pointe à Pitre dans la nuit de mardi 17  à mercredi 18 février.

Après une veillée mortuaire à Petit-Canal, au nord de Grande Terre, haut lieu de la mémoire de l’esclavage, l’enterrement doit se dérouler dimanche après-midi.

Polémique bizarre : dans un communiqué la fédération UMP de Guadeloupe dénonce la “récupération politicienne” de Ségolène Royal :

“Au moment (…) où il convient de s’incliner devant la peine de la famille, cette visite démontre à quel point prime la récupération politicienne sur le sens de la retenue qui s’impose en pareilles circonstances”,

Une hypothèse : Nicolas Sarkozy aurait renoncé à venir plus tôt en Guadeloupe pour éviter d’être taxé de « récupérateur politique ». Pourquoi pas ?

Invitée par le maire de Pointe-à-Pitre Jacques Bango Mme Royal est venue à titre personnel et non pour représenter le PS. Une délégation du PS était en Guadeloupe la semaine dernière dans une quasi indifférence.

Ségolène Royal a réfuté toute récupération politique.

“Ayez un peu de respect, a-t-elle dit à l’adresse des journalistes. Il y a eu ici un sentiment de solitude, un sentiment d’isolement, le sentiment que l’Etat a abandonné ces territoires”.

Sur place, l’atmosphère est plutôt à la fête. Dans la rue, les tambours roulent sans cesse, relayés par les chansons. Le carnaval est annulé mais le théâtre est dans la rue. Le carnaval a été également annulé à la Martinique, pour la première fois depuis 1902, lors de la destruction de Saint-Pierre par l’éruption volcanique de la Montagne Pelée.

Interrompues pendant le week-end les négociations reprendront lundi.

Cantonné en touche depuis la prise en main du dossier guadeloupéen par l’Elysée, le Secrétaire d’Etat à l’Outre-mer, Yves Jégo assure sans rire être au gouvernement, la voix de toutes les outre-mers.

Dans ce conflit, je suis en quelque sorte devenu l’ambassadeur de la Guadeloupe».

Il fallait l’oser.

Pour Jego, sa démission n’est toujours pas à l’ordre du jour !

Turquie : inquiétudes dans la communauté juive

41UTCp28UTC02bSun, 22 Feb 2009 08:40:41 +0000UTC 9,2008

Je répercute volontiers l’expression d’une vive inquiétude ressentie par la communauté juive de Turquie devant la montée de l’antisémitisme qui se manifeste de façon claire dans certaines franges ultra nationalistes de la Turquie. Les informations sont diffusées par le Collectif VAN – www.collectifvan.org -

Comme il se doit, je précise que j’assure le relais d’un point de vue à caractère humanitaire, dont je n’ai pas contrôlé la rédaction.

Les juifs de Turquie insultés et humiliés

Tout comme la communauté arméniennne de Turquie, les juifs de Turquie vivent dans la crainte. L’attaque israélienne sur Gaza a suscité de nombreuses réactions en Turquie.

Elles ont dégénéré en manifestations antisémites, dans les journaux, ou dans la rue, donnant l’occasion à des groupuscules nationalistes turcs de brandir des pancartes stipulant : « Entrée libre aux chiens. Interdit aux juifs et aux Arméniens »
juifs-turquie-11

Le Collectif VAN transmet la traduction du Communiqué de presse des juifs turcs paru sur le site « Musevi Cmaati ».

Communiqué de presse des juifs turcs

Il faut établir la paix au Proche-Orient grâce aux efforts conjoints des dirigeants de la Turquie et de tous les autres pays, pour le bénéfice de l’humanité.

Les juifs turcs qui vivent dans ce pays depuis des siècles en sont une partie essentielle.

Le Premier ministre Recep Tayyip Erdoğan a exprimé sa position contre l’antisémitisme lors de l’assemblée du groupe parlementaire mardi 13 janvier 2009.

La rhétorique anti-israélienne adoptée par certains médias locaux et dans les manifestations qui ont eu lieu pendant les semaines de combats au Proche-Orient, s’est malheureusement transformée en antisémitisme.

Nous, les juifs turcs, n’avons aucune influence sur la politique d’un État quel qu’il soit, et contrairement aux insinuations contenues dans certains articles de journaux, nous sommes profondément attristés par ces combats qui durent. Nous avons tenu un service spécial de prières dans toutes les synagogues de Turquie; prière pour l’établissement de la paix, en hommage aux morts, et prière pour que les blessés se rétablissent rapidement, et nous avons, de plus, fait parvenir des informations sur ce service de prières à la presse.

Nous réitérons avec force nos espoirs pour que les combats prennent fin, pour que les dirigeants agissent avec justice et pour que les efforts concertés des représentants officiels de la Turquie et de tous les autres dirigeants permettent d’aboutir à une solution impartiale et permanente. En outre, nous soutenons la participation active du Gouvernement de la République de Turquie et de notre Premier Ministre dans leur recherche d’obtention d’une solution pacifique dans la région.

Vivant dans ce pays depuis des siècles, nous sommes des citoyens égaux et à ce titre nous remplissons nos obligations; nous parlons et nous pensons en turc, la culture turque nous a modelés. De plus, nous nous considérons comme une partie essentielle de la composition de notre pays.

Nous, les juifs turcs, sommes une partie inséparable de la République turque et nous sommes profondément bouleversés par les accusations insultantes et humiliantes concernant notre religion et par le fait que nous sommes ciblés avec médisance par certains médias nationaux.

Nous savons que les dirigeants de notre pays, les intellectuels ainsi que les gens emplis de bon sens sont attentifs à nos inquiétudes concernant notre communauté et à notre appel pour attirer l’attention à ce sujet. Le discours prononcé mardi par le Premier ministre M. Recep Tayyip Erdoğan exprimant sa position contre l’antisémitisme en atteste. Nous espérons que cette compréhension sera partagée par toute la population et que des mesures seront prises pour assurer la continuation de cette sensibilisation générale.

Signé : La communauté juive de Turquie

Mon clavier, 23 février – Suites justice et finances

32UTCp28UTC02bMon, 23 Feb 2009 08:25:32 +0000UTC 9,2008

§ A 13 h aujourd’hui, retour au Palais de Justice, grande salle d’Assises, pour la reprise du procès Colonna. Suspens : les deux magistrats instructeurs et jurés auront-ils avancé dans le dossier ?

J’ai légèrement corrigé mon billet consacré à la forme du procès.

§ Justice encore : le procès AZF à Toulouse s’ouvre à 14 heures. Le feuilleton va durer quatre mois.

§ On devait s’y attendre : l’Europe s’engoufre dans la brèche de l’ouverture du secret bancaire initiée par l’administration Obama. Le Luxembourg menace : si nos banques tombent, il y aura des milliers de chômeurs. Curieux raisonnement.

§ Oscas : dommage pour Laurent Cantet et “Entre les murs”, mais quand même quelle carrière pour un “petit film de quartier” !

Justice : AZF plus de débat dans un procès tout en plus

50UTCp28UTC02bMon, 23 Feb 2009 09:16:50 +0000UTC 9,2008

Ouverture aujourd’hui à 14 heures du procès AZF : après l’explosion qui a ravagé l’usine chimique AZF à Toulouse, en septembre 2001, on a déploré 30 morts, dont 22 employés du site. Il faut le rappeler au préalable.

Ensuite, ce sont des chiffres, chaque chiffre voilant une vie brisée. Des milliers de blessés. 1400 se sont portés partie civile, défendus par une soixantaine d’avocats. 200 témoins à la barre, des floppées d’experts qui se contredisent. Un responsable unique : la société chimique “La Grande Paroisse”, filiale de Total.

D’une certaine manière, pour déterminer les responsabilités réelles, un grand spectacle qui va se dérouler sur 4 mois, dans une salle d’audience pouvant contenir 1 000 personnes. Une première en correctionnelle, les débats seront filmés. Spectacle encore, puisque la Justice est elle aussi entrée dans l’univers du spectacle.

Selon Me Alain Levy, avocat repréentant 31 parties civiles, cité par Le Figaro …

Dans le dossier AZF, le code prévoit par exemple des amendes qui varient entre 225 000 et 375 000 euros, ce qui est insignifiant si l’on considère que la catastrophe a fait 30 morts et plusieurs milliers de blessés pour lesquels Total a déjà versé près de deux milliards d’euros d’indemnisation. […] Aujourd’hui, l’industriel responsable de la catastrophe ne risque donc rien d’autre que son image de marque.

Je ne crois pas me tromper en avançant qu’une fois de plus on va mettre de côté toutes les données des enquêtes et de l’instruction pour recommencer à zéro les investigations, à la barre. C’est désormais la règle, et c’est bien : tout se débat au grand jour, le secret doit être exclu de la pratique judiciaire.

Bien que je sois éloigné de Toulouse, je vous donnerai mes impressions, autant que possible. Et, pour une fois, on ne vous parlera pas de Nicolas Sarkozy.

Justice : Colonna, suspension

00UTCp28UTC02bMon, 23 Feb 2009 19:03:00 +0000UTC 9,2008

L’audience a duré exactement une demi heure. Le pdt Wacogne a annoncé qu’il avait reçu le rapport des “jurés instructeurs”, qu’il l’avait remis au greffe, lequel devait en transmettre copie à toutes les parties pour qu’on puisse en débattre. Demain. 9 h 30 : Ça vous va , Monsieur Colonna ? On n’entend qu’un mot, prononcé d’une voix forte, comble du laconisme : midi. Donc ce sera 13 h, réplique le Pdt qui ne veut pas qu’on puisse croire qu’il obéit aux injonctions du prévenu.

Sur les marches du Palais, Me Sollacaro montre à qui veut les trois pages du rapport des jurés instructeurs,

39-sollacaro-23021

et plus loin, Me Patrick Maisonneuve commente.

Le ministre de la Justice démissionne… en Espagne

06UTCp28UTC02bMon, 23 Feb 2009 19:01:06 +0000UTC 9,2008

Mon lecteur Laurent O. me transmet cette info, au demeurant tirée du Monde :

Le ministre de la justice espagnol démissionne

http://www.lemonde.fr/europe/article/2009/02/23/le-ministre-de-la-justice-espagnol-demissionne_1159297_3214.html

« Le ministre de la justice espagnol, Mariano Fernandez Bermejo, a annoncé lundi 23 février sa démission après qu’il a été vivement critiqué pour sa gestion d’un scandale de corruption et la récente grève des juges en Espagne. » Aucune comparaison avec l’Hexagone…

Mon clavier : 24 février

21UTCp28UTC02bTue, 24 Feb 2009 09:50:21 +0000UTC 9,2008

§ reprise à 13 heures du procès Colonna. Au programme, débat autour du rapport d’enquête des jurés instructeurs. Ça va encore chahuter : la Défense ne va pas manquer de demander un … supplément d’enquête pour retrouver les deux hommes cités par le Cdt Poirson, apparemment jamais cités dans les enquêtes et les procédures. Il paraît pour le moins nécessaire de fermer cette porte, laissée ouverte par les policiers. Il y a dix ans !

Je commence à maîtriser l’insertion d’éléments vidéo dans mon blog. Vous pouvez voir ce matin  Me Maisonneuve et Christine Colonna. Prochaine étape : avec montage.

§ Pendant les affaires, les affaires continuent. d’où un billet consacré aux rapports entre Sarkozy, son gouvernement et la Recherche.

§ Toujours pour mon pauvre Président Sarkozy, lourd échéancier à venir.

§ Selon le BIT (Bureau International du Travail), depuis le début de la crise économico)financière, il y a 18 mois, dans le monde, 325 000 emplois ont diaparu dans le secteur financier. Principalement aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne.

§ Ce soir grande messe au PS, on redistribue les cartes, plusieurs “royalistes” devraient entrer dans les instances dirigeantes, pour renforcer l’unité. Retrouver l’unité, peut-on dire. C’est la poursuite du grand jeu entre la patrone – Martine Aubry – et Zébulonette – Ségolène Royal. Laquelle oeuvre toujours en Guadeloupe, malgré l’hostilité de l’UMP locale.

Justice, procès Colonna: Me Maisonneuve

02UTCp28UTC02bTue, 24 Feb 2009 09:15:02 +0000UTC 9,2008

Maître Patrick Maisonneuve commente la suspension de l’audience

Erreur
Cette vidéo n’existe pas

Justice : Christine Colonna

31UTCp28UTC02bTue, 24 Feb 2009 09:10:31 +0000UTC 9,2008

Christine Colonna réagit à la suspension de l’audience

Erreur
Cette vidéo n’existe pas

Sarkozy : mon pauvre Président, suite

41UTCp28UTC02bTue, 24 Feb 2009 09:39:41 +0000UTC 9,2008

Un échéancier bien lourd attend le Président Sarkozy, en effet : le 5 mars, les étudiants sont dans la rue ; le 10 les profs d’université redescendent dans la rue ; le 19 mars, les syndicats retournent dans la rue. Le Président pourrait ouvrir un bureau sur le trottoir de l’Elysée pour recevoir les protestataires, non ? Mais toujours pas question d’aller en Guadeloupe, ni lui, ni Fillon, ni aucun ministre.

Il y a pourtant urgence : la cote de popularité du Président continue à se casser la gueule.  Selon un sondage Ifop pour le « Journal du dimanche » réalisé du 12 au 20 février, à peine 37 % des Français se déclarent satisfaits de son action, un chiffre en chute de 7 points par rapport à janvier. Le président redescend au niveau atteint au printemps 2008, et, selon les sondeurs, indique Les Echos, sa chute serait particulièrement marquée chez les jeunes et les salariés du service public. Ce n’est guère mieux pour François Fillon qui semblait mieux résister  le Premier ministre perd 5 points à 46 %, son plus bas niveau depuis son arrivée à Matignon.

Il paraît que Mon Président assume cette baisse de popularité, c’est du moins ce qu’affirme Le Figaro : «Tout est en place pour un vote sanction aux prochaines élections européennes», observe Jean-Marc Lech, pour l’institut Ipsos. «François Fillon est désormais indexé sur la baisse de Sarkozy, il ne peut donc pas s’en servir pour se protéger», ajoute-t-il.

Cette sanction dans l’opinion, Nicolas Sarkozy l’assume. Pas question de changer de style et de revenir au président arbitre. «S’il laisse ses ministres, y compris le premier ministre, gérer le conflit en Guadeloupe, on lui reproche de ne rien dire. Quel intérêt a-t-il à laisser faire les autres, quand les Français veulent le voir intervenir sur tous les sujets ?».

Sarkozy continuera donc sur sa lancée. C’est-à-dire qu’il soignera ses électeurs de droite afin d’éviter de les perdre. Les électeurs de gauche, il a déjà tracé une croix dessus : les profs, les étudiants, les Guadeloupéens n’ont donc rien à attendre de lui. Il n’a même pas simulé le moindre intérêt pour les paysans au Salon de l’Agriculture.

Pour la Guadeloupe, il laisse même le champ libre à Ségolène Royal !

Sur le conflit des Universités, lire le long billet que je publie ce jour.

Justice-Colonna-rejet demande de complément d’enquête

22UTCp28UTC02bWed, 25 Feb 2009 07:23:22 +0000UTC 9,2008

Au procès d’Yvan Colonna, qui se poursuite devant la Cour d’Assises de Paris, la Cour a mis un point final à l’épisode Vinolas : Didier Vinolas avait assuré pouvoir donner accès à des acteurs qui auraient pu paericipzr au meurtre du préfet Erignac. La Cour avait accordé un supplément d’enquête pour identifier ces “inconnus” et désigné deux “jurés magistrats” pour mener ce supplément d’enquête. Ils ont rendu aujourd’hui leur rapport, comportant les noms des deux “inconnus”, Michel Artinini et Eric Antona. Ils ont djà été entendus dans une phase précédent de l’enquête. donc pas de fait nouveau dans le témoignage de Vinolas. La cour a donc rejeté toute nouvelle demande de “supplément” ou de “complément d’enquête”. Au motif qu’il faut bien avancer dans le procès, comme le rappelle Maître Benoît Chabert, qui représente les intérêts de l’Etat.

C’est un incontestable revers pour la défense, qui a l’impression de se heurter à un mur, le mur de la raison d’Etat. D’où la colère froide de Me Antoine Sollacaro, l’un des cinq avocats d’Yvan Colonna.

Le procès a pu en effet reprendre son cours. Avec trois témoins racontant la soirée du 6 février 1998, quand le préfet Ericgnac a été assassiné. L’un de ces témoignages, rapporté par Mme Carole Battesti, est assez singulier : elle a vu les assassins supposés, parmi lesquels elle ne reconnaît pas Yvan Colonna.

Mais elle explique que le policier qui l’a interrogé a tenté par tous les moyens d’infléchir son témoignage dans le sens désiré par les enquêteurs. Yvan Colonna a encore répété aujourd’hui qu’il estimait que la juge d’instruction Mme Levert a mené une information partiale qui le met en cause.

Justice : cinq de Guantanamo relaxés

13UTCp28UTC02bWed, 25 Feb 2009 07:50:13 +0000UTC 9,2008

Hier soir, relaxe général pour six Français : le 19 décembre 2007 la 16° chambre correctionnelle de Paris présidée par Jean-Claude Kross avait condamné en première instance Brahim Yadel à cinq ans d’emprisonnement, dont quatre avec sursis, ainsi que Nizar Sassi, Mourad Benchellali, Redouane Khalid et Khaled ben Mustapha à quatre ans, dont trois avec sursis. Un autre ex-détenu, Imad Kanouni, avait été relaxé.

Dans son arrêt, la cour d’appel a annulé mardi les procès-verbaux d’interrogatoires des cinq hommes réalisés par les services de renseignements français en janvier-février 2002 et janvier 2004 à Guantanamo, estimant que ceux-ci agissaient alors dans le cadre d’une mission de renseignements, et non de police judiciaire.

L’annulation de ces procès-verbaux vidant le dossier de l’accusation, la relaxe a été prononcée.
Rappel : à partir de juillet 2001, tous les accusés ont suivi peu ou prou le même itinéraire : Paris, Londres, Lahore ou Jallalabad au Pakistan, Kaboul, Kandahar et des camps d’entraînement d’Al Qaïda en Afghanistan. Les six jeunes Français, Mourad Benchellali, Nizar Sassi, Brahim Yadel, Imad Achab Kanouni, Khaled Ben Mustapha et Redouane Khalid, Français avaient été interceptés en Afghanistan par le troupes américaines, puis incarcérés dans le bagne de Guantanamo, à Cuba durant plusieurs années.

Si les personnages sont des petites mains de l’islamisme ultra, l’affaire a pris un tour singulier et même scandaleux avec l’irruption dans l’affaire de la DST, à l’origine clandestine. Une clandestinité dévoilée lors d’une première session en juillet 2006 qui avait donc tourné court faute pour la Défense d’avoir eu accès aux notes multiples de la DST sur lesquelles l’accusation  croyait pouvoir s’appuyer.

Cette découverte avait conduit le Président à renvoyer les débats pour complément d’information.

« Les éléments à charge ont été obtenus en violation du Droit, s’indigne Philippe Meilhac, l’avocat de Ben Mustapha. Particulièrement en violation des Droits de la Défense, qui permet à tout individu se trouvant dans une situation où il est interrogé étant détenu ou retenu, de bénéficier de droits élémentaires de procédure (au moins être informé de la qualité et du cadre juridique dans lequel interviennent ses interlocuteurs, être avisé de ses droits, dont celui de se taire, de consulter un avocat, de voir un médecin), propres à toute démocratie qui se respecte. »

Or la loyauté est considérée comme un principe fondamental du droit français, et comme telle sanctionnée par de nombreux arrêts de jurisprudence.
Le parquet général a introduit un recours en cassation.

Voir article précédent , 21 mai 2008

Mon clavier : 25 février. Justice, encore justice

54UTCp28UTC02bWed, 25 Feb 2009 07:52:54 +0000UTC 9,2008

§ les “cinq” de Guantanamo relaxés

§ Procès Colonna : confusion, la Défense perd la bataille du complément d’enquête

Justice, Colonna : témoins à charge contre parties civiles

19UTCp28UTC02bThu, 26 Feb 2009 08:25:19 +0000UTC 9,2008

Festival de certificats médicaux, pour tout et pour rien. A coup de mauvais prétextes, les témoins potentiellement à charge cités par les Parties civiles dans le procès ouvert devant la Cour d’Assises contre Yvan Colonna se défilent les uns après les autres. Dépression, des infirmités en tous genres, pas d’argent, pas le temps, trop vieux pour se déplacer…

avcolonna Me P.Maisonneuve et G.Simeoni hier, au Palais de Justice (photo PhM)

Manifestement on ne tient pas trop à s’afficher du côté des ennemis d’Yvan Colonna. Même le commandant Lebbos, qui a dirigé la procédure à la DNAT (Direction nationale anti terroriste) pour étayer l’accusation contre le petit Berger Corse, s’est fait porter pâle pour éviter de témoigner.
Et puis, coup sur coup, quatre témoins cités par les parties civiles ont démoli avec constance les plus graves des accusations portées contre Colonna. L’acte d’accusation affirmait que trois hommes avaient participé à l’assassinat du préfet Erignac. Dont Yvan Colonna, accusé nommément. Et voici que Jean-Pierre Versini, enseignant attaché à l’Académie de Corse, Marie Ange Comtat, croupière au casino d’Ajaccio, et surtout  Joseph Colombani, Inspecteur général à l’Assemblée territoriale de Corse, sont venus infirmer les conclusions de l’enquête.
Tous témoins oculaires, ils n’ont vu que deux hommes sur place, et non trois. Ils étaient grands et non pas petits comme Yvan Colonna. Pas un seul ne portait de perruque comme le soutenaient les policiers. Et surtout, pas un seul des témoins n’a reconnu Yvan Colonna, ni sur les photos diffusées après son arrestation, ni lors des parades d’identification.
Le plus formel a été Joseph Colombani, un vieil homme sage, la tête couronnée de cheveux blancs. Il porte secours à Yvan Colonna, l’accusé qui soutient avec constance son innocence.

« Je le dis en mon âme et conscience, je n’ai jamais vu l’homme dont j’ai gardé le souvenir en train d’achever le Préfet Erignac. La première fois que je l’ai vu, c’est à la télévision, à TF1, lors d’une interview accordée en 1999, avant sa cavale. S’il y avait le moindre doute, je le dirais. Si je le reconnaissais, je le dirais. De tous les gens mis en cause, dont certains sont dans cette salle [ il s’agit de Colonna, il faut le comprendre] je n’en connaissais aucun. Si je les avais connus, je les aurais reconnus.

« Je sais que ce que je dis est difficile à entendre par Dominique Erignac, mais j’applique la morale à laquelle tenait tant mon ami le Préfet Erignac… Je ne me laisse influencer par personne, je ne me fais acheter par personne. Je suis un homme honnête et je dis ce dont je me souviens. »

Quand l’avocat Benoît Chabert demande à Joseph Colombani ce qu’il pense des gens qui organisent de grands mensonges, le témoin lui jette un regard méprisant :

«  Ça, c’est dans les films. »

Joseph Colombani était cité par les avocats de Mme Erignac, ils entendaient qu’il témoigne à charge. Il n’a pas joué ce jeu. Dominique Erignac était furieuse contre l’ami de son mari, elle a quitté la salle d’audience en pleurant sans un regard pour le témoin.

domerignacDominique Erignac, hier (Ph PhM)

Quant à Me Philippe Lemaire, l’avocat de Mme Erignac, au lieu d’argumenter, il s’en est ouvertement pris au témoin Colombani, pour lui reprocher de ne pas avoir été dans le bon sens.

Mon clavier, 26 février

54UTCp28UTC02bThu, 26 Feb 2009 08:33:54 +0000UTC 9,2008

§ Procès Colonna, une histoire de témoins à charge… contre l’accusation.

Aujourd’hui, je serai encore au procès Colonna. Dans une salle voisine avance le procès des faux électeurs du V° arrondissement de Paris.

Je n’aurai malheureusement guère le temps d’écrire. Mais je suis bien là.

§ Guantanamo : certains spécialistes de la lutte antiterroriste sont extrêmement mécontents de la décision rendue par la Cour d’Appel de relaxer les cinq anciens prisonniers français de Guantanamo.

“Il nous cassent tout. Heureusement, le parquet s’est pourvu en cassation.”

§ Le “statut” de la Guadeloupe : je n’aurai pas le temps de développer cet aspect de la crise antillais, mais j’attire votre attention sur cette évolution

§ Chômage Selon le site internet du NouvelObs, le ministère de l’Emploi a annoncé mercredi 25 février que le nombre de demandeurs d’emploi en catégorie 1, baromètre de référence, a explosé en janvier, progressant de 90.200 par rapport à décembre (+4,3%) et de 15,4% comparé à janvier 2008. Il s’établit ainsi à 2,204 millions.

§ Les enseignants-chercheurs sont de nouveau dans la rue cet après-midi. Malgré une certaine réticence à les soutenir manifestée par les étudiants de l’UNEF, les enseignants chercheurs peuvent enregistrer un recul du gouvernement. Selon l’Agence France Presse, Valérie Pecresse, la ministre des Universités a confirmé qu’il  n’y aura pas de suppression d’emplois en 2010-2011 dans l’université. Cette pause dans les suppressions de postes concerne tous les emplois et pas seulement ceux d’enseignants-chercheurs”.
Plus tôt dans la journée, François Fillon s’est de son côté engagé, dans un communiqué, à ce qu’”aucune suppression d’emploi d’enseignant-chercheur” ne soit “effectuée en 2010 et 2011″.

Mon clavier, 27 février

23UTCp28UTC02bFri, 27 Feb 2009 08:16:23 +0000UTC 9,2008

Il est évident que, enfermé dans le Palais de Justice, je n’ai pas trop de temps pour ramasser de l’info, et surtout d’écrire. Pourtant, demain, je vais passer le cap des 15 000 visites uniques depuis le lancement de ce blog.

§ 3000 chômeurs de plus chaque jour. Et dire que Mon bien aimé pauvre petit Présient nous avait promis le pleine emploi. Je sais, la crise mondiale, c’est pas lui. Mais les Caisses d’Epargne ? Et Natixis ? Et Pérol ? C’est pas lui ?

§ Procès Colonna : ça continue tant bien que mal. Les témoins se suivent et se ressemblent, même si on tente de déconsidérer certains

§ Juges d’instruction : la polémique se poursuit, même à l’UMP. Le procès AZF à Toulouse démontre une nouvelle fois que l’instruction n’a pas été menée correctement.

§ Guadeloupe : Un accord a été signé en Guadeloupe dans la nuit du jeudi au vendredi 26 février, pour une augmentation des bas salaires mais seuls 15 à 17.000 salariés sur 85.000 sont concernés à ce stade en raison de l’absence du Medef et d’autres organisations patronales aux négociations. On a l’air de s’orienter vers une solution, très proche de ce qui était demandé au départ. Alors, pourquoi un mois de pourrissement, qui a contribué à détériorer la réputation de la Guadeloupe chez les Tours operators touristiques.

§ Même réflexion pour les enseignants-chercheurs : pourquoi s’arquebouter sur des positions extrémistes qu’on finit par abandonner ?

Procès Colonna : A propos de témoignages

44UTCp28UTC02bFri, 27 Feb 2009 08:40:44 +0000UTC 9,2008

Maître Benoit Chabert, évoquant la déposition de Mme Marie-Ange Contart, pose le problème de la fiabilité des témoignages.

Le témoin a été formelle :  regardant droit dans les yeux Colonna debout dans le box, elle a répété à deux reprises, la deuxième hier matin d’une voix ferme, véhémente  :

” Je suis sûr que ce n’est pas M. Colonna que j’ai vu ce soir-là, ce n’est pas lui, ce n’est pas possible, il n’y a aucun doute là-dessus.”

Mme Contart présente une particularité : elle est croupière de métier, elle est physionomiste par profession.

Avocat de la partie civie pour l’Etat, il est évident que l’avocat Chabert tente de mettre en doute le témoignage de Mme Contart, sans s’s'aviser que son propos est à double tranchant : tout témoignage est discutable, que ce soit pour l’accusé ou contre lui.

Il me paraît surtout très difficile de fonder une condamnation sur la base de témoignages. Je reviendrai demain d’une façon plus complète sur la nature et le rôle des témoignages. Et des aveux, qui relèvent de la même famille d’arguments judiciaires.

Mon clavier, 28 février

02UTCp28UTC02bSat, 28 Feb 2009 22:07:02 +0000UTC 9,2008

§ Colonna : le procès du procès. Quand le Président Didier Wacogne se prend les pieds dans le tapirs et est pris à partie par les avocats de la Défense, et Yvan Colonna lui-même !

§ Dans la foulée du travail entrepris sur le procès Colonna, j’ai proposé de raconter l’histoire de ce procès sous forme de livre, qui serait avant tout une réflexion sur la Justice et la Raison d’Etat. Jean-Daniel Belfond, mon ancien éditeur de l’Archipel, me répond qu’il a déjà assez eu de problèmes avec l’affaire Colonna, qu’il n’est pas convaincu de devoir s’y remettre. Vérification faite, et, jusqu’à plus ample informé, l’Archipel n’a jamais publié de livre sur Colonna. Madame la censure préalable est prise la main dans le sac. Ce petit conflit justifie l’existence de ce blog qui a vocation de contourner la censure des éditeurs.

§ Colonna : de la valeur des témoignages en justice

§ Pécresse promet de s’intéresser aux enseignants chercheurs

§ François Pérol : on ne parle que de lui dans les arrières cours de la presse

§ La voiture blindée de Cécilia Sarkozy, une VelSatis avec bar embarqué, finit ses jours comme véhicule de service pour les juges anti terroristes. On peut la voir tous les jours garée dans la Cour du Palais de Justice !

§ Le blog de Michel de Montaigne. Voir le billet.

La colère d’un avocat

04UTCp28UTC02bSat, 28 Feb 2009 15:39:04 +0000UTC 9,2008

Vendredi, grave incident entre l’avocat Antoine Sollacaro qui défend Yvan Colonna, et le Président de la Cour d’Assises, Didier Wacogne. L’avocat observe que la Cour d’Assises n’est pas la junte birmane, que le magistrat est indigne de la présider et qu’il doit s’en aller. Sur quoi, le Pdt a quitté la salle. Auparavant Yvan Colonna avait pris la parole pour réitérer l’expression de sa grave méfiance à l’encontre de la Cour.

L’audience a été suspendue pendant deux heures. A la reprise, après intervention du représentant de l’Ordre des avocats, Colonna est revenu à l’audience, le Président Wacogne aussi. Mais Me Sollacaro ne s’est pas excusé ! Tout au plus Me Gilles Simeoni a-t-il promis que les avocats essaieeraient de tenir leur langage, si la Cour accepte de jouer le jeu de la franchise. La crédibilité de la Cour est pour le moins chahutée.

Livre : le blog de Montaigne

44UTCp28UTC02bSat, 28 Feb 2009 22:05:44 +0000UTC 9,2008

Curieusement qualifiée d’adaptation par son promoteur André Lanly, une nouvelle traduction des Essais de Montaigne apparaît chez Gallimard, “Quarto”.

Une adaptation en français moderne qui donne à découvrir un aspect surprenant des Essais du presque le plus célèvre des écrivains français. Qui à lm’époque, a eu le culot d’écrire en français “vulgaire” pour être lu par tous.

Et il me vient cette idée a priori incongrue, mais pas tant que ça : les Essais, n’est-ce pas le Blog de Michel de Montaigne ? Un blog où il se promenait en toute liberté, sans égard pour les canons de son temps ?

Les Essais, blog de Montaigne ? Il fallait y penser. Lui, il citait en latin, moi je cite en anglais. Chacun utilise comme il le peut les ressources de son temps. La règle est de donner à penser, de donner à réfléchir.

Mais il faut surtout savoir que Montaigne a été un infatigable voyageur. Voyageur dans l’Europe de son temps. Irremplaçable voyageur de l’esprit. Et un esprit libre.

Mon clavier-Ier mars

12UTCp31UTC03bSun, 01 Mar 2009 13:50:12 +0000UTC 9,2008

§ Un vieux chenapan de banlieue (voir le billet doux)

§ Sarkozy, une popularité en berne

§ Europe de l’Est : au secours le tiroir caisse de l’Union européenne et autres institutions financières mondiales

§ Justice, Colonna : la Cour en accusation

§ Livre : Les Mirages de l’Art contemporain, Christine Sourgins

Sarkozy, popularité en berne, on comprend pourquoi

24UTCp31UTC03bSun, 01 Mar 2009 10:01:24 +0000UTC 9,2008

Mon Président Sarkozy a beau tout tenter, sa popularité fout le camp. Leur popularité, puisqu’il entraîne dans son sillage Son Premier ministre, François Fillon. Il a donc beau tout tenter, les courbes descendent, descendent. Voilà ce que ça donne : pour cette semaine, entre 38 et 41%. On se demande si le JDD va poursuivre la publication de son baromètre.

En effet, même les instituts de sondage proches de ses amis ne peuvent masquer le fait, brut. Hard, en anglais.

Aujourd’hui, il est en Pologne : nos nouveaux partenaires de l’Est ralent ferme contre les intentions affichées par Sarkozy de ramener en France un certain nombre d’usines délocalisées en Pologne, en Hongrie, en Slovaquie, en Roumanie. tous ces nouveaux entrants dans la Communauté avaient trouvé merveilleux de se livrer au dumping social pour attirer chez eux  les industries des “vieux” membres. Sans imaginer que se développe une réaction brutale sous la pression du monde syndical.

A propos, pour l’usine de pneumatiques Continental de Clairoix, près de Compiègne il paraît que c’est bientôt fini : 1150 emplois directs en cause, plus 2000 travailleurs sous-traitants. Le directeur du site, Louis Forzy, indique (selon Le Parisien):

« La fermeture est une éventualité qui doit être prise au sérieux, puisque le niveau de demande de nos clients est très faible par rapport à l’année dernière… [il n'y a pas] de volonté de Continental de se désinvestir de la France en termes industriels », mais assure que « le site de , le plus cher du groupe, est à ce titre le plus menacé ».

Toujours selon les syndicats, la fusion entre les Caisses d’Epargne et les Banques populaires peut avoir pour consésuence 4500 licenciements. Pour un recrutement : celui du directeur, François Pérol, passé directement de l’Elysée à la nouvelle banque privée.

Sarkozy, Un “vieux chenapan”

03UTCp31UTC03bSun, 01 Mar 2009 10:29:03 +0000UTC 9,2008

Il paraît – écrit Le Monde (27 février 2009) – que dans l’entourage de Mon Président Sarkozy on traite Alain Juppé de “Vieux Monsieur”. Tout comme le Président n’a pas craint de décrire ses prédécesseurs comme des rois fainéants. En particulier Jacques Chirac. Dont la cote de popularité n’a jamais été aussi élevée, entre nous soit dit : 70%, ce qui ne manque pas de sel.

Vieux Monsieur, Alain Juppé ? Oui, d’une certaine manière, puisqu’il a 64 ans, même pas l’âge de la retraite. Et à peine onze ans de plus que Mon Président. Si Juppé est un Vieux Monsieur, on pourrait rétorquer à Sarkozy qu’il est un vieux chenapan.

Quand j’étais jeune – il y a longtemps – ma mère aimait utiliser ce mot de chenapan dans un sens très péjoratif. J’ai cherché dans le dictionnaire si elle avait raison. J’ai trouvé comme sens et comme synonymes : Vaurien, petit garnement, coquin, fripouille, galopin [Ancien], garnement, gredin, sacripant. En anglais scoundrel. Les grammairiens vont jusqu’à voyou, je n’aurai garde d’aller si loin… Enfin, la connotation péjorative est évidente.

Je me contenterai de vieux chenapan, vieux galopin. Pas parce qu’Il manque de respect pour les autres, mais en raison de Son intolérance manifestement viscérale. Ce vieux garnement n’aime pas les autres. Ses jugements sont marqués de mépris pour tout ce qui n’est pas lui. En dehors de Carla Bruni, sa femme, nul n’échappe à sa vindicte.

Même pas la malheureuse Princesse de Clèves qu’il ne manque jamais de fustiger. Elle serait incompatible avec la guichetière. Quelle guichetière ? Doit-on rappeler que les femmes sont les plus grandes des lectrices, apparemment plus que notre vieux chenapan, et que toutes les lectrices guichetières doivent se sentir insultées quant on doute de leur choix littéraires.

D’ailleurs, la fonction même de guichetière n’existe plus. Même à la poste, ce sont des “agents d’accueil”. Comme il ne va jamais à la poste, notre Vieux chenapan ne sait pas ça.

Ce vieux coquin – au sens moliéresque – est très fier de lui. De son hyperactivité. De son hypeprésidence. Il a tout fait, tout dit. Sauf agir quand il y avait un risque à prendre. Prompt à juger les autres, il oublie de s’observer lui-même, de se regarder quand il craint de prendre de vrais risques. Il aime les hochets du pouvoir, les belles femmes, les belles bagnoles, les belles montres, les beaux bateaux de ses amis, la belle propriété de sa belle-mère.

Mais de là à retourner à Gandrange, en Moselle, pour rendre compte de sa promesse sans suite de maintenir l’aciérie Mittal en place, il y a un grand pas qu’il ne franchit pas. Comme il ne franchit pas l’Atlantique pour aller en Guadeloupe arbitrer un conflit fondamental dont le pan social n’est qu’un aspect. Il sait trop bien que derrière la Guadeloupe, il y a la Martinique, il y a la Réunion, il y a St Pierre et Miquelon dont la population est tentée par la réunion avec le Canada. Il y a les îles du Pacifique. Il y a tous ces sites industriels qui se cassent la gueule.

Certes, il compte obliger Renault et Peugeot à rester en France. Mais tous les sous traitants qui sont derrière, est-ce qu’il va les contraindre à ne pas  délocaliser ? D’autant plus que le vieux chenapan sait très bien que la Commission de Bruxelles entend protéger aussi les pays émergents de l’Europe. Contre la France et l’Allemagne.

Le vieux chenapan n’ignore rien de tout ça. Mais il cause, c’est l’essentiel. Et il cause mal, au sens de la grammaire, comme un garnement de quartier difficile, ces garnements qu’il déteste tant. N’est-il pas lui-même un galopin de quartier ? Un galopin de banlieue, une banlieue appelée Neuilly ?

Justice, Colonna : la Cour en accusation

03UTCp31UTC03bSun, 01 Mar 2009 11:11:03 +0000UTC 9,2008

Dans le procès intenté pour terrorisme et assassinat contre Yvan Colonna devant la Cour d’Assises de Paris, le véritable événement de la semaine a été la mise en accusation… de Didier Wacogne, le Président de la Cour. Avec en ligne de mire, derrière lui, tout le système policiaro-judiciaire sur lequel repose la lutte anti-terroriste en France.

Dès le premier procès de Colonna, en 2007, la Défense avait dénoncé avec véhémence des enquêtes et des instructions à charge contre le prévenu, finalement condamné à perpétuité pour l’assassinat du préfet Erignac.

On repasse le plat pendant cette instance d’appel. Tandis que Colonna ne cesse de proclamer son innocence, la Défense multiplie les mises en cause directe des enquêteurs et de la Cour d’Assises. Chargés de condamner – sur une décision prise d’avance, proclament le prévenu et la défense – les magistrats se retrouvent en position d’accusés.

Le Président Wacogne leur ouvre un boulevard par ses maladresses.

Première étape : un commissaire de police, Didier Vinolas, ancien collaborateur direct du préfet Erignac, est cité par l’accusation pour charger le dossier. Mais, stupéfaction, Vinolas soutient que selon un informateur, deux hommes ayant participé aux faits seraient dans la nature, jamais poursuivis. L’erreur du Président est d’avoir “oublié” d’informer la Défense que Vinolas lui avait écrit pour l’informer au préalable.

Deuxième reproche : le Président a tout tenté pour éviter que les deux noms cités par Vinolas soient réintégrés en procédure. Il y a bien eu “supplément d’information”, mais la Cour a estimé que le commissaire Vinolas n’apportait pas d’élément nouveau, donc qu’il était inutile d’enquêter sur les faits cités ! Donc, rejet d’une nouvelle demande de complément d’information.

Troisième étape : on en était là quand une nouvelle mise en cause a été soulevée. Un autre témoin, le Cdt Georges Lebbos, policier de la DNAT ( Direction nationale anti-terroriste) qui a effectué 80 % des actes de procédure dans les enquêtes conduits pour mettre en cause Yvan Colonna, est cité par l’accuasation.

Sa déposition apparaît à la Défense comme fondamentale pour éclairer la manière dont le nom d’Yvan Colonna a été introduit dans le dossier. Lebbos apparaît le 9 février, à l’ouverture du procès, dans la liste des témoins qui doivent déposer. Une déposition d’autant plus fondamentale qu’un document antidaté par Lebbos a conduit à l’acquittement de deux des supposés complices de Colonna, Jean Castela et Vincent Andriuzzi.

Or le 27 février, le Pdt Wacogne dévoile soudain que le Cdt Lebbos lui a adressé dès le 9 février un certificat médical indiquant que son “état de santé dépressif” ne lui permettrait pas de déposer devant la Cour. C’est son droit, même si une expertise médicale doit confirmer cet état de santé.

Mais la Défense s’est gendarmée contre le fait que le certificat médical était connu du Président dès le 9 février, et qu’il n’en a mentionné l’existence que le 27. Nouvelle tentative pour truquer le procès, on évite d’interroger les acteurs les plus fondamentaux (Voir le billet d’hier : “La colère d’un avocat”).

D’autant que les avocats de la défense observent que le Président Wacogne interroge très longuement et avec une suspicion manifeste tout témoin qui apporte des éléments à décharge en faveur de Colonna, pour ne pas dire qu’il s’acharne ; que l’Accusation et les Parties civiles tentent de tourner en dérision les témoins qui apportent de l’eau au moulin de la Défense. Ainsi des témoins Joseph Colombani, partenaire politique fondamental du préfet Erignac, et de Marie-Ange Contart, témoin visuel du meurtre

Une première demande de récusation du Pdt Wacogne introduite par la Défense a été rejetée par la Cour d’Appel de Paris. Les avocats d’Yvan Colonna ne renoncent pas pour autant à reprocher au Pdt de la Cour d’être de parti pris. L’accusé l’a lui-même répété à haute et forte voix.

En vérité, au-delà du dossier Colonna c’est tout le système judiciaire anti-terroriste qui se trouve mis en cause. “Ce sont des voyous”, lance un des avocats généraux pour fustiger la Défense. C’est un argument un peu court pour expliquer pourquoi et comment la Cour d’Assises est utilisée comme un instrument de pouvoir et non comme une institution de justice.

“Quand la politique entre dans le prétoire, la Justice s’en va”, tonne Me Antoine Sollacaro.

En réponse à un lecteur, j’ai ajouté ce commentaire à propos des “méthodes spéciales” de lutte anti terroriste.

C’est toute la question du respect des Droits de l’homme en matière de lutte anti-terroriste. C’est aussi la question que Georges W Bush avait soulevé en autorisant la torture infligée à des hommes suspectés de participer aux actions terroristes genre Al Qaïda. C’est encore la question posée par les « colonels » en Algérie, en Argentine, au Chili, partout où se sont développées les systèmes dictatoriaux. Même si on tente d’exterminer ses adversaires, comme les Nazis en Allemagne, pour des motifs en apparence légitimes – la protection de la population contre les terroristes – les atteintes aux Droits de l’homme n’ont jamais démontré leur efficacité. Plus grave, elles ont toujours été contre productives.

Livre : les mirages de l’Art Contemporain

05UTCp31UTC03bSun, 01 Mar 2009 12:35:05 +0000UTC 9,2008

Christine Sourgins, les Mirages de l’Art contemporain, Ed. La Table ronde, juin 2007.

Le livre date déjà de près de deux ans. Mais nous ne l’avons reçu qu’il y a peu de temps. Mais comme le débat se poursuit à travers les colonnes du Monde, avec un point de vue de Aude de Kerros :”L’effondrement du “financial art”, mercredi 24 décembre 2008, il faut y revenir. Marina l’a lu.

Historienne de l’Art, Christine Sourgins soulève avec intransigeance et une parfaite connaissance de son sujet le problème du dévoiement de l’Art contemporain. Il serait, selon l’auteur, manipulé par des “artistes” portés hors d’eux-mêmes par des événements extérieurs qu’ils ont vécu ou dont ils ont une image de catastrophe.

Dans les expositions on nous renvoie une image de L’Art contemporain sans poésie, sans perspective, copié-collé brutal du monde qui nous entoure. Le pouvoir de critiquer est entre les mains de trop de personnes susceptibles de trouver dans l’Art contemporain une vision du monde sans avenir, où l’émotion n’a pas sa place. Où la condition humaine est ravalée à son niveau le plus vil.

Ce livre oblige à réfléchir sur ce que ces artistes contemporains nous proposent. Sans humour et dans les limites de leur pauvre imagination.

Europe de l’Est : au secours, le tiroir caisse des riches

08UTCp31UTC03bSun, 01 Mar 2009 13:54:08 +0000UTC 9,2008

Avant le sommet spécial de l’Union européenne consacré à la crise, Ferenc Gyurcsany, le premier ministre hongrois, avance sa solution. Pour éviter l’effondrement des banques dans l’Est et l’abaissement “un nouveau rideau de fer”, il faut ouvrir le tiroir caisse à l’Ouest.

Le Premier ministre Ferenc Gyurcsany (Sipa)

Ferenc Gyurcsany (SIPA)

C’est le sens de sa proposition de créer un Programme européen de stabilisation et d’intégration pour les pays de l’Est, doté de 160 à 190 milliards d’euros pour le secteur financier en difficulté des pays d’Europe de l’Est. Quand il s’agissait de détourner vers l’Est à grands coups de défiscalisation les usines occidentales, la Hongrie ne demandait pas d’aide ! Bon, je sais, ce n’est pas politiquement correct d’écrire ça.

Je ne suis pas le seul à partager cette opinion : la République tchèque, qui préside l’UE, et plusieurs autres pays européens se sont dits opposés dimanche à un plan spécial pour aider l’Europe de l’Est face à la crise économique, dixit le Premier Ministre tchèque Mirek Topolanek :

“Je ne crois pas que l’Europe de l’Est soit une région spéciale, je ne crois pas qu’il soit nécessaire de séparer plusieurs pays au sein de l’UE, je soutiendrai une aide de l’UE à tout pays (qui en a besoin), pas spécialement l’Europe de l’Est”.

La Chancelière allemande Angela Merkel estime également qu’une aide globale serait peu judicieuse, mais elle réaffirme la nécessité d’aider les pays en difficulté au cas par cas.

Lors de ce sommet, les pays de l’Union européenne sont arrivés, dimanche 1er mars, à un accord-cadre sur le traitement des actifs toxiques des banques, jugés responsables de la paralysie persistante du crédit.
Et le président  Barack Obama a accepté une invitation à participer à un sommet entre les Etats-Unis et les dirigeants de l’UE le 5 avril à Prague.

Mon clavier, 2 mars

15UTCp31UTC03bMon, 02 Mar 2009 08:17:15 +0000UTC 9,2008

§ Procès Colonna : aujourd’hui audition de l’ancien préfet Bernard Bonnet, celui qui a succédé au préfet Erignac, et qui a mis le grand trouble dans les enquêtes, et le colonel (de gendarmerie ) Henri Mazères qui a commandé les incendies de paillotes, comme si le désordre ambiant ne suffisait pas. Encore du sport pour aujourd’hui.

§ Le vrai scandale de l’Affaire François Pérol : ce n’est pas tant la nomination d’un Président de banque par le Président de la République, mais le fait qu’il a agi comme tous ses prédécesseurs, alors qu’il avait promis la rupture.

§ Cinéma : Gran Torino, par et avec Clint Eastwood

Cinéma : Gran Torino, par Clint Eastwood, avec Clint Eastwood, pour Clint Eastwood.

29UTCp31UTC03bMon, 02 Mar 2009 08:52:29 +0000UTC 9,2008

Gran Torino , un drame de Clint Eastwood. Avec Clint Eastwood, Bee Vang, Ahney Her, Christopher Carley. Durée : 1 h 55.

news

Gran Torino, c’est une bagnole pseudo sportive, sortie des usines Ford de Detroit en 1972. Ouvrier d’usine Walt Kowalski a de ses propres mains monté la colonne de direction de cette voiture qu’il bichonne avec amour, quelques trente-six ans plus tard. Walt est le dernier Blanc dans une banlieue pauvre, en deshérence, submergée par les blacks et les Hmongs du Vietnam. Et leurs gangs. Walt vient de perdre son épouse. Et il est le survivant d’un autre temps. Survivant de la gloire automobile. Survivant de la Guerre de Corée. On le sent proche de la fin, il n’en reste pas moins un terrible vieux bougon qui vitupère contre tout le monde. En particulier contre ses voisins chinetoques qui lui rappellent à chaque instant les Chinois et les Coréens qu’il a combattus.

Avec une grande habileté et une belle économie de moyens, le réalisateur Clint Eastwood donne à comprendre la modification lente mais profonde de son personnage interprété par Clint Eastwood. Peut-être pour magnifier le cinéaste et acteur Clint Eastwood. De proche en proche, bien que toujours bougonnant, il apprend dans son vieil âge la tolérance, la sagesse. Et la vertu du sacrifice de soi-même pour racheter une faute majeure qu’il porte en lui-même depuis la Guerre de Corée. Il a 80 ans, ou plus, il n’a rien oublié.

Je jouerai du cliché en écrivant que c’est de la belle ouvrage. Et Clint Eastwood, presque caricature de lui-même, nous sert avec art un très beau personnage. Un personnage de “Vieux”, dont il ne cache aucune des atteintes de l’âge. Une interprétation talentueuse de lui-même. Et il affirme qu’on ne le reverra plus à l’écran.

Mon clavier : 3 mars

41UTCp31UTC03bTue, 03 Mar 2009 08:06:41 +0000UTC 9,2008

Désolé, mais le procès est long, très prenant, difficile de tenir correctement le blog à jour.

§ Colonna, Café théâtre et tribunal

§ 300 000 chômeurs prévus pour cette année

§ fin de crise en Martinique ?

Deux lois : l’hôpital et la prison

Colonna : du café théâtre au tribunal

51UTCp31UTC03bTue, 03 Mar 2009 08:07:51 +0000UTC 9,2008

Au procès Colonna, c’était ce matin le café-théâtre, avec la déposition du préfet Bernard Bonnet… Son intérêt fondamental dans l’affaire Colonna : Bernard Bonnet a pris la succession de Claude Erignac, une semaine après son assassinat. Il a eu la charge de gérer l’héritage immédiat, et le durcissement de la politique d’Etat en Corse.

Et puis Bonnet sait tout, mais à sa manière. Climat de flou absolu. Bonnet balance à la Cour une foultitude de renseignements. Mais aucun élément certain. Une série d’impressions qui le conduisent vers des sentiments… J’ai l’impression, je crois, il est probable… Une mine d’impressions, même l’avocat général Tessier, qui est prêt à croire n’importe quoi du moment qu’on enfonce Colonna, est sceptique, il est obligé de prendre ses distances.

Nouvel écart, pour ne pas dire nouveau dérapage du procès Colonna. Le problème est que le nom est sorti de ces élucubrations.

Donc, du café théâtre. Enfin une distraction dans l’existence austère d’Yvan Colonna qui comparait depuis trois semaines déjà. Colonna a même souri en écoutant les outrances du préfet Bonnet  qui soutient à la barre que le nom Colonna est entré dans le dossier grâce à un informateur mystère. Corte de son surnom. Et Bonnet de multiplier les révélations toutes fondées sur le témoin mystère

Le commissaire Didier Vinolas avait été pressé par le procureur Kross de balancer le nom de son informateur. Le procureur Kross n’a pas été aussi intransigeant pour connaître le vrai nom de Corte, protégé avec l’aval du Procureur général Dintillac.

Bonnet était d’une telle “bonne foi” qu’on ne pouvait pas ne pas le croire. Même quand le colonel Henri Mazères, qui dirigeait la Légion de gendarmerie et a contribué à la guignolesque affaire des Paillotes, a soutenu qu’il n’avait jamais dirigé d’enquête parallèle.

Coup nul pour l’accusation. qui s’est bien rattrapée en luttant avec férocité contre la perspective d’une “reconstitution” sur les lieux du crime dont a été victime le préfet Erignac.

On ne sourit plus

Là, on ne souriait plus parce qu’on est entré dans le vif du débat. Y a-t-il eu sur place deux hommes, Alain Ferrandi et Pierre Alessandri, ou trois, le troisième étant Colonna comme le soutiennent l’Accusation et les Parties civiles ? La Défense croit dur comme fer qu’une reconstitution permettrait d’éclaircir ce mystère. La Cour dira ce matin si elle accepte le transport sur place.

Pour ne rien éclaircir, la déposition de  Jean-Pierre Colombani, ancien capitaine des Renseignements généraux. Il est sourd et ne se souvient de rien. Entre deux souvenirs assez flous il trouve quand même le moyen d’affirmer que le nom de Colonna a été introduit par son service dans le dossier dès l’automne 1998, alors que jusqu’ici la vérité officielle voulait que Colonna fut cité pour la première fois au printemps 1999.

“En décembre 1998, il y avait aux RG des policiers qui pensaient que Colonna était l’assassin”.

Cette déclaration provoque la stupeur des avocats de la défense qui  rappellent que le nom de leur client n’est apparu “officiellement” qu’en mai 1999 au cours des gardes à vue des membres du commando. Des constructions, des raisonnements, nous assène le capitaine des Renseignements généraux.

Ce qui donne l’occasion une nouvelle fois à Yvan Colonna de dénoncer les incertitudes de l’enquête. Les mensonges. Les conditions scandaleuses de ses extractions de prison, transports et comparutions devant les policiers de la DNAT, avec l’assistance brutale des policiers du RAID. Notamment pour une “confrontation” avec le témoin Marie-Ange Contart.

Le climat ne s’arrange donc pas. Avec une bonhommie au moins affichée, le Président Didier Wacogne se lance dans de  discussions longues et incongrues avec Colonna. Quant aux observateurs, ils sont convaincus que les jeux sont faits. Tout aurait été décidé d’avance, à commencer par la nouvelle condamnation de Colonna.

Peinture expo – Marie Edith Robinne

38UTCp31UTC03bWed, 04 Mar 2009 11:10:38 +0000UTC 9,2008

Mon amie Marie-Edith Robinne présente pour la première fois ses peintures, dans une exposition collective qui présente le travail de 6 peintrestoile_marie

aux Vergers de l’Art 14, rue du Perche – 75003 Paris

du 16 au 22 mars prochains. Le vernissage aura lieu le 16 mars de 18h30 à 22h.

Marie-Edith sera présente le jour du vernissage et du jeudi 19 au samedi 21 mars de 12 heures à 19h30.

Métros Rambuteau, St Sébastien-Froissard, bus 29



Le dimanche de 12h à 18h.

Justice, Colonna : la Cour fidèle à elle-même

29UTCp31UTC03bWed, 04 Mar 2009 08:47:29 +0000UTC 9,2008

Fidèle à sa ligne, sur réquisition du parquet et des parties civiles, le Président Didier Wacogne a décrété que la Cour d’Assises ne se déplacerait pas à Ajaccio “faute d’éléments nouveaux en l’état”.   D’où suspension d’audience, puis reprise, puis interventions multiples d’Yvan Colonna.

Les interventions ont même parfois tourné une nouvelle fois au dialogue direct, et quelque peu musclé, entre le prévenu Colonna et le Président. Un dialogue auquel se sont mélés les avocats généraux.

Le procès n’y gagne pas en clarté. D’autant plus que devait se débattre aujourd’hui devant le tribunal civil une plainte d’Yvan Colonna pour atteinte à la présomption d’innocence. Contre Nicolas Sarkozy, mais en tant  que ministre de l’Intérieur, c’est-à-dire pour des faits antérieurs à son élection à la Présidence.

Erreur
Cette vidéo n’existe pas

Et, pendant ce temps, les témoignages se succèdent… et se ressemblent. Les témoins visuels n’ont vu sur place que deux hommes en train d’abattre le préfet, contrairement à l’accusation qui en décompte trois. Alors que les avocats de la partie civile dénoncent des manoeuvres de retardement, Tandis qu’un nouveau policier, le Contrôleur général Frédéric Vaux,   est venu à la barre “imiter” le préfet Bernard Bonnet . Le contrôleur général Frédéric Veaux a raconté l’histoire du nationalisme corse à sa manière, et celle d’Yvan Colonna selon le même mode. Le contrôleur Veaux a été le patron du SRPJ d’Ajaccio, puis le patron de la DNAT. A ce titre il a assisté le RAID pour l’arrestation de Colonna.

Ses interprétations sont surprenantes. Colonna participait à des manifestations nationalistes – ce qu’il reconnaît sans mal ? – Donc il suggère qu’il pouvait être partie prenante du “commando Erignac” (je n’apprécie guère cette formulation). Une preuve : avec ses amis , il a organisé une virée à Paris, pour aller s’amuser. Dans la bouche du policier ça devient une “expédition clandestine”. Sous entendu pour organiser un mauvais coup.

Et pourtant, le contrôleur Veaux finit par concéder, “quitte à déplaire aux parties civiles”, que tous ces hommes étaient sincères. Allez comprendre quelque chose dans cette confusion des esprits.

cour-dassises-antonetti

Dessin d’audience de Pierre Antonetti

Et pourtant, c’est si beau, si solennel, la Cour d’Assises. Comment des batailles aussi féroces peuvent-elles s’y développer ? Comment peut-on s’y combattre avec tant de violence ?

Sécurité : le débat sur le TASER s’envenime

21UTCp31UTC03bWed, 04 Mar 2009 11:27:21 +0000UTC 9,2008

Mon correspondant Laurent Opsomer suit au millimètre le débat venimeux qui fait rage autour du TASER, le “pistolet électrique” dont l’emploi se répand en France. Son propos a le mérite de bien poser le problème en termes de politique locale puisqu’est visé avant tout l’équipement des polices municipales.

Le texte ici publié est un extrait. Ceux qui seraient intéressés par la références en particulier bibliographiques, devront me le demander, je les transmettrai par courrier électronique.

POLICES MUNICIPALES : UNE PROPAGANDE… ÉLECTRIQUE

La réalité du lobby des policiers municipaux ne s’arrête pas à la sphère politique. Il s’étend à la Toile, s’attaquant par des moyens détournés à ses contradicteurs. J’en veux pour preuve un récent message posté sur le site de « come4news.com » le vendredi 27 février 2009. Son titre ? « Monsieur Anti-TASER du Ministère de l’intérieur plus puissant que Nicolas SARKOZY ? ». Son auteur ? Un pseudonyme – révélateur – de « policeprotaser ». Que dit notre anonyme ? Il pose d’emblée une question : « Qui fait la loi au ministère de l’Intérieur ? » Suit une énumération (je me suis permis de corriger les fautes d’orthographe et de syntaxe): « Le président de la République Nicolas Sarkozy ? La ministre Alliot-Marie ? Le directeur général de la police, ami du président, Frédéric Péchenard ? » Que nenni selon notre homme ! A ses yeux, seul y règne en maître absolu un haut fonctionnaire de la police nationale, dénommé Christophe Fichot. Son crime ? S’être exprimé contre l’usage du Taser ou, pour les puristes, le pistolet à impulsions électriques (PIE) par les policiers municipaux. La preuve de son forfait ? Un article paru dans « La Nouvelle République » en date du 9 septembre 2008 – soit-dit en passant la réactivité n’est visiblement pas le fort de notre accusateur – et signé par Christophe Colinet. L’introduction est d’ailleurs à charge, je cite : « I l aura suffi qu’une poignée de maires de la Côte d’Azur et de l’Ile de France fasse pression au ministère de l’Intérieur pour que l’on autorise l’usage du Taser dans toutes les polices municipales, alors que majoritairement, elles n’y sont pas favorables, confie une proche du commissaire Christophe Fichot, ancien chef du bureau Études de la direction générale de la Police nationale, aujourd’hui à l’IGPN (Inspection générale de la police nationale). » L’odieux personnage ! Le bougre a vraisemblablement dû être contaminé par Jacques Genthial pour oser de tels propos. Pis, il doit avoir des accointances politiques douteuses puisque l’on retrouve les mêmes assertions dans « La Voix du Nord » dans l’édition du jeudi 11 septembre 2008 […]
Alors anti-Taser Christophe Fichot ? Contrairement à ce qu’affirme notre aimable contradicteur, pas du tout ! Il y a même une contre-vérité flagrante ! « La Nouvelle République » révèle, en effet, dans ses colonnes que c’est « Christophe Fichot, qui, aux côtés du ministre de l’Intérieur d’alors, Nicolas Sarkozy, officialisait l’introduction du Taser dans la gendarmerie et la police nationale en septembre 2005 ». Etrange pour un supposé opposant au Taser. Mais cette contradiction apparente n’émeut nullement notre « policier PRO TASER » – vu que c’est ainsi qu’il se présente – qui poursuit sa démonstration, dénonçant le lobbying de Fichot et consort ! Christophe Fichot ayant recommandé de ne pas étendre le Taser aux policiers municipaux, notre quidam lance fièrement : « il préfère sûrement  le calibre 38 magnum équipant actuellement plus de 13 000 policiers municipaux puisqu’il ne s’est pas opposé à cette dotation en 2002 ! » L’envolée est lyrique mais s’effondre à l’examen des chiffres : en 2006, le ministère de l’Intérieur recensait 3 326 communes dotées d’une police municipale, employant 17 458 fonctionnaires – ce qui est remarquable si l’on compare avec les données de 1984 (5641 gardiens de police municipale à l’époque pour 1748 communes) ou même de 1997 (sur les 36 678 communes de Métropole et des DOM, 2 497 avaient une police municipale pour un total de 12 548 agents). Mais sur ce total, seul un tiers est armé (38 % précisément). Par conséquent, on est loin, très loin des 13 000 agents avancés de manière si cavalière. On peut également opposer à cette assertion erronée les demandes répétées d’organisations syndicales des policiers municipaux, notamment le SNPM (Syndicat national de la police municipale, affilié à la CFTC) et le SIPM (Syndicat indépendant de la police municipale, émanation de la Fédération professionnelle indépendante de la police ou FPIP, et aussi minoritaire dans la police municipale que l’est la FPIP dans la police nationale), pour promouvoir l’armement automatique de la profession. Or, pourquoi ces instances syndicales s’agiteraient-elles à ce propos si les trois quarts des agents de police municipale étaient armés ?
Dans son élan, notre dénonciateur va pourtant plus loin, s’étonnant que « Depuis le changement de gouvernement et l’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, plus le moindre fifrelin de TASER n’a été commandé et il n’en est prévu aucun…. » Diantre ! La Police nationale (PN) serait-elle aujourd’hui au pain sec et à l’eau ?! Comment expliquer alors que le budget de la PN s’élève pour 2009 à 8,612 milliards d’euros contre 8,446 milliards en 2008 ? Ce n’est donc là encore qu’un pieux mensonge… D’ailleurs, la PN a commandé des PIE l’an dernier puisqu’un grand nombre de départements qui n’avaient pas été équipés, comme le Loir-et-Cher par exemple, l’ont été. Mais il est vrai que les armes sont restées dans les armoires fortes plusieurs mois avant que les DDSP (Directions départementales de la sécurité publique) des secteurs concernés autorisent la formation des agents des BAC (brigades anti-criminalité), seuls habilités à s’en servir au sein de la PN. Par contre, notre délateur ne s’étonne guère de la rapidité de l’introduction du PIE dans certaines polices municipales. Pis, il fait complètement l’impasse sur une réalité : « La parution du « décret Taser » n’obligera en rien les communes à désarmer leurs polices au profit du Taser. Mais, du côté du ministère, on espère qu’au fil du temps la proportion des policiers municipaux dotés d’armes à feu diminuera » (Le Parisien, 8 septembre 2008. Or, le PIE ne remplace nullement les armes à feu, le revolver calibre 38 Spécial (et non magnum) ou le pistolet de 7,65 mm, il vient en sus ! D’ailleurs, ses supporters n’ont jamais dit autre chose. Ainsi, Antoine Di Zazzo, directeur général de Taser France, a rappelé que « le PIE n’est pas fait pour remplacer les armes à feu » (Le Point avec AFP, 16 avril 2008. De son côté, Francis Vercamer, député NC et maire de Hem, a sciemment entretenu le doute dès l’origine, déclarant notamment : « Peut-être qu’à terme, le Taser remplacera l’arme à feu à la ceinture des policiers hémois. Ou peut-être pas. » (La Voix du Nord, lundi 8 septembre 2008). Enfin, Patrick Balkany, maire de Levallois-Perret et proche de Nicolas Sarkozy, est encore plus catégorique : c’est NIET ! « Avec le Taser, nous renforçons leur équipement, se réjouit le député-maire UMP de Levallois. C’est une arme intermédiaire. Nos policiers [municipaux] ont déjà la panoplie complète ! » (Le Parisien, 9 septembre 2008) et les journalistes du quotidien francilien de remarquer : « Ici, difficile de distinguer rapidement un policier municipal d’un national. » Mieux, selon ce sympathique politicien,  « Le Taser est l’arme idéale, car elle ne blesse pas, elle paralyse l’individu visé quelques minutes » (Le Point, 8 septembre 2008. Même son de cloche à Reuil-Malmaison où l’on considère que « Face à des gens déterminés ou dans un état second, c’est intéressant d’avoir un Taser pour pouvoir les immobiliser. Surtout si, médicalement, il n’y a pas de danger pour l’individu. » (Le Parisien, 9 septembre 2008)
Aucun ne semble apparemment avoir pris connaissance du rapport d’Amnesty International, ni même prêté attention aux faits divers émaillant pourtant la presse à ce propos. Pas un n’a relevé les 334 morts avancés par l’ONG dans un communiqué en date du 16 décembre 2008, repris par « L’Humanité » le lendemain, ou les 68 victimes du Taser évoquées par « Le Parisien » le 20 décembre, ni même la dernière victime en date aux Etats-Unis le 12 février dernier à San José, une localité à 70 km au sud-est de San Francisco en Californie, où « C’est la deuxième fois en trois mois qu’un suspect succombe à un tir de Taser de la police à San José, et le sixième cas dans la ville depuis que la police a commencé à utiliser ces armes en 2004, selon des associations surveillant les agissements des forces de l’ordre ». Même Rama Yade, secrétaire d’Etat aux droits de l’Homme, a relancé la polémique sur la dangerosité du Taser, considérant que « Le recours au pistolet à impulsion électrique Taser par la police doit être “strictement encadré”, notamment dans son usage contre des mineurs, et pour éviter que quelqu’un “y laisse la vie” ».
Faut-il en conclure que ces édiles manquent singulièrement de lecture à ce sujet ?
[…]
Ceci dit, reste une réalité : depuis le décret n°2008-993 du 22 septembre dernier,  les policiers municipaux peuvent désormais vous électrocuter… Ajoutez-y le flash-ball, le tonfa, le gaz lacrymogène et autre gel poivre, et le policier municipal dispose dorénavant de la panoplie complète du parfait policier anti-émeute!
Néanmoins, notre homme ne ment pas lorsqu’il écrit : « Christophe Fichot recommandait alors de ne pas étendre cette mesure aux policiers municipaux. Il n’a donc pas été suivi. » Quel désaveu pour « le maître suprême du ministère de l’Intérieur », du moins présenté comme tel par notre spécimen PRO-TASER. « Pourquoi ? », telle est la question que s’est immédiatement posée « La Nouvelle République ». Faut-il croire à une salutaire rébellion politique ? Hélas ! La vérité est plus prosaïque : « le lobby du Taser est fort : onze communes attendent ce décret les autorisant à utiliser des pistolets à impulsion électrique à Hem (Nord), Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine), Le Raincy (Seine-Saint-Denis), Claye-Souilly, Émerainville (Seine-et-Marne), Étampes (Essonne), Dole (Jura), Orange (Vaucluse), Venelles (Bouches du Rhône) et Toulouse (Haute-Garonne). Des maires emmenés par Éric Raoult (UMP). Michelle Alliot-Marie, ministre de l’Intérieur leur avait promis d’aboutir à l’automne 2007. Elle a tenu parole. »  La réalité de ces pressions d’ailleurs reconnue et assumée par les intéressés. Pour preuve cette confidence d’un des élus concernés au « Parisien » : « Un certain nombre de députés, comme moi, ont fait du lobbying depuis des mois auprès de Michèle Alliot-Marie », confie le député maire (UMP) de Claye-Souilly, Yves Albarello, qui avait acheté cinq pistolets pour ses fonctionnaires. » Notez, néanmoins, qu’après les élections, deux municipalités se sont désolidarisées de cette démarche : Toulouse et Dôle. Toutefois, on ne vantera jamais assez les mérites de la double casquette en politique !
Voilà pour les hautes sphères. La réalité est cependant tout autre sur le terrain : si « Le Taser et le cheval sont très tendance dans la police municipale » comme l’affirme « La Voix du Nord » le 15 octobre 2008 à l’occasion d’un carrefour des polices municipales à Mons-en-Baroeul, localité de la conurbation lilloise, ou si « Le Taser [est] à utiliser avec modération » comme le suggère doctement « Le Journal du dimanche » le 19 octobre, le PIE ne rencontre pas à ce jour le succès espéré par les commerciaux de la firme américaine. […]
A Vernon dans l’Eure « La ville dit non au Taser » et à Lille la première magistrate, Martine Aubry, a eu droit à la visite de deux huissiers dépêchés par la société Taser France, délicate attention de sa part suite aux propos de celle-ci à l’encontre de son produit fétiche. Pas plus de succès dans l’ouest où « Les policiers municipaux [ne seront] pas équipés de Taser » à Caen. Dans ce dernier cas de figure, le grand quotidien atlantique Ouest-Francedonne d’ailleurs la parole à un responsable syndical local : « Ce n’est pas la panacée, mais c’est un bon compromis entre l’arme de poing et le contact physique », indique, à titre personnel, David Hébert, délégué régional du Syndicat national de la police municipale. Tandis que « Moins enthousiaste, le Syndicat national majoritaire de la police municipale (SNPM) déclare, par la voix de son vice-président, Frédéric Foncel, que « le droit d’utiliser les Taser ne figure pas parmi les priorités des agents. Ils travaillaient correctement avant que cette arme soit autorisée ». Cherchez l’erreur !
Mais notre « policier PRO TASER » n’a cure de ces évidences et inonde alors la Toile de sa prose. Il s’est littéralement défoulé, créant pas moins de dix blogs différents en sus de celui précité ! Tous identiques et postés le même jour, à savoir le vendredi 27 février 2009 !

Notre bonhomme a peut-être, des actions chez Taser sinon comment expliquer un tel déchainement ? Pourquoi diable cette guerre de propagande sur le Net ? Finalement, cette démarche s’apparente davantage à une cabale à l’endroit d’un opposant légitime à la montée en puissance des polices municipales. Le Taser n’est ici qu’une excuse, qu’une couverture pour attaquer indirectement un fonctionnaire de police ou toute autre personne qui ne fléchit pas devant le lobby des policiers municipaux.

Mon clavier, 4 mars

40UTCp31UTC03bWed, 04 Mar 2009 11:30:40 +0000UTC 9,2008

§ Procès Colonna : la Cour fidèle à sa ligne générale, contre la Défense

§ La Casse : les dernières informations sur l’Etat économique de la France donnent à prévoir 350 000 chôeurs de plus d’ici à la fin de l’année ! Une augmentation de 15 %.

§ Antilles : hier on pensait que le conflit tirait à sa fin, malgré l’opposition du MEDEF local. Ce matin, il semble qu’on n’est pas encore vraiment près de la solution en Martinique, tandis qu’en Guadeloupe Elie Domota, le leader du LKP, s’est rendu, mardi 3 mars, à la préfecture de Guadeloupe, à Basse-Terre, pour “relire le texte” de l’accord conditionnant l’issue de la grève générale. “On va essayer de se mettre d’accord sur le texte parce que les mots ont leur importance”.

Le Medef de Guadeloupe, ainsi que les organisations patronales qui avaient refusé de signer l’accord dit “accord Bino” préparé entre le LKP et deux organisations patronales proches du collectif, vont proposer, mercredi 4 mars, leur propre projet d’accord. Voir Le Monde de ce jour.

§ Université : une sortie de conflit ? Voir le billet

§ La dernière controverse entre ministres : Christine Boutin s’oppose vivement à Nadine Morano, à propos de l’homo parentalité. Christine Boutin serait-elle la porte-parole de l’Eglise ? Où est la laïcité républicaine ? Nadine Morano reproche à sa collègue ministre sa “posture passéiste et idéologique”.

§ Les menaces de mort “officielles”.

§ Des rapports directs s’installent entre les USA et la Syrie : une nouvelle donne au Proche Orient ?

§ Un point de vue de Laurent Opsomer : le TASER en question

§ Peinture : une exposition de Marie-Edith Robinne

Université : une sortie de conflit ?

46UTCp31UTC03bWed, 04 Mar 2009 11:59:46 +0000UTC 9,2008

§ Universités : il semble qu’on s’approche d’une solution dans le conflit opposant les Universitaires à leur ministre, Valérie Pécresse. Le décret qui a tout déclenché est en cours de “réécriture”, avant tout sur la base des revendications et des critiques articulées par les Universitaires.

Valérie Pécresse La ministre de l’enseignement supérieur et les syndicats SGEN-CFDT, Sup-Recherche UNSA, FO et Autonome-Sup qui négocient sur cette réforme se sont quittés, dans la nuit du mardi 3 au mercredi 4 mars, après avoir avancé sur la question de la modulation de service des enseignants-chercheurs (organisation de leur emploi du temps en fonction de l’enseignement, la recherche et les autres activités) et celle de leur évaluation.

Sécurité : des menaces “officielles”

34UTCp31UTC03bWed, 04 Mar 2009 14:52:34 +0000UTC 9,2008

Je ne comprends rien à cette révélation soudaine d’une avalanche de “menaces de mort”. Tous les spécialistes de la sécurité ont appris :

1/que les menaces de mots de ce genre sont totalement inopérantes, toujours le produit mental de déséquilibrés. Chaque jour les courriers des personnalités et des services de police sont envahis par des messages relevant de ce genre particulier.

2/Qu’on ne doit pas répercuter dans les médias ces menaces de mort, sauf à provoquer des cataractes de menaces identiques.

La suite des événements, avec l’interpellation d’un homme de 42 ans dans l’Herault, prouve d’ailleurs l’inanité de la menace.

Question : qui a intérêt à rendre publiques ces menaces ?

Mon Clavier, 5 mars

14UTCp31UTC03bThu, 05 Mar 2009 14:53:14 +0000UTC 9,2008

§ Je passe cet après-midi le cap des 15000 visites uniques depuis le lancement de ce blog. Ces jours-ci, une moyenne de 160 par jour.

§ les épouses à la barre : hier Nicole Huber Balland, aujourd’hui Michèle Bruay-Alessandri, demain Jeanne Finidori-Ferrandi

§ De la séparation des pouvoirs : l’intervention pour le moins incongrue du Procureur général Laurent Lemesle. Rachida Dati pour une fois se montre prudente

§ Les universitaires sont encore dans la rue

Selon le collectif Sauvons la Recherche, le gouvernement entérine  les suppressions prévues dans les organismes de recherches pour 2010 et 2011, ainsi que celles annoncées pour 2009 dans l’enseignement supérieur et la recherche. Il se refuse également à mettre en place un plan pluriannuel de l’emploi scientifique.

§ Les blouses blanches sont aussi dans la rue : dans le secteur hospitalier public, la contestation monte contre le projet de loi sur les hôpitaux, en cours de discussion à l’Assemblée nationale. Les syndicats estiment qu’il menace l’emploi et la qualité des soins. Plusieurs milliers de médecins et personnels hospitaliers ont donc manifesté dans une trentaine de villes, pour réclamer plus de moyens. Mais les cortèges n’étaient pas très étoffés. A Paris, par exemple, ils étaient entre 1600 et 3000.

§ Le LKP signe l’accord sur la fin de la grève en Guadeloupe. Mais le MEDEF boude toujours, tandis que le mouvement se poursuit en Mrtinique, et commence à la Réunion.

Justice, Colonna : les épouses à la barre

40UTCp31UTC03bThu, 05 Mar 2009 08:54:40 +0000UTC 9,2008

Suite du procès Colonna. Lors du procès de 2007, les témoignages incertains et flous des épouses et “compagnes” des hommes poursuivis avaient contribué au basculement de la Cour qui avait conclu à la culpabilité d’Yvan Colona puisque les épouses ne recoupaient que du bout des lèvres les témoignages initialement confiés aux policiers chargés de l’enquête. En 2009 vont-elles aller dans le même sens ? C’est toute la question qui se posera ce matin, en particulier  avec la déposition de Jeanne Finidori, l’ épouse d‘Alain Ferrandi, l’un des deux hommes déjà condamnés pour l’assassinat du préfet Erignac.

Justice, Colonna : de la séparation des pouvoirs

51UTCp31UTC03bThu, 05 Mar 2009 09:16:51 +0000UTC 9,2008

De toutes parts, on me pose la question : puisque tu suis de près ce procès Colonna, peux-tu dire qui a été le tireur ? Même le procureur Kross m’a interpellé à ce sujet. Eh bien, je vais vous répondre en toute franchise : “en l’état”, selon la formule du Président Wacogne, je n’en ai aucune idée. Tout ce que je peux avancer, si j’en crois les témoins visuels, est que le tireur mesurait plus de 1 m 75, alors que Colonna est plutôt petit, pas plus de 1 m 70. C’est à la fois une réponse et pas une réponse, je sais, mais c’est comme ça.

En revanche, je suis tout à fait “surpris”, sinon choqué, par le déroulement du procès, par le pendant manifeste du Président contre Colonna. Ce qui me choque encore plus, c’est la prise de position du Procureur général Laurent Le Mesle, qui dans une interview radio (RTL) s’est permis de porter secours à Didier Wacogne, dont le moins qu’on puisse dire est qu’il est durement secoué par la Défense.

L’argument de Le Mesle : il faut que “la justice passe dans la sérénité”.

Rappelons que Laurent Le Mesle a été destinatire en tant que Procureur général de Paris du courrier adressé à la Cour par le commissaire Didier Vinolas, un courrier que le Pdt Wacogne a “oublié” de transmettre à la Défense en temps utiles.

Je croyait avoir appris pendant mes études de droit qu’un principe intangible et inébranlable régissait le fonctionnement de la Justice. A savoir la stricte séparation des pouvoirs entre la Cour et le Parquet. En vertu de la “rupture”, ce principe serait-il désormais obsolète ? Tout comme la présomption d’innocence ?

J’ai tort de me gendarmer encore. N’ais-je pas écrit dans le temps un livre intitulé “Dossier J… comme Justice, ou la Justice du plus fort” (Editions Alain Moreau) où avec le substitut Jean-Pierre Michel nous dénoncions le poids insupportable de l’institution politique sur la Justice ?

Apparemment, ce temps est passé. En dehors de mes lecteurs, mon blog et rue89, les représantants de l’establishment ne simule même pas l’intérêt pour les aspects “droits de l’homme” de ce procès. Il est vrai que le prévenu est un petit Corse. Tant pis il n’a qu’à ne pas être Corse.

Je vous précise que le temps venu je publierai les noms des éditeurs qui ont rejeté mon projet. Pourquoi se gêner ?

Quant à mon bouquin, il est épuisé depuis longtemps. J’ai donné mon dernier exemplaiore personnel à Me Soulez Larivière. Mais vous pouvez toujours tenter votre chance sur un site internet consacré aux livres épuisés ou d’occasion.

Justice, Colonna film

12UTCp31UTC03bThu, 05 Mar 2009 09:08:12 +0000UTC 9,2008

Essai de diffusion d’un film monté sur l’affaire Erignac.

Erreur
Cette vidéo n’existe pas

Comme l’ONI ( objet non identifié) est consulté par les lecteurs, je précise bien que je leur ai communiqué un document de travail, essai de montage.

Les personnes qui apparaissent, sont par ordre : Dominique Erignac, Me Patrick Maisonneuve, Me Antoine Sollacaro, Dominique Erignac encore avec Me Philippe Lemaire, et enfin Christine Colonna.

Maître Philippe Lemaire est peut-être trop âgé pour comprendre que le petit machin que je portais dans ma main était une vraie camera. Il m’a interpellé en me lançant :

“qui êtes-vous donc ?”

Philippe Madelin, maître, nous avons eu l’occasion de nous rencontrer dans le temps.

“Ah, vous travaillez toujours ?”. L’air de dire : vous êtes bien vieux !

Maître Lemaire devra reprendre ses études de communication : le multimédia par le web a aujourd’hui autant sinon plus d’importance que le journal papier classique.  D’ailleurs je note que Durand-Soufflant, le confrère du Figaro, enregistre chaque jour son commentaire pour le diffuser sur le site de son quotidien. Lui, il sait.

Justice, Colonna, deux femmes et des pressions

17UTCp31UTC03bFri, 06 Mar 2009 07:59:17 +0000UTC 9,2008

Les « femmes » du groupe responsable de l’assassinat du préfet Erignac auraient témoigné contre leurs hommes sous la pression des policiers. C’est le fait central autour duquel tourne depuis hier le procès intenté à Yvan Colonna devant la Cour d’Assises de Paris. Parce qu’elles ont confirmé les aveux de certains des membres du groupe qui a participé à l’assassinat du préfet Claude Erignac, le 6 février 1998, les femmes jouent un rôle majeur pour l’Accusation dans le procès intenté à Yvan Colonna. Même si elles sont revenues sur ces déclarations tenues pour des accusations.
Lors du précédent procès, leurs imprécisions ont probablement contribué à la condamnation d’Yvan Colonna, suspecté d’avoir participé à l’expédition. La nouvelle audition des femmes apparaissait donc cruciale. Il s’agissait moins de savoir si lors des gardes-à-vue elles ont permis de recouper les aveux de Pierre Alessandri – qui a revendiqué d’être le tueur – et d’Alain Ferrandi, considéré en langage de police comme le « chef du commando », et par conséquent d’établir la présence sur les lieux d’Yvan Colonna, que d’expliquer pourquoi elles ont parlé, pourquoi elles ont cité les membres du groupe.
michele-bruay-alessandri-05032009

Michèle Bruey Alessandri (PhM)

Les dépositions hier de Nicole Huber Balland, compagne de Joseph Versini condamné pour sa participation à dans la destruction de la  gendarmerie de Pietrosella, et plus encore, ce jeudi, de Michèle Bruey, épouse de Pierre Alessandri ont toutes deux été dans ce sens.

Nicole Huber-Balland : «Au bout de quatre jours et trois nuits on peut tout dire et n’importe quoi !»

Fournissant quelques précisions sur l’emploi du temps de son mari, Michèle Bruey a en particulier raconté l’angoisse qui l’a saisie cette nuit du 6 au 7 février 1998 quand son mari n’est pas rentré chez eux. Elle affirme avoir compris qu’il allait commettre une bêtise.

« Je l’ai attendu toute la nuit, je n’ai pas dormi de la nuit. Je lui ai demandé s’il avait participé à l’assassinat dont j’avais appris la nouvelle par la radio. »

Puis le cauchemar de sa garde-à-vue, deux fois 48 heures.  Et de tous les interrogatoires par les policiers. Et des comparutions devant les juges d’instruction Gilbert Thiel et Laurence Le Vert.
Lui a-t-on suggéré qu’elle risquait d’être considérée comme complice ?

«  Je voulais retrouver mes enfants, je ne voulais pas être impliquée. J’ai parlé sans penser aux conséquences pour Yvan Colonna… Les policiers me disaient “ faites ça, c’est comme ça.“ »

Les avocats de la Défense sont persuadés que Michèle n’a pu prononcer des noms que parce qu’ils figuraient sur un procès-verbal présenté par les policiers. Un PV qui s’avérera être un rapport de synthèse.
Elle est fragile, elle n’est elle-même que lorsqu’elle parle de son mari et de ses deux enfants. Sa position est inconfortable. Ses réponses sont minimalistes, imprécises. Souvent elle ne sait pas. Quand on la presse trop, elle pleure. Or son témoignage est vraiment fondamental car il contribue à fixer l’emploi du temps d’Alessandri cette nuit-là, et, par la même occasion la présence ou non d’Yvan Colonna dans le groupe.

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La déposition de Michèle Alessandri tourne vinaigre quand pour la partie civile, Me Philippe Lemaire veut absolument que Michèle convienne qu’elle était au courant de la partiicpation directe de son mari. L’avocat suggère que Michèle ne peut pas parler, puisqu’elle habite toujours Carghese. Non sans observer qu’il ne reste pas grand chose de ses premiers propos. La remarque de Me Lemaire provoque le pénultième incident du procès, suspension à l’appui.
Le procureur Jean-Claude Kross émet pour sa part de sérieux doutes quant à la véracité du témoignage articulé par Michèle Bruey.
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Entretien et film : PhM

Yvan Colonna a eu curieusement le mot de la fin. Dressé d’un mouvement vif comme toujours, il reprend à son compte les accusations sur les pressions.

« Les policiers, affirme-t-il, étaient soumis à une obligation de résultat. Les femmes n’avaient qu’une envie, sortir. La procédure est figée depuis le début, il faut arrêter ce cinéma. Si on veut la vérité, il faut aller à la vérité. S’Ils étaient aussi sûrs d’eux, ils auraient accepté la reconstitution des faits ».

Les dépositions des femmes liés au groupe considéré comme responsable de l’assassinzt repose de nouveau la question du poids et de la fiabilité des témoignages dans cette affaire.

Mon clavier : 6 mars

55UTCp31UTC03bFri, 06 Mar 2009 07:26:55 +0000UTC 9,2008

§ Procès Colonna, deux femmes et des pressions policières

§ A ce jour, l’ensemble des mes billets sur Colonna a reçu 727 visites uniques.

§ Toujours Colonna : A propos de deux confrères…

§ Avec le projet de réforme des collectivités territoriales, Mon Président Nicolas Sarkozy a trouvé encore un nouveau moyen pour se mettre à dos les élites locales.

§ Universités : encore dans la rue

Universités : toujours la contestation

11UTCp31UTC03bThu, 05 Mar 2009 17:43:11 +0000UTC 9,2008

Dans la rue, aujourd’hui, en attendant des suites…  Malgré la tentative de désamorçage en gelant des suppressions de postes et en acceptant de réécrire un décret litigieux,  forts d’avoir fait reculer le gouvernement après cinq semaines de mobilisation, une large intersyndicale et les étudiants de l’Unef ne veulent pas s’arrêter en si bon chemin.

La plate-forme revendicative est désormais beaucoup plus large, allant de la formation des enseignants à la restitution des 900 emplois supprimés dans l’enseignement supérieur en 2009, l’arrêt du “démantèlement” des organismes de recherche ou la mise en oeuvre d’un plan pluriannuel d’emplois statutaires.

Collectivités : une réforme et une de plus, de quoi déplaire

22UTCp31UTC03bFri, 06 Mar 2009 07:51:22 +0000UTC 9,2008

Avec le projet de réforme des collectivités territoriales, Mon Président Nicolas Sarkozy a encore trouvé  un nouveau moyen pour se mettre à dos les élites locales, départementales, régionales… Le comité Balladur chargé de proposer des réformes pour les collectivités territoriales a remis son rapport hier jeudi à 11h au Président. Certaines mesures ambitieuses ont été laissées de côté. D’autres figureront bien dans le rapport avec des réserves de certains membres.

Donc, une réforme de plus. On n’était plus habitué…

Le président se donne quatre mois “pour convaincre”. Devant la vive opposition suscitée par la perspective d’un redécoupage des régions, le président de la République souhaite l’ouverture d’une large concertation sur la réforme des collectivités locales, tout en annonçant pour l’automne un projet de loi “reprenant” les principales propositions du comité Balladur. Un projet de loi donc pour consacrer cette nouvelle oeuvre. A l’automne, après les Européennes.

Justice, Colonna, confrères

35UTCp31UTC03bFri, 06 Mar 2009 09:17:35 +0000UTC 9,2008

Jean-Michel Apathie, RTL

Un journaliste qui a de la gueule, quant il écrit à propos du procès Colonna :

La justice ne peut s’administrer que dans la sérénité et la certitude. Si un procès fait apparaître la culpabilité de quelqu’un, alors il doit payer sa faute, son crime en l’occurrence. Si en revanche, le procès ne permet pas de conclure, de lever le doute ou les doutes, alors il n’est pas possible d’accepter qu’un individu soit enfermé à vie sans que la société soit certaine de sa culpabilité.

Pour finir, la question n’est pas de savoir si Yvan Colonna est innocent. La question, autrement plus exigeante, est celle ci: Yvan Colonna est-il coupable? Pour l’instant, disons que la réponse n’apparaît pas comme une évidence.

Une qui a moins de gueule, Patricia Tourancheau, chronique judiciaire et police de Libération. Elle, elle se contente de reprendre presque mot à mot la thèse non pas de l’accusation, mais de la police. C’est une journaliste à charge, en quelque sorte. Où est l’esprit de mansuétude qui nous est généralement demandé ? Je connais Tourancheau depuis longtemps, depuis qu’elle est montée à Paris, venant de la rédaction de Libé Lyon. Là, elle m’en bouche un coin. Son vocabulaire est celui des policiers, et même des policiers les moins évolués. “Berger de Cargèse, commando, pages noircies d’aveux”, toute la logomachie y passe. Elle écrit, mais c’est à se demander si elle écoute, puisqu’elle suit les débats. Je l’ai vue !

Une fois le berger de Cargèse arrêté le 4 juillet 2003 durant le procès des six membres du commando, Alessandri qui a été condamné à perpétuité pour l’assassinat (et non pour complicité) endossera la paternité de l’exécution du préfet le 13 octobre 2003. Il n’a plus rien, à perdre. S’il n’a pas fait cet aveu devant la cour d’assises de Paris, dit-il, c’est «en raison de la tournure prise par ce procès, tronqué». Depuis, ces auto-accusations et rétractations en série ont du mal à gommer les dizaines de pages du dossier noircies d’aveux.

Mon clavier : 7 mars

14UTCp31UTC03bSat, 07 Mar 2009 18:42:14 +0000UTC 9,2008

Désolé : je n’ai pas pu écrire avant la fin de la matinée. Je dois m’occuper de ma déclaration d’impôts, aux frais réels. C’est fastidieux.

§ Une journée de chien à la Cour d’assises : je suis en train d’écrire, c’est de la littérature !

§ Le Sénat tacle Rachida Dati

§ Antilles Encore du grabuge. Si l’accord passé hier, et généralisé par décision préfectorale, a permis de ramener un peu de calme en Guadeloupe, la situation s’est nettement détériorée en Martinique. Tirs de grenades lacrymogènes, jets de pierre et de bouteille, feux de véhicules et de poubelles, Fort-de-France a été frappée de plein fouet par de violents affrontements une bonne partie de l’après-midi de vendredi. Pourtant le préfet, Ange Mancini, est un ancien policier, qui a dû son ascension à une mission de préfet adjoint chargé de la Sécurité en Corse. Les îles, il devrait connaître !

§ Julien Coupat, sutout en taule

§ Le grand départ vers son Orient éternel de Bruno Etienne, le Soufi.

§ les trois décrets sur les universités ne passent toujours pas

Université : pas de répit pour Pécresse !

06UTCp31UTC03bSat, 07 Mar 2009 12:33:06 +0000UTC 9,2008

Si Valérie Pécresse, la ministre des Universités, espérait un répit, son espoir est déçu. La Coordination nationale des universités juge “inacceptable” la réécriture du texte sur le statut des enseignants-chercheurs annoncée vendredi et appelle à une “amplification du mouvement”

“La réécriture du décret est inacceptable dans la mesure où elle maintient les orientations du premier texte”, indique un communiqué adopté par la Coordination, qui “dénonce cette supercherie”.

Bruno Etienne s’en est allé

58UTCp31UTC03bSat, 07 Mar 2009 12:45:58 +0000UTC 9,2008

Selon le quotidien La Provence, parents, amis, élus, anciens collègues et étudiants : ils étaient plus de 300 hier à rendre un dernier hommage au sociologue et politologue aixois Bruno Etienne, inhumé au cimetière Saint-Pierre à Aix en Provence.

Bruno Etienne était avant tout un grand spécialiste du monde arabo-musulman. Je l’avais découvert avec son livre “L’Islam radical” qui a permis à nombre d’entre nous de nous orienter vers une vision plus pertinente sur l’Islam. Son dernier ouvrage, consacré à Abd El Krim est déjà un monument du genre. Il était également un pédagogue hors norme. Bruno Etienne n’a jamais caché son engagement philosophique dans la franc-maçonnerie, plus récemment complété par une conversion à l’Islam soufi. Parmi les proches venus lui rendre hommage, l’avocat et homme politique Michel Pezet, l’universitaire Gilles Kepel – qui a prononcé le discours d’hommage -, Raphaël Drai, et l’ancienne ministre Georgina Dufoix.

Justice, Colonna : des aveux extorqués ?

16UTCp31UTC03bSat, 07 Mar 2009 16:27:16 +0000UTC 9,2008

Les aveux des membres du groupe impliqué dans l’assassinat du préfet Erignac ont-ils été obtenus sous la contrainte du chantage et de la torture ? Impossible ont répondu en cœur tous les policiers appelés à témoigner dans ce procès Yvan Colonna, qui se déroule à la Cour d’Assises de Paris depuis le 9 février.
La question se pose avec d’autant plus d’acuité que trois des témoins considérés comme fondamentaux par l’accusation, tous membres du groupe tenu pour responsable du meurtre du préfet, non seulement sont revenus sur leur mise en cause d’Yvan Colonna, lors du précédent procès, mais encore ont clairement affirmé qu’ils n’ont parlé que sous la contrainte des policiers. Le premier à soulever le problème dans des termes clairs a été Joseph Versini, condamné pour l’attaque de la gendarmerie de Pietrosella, aujourd’hui en liberté conditionnelle. Didier Maranelli et Alain Ferrandi se sont engouffrés dans la même voie, dans la mise en cause des méthodes policières.
On pourrait imaginer qu’il s’agit d’une tentative pour déstabiliser l’accusation. Le procureur Kross s’interroge d’ailleurs sur la réalité des pressions. Or, de façon assez étonnante, c’est le procureur général adjoint Christophe Tessier qui met le doigt sur cette « particularité » de l’enquête, sans y prendre garde bien sûr.
Alors que cherchant à vérifier les termes d’une déposition recueillie par le commandant Georges Lebbos pendant la garde-à-vue de Didier Maranelli, le 23 mai 1999 à 6 heures du matin, le magistrat presse de questions le témoin, celui-ci se défend comme un beau diable.
Le procureur est  à la fois sceptique et intrigué. Je reconstitue le dialogue à partir de mes notes, p 439 et 443 du cahier d’audience 5 :

- Je lis la procédure le récit de votre garde à vue. A 10 heures du soir, vous ne parlez pas. A 1 heures du matin non plus. Et, tout à coup, à 6 heures, vous vous exprimez clairement sur Colonna. Pourquoi ? Et pourquoi avoir accepté de citer le nom d’Yvan Colonna ?
-    J’avais peur pour ma compagne, je craignais qu’elle soit elle aussi poursuivie comme complice, puisqu’elle m’avait fourni un alibi. C’était la prison pour elle, les enfants qu’on nous retirerait. Les policiers étaient très clairs. « On ne la sortira du dossier que si je fournissais certains éléments ». Ils m’ont ordonné d’ajouter le nom de Colonna dans le dispositif du meurtre du préfet, en position X2. J’ai parlé pour la protéger. Et j’étais épuisé. J’ai demandé à me reposer. Mais je n’ai pas eu de repos.
-    Aucun repos ? Le PV mentionne un repos, insiste le procureur Tessier.
-    Non, pas de temps de repos, rétorque Maranelli.

Donc à la pression psychologique s’est superposée la pression physique. La privation de sommeil, est aujourd’hui considérée comme une des principales formes de torture. Le problème est que le procureur Tessier ne peut nier le fait : les heures des dépositions sont consignées dans les procès verbaux. De garde-à-vue. C’est même un des rares points concrets dans toute cette affaire. Les policiers ont nié à répétition avoir exercé des pressions sur les gardés-à-vue.
Dans ces conditions, que valent les « aveux » recueillis?
Sur cette question de la privation de sommeil la littérature est abondante. Elle est considérée comme une des formes les plus cruelles de torture par la Croix Rouge, Amnesty International et par tous les organismes internationaux de droits de l’homme et légaux, y compris la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants,
A propos de la privation de sommeil, voir en particulier un article publié par Jean-Louis Valatx qui explique :
« La privation du sommeil est un des moyens utilisés pour torturer les prisonniers. Elle fut utilisée par les Romains et l’lnquisition tout aussi efficacement qu’à l’époque contemporaine . Elle est toujours d’actualité dans de très nombreux pays, non seulement dans les pays dits “dictatoriaux” mais aussi dans les pays dits “démocratiques” (par exemple au cours de la simple garde à vue). » A lire Jean-Louis Valatx Dans « Médecine et Hygiène »,1988

http://ura1195-6.univ-lyon1.fr/articles/valatx/mh_88/print.html

« La privation de sommeil, comme l’a déjà expliqué le Rapporteur de l’ONU sur la torture Theo Van Boven, est de la torture qui contrevient clairement à la législation internationale.
Dans un rapport rendu public il y a quelques années, M. Van Boven expliquait que « ces méthodes consistent notamment à maintenir les détenus dans des positions douloureuses ou pénibles, à les priver de sommeil et de lumière pendant des longues périodes, à les exposer à des extrêmes de chaleur, de froid, de bruit et de lumière, à leur recouvrir la tête d’une cagoule, à les priver de vêtements, à les dénuder et à les menacer avec des chiens » explique le rapport.

Sur Theo Van Boven :

http://www.morphee.biz/article-21188656-6.html

Un procès « oral »
Cette évocation insistante des « pressions policières » pèse encore plus lourd que les précédentes incertitudes quant au déroulement du procès.
Un procès « oral et contradictoire », ne cesse de répéter le Président Didier Wacogne. Un procès où les témoins et les témoignages risquent d’être décisifs. Or l’oralité des débats est pour le moins sujette à caution. Les policiers aprenent par coeur. Du côté de l’accusation, on ne cesse d’avoir recours à des textes écrits. Des textes qu’on ne saurait contester.
Un policier qui récite des Procès-verbaux est-il un bon témoin ? Certainement, estime l’accusation. Bonne question dans un débat où les témoignages prennent une place fondamentale, faute d’autre moyen de preuve certaine.
Le témoignage d’un policier est d’autant plus facilité qu’il se fonde sur des procès verbaux établis et rédigés par… lui-même. Hors de tout témoin pour attester de leur bonne foi, puisque les avocats ne peuvent assister aux gardes-à-vues, dont l’objectif avéré est de recueillir des aveux. Les policiers peuvent raconter ce qu’ils veulent puisque personne n’est là pour les contredire, même pas la personne interrogée dans la mesure où personne (au tribunal) ne peut la croire : il a été condamné. Point barre.
C’est ainsi que nous avons entendus des policiers réciter pendant des heures le texte de leur intervention. Avec des talents de comédien certains. Le contrôleur général Frédéric Veaux, par exemple. L’ancien patron de la PJ en Corse, puis de la DNA,  a gagné ses galons en menant la chasse à Colonna : durant deux heures d’horloge pendant le procès, il a recommencé l’histoire de la Corse, du mouvement nationaliste, il a « reconstitué » l’itinéraire d’Yvan Colonna, passé selon lui du militantisme au crime. Un flot de parole sans réplique, même si chacun des points soulevés devrait attirer des vérifications, des contradictions. Veaux ne témoigne pas : il requière. On est si abasourdi qu’on n’entend pas les « j’estime », les « je crois », les « il en ressort » et autres formules qui devraient nous permettre de comprendre que le contrôleur Veaux a reconstruit l’histoire comme elle l’arrange.
Par exemple, quand on lui demande son opinion à propos du commandant Lebbos, son collaborateur le plus proche, l’homme qui a rédigé 80 % des procédures, Veaux écarte d’un geste les soupçons : le commandant Lebbos a été poursuivi pour des détournements de procédure, pour un vol à l’étalage. « Aucun rapport avec les procédures qui lui étaient confiées ».
Même observation pour le commissaire Philippe Frizon, qui juge que les interrogatoires se sont déroulés dans des conditions plus correctes. Détendues, même ! Il est péremptoire, affirmatif, il ne viendrait plus à l’idée de personne de lui demander de répéter ce dont il a déjà convenu : que le nom de Colonna, Yvan, pourrait bien avoir pris la place du nom de Colonna, Jean-Jé, un maître du milieu décédé il y a quelques années dans un accident de voiture. Frizon a raison, puisqu’il est commissaire de police. Son témoignage est béton lorsqu’il soutient que Maranelli, Ferrandi et Alessandri ont balancé le nom de Colonna pendant les gardes à vue. Et pourquoi sa mémoire serait-elle aussi certaine ? Parce qu’il est policier, évidemment.
A l’inverse, les autres cafouillent, parce qu’ils ne sont pas formés au “kriegspiel”. Quand quatre témoins affirment que contrairement aux assertions de l’accusation et des enquêtes de police, il n’y avait que deux hommes sur la scène du crime, le Président de la Cour d’Assises devient suspicieux, il multiplie les questions qu’il oublie de poser aux policiers. Et de suggérer : « Les années ont passé, les souvenirs s’estompent ». Ces quatre témoins pourraient bien se tromper, puisque dix ans ont passé. Les témoins qui viennent au secours de la Défense seraient-ils moins fiables que ceux qui appuient les thèses de l’accusation ?
Curieuse conception de l’équilibre qui devrait présider au débat judiciaire. Deux poids, deux mesures.
Pour ne rien arranger, les « aveux » – témoignages – de Joseph Colombani, Didier Maranelli, Alain Ferrandi ( tous trois condamnés, dont les deux derniers à “perpet”) sont récusés par leurs auteurs, qui accusent les policiers de la DNAT de les leur avoir dictés. Les « femmes » de ces témoins considérés comme à charge ont également récusé leurs propres mises en cause.
Difficile de se reconnaître dans cet embrouillamini. Or, du strict point de vue de la procédure les témoignages doivent contribuer à forger la conviction des magistrats, et des magistrats jurés, chargés de juger. Les témoignages n’ont pas besoin d’avoir la qualité d’une preuve, il n’est pas exigé de la Cour d’Assises qu’elle motive ses jugements. On répond par oui ou non aux innombrables questions élaborées par le Président. Coupable, ou pas ? Telle est la seule alternative. Alors que peut devenir cette intime conviction si le socle des témoignages se dérobe ?

Justice, Coupat : en taule, surtout en taule

22UTCp31UTC03bSat, 07 Mar 2009 19:16:22 +0000UTC 9,2008

Le parquet général de la cour d’appel de Paris s’est opposé vendredi 6 mars à la demande de remise en liberté de Julien Coupat, présenté comme le chef de la cellule soupçonnée de sabotages de caténaires SNCF, examinée vendredi par la cour d’appel de Paris. Elle rendra sa décision le vendredi 13 mars à 14h, a-t-on appris de sources judiciaires.

Toute la journée de vendredi des bataillons de CRS et de gendarmes ont veillé sur les quelques même pas dizaines de partisans de Coupat. Grande menace pour la République, non ?

Le 15 novembre dernier, j’écrivais (au dos d’un vbillet de chemin de fer !) : Autonomes, du procès d’intention au jugement rendu par l’Oniprésident. Ils ne sont peut-être pas sages, et pas malins. De là à être condamnés sans preuve ni procès sur un dossier monté en sauve depuis plusieurs mois par MAM (Michèle Alliot-Marie) il y a un pas difficile à franchir, quitte à tordre le cou aux principes. Il est vrai que les principes on n’en a que faire!… L’efficacité d’abord.

Je rappelle cette réflexion car elle nous ramène à Colonna.

Mon clavier, 8 mars

12UTCp31UTC03bSun, 08 Mar 2009 08:56:12 +0000UTC 9,2008

§ Je réussirai peut-être à finaliser mon “reportage” au Palais de Justice, un jour de chien dans le procès Colonna.

§ Publication du rapport Léger sur la modification de la procédure pénale.

§ Rachida Dati vraiment sur le départ, pour mai ?, et très contente d’elle-même. Elle applique point par point son “plan média” mis en forme par Anne Méaux

§ Outre-mer : amélioration mais les questions fondamentales restent posées

Justice : rapport Léger, pas léger sur les juges d’instruction

56UTCp31UTC03bMon, 16 Mar 2009 19:00:56 +0000UTC 9,2008

Version modifiée le 16 mars

Vendredi 6 mars, le prérapport du comité Léger a été remis à la ministre de la Justice, Rachida Dati. Chargé de réfléchir à la réforme de la procédure pénale, ce comité «indépendant» s’était déjà vu assigner par Mon Omniprésident Sarkozy la mission d’en finir avec le juge d’instruction. La gauche unanime avait protesté, alors qu’elle est à l’origine de sa décadence.

Rappelons en outre que moins de 3 à 5 % des affaires judiciaires passent par le stade de l’instruction, au profit de l’enquête préliminaire menée par le Parquet, et que l’observation de plusieurs grands procès très récents, Angolagate, AZF, affaire Yvan Colonna, Ecoutes de l’Elysée ont vu les magistrats chargés de juger recommencer à l’audience l’instruction, de A à Z.

La question sera centrale lors des prochains Etats généraux de la Justice qui doivent se tenir le 21 mars à l’Assemblée nationale.

Voir, sur le site internet de Libération

http://www.liberation.fr/societe/0101552743-le-juge-d-instruction-se-rapproche-de-son-execution

Attention, il ne s’agit pas d’un lien hypertext, mais la référence à un lien

Lire dans le site internet du Monde de lundi un long débat entre Philippe Léger et des Internautes : “Le juge d’instruction n’est plus adapté à notre époque “

Lien à recopier :

http://abonnes.lemonde.fr/societe/article/2009/03/16/philippe-leger-le-juge-d-instruction-n-est-plus-adapte-a-notre-epoque_1168702_3224.html

Outre-Mer : le gag d’Yves Jego

49UTCp31UTC03bSun, 08 Mar 2009 11:08:49 +0000UTC 9,2008

C’est un gag, ou quoi ? Sur France Info, Yves Jego, le Secrétaire d’Etat à l’outre mer nous explique qu’il avait tout prévu des événements survenus dans sa sphère depuis plusieurs semaines. Formidables ces types qui déclarent après coup tout savoir avant ! Mon Président le renvoie aux Antilles pour une nouvelle tournée. Pour affiner ses prévisions ?

Le fait est que la situation s’améliore un peu et c’est tant mieux. Et d’ailleurs grâce à mon Président tout sera réglé lors des Etats Généraux de l’Outre mer qui vont bientôt commencer. Tout : le poids de l’esclavage, la frustration des Antillais, des Guyanais et des Réunionnais ; la domination des Békés, les conséquences ravageuses de la loi Pons sur les investissements outre Mer. Le surcoût de tous les produits, le privilège colonial qui impose aux îles lointaines d’acheter français au prix le plus élevé.

Après les incidents de vendredi en Martinique, des négociations sur le coût de la vie reprennent en Martinique. En Guadeloupe, ça risque de chauffer de nouveau, puis que le parquet engage une enquête préliminaire tendant à mettre en cause le désormais très célèbre Elie Domota, l’animateur du mouvement, pour ses propos musclés visant les Bekes et les patrons qui refusent d’appliquer les accords “Bino” . Le leader de Liyannaj kont pwofitasyon (Ensemble contre la surexploitation) Elie Domota avait déclaré au cours du JT RFO 7 mars au soir :

“Nous sommes dans une phase de suspension de conflit mais au moment où je vous parle, il y a des grèves qui sont en train de démarrer ou qui ont démarré depuis ce matin dans notamment les entreprises dirigées par les békés (…) où ils refusent d’appliquer l’augmentation de salaire”.
“Soit ils appliqueront l’accord (prévoyant une augmentation salariale mensuelle de 200 euros), soit ils quitteront la Guadeloupe”, avait encore affirmé Elie Domota au sujet des entreprises bloquées par des piquets de grève ou groupes mobiles de manifestants.
“Nous sommes très fermes sur cette question là. Nous ne laisserons pas une bande de békés rétablir l’esclavage”,”Si vous refusez, a-t-il lancé, vous n’avez qu’à partir”.

Mais quelle bizarre idée de poursuivre le leader en pleine crise, au risque de remettre le feu à la maison ? Il est vrai que Frédéric Lefebvre, le porte-parole de l’UMP, a réclamé l’engagement de ces poursuites.


Justice, Colonna : 6 mars, une journée de chien

39UTCp31UTC03bSun, 08 Mar 2009 16:12:39 +0000UTC 9,2008

Reportage à la Cour d’Assises de Paris, 6 mars
Ce vendredi, nous voici au bout du Palais de Justice dans la Galerie du Harlay, une sorte de hall de gare dallé de marbre, s’élevant sur plusieurs étages, éclairage zénithal toujours triste, une porte monumentale qui ne s’ouvre jamais. Un son d’enfer. L’escalier imposant menant à la Cour d’Assises est abrité dans une galerie de pierre, ouverte. Ainsi peut-on voir arriver et partir le public, les avocats. Pour leur part, les témoins passent par une poterne située sous le grand escalier.
Ces temps-ci cet espace monumental est défiguré par une construction préfabriquée abritant le centre de presse.
Et ce vendredi-là la galerie du Harlay est hantée par des meutes de gendarmes, certains en tenue de combat, tous armés, le regard suspicieux. Contenue par trois de ces gendarmes, une petite foule patiente pour aller  se mêler au public de la Cour d’Assises.
gendarmes

Allongé sur une banc de marbre dort un photographe, auprès de quelques confrères dans le genre paparazzi effondrés un peu plus loin.

presse-colonna

Parmi les autres personnages qui errent dans cet espace glauque, on identifie plusieurs Corses, on reconnaît même Stéphane Colonna. Comme il sera appelé plus tard comme témoin, le frère d’Yvan n’a pas le droit d’entrer dans la salle d’audience. Mais il ne rate pas une seule séance, il est là, c’est sa manière d’aider son frère…
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Stéphane Colonna, dans l’attente

A pas décidés, je me dirige vers le centre de presse. Une première salle est l’anti chambre, local technique pour les monteurs de télévision, bureau pour les journalistes qui préparent directement leurs papiers bientôt envoyés à leurs rédaction par communication WiFi. Ici aussi somnolent quelques techniciens de télé, dans l’attente d’heures meilleures.
Un petit couloir me conduit dans une deuxième salle. Une sorte de Saint des Saints. Un gendarme m’intime l’ordre de présenter ma carte de presse, mon accréditation. Les sésames. Moyennant quoi par écran géant interposé j’ai le droit d’assister dans d’excellentes conditions de confort aux débats qui se déroulent dans la Cour d’Assises, à trente mètre d’ici. Je pourrais aller dans la tribune de presse, mais les banquettes sont dures, on entend mal les échanges de propos qui se déroulent dans le prétoire.
Ce vendredi est comme les autres jours. Dans la salle de visionnage, toujours la décontraction. Certains somnolent, les agenciers tapent avec fureur sur leur clavier d’ordinateur. Et sur l’écran défilent les témoins. Ce jour comme un autre aurait dû être vraiment ordinaire. Il ne l’a pas été. Tous condamnés, les principaux témoins du jour comparaissant sous la bonne garde de trois gendarmes armés. Tiens, c’est bizarre : la force armée ne représente-t-elle pas une ingérence de l’exécutif dans le pouvoir judiciaire ?

Au loin, on entend des clameurs : ce sont des supporters de Julien Coupat qui protestent contre son maintien en détention. Les gendarmes se précipitent…

Retour au visionnage : les témoins qui défilent sur l’écran ont tous dans un premier temps « dénoncé » Colonna, prétendu qu’il était présent sur la scène du crime (Voir mon billet d’hier et aujourd’hui sur rue89 : des aveux extorqués ?), puis en 2007 ils se sont rétractés du bout des lèvres. Pas suffisant pour retourner leur témoignage, soutiennent les Parties civiles et l’Accusation, pour lesquels ces hommes représentent l’ atout majeur.
D’où l’intensité des échanges entre protagonistes. Versini, Maranelli, Ferrandi… L’un après l’autre ils sont cuisinés jusqu’à l’extrême… Les trois prétendent qu’ils ont été forcés de parler, que pour eux Colonna n’est pas coupable, qu’il n’a pas participé au meurtre.
Les dialogues sont parfois surréalistes, comme en témoignent les duels entre Ferrandi, le Procureur, les avocats. Duels relevés par mon ami Pierre Antonetti, qui nous trace le portrait de la Cour d’Assises.
cour-dassises-antonetti1

La cour d’Assises. Colonna est dans la cage de verre blindé, à droite

Non seulement Pierre Antonetti dessine bien, mais encore il a le « coup de plume » pour rapporter des dialogues. C’était Vendredi  6 mars 2009, à partir du milieu de l’après-midi
L’audition de Didier Maranelli se termine. Un peu plus tôt on a évoqué un nombre de participants à l’opération Erignac plus important que ce qui avait été avancé jusqu’alors.

Maranelli : Je ne confirme pas le nombre de sept. Un des membres du groupe effectif n’a pas voulu participer.
Me Siméoni : Je conçois que ce soit douloureux de parler de tout ça, mais par contre, vous êtes prêt à participer à une reconstitution.
Maranelli : (répondant à Me Siméoni à propos des personnes ayant participé à l’opération Pietrosella et à l’assassinat)

-    C’est un groupe de personnes qui a été conçu pour participer aux deux opérations.

Il ne donne ni nombre, ni noms, mais il se déclare prêt à participer à une reconstitution.
La fin de l’après-midi est occupée par la déposition d’Alain Ferrandi.
Il se dirige vers la barre escorté par trois gendarmes. Le Président dit à Ferrandi « Si vous avez chaud vous pouvez enlever votre veste ».

Ferrandi enlève sa grosse veste qu’il pend à la barre. Il a un pull et comme Colonna, il a les manches retroussées. Il se lance dans un assez long discours militant.

Ferrandi: C’est la quatrième fois que je comparais devant un tribunal politique. Je récuse le terme de terrorisme, nous sommes des citoyens ordinaires. La République est un mythe en France. Etc. etc. etc.

Mme Erignac dit : « On s’en fout ». Ferrandi se tourne vers elle pour lui dire gentiment qu’il a entendu et il continue son discours.

Ce n’est pas la violence qui gangrène la Corse mais le clanisme et le clientélisme. Si l’Etat  persiste à mener la même politique, il n’est pas impossible que d’autres faits graves se produisent.

Le Président trouve que tout cela est un peu hors sujet.

Ferrandi (à propos d’Yvan Colonna) : il n’a jamais fait partie du groupe et ce ne sont pas les proximités qu’il a avec les villageois qui font de lui un coupable. Je le répète comme je l’ai dit lors du premier procès, il n’a jamais fait partie du groupe.
Le Président : Vous avez dit en 99, je ne dirai pas qui a tiré sur le préfet Erignac. Et aujourd’hui pouvez-vous nous dire qui a tiré sur le préfet Erignac.
Ferrandi : Je suis toujours dans le même état d’esprit.

Quand le Président lui demande pourquoi il a mis tant de temps à dédouaner Yvan Colonna il répond que c’est par choix idéologique.

Le Président : un choix idéologique ?
Ferrandi : Oui
Le Président : C’est donc faire payer cher un choix à un innocent .
Ferrandi :
On peut le dire.
Je nourris des regrets de ne pas avoir disculpé avant les personnes qui ont été inculpées à tort. Je lève le malentendu que mes propos ont pu provoquer lors du premier procès. Je confirme, il (Yvan) ne faisait pas partie du groupe.
Il a été mis en cause dans l’instruction à cause des pressions et la nécessité pour la police de fournir un scénario crédible après avoir tant pataugé.

Le Président lui pose des questions sur le nombre de personnes appartenant au groupe, Ferrandi ne dit rien.

Ferrandi : les actions Pietrosella et Erignac ont été commises par un certain nombre de personnes .
Le président : combien de personnes ?
Ferrandi : je ne dirai rien. L’enquête a des carences certaines et il est évident que des gens n’ont pas pu être arrêtés.

Il dit qu’il a passé un deal avec la DNAT et confirme les dires de sa femme pour éviter qu’elle soit mise en examen.

Ferrandi : Je ne parle que de mon engagement et de ceux qui sont mis en cause dans l’affaire. C’est un choix idéologique et militant , lors de  l’instruction, de n’exclure personne.
C’est un choix maladroit de ne pas avoir disculpé Yvan Colonna.
Me Lemaire : pourquoi ne rien dire pendant quatre ou cinq ans ?
Ferrandi parle des raisons de son engagement
C’est le choix politique que j’ai fait pendant l’instruction et je m’y suis tenu.
J.Cl. Kross, le procureur général  : Qui était avec Alessandri ?
Ferrandi : Je n’ai pas à vous dire qui était avec Alessandri.
Kross :  ça veut dire qu’il y avait quelqu’un …
Ferrandi : Je n’ai pas à vous dire.

Pour préserver sa femme, il a mis en cause Yvan Colonna .

Yvan Colonna se dresse d’un coup pour prendre la parole. Comme mus par des ressorts, derrière lui les deux gendarmes bondissent.

Je m’adresse à toi, Alain, tu as dit que tu étais mon ami . Visiblement  tu as fait un choix de ne rien dire alors que j’étais dans les ” stràzzi “.

Face à ce mot en corse, le Président se manifeste. Colonna  explique que ” stràzzi “.  veut dire : tourments  et il poursuit :

Tu sais que tout ce que tu dis ici est  écouté, analysé, disséqué, ta phrase sibylline a été mal interprétée et j’ai été condamné.  Tu éludes les questions. Là, je te demande d’être clair parce que  moi, je joue ma vie.
Je te demande d’être clair sur les questions essentielles.
Pourquoi n’as – tu rien dit pendant tant d’années ?

Sollicité par Me Edmond Simeoni, Ferrandi refuse de participer à une reconstitution.

meute-journalistes-032009

Les télés ont repéré un témoin, on se rue

Voilà. C’était une journée de chien. Pour les témoins qui n’en peuvent plus. Pour l’accusation qui ne parvient pas à obtenir de nouveaux aveux. Et qui, en plus voit le dossier rendu encore plus confus. Pour Colonna, qui doit trépigner, dans sa cage de verre. Et pour Dominique Erignac, qui ne rate pas une minutes du procès, elle non plus.

Mon clavier, 9 mars

05UTCp31UTC03bMon, 09 Mar 2009 08:46:05 +0000UTC 9,2008

§ Procès Colonna, au programme aujourd’hui :Pierre Alessandri, qui s’est accusé d’être le tueur du Préfet Erignac, se substituant à Yvan Colonna. Question : pourquoi après l’avoir enfoncé ses anciens amis veulent-ils le défendre à tout prix ? Dans la foulée, encore des policiers à la barre.

A propos de la torture : je précise que les coups et les sévices sont des formes primitives de torture, relayées aujourd’hui par des actions beaucoup plus sophistiquées, scientifiquement mises au point, qui présentent l’intérêt de ne laisser aucune trace. Et j’ai vérifié auprès d’autres Gardés à vue dans cette affaire : tout au long de leur détention, ils étaient assis sur une simple chaise, et impossible de dormir.

§ J’avais prévu de vous préparer un digest des réactions à mon papier dans rue89. Je préfère publier un commentaire à mon blog.

§ Comme s’il ne se passait rien en France et dans les DOM-TOM, Mon Président Sarkozy et Carla sont partis quelques jours en vacances au Mexique. Vont-ils skier sur les pyramides précolombiennes ?

§ Pendant ce temps l’UMP organisait son premier meeting de campagne à Maisons-Alfort. En coulisse, on apprend que Xavier Bertrand, le secrétaire général, a refusé une place au bureau à Rachida Dati. Laquelle s’est plainte à Nicolas. Qui l’a nommée, à l’UMP, “Conseillère spéciale pour l’Europe”. Elle n’y connait rien, mais c’est un joli titre par la deuxième de liste derrière Michel Barnier.

§ Réunion : reprise des négociations, dimanche 8 mars, à Saint-Denis entre le patronat et le Cospar (Collectif des organisations syndicales, politiques et associatives de la Réunion) sur les prix des produits de consommation courante. Deux réunions de travail se sont déroulées à la préfecture, l’une portant sur les premières réponses de l’Etat aux 62 revendications du Cospar, l’autre sur les prix des produits de la grande distribution. En Martinique et Guadeloupe, la situation paraît s’apaiser même si la mise en cause judiciaire de Domota soulève des vagues.

§ Le PCF et le Parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon ont lancé hier le “Front de gauche” pour les Européennes. Sans Olivier Besancenot et son NPA.

§ Dimanche à Luxembourg, “sommet” entre les trois pays européens qui pratiquent le secret bancaire massif : Suisse, Luxembourg, Autriche. Pas question de revenir sur le principe, assène le Pdt de la Confédération helvétique.

§ Ulster : attentat contre une caserne, deux soldats tués. Revendication par l’IRA véritable, dissident de l’IRA qui a en principe déposé les armes. C’est le premier attentat depuis dix ans en Irlande du Nord.

Procès Colonna : de l’idéologie

09UTCp31UTC03bMon, 09 Mar 2009 18:59:09 +0000UTC 9,2008

Je reçois d’un de mes lecteurs un long commentaire très engagé, consacré au procès Colonna. Comme il rejoint les propos entendus cet après-midi au tribunal dans la bouche de Pierre Alessandri, qui s’accuse aujourd’hui d’être le “tireur” dans le groupe qui a assassiné le préfet Erignac, je vous communique ce texte.

Tout ce qui suit est simplement un filtre de lecture pour comprendre entre les lignes les véritables enjeux de ce procès. Je ne détiens pas la vérité sur la participation de qui que ce soit, sur la culpabilité ou l’innocence de qui que ce soit. Mes propos sont simplement le fruit d’une analyse.

La plupart des observateurs qui tentent de comprendre cette affaire font preuve d’ethnocentrisme. Il n’est pas possible de comprendre quoi que ce soit si on élude le côté politique de cette affaire. Ce n’est pas un crime de droit commun.. Les membres du commando ne sont pas de simples citoyens, mais des personnes qui défendent, aujour’hui une cause.

Que ce soit Versini, Maranelli ou Ferrandi, ils n’ont pas réellement l’intention de “sauver” Yvan Colonna. C’est une des raisons pour laquelle ils ne donneront aucun détail. L’autre raison tien au fait qu’ils n’ont pas agits seuls dans leur coin. Ils se sont fait manipuler par plus fort qu’eux.

Ces gens sont toujours des militants, et considèrent que la cause vaut bien le sacrifice de quelques vies (celle du Préfet, et celle de Colonna). Les histoires de luttes nationales sont remplies de sacrifices d’innocents. Que vaut la vie d’un homme au regard de la cause ?

En disculpant Colonna, sans le faire réellement, ces gens ont pour but de continuer le combat, de réveiller les consciences du nationalisme Corse et attirer des jeunes Corses. Ce procès leur procure une tribune inespérée.

Ils l’ont avoué sans détour, l’assassinat du Préfet Erignac avait pour but de créer un électrochoc dans le mouvement nationaliste. Il devait ressouder le mouvement qui allait être attaqué de toute part par l’état. Ils ont également avoué l’échec de cette tentative, qui n’a servi à rien. Le meurtre d’innocent ne fait pas partie de la doctrine du mouvement nationaliste Corse, d’ou l’échec.

Pour eux, la victimisation de Colonna, est l’assurance de ne pas être oubliés. La condamnation d’un innocent par le pouvoir, dans un “procès d’état”, peut au contraire permettre d’atteindre le but qu’ils s’étaient fixés.

Corte, le fameux informateur du Préfet Bonnet, disait d’eux : ” Il sont très forts. Ce sont des joueurs d’échecs qui ont toujours plusieurs coups d’avance”.encore une cause.

Mais pourquoi Colonna me direz vous ?

Entre le meurtre du préfet et l’arrestation du commando, plus de quinze mois se sont écoulés.. Ce qui laisse largement le temps de réfléchir.
A cette époque, le processus de Matignon est en gestation. Les membres du commando ont pu élaborer un plan qui pourraient les faire amnistier en cas de problème.

En 1999, Colonna à la triple particularité d’être :

- Le fils de Jean-Hugues Colonna (ex Mr Corse à l’intérieur dans un gouvernement de Gauche -> Il ne s’est pas fait que des amis dans le mouvement nationaliste). Ses relations peuvent servir..

- Le beau frère de Joseph Caviglioli, une personnalité du mouvement nationaliste .

- Une figure du mouvement (ex membre du comité exécutif de la Cuncolta du temps de Pierre Poggioli).

Il parait évident qu’il présente toutes les caractéristiques, mieux que personne d’autre, pour être le soldat qui va “soulever du monde” pour leur venir indirectement en aide en cas de pépin. A dessin, provoquer l’électrochoc attendu..

D’ailleurs, l’amnistie des prisonniers politiques a été évoquée durant le processus de matignon. ce que n’avait pas prévu ces gens, c’est la réaction de Mme Erignac, qui s’en est offusquée dans la presse (elle a d’ailleurs été reçue a Matignon peu de temps après), ce qui a fait reculer Jospin, 1er ministre de l’époque. Mme Erignac était et est toujours soutenue par les énarques (le vrai pouvoir dans ce pays).

PS : En 2007, lors du premier procès, Maître Gilles Simeoni a directement mis en cause l’avocat Maître Stagnara qui est intervenu lors de la garde a vue des membres du commando, en indiquant que bizarement les prévenus avaient tous accouchés le nom de Colonna après avoir vu cet avocat. Me Stagnara a des liens très étroits avec le Mouvement nationaliste dirigé par Charles Pieri. Une mise en cause pour le moins inhabituelle, qui n’aurait pas lieu d’être sans fondement..

N’est pas anodine la question de Colonna à Versini,
et toi tu ne dis rien à ton avocat, tu ne lui dit pas que je n’y suis pour rien….

Réponse de Philippe Madelin
Vous pouvez ajouter à la liste Pierre Alessandri, entendu cet après-midi. A peu de mots près, il reprend le même  propos. Avec un dogmatisme qui me glace, un dogmatisme que je qualifierais de stalinien. Alors que le personnage, plutôt beau à la manière des empereurs romains, est loin d’être antipathique.

Et, à propos : Charles Pieri comparaissait aujourd’hui devant la 11° Chambre correctionnelle.

Justice, Colonna : le procès devrait être terminé

36UTCp31UTC03bTue, 10 Mar 2009 10:40:36 +0000UTC 9,2008

Après les aveux du tireur, le procès devrait être terminé.

« Nous nous sommes disposés dans la rue Colonna d’Ornano en face du théâtre Kalysté. J’étais avec Alain Ferrandi, nous étions postés au carrefour de la rue Colonna d’Ornano et de la rue Campiglia. Quand  nous avons vu le préfet déposer son épouse devant le théâtre, nous avons pensé qu’il n’assisterait pas au concert. Nous avons donc quitté les lieux, nous descendions la rue Colonna d’Ornano quand nous avons croisé le préfet. Je me suis retourné, j’ai tiré dans sa nuque. Difficile d’expliquer l’état psychologique dans de telles circonstances. »
C’était hier, lundi 9 mars, au procès d’Yvan Colonna, devant la Cour d’Assises de Paris.
A petits mots précis, d’une voix nette à peine teintée d’accent, Pierre Alessandri raconte comment il a lui-même tué le préfet Erignac. Endossant donc toute la responsabilité. Pour faire bonne mesure il ajoute qu’il a éjecté du pistolet Beretta les dernières cartouches non percutées, pour qu’on ne puisse pas se servir de l’arme qu’il a posée sur le sol.
Alessandri a déjà revendiqué à plusieurs reprises d’avoir été le « tireur » lors de l’assassinat du préfet. La clarté de son propos qui tranche sur le flou qui a prévalu jusqu’alors aurait dû le rendre totalement crédible. Et, dans une large mesure, mettre un terme au procès puisqu’en développant ce récit celui qui se revendique comme l’assassin semble totalement disculper Yvan Colonna.
En bonne administration de la justice, dans n’importe quel pays démocratique, puisqu’on tient le coupable et ses « complices », puisque les motivations et les circonstances  sont clairement définies, le procès devrait s’arrêter là.
Or il n’en est pas question. Alessandri convaincant ? Non. C’est son dixième récit « évolutif » pour rendre compte des faits, observe Me Philippe Lemaire, l’avocat de Dominique Erignac, alors qu’ ont tous été corroborés ses « aveux » les plus anciens, ajoute l’avocat.
Et, surtout, Colonna est totalement absent de ce récit. Il n’était pas dans notre groupe, ne cesse de répéter Alessandri, sans jamais se contredire.
Est-il absolument indispensable de déclarer Yvan Colonna coupable, comme le réclament Dominique Erignac, la femme du préfet assassiné, et Nicolas Sarkozy, le Président de la République ?
Sans doute. Sans aucun doute. Alessandri est un trop petit bonhomme, un villageois, un distillateur de parfum, pour donner un bon coupable.
Alors que Colonna peut fournir à l’accusation une plus belle figure de coupable. D’abord comme fils d’un député socialiste, ancien conseiller du ministre de l’Intérieur Chevénement pour les affaires corses. Comme dissident de la cause nationaliste par rapport à ses anciens compagnons, puisque  Colonna soutient s’être retiré du combat nationaliste violent.
Donc le procès continue. On écarte les témoignages qui ne vont pas dans le bon sens. On en doute, même On oublie les pistes inexplorées. Pour nourrir l’accusation, on efface même du débat les éléments relevés à l’audience. Notamment la présence sur la scène de crime de nombreux autres protagonistes.
Pour autant, hormis les aveux en garde-à-vue recueillis dans d’étranges circonstances, non compris Yvan Colonna qui proclame toujours son innocence ; hormis les éléments des instructions actés par les juges Bruguière, Thiel et LeVert, toujours par la moindre preuve. Alessandri, l’assassin a tout avoué, donc le procès peut continuer.

Mon clavier, 10 mars

06UTCp31UTC03bTue, 10 Mar 2009 10:46:06 +0000UTC 9,2008

§ Le procès Colonna est terminé, il peut continuer

§ Portraits croisés, Yvan Colonna, Dominique Erignac

§ Mon Président Sarkozy est parti en vacances au Mexique pour en ramener sous le brasMme Florence Cassez, la Française incarcérée et condamnée à 69 ans de prison pour participation à enlèvement par une bande criminelle. Mon Président est revenu avec la vague promesse du Pdt Felipe Calderon d’installer une “commission d’étude du cas”. Le Mexique n’est pas la Bulgarie ou la Libye. Même gangréné par le trafic de cocaïne, le Mexique est un grand pays qu’on ne manipule pas comme ça. L’opinion publique mexicaine n’apprécie pas.

§ Guadeloupe : Alliot-Marie pas d’accord avec les… accords

§ Le déficit budgétaire français s’est creusé à 8,1 milliards d’euros au 31 janvier 2009, contre 6,6 milliards à la même date de 2008.

§ Total supprime 500 postes de travail par non remplacement des partants  : la société la plus profitable de France doit sans doute améliorer ses marges.

Guadeloupe : les caciques en désaccord

14UTCp31UTC03bTue, 10 Mar 2009 11:03:14 +0000UTC 9,2008
Comme Laurence Parisot, la présidente du MEDEF, e Michèle Alliot-Marie, ministre l’Intérieur et de l’Outre-mer, juge inacceptables certains termes des accords Bino passés en Guadeloupe entre le collectif syndical LKP et une partie du patronat.
emme déclare dans Les Echos (selon AFP) :

“Comme Yves Jégo et Laurence Parisot, je juge certains propos, notamment du préambule, inacceptables”, déclare-t-elle.

La présidente du Medef Laurence Parisot a dénoncé lundi le fait que ce préambule qualifie l’économie de la Guadeloupe d’”économie de plantation”, c’est-à-dire, selon elle d’”économie esclavagiste”.

La ministre répond aussi aux accusations de Mme Parisot affirmant que l’Etat a privilégié les discussions avec le LKP:

“Mme Parisot le reconnaît elle-même, il s’agissait d’un conflit du travail. Il est dommage que le MEDEF ait quitté la table des négociations. L’Etat ne pouvait les forcer à revenir”.

Colonna, Erignac, deux logiques incompatibles

18UTCp31UTC03bTue, 10 Mar 2009 12:48:18 +0000UTC 9,2008

Un couple de tragédie Ils sont face à face, à moins de trois mètre l’un de l’autre, et c’est le couple le plus improbable qui soit.
Face à face donc : le tueur présumé qui ne le serait pas et la veuve accusatrice.
Entre eux deux, le tueur qui revendique l’assassinat et que personne ne croit.
On n’est plus dans le fait divers, on n’est plus dans la Justice ordinaire. On est dans la grande tragédie méditerranéenne.
Figures de tragédies antiques. Il ne manque rien dans cette dramaturgie. Ni le décor d’aujourd’hui, solennel, de la Cour d’Assises. Ni le décor d’hier, une rue mal éclairée d’Ajaccio, deux tueurs surgis de l’ombre. Il ne manque ni les rôles secondaires, ni les vociférateurs, ni le chœur antique. Un chœur muet : c’est le jury, qui aurait mission de condamner l’homme du box.
Lui, enfermé dans sa cage de verre, c’est Yvan Colonna. Petit, costaud – il reste un athlète malgré ses années passées derrières les barreaux -. Une belle gueule de mâle méditerranéen, cheveux coupés super ras. Le regard sombre, attentif, les yeux courent de l’un à l’autre, son attention ne se relâche pas un instant. Le regard d’un homme libre malgré l’apparat policier qui l’enserre : deux gendarmes dans le box qui bondissent en même temps que lui quand il se dresse pour parler.
Mais pas un regard vers sa partenaire forcée. Ces deux-là n’appartiennent pas au même monde.
Lui, c’est un ancien prof de gym qui poursuit en taule son entraînement intensif. Lui c’est un berger, gardien de son troupeau de chèvres dont s’occupe aujourd’hui son fils Giovanni-Batista. Lui, c’est un Nationaliste, qui revendique son engagement. Mais il est devenu au fil des temps, prétend-il, un Nationaliste pour lequel la violence ne serait plus forcément la bonne réponse. Sinon, son discours de fond ne change pas d’un iota. C’est le discours des revendications lues contre son gré par Didier Wacogne, le Président de la Cour d’Assises chargée de juger l’homme dans son box.
Il faut juger quoi ? Des faits que ne reconnaît pas Colonna, bien au contraire, il ne cesse de proclamer son innocence. Dans des propos toujours identiques, toujours calmes, toujours solides. On a envie de le croire.
L’homme enfermé dans son box semble sincère, totalement sincère. Ni la justice ni ses adversaires, ni même certains de ses amis ne sont tentés de le croire. Lui, il est convaincu de sa sincérité. Et rien ne vient troubler cette certitude. Une certitude radicale.
Elle est à l’opposé non moins absolu.
Elle, c’est Dominique Erignac, La Victime. Elle est la figure centrale du groupe massif de l’accusation. Les avocats des parties civiles qui se comportent en procureurs forts de leur vertu et de leur cause juste. Les procureurs enveloppés dans leurs robes rouges bordées d’hermine. Les victimes, les avocats, les procureurs : les vociférateurs.
Elle, elle est « La Veuve » du préfet assassiné. La veuve qui a été profondément amoureuse d’un sous préfet croisé dans un cocktail, haut fonctionnaire en devenir rencontré à l’aube de ses années de femme. Elle était la fille d’un industriel du Nord, catholique. Lui était un homme des montagnes de Lozère, un protestant, un parpaillot rigide, un franc-maçon actif qui entendait transcrire dans sa vie de Serviteur de l’Etat ses principes philosophiques : Liberté, égalité, fraternité. Par leurs origines sociales, les deux personnages formaient déjà un couple improbable, mais qui a parfaitement fonctionné, semble-t-il. Car cet homme et cette femme étaient eux aussi sincères, engagés dans leur combat pour la morale publique. Deux enfants, une fille et un garçon, qui, aujourd’hui ne la quittent pas
Elle est fragile, presque anorexique. Sa chevelure argentée coiffée avec soin. Inquiète, angoissée.
Une journaliste du Pèlerin, France Lebreton, la décrit ainsi :

« Pour elle, le temps s’est arrêté. [Chez elle] elle reste des heures assise, les yeux dans le vague, absente à elle-même. Un matin, son fils lui lance : « Maman, il faut faire des petites choses chaque jour. » La phrase résonne comme un déclic. Dès lors, Dominique s’efforce de retrouver les gestes du quotidien : ranger le studio, faire les courses. Elle s’aventure dans un supermarché, puis dans un grand magasin, pour acheter un produit de beauté. Un inconnu l’aborde, lui témoigne de sa compassion. Dominique se sent coupable de ce « décalage » entre la futilité de son achat et la mort de son mari. »

Tous les jours du procès, elle vient s’asseoir sur son banc inconfortable. Elle prend des notes à perdre haleine. Quels souvenirs tente-t-elle de retenir ? Parfois, quand le propos d’un des hommes qui comparaissent l’agace, elle pousse un soupir, ou elle murmure, “quel intérêt ?”
Avant le procès qui se déroule aujourd’hui devant la Cour d’Assises, elle confie à un journaliste,Michel Deléan du Journal du Dimanche

« Tout cela est une vraie souffrance. Ça représente onze ans d’une vie. Je dois une grande partie de ce temps à Yvan Colonna, qui est parti quatre ans en cavale, et qui a ensuite refusé de répondre aux questions des juges d’instruction pendant dix-huit mois. Alors, ce nouveau procès, ça revient quand même à tout remettre en question. Je suis un peu angoissée, peut-être moins que les deux dernières fois, mais en même temps je fais confiance à la justice. Ce qui est difficile, sur la durée, c’est qu’on commence à reprendre une vie normale, et puis on est encore replongés dans cette histoire. C’est la chose principale dans notre vie. On vit beaucoup à travers ça. Même quand on veut un peu s’en détacher, on est toujours rattrapé.

Dominique Erignac est habitée par une obsession : obtenir des aveux complets de l’homme qui est en face d’elle, dans sa cage de verre, elle croit qu’Yvan Colonna doit avoir le courage d’avouer qu’il est l’assassin de son mari. Peu soucieuse de la présomption d’innocence, elle l’a dit, proclamé. L’épouse amoureuse d’un homme assassiné peut-elle raisonner en termes de présomption d’innocence ? Elle aussi est habitée par cette certitude : elle ne pourra commencer son deuil que lorsque l’homme de Carghese aura parlé.
Alors, que pense-t-elle quand elle entend Pierre Alessandri soutenir que le tueur, c’est lui ? Comme tous les autres membres du groupe poursuivi pour l’assassinat du préfet, et qui ont reconnu leur participation, Alessandri est ravagé par le sentiment de culpabilité. Tout en réaffirmant ses convictions nationalistes, son choix de la violence nécessaire.
Maître Philippe Lemaire parle à la place de Dominique Erignac :

« Vous nous prenez pour des débiles ou quoi ? »

Deux mondes rigoureusement étrangers l’un à l’autre s’affrontent. Il est probable qu’ils ne pourront jamais se rencontrer. D’ailleurs, les Français peuvent-ils comprendre les Corses ? Les Corses peuvent-ils comprendre les Français ?

Sources Le Pèlerin, France Lebreton, 26 novembre 2007, et le Le Journal du Dimanche Michel Deléan 10 novembre 2007 7 février 2009-

Justice, Colonna, le jour de Marion

19UTCp31UTC03bWed, 11 Mar 2009 08:57:19 +0000UTC 9,2008

Au procès d’Ivan Colonna, c’était ajourd’hui c’était au tour du préfet Roger Marion d’entrer en piste.

roger-marionA la tête de la DNAT, de mai 1998 à la fin de 1999, il a dirigé l’enquête qui a conduit à l’implication du “groupe des anonymes” dans l’assassinat du préfet Erignac. Une enquête tumultueuse, où les fausses pistes se sont multipliées. Elle a quand même débouché sur des aveux. Avocat de la partie civile pour l’Etat, Maître Benoît Chabert résume cette intervention :

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Pour la Défense, Maître Antoine Sollacaro critique cette déposition. Le préfet Roger Marion, soutient-il, défend sa boutique, son travail.

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En vérité, après avoir bien récité ses PV de synthèse, le Préfet Marion n’a pas cessé de… ne pas répondre aux questions des avocats de la Défense. En particulier quand Maître Gilles Simeoni a cherché à savoir pourquoi et quand le nom d’Yvan Colonna est entré dans la procédure. Peine perdue. Roger Marion est un mur de certitude : Yvan Colonna est l’assassin du préfet, prétend-il.

Entretiens et images Ph.Madelin

Mon clavier, 11 mars

32UTCp31UTC03bWed, 11 Mar 2009 08:12:32 +0000UTC 9,2008

§ Le jour du préfet Roger Marion

§ Dans mon billet d’hier consacré à Dominique Erignac et Yvan Colonna, j’ai laissé passer quelques petites fautes de forme. Vour rectifierez de vous-même.

§ Réunion Quinze membres des forces de l’ordre ont été blessés et seize personnes interpellées ce mardi 10 mars, lors d’affrontements entre jeunes et forces de l’ordre à Saint-Denis de la Réunion. Un gendarme mobile a été blessé par un tir de carabine à Saint-Denis de la Réunion, dans la nuit du mardi 10 au mercredi 11 mars, au cours de laquelle des affrontements se sont poursuivis entre forces de l’ordre et émeutiers en plusieurs endroits de l’île à l’issue de la deuxième journée de grève générale du collectif contre la vie chère.

§ Mamouth : l’Education nationale toujours pas calmée. des manifestations sont prévues ce mercredi 11 mars.  Tous les personnels de la maternelle à l’université sont appelés à descendre dans la rue partout en France, à l’appel de la FSU (première fédération de l’Education), d’une intersyndicale de l’enseignement supérieur et de la recherche et de la coordination nationale des universités.
Jeudi, les laboratoires de recherche prendront la relève en se mobilisant eux-aussi en coordination nationale.

Enseignement supérieur : SLR ne désarme pas

11UTCp31UTC03bWed, 11 Mar 2009 08:26:11 +0000UTC 9,2008

Je répercute l’appel à manifestation que me communique le collectif Sauvons la Recherche. Le propos est clair, offensif :

Face à une stratégie misérable : rendez-vous le 11 et le 12 mars !

La communauté scientifique veut être entendue; les amphithéâtres, les laboratoires et toute la communauté de la recherche et de l’enseignement supérieur ne demandent qu’à pouvoir enfin se remettre sereinement au travail. Mais le gouvernement, par son refus d’entendre et ses simulacres de concertation, interdit aujourd’hui le retour au calme.
Alors que la contestation de sa politique de l’enseignement supérieur et de la recherche est globale, il prétend traiter les sujets les uns après les autres, ne jouant que le pourrissement, pariant ainsi sur le découragement, l’épuisement et la mauvaise conscience des universitaires vis-à-vis de leurs étudiants. Mais pire, et plus dangereux, le gouvernement espère aussi, par son attitude et quelques provocations policières, attiser notre exaspération et compte bien qu’elle débouche sur la radicalisation de notre mouvement. Il pourrait alors aisément le discréditer et se poser en victime ouverte au dialogue onstructif face à des contestataires qu’il stigmatiserait comme irresponsables. Les recettes politiciennes de la fausse concertation avaient fait leurs preuves au moment du Pacte pour la Recherche, tandis que celle du discrédit n’avait pas si mal marché au moment de la mobilisation contre la LRU, mais nous en connaissons maintenant les ressorts et ne nous laisserons plus prendre à cette stratégie misérable. Si la situation devait s’aggraver et que
des actes de violence devaient apparaître, nous voulons dire dès aujourd’hui que le gouvernement en serait comptable et devrait en être tenu pour seul et unique responsable.

Le collectif constate :

- que la mobilisation exceptionnelle de notre communauté n’a débouché pour l’instant que sur des promesses concernant l’abandon des suppressions d’emplois dans les universités en lesquelles nous n’avons plus aucune confiance;

- que la réécriture du texte sur les statuts a engendré un produit presque plus inquiétant que le précédent;

- que les suppressions d’emplois pour les années à venir dans les organismes de recherche n’ont pas été abandonnées, pas plus que celles prévues en 2009;

- que le démantèlement des organismes de recherche est toujours en cours;

- que le gouvernement n’a entendu, ni notre rejet de sa soi-disant “réforme” de la formation et du recrutement des enseignants du primaire et du secondaire, pas plus que celle portant sur le contrat doctoral;

Justice, dossier 1338 Colonna : il claque la porte

12UTCp31UTC03bThu, 12 Mar 2009 08:30:12 +0000UTC 9,2008

« Puisque la Cour d’Assises refuse une reconstitution sur place, je m’en vais… Moi je quitte le procès. Si vous voulez me condamner au nom de la raison d’Etat, ce sera sans moi ».
Il est 15 h 05 ce mercredi, Yvan Colonna vient de réintégrer sa cage de verre.

colonna-cage

Croquis d’audience, Pierre Antonetti

Le Président Didier Wacogne annonce que la Cour rejette la dernière demande présentée par la Défense d’une reconstitution de l’assassinat du Préfet Erignac. Il donne la parole à l’accusé. Qui, comme toujours, s’est dressé d’un bond pour annoncer sa décision.
Ce n’est pas à proprement parler un coup de théâtre. Dès le milieu de la matinée, Maître Gilles Simeoni avait laisser présager la décision de son client.

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Me Gilles Simeoni, mardi matin

Colonna s’en va, et avec lui ses avocats qu’il récuse.
C’est la dernière étape d’un bras de fer engagé presque au début du procès. Pour Colonna et la Défense, cette reconstitution représentait la pierre d’achoppement, le signe attendu. La Cour acceptera-t-elle d’approfondir ou non l’enquête sur le crime ? Un refus démontrerait que les débats ne sont pas loyaux. Sans loyauté, soutiennent-ils, pas de procès possible.
Depuis mercredi après-midi on se trouve donc dans une situation toujours plus extravagante : au milieu du quatrième procès consacré à l’affaire Erignac, l’accusé refuse à plusieurs reprises de participer, il demande à ses avocats de partir.
Pour sa part, Didier Allard, le porte-parole du parquet général annonce que le Procureur requérra la poursuite des débats. Avec ou sans accusé.

Didier Allard, porte-parole du parquet général

“Aller jusqu’au bout pour voir jusqu’où ils étaient prêts d’aller aurait été intéressant”, commente Christine Colonna, la sœur ainée du prévenu.

Donc, pas de caprice, mais une décision pesée.
Une décision fustigée par Dominique Erignac et ses conseils. Dans une courte déclaration lue d’une voix blanche sur les marches de la Cour d’Assises, la veuve du préfet a condamné cette décision, en regrettant d’être “une nouvelle fois confrontée à la fuite d’Yvan Colonna”.derignac

Dominique Erignac au milieu de la meute des journalistes

Dominique Erignac n’en démord pas. Colonna est coupable, il ne peut être que coupable, et il est un lâche puisqu’il “fuit le procès”.

Agitant la menace de quitter à leur tour le prétoire, Maître  Philippe Lemaire précise cependant :

« Je pense que nous continuerons à être là [ à la reprise du procès, jeudi à 13 h] parce que Mme Erignac, elle, n’a jamais fui”,

Pour le conseil de la famille Erignac, l’accusé “a pris la décision de partir, c’est son droit, qu’il l’assume”.

il n’en reste pas moins que cet arrêt du procès est tout à fait probablement sans précédent, et c’est de toute façon le scandale judiciaire annoncé par la Défense dès le début des travaux. L’incident majeur que craignait tant le Procureur Jean-Claude Kross.

Mon clavier, 12 mars

49UTCp31UTC03bThu, 12 Mar 2009 08:25:49 +0000UTC 9,2008

§ reprise en “filigrane” du procès Colonna, à 13 heures, après les fracas d’hier mercredi (voir le billet joint)

§ 21 mars : lancement des “Etats généraux de la Justice“. voir le billet joint

§ Enseignement : encore plusieurs dizaines de milliers de manifestants, hier

§ Secret bancaire suisse : mon interprétation était la bonne, Obama compte bien sur les capitaux récupérés dans la lutte contre la fraude pour alimenter son budget. NYT :

State attorneys general are preparing for a surge of
prosecutions of financial fraud, and there are hints the
Obama administration's budget will add to the effort.

Justice : manifeste du 21 mars

57UTCp31UTC03bThu, 12 Mar 2009 09:50:57 +0000UTC 9,2008

Les magistrats se mettent en colère. Le projet de suppression du juge d’instruction et la publication du « rapport Léger » sur l’évolution de la procédure pénale ont mis le feu aux poudres. Une belle brochette d’organisations professionnelles et syndicales ont décidé de lancer une contre offensive en organisant les Etats généraux de la Justice pénale. Le principe de cette manifestation a été annoncé hier dans une conférence de presse.
La manifeste fondateur est clair :
« Le collectif des Etats généraux de la Justice pénale qui réunit des magistrats, des avocats, des fonctionnaires de justice, des fonctionnaires de police, des éducateurs ainsi que des universitaires, des psychiatres et des chercheurs s’est constitué à la suite de l’annonce par le Président de la République de voir supprimer la fonction de juge d’instruction pour confier toutes les enquêtes pénales au Parquet hiérarchisé et dépendant de l’exécutif ».

Ce projet de refonte de la procédure pénale se concrétise dans le rapport préparé par la Commission Léger que les promoteurs des Etats Généraux considèrent comme une simple commande de l’Elysée. Serge Portelli, magistrat, précise les objectifs des organisateurs.

Serge Portelli, magistrat

Les signataires du manifeste estiment surtout que le pouvoir entend mettre un terme à l’indépendance des magistrats. Ils entendent mettre un coup d’arrêt à la dégradation constante de l’institution judiciaire qui se traduit notamment par une avalanche de textes souvent inappliqués et inapplicables.
Les Etats généraux qui se réuniront dès samedi à l’Assemblée nationale seraient un moyen d’établir un bilan et d’émettre des propositions alternatives. Un contre pouvoir judiciaire est-il en train de se constituer ?

Parmi les principaux signataires : Union syndicale des magistrats, Syndicat des Avocats de France, Syndicat de la Magistrature, Association française des magistrats instructeurs, association des avocats parisiens de défense pénale,association des avocats pénalistes, observatoire international des prisons, la Ligue des Droits de l’Homme, SOS racisme, le Club droits, justice et sécurité.

Un transfuge et le cinéma

40UTCp31UTC03bThu, 12 Mar 2009 11:13:40 +0000UTC 9,2008

Il n’y a rien de pire que les transfuges. Un mot situé volontairement en deçà de ma pensée. Rien de pire qu’un transfuge comme Eric Besson, Ministre de  l’immigration, etc. Cet ancien cacique socialiste, rallié à Mon Président Sorkozy et aujourd’hui hiérarque de l’UMP, se croit obligé d’en remettre de tonnes pour être admis dans le cercle de ses nouveaux amis.

Le film Welcome, réalisé par Philippe Lioret, est désormais le socle de la bataille entre la majorité au pouvoir et ceux qui au nom des Droits de l’Homme critiquent avec virulence les poursuites judiciaires exercées contre les militants convaincus de respecter leurs convictions en aidant les immigrés clandestins égarés sur les rives de la Manche.

Ces poursuites sont exercées sur la base d’une loi de 1945, qui prévoit :

L’aide aux personnes en situation irrégulière un délit passible de 5 ans d’emprisonnement et de 300.000 euros d’amende.

Philippe Lioret a lancé :

” On poursuit aujourd’hui ces militants comme pendant la guerre ont été poursuivis ceux qui ont abrité des Juifs persécutés”.

Inadmissible, proteste Besson, Lioret a franchi la ligne jaune. Besson justifie par là-même toutes les persécutions contre les clandestins.

En 2007, le romancier Olivier Adam dans  son oeuvre A l’abri de rien (Editions de l’Olivier, 2007), nous avait déjà donné un portrait saisissant d’une mère de famille qui prenait le parti des clandestins à Calais. Et, dans quelques semaines, le film d’Emmanuel Finkiel, “Nulle part, terre promise” (sortie le 1er avril) revindra de nouveau que cette tragédie des immigrants fascinés par le soleil d’Angleterre. Besson a du pain sur la planche avant de pouvoir désamorcer la polémique. Sans oublier les poursuites exercées contre des passagers aériens protestant contre l’embarquement de force de clandestins expulsés.

Ce dossier est à suivre en se souvenant de ce principe fondamental :

En démocratie on ne peut transiger avec les Droits de l’homme.

Sinon la démocratie s’effondre.

On rejoint là le débat sur la justice pénale. Faut-il privilégier une efficacité répressive à court terme, ou regarder les choses d’un peu plus haut, protéger les valeurs fondamentales de la démocratie ? Aujourd’hui, on n’est plus dans le discours rhétorique, mais dans la réalité quotidienne.

Justice, dossier 1338, Colonna sans Colonna : un colonnade

23UTCp31UTC03bFri, 13 Mar 2009 08:00:23 +0000UTC 9,2008

Au Palais de Justice de Paris, on n’a pas vraiment l’habitude de plaisanter, ni d’organiser des spectacles gratuits dans le genre suréaliste. Et pourtant : la première audience de la Cour d’Assises de Paris chargée de juger Yvan Colonna sans… Colonna, a relevé jeudi de ce genre de spectacle improbable. La cage de verre est vide, puisque Colonna s’en est allé, comme l’a rêvé Pierre Antonetti.

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Du côté des Parties civiles, les avocats se succèdent pour enfoncer le prévenu. Ils parlent au vide, ils interpellent le vide, en refusant la combat judiciaire, il nous tourne le dos, il sabote son procès, c’est du terrorisme judiciaire… Me Cathy Richard se retient quand même un peu, craignant d’être brocardée par la presse. Pour Benoît Chabert, en abandonnant le box, Colonna se place dans la position d’un coupable. Pour Philippe Lemaire c’est bien du terrorisme, Colonna cherche à désabiliser l’institution judiciaire, les institutions de la République. L’avocat de la famille Erignac finit par toucher le fond du problème : en déplaçant le procès sur le plan politique, la Défense chercher à éviter de débattre sur le fond. Et de reprocher curieusement à Yvan Colonna de prendre en main la direction et de sa propre défense, et de l’audience.

il s’exclame :

Qu’Yvan Colonna soit jugé, même s’il ne le veut pas. Je serai là jusqu’à la fin du procès.

On relève toutefois que dans une incidente, Me Lemaire critique l’absence des avocats en Garde-à-vue, il estime qu’on n’en serait pas là si les garde-à-vue des protagonistes de l’affaire Erignac avaient pu être contrôlées par des avocats.

Le procureur Jean-claude Kross clôture cette série en dénonçant à son tour la volonté de Colonna de prendre l’institution judiciaire en otage.

“C’est lui le décident, c’est lui le responsable du jugement final, alors qu’il essaie de faire enc-dossier à la Cour cette responsabilité. Nous ne sommes pas là pour participer à un happening permanent.”

Le débat contradictoire se transporte alors à la Maison des Avocats, sur l’autre bord de la rue du Harley. Le Comité de soutien à Colonna tient une conférence de presse. Salle comble.p1030583

Les avocats récusés de Colonna fulminent contre ce procès sans accusé présent, ils annoncent la publication d’un “Livre Blanc” reprenant l’ensemble des éléments qui, selon eux, auraient perverti le procès. Et ils expliquent pourquoi ils ne peuvent accepter d’être commis d’office.

Les débats n’en reprennent pas moins vendredi matin. Et les avocats d’annoncer au moins un troisième procès. Devant la Cour europénne de Justice, ils démoliront le mauvais scenario imaginé par l’accusation.

Dessin : Pierre Antonetti. Images : Philippe Madelin

Mon Clavier, 13 Mars

02UTCp31UTC03bFri, 13 Mar 2009 08:07:02 +0000UTC 9,2008

§ Suite du procès Colonna, toujours sans accusé. Audition du Cdt Georges Lebbos

§ Point de vue : la Balance et la Justice, une justice exécutive.

§ Mon Président à l’hôtel, au Mexique. Invité ?

§ Usine Continental, pneumatiques, à Clairoix. Fermeture en voie de confirmation

§ Plan social à RFI : la direction accuse le personnel et les syndicats de bloquer l’opération. On se demande pourquoi.

§ Université : de compromis du côté gouvernemental, mais des signes de radicalisation, notamment à Nantes

§ Invitation d’Esther Benbassa. Lire le billet joint

Israël-Palestine, Esther Benbassa

32UTCp31UTC03bFri, 13 Mar 2009 15:56:32 +0000UTC 9,2008

Je répercute l’invitation d’Esther Benbassa, pour deux manifestations :

  • les 16, 23 et 30 mars, de 17h30 à 19h, dans les locaux du CNAM, 41 rue Gay-Lussac, 75005 Paris, 5e étage, salle 98: Avi Shlaim, Directeur d’études invité à l’Ecole pratique des hautes études, Professeur à St Antony’s College, Université d’Oxford, et auteur du livre Le Mur de fer, traduit en français chez Buchet/Chastel (voir la couverture en document PDF joint), donnera trois conférences (en anglais) sur les thèmes suivants: 1) Israël : la stratégie du mur de fer revisitée, 2) Le Roi Hussein de Jordanie et Israël, 3) “Nouvelle histoire” et postsionisme. Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles.
  • les 6 et 7 avril, à partir de 9h30: Dans le cadre de l’édition 2009 du Paris(s) du Vivre-Ensemble, deux grandes journées de colloque et de rencontres sur “Israël-Palestine. Etat des lieux”. Avec notamment, parmi une trentaine d’intervenants, Régis Debray, Alain Dieckhoff, Gilles Paris, Leïla Shahid, Avi Shlaim, Denis Sieffert et Dominique Vidal. Pour mieux comprendre le conflit israélo-palestinien après Gaza et ses répercussions en France. Programme complet, renseignements pratiques et inscription sur: www.parisduvivreensemble.org.

Justice, dossier 1338 : Colonna. Ecoutes mystère et témoin à problème

40UTCp31UTC03bFri, 13 Mar 2009 17:38:40 +0000UTC 9,2008

Au cours de l’audience de jeudi, la première menée sans accusé présent, la juge Laurence LeVert a fait remettre à la Cour les compte-rendus d’écoutes téléphoniques, écartées du dossier et réclamées par les avocats d’Yvan Colonna, restées dans les cartons depuis près de onze ans. Colonna les avait réclamées le 5 mars au juge Laurence Le Vert. Les 281 feuillets ont mis une semaine à traverser le palais de justice.

Il s’agit bien cette fois de compte-rendus d’écoute, visant le contenu, et non pas simplement des indications concernant les balises qui ont permis de positionner les membres du groupe. La réapparition soudaine de ces pièces en plein procès, sans transmission à la Défense, bien sûr, ajoute un nouvel éléments problématique aux irrégularités déjà constatées dans les enquêtes.

Ce vendredi matin, le Pdt Didier Wacogne n’a pas évoqué ces nouvelles pièces miraculeusement sorties de oubliettes de la Justice.

Il est vrai que le Pdt a été trop occupé à jouer le “quasi” avocat de la Défense, avec l’aide du Procureur Kross d’ailleurs. Témoignait à la barre le Cdt Georges Lebbos, miraculeusement rétabli de sa dépression nerveuse attestée par certificat médical et censée l’empêcher de porter témoignage. Lebbos présente le double intérêt d’avoir été le premier à recueillir des “aveux” de Didier Maranelli, à l’origine des autres confessions, et d’avoir été mis en cause dans des affaires marginales qui posent problème quant à crédibilité.

Comment le Cdt a-t-il obtenu les aveux ? Récit du policier :

- Entre deux auditions, ce 22 mai 1998, je gardais Maranelli dans mon bureau. Nous étions “au repos”. Comme les locaux de la DNAT ne comportent que deux geôles de garde-à-vue, et comme nous étions en sous effectif, j’assurais la garde de Maranelli. Il devait être à peu près 2 heures du matin. Maranelli me regarde et me demande : qu’allez-vous faire de moi ? Comment allez-vous procéder ? Une conversation à bâtons rompus s’est ainsi engagée. J’ai expliqué que nous allions analyser les déclarations obtenues. Il y avait alors plusieurs dizaines de personnes susceptibles d’être impliquées. Maranelli m’a dit : je ne veux pas que des innocents puissent être inquiétés, alors je vais vous décrire notre groupe. Il y avait X1, X2, X3, X4. X4 c’était moi. Lebbod : J’ai été chercher le commissaire Philippe Frizon pour acter la déclaration de Maranelli, qui a été par la suite reprise dans les “PV” d’habillage.

La source des aveux aurait été aussi simple que ça. Seul détail, les déclarations de Maranelli auraient donc été énoncées hors audition, hors procès verbal, réitérées après coup.  le policier écarte d’un geste toute possibilité de menaces.

En 26 ans de carrière dans le domaine de la lutte anti-terroriste [en particulier à la DST] je n’ai jamais eu à menacer, à frapper. D’ailleurs, les pressions ne marchent pas.

Le récit du Cdt Lebbos vaut ce qu’il vaut. Le problème est que personne n’est là pour l’étayer. Et, comme la défense est désormais absente, personne non plus pour mener un contre interrogatoire.

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Benoît Chabert, avocat de Partie, au nom de l’Etat

Bizarrement, le Pdt Wacogne et le procureur Kross ont alors posé de multiples questions, comme si les deux magistrats voulaient remplacer les avocats récusés d’Yvan Colonna.

Et personne non plus pour rappeler au Cdt Lebbos qu’il a dû quitter les rangs de la DNAT quand on a découvert que le policier avait détourné ses fonctions à un titre complètement privé. Pour obtenir l’adresse de son ex compagne afin de la remettre “à fin de poursuites” aux Services fiscaux.

Cahin caha, les procès Colonna se poursuit donc.

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Maître Philippe Lemaire

On oublie encore d’évoquer les 281 pages d’écoutes judiciaires Pour sa part, Yvan Colonna est extrait chaque matin de sa cellule de la Santé, conduit au Palais de Justice, enfermé dans une pièce nue du Dépôt, dans les souterrains du Palais. Il n’a pas le droit de parler à quiconque. Il doit attendre, attendre.

La balance et la Justice

52UTCp31UTC03bFri, 13 Mar 2009 18:23:52 +0000UTC 9,2008

Ce texte représente mon point de vue

Pour que la Justice fonctionne à peu près correctement, surtout en matière criminelle, les deux parties doivent en reconnaître la légitimité, aussi bien la Défense que l’Accusation. C’est-à-dire que les décisions prises par le uns et les autres doivent être nécessairement admises par la partie adverse.

En son temps, quand j’ai publié mon livre “Dossier J… comme Justice, ou la Justice du plus fort”, j’admettais déjà comme postulat que la balance n’était pas forcément équilibrée, contrairement au cliché. Que les Puissants avaient plus de chance de gagner que les faibles. Je voyais plutôt la Justice aux yeux bandés, comme on la brocarde souvent, que les deux plateaux de la balance qui s’équilibreraient.

Plus de trente ans se sont écoulés depuis la publication de mon livre. J’ai eu la naïveté de croire à une certaine époque que les juges pourraient contribuer à l’assainissement de la Société. Je l’ai soutenu, j’ai observé ue les lois destinées à lutter contre la corruption s’étaient concrétisées dans la réalité pratique quotidienne.

Je dois constater que nous sommes de plus en plus loin de cette situation qui a commencé à prévaloir au milieu des années 1980. Les décisions récentes, et plus encore les Lois nouvelles nous en éloigne chaque jour un peu plus.

Si pour des raisons qui tiennent pour l’essentiel à la politique la tutelle de la Justice décide de modifier les règles du jeu ; ou pire de ne pas respecter les règles du jeu en vigueur, arrivera ce qui doit arriver : la partie défavorisée par la décision gouvernementale décidera de façon arbitaire qu’elle ne peut respecter la partie adverse.

En l’occurrence l’accusation.

L’affaire dite de Tarnac est un exemple significatif :

Après le refus de la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris de remettre en liberté Julien Coupat, les huit autres personnes mises en examen annoncent par la voix de Benjamin Rosoux qu’elles ne répondront plus aux questions du juge afin de “faire front commun contre un processus d’individualisation toujours croissant dans la procédure.

C’est aussi le cas de figure exact dans le dossier 1338, le dossier Colonna. Le Président Sarkozy, gardien de la Constitution et protecteur de la Justice a décidé de façon unilatérale qu’un des principes fondamentaux n’a plus lieu d’être. La présomption d’innocence en l’occurrence.

Peut-être soucieux de faciliter le cours de sa carrière, on voit Didier Wacogne, Président de Cour d’Assises multiplier les actes qui vont à l’encontre d’une bonne justice. On ne peut donc s’étonner qu’Yvan Colonna et ses défenseurs s’octroient le privilège régalien de définir leurs propres règles. Au pouvoir institutionnel répondent des actions de contre pouvoir que l’on a tendance à qualifier de terroristes, parce qu’elles ne vont pas dans le bon sens sens du pouvoir. Le “Bon choix” défini par le Président Valery Giscard d’Estaing comme la doctrine. officielle. En croyant bien défendre la Justice d’Etatces juges donnent de très mauvais coups à la Justice. Ils lui bandent les yeux.

Et on s’achemine vers une Justice à la manière totalitaire, à la manière chinoise aujourd’hui encore, à la manière soviétique hier. Une Justice où tout est décidé par le Parquet omnipotent, où les magistrats “assis”, les juges, rendent des sentances toujours strictement conformes aux desideratas du Parquet, c’est-à-dire du Pouvoir. On retourne vers la Justice d’Etat.

Mon pauvre Président Sarkozy à l’Hôtel, à Tamarindo

42UTCp31UTC03bSat, 14 Mar 2009 10:00:42 +0000UTC 9,2008

Version révisée le 14 mars, matin

Vous le savez depuis longtemps : je suis toujours prompt à plaindre mon Pauvre Petit Président. Nicolas Sarkozy lui-même. Je le plains pour tout. Pour les méchancetés qu’on déverse sur lui. Pour sa pauvreté qui lui interdit de payer de sa poche ses vacances.

Donc, il doit toujours chercher quelqu’un qui veuille bien l’héberger. Dur, dur.

Et voilà – voilà – que le buzz médiatique me rapporte un horrible hoax : pour ses vacances, un jour et demi dans un modeste hôtel de la côte Pacifique du Mexique, Mon Président aurait été obligé d’accepter l’invitation non pas du Président méxicain, Felipe Calderon, mais d’un certain Roberto Hernandez Ramirez.

Ce Ramirez est un obscur que Nicolas ne connaît ni d’Eve ni d’Adam, prétend-il. Riche de quelques dizaines de millions de dollars. Actionnaire de CitiGroup, ce qui n’est pas forcément bien pour son portefeuille, en ces temps de crise financière. En tout cas assez pour régaler Mon Président, prétend-on.

Une note d’hôtel, pension complète et pourboires compris : 50 000 euros pour un jour et demi, selon Mediapart.

Quand on est modeste, on reste modeste, hein ?

Dois-je vous avouer que je ne crois guère à cette affaire. Que je suis tout à fait convaincu par le démenti à RTL de Franck Louvrier, porte-parole de l’Elysée, qui lance sans rire :

“Quand on vous fait un cadeau, on ne demande pas qui a payé pour vous”.

Ce Monsieur devrait réviser ses classiques : un cadeau à un Chef d’Etat porte un nom, c’est de la corruption. Mais, évidemment, ce n’est pas le cas de mon Président, il est trop modeste, trop pauvre pour accepter un présent d’une telle ampleur.

Je suis en effet persuadé que Mon Nicolas a bien été l’hôte du Président mexicain. Et surtout pas du dénommé Ramirez sur le compte duquel courent les pires rumeurs. On entend les mots  trafic, drogue, narcos. Pas possible !

La preuve : Frédéric Lefebvre, le porte-parole de l’UMP qui n’en rate pas une, a dénoncé jeudi sur LCI une “polémique gratuite” dans les médias.

“Si des gens veulent demander des comptes, c’est au Mexique qu’il faut le faire”.

Encore une preuve, la sortie de François Fillon, le soi-disant Prmier Ministre : En déplacement dans la Drôme, il a qualifié de “ragots” des informations de presse sur le séjour privé de Nicolas Sarkozy.

Mais, ultime preuve à propos de  ce séjour. Pour des raisons de politique intérieure, le Gouvernement mexicain s’est cru obligé d’apporter son grain de sel, par la voie d’un communiqué du secrétariat mexicain des Affaires étrangères:

“Un groupe d’entrepreneurs mexicains a mis à la disposition du président Sarkozy un logement sur la côte dans l’Etat de Jalisco, pour son séjour du week-end qui précédait ses activités officielles”.

Bon. On se calme. Sinon je vais être obligé de me fâcher tout rouge contre les médisants. Mon pauvre petit Président ne mérite sûrement pas ces affreuses allégations.

Mon clavier, 14 mars

08UTCp31UTC03bSat, 14 Mar 2009 08:27:08 +0000UTC 9,2008

§ Le Président Sarkozy au Mexique : séjour privé confirmé

http://phmadelin.wordpress.com/wp-admin/post.php?action=edit&post=3683

§ Martinique, sortie de crise prévue à partir de ce soir

§ FNAC : 200 suppressions d’emploi et fermeture du magasin Bastille, situé sous l’Opéra “éponyme”.

§ du NYT, hier : The Chinese prime minister, Wen Jiabao, expressed unusually blunt concern on Friday about the safety of China’s $1 trillion investment in American government debt, and urged the Obama administration to provide assurances that the securities would maintain their value in the face of a global financial crisis.

§ Paradis fiscaux : le paradis ou la mort ?

Argent sale et paradis

36UTCp31UTC03bSat, 14 Mar 2009 14:12:36 +0000UTC 9,2008

On redécouvre aujourd’hui la question de l’argent sale parce que, enfin, l’administration Obama ose mettre les pieds dans le plat. Pour récupérer un peu de sous afin de combler les trous de son budget massacré d’avance par l’administration de Georges W.

Une voie que suit allègrement notre bon, notre excellent Président Nicolas Sarkozy. Le roi des Schnorers. Vous ne savez pas ce que c’est, un Schnorer ? C’est du yddish, et ça veut dire mendiant. Mon Président en est réduit à mendier pour combler les trous de son budgets, et réparer ses poches percées.

Bien, comme dirait le Président Didier Wacogne pour clore un débat qui l’agace.

Bien. Donc Mon Président participe à la chasse aux Paradis fiscaux. Et tout le monde de découvrir cet horrible monde souterrain, le monde des gnomes de Zurich. Les fondations du Lichtenstein. Les comptes secrets de Monaco et d’Andorre. Les comptes encore de Man, Jersey et Guernesey… Enfin tous ces pays qui ont fondé leur prospérité sur la fraude fiscale.

Savez-vous que toutes les sociétés du CAC 40 entretiennent des filiales dans ces pays bénis par les conseillers fiscaux ? Pour planquer leurs bénéfices, ces bénéices qu’ils se refusent à partager avec leurs actionnaires et leurs salariés.

Pour vous informer mieux, lisez donc le livre de Jean de Maillard, Un Monde sans loi, avec Pierre Xavier Grézaud, Stock, 1998.

Et, par Jean Ziegler, La Suisse lave plus blanc, Le Seuil, 1990. Et, mieux encore, par Jean-François Couvrat et Nicolas Pless, La face cachée de l’économie mondiale, Hatier, 1989.

J’ai choisi volontairement des références anciennes pour montrer que le problème est ancien, incrusté dans l’économie criminelle.

Pour rafraîchir certaines mémoires défaillantes, rappelons à Gordon Brown, le Premier Ministre anglais, qu’un de ses lointains prédécesseurs a proposé et obtenu l’échange suivant : contre la création de la Zone franc lors de la décolonisation de feu l’Empire français, le Royaume Uni a obtenu la création du statut spécial au regard de la défiscalisations des Îles Anglo-Normandes.

Rappelons aussi aux Allemands, les plus grands fraudeurs de la Communauté européenne, que Le Luxembourg tire sa fortune de la gestion de la fraude fiscale en Allemagne !

Aujourd’hui, la Suisse, la Belgique, le Luxembourg, l’Autriche, Monaco, Andorre et autres semblent prêts à accepter des sacrifices sur le secret bancaire pour ne pas figurer sur la liste d’infamie que prépare le G 20. S’agit-il de choisir la voie du sacrifice sincère, ou celle de la survie ?

Martinique : la sortie de crise

26UTCp31UTC03bSat, 14 Mar 2009 14:54:26 +0000UTC 9,2008

La Martinique s’achemine à son tour vers la sortie de crise samedi, dix jours après la Guadeloupe. Les Antilles s’acheminent donc vers un retour à la normale avec une sortie de crise prévue samedi à la Martinique. Le “Collectif du 5 février” qui mène le mouvement contre la vie chère devrait signer samedi à Fort-de-France un protocole de fin de conflit, récapitulant les accords signés tout au long de 37 jours de débrayage et blocage de l’économie, et annoncer la levée du mot d’ordre de grève.

A la Martinique, une grande manifestation est prévue en amont pour accompagner les représentants syndicaux jusqu’à la préfecture et des initiatives festives devraient avoir lieu toute la journée.

En revanche, à la Réunion les négociations sont reportées à une date indéterminée.

Mon clavier, 15 mars

22UTCp31UTC03bSun, 15 Mar 2009 09:59:22 +0000UTC 9,2008

Je me suis trompé hier : il fallait lire 15 mars, et non 15 octobre

§ Grande fête en Martinique pour la sortie de crise : signature d’un accord en 267 points.

§ Darfour : libération des quatre travailleurs humanitaires, dont un Français, un Italien et une Canadienne, opérant pour Médecins sans Frontières.

§ Les conditions de l’accrochage dans lesquelles a été tué un caporal du 7° bataillonde ce chasseurs alpins d’Annecy illustrent malheureusement la faiblesse des blindés français sur le théâtre afghan : ces engins sont très mal protégés contre des tirs directs de roquettes. Ce chasseur participait à une opération conjointe de sécurisation d’une vallée menée par l’armée afghane et la Force internationale d’assistance à la sécurité (Isaf) pour en déloger des insurgés.

§ A propos de Guantanamo : selon le NYT European countries that in recent months have offered to help the Obama administration close the detention center at Guantánamo Bay, Cuba, by possibly resettling detainees have begun raising questions about the security risks and requirements if they accept prisoners who were described for years by Bush administration officials as “the worst of the worst,” according to diplomats and officials on both sides of the Atlantic.

Certains pays européens ont été plus prompts à accueillir les prisonniers en transit envoyés par la CIA à fin de tortures dans d’autres Etats qu’à contribuer à la solution de l’affaire de Gunatanamo !

§ Diffusion d’extraits live de la prestation du groupe rock RedLadies, hier soir (samedi) à la Boule Noire à Paris. La Boule Noire est la scène de “démarrage avancé” des jeunes groupes de rock français.

Young Rock : the Red Ladies

18UTCp31UTC03bSun, 15 Mar 2009 11:29:18 +0000UTC 9,2008

Comme promis, voici quelques extraits en live du concert donné hier soir (samedi 14 mars) par le groupe rock RedLadies, à la Boule Noire à Paris. La règle est : une demi-heure pour chaque groupe, et on vote.

J’ai tourné moi-même ces images, dans des conditions plutôt difficiles. Et je suis loin de maîtriser I.Movie. J’améliorerai, je vous le promets

Justice, Colonna, dossier 1338 : Rachida Dati est en colère

11UTCp31UTC03bSun, 15 Mar 2009 19:46:11 +0000UTC 9,2008

Grosse colère de Rachida Dati, la Garde des Sceaux, qui prend la parole pour la première fois sur l’affaire Colonna. Motifs : lors d’un meeting samedi à Ajaccio devant plusieurs centaines de personnes, des défenseurs d’Yvan Colonna ont, selon des médias locaux, fustigé “la chronique d’une condamnation annoncée” et “une justice contaminée et polluée” à propos du procès en appel de leur client devant la cour spéciale de Paris.

Quelle que soit la cause que l’on défend, il est intolérable de jeter d’une façon aussi outrancière le discrédit sur l’institution judiciaire et de bafouer de la sorte l’honneur des juges qui exercent leur office au nom du peuple français“, a asséné la Garde des Sceaux.

Il et quand même étrange que le pouvoir exécutif continue à se mêler du débat judiciaire.

Persuadés de la condamnation d’Yvan Colonna pour l’assassinat du préfet Erignac, ses avocats ont dénoncent le «guet-apens judiciaire» dans lequel est tombé selon eux leur client,

Confusion des genres dans les polices municipales

02UTCp31UTC03bSun, 15 Mar 2009 20:44:02 +0000UTC 9,2008

Mon ami Laurent Opsomer, fidèle contributeur et non moins veilleur sourcilleux, me transmet un texte musclé sur la prétention de certaines polices municipales à vouloir être assimilées à la police nationale. Les agens locaux, ne sont pas, dit-il, des gardiens de la paix !

POLICES MUNICIPALES : LA CONFUSION DES GENRES

« Un policier municipal menacé, frappé et gazé », tel est le titre d’un article de Nice-Matin paru ce dimanche 15 mars 2009. Or, une erreur s’est glissée dans le récit de ce fait divers. Les deux journalistes du journal azuréen écrivent, en effet, que le « policier municipal de Villeneuve-Loubet a fini sa nuit à la clinique Saint-Jean, tôt hier matin après avoir été frappé à l’issue d’une course-poursuite non loin de l’entrée de l’autoroute. Le gardien de la paix est « choqué », mais surtout très « amoché », selon une source proche du dossier, qui évoque d’importantes contusions au visage, ainsi que de nombreux points de suture. » Or, même si les Alpes-Maritimes ont été le département pionnier en matière de police municipale mais aussi dans le mélange des casquettes, il n’en demeure pas moins qu’un agent de police municipale (APM) n’est pas un gardien de la paix (GPX). Le premier est un fonctionnaire territorial recruté par une municipalité, donc un employé de mairie, le second un fonctionnaire d’Etat relevant du ministère de l’Intérieur. Leur formation initiale est aussi très différente : six mois pour l’APM, un an pour le GPX. En outre, malgré leur homonymie, leurs compétences sont très différentes ; il suffit d’ouvrir le Code de procédure pénale (CPP) pour s’en convaincre : un APM a le statut d’APJA21 ou Agent de police judiciaire adjoint conformément à l’article 21 du CPP tandis que le GPX est un APJ20 (Agent de police judiciaire). Cette différence de qualification aboutit à des pouvoirs dissemblables. Ainsi un APM ne peut réaliser de contrôles d’identité (l’article 78-2 du Code de procédure pénale n’habilite à cet effet que les OPJ et, sur l’ordre et sous la responsabilité de ceux-ci, les agents de police judiciaire et les agents de police judiciaire adjoints relevant de la police nationale ou de la gendarmerie), il ne peut procéder qu’à des relevés d’identité à la condition sine qua non d’une infraction au Code de la route ou à un arrêté municipal. De même, au vu de l’article L.234-9 du Code de la route, les agents de police municipale ne peuvent pas réaliser de dépistages d’alcoolémie en l’absence d’accident ou d’infraction préalable (vitesse excessive, absence du port de la ceinture ou du casque…). Enfin, l’APM n’a aucun pouvoir d’investigation, il n’a même pas la compétence pour enregistrer une plainte… Pis, l’APM a moins de pouvoirs que le garde champêtre ! Néanmoins, certains services de police municipale affectionnent, voire entretiennent savamment cette pernicieuse confusion qui règne dans l’esprit de nombre de nos concitoyens entre la police nationale et la police municipale.

Livres : L’origine de la violence

12UTCp31UTC03bSun, 15 Mar 2009 21:49:12 +0000UTC 9,2008

Fabrice Humbert, Editions Le Passage, décembre 2008

J’ai mis un peu plus longtemps que je ne le voulais à lire cet étrange livre. Qui, d’une certaine manière est chaotique et incohérent. L’histoire initiale est simple : lors d’une visite à Buchenwald, dans la banlieue de Weimar, le narrateur découvre une photo stupéfiante : y figure un déporté, David Wagner, qui est le portrait trait pour trait de son père. Or le narrateur s’appelle Fabre, issu d’une famille normande. Rien à voir en apparence avec un Wagner. Avec les Juifs massacrés pendant la guerre.

A partir de cette découverte révélation, le narrateur fantasme son rôle de victime, il est la victime qu’il aurait dû être, il prend la place de son grand-père assassiné par les Nazis, par un médecin fou. qui s’appelle Wagner, lui aussi. L’écrivain, car il est la victime, mais aussi celui qui transcrit l’histoire de la victime, il plonge dans l’histoire de sa famille, dans sa propre histoire, dans ses profondeurs. Dans le secret de famille absolu. Et s’installe un jeu de miroirs de plus en plus complexe qui le conduira vers la vérité, vers sa vérité.

“Là se lit peur-être mon rapport à la violence et à la peur… La cause, la vraie [de ce livre] est la découverte d’une photographie, avec toutes les révélations que celle-ci entraîna. Mais en même temps, je sais bien que cette chambre sombre est aussi creusée en moi, dans la profondeur de mon être et qu’un enfant y est enfermé. Je sais bien, si je veux l’affronter, que des images noires, des étouffements et des violences sont enfermées dans mon corps…”

Débrouillez-vous avec ça, dans ce labyrinthe de miroirs. Le livre n’est pas très construit, pas très cohérent, mais il paraît que c’est moderne, on ne raconte plus une histoire, on évoque des bouts d’histoires censées s’expliquer le uns les autres.

Mon clavier, 16 mars

14UTCp31UTC03bMon, 16 Mar 2009 08:09:14 +0000UTC 9,2008

Mon blog avait en partie pour objectif de mettre à disposition des lecteurs des manuscrits jusqu’à ce jour inédits, faute d’une prise en charge par un éditeur.

Cet objectif est d’ores et déjà atteint puisque mon thriller La Sérénade italienne a été vu, et probablement chargé, par 68 internautes, tandis que mon roman consacré à la question corse Nuits bleues, a été vu et chargé par 50 internautes.

Vous pouvez continuer à vous servir. Ça ne me rapporte pas de sous, mais je peux donner du plaisir de lire.

Au total, à ce jour mon blog aura reçu plus de 17 000 visites.

§ Cette semaine, dans le procès Colonna, suite des auditions consacrées aux membres du groupe accusé d’avoir contribué à l’assassinat du préfet Erignac, entrelardés de policiers. Mercredi, jusqu’à nouvel ordre, audition des deux juges d’instruction chargés des dossiers, Gilbert Thiel et Laurence LeVert. Jean-Louis Bruguière se défile. Courage, Monsieur le Vice-Président chargé de l’instruction, en retraite.

§ Autour du dossier 1338, Colonna. J’ai entrepris de transcrire l’ensemble de mes notes d’audience – et impressions personnelles – . J’en suis à 500 pages de notes. Travail de romain, qui permet de redécouvrir le climat très particulier des débats.

§ Texte  modifié le  16 mars à 21 h 40. Rachida Dati n’a pas encore donné ses ordres pour la condamnation finale dans l’affaire Colonna, mais c’est tout juste. En tout cas, elle s’agit de nouveau beaucoup, ces jours-ci. Comme si elle craignait d’être virée du gouvernement, ce qui est déjà acquis. Pour autant, elle n’arrête pas de multiplier les prises de position agressives : Rachida Dati a annoncé, lundi 16 mars, la création d’un “régime civil spécial” pour les délinquants de moins de 13 ans. Ils resteront irresponsables pénalement mais pourront, par exemple, être placés en “retenue” durant les interrogatoires. On devrait placer aussi la Garde des Sceaux en retenue !

§ Retour sur le rapport Philippe Léger, voir le billet

§ Ingrid Bétancourt aurait demandé le divorce avec son mari, le Colombien Juan Carlos Lecompte, “pour séparation de corps de fait”. La séparation en question est la période de captivité d’Ingrid.

§ Calamité : le PSG a raté sa montée sur la première marche de la Ligue 1. Défait face à l’OM (la honte) par 3-1. Du coup on en oublie la débâcle du XV de France face à l’Angleterre, 34-10, si j’ai bien lu. Sale temps pour les sportifs français. Seul s’en tire correctement le slalomeur Jean-Baptiste Grange qui remporte le globe de cristal de la spécialité, c’est-à-dire la coupe du monde. On se console comme on peut.

§ Obama n’est guère commode avec les méchants : il a donné consigne au Secrétaire d’Etat aux finances  “to stop the faltering insurance giant American International Group from paying out hundreds of millions of dollars in bonuses to executives, as the administration scrambled to avert a populist backlash against banks and Wall Street that could complicate Mr. Obama’s economic recovery agenda.”

La stratégie des barrages (suite)

27UTCp31UTC03bMon, 16 Mar 2009 18:51:27 +0000UTC 9,2008

Il y a un an, à propos du barrage de Nurek, au Tadjikistan, je soulevais le problème stratégique des barrages. Nous y voici revenus avec le 5° Forum mondial de l’Eau qui se réunira du 16 au 22 mars à Istambul.

La Turquie est justement au centre d’intenses polémiques en raison de son programme massif de construction de barrages géants, dont celui de Birecik, sur l’Euphrate. Le voisin syrien s’inquiète, d’autant plus que la Turquie a déjà  joué de “l’arme de l’Eau” pour obliger les Syriens à ne plus assurer leur soutien aux Kurdes réfugiés…

Voilà ce que j’écrivais voilà un an :

Les risques matériels [ effondrement des barrages ] sont peu importants face aux risques de conflit. Et c’est ici que nous retrouvons notre barrage tadjik de Nurek et de ses successeurs virtuels. Cette menace tient au fait que les bassins hydrographiques ne connaissent pas les frontières : pour les fleuves d’Amérique du Nord et la Loire en France qui traversent des territoires homogènes, la plupart des grandes artères d’eau irriguent plusieurs Etats. Dont les intérêts sont loin d’être toujours cohérents, bien au contraire. Le Jourdain, par exemple, prend ses sources, il y en plusieurs, au pied du Mont Liban, au Liban ; il draine des affluents venant de Syrie, il est bordé par trois pays, l’entité palestinienne, la Jordanie et Israël qui puisent sans mesure. Au point que la Mer Morte est de plus en plus morte, elle se dessèche, comme la mer d’Aral en Ouzbekistan. Pour harmoniser les points de vue divergents on doit se lancer dans d’interminables palabres, des négociations internationales, des conflits ouverts ou larvés, ponctués d’actions terroristes, parfois de vraies guerres : l’irrigation des orangers d’Israël et des oliviers de Gaza pèsent plus lourde que les grands principes idéologiques. En Espagne, le Premier ministre Zapatero a quasiment déclenché une révolution en privilégiant l’alimentation en eau de Barcelone au détriment des cultures maraîchères de l’Ebre, pour lesquelles les agriculteurs sont en train d’épuiser les nappes phréatiques fossiles, remplies voilà des millénaires.

Justice, Colonna, dossier 1338 suite dans le silence

16UTCp31UTC03bTue, 17 Mar 2009 10:05:16 +0000UTC 9,2008

Lundi : RAS. Yvan Colonna refuse de sortir de sa cellule à la prison de Fresnes pour se rendre au Palais de Justice. Il n’apprécie sûrement pas des journées entières passées seul dans un cachot de la Souricière.
Les juges et les parties civiles ont donc dû écouter  Jeanne Finidori, ex-épouse Ferrandi, considérée par l’accusation comme un témoin à charge : le 6 février 1998, elle n’a pas quitté le village, elle n’a rien vu, elle a simplement constaté qu’Yvan Colonna et Pierre Alessandri avaient chuchoté avec Alain Ferrandi dans la salle de bains avant de passer la nuit chez elle. Ce sont en effet de « terribles accusations », on ne voit pas très bien ce qu’on peut  en tirer comme conclusion.
Lors du précédent procès elle avait déclaré qu’elle ne se souvenait de rien. Hier elle  a répété qu’elle n’avait rien à déclarer en l’absence d’Yvan Colonna et de sa défense”.
De toute façon, tous les proches du « groupe des anonymes » déclarent l’un après l’autre qu’en l’absence d’Yvan Colonna, ils n’ont rien à dire. Ça sent le complot, complot du silence, c’est évident !
Les parties civiles sont exaspérées, prétendent-elles.
Même le juge Jean-Louis Bruguière s’y met : il devait déposer à partir d’aujourd’hui, il a envoyé au Président Didier Wacogne un certificat médical précisant qu’il était hospitalisé et hors d’état de témoigner.
Pauvre Président, qui en est réduit à collectionner les certificats médicaux !
Succédant à Marcel Istria le « chauffeur récupérateur », les deux autres juges d’instruction, Gilbert Thiel et Laurence LeVert doivent causer à partir de mercredi. On peut espérer qu’ils auront la force d’aller jusqu’à la barre.

Mon clavier, 17 mars : suites d’histoires, Colonna, Sarkozy, Bush, grève, Sciences Po, Larcher, Rachida, Fortin

23UTCp31UTC03bTue, 17 Mar 2009 20:10:23 +0000UTC 9,2008

§ Le procès Colonna se poursuit au Palais de Justice. Toujours aussi chaotique. Voir le billet.

§ La presse réussit à ne plus parler du voyage des Sarkozy au Mexique, surtout depuis le démenti cinglant apporté par la Présidence mexicaine.

§ La France va rentrer dans les structures de commandement de l’OTAN. A qui Sarkozy croit-il complaire, puisque son ami Bush est parti en retraite en laissant derrière lui un monde dévasté ?

§ La grève générale du 19 se prépare dans la fébrilité. A Reims, les ouvriers de Continental ont un peu secoué l’état major de l’entreprise. Les enseignants du supérieur sont appelés à rejoindre de façon massive kes manifestations. (Voir billet joint)

§ Quelque 200 étudiants d’universités franciliennes, Paris-I, Paris-III, Paris-X, Paris-VIII-Saint-Denis, Paris-XIII-Villetaneuse, de l’EHESS et de l’École normale supérieure occupent Sciences-Po depuis 16 h 45 ce mardi 17 mars.

§ Sur instruction de son patron Mon Bienaimé Président, le ministre du Budget Eric Woerth, défend ongle et bec le “bouclier fiscal”, la mesure-symbole du chef de l’Etat, alors que à la suite de Gérard Larcher, le Président du Sénat, des voix dans la majorité demandent un assouplissement du dispositif. Le bouclier fiscal a bénéficié à 14.000 foyers pour un coût total de 458 millions d’euros. Et un déficit d’image considérable pour le Président. Et pourtant mon Président persiste dans sa voie erratique.

§ Code pénal des Mineurs : Rachida Dati est obligée d’avaler son chapeau pour un projet qu’elle ne suivra de toute façon pas. Les mineurs de moins de 13 ans ne peuvent être considérés comme responsables, contrairement à ce que la ministre soutenait. Aucun calendrier n’a été détaillé hier pour l’examen parlementaire du projet de loi et l’entrée en vigueur du futur Code pénal des mineurs, dont les 70 grandes dispositions ont été définies par le rapport Varinard. Un an de débat pour rien ? Un sentiment d’inachevé renforcé par le départ en mai de la Chancellerie par Rachida Dati, candidate aux élections européennes.

§ Comme je m’étais intéressé au cas de Xavier Fortin, accusé d’avoir « enlevé» ses enfants à l’affection maternelle, comme j’avais râlé parce qu’il avait enlevé  ses deux fils à la garde de leur mère, uniquement parce qu‘ils avaient des vues différentes sur la vie, on ne peut que saluer la sagacité du tribunal de Draguignan qui a limité la condamnation à deux mois fermes, c’est-à-dire la durée de l’incarcération « préventive » qui était déjà ridicule en soi.
On observera que les deux fils « enlevés » soutiennent fermement leur père, et que la mère « privée » de ses garçons s’est bien gardée de venir au tribunal, renonçant à sa constitution de partie civile.

Université : encore plus de contestation, et le 19 mars dans la rue

09UTCp31UTC03bTue, 17 Mar 2009 17:51:09 +0000UTC 9,2008

Demain, 19 mars, les enseignants du Supérieur vont de nouveau se joindre à la masse des salariés appelés à défiler.
Il faut dire que le torchon brûle toujours : la Coordination nationale des universités (CNU) se déclare “choquée”, mardi 17 mars, par l’attitude de mépris, voire de provocation des ministres de l’Education Xavier Darcos et de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Valérie Pécresse, et demande “leur démission”.
Au cours d’une réunion en présence de 300 délégués à Dijon, la CNU a “dénoncé les manquements graves à l’éthique que constituent les mensonges répétés de Xavier Darcos – sur l’allongement de la formation des enseignants – et de Valérie Pécresse – sur les budgets – et demande leur démission ».
De toute façon, la coordination rallonge la sauce : elle réclame que “aucun salaire en dessous de 1.500 euros net, et en prime un plan pluriannuel d’embauche et la fin de la précarité”.
La Coordination recommande la multiplication d’actions coups de poing comme “les blocages ponctuels des voies et les intrusions dans les gares” SNCF et “les opérations péages gratuits” d’autoroutes. Elle annonce le principe d’une nouvelle manifestation  nationale le 26 mars.
Regroupant des enseignants-chercheurs, des personnels administratifs et des étudiants, la Coordination est l’un des principaux mouvements opposés aux réformes dans l’enseignement.
Je rappelle les trois grands axes qui animent les enseignants universitaires : refonte du décret Pécresse réformant le statut des enseignants-chercheurs ; la réforme de la formation et du recrutement des enseignants du premier et du second degré – dite « mastérisation – qui concentre désormais tous les griefs ; les suppressions de poste dans l’enseignement supérieur.
Le gouvernement semble avoir quelque peu reculé sur le décret Pécresse, mais les avancées n’apparaissent pas suffisantes aux enseignants pour que se calme le mouvement.
N’ont pas arrangé les choses les déclarations de Claude Guéant – le Secrétaire général de l’Elysée qui est ici la voix de Mon Président Sarkozy – estiment que la nouvelle version du décret « sera peu différente de celui qui a été mis sur la table ».

Justice, Colonna, dossier 1338, plainte contre les juges

39UTCp31UTC03bTue, 17 Mar 2009 18:32:39 +0000UTC 9,2008

J’étais présent à l’audience le 12 mars quand le Président Didier Wacogne a annoncé qu’il venait de recevoir  les 281 pages de transcriptions d’écoutes téléphoniques réclamées en vain depuis le début de la procédure. Cette transmission avait été refusée par la juge d’instruction Laurence LeVert, la décision avait été entérinée par le président de la chambre de l’instruction.
L’accusé et ses conseils ont eu vent de l’existence de ces écoutes en examinant la retranscription des auditions réalisées par une commission d’enquête parlementaire sur la Corse, mise en place en 1999, dans la foulée de l’  « affaire des paillotes » impliquant Bernard Bonnet, le successeur du préfet Erignac.
Le sujet a fait sa réapparition dans le procès en appel lorsque trois policiers, Jean-Pierre Colombani, ancien des Renseignements généraux, Philippe Frizon, alors commissaire à la Division nationale antiterroriste, et Roger Marion, ancien chef de cette unité, manifestement mal à l’aise, ont confirmé l’existence des écoutes restées dans les oubliettes, mais bien réelles.
Du coup, les avocats d’Yvan Colonna ont déposé plainte, ce mardi, auprès du procureur de Paris, contre les juges antiterroristes Jean-Louis Bruguière, Laurence Le Vert et Gilbert Thiel. Visant l’article 434 du code pénal, ils accusent les magistrats de «destruction, soustraction, recel ou altération d’un document public ou privé de nature à faciliter la découverte d’un crime ou d’un délit, la recherche des preuves ou la condamnation des coupables».
Le parquet ne cache pas son inquiétude quant à la tournure imprimée à l’affaire Colonna par ses « anciens » avocats qui multiplient les initiatives pour accumuler des éléments en vue d’un procès en cassation. Ou pire pour la France, d’un recours devant la Cour européenne des droits de l’homme. Même si les parties civile feignent de ne pas y porter une attention particulière :

« la Cour de Strasbourg, c’est encore sept ou huit ans de procédure » .

Le motif principal serait la tenue d’un procès sans que soient entendues les voix de l’accusé et de la Défense.
J’ai par ailleurs appris que lors du premier procès Colonna, en novembre 2007, le délibéré estimé à plusieurs heures n’aurait en réalité pas duré plus de trente minutes. C’est une confidence à l’une de mes sources Dominique Coujard qui présidait la Cour d’Assises en première instance.

Par ailleurs, appelé à témoigner, Marcel Istria accusé d’avoir été le chauffeur du véhicule qui a “récupéré le commando” après l’assassinat du préfet Erignac le 6 février 1998, a gardé son mutisme habituel

“Je n’ai rien à déclarer, je n’ai pas participé à toute cela”.

Condamné à vingt ans de réclusion, Marcel Istria a toujours nié sa participation à l’assassinat du préfet Erignac et à l’attaque de la gendarmerie de Pietrosella.

Mercredi 18 mars on entendra les juges Thiel et Levert. Toujours sans contradicteurs.

Mon clavier, 18 mars

57UTCp31UTC03bWed, 18 Mar 2009 08:39:57 +0000UTC 9,2008

§ Journée d’action du 19 mars: 213 manifestations prévues dans toute la France.

§ Universités : incidents cette nuit à Montmartre. Après une nuit passée dans les universités du quartier des Gobelins à Paris, un groupe de jeunes s’est déplacé mardi soir à travers la capitale jusqu’à Barbès, en provoquant des dégâts à des vitrines de banques, endommagées par des jets de bouteilles, sur leur parcours. Les incidents se sont produits entre 22h30 mardi et 1h40 mercredi, en passant par le quartier des Halles : quatre interpellations. Avec Sciences-Po, investie par des étudiants de Sud, de nombreuses universités sont plus ou moins occupées.

§ Aujourd’hui, dans le pseudo procès intenté à Yvan Colonna, dépositions de deux des juges d’instruction qui ont suivi l’affaire : Gilbert Thiel pour l’affaire de Pietrosella et Laurence LeVert pour l’assassinat du préfet Erignac. J’ai relevé hier que Jean-Louis Bruguière, chargé de l’instruction du meurtre, s’est “fait porter pâle”. Dommage, car nombre d’errements dans les enquêtes lui sont imputables.

Je poursuis mon relevé de notes d’audience. Je ne sais pas si je vous l’ai déjà indiqué, j’en suis à ce jour à plus de 500 pages de notes.

§ Hier Mon Président Sarkozy a réaffirmé sur tous les tons qu’il n’était pas question de revenir sur le principe du “bouclier fiscal”. Son argument majeur : je n’ai pas été élu pour augmenter les impôts. Surtout pas les impôts de ses Riches et fameux amis.

§ Réunion, ça coince encore, alors que la situation semble normalisée en Guadeloupe et en Martinique. Les négociations sur les salaires et les prix, suspendues depuis jeudi, ont repris mardi 17 mars à la préfecture de La Réunion, mais le projet de protocole d’accord a été rejeté par le Collectif Cospar. Le préfet Pierre-Henry Maccioni a remis aux représentants du Cospar (collectif des organisations syndicales, politiques et associatives de La Réunion), du patronat et de la grande distribution, un projet de protocole d’accord en quatre points : gaz et carburants, loyers, salaires et minima sociaux, et prix. Dans le document, l’Etat s’engage à intervenir à hauteur de 100 euros en direction des salariés du secteur privé et des contractuels de droit public dont la rémunération brute annuelle n’excède pas 1,4 Smic.

Justice, Colonna, dossier 1337, 1338, 1797. Quand les juges balancent

36UTCp31UTC03bThu, 19 Mar 2009 08:27:36 +0000UTC 9,2008

Au prélable, une explication. Le dossier 1337 vise la procédure ouverte autour de la filière dite “agricole” dans le dossier Colonna ; le dossier 1338, vise l’assassinat du préfet Erignac; et le dossier 1797  la destruction par exposifs de la gendarmerie de Pietrosella, en septembre 1997.

Ce mercrdi étaient appelés à la barre deux juges d’instruction, Laurence LeVert et Gilbert Thiel. Dans le genre langue de bois, je m’attendais au pire. Or, ils ont causé. Et d’abondance.

Il n’y arien de pire que quand un juge témoigne à la barre : il ne peut pas s’empêcher de balancer.

Vous aurez la suite de ce billet d’ici au milieu de la matinée.

Mon clavier, 19 mars

16UTCp31UTC03bThu, 19 Mar 2009 18:50:16 +0000UTC 9,2008

Version actualisée à 23 heures

§ Procès Colonna, quand les juges balancent à tout va. Voir billet joint

§ Mon Président Sarkozy dans les Antilles en avril ? Oui, a indiqué mercredi 18 mars, le secrétaire d’Etat à l’outre-mer, Yves Jégo. Nicolas ouvrira les d’”états-généraux” de l’outre-mer. Les débats devraient porter sur les “grands enjeux” de ces territoires. Pour une fois, il a pris tout son temps pour réfléchir.

§ Universités, toujours dans la rue

§ Manif : a minima 2 millions de mécontents dans la rue

§ L’Assemblée Nationale, sur ordre à n’en pas douter de mon cher Président toujours attentif aux soucis de ses amis, a refusé jeudi 19 marde suspendre le bouclier fiscal. L’Assemblée nationale a rejeté s un amendement du député UMP René Couanau visant à “suspendre” le bouclier fiscal pour les revenus de 2009. L’Assemblée a également rejeté un amendement du député UMP Pierre Méhaignerie visant à mettre en place une contribution sur les plus hauts revenus.
§ Faurecia, sièges automobiles, Etampes : 400 emplois supprimés sur 800

§ Une nouvelle recette de Marina : les carottes aux épices

§ Suggestion d’un de mes lecteurs, elle n’engage que lui, évidemment

A Madagascar, avec de faibles moyens un maire a viré un président élu mais devenu indésirable. Cet exemple peut-il être suivi en France où il y a la même urgence ?

Nouvelle recette de Marina : carottes aux épices

07UTCp31UTC03bThu, 19 Mar 2009 09:03:07 +0000UTC 9,2008

J’ai réussi à soutirer à Marina une nouvelle recette. Elle l’a tirée d’un livre, et arrangée à sa manière, comme d’habitude !

Recette : carottes aux épices

Ingrédients pour un plat de carottes aux épices :
500g de carottes
1 gros oignon
50 g de raisins secs
huile, miel, vinaigre, curry, sel

Couper les carottes en rondelles
Les faire cuire à la vapeur pendant 15mn
Pendant ce temps faire revenir doucement l’oignon dans l’huile, puis rajouter les carottes et faire dorer le tout
Mélanger ensemble le miel, le vinaigre et le curry, verser le tout sur les carottes
Rajouter les raisins et faire cuire sans cesser de remuer pendant 5mn.

Justice, Colonna, les juges balancent

54UTCp31UTC03bThu, 19 Mar 2009 11:47:54 +0000UTC 9,2008

Comme je vous l’ai déjà indiqué je suis en train de retranscrire mes notes d’audience. D’ici au début de la semaine prochaine je serai sans doute en mesure  de publier une première liste d’erreurs ou insuffisances de l’enquête. Car il y en a. Certaines minimes, d’autres énormes.

Saga Colonna : quand les juges s’empêtrent dans leurs contradictions, Colonna effacé des tablettes

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Dessin : Philippe Antonetti

Mme Laurence LeVert s’empêtre dans ses contradictions, avec force hésitations, elle admet qu’il n’y avait que deux hommes sur les lieux de l’assassinat du Préfet Erignac, et non pas trois comme elle le soutenait  avec l’Acte d’accusation. Nous sommes le mercredi 18 mars. Les débats durent depuis près de cinq semaines, et, soudain, voici exclu de la scène du crime Yvan Colonna censé être le troisième homme du « commando ». Du coup s’effondre la construction bâtie par le Parquet.
C’est la surprise du chef dans ce procès en Cour d’Assises intenté à Yvan Colonna. Laurence LeVert devrait savoir de quoi elle parle. Elle a été avec Jean-Louis Bruguière l’un des trois juges d’instruction chargés d’éclaircir l’affaire, de bâtir le dossier à charge. Evoquant dans le désordre les dossiers 1337 – dit de la piste agricole – , 1338 – visant l’assassinat du préfet – , 1797 consacré à l’attentat contre la gendarmerie de Pietrosella. , Mme LeVert peine à rendre clairs les liens entre les différentes procédures. Elle a beau évoquer la logique judiciaire, elle parvient mal à  expliquer pourquoi tel dossier d’écoutes figurant dans le « 1337 » n’a pas été versé au 1338…
Et, à force d’atermoiements, elle a fini par balancer une part de la vérité que tous les enquêteurs se sont jusqu’alors escrimés à masquer à coups de mensonges plus ou moins patents.
En fin de comptes, dans ce procès Colonna, ont donc été plus intéressantes que prévu les dépositions des deux juges d’instruction qui ont clôturé la série des témoignages qui devaient accabler Yvan Colonna
Deuxième des trois juges d’instruction chargés du dossier, Gilbert Thiel joue aussi de la sincérité, mais sur un tout autre registre. Le registre de la tragédie à l’ancienne, belle voix de comédien, texte littéraire jusqu’à la caricature. Trois heures durant, le juge Thiel a dévidé le récit des complots qu’il a dû affronter au cours de cette enquête hors norme. Le complot des Nationalistes, évidemment, le complot des assassins lancés dans une escalade sans fin de la violence. Mais aussi et surtout complots des gendarmes de la Section de Recherche d’Ajaccio, dont le magistrat s’est appliqué à démontrer l’incapacité qui l’a conduit à les dessaisir ; complot des hommes de la PJ d’Ajaccio, obsédés par la « piste agricole » retenue comme hypothèse initiale pour retrouver les assassins du préfet Erignac. Complots ourdis par le préfet Bonnet  et par le patron de la DNAT, Roger Marion. Des obstacles qui n’ont cessé de se multiplier pour gêner son travail. Des champs de mine qu’il a dû franchir. A l’écouter, on a l’impression que Thiel a été assailli par les ennemis. Le seul qu’il semble estimer est paradoxalement Colonna. Il rappelle avec insistance la profession de foi de l’accusé, le 23 juin 2003, lors de leur premier entretien après son arrestation :

«  Je vous affirme que je ne fais plus partie du groupe des anonymes, je n’étais pas à Pietrosella, je n’ai pas tué le préfet Erignac. Je sais qu’il était votre ami, je vous le dis les yeux dans les yeux ».

Depuis, Colonna ne s’est jamais départi de cette position, toujours considérée comme “incrédible” par l’Accusation et les Parties civiles.
A part ça, 28 jours de débats dans ce deuxième procès sans qu’apparaisse Colonna. On discute de tout, sauf de Colonna. Quelquefois, on se force presque à en parler tant il est absent. Absent de sa cage de verre, bien sûr, mais aussi absent du dossier
Un point de vue que ne partage pas Me Christian Frémaux, l’un des avocats siégeant sur les bancs des Parties civiles

Erreur
Cette vidéo n’existe pas

Il n’en reste pas moins qu’on en est quasiment au même point. Beaucoup de suspicions, toujours aucune preuve décisive et même le sentiment que les convictions de l’accusation vacillent.

Ainsi, parmi les témoignages, on a entendu Didier Maranelli affirmer que le matin du 7 février 1998, lendemain de l’assassinat, il se trouvait à Cristinace chez ses parents, alors que Valérie Dupuis, son ancienne compagne, a reconnu devant les policirs de la DNAT que Maranelli était au même moment chez elle, à Carghese, à 50 kilomètres de là, tandis que pour l’accusation il était en fait à Ajaccio, chez alain Ferrandi. Colonna ou le fantôme tous terrains.

Tout comme le Président Didier Wacogne, l’avocat général Christophe Tessier semble parfois se substituer aux avocats de la Défense pour miner le dossier, une Défense qui n’a toujours pas rejoint son banc. Le procureur Kross est pour sa part carrément absent, on ne l’entend pas. Le procès s’enfonce dans un marais brumeux. Comme si on ne tenait plus trop à le mener à son terme.
Au niveau des magistrats, il est évident qu’on est désormais très préoccupé par l’image peu séduisante de la Justice française donnée à travers ce procès absurde. Une image symboliquement représentée hier par le témoignage d’un des policiers du RAID qui ont arrêté Colonna en 2003. Ne demandez pas ce qu’il a raconté. Il était caché derrière une paroi en verre cathédrale, sa parole si déformée par le filtrage audio qu’on ne comprenait rien. C’était absurde, surréaliste, et d’ailleurs sans importance : l’homme n’avait rien à dire.
Ainsi de jour en jour se sont entassés sur le bureau du Président de la Cour d’Assises des témoignages insignifiants. L’accusation glane parfois un minuscule détail à droite ou à gauche. Mais rien de décisif. Rien qui puisse convaincre que Colonna est coupable, qu’il mérite la réclusion à perpétuité. Puisque tel est l’enjeu fondamental, il ne faut pas l’oublier.

NB Le Nouvel Obs “découvre” la vérité sur Colonna, dans son numéro du 18 mars :

Et si le berger de Cargèse n’avait pas tenu le rôle qu’on lui attribue ? S’il était l’un des conjurés, mais pas le tueur du préfet Erignac ? C’est ce qu’a suggéré un membre du commando devant la cour d’assises spéciale. Une hypothèse qui embarrasse la défense autant que l’accusation. Ariane Chemin et Marie-France Etchegoin expliquent pourquoi, dans ce procès si lourd de secrets, cette piste n’a pas été explorée.

Cette piste est en effet restée en deshérence. Je l’avais relevée depuis une semaine, mais personne n’a semblé d’y intéresser. Le fonctionnement des journalistes est bizarre : en fin de comptes, ils restent englués dans l’acte d’accusation, ils n’écoutent pas vraiment les débats.

A plusieurs reprises, j’ai entendu dans les débats des propos et des informations qui contribuent à changer complètement la configuration de l’affaire. Par exemple, à propos des méthodes utilisées pendant les Gardes à vue, la privation de sommeil. A tout prendre, aujourd’hui, on oubliera les curieux propos de Mme Laurence LeVert. J’en étais sûr, mais j’ai préféré vérifier auprès de trois personnes différentes, en dehors de moi : elle a bien précisé que pour elle il n’y avais que deux hommes sur les lieux du crime. Et on ne parle plus ni d’un “blond”, ni de perruque, ni de grimage.

La dernière, et la moins bonne :

Guéant serait atteint à l’estomac. Selon l’Express, L’Elysée suit de près le procès Colonna. Claude Guéant, Secrétaire général de la Présidence se déclare estomaqué par les thèses défendues par les avocats de l’assassin présumé du préfet Erignac. On peut lui recommander un remède, pour ça, par exemple examiner le dossier et les débats de plus près.

Et, récupéré dans le blog de Sylvie Véran, cette réaction que je ne veux pas passer sous silence:

Je trouve la vie un peu injuste avec Marcel Istria : voilà quelqu’un qui clame son innocence depuis 10 ans, contre qui il n’y a aucune preuve matérielle, qui est condamné alors qu’il y a contre lui moins de charges que contre Yvan Colonna, et rien, pas de comité de soutien, pas de ligue des droits de l’homme, pas de campagne sur le-vigile-innocent-otage-de-la-raison-d’état, rien, que l’indifférence.

Si tant est qu’il y a des charges matérielles contre Colonna. Mais, c’est exact, il faut aussi penser à Istria.

Universités : Sauvons la Recherche poursuit sa bataille

51UTCp31UTC03bThu, 19 Mar 2009 12:54:51 +0000UTC 9,2008

Je cite les principaux passages du dernier bulletin publié par Sauvons la Recherche sous le titre : Des réponses gouvernementales dérisoires, voire provocatrices.

Alors que le gouvernement espérait un essoufflement de la contestation, cette semaine a vu un renforcement de la mobilisation des personnels et des étudiants de l’enseignement supérieur  et de la recherche.

Partout en France, les actions se sont multipliées qui ont démontré la vivacité et la créativité de ce mouvement. La manifestation nationale “de la maternelle à l’enseignement supérieur et à la recherche” du mercredi 11 mars a été un formidable succès, réunissant près de 60000 personnes à travers le pays.

D’ores et déjà, du fait du succès croissant des nombreux appels à la grève et au refus d’expertise, c’est désormais l’ensemble de la recherche et de l’université qui est menacé de paralysie. Cette situation, le ministère en porte l’entière responsabilité. Sa réponse apparaît pourtant dérisoire, voire provocatrice.

Ainsi, la prétendue réécriture complète du décret modifiant le statut des enseignants chercheurs s’est soldée par un texte quasi-identique à celui soumis au conseil d’Etat le 30 janvier, au dire même du porte-parole de l’Elysée Claude Guéant (http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2009/03/le-mensonge-de.html). Les analyses détaillées de ce nouveau texte (http://www.sauvonslarecherche.fr/spip.php?article2647), montrent que le soi-disant accord obtenu par le ministère avec les syndicats minoritaires est une farce, que ces mêmes syndicats dénoncent aujourd’hui.

L’échec de cette pseudo-négociation confirme notre analyse qu’aucune discussion sérieuse sur les conditions de travail des enseignants-chercheurs ne peut s’engager sans un préalable : celui de l’augmentation du recrutement statutaire au travers d’un plan pluriannuel de l’emploi, permettant une réduction globale du service d’enseignement. Or précisément, cette demande est refusée par le gouvernement qui lui oppose un vague engagement de non-diminution de l’emploi pour 2010 et 2011 à l’Université, entérinant ainsi les réductions d’emploi en 2009 et celles programmées dans les organismes.

Que dire également de prétendu recul sur la réforme de la formation des maîtres, qui consiste à faire de l’année 2009 une « année transitoire » sans changer les principes directeurs de cette réforme si largement rejetés (http://www.sauvonslarecherche.fr/spip.php?article2657). Là encore, la réponse de l’exécutif relève de la provocation.

Il paraît que le gouvernement a “acheté des liens” pour améliorer la visibilité de sa communication sur Internet. Ah bon ? Ne se souvient-on pas qu’il n’y a pas de bonne communication sans bon support ?

Justice, Colonna, sourire SVP

42UTCp31UTC03bFri, 20 Mar 2009 08:31:42 +0000UTC 9,2008

Ne manquez pas de sourire en voyant Chabert consoler Lemaire.

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dessin de Philippe Antonetti, peu de haine et beaucoup de thé…

En plus il m’expliquer que le mot sieste ne se traduit pas en corse, parce qu’elle commence le lundi matin et se termine le dimanche soir. Ce n’est pas moi qui l’écrit…

Mon clavier, 20 mars

20UTCp31UTC03bFri, 20 Mar 2009 16:59:20 +0000UTC 9,2008

Version actualisée à 17 h

§ Brice Hortefeux a tout compris, c’est-à-dire rien.

§ Procès Colonna : en principe les dépositions des témoins devaient se terminer aujourd’hui. Elles seront prolongées jusqu’à mardi matin. Toujours une succession de policiers langue de bois. Les membres de la famille Colonna devaient causer. Ils ne sont pas venus.

Nombre de mes correspondants ont été stupéfaits – comme moi – par les déclarations de Laurence LeVert, remettant en cause une partie fondamentale de l’accusation. On me demande si j’ai bien entendu : oui, et j’ai même recoupé pour être sûr de moi. Quelques uns n’osent pas croire à cette curieuse position de Mme LeVert.

J’ai également été très surpris de la voir pas trop offensive.

§ Mon ami inconnu m’envoie une jolie caricature de deux avocats. C’est savoureux

Social, Brice Hortefeux a “tout compris”, les Français ne veulent pas changer

34UTCp31UTC03bFri, 20 Mar 2009 10:10:34 +0000UTC 9,2008

“Sarkozy, casse-toi”

Tel a été le slogan presque unanimement martelé par les millions de manifestants hier.

Face à cette dure réalité, l’analyse de nos gouvernants est pour le moins surprenante : hier, jeudi, il ne s’est rien passé de vraiment important. Tout le monde a été travailler grâce au service minimum imposé à la SNCF, d’ailleurs le nombre de manifestants n’était pas plus important qu’au mois de janvier. Enfin, à peine plus. Notre gouvernement de choc ne s’est pas avisé du fait que les cheminots ont décidé de laisser circuler assez de trains pour que les manifestants puissent rejoindre les centaines de cortèges, dans toute la France.

En tête de ces brillants analystes, Brice Hortefeux, le so called Ministre du Travail à tête de zombie :

“Nous entendons le message qui est un message d’inquiétude, mais je ne pense pas qu’il y ait une demande de changement […] il s’agit plutôt d’”une attente de concret et de souci de justice et cela est compréhensible […] “ce ne sont pas simplement des défilés ou des manifestations qui permettront de sortir de la crise”.

On ne peut pas demander un autre plan de relance alors que le plan initial ne s’est pas encore déployé”,

Le Ministre rappelle que les mesures prises lors du sommet social du 18 février doivent entrer “en vigueur entre aujourd’hui et le mois de juin”. Et pourquoi faut-il attendre tant de temps ? Notre ministre a vraiment tout compris. Quant à un plan de relance, François Fillon, Premier ministre (paraît-il) martelle depuis septembre dernier qu’il n’est pas question de mettre en oeuvre un plan de relance.

J’ai tout compris ou quoi ?

Justice, Colonna : une famille absente

53UTCp31UTC03bFri, 20 Mar 2009 17:21:53 +0000UTC 9,2008

Par un simple Fax, Jean-Hugues Colonna, le père d’Yvan, a notifié à la Cour d’Assises de Paris ce matin qu’il ne viendrait pas témoigner. D’abord parce qu’il était hospitalisé à Marseille – décidément, ce procès provoque de véritables épidémies – mais surtout parce que :

“quoiqu’il en soit, je ne serais pas venu devant une cour spécialsement composée pour condamner et cautionner par ma présence un débat dans lequel l’esprit de vengeance remplace l’exigence de vérité. Je confirme que le soit du 3.02.1998 j’étais de 19 h 30 à 20 h environ en compagnie de mon fils Yvans chez ma mère et avec ma soeur Josette.”

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Le fax adressé ce jour à la Cour par Jean-Hugues Colonna

Le père confirme donc l’alibi du fils, qui a toujours expliqué qu’il ne pouvait pas être à Ajaccio cette fin d’après-midi là.

Qualifiant cette attitude de lâche, Maître Philippe Lemaire, l’avocat de Dominique Erignac, déplore cette absence, car il avait l’intention de poser quelques questions à propos d’un courrier adressé par J.H Colonna à Dominique Erignac, le 26 mai 1999, où il écrivait : “Nous vous demandons pardon”. L’ancien député avait répondu par avance lors d’une interrogatoire mené par Laurence LeVert, la juge d’instruction, où il indiquait de façon claire que cette lettre ne pouvait en aucun cas être tenue pour une accusation contre son fils, mais un geste d’humanité.

Lors de cet interrogatoire, rappelle Colonna, il avait indiqué à la magistrat que Roger Marion, le patron de la DNAT, lui avait déclaré que le dossier ne contenait aucun élément permettant d’accuser Yvan Colonna.

Pour compenser l’absence de Jean-Hugues Colonna, de sa voix morne et bafouillante, le Président Wacogne a lu l’ensemble des pièces de procédure où apparaît l’ancien dputé. On découvre à cette occasion qu’il avait été lui aussi placé sous écoutes judiciaires.

Ce vendredi devaient également déposer Christine Colonna-Caviglioli, la soeur ainée, et Stéphane Colonna. On ne les a pas vus. Et Jean-Hugues Colonna a transmis à la cour un certificat médical confirmant son hospitalisation. Il a d’ailleurs été opéré dans la journée. Les avocats de la Partie Civile auraient dû avoir la bonne idée de ne pas ironiser.

Et mon ami Philippe Antonetti a encore sévi.

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Ecole : le racisme

11UTCp31UTC03bSat, 21 Mar 2009 10:41:11 +0000UTC 9,2008

Je vous transmets un texte de mon correspondant Laurent Opsomer parce qu’il soulève des questions fondamentales. Les réactions sont les bienvenues.

Le racisme à l’école : un tabou, un déni… un échec ?

L’école n’est pas un sanctuaire coupé du reste de la société. Elle est, au contraire, au cœur de cette dernière, donc perméable à toutes ses influences, même les plus pernicieuses. Ainsi assiste-t-on ces dernières années à une libéralisation de la parole extrémiste, une banalisation même. Ce phénomène touche tous les publics (élèves, apprentis ou adultes en formation) et concerne tous les niveaux d’études, du CAP au BTS.

Plus qu’une idéologie, le racisme est une œuvre de déshumanisation, une négation de l’Homme, qui germe trop souvent dans le terreau familial. Là encore, toutes les classes sociales sont concernées et représentées : depuis les ouvriers et employés des banlieues populaires aux notables des quartiers huppés en passant par les campagnes où il n’y a pas d’immigrés… Aux ghettos urbains répondent, en effet, les ghettos ruraux, tout aussi cloisonnés et repliés sur eux-mêmes. Il est également possible d’incriminer le prisme déformant de la télévision, unique source d’informations pour une majorité de nos compatriotes. Or, comment réagissent-ils face à des images d’émeutiers encapuchonnées qui vomissent leur haine et saccagent délibérément leur environnement ? Cette poignée d’excités devant la caméra est-elle représentative des milliers d’habitants des cités dont ils pourrissent la vie ? Evidemment non mais cette violence à l’écran booste l’audimat et conforte les préjugés qui amènent le téléspectateur lambda à des commentaires extrêmes du genre « ils n’ont qu’à retourner dans leur pays ! », oubliant sciemment que la France est le pays de ces jeunes gens, même désœuvrés et désocialisés. Il y a donc cet autre que soi, celui à qui l’on dénie sa nationalité car on ne le connaît pas et parce qu’il est différent. En outre, il suffit d’une agression, simplement verbale, pour jeter l’anathème sur toute une communauté, redonner vie à des a priori et susciter une crainte plus ou moins diffuse. D’ailleurs, l’actualité médiatique nourrit abondamment le discours des déclinologues qui ressassent sans ambages que « La France n’est plus ce qu’elle était », que « La France est une poubelle ». Etranges allégations désormais dans la bouche de jeunes Français aux noms de famille aux accents étrangers. Comment peuvent-ils alors adhérer à l’inqualifiable ? Victimes hier, bourreaux aujourd’hui… La France a-t-elle donc à ce point failli ou est-ce là le signe d’une intégration réussie ? Il n’en demeure pas moins qu’usant de stéréotypes et autres arguties, ceux-ci réfutent la richesse de la diversité et appellent de leurs vœux une société d’ordre, une société uniforme et aseptisée. Niant que la France a toujours été une terre d’accueil, et ce depuis des temps immémoriaux, ils clament que notre pays a besoin d’être revivifié, régénéré, pour ne pas dire purifié…

Le racisme est un délit aux yeux de la loi. Pourtant, force est de constater la réaction atténuée, voire inexistante de l’institution face à une réalité minorée ou carrément ignorée ! Face à ce déni reste une évidence : les manifestations du racisme à l’école mettent aujourd’hui en question, au défi et en difficulté le travail d’enseignement et d’éducation à la citoyenneté. Or, l’épreuve des faits montre qu’il n’y a pas de réponse unique pour combattre cette hydre, ni solution miracle pour la terrasser. Néanmoins, le pire est de ne rien faire car cela revient à cautionner l’innommable (qui ne dit mot consent) et à considérer que l’école a échoué dans son rôle d’ouverture culturelle et de connaissance de l’altérité. Par conséquent, mieux vaut agir, même maladroitement, que rester inactif !

Pour lutter contre cette gangrène, les enseignants travaillent sur le thème du racisme en classe. Ils usent de leur arme première : le savoir, et, par la parole, tentent d’amener à la raison des esprits obtus, les informant sur le droit ou soulignant les contradictions de leurs convictions (instiller le doute est déjà une victoire). Mais il faut parfois reconnaître l’inanité de ces efforts lorsque les préjugés sont fortement enracinés ou s’ils sont l’expression d’une souffrance sociale et instrumentalisés à ce titre. Au quotidien, les enseignants sont aussi désarmés face à un racisme diffus, qui s’exprime, par exemple, par la tenue vestimentaire. Ainsi, que faire face à un élève aux sous-entendus douteux, à l’attitude équivoque mais assez malin pour ne pas franchir les limites posées par l’institution, mieux capable d’apporter à celle-ci ce qu’elle veut entendre ou lire ? Il y a, enfin, le renoncement ou l’impuissance de certains agents à juguler de telles manifestations par crainte de représailles, en l’absence de soutien de leur hiérarchie ou en raison d’accointances inavouées. Pis, ces fonctionnaires sont aujourd’hui confrontés à une contradiction majeure entre cette mission de citoyenneté confiée par la Nation et la pratique politique au sein de cette même Nation qui se traduit par la mise en place de politiques publiques en opposition avec leur mission ; la création du ministère de l’Immigration, de l’Intégration et de l’Identité nationale est une illustration de ce paradoxe schizophrène.

Mon clavier, 21 mars

27UTCp31UTC03bSat, 21 Mar 2009 08:46:27 +0000UTC 9,2008

§ le racisme à l’école, un témoignage

§ Colonna : on est au repos, ce matin. J’ai reçu le programme pour la semaine prochaine. Les plaidoiries de partie civile sont prévues mardi et mercredi, le réquisitoire, jeudi. Et puisque faute d’avocats de la Défense, pas de plaidoiries en défense, le délibéré pour le jugement vendredi.

§ A partir de ce matin, dans les locaux de l’Assemblée Nationale, début des Etats généraux de la Justice

Justice : sus aux projets du Président

55UTCp31UTC03bSun, 22 Mar 2009 09:45:55 +0000UTC 9,2008

On ne peut vraiment pas soutenir que cette assemblée de juristes, magistrats, avocats, travailleurs sociaux, et même un député UMP - Dominique Raimbourg -, réunie ce samedi à l’Assemblée nationale relevait du gauchisme militant. Tant s’en faut. De nombreuses têtes pensantes appartenaient même à un centrisme bon teint. Il y avait Robert Badinter, l’ancien Président du Conseil constitutionnel, mais aussi l’état-major au complet de l’Union Syndicale des magistrats, la Présidente de l’AFMI (Association français des magistrats instructeurs), Catherine GIUDICELLI, Vice-Présidente chargée de l’instruction au Tribunal de Grande Instance de Paris. etc.

Et pourtant les cloches ont sonné cet après-midi dans les sous-sol de l’Assemblée  lors du lancement des Etats généraux de la justice qui doivent se prolonger durant plusieurs mois. Le déclic déclencheur a été la proposition de Mon Président Nicolas Sarkozy de supprimer la fonction de Juge d’instruction.

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Au sein d’une vague de tollés, la position de Robert Badinter paraissait pour le moins modérée. Pour lui, cette suppression ne serait possible que si la loi assurait aux magistrats du parquet – les procureurs – une indépendance absolue vis-à-vis du pouvoir.

Ce qui ne serait guère le cas, soutient Christophe Regnard, le Président de l’Union Syndicale des magistrats, aux côtés de la président de l’AFMI. Leur propos est complété par la charge de l’avocat Lef Forster.

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Donc, si vous comprenez bien, il serait possible de supprimer le juge et la mission d’instruction à condition que l’Elysée et le gouvernement consentent à ne plus se mêler de la question.

Ce qui ne semble pas dans les intentions de Mon Président, bien au contraire. Il entend que les procureurs soient bien aux ordres, comme l’a rapplé assez brutalement Rachida Dati, il y a quelques jours.

Au cours de cette journée ont été installées cinq commissions chargées d’établir le bilan de la justice pénale en France : procédure pénale, centrée sur la question de l’action publique et  sur le Juge d’instruction, défini comme une procureur auquel on a donné le droit d’incarcérer, ou comme un contrepouvoir ; responsabilité pénale et maladie mentale ; détention et mesures de contrainte ; justice des mineurs ; modèles judiciaires européens.

J’ai été très frappé par le réquisitoire émouvant et vigoureux de Maître Françoise Cotta – avocate – contre l’utilisation de la maladie mentale, dénonçant une société qui tend à l’élimination totale de la maldie mentale, considérée comme un épouvantail de dangerosité ; protestant avec véhémence contre l’utilisation politicarde de la maladie mentale. Alors que lesmalades mentaux sont à presque tous les égards de grandes victimes, exploitées, volées, battues…

Mon Clavier, 22 mars

13UTCp31UTC03bSun, 22 Mar 2009 09:13:13 +0000UTC 9,2008

§ Ne croyez pas que j’ai tiré ma flemme hier, profitant du soleil pour aller vadrouiller sur les quais. Non, j’ai passé ma journée dans les sous-sol de l’Assemblée Nationale pour assister…

§ au lancement des Etats généraux de la Justice, qui vont se prolonger plusieurs mois. Lire ci-joint le billet illustré d’images sonores.

§ J’ai appris là qu’un colloque s’était tenu à Rennes sur le thème “comment sortir de la crise”.

§ Voir suite de ma chronique sur la “casse industrielle”.

§ On se rappelle que François Fillon a annoncé dans le tonnerre et l’orage qu’il n’était plus question d’un plan de relance. Exerce-t-il le moindre contrôle sur sa ministre de l’Economie quand Christine Lagarde évoque  une augmentation du nombre d’emplois aidés pour lutter contre le chômage des jeunes, ainsi qu’une aide accrue aux restructurations d’entreprises. Elle met néanmoins en garde contre le déficit.

§ Vous devez lire un long entretien donné par Christine Colonna dans France Soir, samedi 21 mars. « Solidaire » de son frère, elle estime qu’il est soumis, depuis dix ans, à « un traitement continuellement à charge. » Elle exprime la « très forte inquiétude des Corses, scandalisés » par « un procès désastreux. »

§ Ce qui n’a rien à voir : Dimitri Medvedev, Président de toutes les Russies, a recours à un tailleur installé en France pour regarnir ses placards. Information de source très sûre, évidemment.

La casse industrielle (suite et pas fin)

15UTCp31UTC03bSun, 22 Mar 2009 10:14:15 +0000UTC 9,2008

En cette fin de premier trimestre, les indicateurs traduisant le mouvement de casse industrielle deviennent de plus en plus inquiétants. Ainsi le constructeur et équipementier automobile Heuliez – qui produit en particulier des carrosseries et des voitures électriques -, confronté à des difficultés de financements depuis plus d’un an, risque une cessation de paiement en avril qui menacerait un millier d’emplois dans les Deux-Sèvres, s’est inquiété la CFDT du groupe.

Je me demande cependant parfois si certains industriels ne noircissent pas le tableau pour obtenir des subventions, en agiyant la menace de licenciements massifs..

Ainsi, un plan de refinancement du constructeur français basé à Cerizay (Deux-Sèvres), qui assemble le cabriolet Tigra du groupe Opel, est en cours de négociation. Il repose notamment sur un apport de 10 millions d’euros par l’Etat via le Fonds stratégique d’investissement (FSI) mis en place par le gouvernement pour soutenir des entreprises stratégiques confrontées à la crise.

Selon le site Boursier.com, d’après l’Inse, au quatrième trimestre 2008, l’emploi salarié du secteur concurrentiel se réduit de -106.800 postes (-0,6%), après -28.100 (-0,2%) au troisième trimestre. Dans les secteurs principalement marchands, les effectifs diminuent de -117.300 postes (-0,7 %) au quatrième trimestre, après -41.500 au trimestre précédent. L’emploi intérimaire accentue nettement son repli : -79.500 postes (-13,3%), après -21.800 (-3,5%) au troisième trimestre 2008. Hors intérim, l’emploi de l’ensemble des secteurs principalement marchands se réduit de -37.900 postes (-0,2%), après -19.700 (-0,1%) au trimestre précédent. Entre le 31 décembre 2007 et le 31 décembre 2008, l’emploi s’est réduit de -100.500 postes (-0,5%) dans l’ensemble des secteurs concurrentiels, après une augmentation de +330.000 en 2007 (+1,9%).

Justice, Colonna : les témoignages de la famille

06UTCp31UTC03bSun, 22 Mar 2009 11:30:06 +0000UTC 9,2008

Vous devez lire un long entretien donné par Christine Colonna dans France Soir, samedi 21 mars. « Solidaire » de son frère, elle estime qu’il est soumis, depuis dix ans, à « un traitement continuellement à charge. » Elle exprime la « très forte inquiétude des Corses, scandalisés » par « un procès désastreux”.

24-christine1

Incidemment, lors des Etats généraux de la Justice qui se sont déroulés hier samedi, on a évoqué avec sévérité le régime des Gardes-à-vue pour terrorisme en France – “une honte, au bout de quatre jours on vous fait dire n’importe quoi” et on a exprimé les plus grandes réserves quant aux témoignages obtenus par les policiers auprès de proches parents dans un procès tel que celui intenté à Yvan Colonna.

Monsieur Président Sarkozy en petite vadrouille

36UTCp31UTC03bTue, 31 Mar 2009 13:00:36 +0000UTC 9,2008

Version précisée le 31 mars.

La source de ce papier est l’excellent bulletin des retraités de la Gendarmerie, l’Essor

Un de mes amis qui aime bien fouiller dans les sites forums de la gendarmerie m’envoie ce récit. Qui me paraît assez authentique pour être rebalancé sur mon blog. Avec cette réserve que je n’ai pu en vérifier la source. Et j’ai modifié le titre, sinon c’est outrage à chef de l’Etat ! Le texte émane probablement d’un officier de gendarmerie. Bravo. Bonne lecture.

Déplacement Notre Président  SARKOZY 1er à Valence (Drôme)

Le mardi 03 mars à 11h00,  SARKOZY était chez nous, dans la Drôme. A l’heure des économies, à l’heure où il faut se serrer la ceinture, il aura encore “claqué” des millions d’euros pour sa propagande !!!
1265 gendarmes déployés !!! Oui, vous avez bien lu 1265 !
Nous montons la garde 24h/24 à l’aérodrome de Chabeuil et à la gare TGV. Son altesse ne voulant pas venir en Falcon république, il vient en Airbus (plus spacieux et nettement plus “digne” de son rang, du moins le pense-t-il).
Seulement, il n’y a pas de rampe pour le faire descendre de l’avion ; ce n’est pas grave, on en fait venir une, vite fait, par convoi exceptionnel depuis Lyon !!!
Ce soir, je prends le boulot à 19h30, jusqu’ à demain 15h30… C’est ma troisième nuit ! Pour ne pas être gêné, l’Empereur aura la voie rapide Valence/ Romans coupée dans les deux sens pendant 30 mn. 60 voitures d’usagers de la SNCF (sur son passage) seront mises à la fourrière. Si jamais il y avait un contretemps, ce ne serait pas grave : un hélico Puma est tenu à sa disposition ainsi qu’un hélico Gazelle en appui….
Il va donc aller faire le beau sur deux sites (Ecole de Chatuzange-le-Goubet et salle polyvalente d’Alixan) et pour se faire mousser, il a invité 3000 (TROIS MILLE) personnes à un petit vin d’honneur avant de remonter dans son avion à 14h00. Je vous laisse faire le calcul de la facture à l’adresse des contribuables que nous sommes…
Dire que la France est au bord de la faillite et lui, il nous met une balle dans la nuque!
En 26 ans, j’en ai fait des services de ce genre (sous Mitterand et sous Chirac) mais jamais je n’ai vu un tel déploiement et surtout un tel coût !
Pour info, c’est une évidence, mais il est bon de le dire… au moindre sifflet, au moindre tag, à la moindre banderole hostile,
le préfet saute ainsi que le Commandant de Groupement de gendarmerie….
Bonne nuit à tous. Je suis non seulement écœuré mais révolté que tant d’argent soit claqué et que mes voitures de service affichent 250.000 km au compteur…

Signé : Un vieux commandant militaire de la Gendarmerie, qui en a pourtant vu d’autres et c’est peu de le dire.

Mon Clavier, 23 mars, les affaires continuent

36UTCp31UTC03bMon, 23 Mar 2009 08:46:36 +0000UTC 9,2008

§ Mise en ligne ce matin sur rue89 du papier consacré aux Etats Généraux de la Justice que vous avez pu lire sur mon blog hier matin

§ Je poursuis la transcription informatique de mes notes d’audience, et je découvre presque à chaque page d’étonnantes choses. Il y a vraiment un gravissime problème à propos de ce procès Colonna. Question : et si c’était toujours ainsi ? Et si quand l’Etat veut se débarrasser de quelqu’un on n’organisait pas le débat judiciaire dans ce but ? Après Colonna, il y a Coupat. Et d’autres, tous ces pauvres types enfermés dans des prisons plutôt que d’être soignés comme malades mentaux… Et si la Justice n’était qu’un instrument pour organiser l’Ordre officiel ?

§ Me Christian Charrière-Bournazel, le bâtonnier de Paris, Président élu de l’Ordre des Avocats dans une tribune libre publiée par Libération, se solidarise avec les avocats qui ont décidé ne plus participer (avec leurs clients) aux récents procès du braqueur Antonio Ferrara (en novembre dernier) et du nationaliste corse Yvan Colonna (ce mois-ci). Le bâtonnier annonce  qu’il n’engagera aucun procédure de sanction contre les avocats qui ont refusé d’être commis d’office dans les deux procès.

§ Valérie Pécresse, la ministre des Universités a eu la peau de Roger Karoutchi pour mener la liste UMP lors des prochaines élections régionales, en  2010, avec 59,9 % des voix contre 40,1 % pour  Karoutchi. en ligne de mire désormais Jean-Paul Huchon le président (PS) de l’Ile-de-France.

§ 1500 auditeurs spectateurs pour écouter Martine Aubry, hier dimanche au Zenith. La question de la capacité de mobilisation du PS se pose. Et ce jusque sur son propre terrain, ici celui des libertés.

§ Mon Président Sarkozy n’a pas de chance. Il espérait voir Barack Obama en Normandie, le pdt américain a décliné l’invitation. Et Mon Président souhaitait serrer la pince du Grand Chinois  Hu Jintao , en marge de la réunion à Londres du G20 début avril. Il n’en est pas question a indiqué lundi 23 mars le vice-ministre des Affaires étrangères He Yafei. Mon Président doit être vraiment déçu, non ?

§ Odile N.A. obtient que les juges prononcent la rupture de son contrat de travail. C’est-à-dire que le tribunal reconnaisse un licenciement formel, que lui refusait son employeur, Louis Vuitton Services

§ Et surtout, n’oubliez pas : vous pouvez toujours lire mes deux romans en ligne, La Sérénade italienne et Nuits bleues. Si, en plus, vous pouviez me dire un peu ce que vous en pensez… Je vous promets même de tenir compte de vos observations. Ce seraient les premiers romans “contributifs”.

Justice, Colonna : le malaise des magistrats

45UTCp31UTC03bMon, 23 Mar 2009 09:40:45 +0000UTC 9,2008

Philippe Antonetti ne se contente pas de dessiner avec drôlerie, il suit le procès Colonna avec l’oeil de Candide. On se réfère trop souvent aux professionnels, en oubliant ceux qui ne sont pas censés avoir une opinion. Antonetti a une opinion : je vous la communique.

Quoiqu’on puise en dire, ce refus D’Yvan Colonna de continuer à assister à ce simulacre de procès, l’expression n’est pas de moi et n’est pas la plus sévère, a quand même des conséquences positives:
-Les parties civiles sont désarçonnées et se voient contraintes d’exposer leur argumentation à la télévision, Chabert sur France5, Lemaire sur Canal+. Argumentation pitoyable, d’ailleurs, style méthode Coué ou sortez vos mouchoirs, ou on s’aperçoit que les charges écrasantes dont Lemaire nous rabat les oreilles ne sont en fait que sa conviction.
-L’opinion publique s’interroge sur ce procès étrange, sans accusé et sans défense. Malgré une couverture médiatique très limitée, elle est non seulement maintenant prête à accepter un acquittement mais aurait de très forts soupçons en cas de condamnation. Les interventions claires et argumentées de Jean Michel Aphatie (RTL), entre autres, ne sont certainement pas étrangères à ce revirement. On peut interpréter l’article du Nouvel Obs de Chemin et Etchegoin ( du style:il n’y était peut-être pas ou alors si il y était, son rôle était très secondaire) comme une mise en phase d’une presse longtemps très accusatrice avec cette évolution de l’opinion.
-Mais, dans le cas de la justice anti-terroriste, l’opinion, donc le peuple n’a rien à dire. C’est l’Etat qui juge par l’intermédiaire de magistrats désignés. De gens dont on peut toujours penser, à tort ou à raison, qu’ils sont en service commandé. Et pourtant, plusieurs évènements peuvent laisser penser à un certain flottement dans les rangs de la magistrature:
-Les bourdes du Président  Wacogne et sa façon de mener le procès, jusqu’au refus critiquable et critiqué d’une reconstitution, signes évidents pour beaucoup d’une partialité affichée avec cynisme, sont peut-être l’expression du malaise grandissant d’un homme qui remplit sa mission à contre coeur. C’est maintenant Chabert qui le traite de lâche.
-La quasi absence des débats de l’avocat général Kross, sauf pour [mal traiter] M. Vinolas, contraint les parties civiles à remplir son rôle.
-Les dépositions des juges d’instruction devant une cour toute acquise sont étonnantes: si le juge Thiel déroule sans contradicteur le cheminement tortueux de l’enquête, rappelant au passage la profession de foi d’Yvan Colonna: « Je vous affirme que je ne fais pas partie du groupe des anonymes, que je n’ai pas tué le préfet Erignac. Je sais qu’il était votre ami, je vous le dis les yeux dans les yeux. » , la juge LeVert, co-rédactrice d’un acte d’accusation impliquant trois tueurs n’en retient que deux à la barre, faisant du coup disparaître Colonna!
-La confidence de Dominique Coujard , président de la cour qui a condamné Yvan Colonna en 2007  sur la durée du délibéré, estimé à plusieurs heures, en réalité une petite demi-heure pour 36 questions pose plusieurs questions: pourquoi cette confidence, pourquoi maintenant ? Le président Coujard n’étant ni un imbécile ni un débutant, ne faut-il pas y voir un élément de plus en faveur de l’expression d’un réel malaise des magistrats.
-Sur son site, le syndicat des avocats citoyens publie un article dont je vous livre la conclusion: “Dans une société démocratique, la règle est simple, un doute, un seul doute empêche le prononcé de la culpabilité avec comme conséquence un acquittement inévitable, car il vaut mieux un coupable en liberté qu’un innocent en prison.”
Dans cette affaire, nombre de personnes extérieures au dossier n’ont aucun doute sur le fait que Monsieur Yvan COLONNA n’aura pas bénéficié d’un procès équitable. Dans ces circonstances, une condamnation ne serait pas l’expression de la volonté du peuple français, mais pourrait être interprétée comme l’expression de la volonté d’un groupe de personne agissant pour leur propre compte.
En état, la procédure parait pour le moins inéquitable, le doute devant profiter à l’accusé, l’acquittement apparaît dès lors comme la seule solution possible. »

Nous arrivons au terme de ce procès cahotique, dans quelques jours la cour va délibérer. En l’absence totale d’éléments à charge et un nombre incroyable de points d’interrogation, un verdict d’acquittement ne scandaliserait personne, forcerait l’institution à se pencher sur le fonctionnement tant décrié de la justice anti terroriste, apaiserait les inquiétudes des citoyens après Outreau, renforcerait le poids des magistrats au moment d’un projet de réforme de la justice,  pourrait provoquer la réouverture de l’enquête, la famille Erignac ayant, comme tous les citoyens, droit à la vérité, Par contre, une condamnation sera forcément perçue comme l’exécution d’une mission confiée aux juges, dont certains, jeunes, ont sûrement une brillante carrière à poursuivre. La suspicion qu’ils aient pu, pour favoriser leur promotion, participer à une sorte de complot contre un innocent, les suivrait tout le long de leur carrière et leur attitude supposée pourrait leur être reprochée dans tous les actes de leur vie professionnelle. Autant changer de métier!

La Cour prendra sa décision vendredi. Le jeunes juges du jury penseront-ils à leur avenir ? Je les regard tout au long des audiences, et je dois convenir qu’ils ne laissent pas passer la moindre ombre de sentiment.

Justice, Etats Généraux : le désappointement de Françoise Rudetzki

51UTCp31UTC03bMon, 23 Mar 2009 09:59:51 +0000UTC 9,2008

“Après une journée de débats à l’occasion “des Etats généraux de la justice pénale” qui se sont déroulés le 21 mars 2009 et auxquels j’ai participé, j’exprime mon incompréhension et mon étonnement à la lecture de l’appel national des professionnels du droit et de la justice.

Françoise Rudetzki, la fondatrice de SOS attentats a suivi samedi avec la plus grande attention les Etats généraux de la Justice. Elle exprime son désappointement et elle trace quelques pistes

Les justiciables sont en droit de connaître la position de ces “sachants” sur le rôle et le statut du juge d’instruction ou de l’instruction, le statut du parquet, l’indépendance de l’autorité de l’enquête, la place des victimes dans la procédure pénale, au-delà de leur indemnisation, leur possibilité de déclencher l’ouverture d’une information judiciaire, de se constituer partie civile, leur protection en tant que témoins.

Une fois encore il est étonnant que le mot “victime” puisse être occulté et provoquer de telles réticences chez “les défenseurs des droits de l’Homme”.

“Victime”, j’écris ton nom”, dirais-je en paraphrasant Paul Eluard.

En préambule, je tiens à rappeler mon hostilité à la peine de mort en toutes circonstances et au plan universel, à toutes les zones de non-droit, au droit de grâce, aux immunités et à l’impunité.

Par ailleurs, je suis favorable à :

- la séparation des pouvoirs et contre l’interférence du pouvoir exécutif et législatif dans le judiciaire,

- l’application des décisions de justice et des mandats d’arrêt internationaux,

- l’individualisation de la peine et de la sanction, - la fixation du quantum de la peine par les magistrats,

- l’abolition des frontières judiciaires et la suppression de la notion d’asile politique au sein de l’Union européenne,

- l’élaboration d’un code pénal et d’un parquet européens,

- l’extension de la compétence de la Cour pénale internationale (CPI) aux crimes de terrorisme afin de supprimer l’immunité des dirigeants,

- au maintien du juge d’instruction dans le système pénal français, seule garantie actuelle de l’indépendance de la justice, en cosaisine et sous le contrôle du juge des libertés et de la détention.

Je suis attachée aux droits des mineurs, aux droits de tous les malades – y compris mentaux – et aussi aux droits des victimes de délits et de crimes.

Ces principes pourraient faire l’objet d’un consensus et d’une large mobilisation, ainsi l’avenir de la justice restera notre bien commun”.

Les citoyens attendent des magistrats et des professionnels du droit une justice plus transparente, plus impartiale, plus rapide et plus efficace à condition est d’en avoir les moyens humains et matériels.

Je suis convaincue que les démocraties, face aux risques de terrorisme de grande ampleur, ont pour seule arme, la justice, respectueuse des libertés publiques, des droits de la défense mais également des droits des victimes qui, sans être “au coeur ou au centre du procès”, ont toute leur place dans la procédure pénale.

Un de mes lecteurs expose sa vision sur mon blog

07UTCp31UTC03bMon, 23 Mar 2009 13:08:07 +0000UTC 9,2008
je me dis qu'il est difficile pour le "Blogueur" que tu es devenu (et c'est le cas de tous
les journalistes) de faire le tri entre ses convictions et l'objectivité
des propos qu'on rapporte.

L'objectivité n'existant pas, à mon avis, puisque nous sommes tous les
"victimes "de notre propre subjectivité, il n'est pas aisé pour un
journaliste "libre" (n'étant pas salarié d'un journal quelconque) de faire
passer son message sans une dose de sensationnel ou de raisonnement
orienté.
En outre dans le monde surmédiatisé que nous connaissons, avec le très
faible degré de compréhension des gens à qui s'adresse l'information de
masse, la vérification des sources et le débat "contradictoire" me
paraissent un art difficile mais un objectif déontologique minimum.

Je te fais ces remarques car je n'ai que très rarement lu des choses
sensées et surtout expliquant l'intégralité des problématiques sur des
sujets relatifs à ce que je connais le mieux (mon métier par exemple) et je
crois qu'on peut étendre ce fait à l'intégralité des choses écrites. La
majorité des articles (pour ne pas dire l'intégralité) est généralement
faite dans le but exclusif de générer des produits (l'audimat, le
tirage...etc) et, si cela n'est pas choquant de la part de TF1, France
télévisions ou Gala cela étonne un peu de la part de journaux plus
"sérieux"., mais ou va se nicher le sérieux ? On ne peut empêcher un
journaliste de s'impliquer émotionnellement dans ce qu'il relate,
heureusement peut-être. Je crois que les français resteront à tout jamais
nostalgiques de 1789, je croyais pourtant que les réducteurs de têtes
vivaient en amazonie.

L'homme ne vit qu'à travers le regard de ses pairs et l'ironie veut que
l'originalité de chacun de nous soit incompatible avec l'avis de son voisin
puisque par essence différent. La démocratie n'est qu'un vaste
"melting-pot" qui mélange la loi du plus grand nombre à la dictature de
l'image et du bulletin de vote. Je te rejoins en citant Paul Eluard pour
le "cri originel" de sa recherche de liberté. Souhaitons que cette quête ne
nous impose pas un jour de vivre en ermite, loin du chaos médiatique et des
avis autorisés (toi tu as MOP moi j'ai LPDSA "la pyramide du savoir
autorisé").

Vive la France, Vive la choucroute.

Livre : opération Snakebite, par Stephen Grey

31UTCp31UTC03bMon, 23 Mar 2009 16:05:31 +0000UTC 9,2008

Mon ami Stephen Grey, grand reporter de guerre britannique et analyste sévère de la politique militaire menée par son pays me signale la parution de son nouveau livre, Operation Snakebite, édité par Viking Penguin.Désolé de vous donner le texte en anglais, mais je préfère.

It’s a look at the war in Helmand, southern Afghanistan, starting with when I was with one company of British soldiers, as well as US special forces, during the assault to recapture the Taliban stronghold of Musa Qala.  I witnessed some shocking scenes – the mistaken killing of civilians including children, and then the death of a British soldier in a mine strike not far from where I was standing.

Operation Snakebite I decided to try and understand this war to my best extent by revisiting those events and follow the story that led to this battle back in time, dissecting a very modern scene of battle from the frontline back to the decisions and debates in the corridors of power that shaped those events.

The result I hope is not only a gripping story of the biggest British-led battle fought on Afghan soil since the days of the Empire, but an unvarnished revelation of why these men are fighting, the horrors they endure and their candid views on the conflict. I trace too the war within the war – the clash of passionate personalities, the shockingly poor state of intelligence, the tension and humour of British and Americans fighting alongside, frank debates on where this war is going and the lack of a strategy, details of the secret contacts with the enemy, and highly-controversial special force operations.

I hope then that, while focussing on just a few weeks in the history of this war, it will stand as a parable that reveals some inner sense of the conflict that many expect to last for a generation.

I’ve certainly been shocked by what I found. My jaw dropped at some of things they told me – and what emerges is the gulf between the reality of the war they described and that I recount,  and how it is portrayed in public.le livre sera publié le 2 avril. il a fallu un an de travail – et de risques – à Stephen pour venir à bout des deux cents entretiens menés dans cinq pays.

Il est  aussi le reporter for a Channel 4 Dispatches – Afghanistan: Mission Impossible? — to be broadcast on April 6th at at 8pm in the UK and based partly on reporting for the book.

En préachat, un rabais de 40% est appliqué sur le prix de vente du livre sur le site Amazon. UK, je présume.

Odile obtient des juges d’être licenciée par Louis Vuitton Services

36UTCp31UTC03bMon, 23 Mar 2009 16:41:36 +0000UTC 9,2008

D’habitude on craint et on rejette son licenciement. Ce n’était pas le cas de l’éviction de Mme Odile N.A. qui le 21 janvier dernier s’est pourvue devant le tribunal des Prud’hommes de Paris pour obtenir son licenciement que lui refusait son employeur Louis Vuitton Services, filiale de LVMH. J’ai raconté le 24 janvier cette affaire d’autant plus extravagante que l’employeur poursuivi a tenté de faire passer pour folle Mme N.A. afin de se dégager de ses obligations.
Le fond de l’affaire est vraiment singulier, puisque la plaignante reproche à son employeur… de ne pas l’avoir licenciée. Et de ce fait de la priver d’une foultitude de droits sociaux et financiers qui auraient découlé d’un licenciement en bonne et due forme.
Non seulement la société LVServices n’a pas licencié Mme Odile N.A., mais encore l’a placée en « congé sans solde » hors de toutes les procédures, lui délivrant chaque mois un bulletin de paie de 0,00 euros, évidemment sans aucun point de retraite. Elle prive ainsi sa salariée de très nombreux droits, au premier chef de son salaire mais encore la bloque complètement dans sa vie personnelle et professionnelle. La motivation de l’internement pour troubles mentaux lui interdit bien sûr la recherche de tout nouvel emploi. De façon assez contradictoire, l’employeur soutient que le contrat de travail est suspendu tant qu’aucune visite médicale n’aura permis à la société de constater la situation d’invalidité.
L’affaire s’est plaidée le 21 janvier. Elle a trouvé son épilogue aujourd’hui : Mme N.A. a obtenu la rupture de son contrat de travail et 72 000 euros de dommages et intérêts. C’est moins qu’elle ne souhaitait, bien sûr, mais beaucoup plus que n’était prêt à accorder Louis Vuitton Services.

Mon Clavier, 24 mars – Un coup de gueule

29UTCp31UTC03bTue, 24 Mar 2009 18:55:29 +0000UTC 9,2008

Mise à jour à 18 h 58, mardi.

§ Coup de gueule. Colonna : une justice à se lamenter.

§ Le duel des avocats dans le procès Colonna

§ Mon président Sarkozy va à St Quentin exposer sa politique économique pour sortir la France de la crise. Comme le souligne Le Figaro – de plus en plus insolent – la réunion dont Nicolas Sarkozy sera la vedette mardi soir au Palais des sports de Saint-Quentin, dans l’Aisne, et où quelque 3 500 participants sont attendus, n’est pas un meeting, mais une «réunion républicaine». Pour bien marquer la différence, Xavier Bertrand, qui accueillera le chef de l’État dans la ville dont il est adjoint au maire en charge de l’animation, ne prononcera pas de discours.

§ Deux députés UMP et PS proposent dans un rapport consécutif à la polémique sur le fichier policier Edvige, présenté mardi 24 mars à la commission des lois de l’Assemblée nationale, de “clarifier le cadre juridique” et “garantir l’exactitude” des fichiers de police et de gendarmerie.

§ Les autre patrons de la Société Générale affirment avoir renoncé au bénéfice de leurs “stock options”. Mais mon confrère blogueur Guy Birenbaum, dont je salue au passage sa vivacité de réaction, a dégotté un drôle de document diffusé par la Société Générale en question, où il apparaît que ses mandataires sociaux – les patrons précités – bénéficieront d’un pactole non moins important : 39,92 millions d’euros pour leurs retraites et autres avantages.

Justice, Colonna, le duel des avocats

52UTCp31UTC03bTue, 24 Mar 2009 11:57:52 +0000UTC 9,2008

Cinq à ma gauche, Six à ma droite.
Le procès intenté à Yvan Colonna pour assassinat devant la Cour d’Assises de Paris arrivera donc à son terme vendredi. Après une journée ou moins de délibéré, selon que le Président et et les huit jurés professionnels auront pris leur décision au préalable. Il faudra quand même un minimum de temps pour répondre aux questions posées par le Président.
Ainsi s’achèvera quasiment en queue de poisson un procès qui s’annonçait comme spectaculaire, et même exemplaire au plan de la pratique judiciaire. Avec, au cœur des débats, un combat sans merci entre les avocats des Parties civiles et de la Défense.
Pour le Président Didier Wacogne, les parties civiles siègent à ma droite. Ils sont six : Me Philippe Lemaire et Me Hanoteau conseillent la famille Erignac ; Me Benoît Chabert représente les intérêts de l’Etat en la personnalité morale de l’Agent judiciaire du Trésor ; Me Michel Bonnely parle au nom du Fonds de garantie des victimes d’actes de terrorisme, créé à l’initiative de Françoise Rudetzki ; tandis que les gendarmes victimes d’enlèvement et séquestration dans l’affaire de Pietrosella, Daniel Hiernaux et Didier Paniez sont respectivement représentés par Me Christian Frémaux et Me Caty Richard.
A ma gauche, devant la cage de verre où s’ennuyait Yvan Colonna, Maîtres Sollacaro, Gilles Simeoni, Patrick Maisonneuve, Pascal Garbarini et Philippe Dehapiot.
On ne peut pas imaginer équipes plus dissemblables aux plans des silhouettes physiques, des cultures, des méthodes de travail. L’affrontement violent était presque inévitable.
Les parties civiles ont fondé leur stratégie sur un postulat, qui semble intangible, et dans lequel les avocats n’ont pas intégré les débats : comme le soutient l’Accusation, c’est-à-dire  le Parquet, Colonna a été l’homme qui le 6 février 1998 a abattu d’une balle dans le tête le préfet Erignac. Que les uns et les autres ne disposassent d’aucune preuve tangible, matérielle, autres que des témoignages à géométrie variable ne les a guère inquiétés.
Il fallait que Colonna soit coupable, comme l’a toujours soutenu Mme Dominique Erignac. Maître Philippe Lemaire a constamment soutenu cette position, sans la moindre nuance, parfois avec mauvaise humeur. Comme s’il était contrarié qu’on pu mettre sa conviction en doute. Son ombre, Me Honoteau a relayé sans génie cette position intangible.
Il faut savoir que Me Lemaire entendait imposer sa seule stratégie aux autres avocats, dans le secret des coulisses, il y a eu plusieurs remontages de bretelles.
Notamment avec la très blonde Caty Richard, qui défendait les intérêts du gendarme Didier Paniez.
En effet, alors qu’elle aurait dû rester cantonnée dans l’affaire de Pietrosella, pour affirmer et faire valoir sa présence, Me Richard n’a jamais cessé de déborder sur les plates-bandes de ses confrères. Sans jamais non plus écouter ce qui se disait dans le prétoire. Elle n’entendait même pas ni le Président Wacogne, ni l’avocat général Kross. Elle taillait son chemin vers la gloire. Sous l’œil plutôt surpris de son confrère Christian Frémaux qui non sans prudence et sagacité, s’est pour sa part maintenu à la mission que lui avait confié la Direction de la Gendarmerie : représenter Hiernaux en tant que partie civile. Sans s’écarter d’un iota de cette mission.
Benoît Chabert est en soi un cas à part : ce géant – il mesure près de deux mètres – tonitruant n’a cessé de ferrailler tout au long du procès pour marteler sa conviction. Colonna est coupable. Allant jusqu’à soutenir des positions assez ridicules dans le genre :

«  Quand on veut tuer un homme, on n’a jamais une position naturelle, quand on est petit, on vise la nuque. Quand on veut tuer un homme et quand on est petit, on lève le bras. »

Le tout pour « démontrer » que le tueur était bien Colonna – qui ne mesure pas plus de 1 m 70 – alors que les experts estiment que l’assassin avait au moins 1 m 80.
Mais rendons grâce à Chabert : il parfaitement tenu un rôle qui n’était pas le sien, à savoir celui de procureur, alors que les deux représentants du Parquet ont été constamment absents du procès.
Mais le vrai problème des Parties Civiles a été de devoir affronter le … vide, l’absence. Puisqu’à la moitié du procès Colonna a considéré que sa présence n’était plus utile. On a assisté alors un festival d’invectives, lâcheté, manque de courage, censées provoquer le sens de l’honneur du Corse et son retour à l’audience.
Peine perdue. Le flot d’accusations était à la fois inutile et absurde. D’où une fureur encore plus intense des avocats : ils devaient donner de formidables coups d’épée dans le vide. Ils n’avaient même pas de moulins à combattre. Ils n’avaient en face d’eux qu’une cage de verre déserte. Quelle frustration !

En face, les avocats de la Défense sont apparus comme un groupe très organisé, avec des rôles bien répartis, idéologiquement cohérent. Petit bouledogue en colère permanente, Antoine Sollacaro tenait le rôle de l’Imprécateur . Grand, mince et séducteur, Gilles Simeoni était de figure morale du « Peuple corse » tout en manifestant une parfaite connaissance du dossier. Capable de colères froides, au besoin, avec une voix montant dans le registre de la puissance, de l’orage. Coutumier des dossiers corses, mais plus posé, Me Patrick Maisonneuve n’a cessé de ramener le calme dans la petite troupe, non sans poser de bonnes questions perfides. Garbarini est le correspondant de l’équipe à Paris, il était forcément plus effacé. Quant à Dehapiot, il était préposé au contrôle de la procédure.
Une belle équipe, donc. Mais, au fur et à mesure des jours, au fur et à mesure des semaines, on les a vus baisser de ton. Comme s’ils se rendaient compte que leurs efforts étaient inutiles. Que leurs plaidoiries étaient sans objet. Comme s’ils avaient le sentiment de se heurter à un mur, à une position préétablie et intangible.
Cette impression d’impuissance a été particulièrement frappante quand ils ont réclamé une reconstitution sur place, et, au-delà, une reprise de l’instruction pour combler les lacunes d’un dossier qu’ils considéraient comme bâclé, mal ficelé, entièrement fondé sur des enquêtes policières et sur des instructions menées à charge.

Les avocats de Colonna ont été accusés d’avoir conseillé à leur client ce que les parties civiles qualifient de « désertion », et de lui avoir emboîté le pas en se retirant, en refusant leur désignation d’office. Un choix d’ailleurs avalisé par Me Charrière-Bournazel, bâtonnier de Paris.
L’accusation tombe à côté. Colonna n’a plus besoin de conseil, depuis longtemps. Il est arrivé à ce procès convaincu qu’il était condamné d’avance. Les avocats ont développé une stratégie et de rupture, et d’organisation d’un dossier en vue et de la Cassation et d’un recours devant la Cour européenne.
Ils n’avaient guère d’autre espace à occuper.

On me suspecte d’avoir plus de sympathie pour la Défense que pour l’accusation. Je maintiens que c’est une vue erronée. Je raconte ce que j’ai vu et entendu. J’ai vu que l’équipe de la Défense était plus soudée que celle de l’accusation. Et que les deux groupes n’ont cessé de s’affronter. J’ai vu et entendu aussi que les accusations contre Colonna sont pour le moins peu sûres, mal fondées, aléatoires. Pourquoi me faudrait-il taire ce que je pense au nom d’une certaine forme de « politiquement correct » ?

Justice, Colonna : une justice à se lamenter

13UTCp31UTC03bTue, 24 Mar 2009 18:53:13 +0000UTC 9,2008

Heureusement, aucun journaliste étranger n’est là pour voir ce spectacle lamentable : la dernière journée de “débats” au procès Colonna qui tire péniblement à sa fin à la Cour d’Assises. Et il ne restait que deux journalistes français. Merci, merci aux déserteurs du banc de presse.

Pourquoi ? Pour voir et entendre le Président Didier Wacogne lire les dépositions des hommes et des femmes qui ont refusé de témoigner. Pour respecter la procédure, pour remplacer leurs dépositions, le Président a lu des heures durant les procès-verbaux rédigés par les policiers pour rendre compte de leurs faits, de leurs gestes, de leurs opinions. Au besoin pour se défendre contre telle ou telle accusation.

Si le Président était un acteur prodigieux, la scène serait un peu ridicule, mais admissible.

La, avec la voix bafouillante et monotone du Président, de plusen plus  fatiguée au fil des heures qui passent, le ridicule a tourné à l’épouvantable caricature d’une justice sans accusé, sans défense. Même les parties civiles n’osaient plus se mêler de cette pitrerie, une pitrerie en forme de mascarade.

Si vous l’avez compris, je ne suis pas prompt à me mettre en colère.

Mais là, trop, c’est trop. La caricature de très mauvaise justice à laquelle j’ai pu assister cet après-midi est inadmissible. Je suis horrifié. Et je ne comprends pas que les derniers acteurs judiciaires encore présents dans le prétoire ne se soient pas levés en criant : “Non, trop c’est trop”.

Je précise que ce propos ne reflète en rien mon opinion quant à la culpabilité, quant à l’innocence d’Yvan Colonna. Je n’en sais toujours rien. Mais, en mon âme et conscience, puisqu’il s’agit bien de ça, je dis, j’écris que cette image de Notre Justice, puisque c’est aussi la mienne, est triste, épouvantable.

Mon clavier, 25 mars

14UTCp31UTC03bWed, 25 Mar 2009 08:12:14 +0000UTC 9,2008

§ Procès Colonna : le jour des réqusitoires des parties civiles

§ Je persiste dans mon coup de gueule d’hier contre la Cour d’Assises.

§ Mon Président a dit : moi je, à St Quentin. Moi j’ai raison, et j’ai tout Juste, je ne parle pas aux manifestants mais à la majorité silencieuse. Le discours présidentiel n’est pas bien reçu par la presse.

§ casse industrielle : Sony dans les Pyrénées Atlantiques ; 3M à Pithiviers : 118 emplois supprimés ; Valeo ; American Express : 450 emplois supprimés. Et, toujours pendant, le cas du carrossier automobile  Heulliez.

§ reu89 attaqué par FR3: on ne transige pas sur la règle “c’est off”, c’est-à-dire qu’on n’écrit pas ce qu’on vous a demandé de ne pas écrire. Pierre Hski convoqué par la police… le 1er avril.

§ Demain, vendredi, dans le cadre de la Semaine de la Presse je suis invité par le lycée Geoffroy-Saint-Hilaire à Etampes à raconter à plusieurs dizaines d’élèves de Première et de Terminale comment ça se passe dans les coulisses de la presse, comment on y entre, comment on y reste – éventuellement -, comment on en sort avec pertes et fracas, le plus souvent.

Le réquisitoire de Me Lemaire en colère

12UTCp31UTC03bThu, 26 Mar 2009 07:18:12 +0000UTC 9,2008

Au procès Colonna, à la Cour d’Assises de Paris, c’était hier le jour des parties civiles : les avocats se sont succédés pour multiplier les attaques tous azimuths contre Yvan Colonna, coupable d’être absent

getattachment4 dessin de Pierre Antonetti.

Il était avec moi ce mercredi après-midi au Palais, à la Cour d’Assises chargée de juger Yvan Colonna.

Nous avons entendu Maître Lemaire vilipender Yvan Colonna, coupable de ne pas assister à son procès. Pour l’avocat de la famille Erignac, aucun doute n’est possible : Colonna est l’assassin.

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Attention : il y avait une erreur de date (bien invoontaire !) pour les gardes-à-vue de mai. Il faut bien lire 1199, et non 1998 comme je l’ai d’abord indiqué.

L’avocat appuie sa conviction sur une pièce à ses yeux fondamentales : les aveux passés par Pierre Alessandri, lors de sa garde à vue de mai 1999, PV de la 13° audition, 23 mai 1998, 6 h 20 du matin où Alessandri dénonce Colonna comme étant le tireur chargé d’abattre le préfet Erignac. Et nous avons bien entendu l’ultime aveu de Maître Philippe Lemaire :

“Je n’aurais jamais dû demander la disjonction du cas Colonna du procès des assassins du Préfet Erignac. Malheureusement mon avis a été suivi. Le procès dure toujours alors qu’il devrait être terminé depuis longtemps.

Plus tôt dans la journée, évoquant l’absence de preuves matérielles permettant de mettre en cause Colonna, Me Benoit Chabert a lancé :

“Je m’interroge sur la pertinence de cette réflexion. C’est un raisonnement pervers de retenir l’absence de preuves matérielles comme élément à décharge”.

Ah bon .

En l’état, compte tenu de l’état de la procédure pénale fondée sur le processus inquisitorial de l’aveur et du témoignage, hors de toute preuve matérielle, la perspective d’une nouvelle condamnation d’Yvan Colonna paraît difficile à écarter. Sans preuve matérielle donc, la Cour risque de prononcer “en son âme et conscience” la condamnation du petit Corse. Tout le monde en était convaincu d’avance, les débats n’ont pas fait bouger les choses d’une ligne.

Sur quoi, étroitement encadrée par les gendarmes, Dominique Erignac a quitté le Palais.

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Mon clavier, 26 mars

54UTCp31UTC03bThu, 26 Mar 2009 19:55:54 +0000UTC 9,2008

Mise à jour à 20 h

§ Allez regarder Maître Philippe Lemaire plaider devant une cage de verre vide. Et, dans la foulée, voyez le film de la journée, en images bien sûr après le réquisitoire : perpet et 22 ans de sûreté.

§ Avec le dossier dit des Neuf de Tarnac, ou du “sabotage anti-Sncf” une nouvelle affaire Colonna se profile.

§ Casse de l’emploi : 79 500 chômeurs de plus en février. Et toujours des bonus en or pour les administrateurs de sociétéz. Mon Président Sarkozy répugne à intervenir, une fois n’est pas coutume, il hésite sur la méthode.

Justice : Coupat après Colonna

26UTCp31UTC03bThu, 26 Mar 2009 08:01:26 +0000UTC 9,2008

L’affaire Colonna n’a pas encore trouvé son épilogue qu’un nouveau dossier judiciaire bidon s’installe dans le paysage judiciaire : l’affaire des Neuf de Tarnac.

Neuf personnes impliquées, une seule encore incacrérée – détention provisoire – depuis le 11 novembre 2008 : Julien Coupat. Mais malgré tous les efforts des  RG en leur temps, de la DCRI et de la DNAT, des tonnes de dossiers, éoutes, filatures, perquisitions, suspicions, et ni preuve ni aveu. Une seule dénonciation, anonyme et douteuse. Au coeur de l’enquête judiciaire, on retrouve une de connaissances du dossier Colonna, le Commissaire Frédéric Veaux, aujourd’hui patron de la SDAT (Sous direction anti terroriste), hier patron chef du SRPJ d’Ajaccio, puis de la DNAT.

Les défenseurs sont également de vieilles connaissances : Me Irène Terrel, William Bourdon, Dominique Vallès et Philippe Lescène. Conférence de presse attendue le 2 avril à la Ligue des Droits de l’Homme.

Il faut s’attendre à un nouveau festival de la Défense de rupture.

Justice, Colonna, 1338 : le jour des réquisitoires

51UTCp31UTC03bThu, 26 Mar 2009 19:54:51 +0000UTC 9,2008

Ultime jour de débats au procès Colonna, avec le jour des réquisitoires. L’avocat général Jean-Claude Kross a requis contre Yvan Colonna la réclusion criminelle a perpétuité, assortie d’un peine de Sûreté incompressible de 22 ans.

Parties civiles, Me Philippe Lemaire et Benoît Chabert amorcent un bilan de ces deux mois de chien à la Cour d’Assises.

La semaine prochaine commencera le procès Fofana. Dans la même salle solennelle, avec le même decorum, et probablement avec les mêmes tensions entre le tribunal et la Défense, me dit-on.

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Images : Ph.Madelin

Je ne vous donnerai mon opinion, raisonnée qu’après le verdict qui devrait être rendu public demain dans la journée.

J’oubliais : les débats étaient loin d’être terminés, aujourd’hui, quand j’ai pu voir Mme Dominique Erignac au restaurant voisin du Palais, avec ses deux enfants et un ami. Elle avait l’air fraiche, souriante, pas victime pour deux sous.

Mon clavier, 27 mars

05UTCp31UTC03bFri, 27 Mar 2009 07:38:05 +0000UTC 9,2008

§  Suivre aujourd’hui : le verdict dans l’affaire Colonna. Lire en particulier dans le billet 1338 la réaction de Christine Colonna. Verdict : perpet et 22 ans de sûreté. On en vient à penser que Mon Président Sarkozy a eu raison de pavoiser en son temps, quand Colonna a été arrêté, en juillet 2003.

§ 3 M à Pithiviers : sortie de crise

§ Toujours dans le Loiret, mais sur un autre registre : Les policiers ont découvert jeudi 57 kilos d’héroïne, 20 kilos de cocaïne et près de deux kilos de résine de cannabis à Orléans (Loiret), a-t-on appris de source policière. Cette drogue représente une valeur marchande d’un million d’euros. Orléans, ma ville natale, la ville la plus molle de France, devenue capitale de la drogue ? Je n’arrive pas à le croire.

§ Encore dans le Loiret, décidemment : André Fort, évêque d’Orléans affirme que le sida passe à travers le préservatif. France Info diffuse vendredi 27 mars une interview dans laquelle l’évêque compare le préservatif aux cigarettes pour mettre en doute leur fiabilité, il faut écrire sur la boite “attention danger”. Quand mon frère Mgr Jean Madelin, qui était prélat du pape, chanoine et tout, en bref un hiérarque important du diocèse d’Orléans, sous la houlette directe de ce Monsieur Fort, celui-ci a oublié de rendre visite à  mon frère quand il était malade. Et lors des obsèques il a refusé de me saluer. Un personnage sympathique, comme on voit…

Justice, Colonna 1338 – Un réquisitoire verdict sans appel

14UTCp31UTC03bFri, 27 Mar 2009 10:43:14 +0000UTC 9,2008

Dans le procès en Assises contre le Corse Yvan Colonna qui dure depuis le 9 février à Paris, le verdict doit intervenir en fin d’après-midi ou en début de soirée.
Hier jeudi, les réquisitoires des avocats généraux n’ont guère laissé de doute quant à l’issue du procès. Les deux magistrats se sont contentés de paraphraser à n’en plus finir les 170 pages de l’acte d’accusation, accumulant les charges parfois fantaisistes contre le prévenu, imputant aux mensonges tout témoignage à décharge ; multipliant les attaques – pour ne pas dire les invectives voire les insultes – contre Colonna et ses avocats, absents,  auxquels ils reprochent d’avoir déserté les débats, une désertion qu’ils tiennent pour une forme de preuve. Exigeant surtout que, contrairement à tous les principes fondamentaux du droit, Colonna démontre qu’il est innocent, alors que ce devrait être à l’accusation d’établir sans laisser de doute la culpabilité personnelle de Colonna.
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Comment Pierre Antonetti voit le procureur général Kross

En réécoutant tout ça dans le détail au cours de cette journée de jeudi, il m’est apparu que le dossier d’accusation contre Colonna est pour le moins maigre. Il repose depuis toujours sur les aveux de ses anciens amis, des aveux passés en garde-à-vue après des dizaines d’heures d’interrogatoires. Comme l’a relevé Me Philippe Lemaire, la pièce essentielle reste le récit donné par Pierre Alessandri, le 23 mai 1999 à 6 h 10 du matin, succédant à un récit de Didier Maranelli, où le nom de Colonna a soudain surgi comme d’une boite de Pandore.
Sinon, jamais Colonna n’apparaît au premier plan, on ne le voit pas agir, on ignore son rôle. Nonobstant ce qu’affirme le procureur Kross, la question de la taille de l’assassin n’est pas réglée ; et une nouvelle demande de reconstitution, rejetée, n’a pas permis d’éclaircir ce point : 1 m 70 ou 1 m 80 ? 1 m 70, soutient sans argument l’accusation. 1 m 80, répond le médecin légiste, témpoignant comme expert sous la foi du serment, le Dr Marcaggi.  Et je me demande par quel raisonnement étrange on peut traiter de pervers ceux qui soulèvent l’absence totale de preuves matérielles.
Après les réquisitoires des avocats généraux, Jean-claude Kross et Christophe Tessier, Christine Colonna, la sœur d’Yvan Colonna, réagit avec force, reprenant en quelques paragraphes la thèse de la Défense.

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Christine Colonna (cliché PhM)

« On s’attend au verdict le plus lourd. Si on devait faire le bilan, c’est une condamnation sans preuves, alors que nous sommes en présence de nombreux éléments qui l’innocentent et qui ont été ou révélés ou confortés au cours des débats, après un procès où nous avons constaté les comportements les plus misérables et des procédés à la limite de la légalité.
•    Une condamnation sans preuve, en présence de nombreux éléments qui l’innocentent
•    Une condamnation qui intervient après un procès controversé qui a mis en lumière des comportements misérables et des procédés illégaux
•    Une peine de perpétuité requise et motivée devant un box vide sans l’accusé ni ses avocats, dans une sorte de huis clos judiciaire dans lequel parties civiles, accusation et magistrats spéciaux sont liés par un pacte : condamner Yvan Colonna
•    Des avocats de parties civiles qui parlent de lâcheté, à qui le courage vient quand Yvan Colonna leur tourne le dos
•    La vraie lâcheté c’est de mener un combat gagné d’avance en prétendant qu’il est à armes égales
•    De procès devait être un long fleuve tranquille, c’est devenu un fiasco judiciaire, à mettre au passif de Nicolas Sarkozy ce sera « son » erreur judiciaire, celle de son quinquennat…il s’était servi de l’arrestation de mon frère pour sa campagne présidentielle, il va devenir un cauchemar judiciaire pour tous ceux qui de près ou de loin auront été complices ou instigateurs de cette horreur judiciaire…
•    On peut dire que les témoins oculaires se trompent, ou qu’ils sont corses, on peut dire que le balisticien se trompe, de même que le médecin légiste, que la téléphonie et les écoutes judiciaires n’ont pas d’importance, de même que les filatures sur Yvan Colonna …on peut faire aussi comme si tout le monde mentait y compris les indices matériels….on peut tout dire sauf qu’il est innocent et essayer de le prouver ; c’est un sacrilège pour l’Etat qui doit protéger l’institution anti terroriste  envers et contre tout, c’est un sacrilège pour la veuve du préfet qui n’acceptera pas de laisser filer son coupable. »

Après neuf semaines de débats souvent houleux, toujours chaotiques, on en reste toujours au même point : deux positions farouchement opposées s’affrontent dans un climat de tempête peu propice à une bonne administration de la justice. En n’oubliant jamais que le doute doit toujours bénéficier à l’accusé et qu’il est préférable de voir un criminel en liberté qu’un innoncent en prison.

Mon clavier, 28 mars

03UTCp31UTC03bSat, 28 Mar 2009 09:11:03 +0000UTC 9,2008

§ J’ai passé ce matin le cap des 20 000 visites uniques depuis le lancement de ce blog. Ce n’est pas gigantesque, mais déjà à considérer. Je présume qu’avec la fin du procès Colonna une partie de mes visiteurs va “déserter”. Je leur conseille quand même de continuer, car il n’y a pas que Colonna dans le monde.

Je vous reparlerai ultérieurement,

- des skis Rossignol, 275 suppression d’emplios ;

- de l’Université, dont je n’ai guère parlé depuis quelques jours. Ce matin, évacuation en force du campus de Strasbourg, sous un prétexte peu crédible : assurer la sécurité du sommet de l’OTAN.

- Et, enfin, de façon inévitable des suites du procès Colonna. La conférence de presse qui a suivi le prononcé du verdict. Et une information exclusive…

- Et des élèves du lycée Geoffroy Saint Hilaire à Etampes qui m’ont reçu hier avec chaleur.

- Eventuellement d’une conversation entre une jeune femme française de confession musulmane et d’un de ses collègues de bureau à propos du film Coco

§ L’Evêque d’Orléans n’est pas Fort sur ses sources…Mgr André Fort avait laissé entendre, vendredi 27 mars, sur France Info, que le latex des préservatifs n’était pas efficace pour lutter contre la transmission du sida. Il est revenu sur ces propos, dans la journée, admettant, dans un communiqué, “avoir commis l’erreur de parler de questions posées dans des études antérieures sur la perméabilité du préservatif”. Il a pris acte “des déclarations des spécialistes qui attribuent ces échecs à d’autres causes”. Avant de causer, on réfléchit.

Justice, Colonna 1338, le verdict était au rendez-vous

14UTCp31UTC03bSat, 28 Mar 2009 12:31:14 +0000UTC 9,2008

Je peux vous révéler que je connaissais le verdict dans le procès Colonna depuis le 6 janvier. Ce jour-là, le procureur Kross m’a annoncé :

“En mon intime conviction, je pense qu’Yvan Colonna est coupable”.

Il a répété ce jugement lors de son réquisitoire, en son âme et conscience. Autrement dit, Colonna a été jugé bien avant les débats. A l’époque, j’étais sceptique, il a bien fallu se rendre à l’évidence, le Parquet a imposé sa volonté à la Cour.

Vendredi, durant près de dix heures une petite foule maintenue à distance par de nombreux gendarmes a attendu ce verdict inéluctable.

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Le procès terminé à la Cour d’Assises s’est poursuivi de l’autre côté de la rue, à la Maison des Avocats, lors d’une conférence de presse houleuse tenue par les avocats de Colonnap1030833

Maître Sollacaro lit le communiqué de la Défense, Maître Patrick Maisonneuve place d’emblée cette affaire sur le plan des droits de l’homme. Me Gilles Simeoni estime que tout commence maintenant.

Attention, le son de l’interview donné par Gilles Simeoni est très médiocre

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Au pied des marches montant vers le Palais de Justice, les télévisions mettent un point final à cet épisode.

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Maintenant commence pour les avocats la bataille de l’opinion publique. Une bataille sans doute aussi difficile à gagner que le combat judiciaire.

Comme témoin de ce procès que je tiens pour le moins peu défendable devant l’opinion, je vous communiquerai ultérieurement mes réflexions.

Les nationalistes corses appellent à une manifestation en faveur du berger de Cargèse ce samedi à 15h00 à Ajaccio. Pascal Garbarini, l’un des avocats de Colonna, lance :

“Il ne faut pas réduire cette manifestation au milieu nationaliste (…) Bien évidemment, nous la soutenons, elle touche l’opinion publique en général”.

Un journaliste au Lycée

56UTCp31UTC03bSat, 28 Mar 2009 19:38:56 +0000UTC 9,2008

Dans le cadre de la Semaine de la Presse, les élèves de Première et terminale du lycée Geoffroy Saint Hilaire à Etampes m’ont reçu hier avec chaleur. Le proviseur, M. Michalak leur avait promis un professionnel sans langue de bois. Mes lecteurs savent que je suis assez libre dr propos.

Il étaient plus de cent dans l’amphi. Autant de garçons que de filles. tous bien modernes, mais aussi bien sages, attentifs. On a tort de dire du mal des jeunes : ils sont sympathiques et ouverts.

Tous les aspects du métier sont passés à la moulinette des questions. Et quand on est une femme, a-t-on autant de chance ? Et comment gère-t-on sa vie de famille et sa vie de journaliste ? Et comment entre-t-on dans le métier ?

En bref les questions pratiques habituelles. Qui me permettent toujours de dissuader ceux qui rêvent d’être journaliste… de rêve, genre PPDA, pour leur rappeler que c’est un métier de “soutier de l’information”, mal payé. Ceux qui me connaissent n’ignorent pas que je suis maintenant un modeste retraité faute d’avoir gagné beaucoup de pognon dans ma vie.

Pour ces jeunes, l’essentiel était ailleurs : liberté de la presse ? Liberté par rapport aux actionnaires des journaux ? Liberté par rapport aux hommes politiques ? quelle est la place des manipulations et des journalistes et des journaux ?

Ces questions politiques tournant autour de la crédibilité des journaux et des journalistes étaient la principale préoccupation de ces jeunes. Beau signe de maturité. Et au terme de la discussion, cinq ou six d’entre eux m’ont encore dit qu’ils avaient toujours envie d’entrer dans la carrière. Bonne route.

Mon clavier, 29 mars

10UTCp31UTC03bSun, 29 Mar 2009 13:15:10 +0000UTC 9,2008

§ Il est 14 h 13, et je n’ai pas commencé à travailler. Ce matin, j’ai été dans une brocante acheter quelques éléments pour l’une de mes collections. C’est ma très grande distraction les collections, quand je ne me coltine pas avec les Juges ou autres flics.

Justice, dossier 1338, Colonna : un gigantesque cafouillage

56UTCp31UTC03bSun, 29 Mar 2009 14:34:56 +0000UTC 9,2008

Un gigantesque cafouillage judiciaire dans une formidable tragédie antique
Tel apparaît avec le premier recul le procès intenté à Colonna.
Il est presque dommage qu’Yvan Colonna soit corse. Sinon son procès aurait beaucoup pris plus tôt les dimensions d’un incommensurable scandale d’Etat.
Comme il est corse, « c’est spécial » me confie un avocat. De gauche et dont je peux révéler qu’il est sûrement franc-maçon. Donc il suffit d’être corse pour ne pas exister au regard de la Justice, des Magistrats, des observateurs.
Cette attitude est particulièrement regrettable car ainsi nous passons à côté d’un des plus invraisemblables procès organisés en France. A situer pas très loin du procès des médecins juifs sous Staline, en Union soviétique. Ils étaient coupables parce que juifs. Colonna est coupable parce que corse, le reste est quasiment dénué d’intérêt. Et il faut être un peu fou pour prétendre ériger ce procès, ces procès en vérité, au rang d’exemple presque unique d’un dysfonctionnement majeur.
La scène d’ouverture ne peut être que classique : « Faites entrer l’accusé ». un petit mec trapu, athlétique, le visage légèrement couperosé, un regard sombre, neutre. Parfaitement impassible pendant des semaines. Les yeux bruns fixés sur la cour, évitant son vis-à-vis, Mme Dominique Erignac, convaincue de sa culpabilité.
Ça nous renvoie au soir du 6 février 1998. Ce que l’on sait  du meurtre grâce aux témoins cités. Et là, déjà, on dérape : les seuls élément matériel sont le cadavre du  préfet et le pistolet Beretta abandonné sur place. Sans aucune trace. Et des témoignages qui divergent, des pistes d’enquête abandonnées, parce que l’équipe chargée des investigations n’a jamais manifesté la moindre rigueur, au contraire, s’est égarée dans des hypothèses.
Un procès souvent confus, loin d’être exemplaire, mais qui est un cas d’école, tournant capital dans la pratique du droit criminel en France. Formidable affrontement entre des thèses radicalement opposés, fondées sur des logiques judiciaires incompatibles.
En science criminelle, il faut toujours revenir sur la scène du crime. Laquelle, à ma connaissance a été parfaitement mal explorée selon les canons actuels de la police scientifique et technique. Une scène de crime qui n’a pas parlé, ce qui est rarissime.
L’histoire est celle d’un villageois égaré dans une histoire qu’il comprend bien, mais qui ne manifestement ne le concerne pas. Terrorisme ou grand banditisme ? On n’est même pas capable de le déterminer.
L’enjeu fondamental : Colonna est-il coupable, ou non ?
Enjeu secondaire : le Président Sarkozy a-t-il été bien inspiré en le « condamnant d’avance ». Les questions capitales de la présomption d’innocence et du rôle de la preuve dans le droit criminel français.
Les premières Assises n’ont pas apporté de réponse décisive autre que les dénonciations sur lesquelles leurs auteurs sont revenus.
La Défense n’avait pas été très bonne, très courte vue, beaucoup trop « politique », pas assez judiciaire. La Défense a été plus active lors du second procès. Mais pas toujours bien inspirée, et même parfois battue en brèche par l’Accusation.
Reste le problème central, qui a servi de pivot à l’Accusation : quel sens à donner à la « fuite » de Colonna ? Faut-il même parler de « fuite », un concept directement puisé dans le jargon policier ?
Et peut-on encore admettre que l’intime conviction sans preuve puisse être le socle d’une condamnation à vie ?
J’y reviendrai.

François Hollande se permet d’être mécontent. Selon l’AFP, l’ancien numéro un du PS, François Hollande, a jugé dimanche sur le Forum Radio J “moralement inacceptable et politiquement intenable” une comparaison entre l’affaire Dreyfus et le procès d’Yvan Colonna, comme l’ont fait les défenseurs du berger corse.

“Cette comparaison me choque. Dreyfus a été condamné par une parodie de justice, un déni de justice”, il a été victime d’un “complot contre la vérité”.

Quelle est  la légitimité de ce Monsieur soi disant socialiste pour porter un tel jugement ? L’ancien patron du PS s’aligne sur Mon Excellent Président Sarkozy, lui qui avait jugé Colonna coupable dès 2003, sans plus de preuves que la Cour d’Assises vendredi.

Mon clavier, 30 mars

21UTCp31UTC03bMon, 30 Mar 2009 08:25:21 +0000UTC 9,2008

§ A partir de ce soir, revenant au procès Colonna, je met en ligne sur mon blog une série de billets rassemblant les commentaires des riverains de rue89 et de mon blog, complétés par certaines de mes réponses. La matière étant abondante, je serai obligé de découper le dossier en “chapitres” pour faciliter la lecture.

- Billet 1 : les preuves

- Billet 2 : appréciations quant au jugement

Je poursuivrai ce travail demain.

Il ne s’agit pas de surévaluer ce procès, et encore moins de porter un jugement péremptoire dont je suis bien incapable. Mais il y a lieu de constater que ce procès, plus encore que ses prédécesseurs, pose de telles questions aux plans de la pratique judiciaire et de la démocratie qu’on ne peut en rester là.

§ Les ministres de l’Immigration Eric Besson et de l’Education Xavier Darcos ont renoncé, lundi 30 mars, à inaugurer la médiathèque de la Cité nationale de l’Histoire de l’Immigration à Paris (XIIe), en raison de manifestations hostiles.
Des étudiants et des intermittents du spectacle qui figuraient sur la listes des invités ont empêché par leurs cris les discours des ministres.

Rappelons que cette Cité de l’Immigration a été installée dans l’ancien musée des Colonies, construit en 1931, à la Porte dorée durant l’Exposition coloniale.

§ Réflexions d’un de mes correspondants à propos de la Ministre de l’Intérieur… britannique : Pour rire…

§ La lettre des actionnaires de Peugeot : Christian Streiff s’adresse à ses actionnaires. Mais, en attendant, il a été débarqué, loin de ses promesses pas trop mirifiques.

Sexe, ministre et carte de crédit… en Grande-Bretagne

59UTCp31UTC03bMon, 30 Mar 2009 08:29:59 +0000UTC 9,2008

La ministre britannique de l’Intérieur Jacqui Smith (c’est une dame) est bien embarrassée : elle a  obtenu le remboursement d’une note de frais incluant la location de films pornos effectuée par son mari, en pleine polémique dans le pays sur des abus en matière de défraiements. Donc, le mari de la ministre UK louait des films X pendant les déplacements de sa femme. Jusqu’ici, rien d’extravagant, mais il payait via l’abonnement internet … réglé par le gouvernement. Ce qui ne va plus du tout.
On imagine les discussions a Bruxelles quand les ministres sont en réunion : “Tiens, c’est Mme Smith, tu crois que son mari lui a envoyé un mail…ahahaha”

Plus sérieusement , il serait intéressant d’aborder le fait que tous ces super libéraux nous expliquent avec génie que c’est mal d’avoir trop d’argent. Depuis 6 mois. Alors qu’ils viennent de passer 50 ans a nous dire qu’il fallait gagner plus, plus et encore plus, et prendre des risques avec notre argent, investir dans l’entreprise pour les dividendes et blablabla.

Evidemment une telle aventure ne saurait arriver à MAM. En France, on est plus moral, non ?

Joignant l’exemple au tollé, François Fillon présente ce lundi 30 mars le décret “sur la rémunération des dirigeants des entreprises bénéficiant du soutien de l’Etat”.

Selon Les Echos paru lundi, le décret “interdira jusqu’à fin 2010 les stock-options et actions gratuites pour l’ensemble des dirigeants mandataires sociaux, et ce jusqu’à fin 2010″, écrivent Les Echos. Le gouvernement estime que ces règles financières se justifient en période de crise mais pas au-delà, précise le journal.

Concrètement, le décret concernera les banques qui ont fait appel à la Société de prises de participation de l’Etat et les constructeurs automobiles qui bénéficient de prêts directs.
Les rémunérations variables ne seront en réalité pas interdites mais encadrées: elles devront être établies à partir de critères de performances précis et limités dans le temps.

Bilan du dossier 1338, Colonna : 1 – les preuves

38UTCp31UTC03bMon, 30 Mar 2009 16:22:38 +0000UTC 9,2008

Ceci est le premier des billets de bilan consacrés au procès Colonna.

Ce texte est entièrement composé à partir de réactions postées par mes lecteurs sur rue89.

Pourquoi le juge a-t-il toujours refusé la reconstitution [des l'assassinat, sur place à Ajaccio] ?
Est-il allergique au climat Corse (voire à la gastronomie locale).
Le refus d’opérer une reconstitution et d’amener dans ce dossier des pièces qui seraient à décharge pour Yvan Colonna,nous fait penser que la justice ne peut travailler sereinement et équitablement lorsque elle est manipulée et que ce procès devient une raison d’Etat.
Un ministre de l’intérieur à l’époque,qui viole l’article 9-1 du code civil pour grave atteinte à la présomption d’innocence, et tous les médias qui diffusent cette déclaration de Nicolas Sarkozy….
La preuve qu’Yvan COLONNA est le « tireur » du Préfet ERIGNAC n’ayant pas été formellement établie, le bénéfice du doute sert à l’accusation et non à la défense ;  ceci constitue une grave anomalie dans ce procès. Anomalie lourde de sens puisque elle crée une sorte de jurisprudence :  le doute désormais ne profitera plus à la défense mais à l’accusation ! Il fallait y penser !
Ce quinquennat idéologique à plus d’un titre, est parfaitement à la hauteur de justice et d’honnêteté de ses dirigeants :  du pur amateurisme ! Souhaitons que les électeurs irresponsables qui ont permis cette gabegie sans nom et fort coûteuse pour la république ,se souviennent longtemps de leur responsabilité dans cette mandature catastrophe qui prend l’eau de toutes parts…

Bilan du dossier 1338, Colonna. 2 – Le jugement

50UTCp31UTC03bMon, 30 Mar 2009 17:48:50 +0000UTC 9,2008

L’esprit de justice et le jugement

Je rappelle que comme le précédent, ce texte est entièrement composé à partir de réflexions rendues publiques par des riverains de rue89 à propos de mes deux derniers textes, et d’éléments issus de mon blog.

J’ai corrigé l’orthographe et, à l’occasion quelques impropriétés grammaticales. Quand c’était nécessaire j’ai apporté des précisions utiles à la compréhension des propos.

Commentaires dans l’attente du verdict :
Si les jurés sont honnêtes, et ont bien compris le droit français… Beaucoup de gens veulent bien sûr que le coupable soit condamné, et pas pour faire plaisir à la veuve ! Mais prendre n’importe qui comme coupable parce qu’il en faut absolument un ! alors que je vrai assassin cours toujours si ça ce trouve !
Commentaires après le verdict
Ce jugement d’exception est scandaleux car il ne respecte pas les règles du Droit… C’est normalement à la Cour de faire la preuve de la culpabilité et non à la défense. Quant aux aveux, leurs conditions restent très discutables, et très proches de la torture psychologique. A ce prix, n’importe qui avouerait n’importe quoi. N’importe quel militaire le sait….
Comme d’habitude, pas de surprise ! L’injustice française n’a pas changé, des madame Erignac y en a malheureusement plein la France !
Qu’importe les preuves , pourvu qu’il y ai un coupable !
Ce procès ne nous éclaire en rien, sinon que nous sommes maintenant face à un pouvoir absolutiste qui nous échappe.
Mais on n’échappe pas à la justice divine !
La « justice » , si on peut encore la présenter avec ce mot !…. Lors du procès de Colonna [ pour atteinte à la présomption d’innocence] contre Sarkozy qui parlait de « l’assassin du préfet », le tribunal n’a pas retenu l’atteinte à la présomption d’innocence. Bizarre NON ! ….
Lorsque ce genre de scénario se déroule au Mexique , toute la presse crie au scandale. Ici , aujourd’hui cette presse est bien silencieuse et ne désire pas se mettre en travers du pouvoir en place qui l’a désigné coupable bien avant son arrestation et son premier procès.
Aujourd’hui , Colonna, à qui visiblement il manque 10 cm pour être l’assassin, n’a pas eu droit à la reconstitution sur place !…
Félicitation, messieurs les juges :  vous avez bien fait votre travail. Notre Président vous l’avait dit : « Yvan Colonna est l’assassin du préfet Erignac ». Vous lui avez infligé la peine maximale, vous avez rectifié le laxisme des premiers juges [lors de la première session d’Assises] .
Par contre, messieurs les avocats de la défense, je ne vous félicite pas. Pourquoi avez-vous essayé de nous faire croire que M Colonna pouvait être innocent, alors que notre Président vous avait dit le contraire ?
Oui, les dénonciations de ses « acolytes » comme vous dites est finalement la seule pièce réellement à charge (même si les « acolytes » sont revenus sur cet aveu pour innocenter Colonna après).
Les juges ont plus que leur part de responsabilité dedans
Depuis l’affaire DREYFUS rien n’a changé en France .
Vous pensez que mes propos sont exagérés ?
Patrick DILLS, Omar RADDAD, Les accusés d’OUTREAU Aujourd’hui Yvan COLONNA. Demain TARNAC… après-demain… nous tous !
Concernant le jugement de Colonna, je crois qu’objectivement on ne peut que constater que l’esprit de justice n’y était pas.
Enfin a l’heure de la police scientifique, de la recherche de l’ADN et de toutes les nouvelles techniques, il n’y a rien de plus subjectif que la condamnation basée sans preuve sur la simple conviction.
Ce que je trouve de plus particulier c’est que les jurés soient des professionnels de la justice. Que le crime a eu lieu en Corse et que le procès se soit déroulé à Paris….
Justice (de salons parisiens), qui en ce comportant de la sorte n’est plus la représentation du Peuple Français et auquel même le Peuple Corse aura du mal à rester fédéré. La responsabilité du juge et des jurés est politique, et tout ce qu’entraînera les conséquences de leur délibération.
Alors Yvan Colonna coupable ou innocent ?
Ce procès n’a pas donné de réponses claires, nettes et sans l’ombre d’un doute.
Vu la pression politique (cette fois la gauche reste silencieuse, et ne crie pas au scandale), vu l’anti sarkoszisme de base qui plane en ce moment, je trouve la gauche bien complaisante sur ce dossier. Ont-ils quelqu’un à couvrir ? Eux aussi…..
Cela ne justifie un acharnement judiciaire. Cela ne doit donner lieu à un tribunal spécial, qui dès le départ montre toute sa partialité, et donc n’est pas crédible.
Le vrai problème est que toute cette affaire depuis le début a été traitée volontairement ou non, par dessus la jambe.
Partant de là, à ce jour personne ne peut réellement prouver la culpabilité de Colonna.
Sa condamnation est donc une parodie de justice, probablement pour ne pas contredire le sinistre de l’intérieur qui avait annoncé lui-même l’arrestation de l’assassin ! ! !
Mieux vaut cent fois prendre le risque de relaxer un coupable que de condamner un innocent.
Et si le verdict de ce soir [ vendredi 27 mars ] débouche sur la condamnation de Monsieur Yvan Colonna,ce ne sera pas sans rappeler un certain Charles Maurras, qui pendant l’affaire Dreyfus, finit par dire :
« Qu’importe qu’il soit coupable ou innocent. L’ intérêt de la Nation commande qu’il soit condamné »
En Belgique, le procureur du roi de Mons, Christian Henry, a lancé dans une affaire très récente :
“une société sans risque n’existe pas”. “La prison n’est pas la solution à tous les maux de la société et mieux vaut un coupable en liberté qu’un innocent en prison”.
C’est un principe de droit, non inscrit dans le Code pénal.
Dans un procès où les « témoins visuels » à décharge, valent moins que des « suspicions de culpabilité » qui proviennent de fonctionnaires qui jouent leurs carrières …
Une absence totale de preuves concrètes, empreintes, trace ADN, écoutes téléphoniques …
Une volonté délibérée d’oblitérer les alibis, et les éléments à décharge, du « présumé innocent », présenté comme « indéniable coupable » par le plus haut représentant de l’Etat …
Qu’attendez vous comme verdict ?
Cette histoire pue et la justice s’est franchement ridiculisée dans cette affaire en nous montrant un visage bien soumis aux ordres du pouvoir.
Ce mec a quand même été accusé par tous ses complices et leurs bonnes femmes pendant deux ans ! ! !
Et quand ils ont tous changé d’avis (un mystère corse ça non ?), ils l’ont toujours disculpé avec ambiguïté, un peu comme s’ils disaient à Colonna :  « c’est à toi d’avouer, si tu as le sens de l’honneur ». Mais l’honneur, chez des assassins de sang froid, ça n’existe pas. Comme disait très justement le procureur, ils ont perdu leur part d’humanité.
Que Colonna ait été associé à cette histoire est fortement probable, mais qu’il soit le tireur, l’assassin, n’est toujours pas clairement établit. Dès lors, il est « sur condamné.
Ce qui me gène dans cette histoire, c’est que Colonna, qui est considéré un peu comme un traître par ses amis, pour avoir visiblement pris la tangente avant l’assassinat, devient un martyr de la cause, et je me demande ce que sert cette cause. Est-ce la volonté de renforcer l’insécurité dans l’île pour mieux jouer sur l’opinion public lors des élections ? Ca me semble peu probable. Je pencherais plutôt sur une histoire mafieuse (en Corse, difficile de faire autrement : -) ).
Deux choses importantes dans ce procès :
1°/« Le juge Laurence LeVert s’empêtre dans ses contradictions, avec force hésitations. Elle admet qu’il n’y avait que deux hommes sur les lieux de l’assassinat du préfet Erignac, et non pas trois comme elle le soutenait avec l’acte d’accusation. »
2°/« Pierre Alessandri raconte comment il a lui-même tué le préfet Erignac. Endossant donc toute la responsabilité. “
Ces phrases disculpent Mr Colonna !…..
Et bien NON ! en gros un homme endosse le meurtre et une juge admet que Colonna n’était pas sur les lieux ! et bien dans notre justice , ces faits n’ont aucun intérêt. Circulez y a rien à voir !…22 ans de prison !….
Ce soir (vendredi 27 mars) il n’y aura pas de fête à faire. Ce soir nous prendrons le deuil de la justice française, et de la notion de Justice, tout court. Quelle perversion que ce bouleversement des institutions, où l’on bafoue la présomption d’innocence, où l’on instruit à charge, où l’on dissimule, où l’on use peut-être de méthodes douteuses pour « obtenir des aveux », où l’on exige de l’accusé de fournir les preuves de son innocences ! (pourquoi pas aussi, demain, exiger des malades qu’ils apportent leur diagnostic et leur protocole de soins ?). Drôle de justice, rendue par un tribunal « d’exception » (et certes il l’est, exceptionnel !) où ne figure AIUCUN représentant populaire parmi les jurés, mais uniquement des magistrats, tous du même milieu, tous plus ou moins amis de la victime…Ce ne sera pas un jugement, mais une curée !
Innocent ou coupable ? qu’importe en fin de compte :  ce soir un homme va nourrir un besoin de vengeance, et non un désir de justice.
J’avoue ne pas comprendre grand chose à l’affaire, à part ce qu’on m’en raconte, c’est-à-dire :  un homme condamné sans preuves matérielles, contre l’affirmation d’un [médecin ] légiste, et sur la seule foi d’un témoignage extorqué à 6 heures du matin, les témoignages allant en sens contraire étant systématiquement écartés.
Et qui donc a le pouvoir d’écarter des témoignages n’allant pas dans le sens de ce qu’il pense ?
Le même genre d’hommes qui, il y a une vingtaine d’années, condamnait en Italie Adriano Sofri, sur la seule foi d’un pentito soi-disant pris de « remords » soudain, vingt ans après les faits – c’est-à-dire l’assassinat du commissaire Luigi Calabresi, l’un des éléments à l’origine des « années de plomb » italiennes.
L’histoire se répète, et les juges ont plus que leur part de responsabilité dedans. Ce n’est certes pas la faute au président si les juges condamnent les yeux fermés, quand bien même le petit Nicolas le leur aurait demandé de le faire.
Bien sûr, le climat général, le déroulement du procès, la cavale de 4 ans, les témoignages douteux, les incohérences apparentes des expertises balistiques, les rapports semblant lier Colonna à la famille du président, la déclaration de culpabilité par ce dernier, alors ministre de l’intérieur, dans le non-respect de la présomption d’innocence …
Tout est là pour semer le doute.
Quels étaient les rapports entre Yvan (ou un proche) et Marie Dominique [Culioli, la première épouse de Sarkozy] ?
Quelle est la source de cette animosité et cet acharnement de Sarkozy ?
L’ensemble de ces questions ne serait-il pas à la base de cette parodie de justice ?
En 1983, le 12 septembre , La propriété voisine de celle des Culioli (de la famille Peretti qui est maire de Neuilly, et dont le nièce est Marie Dominique la première épouse de Nicolas Sarkozy qui sera ministre de l’intérieur), appartenant à André Géronimi en corse est plastiquée.
La pauvre madame Erignac ne doit pas savoir que Colonna, puis la première épouse de Sarkozy, puis les Perreti, puis Deferre qui avait un conseiller aux affaire Corse qui se nommait Colonna (le père de Yvon) sont liés.
Ce soir ceux qui tiennent ce pays et en ont fait leur jouet, avec l’approbation des 53 % d’entre nous qui les ont élus, se rapprocheront encore un peu plus de leur but :  affaiblir la démocratie, mépriser les citoyens par un jugement inique (mais en « bonne et due forme »), et nous enfermer dans des rets de plus en plus étroits, muselant toute opinion contraire, tout désir de vivre autre chose, toute information « dissidente », courbant tout dos qui se redresse, par l’intimidation ou la fourberie. Duplicité d’une caste qui veut garder ses privilèges…
Ce soir une prison ne s’ouvrira pas. Et se referme peu à peu, qui sait, sur nous aussi….
Ne riez pas ce soir. On ne vient pas de finir d’enterrer ce pauvre homme qui fut tué, on vient d’assassiner les plus nobles de nos valeurs.
Les théoriciens du grand complot penseront que si l’on a mis autant de temps pour arrêter Colonna, c’est parce qu’on a du attendre que le vrai coupable meurt.
Les cyniques penseront que de toute façon, quelqu’un doit payer, Colonna ou un autre, ça n’a pas trop d’importance. D’ailleurs, peut-être est-ce vraiment l’assassin, mais ce qui compte c’est que sa culpabilité soit possible, et non qu’elle soit avérée.

Bilan du dossier 1338-Colonna- 3- Les témoins

22UTCp31UTC03bMon, 30 Mar 2009 18:17:22 +0000UTC 9,2008

Le Président Didier Wacogne avait organisé sa session en répartissant les témoins au gré des audiences. Dans toute la mesure du possible, il a alterné les témoins à charge et à décharge, allant parfois jusqu’à provoquer des confrontations directes et contradictoires, dans le plus pur style des nouveaux canons de la justice accusatoire.
L’intention était louable. Mais plusieurs séries d’événements sont venues renverser ce bel ordonnancement. De fut d’abord la disponibilité des témoins, ce qui nous a valu une avalanche de « certificats médicaux » supposés justifier l’absence d’un tel ou d’un tel. Dans certains cas, comme dans celui du Commandant Georges Lebbos, un des adjoints du Commissaire Roger Marion pour mener l’enquête il est apparu que certains témoins ne tenaient pas du tout à subir les contre interrogatoires. En outre, très tôt, l’échafaudage imaginé par le Président Wacogne s’est trouvé totalement déséquilibré quand  Yvan Colonna a « interdit » (selon l’Accusation ) aux membres de sa famille de témoigner devant la Cour.
En tout état de cause, il est apparu non moins vite que malgré leurs prestations sous serment, les témoins cités par l’accusation, policiers et magistrats, n’étaient guère sincères, on les voyait réciter des textes manifestement « organisés », négociés au préalable.
D’une façon générale, les témoins à charge issus de l’administration étaient crus sur parole, tandis que les témoins à décharges étaient cuisinés, leurs affirmations mises en doute. Et d’ailleurs non retenues par le jugement.
En clair, le débat n’a pas eu lieu. Et de toute façon l’initiative du Président Wacogne s’est définitivement heurtée à un constat d’échec quand Yvan Colonna, suivi de ses avocats, s’est retiré du tribunal. Il lui était apparu de façon claire que tout cette gymnastique relevait d’une comédie douteuse.

Le texte en retrait est composé à partir des commentaires des internautes

Les dénonciations des « acolytes » [de Colonna] comme vous dites est finalement la seule pièce réellement à charge (même si les « acolytes » sont revenus sur cet aveu pour innocenter Colonna après).
Le seul truc, c’est que le procès a démontré que cet aveu si précieux fut obtenu après plusieurs heures d’interrogatoire (la nuit) avec manque de sommeil, etc. Le manque de sommeil est considéré comme de la torture. Moi, si on me torture, j’avoue même la peste de 1353 !
Certains aveux bidons (connus pour l’être) ne sont même parfois jamais rétractés… les juges ont plus que leur part de responsabilité dedans
Dans un procès où les « témoins visuels » à décharge, valent moins que des « suspicions de culpabilité » qui proviennent de fonctionnaires qui jouent leurs carrières …
Des accusations d’inculpés, dans le genre « c’est pas moi … c’est ma soeur … » (vous connaissez la suite …), extirpées lors de « garde à vue » où n’importe qui, aurait avoué n’importe quoi … et qui se sont rétracté par la suite …
Ce mec a quand même été accusé par tous ses complices et leurs bonnes femmes pendant deux ans ! ! !
Et quand ils ont tous changé d’avis (un mystère corse ça non ?), ils l’ont toujours disculpé avec ambiguïté.
Et qui donc a le pouvoir d’écarter des témoignages n’allant pas dans le sens de ce qu’il pense ?
Qui donc a le pouvoir de condamner sur la seule foi d’un témoignage, en l’absence de preuves matérielles ?

Mon Clavier, 31 mars

40UTCp31UTC03bTue, 31 Mar 2009 09:30:40 +0000UTC 9,2008

Aujourd’hui je développe les thèmes suivants :

§ Dossier Colonna, suite des éclairages focalisés : la”fuite”, Le comportement de Colonna, l’absence des avocats. Et un papier spécifique sur le soi disant “délit de fuite” qui n’existe pas.

§ La “crise” démontrerait que les diamants ne sont pas éternels, le marché s’effondre à Anvers.

§ La casse industrielle, suite et pas fin : Eurostyle à Chateauroux ; groupe bancaire belgo néerlandais  Fortis : 28 milliards de pertes ; le Comité d’entreprise Continental se tient à… Nice, dans un hôtel bas de gamme de la zone aéroportuaire, pour éviter les manifestations.

§ Mon Président Sarkozy chahuté à Châtellerault… Quelle horreur, ces manifestants ne savent pas se tenir ! Ils étaient entre 1.500 à 2.000 personnes, selon la préfecture, et 7.000, selon les organisateurs. Mon Président était venu participer à une “table carrée” sur l’emploi.

§ Fraude fiscale, blanchiment, paradis fiscaux : ceux qui prennent l’argent dans notre poche pour le placer au Lichtenstein. Une enquête préliminaire ouverte contre Michelin, Elf (il est tout juste temps), Adidas et soixante autres entreprises françaises.

§ Mon Président Sarkozy n’aime plus vraiment les riches. Il veut les punir en limitant (très peu) les revenus extraordinaires des patrons.

§ Et Barack Obama snobe mon Très grand Président Nicolas Sarkozy : le Président américain sera aujourd’hui à Londres pour le G20, puis il filera à Strasbourg, Kehl et Baden Baden  les 3 et 4 avril pour assister au sommet de l’OTAN avant de s’envoler pour la Tchéquie (Prague) et la Turquie (Ankara et Istambul). Il ne passera pas par Paris. Il doit en principe revenir en France pour l’anniversaire du débarquement, le 6 juin : une visite sur les plages et dans les cimetières américains de Coleville, pas à mon très aimé Président.

Incidemment, côté français, où on attend 40 000 manifestants hostiles, le dispositif policier et militaire mettre 10 000 hommes et femmes sur le terrain.

§ Guadeloupe, le calme ne semble revenu que dans les médias métropolitains. Selon le Journal du Dimanche (internet)

” Les braises de la grève sont toujours chaudes dans l’île des Antilles. Des secteurs entiers de l’économie de Guadeloupe demeurent paralysés et de nombreuses grandes entreprises n’ont toujours pas repris le travail. Les déclarations de Laurence Parisot, prévenant que le Medef ne signerait pas “l’accord Bino” sur les salaires en raison de son préambule, pourrait remettre de l’huile sur le feu.”

Affaire Colonna : ça tangue pour Wacogne

40UTCp31UTC03bTue, 31 Mar 2009 10:44:40 +0000UTC 9,2008

On n’est jamais si mal remercié que par ses amis que l’on a cru bien servir.
Information Europe 1, ce 31 mars :  Didier Wacogne, qui a présidé jusqu’à vendredi la cour d’assises spéciale de Paris chargée de juger Yvan Colonna pour l’assassinat du préfet Erignac, ne devrait plus présider de session d’assises à partir de septembre. L’information a été révélée à des proches par l’intéressé lui-meme. Dans l’immédiat, démenti officiel.
Toutefois dans son agenda subsisterait une session importante, probablement proche de l’affaire Colonna, consacrée à un dossier de terrorisme basque.
Cette « surprise du chef » donnerait en quelque sorte raison à la Défense qui a lourdement critiqué la conduite de Wacogne tout au long du procès. Les avocats d’Yvan Colonna, avaient en effet lors du procès demandé la récusation de Didier Wacogne, l’accusant de “déloyauté” pour ne pas avoir fourni certaines informations concernant le témoin Didier Vinolas. Cette demande de récusation avait été rejetée par la cour d’appel.
Me Pascal Garbarini a déposé au nom d’Yvan Colonna lundi 30 mars un pourvoi en cassation contre sa condamnation à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une mesure de sûreté de 22 ans, pour l’assassinat du préfet Erignac.
Ce pourvoi vise notamment le manque de partialité et l’absence de loyauté du président de la cour d’assises d’appel, Didier Wacogne.
Dénonçant la manière dont a été mené le procès en appel d’Yvan Colonna, le conseiller territorial indépendantiste Jean-Guy Talamoni demande une enquête parlementaire. A cette fin, le dirigeant du pôle nationaliste Corsica Libera a déposé à l’Assemblée de Corse une motion demandant la constitution d’une commission d’enquête parlementaire sur “l’affaire Colonna et les activités des juridictions spéciales dites ‘antiterroristes’”, a-t-il annoncé dimanche 30 mars.
On apprend également ce matin – 31 mars – que dans le cadre de la « Commission Léger » de la réforme de la procédure pénale, le rôle du Président de Cour d’Assises serait profondément modifié. Il perdrait son statut de « patron », juge d’instruction bis, pour celui d’arbitre entre le parquet et les parties civiles d’une part, la Défense d’autre part.
Ce serait un nouveau pas vers la procédure contradictoire à l’anglo-saxonne, voie vers laquelle la Communauté européenne ne cesse de pousser la France.

Télé – F 5- 1945, France Année zéro

58UTCp31UTC03bTue, 31 Mar 2009 11:03:58 +0000UTC 9,2008

En toute franchise, je ne regarde la télévision que quand ma femme me les suggère (avec insistance) en me signalant une émission intéressante.

Donc je me suis retrouvé planté devant “le poste”, hier soir lundi, France 5, pour regarder “1945, France année zéro“. Une rediffusion de 2005. Un film de mon ami et premier éditeur Alain Moreau, réalisation Patrick Cabouat.90 minutes, rediffusion le 8 avril à… 1 h 25.

Dans notre mémoire, la Libération est une fête formidable, une ivresse, magnifiée par le film de Claude Lelouch, “Les Uns et les autres” avec la fameuse valse de Francis Lai et le boléro de Ravel.

Le film d’Alain Moreau nous donne à voir une toute autre France qui gère aussi mal que possible sa participation à la victoire des Alliés. On est loin de l’unanimisme joyeux. Le Général De Gaulle a imposé la présence de la France dans toute la phase finale. Mais à Paris, la politique politicienne supplante l’esprit unanimiste de la résistance.

Tandis que le rationnement perdure, tandis que la reconstruction commence dans la douleur, on se bat déjà entre Démocrates chrétiens, socialistes, résistants de la dernière heure, gaullistes, communistes.

Qui prendra le pouvoir ? Qui assumera la terrible responsabilité des guerres coloniales dans lesquelles s’embourbera la France pendant dix sept ans ?

De Gaulle sera chassé par la coalition des politiciens traditionnels ; les communistes seront évincés, rideau de fer oblige. Sous le regard bienveillant du Président, potiche de l’Elysée, les MRP, SFIO et autres radicaux se perdront dans les méandres d’une vie politique attristante.

Le film est bien réalisé, sans temps morts, sans cdes interminables “entretiens” qui minent ce genre de documentaire, les documents d’époque en couleurs sont choisis de façon judicieuse. 1945, France Année Zéro est une belle leçon d’histoire critique, loin de l’agiographie. A ne pas rater lors de la nième rediffusion, en avril.

Blanchiment : ces Français qui aiment la Suisse, et le Lichtenstein

20UTCp31UTC03bTue, 31 Mar 2009 11:57:20 +0000UTC 9,2008

Michelin, Adidas, Total par l’intermédiaire de Elf Trading fondée à l’époque de Elf, depuis absorbé par Total, sont dans le collimateur de Bercy, le Ministère des Finances, pour entretenir ou avoir entretenu des « fondations » au Lichtenstein, afin de planquer des capitaux et échapper ainsi à l’imposition en France. Ces groupes sont soupçonnés d’avoir utilisé, à des fins frauduleuses, des comptes bancaires de la Banque LGT du Liechtenstein.
Une soixantaine d’autres sociétés seraient visées. Au moins 1 milliard d’euros aurait ainsi échappé au fisc français.
Malgré le démenti de Michelin et Total, le parquet de Paris a confirmé mardi à l’AFP avoir reçu une dénonciation du ministère des Finances sur une éventuelle fraude fiscale qu’auraient pu commettre ces groupes, ce qui devrait donner lieu à l’ouverture d’une enquête judiciaire.
Cette transmission d’information de la Direction générale des finances publiques (DGFP) a été effectuée fin 2008, selon le parquet, confirmant l’information du Parisien/Aujourd’hui en France.
Seize des 64 groupes familiaux français suspectés de fraude fiscale au Liechtenstein se sont mis en règle, en payant leur dû au fisc, majoré des intérêts de retard et de pénalités, selon le ministère du Budget.
Rappelons que depuis des décennies, si le siège social de Michelin est fixé à Clermont-Ferrand, toutes les filiales étrangères sont contrôlées par une société holding, la Compagnie Financière Michelin, domiciliée à Granges-Paccot dans le canton de Fribourg en Suisse. Cette holding détient en particulier tous les brevets industriels du groupe. Toutes le redevances industrielles sont donc perçues en Suisse, et non en France !

Pognon : Daniel Bouton et Karim Benzema

18UTCp31UTC03bTue, 31 Mar 2009 12:06:18 +0000UTC 9,2008

Daniel Bouton, président de la Société Générale, pourrait toucher une retraite d’un million d’euros par an, rapporte L’Express.

Il est un pauvre malheureux à côté du footballeur Karim Benzema. Selon France Football le Lyonnais serait le joueur de Ligue 1 le mieux rémunéré, avec 4,8 millions d’euros bruts annuels. Il est suivi par le parisien Claude Makelele (4,6 millions) et son coéquipier Juninho (4,5 millions). Le Bordelais Yoann Gourcuff n’apparaît qu’en 20e position de ce classement (1,8 million). Le plus gros salaire sur le plan international est celui de Zlatan Ibrahimovic (11 millions avec l’Inter Milan).

Il est vrai que la carrière de Daniel Bouton s’est déroulée sur quarante ans, tandis qu’un footballeur ne peut pas espérer exercer son métier au plus haut niveau plus de quinze ans, vingt ans à la grande rigueur.

Bilan dossier 1338, Colonna : 4 – La “fuite”

04UTCp31UTC03bTue, 31 Mar 2009 13:31:04 +0000UTC 9,2008

Je rappelle le principe : cette série de billets est composée à partir des commentaires des internautes, réponses à mon papier de rue89 ou à mes papiers dans mon blog.

Même s’il n’a pas tiré lui même il est certainement complice , on ne prend pas le maquis jusqu’à la fin de ses jours quand on n’a rien sur la conscience.
Se soustraire à la police pendant si longtemps, puis refuser de comparaître à son propre procès, c’est ce qui s’appelle se mettre l’opinion publique à dos…
Prendre le maquis, peut-être motivé par le sentiment que rien ne pourra vous innocenter, en Corse …
S’il s’est aussi vite soustrait, c’est qu’il a été immédiatement désigné coupable, avant même que ses « complices » ne le déclare comme tel.
«  un innocent ne fuit pas » mais où avez-vous trouvé la notice du parfait innocent, dans quel rayon des idées toutes faites ? le contexte local à cette époque était si particulier…ces centaines de personnes emmenées en garde à vue, voire incarcérées…qu’eussiez-vous fait si votre nom était apparu soudain ? Avec en plus l’aval d’un ministre de la république ? J’ignore si cet homme est innocent ou coupable, mais on ne peut se baser pour définir l’un ou l’autre sur nos idées (pêchées où ?) de ce que doit être un innocent « standard », car chaque personne a ses propres réactions, suivant sa culture, son milieu, sa réactivité…La cavale ne prouve rien, ni dans un sens, ni dans l’autre, et cessons de formater ce que « doit » être un innocent, un coupable.
Ce qui est inquiétant c’est qu’une partie du dossier semble être montée pour justifier ces déclarations de culpabilité, mais après coup.
La mise en retrait de Colonna était largement prévisible. Il avait déjà “pris du recul” en 94 lorsqu’il fut accusé d’avoir participé à la tentative d’assassinat de Pierre Poggioli, avant de se rendre afin de donner son ADN. La fuite dans le journal Le Monde, le 22 mai à 13h (le commando a “parlé” dans la nuit du 21 au 22 mai, il faut du temps pour rédiger et imprimer un quotidien) tombait-elle a point nommé ? Est-ce simplement un hasard ?
En gros, que la justice a été rendu avant l’enquête, contraignant celle-ci à s’aligner. Une justice indépendante fait généralement le contraire.
Si, moi, je fuirai car la justice est aveugle et pourtant je ne suis pas corse et pas coupable, mais j’ai des origines indiennes et je permets à personne de douter de mes convictions qui sont aussi bonne que celles de cette justice à la botte les journalistes aussi ont peur, on ne les entend plus ! honte ! honte ! le pays des droits de l’homme ! ! ! La liberté, l’égalité et la fraternité boudi !
Il y a les faits (la vérité historique) :  un commando tue un homme. La constellation du commando est connue (le berge en fait partie). Parmi les membres, l’un d’entre eux abat le préfet (vérité historique). Des membres du commando désignent celui qui d’entre eux a abattu le préfet :  c’est l’accusé.
L’accusé pour se défendre choisit l’angle de la vérité juridique :  si c’est moi prouvez-le. Facile ! Et de bonne guerre !
La vérité historique et la vérité juridique sont connectées par le faisceau de présomption :  les aveux des autres membres du commando. Seul l’aveu de l’accusé peut faire se superposer la vérité juridique et la vérité historique. Mais il s’enferme dans le silence. Il fuit, c’est son mode d’attaque.

Je  consacrerai en outre un papier spécial au “syndrome de fuite” et à son interprétation.


Bilan dossier 1338, Colonna 5 – son comportement

49UTCp31UTC03bTue, 31 Mar 2009 13:41:49 +0000UTC 9,2008

Billet composé à partir des commentaires des internautes.

Je ne sais pas si il est coupable ;  mais il a eu un comportement de coupable et tous ses soi disant amis l’ont dénoncé bien avant que sarko soit au ministère.
La loi du silence n’a pu s’appliquer dans cette affaire et les premiers jurés l’on déclaré coupable en leur âme et conscience , sans pression politique.
Qui peut soutenir ces hommes qui utilisent les meurtres , les attentats et la violence pour protester contre l’état français, leur état.
L’omerta attitude corse sans limites,la fuite pratique corse très répandue compte tenu du nombre d’attentats, et puis la lâcheté au grand jour encore une pratique corse bien mise en avant dans ce procès.
Si je suis innocent et rien à voir dans cet assassinat alors je prends mon courage à deux mains et me défend becs et ongles contre les accusations.
Pour ma défense et assurer mon innocence j’apporte à la justice les éclairages afin de permettre à celle ci de se forger une opinion et de prendre une décision juste.
Si Colonna refuse de contribuer à la justice c’est qu’il est bien mouillé dans cet acte de terrorisme.
Point de vue opposé
Pour ceux qui parlent d’honneur, les bergers Corses n’ont pas a rougir de COLONNA, qui dans un magnifique geste devant cette cours d’EXCEPTION ( à prendre dans tous les sens du terme) a refusé de jouer le rôle de pantin, devant des juges qui avaient dejà leur verdict en poche, COLONNA a refusé d’aller plus avant dans cette comédie, en annonçant qu’il ne participerait plus a ce simulacre, et a récusé toute défense….Laissant ainsi le champs libre aux satrapes.

Bilan dossier 1338, Colonna : 6 – Les avocats

58UTCp31UTC03bTue, 31 Mar 2009 13:47:58 +0000UTC 9,2008

Comme les autres billets, ce papier est composé à partir des réactions des internautes.

L’absence des avocats lors de la fin du procès marque soit leur impuissance , soit une tentative de déstabilisation des juges ou même  de la justice dans son ensemble.
Dès le 11 mars, en effet, l’accusé a refusé de comparaître et récusé ses avocats. « Si vous voulez me condamner au nom de la raison d’Etat, faites-le, mais sans moi », avait alors déclaré le Corse, pour qui, depuis le début de ce procès, « les dés étaient pipés » . Vendredi soir (lors de la conférence de presse tenue après le verdict) , ses soutiens et ses avocats ont dénoncé « une mascarade », « une décision politique », « un procès honteux ». Précédemment, déjà, ils avaient comparé la justice française à « la junte birmane » et à « un tribunal de l’Inquisition », composé « de faussaires, de tricheurs, de menteurs ». Autant de propos que la Garde des Sceaux, Rachida Dati, avait qualifiés d’« outrances ».
Il est vrai qu’entre ne pas avoir d’avocats et avoir des avocats muselés ou empêchés de défendre leur client, la différence pour l’accusé est assez réduite. Cela ressemble à une “justice” très unilatérale, voire arbitraire, une justice qui méprise le droit des individus pour imposer les décisions d’État.
Au delà de l’affaire Colonna, c’est toute la procédure anti-terroriste qui est en cause. C’est aussi une atteinte grave au principe même de “l’Etat de droit.”
Le berger de Cargèse et sa défense pointaient également les « zones d’ombre » de ce dossier. Aucun témoin oculaire de l’assassinat du préfet n’a reconnu l’accusé. Aucune preuve matérielle (traces d’ADN, relevés téléphoniques, etc.) ne le désigne. En revanche, il a été mis en cause de manière circonstanciée et à plusieurs reprises par les membres du commando et leurs compagnes, avant qu’ils se rétractent. Pendant tout le procès, les défenseurs d’Yvan Colonna dénoncèrent « la partialité » des juges. Ils virent l’illustration de cette attitude
présumée dans le fait que la Cour refusa de se déplacer à Ajaccio pour procéder in situ à une reconstitution du crime – qui n’a jamais été effectuée pendant l’enquête. Dans le fait aussi que seule une brève suspension du procès fut décidée après qu’un ex-collaborateur du préfet créa la surprise en croyant pouvoir affirmer qu’étaient toujours en liberté deux individus ayant pu être mêlés à l’assassinat. Dans le fait, encore, que fut rejetée leur requête de récusation du président du tribunal – qui, pourtant, a été très largement critiqué.
Cette défense de rupture ulcéra la famille du préfet, qui n’y vit qu’un modus operandi « bas, sans envergure, sans grandeur ». Un ramassis de « manœuvres » visant à « déstabiliser » la justice. « Une fuite » de plus pour un homme qui prit le maquis tant d’années. Surtout, un « aveu de culpabilité » :  « Est-ce qu’un innocent s’en va ? » Jeudi, le réquisitoire, prononcé devant un box vide, avait reconnu que le dossier était entaché d’« imperfections ».

Justice, Colonna condamné sans fondement

15UTCp30UTC04bWed, 01 Apr 2009 08:22:15 +0000UTC 9,2008

Yvan Colonna condamné pour un crime sans fondement juridique : la fuite

Dans le procès qui vient de s’achever aux Assises, le principal argument, l’incrimination majeure de l’accusation et des parties civiles a été : Yvan Colonna est coupable puisqu’il a pris la fuite. La fuite en mai 1999 quand ses amis ont été arrêtés, la fuite encore  devant le tribunal en « abandonnant » le box des accusés. Une « fuite » qualifiée de tous les noms d’oiseaux.

Lâcheté a répété Me Philippe Lemaire à satiété.

Or cette incrimination est un pur mythe, totalement absente du Code Pénal, alors qu’elle n’a cessé d’apparaître comme un argument massue et décisif pour l’accusation. Le « Délit de fuite » n’existe que dans le Code de la Route, art 434-10 et 434-45 du Code pénal.

Au pénal, il est même considéré que la « fuite », c’est-à-dire l’action de se soustraire aux poursuites, surtout en l’absence de toute condamnation, comme dans le cas Colonna est une sorte de droit inhérent à la personne.

Et pourtant, c’est pour cette raison précise que le Corse a été condamné non seulement à perpétuité, mais encore à 22 ans de sûreté, une mesure qui est une « punition » supplémentaire.  A 49 ans, il ne peut en tout état de cause espérer être « élargi » avant ses 71 ans. Il ne sortira de cellule que comme un vieux. S’il persiste à pratiquer le sport intensif, il aura une petite chance de ne pas devenir fou.

Il a « pris la fuite ». Qu’est-ce que signifie cette formule cliché qui apparaît trop souvent dans les compte-rendu de faits divers ?

Je cite l’analyse lumineuse d’un internaute qui n’est pas corse, à ma connaissance. Il reprend la formule assénée par les Parties civiles «  un innocent ne fuit pas ».

« Mais où avez-vous trouvé la notice du parfait innocent, dans quel rayon des idées toutes faites ? Le contexte local à cette époque était si particulier…Ces centaines de personnes emmenées en garde à vue, voire incarcérées…Qu’eussiez-vous fait si votre nom était apparu soudain ? Avec en plus l’aval d’un ministre de la république ? J’ignore si cet homme est innocent ou coupable, mais on ne peut se baser pour définir l’un ou l’autre sur nos idées (pêchées où ?) de ce que doit être un innocent « standard », car chaque personne a ses propres réactions, suivant sa culture, son milieu, sa réactivité… La cavale ne prouve rien, ni dans un sens, ni dans l’autre, et cessons de formater ce que « doit » être un innocent, un coupable.

Il faut le savoir, cette formule « Il a pris la fuite » est issue du vocabulaire policier : elle stigmatise l’attitude d’un délinquant qui après avoir commis son forfait se sauve pour échapper aux poursuites policières. Il s’agit de dévaloriser l’attitude irresponsable et contraire au courage de personnages désignés à la vindicte sociale.

Qui sont les cibles ? Les bandits, naturellement. Qui sont les bandits ? Les délinquants de droit commun ? Pas seulement. Tous les régimes dictatoriaux du monde  définissent comme « bandits » tous les hommes et les femmes qui n’entrent pas dans le moule social, et sont amenés à commettre des actes contraires au droit.

Droit pénal, mais également Droit politique.

Même les démocraties se livrent à l’exercice : en 1939, la Grande Presse française définissait les soldats républicains  espagnols cherchant à échapper aux armées franquistes comme « cette canaille rouge tentant d’échapper au glaive de la Justice ».

Pendant la guerre, l’Affiche Rouge regroupant l’ensemble des hommes du groupe Manoukian visait expressément à criminaliser des résistants, tous d’origine étrangère en l’occurrence, coupables de résister à l’occupant nazi en commettant de terribles forfaits. Terrible n’est pas trop fort. Et ils étaient en fuite puisqu’ils n’étaient pas entre les mains de la Gestapo.

D’une façon plus générale, le « délit de fuite » a été pendant la guerre imputé à tous ceux qui n’acceptaient ni l’occupation nazie ni le régime de Vichy. Ainsi, quand le Général De Gaulle a « pris du recul » en Grande-Bretagne pour mieux animer la résistance, il a été unanimement désigné comme un « un fuyard, un lâche » qui refusait d’assumer ses responsabilités en France.

On pourra d’ailleurs rappeler que durant la deuxième Guerre mondiale, l’Etat français a imaginé, notamment pour poursuivre les exilés, les « fuyards », les sections spéciales, tribunaux à formation spéciale qui avaient pour objet la lutte contre les « criminels politiques ».

Ce fameux « délits de fuite » a été encore systématiquement utilisé pendant la Guerre d’Algérie, comme prétexte pour justifier les « Corvées de bois », c’est-à-dire pour les exécutions sommaires sans jugement. Parmi les victimes, le mathématicien Maurice Audin.

Durant toute la durée des guerres coloniales l’attitude des milieux politiques a perduré.

Le fuyard, l’exilé est désigné comme un criminel du fait même de sa fuite. Il est coupable de ne pas s’être livré aux autorités, puisqu’il n’accepte pas la férule qu’on entend lui imposer. Il doit reconnaître de gré ou de force la légitimité de l’Autorité.

En bref, Yvan Colonna a été condamné au nom d’un texte qui n’existe pas. Au nom d’un concept moral, d’un principe de droit qui n’existent pas.

Didier Wacogne qui a mené son procès s’est vu signifier qu’à partir de septembre prochain il ne présiderait plus une Cour d’Assises. Le Parquet affirme que la mesure qui frappe M. Wacogne entre dans le cadre d’une réorganisation de la Cour d’Assises, on dément avec force qu’il puisse d’agir d’un désaveu.

Ultime information qui n’a presque rien à voir : à Sarcelles, trois gros chiens ont attaqué hier un adolescent, le blessant gravement. L’une des bêtes, un doberman, a été abattu par la police. Les deux autres “ont pris la fuite”. Sans doute pour échapper au “glaive de la Justice” ? Où l’on constate combien peut être absurde l’emploi immodéré de clichés !

Mon clavier, 1er avril- ça bastonne

26UTCp30UTC04bWed, 01 Apr 2009 07:27:26 +0000UTC 9,2008

§ Ce matin, édition spéciale (et brève) de Mon Clavier quotidien.

§ Justice, Colonna condamné sans fondement. Je reprends le papier ce matin, car je l’ai mis en ligne trop tard hier. Voir la suite (et fin) des papiers de debriefing.

§ Demain, nouvelle manifestations des universitaires. Lire le billet

§ Ça chauffe dans le monde social : quatre cadres supérieurs de Caterpillar “détenus” par le personnel de Caterpillar à Grenoble. Le plan social prévu pour indemniser 730 chômeurs n’est pas jugé suffisant. Même comportement à Paris : cette fois, dans la perspective d’un plan social qui devrait mettre à la rue 1200 employés de la FNAC et de Carrefour, des membres de cette société ont bloqué pendant une heure le taxi à bord duquel se trouvait François-Henri Pinault, président du groupe de distribution et de luxe PPR, propriétaire de Gucci, de la Fnac, de Printemps et et de Conforama. Le PDG, fils de Francois Pinault, a été pris à partie à sa sortie d’un comité européen de PPR à Paris.

§ Mon Président a promis de “sauver le site” de Caterpillar à Grenoble. Il y a lieu d’être inquiet, si on se souvient des promesses répandues sur les ouvriers des aciéries de Grandange, maintenant totalement fermées par Arcelor-Mittal, alors que Mon Président avait promis, là aussi, “de sauver le site”.

§ G20 : Mon Président Sarkozy vers une chaise vide ? Il a affirmé, mercredi 1er avril sur Europe 1, qu’il ne “s’associerait pas” à un sommet” du G20 conclu par “des faux compromis”, assurant qu’il “faut que de nouvelles règles se mettent en place” concernant le système économique et financier. Avant de préciser : “la politique de la chaise vide marquerait un échec”. Mais le chef d’Etat “ne veut pas y croire”. En oubliant de préciser qu’il s’est lui-même enferré dans cette voie. Sans se rendre compte que Barack Obama n’est pas du genre à accepter des utltimatums.

§ Bonne nouvelle, selon le Washington Post : U.S. to Join U.N. Human Rights Council he Obama administration has reversed a decision by the Bush administration to shun the United Nations’ premier rights body to protest the influence of repressive states, according to U.N. diplomats and rights activists.

§ Encyclopédie Microsoft Encarta tuée par Wikipedia


Université : toujours dans la rue

56UTCp30UTC04bWed, 01 Apr 2009 07:30:56 +0000UTC 9,2008

Le 2 avril, de nouveau des manif organisées par les universitaires partout en France, à Paris, 17 h 30 au Panthéon. Le collectif Sauvons la Recherche justifie ainsi cette action :

Après plus de huit semaines de forte mobilisation à laquelle le gouvernement est resté sourd, les syndicats de l’enseignement et de la recherche ont été conviés au ministère. Ils ont décidé d’accepter de s’y rendre en imposant la présence de SLR et de SLU. La grande majorité des organisations ont donc préparé ensemble un texte, résumant les revendications. Ce texte a été lu à la ministre, qui a répondu point par point. Les organisations n’ont, comme elles l’avaient prévu, ni discuté, ni a fortiori négocié, sont sorties et ont informé les personnels des réponses données par la ministre (voir : http://www.sauvonslarecherche.fr/spip.php?article2697).

Une première appréciation a été portée dans un communiqué publié à la sortie du ministère : “Les organisations syndicales et collectifs qui viennent d’interpeller avec clarté le gouvernement après huit semaines de grève et de manifestations constatent avec stupeur et colère l’immobilisme autosatisfait sur l’ensemble des revendications”. Aucune réponse positive ne nous avait été faite. Mais dès le lendemain -conséquence de la fermeté de notre position colletive? – d’hypothétiques progrès sur les chaires ont été annoncés à une délégation des DU : les postes CNRS embolisés par les “chaires” seraient rendus à l’organisme pour 2009. De plus, F. Fillon ferait une éventuelle déclaration sur l’arrêt du démantèlement du CNRS.

L’attitude du ministère et son refus d’une véritable négociation sont proprement scandaleux. Il porte seul l’entière responsabilité de la situation actuelle : “Madame la Ministre, les milliers de collègues et d’étudiants n’ont que le recours à l’amplification de leur mobilisation, et en premier lieu le 2 Avril” ont dit les organisations à la sortie du ministère.

Mon clavier, 1er avril, Edition spéciale

16UTCp30UTC04bWed, 01 Apr 2009 07:33:16 +0000UTC 9,2008

§ Mon Grand Président Sarkozy a décidé que le G20 se tiendrait à Paris, sous sa présidence. Sinon il refusera de siéger auprès des autres chefs d’Etat.

Réaction du Premier chinois, Hu Jin Tao : bon débarras.

§ Quant au Maire de Puteaux, il aurait (aurait, aurait) le projet d’ériger une statue équestre de Nicolas 1er sur le parvis de son hôtel de ville. Sur le modèle d’Alexandre le Grand. Dommage que ce soit un 1er avril.

Encyclopédies : Encarta, c’est fini

37UTCp30UTC04bWed, 01 Apr 2009 09:26:37 +0000UTC 9,2008

Microsoft a annoncé hier que « Encarta », son aventure encyclopédique, était terminée. Après avoir détrôné l’encyclopédie Britannica Encarta est chassée par l’encyclopédie participative mais Wikipédia.
Plus de mises à jour. Microsoft ne fournit aucune autre explication à sa décision d’abandonner ce projet ambitieux. Mais il suffit de consulter le site d’Encarta pour constater que les articles ne sont plus mis à jour.
Les sites Internet d’Encarta fermeront en octobre 2009 et les CD-Rom disparaîtront des rayons dès juin prochain. Enfin, certains internautes qui avaient souscrit un abonnement mensuel ou annuel seront remboursés.
Ironie de l’histoire, c’est donc un site non commercial, alimenté par des bénévoles qui a écrasé le géant mondial du logiciel.
Premières touchées par Encarta, les encyclopédies en volumes avaient riposté en publiant aussi des éditions numériques. Mais l’audience de l’encyclopédie communautaire Wikipédia, fondée en 2001, et la puissance des moteurs de recherche, capables d’aiguiller les internautes dans toutes sortes de domaines, ont eu raison de ce projet cher à Bill Gates.
Observons cependant que ni Wikipedia ni Google ni les autres moteurs de recherche ne peuvent remplacer les encyclopédies classiques dont tous les articles sont validés par des spécialistes.

Billan dossier 1338 – 7- Pourquoi Colonna ?

47UTCp30UTC04bWed, 01 Apr 2009 09:31:47 +0000UTC 9,2008

Voici le dernier billet composé à partir des commentaires des internautes. Ils tentent de répondre à la question lancinante : pourquoi Yvan Colonna ? Comme on va le constater, les points de vue sont divergents, souvent contradictoires. Ils reflètent le flou qui n’a cessé de régner pendant ce procès. Un flou qui me conduit à conclure que le doute quant à la culpabilité est tel quant à la culpabilité de Colonna qu’il eut été à l’honneur de la Cour de relaxer le personnage. Il ne s’agissait pas de le déclarer “non coupable”, mais bien de le relaxer au bénéfice du doute. Pour mon compte, je pencherais d’aillerus plutôt pour l’innocence. Mais ce n’est qu’un avis.

Pourquoi Colonna ? Une question qui reste sans réponse. On peut esquisser des pistes, mais rien de convaincant.

Que ce soit Versini, Maranelli ou Ferrandi, sers amis n’ont pas réellement l’intention de “sauver” Yvan Colonna. C’est une des raisons pour laquelle ils ne donneront aucun détail. Vous pouvez ajouter à la liste Pierre Alessandri, entendu cet après-midi. A peu de mots près, il reprend votre propos. Avec un dogmatisme qui me glace, un dogmatisme que je qualifierais de stalinien. Alors que le personnage, plutôt beau à la manière des empereurs romains, est loin d’être antipathique.
L’autre raison tient au fait qu’ils n’ont pas agit seuls dans leur coin. Ils se sont fait manipuler par plus fort qu’eux. En disculpant Colonna, sans le faire réellement, ces gens ont pour but de continuer le combat, de réveiller les consciences du nationalisme Corse et attirer des jeunes Corses. Un Colonna innocent pour l’opinion publique condamné par la Cour “en mission” servira bien plus leur cause qu’un Colonna libre.
Mais pourquoi Colonna me direz vous ?
En 2007, lors du premier procès, maitre Simeoni a directement mis en cause l’avocat Maitre Stagnara qui est intervenu lors de la garde a vue des membres du commando, en indiquant que bizzarement les prévenus avaient tous accouchés le nom de Colonna après avoir vu cet avocat. Me Stagnara a des liens très étroits avec le Mouvement nationaliste dirigé par Charles Pieri. Une mise en cause pour le moins inhabituelle, qui n’aurait pas lieu d’être sans fondement.
Ces gens sont enfermés dans un système de pensée qui n’est pas celui de criminels “classiques”, mais celui de militants qui étaient prêts à sacrifier leurs vies pour leur cause. Prêts à sacrifier d’autres vies pour leur cause.
Entre le meurtre du préfet et l’arrestation du commando, plus de quinze mois se sont écoulés.. Ce qui laisse largement le temps de réfléchir.
A cette époque, le processus de matignon est en gestation. Les membres du commando ont pu élaborer un plan qui pourraient les faire amnistier en cas de problème.
en 1999, Colonna à la triple particularité d’être :
- Le fils de Jean-Hugues Colonna (ex Mr Corse à l’intérieur dans un gouvernement de Gauche -> Il ne s’est pas fait que des amis dans le mouvement nationaliste) Ses relations peuvent servir..
- Le beau frère de Joseph Caviglioli, une personnalité du mouvement nationaliste .
- Une figure du mouvement (ex membre du comité exécutif de la cuncolta du temps de Pierre Poggioli).
Il parait évident qu’il présente toutes les caractéristiques, mieux que personne d’autre, pour être le soldat qui va “soulever du monde” pour leur venir indirectement en aide en cas de pépin. A dessin, provoquer l’électrochoc attendu.
Ce procès leur procure une tribune inespérée. Pour eux, la victimisation de Colonna, est l’assurance de ne pas être oubliés. La condamnation d’un innocent par le pouvoir, dans un “procès d’état”, peut au contraire permettre d’atteindre le but qu’ils s’étaient fixés.
Le caractère de l’homme. Je ne pense pas qu’il soit de ceux qui ne revendiquent pas leurs actes. Je le crois au contraire capable de mourir pour ses convictions.

Pour mon compte, mon travail commence. Il débordera naturellement le cadre strict de ce procès. Il faut se poser la quuestion : le système de justice anti-terroriste tel qu’il a été conçu notamment par le juge Jean-Louis Bruguière et la DST perdure en France est-il compatible avec le respect des Droits de l’Homme ?

Pour les Etats-Unis, le Président Barack Obama est en train de répondre : il démantèle l’echafaudage imaginé par l’administration Bush et la CIA.

Mon clavier, 2 avril

39UTCp30UTC04bThu, 02 Apr 2009 08:30:39 +0000UTC 9,2008

Fini de rire…

§ fin du sommet de G20 à Londres. Question : Mon Président Sarkozy va-t-il se retirer ? Il a beaucoup parlé avec Angela Merkel. Est-ce suffisant ? Et, naturellement, comme il a été lui aussi reçu par la Reine, il ne s’est pas barré. En revanche, Carla Bruni n’a pas commis “l’impair” de mettre la main sur l’épaule de la Reine, comme Michèle Obama G20 : plus de 1 000 milliards de dollars pour la relance et l’aide aux institutions financières. Les dirigeants réunis au G20 se sont également engagés, jeudi à Londres, à publier sans délai une liste des paradis fiscaux. Une nouvelle réunion du G20 aura lieu d’ici la fin de l’année.

§ Plusieurs milliers de manifestants défilaient à nouveau jeudi après-midi à Paris contre la politique du gouvernement dans l’Enseignement supérieur et la Recherche. La contestation universitaire est entrée dans sa neuvième semaine. Valérie Pécresse lâche un peu de lest : 130 chercheurs  échappent au gem des postes dans la recherche.

§ Conférence de presse aujourd’hui des défenseurs de Julien Coupat. Dans le Nouvel Observateur une longue enquête sur les “Totos”, les nouveaux ennmis de la République. Je vous prépare ça d’ici à la fin de l’après-midi.

Colonna, dossier 1338 – Réplique d’une partie civile

40UTCp30UTC04bFri, 03 Apr 2009 06:25:40 +0000UTC 9,2008

Christian Frémaux, un des avocats des parties civiles est en désaccord avec mon article de “bilan final” sur l’affaire Colonna. Par souci de rigueur dans l’information je vous soumets ses observations.

Je le cite avec son autorisation.

Je ne sais pas si on peut affirmer que Yvan COLONNA a été condamné au nom d’un texte qui n’existe pas.

Ce fut un des éléments de sa condamnation : le fait d’avoir pris la fuite, qui apparaît comme un signe apparent de culpabilité.

Mais il n’y avait pas que cela : les témoignages des membres du commando, et de leurs compagnes, la téléphonie… démontrent que Yvan COLONNA a participé à l’attaque de PIETROSELLA et à l’assassinat.

Un mandat d’arrêt avait été délivré. L’art. 131 du code de procédure pénale indique : « Si la personne est en fuite ou si elle réside hors du territoire de la République, le Juge d’instruction, après avis du procureur de la République, peut décerner contre elle un mandat d’arrêt si le fait comporte une peine d’emprisonnement correctionnelle ou une peine plus grave ».

Ne pas s’y soumettre est considéré aussi comme un signe de culpabilité.

Yvan COLONNA n’a donc pas été condamné au « nom d’un principe moral qui n’existe pas ». Il ne faut pas confondre principe moral, et texte légal.

Les accusations contre Yvan COLONNA étaient bien précises en droit (cf. l’ordonnance de renvoi).

La Cour d’Assises n’a pas à motiver son arrêt. Elle a répondu oui aux questions. C’est sa seule obligation en l’état des textes actuels.

Bien sûr le « recul », ou « la fuite » d’Yvan COLONNA a du peser dans la décision. Mais la Cour a du se déterminer d’abord sur la réalité des faits reprochés.

A vous de juger. En votre âme et conscience.

Justice, Coupat : des poursuites sans objet ?

51UTCp30UTC04bFri, 03 Apr 2009 08:05:51 +0000UTC 9,2008

Plus les semaines passent, plus l’affaire de Tarnac et l’incarcération sans jugement de Julien Coupat ressemblent à un embastillage.

Huit mois d’enquêtes tous azimuths, 1500 pages de dossier, et, selon les avocats des personnes poursuivies, pas une accusation qui tienne debout.

Extrait de la conférence de presse tenue ce matin à La Ligue de Défense des Droits de l’Homme.

Attention : le son n’est pas fabuleux.

Pour donner la mesure des enquêtes les avocats ont raconté comment les policiers auraient confondu des galipettes dans la nature de Julien Coupat et de sa copine Yvildune Levy avec des actions offensives contre les caténaires de la SNCF.

La Ligue de défense des Droits de l’homme s’inuqiète surtout des atteintes répétées et graves à la liberté de penser, de manifester et de fréquenter qui on veut, sous couvert d’une soi disant lutte antiterroriste.

Mon clavier, 3 avril

40UTCp30UTC04bFri, 03 Apr 2009 08:15:40 +0000UTC 9,2008

§ retour sur l’affaire Coupat, après une conférence de presse à la Ligue de Défense des Droits de l’Homme. Ce billet est actualisé à ce matin, vendredi 3 avril.

§ Affaire Colonna : l’avocat des parties civiles cité dans le billet joint est Christian Frémaux, qui défendait les intérêts du gendarme Daniel Herniaux.

§ Université : ils étaient encore plus de 30 000 dans la rue hier. Des informations non contrôlées évoquent une certaine lassitude. Par ailleurs, le Président de l’AERES (Agence d’évaluation de la recherche) a été fortement pris à partie pour sexisme par des protestataires de l’Université. JF Dhainaut a démenti les propos qui lui avaient été prétés.

§ G20: World leaders committed to new financial rules and $1.1 trillion for trade measures and guarantees and loans for poor countries.

http://www.nytimes.com/2009/04/03/world/europe/03summit.html?8au&emc=au

Mon très cher Nicolas est resté à Londres, Obama ne lui a pas
serré la main pendant la photo de groupe, mais il recevra
quand même le Président américain à Strasbourg.
Jacques Attali observe
1/ que ce plan a pour premeir effet d'allourdir de façon très
considérable les dettes publiques des pays industrialisés,
avec à terme un risque important d'inflation
2/que les mesures visant les paradis fiscaux ne sont guère
contraignantes, et n'affectent pratiquement pas les "vrais"
paradis fiscaux (place financière de Londres, Etats du Delaware
et du Nevada) ;
3/que la modification des règles compatables imposées par
les "pays anglo-saxons" risquent de conduire les banques
… à conserver leurs avoirs toxiques au lieu de les liquider.

Justice, marge : une Française en Allemagne

56UTCp30UTC04bFri, 03 Apr 2009 08:25:56 +0000UTC 9,2008

Alors que se poursuit la “détention provisoire” (préventive ?) de Julien Coupat, mon correspondant “Fabien de Ménilmontant” rappelle opportunément le cas de cette jeune Française arrêtée et incarcérée en Allemagne :

La jeune Française Cécile Lecomte et le collectif écologique Robin Wood protestent contre le passage d’un train transportant des déchets radioactifs («Castor»). dans une action spectaculaire où ils vont se suspendre à un pont juste au dessus de la voie ferrée. Cécile Lecomte a été interpellée en Allemagne en novembre 2008, au moment où la police française préparait son coup de filet antiterroriste qui allait mener à l’arrestation de Yldune Levy et de Julien Coupat (toujours en détention, lui). Elle a été jugée en janvier. Elle défendait une idéologie basée sur un monde sans nucléaire, et la mémoire de Sébastien Briat, tué sur une voie ferrée dans le Nord-Est de la France par un train transportant des déchets radioactifs vers l’Allemagne (aussi connu sous le nom de Sebastian Briat). Or c’est au nom de “Sébastien” [Briat] qu’une revendication allemande a été postée à la presse allemande pour… les sabotages de la SNCF reprochés à Julien Coupat et ses amis.

Mon Clavier, 4 avril

08UTCp30UTC04bSat, 04 Apr 2009 10:32:08 +0000UTC 9,2008

Modifié à 18 h

§ cinéma : la fille du RER, d’André Téchiné

§ Corse, Bastia ; Otan, Strasbourg : mêmes configurations. A Strasbourg, de violents affrontements entre policiers et protestataires . A Bastia, le rassemblement de samedi après-midi a débuté dans le calme, les différentes organisations ayant appelé les manifestants à ne pas commettre de violences Le cortège se dirigeait du palais de justice de Bastia vers la préfecture de Haute-Corse avec en tête plusieurs élus nationalistes.

§ Comité du Comité de soutien à Yvan Colonna

§ Histoire d’un pays lointain, persécuté

§ Aux Etats-Unis, la crise économique a détruit 663 000 postes de travail en mars, faisant bondir le chômage, déjà à son plus haut niveau depuis vingt-cinq ans, à 8,5 %, selon les chiffres corrigés des variations saisonnières publiés vendredi 3 avril. Le recul de l’emploi en mars suit plusieurs mois déjà catastrophiques : février avait été marqué par 651 000 destructions d’emplois, janvier par 655 000, et décembre s’est avéré être le mois le plus noir depuis 1949, avec 681 000 postes détruits. Le ministère écrit: “Les conditions du marché de l’emploi ont continué de se dégrader en mars.” “Depuis le début de la récession en décembre 2007, les pertes d’emplois ont atteint 5,1 millions, dont 3,3 millions au cours des cinq derniers mois”

§ Assistance Publique de Paris : 400 emplois supprimés. Benneteau (bateaux de loisir) 800.

Corse, Bastia ; OTAN, Strasbourg

05UTCp30UTC04bSat, 04 Apr 2009 09:16:05 +0000UTC 9,2008

Une manif va se déployer cet après-midi à Bastia. elle se situe dans le mouvement de protestation contre la condamnation à la prison à perpétuité d’Yvan Colonna. Le motif principal est la blessure, lundi dernier, lors d’une autre manif d’un lycéen frappé en pleine tête d’une grenade lacrymogène tirée “à tir tendu”. Le garçon est actuellement dans le coma.

Rappelons les règles d’emploi des grenades lacrymogènes tirées à l’aide de fusils spécialement équipés : ce type de munition ne doit jamais être utilisé à tir tendu, mais à tir parabolique. Les unités anti-émeutes ne doivent utiliser les grenades, et à tir non tendu, que lorsqu’elles se trouvent en difficulté face à une manifestation non maitrisée. La règle est la même pour les “flash ball”, tirant des balles en “caoutchouc” réputées non léthales.

Ces éléments de réponse m’ont été fournis par le Préfet de police de Paris, M. Gaudin, auprès duquel j’avais protesté à la suite de la blessure subie par mon petit fils, victime d’un tir tendu de flash ball lors d’une manifestation de lycéens … fêter le bac !

Nous risquons de voir apparaître ce même genre de situation lors des manifestations organisées à Strasbourg et dans ses environs par les militants anti-OTAN. Ils sont qualifiés d’anarchistes pour justifier les exceptionnels déploiements de moyens.

Plusieurs centaines de militants anti-Otan ont été repoussé samedi 4 avril par la police. Ils tentaient de s’approcher du centre de Strasbourg (est de la France) où se tient le sommet de l’Alliance atlantique.
Près du stade de la Meinau, les policiers ont fait usage de nombreux gaz lacrymogènes pour repousser un groupe d’une centaine de manifestants venus du village alternatif.

Rassurez-vous, bonnes gens : tous les manifestants seront en plus filmés, étiquetés, fichés. On retrouvera trace de leur participation dans des dossiers judiciaires ouverts ultérieurement, comme Yvan Colonna ou Julien Coupat.

Par la même occasion, ce blog sera également signalé aux services de renseignement. Pour les policiers qui l’ignorent encore, ne vous fatiguez pas : j’ai depuis longtemps transmis les coordonnées de mon blog à Bernard Squarcini, le patron de la DCRI.

N’oublions pas : un autre procès devant la cour d’assises spéciale de Paris se déroule depuis le 2 avril. Les prévenus sont  trois membres présumés du FLNC, tous nationalistes corses, Jean-Pascal Gorovenko, Nicolas Iacouzzo et Jean-Michel Versini. Ils sont accusés d’avoir participé  à des attentats commis dans l’île en 2003 et 2005 et revendiqués par le mouvement indépendantiste clandestin FLNC du 22 octobre.  Le premier attentat, commis le 1er août 2003, avait occasionné des dégâts légers aux locaux de la caisse régionale du crédit agricole de Corse. Le deuxième, le 11 octobre 2003, avait sérieusement endommagé la voiture personnelle d’un policier à Ajaccio. Le troisième, le 9 mars 2005, avait visé des locaux techniques d’EDF à Ajaccio. Cette dernière action était intervenue alors que la Corse subissait des coupures tournantes d’électricité, instaurées par EDF en raison d’une vague de froid persistante. Verdict le 8 ou le 9. On voit que les débats seront plus expéditifs que pour le cas Yvan Colonna.

J’oubliais par ailleurs : on me signale que Maître Gilles Simeoni recommande la lecture de mon blog lors de manifestations publiques. Je suis flatté, mais je n’ai engagé aucune démarche dans ce sens !

Et, pour ne rien arranger, en Ligue 2 demain (dimanche), rencontre explosive entre Strabourg et… Ajaccio. Le calendrier nous réserve de ces surprises ! En fait le match qui devait se dérouler samedi au Stade de la Meinau a été reporté à dimanche. La Meinau restera close vendredi et samedi. Sauf aux joueurs et au staff

Opinion : Un pays lointain, persécuté, un ethnocide

39UTCp30UTC04bSat, 04 Apr 2009 10:29:39 +0000UTC 9,2008

Je pourrais vous parler d’un pays lointain, dont la population et plus encore la langue, sont en voie d’extinction. Ce pays est une région, une partie d’un tout, un tout qui est un grand Etat entretenant des prétentions sur le plan mondial. Décennies après décennies, la politique de cet Etat de tutelle a été de restreindre toujours plus la civilisation qui s’était développée depuis des millénaires dans ce pays. Les fonctionnaires qui en sont originaires sont presque systématiquement nommés ailleurs, et pour gérer ce pays-là on y installe des fonctionnaires – d’autorité ou non – originaires d’autres régions.

La langue, l’accent, les coutumes ont été, sont vilipendés. Considérés comme des bandits, les habitants sont rejetés à la marge. On affirme que ce pays est goulu de subventions, mais les transferts financiers vers l’extérieur sont beaucoup plus importants que de l’extérieur vers l’intérieur, signes manifestes d’une économie colonisée. Depuis longtemps une grande partie des élites politiques a été détournée, corrompue, éloignée des intérêts locaux.

Pour exercer la justice à l’encontre des habitants de ce pays-là, on demande à des magistrats et à des policiers ignorants des réalités locales d’enquêter, de poursuivre, d’instruire, de condamner uniquement dans l’intérêt de la tutelle, jamais dans celui des administrés de ce pays-là. D’ailleurs, la parole de ces habitants est systématiquement considérée comme  mensongère, donc on n’en tient pas compte.Pire : parmi les ennemis de ce pays figurent des magistrats descendant de familles juives européennes décimées par les Barbares nazis, aujourd’hui intégrés dans la population dominante de cet Etat qui domine le petit pays que je vous décris.

Quand les Nations Unies commencent à s’inquiéter de la situation dans cette région qui présente tous les signes d’une colonisation et d’un ethnocide caractérisé – au sens de la destruction d’un peuple en tant qu’entité – le pays de tutelle se fâche, avec colère il dénonce les prétentions insupportables des instances internationales.

Vous pensez avoir reconnu ce pays, cette population ? Seraient-ce les Yanomamis du Brésil ? Les Navajos du Nouveau Mexique ? Les peuples premiers du Labrador ? Les habitants de Papouasie Nouvelle Guinée ? Les Azteks du Mexique ?

Vous avez absolument raison.

Vous avez raison. Sauf que vous avez oublié de penser à trois pays bien de chez nous : la Bretagne, dont la civilisation a presque disparu en tant que telle ; les trois provinces françaises du Pays basque, qui ne survivent que grâce à la lutte acharnée menée pour la survie de la civilisation et de la langue au pays Basque Espagnol. Au Sud, comme on dit à Bayonne.

Et la Corse. La Corse, ce pays de bandits. Quel intérêt y aurait-il à défendre les Corses ?

Je m’intéresse à la Corse, c’est vrai, mais pour une raison simple : c’est un pays qui meurt sous les coups portés par l’Etat de tutelle contre sa civilisation, sa langue, une population victime d’un incroyable racisme. Ce sont eux, ce n’est pas nous. Donc on s’en bat l’oeil.

Colonna : le Comité de soutien publie une mise au point sévère

45UTCp30UTC04bSat, 04 Apr 2009 16:36:45 +0000UTC 9,2008

Je reproduis ci-après le dernier communiqué de soutien publié par les amis d’Yvan Colonn. Ce n’est pas une prise de position, seul mon devoir de chroniqueur me conduit dans cette voie.

1.04.09
Une cour d’Assises spécialement composée . . . pour condamner.

Quand plus aucun argument n’est recevable et que les moyens de défense  sont refusés à un accusé, il est nécessaire de rappeler les grands principes et les fondamentaux du droit…

Il est demandé aux juges d’une Cour d’Assises « de ne trahir ni les intérêts de l’accusés ni ceux de la société qui l’accuse, ni ceux de la victime … de n’écouter ni la méchanceté ou la haine, ni la crainte ou l’affection…de (se) rappeler que l’accusé est présumé innocent et que le doute doit lui profiter…de (se) décider ….suivant (leur) conscience et (leur)  intime conviction… »

De ces contraintes doit intervenir une condamnation en toute impartialité et seulement si la preuve absolue de la culpabilité a été rapportée, ou alors un acquittement ne serait ce qu’au bénéfice du doute.

Dans cette affaire, au cours du procès en appel comme tout au long du processus judiciaire depuis mai 1999, les intérêts de l’accusé ont été trahis.
La cour et les parties civiles auront eu beau masquer leur malaise et continuer un procès discrédité sans accusé ni avocats de la défense, les faits sont là : après sept semaines d’audience, d’une incroyable déloyauté, Yvan Colonna a été condamné à la prison à vie avec une peine de sûreté de 22 ans.

Cette condamnation intervient après la mise en lumière de procédés illégaux  et de pratiques inqualifiables en matière de justice.
Une peine de perpétuité requise, motivée et assénée devant un box vide sans l’accusé ni ses avocats, dans une sorte de huis clos judiciaire dans lequel parties civiles, accusation et magistrats spéciaux sont liés par un pacte :   « envers et contre tout, condamnons Yvan Colonna ! »

Cette Cour d’assises spéciale, comme auparavant les magistrats instructeurs, n’a eu de cesse de discréditer les témoins oculaires ou d’exercer des pressions sur eux, de mépriser le balisticien et railler le rapport du médecin légiste sans jamais confronter leurs conclusions, de dissimuler la téléphonie, les écoutes judiciaires et les filatures sur Yvan Colonna …elle a  même fait mentir les indices matériels et finalement refusé l’acte essentiel qu’est la reconstitution.

A l’évidence, tout peut se dire, tout peut se faire devant cette juridiction d’exception à condition de ne pas remettre en cause la culpabilité d’Yvan Colonna, son innocence devenant un sacrilège.

Ce procès devait être un long fleuve tranquille, coulant jusqu’à une condamnation à perpétuité annoncée…c’est devenu un retentissant fiasco judiciaire, une vengeance d’Etat à mettre au passif du quinquennat de Nicolas Sarkozy.

Désormais, le spectre de l’erreur judiciaire est là, il hantera tous ceux qui de près ou de loin auront été instigateurs ou complices  de ce sinistre spectacle.

Depuis, le Comité de Soutien a multiplié les contacts et les réunions d’information, il affiche sur son site (www.yvan-colonna.com) une fréquentation record, et totalise à ce jour, plus de 51 000 signatures en faveur de l’équité judiciaire. Ses efforts ont été récompensés par une multitude de messages de solidarité et de soutien, et une mobilisation populaire sans précédent (plus de 10 000 personnes ont défilé dans le calme et la dignité dans les rues d’Ajaccio le 29 mars dernier)

S’armant de courage après qu’Yvan Colonna leur ait tourné le dos, les parties civiles peuvent bien parler de lâcheté mais la vraie lâcheté n’est elle pas  de mener un combat gagné d’avance, avec la complicité active de l’appareil d’Etat, en arguant avec cynisme qu’il est à armes égales !

Le Comité de Soutien continue de travailler, dans la sérénité et la détermination.

Cinéma – La fille du RER – André Téchiné

50UTCp30UTC04bSat, 04 Apr 2009 16:58:50 +0000UTC 9,2008

Un film d’André Téchiné. Durée : 1h 45min, avec Catherine Deneuve, Michel Blanc, Emilie Dequenne

Attention : ce film est mal distribué et risque de ce fait de disparaître assez vite des écrans

Téchiné prétend éviter tout propos politique. Mais le propos politique n’est jamais si fort que quand on affirme l’éviter. Dans ce portrait d’une jolie et charmante menteuse prise dans l’engrenage d’une construction médiatico-politique, André Téchiné nous donne une magistrale leçon de morale politique, avec un plongeon dans un monde presque en marge : une ménagère de cinquante ans sans boulot régulier enfermée dans sa banlieue genre “93″ petit bourgeois sous les lignes du RER ;  sa fille à peine sortie de l’adolescence, au chomdu, elle aussi ; son copain qui l’a draguée en filant comme le vent sur des rollers, lui aussi au chômage, et un peu trafiquant pour survivre. Et de multiples personnages secondaires et importants, un avocat de renom, sa femme israélienne, son fils nullissime sympa, son petit fils qui “reçoit autant de claques que de baisers”… On connaît l’histoire : celle de cette nana qui pour se rendre intéressante, a imaginé de raconter qu’elle avait subi une agression antisémite. Mensonge, bien sûr.

Pourquoi, comment… Pourquoi est-elle tombée dans cette affabulation ? Comment s’en est-elle mal sortie dans l’immédiat, pour devenir une vraie femme. Une histoire d’initiation un peu brutale à la vie.

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Récit délicat, malin, beau. Avec cet art incomparable de Téchiné de nous donner à voir ce qu’il y a dans la tête des jeunes. Des jeunes pleins de grâce, même quand il s’agit d’un petit voyou, même quand c’est une fieffée menteuse. Ils sont beaux, ils sont vivants, ils existent. Que peut-on écrire de mieux ? Et Catherine Deneuve me bluffe encore. Quelle comédienne, quelle bonne femme, quelle sensibilité !

Entraves policières à la Liberté de la presse

30UTCp30UTC04bSat, 04 Apr 2009 17:50:30 +0000UTC 9,2008

Un collectif dit du 30 mars de journalistes de Franche-Comté a été constitué à la suite de l’altercation entre un reporter et des policiers à Besançon.

“Les journalistes professionnels de Franche-Comté ont été choqués par l’interpellation d’un collègue le 30 mars alors qu’il faisait son métier lors de l’arrestation à Besançon d’un automobiliste auteur d’un rodéo dans les rues”.
“Ils ont également été surpris par un contrôle d’identité sans raison apparente le 1er avril d’une équipe de France 3 devant un collège de Vesoul”.
Le collectif “dénonce de tels dérapages”. Il estime que “ces deux exemples de dérapage en Franche-Comté s’ajoutent à la longue liste d’autres problèmes rencontrés par les journalistes en France depuis quelques mois”.
Journaliste du quotidien l’Alsace-Le Pays, Claude Mislin a porté plainte mardi pour “entrave à la liberté d’expression et du travail” et “violences volontaires”, à la suite d’une altercation la veille avec la police nationale, qui interpellait un homme considéré comme “dangereux”. Dans un communiqué, le SNJ a dénoncé “une bavure”, estimant que Claude Mislin avait été “molesté par des policiers”. L’Unsa Police du Doubs a indiqué mercredi, dans un communiqué, que les policiers de Besançon concernés par cette plainte, se sentant injustement mis en cause, allaient déposer plainte pour “dénonciation calomnieuse”.
La Ligue de protection des droits de l’Homme “s’inquiète des attaques incessantes du pouvoir et de l’UMP contre la presse, la multiplication des perquisitions, gardes à vue et autres procédés pour obtenir des journalistes qu’ils livrent leurs sources sont intolérables”. Les interrogatoires subis par des journalistes de rue89 et de France 3 viennent s’ajouter à bien d’autres menaces. La LDH rappelle que “la France est régulièrement condamnée par la Cour européenne des droits de l’Homme pour ses atteintes à la liberté de la presse”.

Mon Clavier, 5 avril – Bastonnades et un Président sous cloche

40UTCp30UTC04bSun, 05 Apr 2009 16:00:40 +0000UTC 9,2008

Actualisation à 17 h

Je vous rappelle que j’actualise mes claviers tout au long de la journée. Et que, pour ceux qui ne l’auraient pas encore découvert, que mes deux romans, la Sérénade italienne, un thriller et Nuits bleues, l’histoire d’un “fugitif” en Corse, sont toujours disponibles en téléchargement, conformément à l’objet de ce blog.

§ Comme prévu, après le tumulte de l’Affaire Colonna – qui s’est poursuivi hier à Bastia avec une grosse baston face à la police – l’intérêt de mes lecteurs se relâche un peu. Pourtant, je n’en ai pas fini.

§ Nous allons essayer de réfléchir à la situation de notre excellent Président Nicolas Sarkozy après la bouillonnante semaine diplomatique que vient de vivre le Monde. Le bilan n’est pas formidable…

§ Strasbourg-Otan : ça s’est mal passé, à la marge.  Les éléments les plus violents” ont incendié en partie un hôtel et une pharmacie ainsi que les anciens locaux de la douane du pont de l’Europe, qui enjambe le Rhin. Auteurs des violences, des Black Blocks – militants issus des autonomes allemands – cagoulés et armés de barres de fer, ont pillé, ravagé et incendié un hôtel Ibis, une pharmacie ainsi qu’un poste de police inoccupé et les bâtiments vides de l’office du tourisme. Ils étaient une centaine selon les estimations des journalistes de l’AFP.  Selon Jacques Fernique, conseiller régional des Verts, “rien ne s’est passé comme prévu. Les Black Blocks ont été maîtres du terrain dès le départ et la manifestation a été une espèce de fuite en avant”.

§ Manif à Bastia

§ Mon Président sous cloche.

§ La Corée du Nord gesticule dans l’espace : Une fusée longue portée a été lancée dimanche 5 avril par la Corée du Nord. Selon le président américain Barack Obama il s’agit d’un missile longue portée Taepodong-2. Puissance nucléaire depuis le 9 octobre 2006, la Corée du Nord a proclamé son droit à développer un programme spatial “à des fins pacifiques”, au même titre que l’Iran qui a placé en orbite début février son premier satellite. Le lancement d’un satellite de télécommunications Kwangmyongsong-2, s’inscrit dans ce programme, selon Pyongyang.

§ Roman : Seul dans le Noir, par Paul Auster

§ Voir aussi le billet consacré à un livre… introuvable dans le commerce : “Justice, mise en examen”, par Frédéric Valandré

Ces pays qui lavent plus blanc, l’argent

23UTCp30UTC04bSun, 05 Apr 2009 10:06:23 +0000UTC 9,2008

La liste publiée par l’OCDE. Elle est précédée par la mention de pays visés, mais épargnés. Telles la Grande-Bretagne (place de Londres) et la Suisse qui minimise l’évènement. Sur la TSR jeudi soir, Hans-Rudolf Merze, le président de la Confédération, a rappelé :

« La présence de la Suisse sur la liste n’est pas une surprise.

C’était pour éviter de figurer sur cette liste noire que le Conseil fédéral avait retiré les réserves émises sur les conventions [d'entraide fiscale] de l’OCDE.

La liste grise de l’OCDE concerne 38 pays qui n’ont pas tenu leurs engagements en matière de transparence financière. on relèvera que huit de des pays sont physiquement situés à l’intérieur de la Communauté européenne ! Et que l’Etat américain du Delaware n’est pas mentionné !

  • Autriche
  • Andorre
  • Anguilla
  • Antigua et Barbuda
  • Aruba
  • Bahamas
  • Bahreïn
  • Belgique
  • Belize
  • Bermudes
  • Brunei
  • Les îles Caïmans
  • Chili
  • Les îles Cook
  • République dominicaine
  • Gibraltar
  • Grenade
  • Guatemala
  • Liberia
  • Liechtenstein
  • Les îles Marshall
  • Luxembourg
  • Monaco
  • Montserrat
  • Nauru
  • Antilles néerlandaises
  • Niue
  • Panama
  • Saint-Kitts et Nevis
  • Sainte-Lucie
  • Saint Vincent et les Grenadines
  • Samoa
  • Saint-Marin
  • Singapour
  • Suisse
  • Iles Turks et Caïques
  • Vanuatu
  • Les îles Vierges

Corse : la manifestation de Bastia

59UTCp30UTC04bSun, 05 Apr 2009 10:51:59 +0000UTC 9,2008

En soirée de samedi, une centaine de militants nationalistes corses, pour la plupart cagoulés et porteurs d’armes préparées à l’avance et d’explosifs ont affronté les CRS. Cette manifestation a rassemblé 1.500 personnes selon la police, 15.000 selon les organisateurs.

Peu après 22h00, on dénombrait une trentaine de CRS commotionnée, dix blessés dans un état grave. Gilles Leclair, coordinateur des services de sécurité en Corse, n’a pas hésité à parler de “guérilla urbaine” et une “campagne de désinformation des nationalistes” sur les conditions de la blessure du collégien.

Cette manifestation contre “les violences policières”, qui a rassemblé 1.500 personnes selon la police, 15.000 selon les organisateurs, était organisée samedi à l’appel de la plupart des organisations nationalistes corses après la manifestation de soutien à Yvan Colonna lundi au cours de laquelle un collégien de 15 ans avait été blessé.

“On a monté la tête à certains jeunes alors qu’on n’a aucune certitude sur circonstances dans lesquelles le collégien a été blessé”.

La thèse de la police soutient que le collégien est tombé en avant dans une bousculade, son visage “s’écrasant contre une grenade lacrymogène active”.

Outre les blessés, plusieurs bâtiments publics et des établissements bancaires ont été dégradés.

Dans la journée de dimanche, Michèle Alliot-Marie, la Ministre de l’Intérieur, s’est précipitée à Bastia au chevet des CRS blessés, elle a dénoncé “les violences inadmissibles commises par une poignée d’individus qui ont pour but de s’en prendre à tous les symboles de l’Etat”, mais aussi “la lâcheté de ceux qui mettent les jeunes en avant lors des manifestations”. Le mot de lacheté est décidemment récurrent pour désigner les Corses.

Livre – Justice : mise en examen

28UTCp30UTC04bSun, 05 Apr 2009 11:05:28 +0000UTC 9,2008

Editions Underbahn, Wilmington, Delaware. 268 pages, mars 2009 Prix 12,00€ (frais de port compris pour la France) ISBN 0-9774224-8-8

L’auteur : Frédéric Valandré parle de son livre. Dirions-nous que son propos n’est pas exactement progressiste, il admet même être plutôt très à droite. Il a par ailleurs consacré sa thèse de doctorat aux Editions Alain Moreau.

La violence politique est excusée, voire justifiée, dès lors que les assassins peuvent être assimilés à des révolutionnaires ou à des progressistes. Un gangster dénué de pitié et aux mains tachées de sang est considéré comme un justicier solitaire lâchement exécuté par la police. On transforme un criminel avéré, tel un violeur en série ou le meurtrier d’une femme agée, en l’innocente victime d’une prétendue erreur judiciaire. Comment est-ce possible ? Toutes ces aberrations, et bien d’autres encore, j’ai souhaité les passer au crible dans cette “mise en examen” d’une pseudo-justice, dont les dégâts ont été et demeurent considérables dans notre pays. Un dossier noir de la justice médiatique.

Appareil de notes important (320), mais ni sommaire, ni index, ni liste des sources bibliographiques. Dommage.

Frédéric Valandré est écrivain et docteur en sciences humaines. Il est l’auteur de France Intox, publié par les Editions Underbahn en 2006.

Cet ouvrage est publié par un petit éditeur américain francophone qui est en effet basé dans le Delaware, et qui a également un bureau à Paris. Pour le moment, le livre, sorti très récemment, doit être commandé par Internet :
http://underbahn.gorillaguerilla.com/0977422488.html
Ou par chèque de 12 euros à l’ordre des éditions Underbahn : 69 rue de Lyon 75 012 Paris.

Guadeloupe : feu les accords Bino ?

12UTCp30UTC04bSun, 05 Apr 2009 11:49:12 +0000UTC 9,2008

Sous la pression des représentants locaux du MEDEF, le gouvernement français s’appréterait à “limiter l’application” des accords Bino qui ont permis de mettre fin à la crise sociale dans l’île antillaise.

Selon Le Monde le ministre du travail et des relations sociales, Brice Hortefeux, a choisi de se donner un délai de réflexion supplémentaire. Selon son cabinet, il devrait se prononcer “dans le courant de la semaine prochaine”, sur l’extension à toutes les entreprises de la Guadeloupe de l’accord salarial, dit accord Jacques Bino. Signé le 26 février entre le collectif du LKP et des organisations patronales minoritaires, ce texte, adopté après quarante-quatre jours de conflit, prévoit notamment le versement d’une prime de 200 euros pour les bas salaires, prise en charge par l’Etat et les collectivités locales durant trois ans.

Ce recul a toutes les chances de relancer la crise sociale, alors que le travail n’a pas encore repris dans de nombreuses entreprises.

Sécurité – Mon Président fait sien le slogan “envoyez les flics”

41UTCp30UTC04bSun, 05 Apr 2009 16:13:41 +0000UTC 9,2008

Mon Président aime de plus en plus la police, pour un oui ou pour un non, il lui faut rappeler le principe ” Appelez les flics”.

Pour la visite de Mon Président Sarkozy à Châtellerault le 31 mars, le dispositif de sécurité mis en place aurait atteint jusqu’à 1.500 policiers, gendarmes et CRS. 1500 policiers : autant que d’invités à la table ronde organisée autour du Président. 1.500 invités et pas un opposant. Nicolas Sarkozy sous cloche dénonce Frédéric Berg dans le quotidien La Charente libre. Et de décrire une ville en état de siège, trois cordons de sécurité, près d’un millier de policiers et gendarmes parmi lesquels des tireurs d’élite et des membres du Raid, une unité d’élite de la police. Pour le déplacement de Nicolas Sarkozy venu hier à Châtellerault défendre et annoncer «des mesures justes face à la crise», les forces de l’ordre en lien avec la préfecture n’ont voulu prendre aucun risque.

Depuis les incidents de Saint-Lô dans la Manche début janvier et la mutation express du préfet et du directeur de la police, chaque déplacement présidentiel est placé sous très haute sécurité. Les journalistes qui suivent régulièrement le président parlent de «sanctuarisation».

Les milliers de manifestants qui ont tenté d’approcher le parc des expositions où Mon Nicolas Sarkozy a participé à une table ronde l’ont vite compris. Ils ont été maintenus à distance, au niveau d’un pont situé à 800 mètres et protégé par des grilles et des CRS. Quand les manifestants ont tenté de forcer le passage, les grenades lacrymogènes ont plu.
Des invités, pas d’opposants. Lorsque le président de la République est arrivé au Parc des expositions flottait encore un discret parfum irritant et perçait encore les derniers éclats de la manifestation en cours de dispersion. Des bruits parasites vite couverts par les tonnerres d’applaudissements des 1.500 invités.

Mon Président ne peut plus se déplacer sans être entouré par au moins 1000 policiers. Même la droite commence à en avoir honte.

A Valence, nous n’avons eu connaissance des mesures exceptionnelles de sécurité que grâce aux bons soins d’un officier de gendarmerie outré par l’extravagant service d’ordre pour une déplacement de… deux heures du Président dans la Préfecture de la Drôme.

« On se croirait sous l’Ancien Régime » lance Ségolène Royal qui vitupère ciontre les “violences faites aux salariés, invités à disparaître en silence”. Elle ne s’étonne pas de voir les patrons subir leur colère. François-Henri Pinault chahuté dans son taxi, des cadres de Caterpillar retenus par leurs employés, le voyage présidentiel à Châtellerault tournant à l’affrontement entre manifestants et policiers.
Même gigantesque déploiement de forces à Strasbourg pour le sommet de l’OTAN.  Pour protéger les Grands. Pas les populations :  tandis que les cohortes policières casquées et harnachées comme des chevaliers du Moyen Âge formaient le mur, la banlieue était abandonnée. Un millier de casseurs ont eu le champ libre, provoquant plusieurs incendies dont un hôtel et une pharmacie. Selon des témoins et un journaliste de Reuters présent sur place, ces événements survenant après le passage du cortège officiel ont duré une heure vingt sans que les policiers, massés à proximité, n’interviennent.

Piteuse explication de Claude Guéant, le Secrétaire général de l’Elysée, lors du “Grand rendez-vous” Europe 1-Le Parisien-Aujourd’hui en France.:

“La police ne peut pas être partout. Elle ne peut pas être devant chaque immeuble de Strasbourg, c’est évident. Dès qu’elle a eu connaissance des incidents qui se produisaient, elle est arrivée, les sapeurs-pompiers sont arrivés, mais il faut quelques minutes pour arriver sur les lieux”.

Le maire de Strasbourg, Roland Ries, a souhaité qu’un “bilan précis des responsabilités” soit dressé, estimant notamment qu’il y avait eu “probablement des problèmes au niveau de l’encadrement policier”.

“Les forces de l’ordre ont parfaitement fait leur travail”, a rétorqué également la ministre de l’Intérieur Michèle Alliot-Marie, reconnaissant néanmoins qu’elles ont été “très gênées” par des “petits groupes très violents”.

Résultat de cette politique : la multiplication des affrontements dictés par une irritation croissante de la population. Après Strasbourg, il y a eu Bastia. Et, aujourd’hui dimanche, la Foire du Trône à Paris. On remplace le dialogue social par les interpellations musclées et les gardes à vue.

N’oublions pas que ces dispositifs de sécurité ont un coût : plusieurs centaines de millions d’Euros lors de chaque événement.

Livre : Seul dans le noir par Paul Auster

55UTCp30UTC04bSun, 05 Apr 2009 20:39:55 +0000UTC 9,2008

182 pages, Actes Sud, janvier 2009

August Bill est un critique littéraire cloué dans son fauteuil à la suite d’un accident de voiture. Hanté par les insomnies. Depuis la mort de son épouse, Sophie, il vit dans le Vermont chez sa fille Myriam, divorcée ; sa petite fille Katya les a a rejoints après l’enlèvement suivi d’assassinnat en Irak de son ami Titus.

Pour essayer de consoler Katya August passe ses journées à regarder des films d’anthologie à la télévision… Et pour occuper ses nuits il invente une fantasmagorie tragique qui se déroule pendant une guerre civile opposant les Etats Unis et les Etats indépendants d’Amérique. 13 millions de morts. Pour mettre fin à ce carnage, Owen Brick doit tuer August Brill, le critique littéraire qui a fomenté la révolte des Etats indépendants contre les Etats Unis…

Cette fabuleuse histoire n’a qu’un temps. Brill doit rentrer dans sa peau de grand-père. Il a perdu sa chère femme voilà quelques mois, sa petite fille est inconsolable. Alors il entreprend de lui raconter sa vie compliquée de ménage. Sa rencontre avec Sophie, une chanteuse de grand talent. Comment ils se sont séparés, comment grâce à leur fille ils se sont retrouvés après de nombreuses années.

Je voulais en venir là, à ces pages poignantes et magnifiques où le héros évoque sa vie avec sa femme, aux rapports incroyablement compliqués, obscurs entre son épouse et lui. Comment la vie est passée. Comment au-delà de tout la passion a structuré leur vie.Ils se retrouvent, il raconte à sa petite fille comment il appelle Sophie sa grand-mère au téléphone :

“Non sans trépidation. Non sans boule dans la gorge et noeud à l’estomac. C’était la répétition exacte de la première fois que je l’avais appelée- vingt-sept ans auparavant. J’étais de nouveau le jeune froussard de vingt ans transi d’amour qui prend son courage à deux mains pour appeler la fille de ses rêves et lui demander un rendez-vous.”

Par ce récit hanté par la guerre, la mort, le remord, August Brill finit par ramener sa petite fille à la vie. En cours de route, on oublie la fiction dans la fiction échafaudée au coeur du roman. Qu’importe…

J’apprécie surtout l’immense liberté de ton, la finesse de Paul Auster, qui nous dit tout en quelques mots pudiques.

Idéologie : de Le Pen à Sarkozy

05UTCp30UTC04bSun, 05 Apr 2009 21:45:05 +0000UTC 9,2008

Mon correspondant Laurent Opsomer me communique ses réflexions à propos des correspondances entre un discours de Le Pen en 2006 et l’idéologie pratiquée par l’équipe de Mon Très Bon Président Sarkozy

Discours de Jean-Marie Le Pen à Dijon – Novembre 2006

http://rethorik.free.fr/spip/spip.php?article65

Il y a d’incroyables coïncidences entre ce discours de 2006 et les pratiques du pouvoir actuel depuis 2007. Ainsi retrouve-t-on une dénonciation commune de Mai 68, mais aussi de la « destruction du principe d’autorité, dans les familles et à l’école, de la destruction du sens de l’effort, de la destruction de la valeur travail et de la hiérarchie des compétences », ainsi que le coût de l’école, la volonté de supprimer la carte scolaire et des IUFM, la remise en cause de la laïcité… au nom de la laïcité, la manipulation des élèves par leurs enseignants pour dénoncer les manifestations, etc.

J’ai d’ailleurs retenu un exemple révélateur, je cite : « L’an dernier, un roman donné à lire dans une classe de quatrième, à Nantes, décrivait « sur deux pages la masturbation d’un jeune garçon » ! » Bien évidemment, il est impossible de vérifier la véracité de ses dires (quel roman ? Quel établissement ? Quel enseignant ?) mais l’impact psychologique est là ! Cela change, néanmoins, de « La Princesse de Clèves » (févier 2006) ou du pseudo chômeur ayant refusé 63 offres d’emplois (avril 2008) et des 500 000 emplois non pourvus en France (janvier 2008), allégations mensongères pour frapper l’imaginaire de l’opinion et, par la même, sanctionner davantage les personnes en recherche d’emploi. En résumé, fausses vérités mais vrais mensonges ! Simple, réducteur mais toujours efficace ! D’ailleurs, Adolf Hitler ne disait-il pas que « La faculté d’assimilation de la grande masse n’est que très restreinte, son entendement très petit ; par contre, son manque de mémoire est grand. » (Mein Kampf, 1924) ?

Et Albert Einstein de répondre : « Le monde est trop dangereux pour qu’on y vive – non à cause des gens qui font le mal, mais à cause de ceux qui les laissent faire sans bouger… »

Je ne pense pas que la position de Sarkozy soit directemnt inspirée par Le Pen. Le plus probable est qu’il y a rencontre conjoncturelle entre deux systèmes de pensée.

Mon Clavier, 6 avril

42UTCp30UTC04bMon, 06 Apr 2009 07:58:42 +0000UTC 9,2008

§ Enfin une bonne nouvelle : selon le secrétaire général de l’Elysée Claude Guéant, malgré l’insistance américaine, Mon Président Nicolas Sarkozy n’entend pas renforcer les troupes françaises en Afghanistan “dans l’état actuel des choses”. Il devrait se contenter d’envoyer 150 gendarmes pour contribuer à la formation de la gendarmerie afghane.

§ A propos du procès Colonna, je veux citer le billet de Jean-Michel Aphatie publié vendredi :

” Comment stigmatiser l’indifférence sans référence aux valeurs fondatrices? Comment s’indigner du silence face au scandale sans hausser le ton?”

§ Doit-on être vraiment surpris, après les perspectives de remise en cause des accords Bino en Guadeloupe ? De source syndicale, on indique que les principales centrales syndicales guadeloupéennes, dont l’UGTG (51,67 % des suffrages aux prud’homales de novembre), celle d‘Elie Domota, porte-parole du collectif LKP, ne participeront pas aux états généraux de l’outre-mer décidés par Nicolas Sarkozy.

§ Université : le début de la fin de la grève ?

§ Comme promis, bilan du G20, en demi-teintes

Mondialisation : un G20 en demi teintes

10UTCp30UTC04bMon, 06 Apr 2009 09:45:10 +0000UTC 9,2008

Je vous avais promis de revenir sur les enseignements du sommet dit G20 qui s’est tenu à Londres les 2 et 3 avril.

Le bilan est copieux, mais en demi-teintes.

Le G20 a pris quatre orientations décisives pour essayer de sauver l’économie mondiale : de l’argent, de nouvelles règles, des institutions internationales renforcées et l’admission des pays émergents à la table des pays riches.

1 – Mobilisation de moyens pour éviter la syncope financière. A hauteur du chiffre colossal de 1 000 milliards de dollars (745 milliards d’euros) supplémentaires à injecter dans l’économie mondiale. Il a été décidé de mettre à la disposition des pays les plus en difficulté de nouveaux moyens financiers via les organisations internationales.
Le FMI va ainsi voir ses moyens tripler à 750 milliards de dollars. Quelque 250 milliards seront financés par de la création monétaire, en clair la planche à billets. Mais pas de plan de relance mondial.

2 – Mise à l’index des paradis fiscaux et contrôles accrus pour les fonds spéculatifs.
Les dirigeants du G20 ont décidé la publication par l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), de la liste des paradis fiscaux non coopératifs, satisfaisant ainsi la demande de la France et de l’Allemagne. Le communiqué final du sommet affirme que “l’ère du secret bancaire est terminée” et que “des sanctions” seront prises contre les centres fiscaux non coopératifs. Mais, à Londres, on se marre un peu en observant ces gesticulations.
3 – Renforcement des moyens et pouvoirs des institutions internationales. Les dirigeants des institutions internationales triomphaient eux aussi. “C’est le grand retour du FMI”,
Les banquiers centraux vont  voir les pouvoirs de leur Forum de stabilité financière (FSF) renforcés. Cette organisation, invitée à détecter les risques financiers, va devenir “une organisation mondiale de la finance”, selon l’expression de M. Sarkozy.
4 – Prise en compte de la mondialisation dans les “organes” de décision. Le quatrième grand acquis du sommet concerne les rapports de force sur la planète, avec l’intégration des pays émergeants dans les grandes décisions. Il apparaît urgent de réformer le poids des pays émergents dans ces institutions. Le G20 en lui-même, et non plus G7 ou G8, est déjà une avancée.

Dans le bilan, les points négatifs : l’origine de la crise n’a pas été traitée ; absence de discussion sur les grands déséquilibres monétaires, budgétaires et commerciaux. Une question n’a été abordée que du bout des lèvres : le rétablissement de finances publiques saines à long terme. Les Allemands estiment que rien ne sert de multiplier des dépenses supplémentaires. Au lieu de rétablir la confiance, on va finir par faire réapparaître le spectre de l’hyperinflation.

Le G20 n’a pas non plus parlé taux de changes. Tout comme n’a pas été abordé le problème posé par la distorsion du partage des revenus au profit de l’actionnariat, au détriment des salariés, distorsion qui est en partie à l‘origine de l’endettement massif des ménages dans les pays occidentaux. Cet endettement étant lui-même à la source de la crise financière.

Comment éviter des crises encore plus graves lorsque l’on ne discute pas de l’endettement effrayant des consommateurs, de l’endettement structurel des Etats occidentaux (excepté l’Allemagne et certains petits pays), du dumping fiscal entre les grandes puissances, de l’importance des politiques monétaires, du laxisme de la FED ces dernières années et donc de la place du dollar ? Malgré l’insistance de la Chine la place du dollar dans l’économie mondiale n’a pas été discutée en profondeur

Malgré ce bilan en demi teinte, une constatation s’impose : ce G20 a vu émerger le principe d’une gouvernance mondiale nécessaire face à la dérégulation et la globalisation de l’économie. L’instauration d’un pouvoir politique international fort est la seule manière de reprendre le dessus sur une économie déréglementée et sans frontière. Les Etats Nations ne peuvent plus s’autodétruire en pratiquant une concurrence acharnée pour séduire les investisseurs.

Ce G20 a été surtout le triomphe du style « Démocratie participative », à l’opposé absolu des comportements dictatoriaux de Mon Président ou de Berlusconi qui laisse croire qu’il est important en ne cessant pas de téléphoner…

Ne parlons pas de Georges W qui lors de ses derniers mois de présidence a été totalement absent, se contentant de bloquer les mesures financières qui pouvaient gêner des grands amis de la petite finance républicaine.

La déception de Nicolas : il n’a pu imposer son leadership personnel. Il a un peu tempêté, mais personne ne le regardait, Barack Obama le saluait à peine. Bien loin de ces gesticulations, l’implication du Président américain, qui dans la ligne de son expérience d’animateur social a plus joué les médiateurs que les leaders, les concessions du président chinois Hu Jintao et la présidence du premier ministre britannique, Gordon Brown, ont été décisives dans le succès de ce sommet majeur.

Sur le plan des pratiques politiques, avec ses certitudes de prédicateur inspiré, ce grand échalas d’Obama ringardise les autres leaders mondiaux relégués chez les Vieux.

Et ne parlons pas de Michelle Obama : une vraie classe, à ses côté, malgré son manteau violet sur mode de Milan, Carla Bruni est bien pâle ! Michelle lui a offert une guitare, en «signe d’amitié». Et pas n’importe quelle guitare. Une guitare acoustique de la marque Gibson, considérée comme la Rolls des guitares. Un clin d’oeil aux chansons de Carla Bruni-Sarkozy, qui accompagne souvent ses textes d’une partie guitare.

Relatif optimisme dans les milieux financiers

Tout en restant extrêmement prudents et circonspects – pas question d’être une deuxième fois rattrapé par de gigantesques erreurs d’analyse et d’appréciaition -  les milieux financiers français affichent au moins un certain soulagement. On n’exclut pas de voir redémarrer la Bourse assez rapidement, et l’économie avec quelques mois de décalage. Peut-être au début de 2010, dans six mois, donc. Mais avec un retour aux mauvaises habitudes : les prix de l’immobilier américains serviraient à nouveau de moteur pour la reprise.

En attendant, l’immobilier ancien s’effondre en France, – 30% pour les transactions, – 10 % pour les prix.

Sécurité et Sarkozy à Saint-Quentin

49UTCp30UTC04bMon, 06 Apr 2009 15:23:49 +0000UTC 9,2008

Mon correspondant Opsomer me communique ce témoignage dont la publication a été autorisée par son auteure.

Je me permets de citer ce témoignage d’une jeune femme suite à la venue de l’homme de l’Elysée à Saint-Quentin au mois de mars dernier. Ce message a été écrit le 29 mars dernier mais je ne le poste qu’aujourd’hui, après avoir obtenu l’aval de ladite personne pour le publier.

Depuis quelques mois, j’habite avec mon ami sur Saint-Quentin. Or, quelle fut ma surprise quand j’ai découvert ma ville complètement changée le jour de l’arrivée de Sarko !!!!!
Sincèrement je me croyais aux USA, je n’osais même pas promener mon chien de peur de prendre un PV au cas où il ferait ses besoins là où il ne faut pas !!!! Mais le plus incroyable et le plus honteux, c’est l’impressionnant déploiement de CRS dans la ville. On dit que ce sont des policiers municipaux : FAUX !!!! FAUX, FAUX et archi FAUX !!!! En plus, on a demandé aux commerçants de la rue d’Isle de fermer les portes pendant que le nain de jardin (sic) mangerait au restaurant la Villa d’Isle !!!! Pour que Monsieur soit tranquille !!!!
Mon ami travaille au collège Marthe Lefevre. Juste à coté se trouve le stade sur lequel Monsieur a atterri en hélicoptère bien sûr, et vous savez quoi ? Des CRS ont demandé l’autorisation de placer des snipers sur le toit du collège !!!!!! Ce que le directeur aurait refusé…
Une manifestation ayant été organisée et étant en repos, la question ne se posait pas : j’y suis allée accompagnée de mon ami. Hé bien, nous avons toujours été bloqués au bout de 100 m ou à chaque fin de rue, ne pouvant ni de loin ni de près approcher le centre ville ou le palais des sports. Puis nous, manifestants, sommes passés par une rue, que les CRS n’avaient pas prévus !!!! Et là, quelle “frayeur” ! Les CRS sont arrivés en masse en courant avec à la main des bouteilles blanches (du gaz lacrymo, je pense). Terrible non !!!!
Enfin, a été bloqué pendant près de 15 min un rond-point. Là, ils ont eu du mal à nous déloger !!!!! Bien que moi, après avoir pris une bonne averse sur la tête et au bout de 1h30, je décidais de regarder tout ça un peu a l’écart en espérant pouvoir rejoindre mon véhicule. Quelle idée j’ai eu là ! Nous avons été bloqués, avec d’autres personnes qui voulaient rentrer chez elles, pendant près d’une heure !!!! Autour d’un autre rond-point !!! Ironique non ?
En résumé, j’ai vu des choses incroyables et pour moi c’est tout simplement une honte !!!!!
Pour terminer, sur une des banderoles, on pouvait lire ceci : “Sarko mon amour pour toi s’envole comme un pavé dans ta gueule !”
Enfin, une chanson que l’on aurait pu mettre et criante de vérité de Patrick Sébastien : “Ha ! Si tu pouvais fermer ta gueule !!!!!”
Donc voilà un petit séjour qui coûte 400 000 € et vous combien gagnez-vous ???? Vive les impôts !!!!

Opsomer de préciser : J’insiste sur un point : mon interlocutrice n’est nullement une personne violente et ne l’a jamais été ; j’ai d’autant plus été surpris par la dureté de ses propos, preuve qu’il y a désormais une véritable exaspération que n’entend pas un pouvoir devenu autiste. J’irai même plus loin : ce dernier a trahi car il a trop promis ! Or, comme disait Vauvenargues, “On promet beaucoup pour se dispenser de donner peu…” Et Erik Emptaz d’ajouter que “Les promesses électorales, même quand elles volent très haut, ne vont jamais très loin” (« Le Canard enchaîné » 7 mars 2007).

Université : le début de la fin de la grève ?

56UTCp30UTC04bTue, 07 Apr 2009 07:28:56 +0000UTC 9,2008

Reuters – Est-ce la fin annoncée de la grève dans les Universités, à proximité des examens de fin d’année ? Après dix semaines de grèves et de manifestations dans l’éducation nationale, Lionel Collet, président de Lyon 1, la plus importante université de Lyon a appelé solennellement étudiants, enseignants et chercheurs à reprendre le travail.

Il  soutenait jusqu’ici le mouvement de protestation. Il explique désormais que le gouvernement a accepté des concessions importantes, qui devaient conduire à l’arrêt. La poursuite du mouvement compromet l’image des universités et le cursus des étudiants, a-t-il dit, ajoutant qu’il pourrait être amené à refuser de délivrer des diplômes.

Pour autant, le mouvement n’est pas terminé au plan national. Une coordination nationale des universités devait se réunir ce lundi à Paris pour décider éventuellement d’une nouvelle journée d’action pour mercredi ou jeudi.

Le gouvernement a accepté de revoir le décret réformant le statut des enseignants-chercheurs, a repoussé certaines autres mesures comme la réforme de la formation des enseignants ou fait des concessions sur les effectifs.

Lionel Collet “Après plusieurs semaines de discussions, il y a eu beaucoup d’avancées, mais j’ai l’impression qu’aujourd’hui reconnaître ça et reprendre le travail reviendrait pour certain à soutenir le gouvernement et le président de la République… On se trompe de cible, si les revendications sont directement liées au gouvernement, alors il faut qu’elles s’expriment en dehors de l’université”,

L’université Lyon 1 compte 35.000 étudiants des filières scientifiques. Actuellement, 3.000 étudiants sont privés de cours dans les facultés de mathématiques, informatique et biologie, bloquées par les grévistes.

Ailleurs, ça ne se passe pas si bien. A Rennes, par exemple.
La centaine d’étudiants qui avaient envahi lundi la présidence de l’université de Rennes 2 et retenaient dans la soirée son président Marc Gontard et d’autres dirigeants dans le bâtiment, ont libéré les lieux vers 21h. “Lorsqu’ils ont eu connaissance de la réponse négative du président à leurs demandes, les étudiants ont décidé, après un vote, de quitter les lieux”, a expliqué Jean-Emile Gombert, vice-président de l’université qui se trouvait retenu dans le hall occupé. Les étudiants ont annoncé qu’ils allaient mettre en place mardi matin des piquets de grève pour empêcher la reprise des cours à laquelle a appelé Marc Gontard.

Mon clavier, 7 avril

19UTCp30UTC04bTue, 07 Apr 2009 08:04:19 +0000UTC 9,2008

§ A propos d’une réunion électorale d’Eva Joly : un dialogue de sourds entre une salle militante et des experts du Droit.Et les étranges vitupérations de William Bourdon, un avocat qui se prétend défenseur des droits de l’Homme et qui enfonce la tête de Colonna sous l’eau pour qu’il se noie mieux.

§ Obama up in the sky

§ Bonne nouvelle ? Le secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurria, a annoncé, mardi 7 avril, que plus aucun pays ne figure sur sa liste noire des paradis fiscaux établie par son institution et publiée à la suite du sommet du G20. Cette liste comprenait le Costa Rica, la Malaise, les Philippines et l’Uruguay.

§ Université : Les dernières aventures de mon confrère et ami Claude-Marie Vadrot

USA – Obama up in the sky

09UTCp30UTC04bTue, 07 Apr 2009 09:07:09 +0000UTC 9,2008

Résultat du dernier sondage New York Times-CBS- These sometimes turbulent weeks — marked by new initiatives by Mr. Obama, attacks by Republicans and more than a few missteps by the White House — do not appear to have hurt the president. Americans said they approved of Mr. Obama’s handling of the economy, foreign policy, Iraq and Afghanistan; fully two-thirds said they approved of his overall job performance.
The number of people who said they thought the country was headed in the right direction jumped from 15 percent in mid-January, just before Mr. Obama took office, to 39 percent today, while the number who said it was headed in the wrong direction dropped to 53 percent from 79 percent. The percentage of people who said the economy was getting worse has declined from 54 percent just before Mr. Obama took office to 34 percent today. And 20 percent now think the economy is getting better, compared with 7 percent in mid-January.

La Star de l’Instruction en campagne électorale

19UTCp30UTC04bTue, 07 Apr 2009 09:43:19 +0000UTC 9,2008

Europe Ecologie a mis sur pied hier soir ( lundi) à la Maison de l’Amérique latine un meeting de campagne pour présenter Eva Joly, l’ex-juge d’instruction star qui se présente en deuxième position sur la liste des Européennes, derrière Daniel Cohn-Bendit.

Erreur
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Thème choisi : la dégradation de la Justice en France. Mme Eva Joly était entourée de deux avocats, Maîtres Pascal Durand, et surtout William Bourdon, et de Laurent Giovannoni, secrétaire général de la CIMADE.

Giovannoni a dénoncé la dégradation constante de la situation où doivent se débattre les immigrés clandestins et les demandeurs d’asile, face à une politique désormais normalisée au niveau de l’Europe.

Erreur
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Mme Eva Joly et Me William Bourdon,  ont pour leur part, dressé un tableau alarmant de la main mise du pouvoir sur la justice, notamment à travers le projet de suppression du juge d’instruction.

bourdonMais pour Bourdon la défense des Droits de l’homme semble trouver ses limites avec le dossier corse. En réponse à une question posée par un membre du public, l’avocat s’est livré à une véritable agression contre Yvan Colonna et ses avocats, qui ne penseraient qu’à monter un dossier médiatique, affirmant que chaque jour des prévenus sont condamnés dans les mêmes conditions que Colonna. C’est-à-dire sans preuve. Cet avocat qui se prétend défenseur des droits de l’Homme semble ne songer qu’à enfoncer la tête de Colonna sous l’eau pour qu’il se noie mieux.

En vérité, il est rapidement apparu qu’un dialogue de sourds s’était établi entre les militants écolos peuplant la salle et les experts du droit présents sur l’estrade. Sans compter le fait que les bredouillements de Mme Joly n’ont guère permis de comprendre pourquoi elle se présente aux élections européennes. La star est moins à l’aise sur un tréteau que dans le secret de son cabinet d’instruction.

Erreur
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Nota male : Alors que Brice Hortefeux avait réussi 25 000 reconduites à la frontière, Eric Besson se voit fixer par Mon Président Sarkozy un objectif de 27.000 “éloignements”.
Le chef de l’Etat l’incite à “améliorer la procédure de reconduite à la frontière” et à “simplifier son contentieux”. Il devra “optimiser l’usage de la biométrie et réduire la fraude aux visas de court séjour”.

Université, Vadrot : une aventure au Jardin des Plantes

46UTCp30UTC04bTue, 07 Apr 2009 13:23:46 +0000UTC 9,2008

Je répercute l’étrange et horrifique aventure survenue à mon vieil ami Claude-Marie Vadrot,

picture-50125-71a67b757f995c5db56d46a47b3c5d3bVadrot a raconté cette aventure le 31 mars sur son blog, sous le titre
La répression politique au quotidien: histoire d’une interdiction
Je suis inquiet, très, très inquiet…
Vendredi dernier, à titre de solidarité avec mes collègues enseignants de l’Université de Paris 8 engagés, en tant que titulaires et chercheurs de l’Education Nationale, dans une opposition difficile à Valérie Pécresse, j’ai décidé de tenir mon cours sur la biodiversité et l’origine de la protection des espèces et des espaces, que je donne habituellement dans les locaux du département de Géographie (où j’enseigne depuis 20 ans), dans l’espace du Jardin des Plantes (Muséum National d’Histoire Naturelle), là où fut inventée la protection de la nature. Une façon, avec ce « cours hors les murs », de faire découvrir ces lieux aux étudiants et d’être solidaire avec la grogne actuelle mais sans les pénaliser avant leurs partiels.
Mardi, arrivé à 14 h 30, avant les étudiants, j’ai eu la surprise de me voir interpeller dés l’entrée franchie par le chef du service de sécurité tout en constatant que les deux portes du 36 rue Geoffroy Saint Hilaire était gardées par des vigiles…
- « Monsieur Vadrot ? ».
- euh…oui
- Je suis chargé de vous signifier que l’accès du Jardin des Plantes vous est interdit
- Pourquoi ?
- Je  n’ai pas à vous donner d’explication….
- Pouvez vous me remettre un papier me signifiant cette interdiction ?
- Non, les manifestations sont interdites dans le Muséum
- Il ne s’agit pas d’une manifestation, mais d’un cours en plein air, sans la moindre pancarte…
- C’est non….
Les étudiants, qui se baladent déjà dans le jardin, reviennent vers l’entrée, le lieu du rendez vous. Le cours se fait donc, pendant une heure et demie, dans la rue, devant l’entrée du Muséum. Un cours qui porte sur l’histoire du Muséum, l’histoire de la protection de la nature, sur Buffon. A la fin du cours, je demande à nouveau à entrer pour effectuer une visite commentée du jardin. Nouveau refus, seuls les étudiants peuvent entrer, pas leur enseignant. Ils entrent et, je décide de tenter ma chance par une autre grille, rue de Buffon. Où je retrouve des membres du service de sécurité qui, possédant manifestement mon signalement, comme les premiers, m’interdisent à nouveau l’entrée.
Evidemment, je finis pas le fâcher et exige, sous peine de bousculer les vigiles, la présence du Directeur de la surveillance du Jardin des Plantes. Comme le scandale menace il finit par arriver. D’abord parfaitement méprisant, il finit pas me réciter mon CV et le contenu de mon blog. Cela commencer à ressembler à un procès politique, avec descriptions de mes opinions, faits et gestes. D’autres enseignants du département de Géographie, dont le Directeur Olivier Archambeau, président du Club des Explorateurs et Alain Bué, insistent et menacent d’un scandale.
Le directeur de la Surveillance, qui me dit agir au nom du Directeur du Muséum (où je pensais être honorablement connu), commençant sans doute à discerner le ridicule de sa situation, finit par nous faire une proposition incroyable, du genre de celle que j’ai pu entendre autrefois, comme journaliste, en Union soviétique :
- Ecoutez, si vous me promettez de ne pas parler de politique à vos étudiants et aux autres professeurs, je vous laisse entrer et rejoindre les étudiants…
Je promets et évidemment ne tiendrai pas cette promesse, tant le propos est absurde.
J’entre donc avec l’horrible certitude que, d’ordre du directeur et probablement du ministère de l’Education Nationale, je viens de faire l’objet d’une « interdiction politique ». Pour la première fois de mon existence, en France.
Je n’ai réalisé que plus tard, après la fin de la visite se terminant au labyrinthe du Jardin des Plantes, à quel point cet incident était extra-ordinaire et révélateur d’un glissement angoissant de notre société. Rétrospectivement, j’ai eu peur, très peur…
Compléments
J’espère que vous n’avez pas eu l’impression que je voulais relativiser vos propos ou douter qu’il fût légitime de s’inquiéter. J’espère aussi que ceux des commentateurs auxquels je me suis adressé ne s’imaginent pas autre chose de ma part qu’une volonté de rigueur dans l’appréciation donc de pertinence des alertes donc de leur crédibilité. Car nous ne pouvons rien tout seuls et c’est notre devoir de convaincre ceux qui ne voient pas malice; pas simplement de nous faire plaisir entre nous en “matraquant” l’infâme qui ne s’en portera pas plus mal.
Tenez nous au courant. L’attitude du directeur est très significative et ce genre de basse complaisance à l’égard des abus d’autorité doit être stigmatisée. Si les explications qu’il donne ne sont pas satisfaisantes, ne pensez vous pas qu’il faudrait le lui faire savoir de façon gênante pour lui ? Qu’il y ait un prix à payer. Internet offre en effet par son maillage une possibilité non négligeable. Hadopi, vous avez dit Hadopi ?
Je rapproche cette mésaventure (dont je n’ai ressenti que plus tard la gravité) de l’initiative d’EDF qui fait espionner Greenpeace.
Les enseignants du département de géographie (à commencer par ceux qui étaient sur place) me soutiennent et répandent cette histoire. Que peuvent-ils faire de plus ? Il vous donnent à tous rendez vous pour la “Ronde des obstinés” qui tourne 24 heures sur 24 devant l’hôtel de ville de Paris
Un soir t’en souviens-t-il nous voguions en silence vers le fascisme rampant, sur lequel nous portons un regard tétanisé. Aveuglés et désarmés par un imposteur que nous avons vu venir sans mesurer l’horreur vers laquelle il nous poussait…
Et nous sommes toujours là, sans vraiment réagir d’urgence, nous rassurant par nos hésitations et nos accommodements. Ce pouvoir est totalitaire. C’est un fait indiscutable.
On pourra toujours jouer sur les mots, mais nous sommes dans un système devenu une sorte de néo-totalitarisme bien concret et n’en déplaise à tous les dialecticiens, celui-ci est le descendant direct du pétainisme de Vichy version encore plus vulgaire et dangereuse.
Face à ce qui se passe aujourd’hui les superlatifs et les références historiques conviés ne sont pas vraiment abusifs, loin de là!!!
Inquiétant au plus haut point…
à toutes et à tous,
je crois que sur ce fil, nous sommes collectivement en train de mesurer comment le totalitarisme se solidifie.
Jusqu’ici, je ne m’étais jamais expliqué comment cela fonctionnait. Pourtant déjà au service militaire, j’avais pu mesurer comment entre appelés, à partir d’une société sans classes ni différences, des hiérarchies se formaient ainsi que des rapports dominant dominé.
En fait, les petits tortionnaires de proximité se révèlent et se suscient spontanément, initiés et encouragés par l’exemple venu d’en haut et se positionnent dans le système comme de la limaille autour d’un aimant.
D’ou qu’ils viennent, c’est le travers caractériel, le besoin de revanche qui prennent le dessus et les fait s’orienter dans le sens de la tyrannie.
C’est ainsi que de proche en proche, ils participent à la tyranie globale et finissent de rigidifier le système.
Le pire tortionnaire, c’est le voisin, le proche, l’aigri, le type qui cherche la revanche sociale, tous ces moindres qui se sentent devenir forts dans une ambiance générale de haine et de peur.
C’est en effet bien dans le détail que se détecte le parachèvement totalitaire, quand la société civile sécrète et libère ses petits tortionnaires.
Nous sommes en plein dans ce processus, c’est ce que révèle le billet de Paul Marie Vadrot ainsi que la multitude d’expériences personnelles de cet ordre que nous vivons tous.
Amicales salutations à toutes et à tous.
Le jeune homme qui m’a communiqué cette histoire ne peut savoir que je connais Vadrot depuis au moins 1967, nous oeuvrions dans le même groupe de presse technique. Vadrot a d’ailleurs été l’un des rares blessés graves des événements de 1968, il a reçu la « cuiller » d’une grenade offensive dans la jambe.
Nous étions tous deux lauréats de la bourse Zellidja créée par Jean Walther pour es jeunes aventuriers. Vadrot a été longtemps le responsable des anciens de cette bourse. Ensuite, nous sommes ensuite partis chacun de notre côté. Lui est parti sur les routes du monde – il est un immense grand reporter de la taille d’un Kessel ou d’un Albert Londres. Il a terminé sa carrière de journaliste par une série de reportages formidables publiés dans @ Le Journal du Dimanche.
Entre temps il est devenu l’un des tout premiers militants écolos. Un vrai. Pas de l’écologie de salon, comme le montre cette ultime « aventure au Jardin des Plantes ».

Université : ça bouge encore, malgré les appels des Présidents, poursuite du mouvement

23UTCp30UTC04bWed, 08 Apr 2009 08:34:23 +0000UTC 9,2008

Plusieurs organisations étudiantes et de l’enseignement supérieur ont lancé des appels à la poursuite du mouvement contre les réformes dans l’éducation, lundi 6 avril, alors que le mouvement entre dans sa dixième semaine. La coordination nationale des universités, réunie lundi à l’université Paris-III, a appelé à une nouvelle journée de manifestation mercredi 8 avril. Celle-ci sera suivie par d’autres journées de mobilisation au niveau national, les 28 avril et 1er mai. Pour la coordination, il ne peut  y avoir de “reprise des cours” dans les facultés “sans le retrait des réformes contestées”, selon un communiqué.

Les établissements qui décideraient de valider automatiquement le deuxième semestre pour les étudiants seront soutenus par la coordination nationale des universités, a-t-elle affirmé mardi 7 avril

La semaine dernière, des enseignants-chercheurs de l’Université de Toulouse avaient évoqué cette possibilité, aussitôt dénoncée par la porte-parole de la Conférence des présidents d’université (CPU) Simone Bonnafous.
“Ce qu’on ne veut pas, c’est que les diplômes soient ‘donnés’. Cela a été évoqué, c’est inadmissible”, avait-elle affirmé.

Aujourd’hui (mercredi) dans les colonnes d’Aujourd’hui en France, Valérie Pécresse, la ministre de l’Enseignement supérieur s’est déclare opposée, mercredi 8 avril  à la validation automatique du deuxième semestre universitaire, perturbé par le mouvement des enseignants-chercheurs.

Lundi, à Rennes II, des étudiants ont bloqué pendant plusieurs heures le hall d’entrée de la présidence de l’université, réclamant notamment “un semestre blanc”, c’est à dire l’octroi automatique des examens pour tous les étudiants de l’université en grève ou bloquée depuis plus de deux mois.

Le président de l’Université Jean-Monnet à Saint-Etienne, Khaled Bouabdallah, a mis en place un système de mise à disposition temporaire de locaux pour les enseignants et étudiants, après le vote, lundi, à une courte majorité, de la poursuite du blocage du principal campus de la ville jusqu’au 20 avril.

Hormis trois journées de manifestations les 8 et 28 avril et 1er mai,  La coordination nationale des universités entend organiser pendant trois jours “une marche sur Paris”, à partir d’un point encore à préciser.

A Paris,  des manifestants ont bloqué le boulevard Saint-Michel, déversant du sable sur la chaussée et scandant des slogans tel que “République ! On tue ton école, ton université et ta recherche !”

Exposition : Moreno et Nili Pincas au château de Vascoeuil

22UTCp30UTC04bTue, 07 Apr 2009 16:49:22 +0000UTC 9,2008

Un de nos amis nous décrit sa plus récente excursion.

Rentrant de Vascoeuil (Eure), à 20km à l’est de Rouen, je voudrai vous donner envie de profiter, vous aussi, d’une visite qui m’a enchantée.
Beau château et exposition de tableaux et sculptures contemporains.
Un couple habitant Paris-15, des voisins, israéliens installés en France depuis plus de trente ans, Moreno et Nili Pincas, exposent (50 huiles et 50 sculptures) au château de Vascoeuil.
Le vernissage des Pincas a eu lieu la veille de ma visite, samedi 4 avril, et l’exposition dure jusqu’au 21 juin.
Ouverture à partir de 14h30 et fermeture à 18h00.

Le château de VASCOEUIL est un monument historique, centre d’art et d’histoire, restauré et animé depuis trente ans par des propriétaires collectionneurs d’art contemporain ; il y a plein de sculptures modernes dans le parc ; et à chaque saison, les chatelains organise avec soin l’exposition des œuvres d’un artiste ou d’un couple d’artistes.
Le matin nous avons parcouru la région du Vexin est riche de lieux d’histoire et de maisons d’écrivains, entre Paris et Rouen.
Avant la visite, je vous conseille de déjeuner à Lyons-la-Forêt, située à 11 km de Vascoeuil.
Cette excursion au printemps est une partie de plaisir que je vous recommande (nature, monuments, sculptures et peintures).

Mon clavier, 8 avril

50UTCp30UTC04bWed, 08 Apr 2009 08:26:50 +0000UTC 9,2008

§ Quand Mon Président Nicolas Sarkozy a-t-il commencé à avoir peur ? Je recueille les suggestions intelligentes.

§ Appel de la CIMADE et de nombreuses associations, dont Emmaus : Le 8 avril à 13h devant les palais de justice (voir les lieux précis) de plus de 50 villes de France, nous devons être 5500 citoyens (objectif d’interpellations d’aidants inscrit dans la loi de finances 2009) à nous présenter comme prisonniers volontaires, affirmant avoir, un jour, aidé un homme ou une femme sans-papiers en difficulté…

Sans rire, Besson a affirmé – mais peut-on encore le croire ? – que les personnes de bonne foi qui soutiennent les sans papiers ne seraient pas inquiétées…

§ Guadeloupe : Le LKP avait annoncé lundi son refus de participer aux états généraux sans que son leader, Élie Domota, ne s’exprime sur la question. C’est chose faite. Le porte-parole du Collectif contre l’exploitation, qui a mené la fronde pendant les 44 jours de grève générale en Guadeloupe, a expliqué mardi pourquoi le LKP ne prendrait pas part aux états généraux de l’Outre-Mer convoqués par Nicolas Sarkozy.

§ petite bonne nouvelle : La direction de Caterpillar France a annoncé mardi soir avoir présenté aux membres du comité d’entreprise de “nouvelles propositions” qui prévoient notamment de supprimer 600 postes au lieu de 733 et porter à 50 millions d’euros l’enveloppe globale des mesures sociales.(Le Point)

§ Mauvais nouvelle : ArcelorMittal, le numéro un mondial de la sidérurgie, continuera à réduire sa production en Europe, les stocks n’y ayant pas diminué aussi vite que l’espérait l’entreprise. ArcelorMittal devrait suspendre l’activité de ses hauts-fourneaux de Florange, en France, et de Liège, en Belgique,. Sur chacun de ces deux sites, l’un des deux fourneaux a déjà été fermé. Dans ce cas, seuls 11 des 25 haut-fourneaux du groupe en Europe seraient encore en activité.

§ Et surtout n’oubliez pas d’aller voir Nulle part, terre promise, un film d’Emmanuel Finkiel, trois voyages dans l’Europe en crise, au cinéma à partir du 1er avril

§ FLNC du 22 octobre. Verdict aujourd’hui, en principe. Mais tout le monde s’en fout. Il faut se poser de vraies questions à propos de l’ostracisme – sinon du racisme  dont sont victimes les Corses. Dans l’opinion publique, ils sont coupables parce que corses, semble-t-il.

§  Recommandations de la commission Darrois sur l’évolution de la profession d’avocat

§ Enfin une bonne nouvelle : François Dufour, patron des éditions Play Bac, devait recevoir la Légion d’honneur pour ses efforts lors des Etats généraux de la presse écrite. Il a refusé cette offre, par déontologie. Une attitude qui se répand, heureusement, au sein des médias. Le confrère est-il vraiment de bonne foi, risque-t-il des poursuites pour “assistance à personne en danger” ?

§ Grâce à une petite bidouille, je viens de découvrir le blog entretenu par Georges Moreas. L’homme qui m’a appris cce qu’était “l’oeil flic”. Un vrai grand bonhomme. Je vous conseille la lecture. http://moreas.blog.lemonde.fr/ En plus il est honnête !

Justice : le rapport Darrois ne propose pas la révolution

18UTCp30UTC04bWed, 08 Apr 2009 09:00:18 +0000UTC 9,2008

Cinquante et une propositions mais pas le grand soir des professions libérales. Ce n’est pas la révolution, même pas presque. Les préconisations du rapport élaboré par la commission Darrois ne vont pas bouleverser les professions du Droit, comme le craignaient en particulier les Notaires.
Le rapport a été remis le 1er avril au Président de la République par l’avocat parisien Jean-Michel Darrois.

# Création de l’avocat en entreprise. Ce statut serait réservé au titulaire du certificat d’aptitude à la profession d’avocat (Capa). Pour les juristes d’entreprise, une période transitoire de huit ans serait ouverte pour utiliser une passerelle leur permettant d’intégrer la profession. L’avocat en entreprise bénéficierait du secret professionnel et serait soumis aux mêmes règles de confidentialité que ses confrères.

En revanche, il serait inscrit sur un tableau spécifique et ne pourrait ni plaider ni développer de clientèle personnelle (même exerçant à mi-temps). En outre le problème du lien de subordination reste dans le flou.

# Création de structures interprofessionnelles sous la forme de sociétés de participation « ayant pour objet la prise et la gestion de participation dans les structures d’exercice des professions concernées » (personnes morales exerçant par exemple les professions de notaire ou d’avocat). Chaque profession conserverait ainsi sa propre déontologie et sa propre organisation. Par ailleurs, les avocats – qui ont les diplômes – pourraient devenir experts-comptables ou les sociétés d’avocats engager des experts-comptables.

Cette proposition vise à permettre aux juristes français de se battre à armes égales avec les grands cabinets anglo-saxons.

Discret sur la profession de notaire et le rapport se borne à promouvoir « une ouverture du notariat », sans remettre en question le statut d’officier ministériel.
Cette question épineuse a toujours été en toile de fond des travaux.

# Réforme profonde de l’aide juridictionnelle. La proposition du président de la République de supprimer le juge d’instruction a obligé les membres du groupe de travail à revoir leur copie. Cette réforme, si elle a lieu, obligera à augmenter considérablement l’aide juridictionnelle. Un fonds d’aide pour l’accès au droit géré par le Haut Conseil des professions du droit serait créé. Il serait alimenté par l’ensemble des professionnels « qui exercent une activité juridique, à titre principal ou accessoire », c’est-à-dire les avocats, bien sûr, mais aussi les notaires, les huissiers, les experts-comptables, les juristes d’entreprise…

Observons qu’il est pour le moins curieux que les professions de droit anticipent les conséquences d’une réforme qui n’a pas encore été débattue et est loin d’être acquise.

Société : les racines de la violence

06UTCp30UTC04bThu, 09 Apr 2009 09:38:06 +0000UTC 9,2008

(avec @ Le Point et @ Le Nouvel Observateur quotidien )
La séquestration de quatre cadres du fabricant britannique d’adhésifs Scapa , trois Britanniques et un Français, dans une usine du groupe menacée de fermeture à Bellegarde-sur-Valserine, dans l’Ain, a pris fin mercredi dans l’après-midi. Des négociations ont ensuite abouti à un accord.
Selon des employés, la direction, qui proposait mardi soir 890.000 euros de primes de départ au total, a presque doublé sa proposition, à 1,7 million d’euros, au terme de trois heures de réunion en mairie mercredi après-midi.

Ce dernier cas de séquestration vient s’ajouter à ceux de quatre cadres du constructeur Caterpillar la semaine dernière en Isère, à celui du patron de 3M à Pithiviers et à celui du pdg de Sony France à Pontonx-sur-l’Adour. Il survient alors que Nicolas Sarkozy a affirmé mardi qu’il ne “laisserait pas faire” les salariés séquestrant des dirigeants pour dénoncer les plans sociaux.
Ces événements conduisent à se poser la question de l’attitude des ouvriers et employés face aux mesures de licenciement « imposées par la crise ».

Dans le milieu patronal grandit la crainte. Où va-t-on ? Une crainte relayée le 7 avril par le Président de la République, notre Père à tous. Après les bandes de jeunes, les casseurs, il fallait que le chef de l’Etat réagisse contre cette autre forme de contestation sociale, dans les entreprises cette fois-ci.

« Qu’est-ce que c’est que cette histoire d’aller séquestrer les gens ? On est dans un Etat de droit, je ne laisserai pas faire les choses comme ça (…). Dans un Etat de droit, la loi doit être respectée. On peut comprendre la colère des gens, mais la colère des gens, elle sera apaisée par des réponses et par des résultats, pas en aggravant les choses en faisant des choses qui sont contraires à la loi (…). Il y a des comportements d’un certain nombre de patrons qui sont inadmissibles, mais l’immense majorité des chefs d’entreprise souffre de la crise et se comporte formidablement bien ».

Les salariés se tournent vers des actions radicales à cause de la “casse de l’emploi” et de l’absence de “perspectives politiques”. “Peu de solutions sont proposées aux personnes, mis à part des chèques de départ”, observe Emmanuel Lépine, secrétaire à la fédération nationale des industries chimiques CGT.
Ce phénomène n’est pas à mettre sur le compte de la crise qui a éclaté à l’automne, analyse le militant de la CGT Chimie, en rappelant qu’il y a quelques années déjà “les ouvriers de Cellatex menaçaient de verser de l’acide dans la rivière”.

Le sociologue Michel Maffesoli pose son diagnostic :

La crise financière ou économique n’est que tout à fait secondaire par rapport à une vraie crise sociétale qui est en jeu”, affirme pour sa part. “C’est d’abord parce que la raison laisse la place à l’émotion dans la vie sociale”.
“Ces expressions de violence ne sont plus canalisées par les institutions” que sont les syndicats et les partis politiques. “Les grandes valeurs qui servaient de ciment à la société” ont été remplacées par d’autres idéaux : le travail par la création, la foi en l’avenir par le carpe diem et la raison par l’émotion.

Il rappelle que les mouvements violents qui ont accompagné les débuts du capitalisme, comme la révolte des Canuts à Lyon au XIXe siècle, n’ont été canalisés qu’avec la naissance des syndicats.

Jean-Michel Denis rappelle que les grèves des années 1970 ont été parfois accompagnées d’occupations d’usines et de séquestrations de patrons. Ce qui a changé, selon le sociologue, c’est que les mobilisations “offensives” de cette époque-là ont cédé la place à des “conflits défensifs”, autour de la protection de l’emploi.

Explication du sociologue :

La séquestration d’un patron est souvent “un jeu avec les médias”, “une manière de peser sur les négociations” en prenant l’opinion publique à partie, “y compris les pouvoirs politiques”. “Sur le plan symbolique”, il interprète cela comme une réaction aux menaces de délocalisation.

Malgré le rappel à la loi lancé mardi par Nicolas Sarkozy, ils estiment que ce phénomène, qui n’a rien de nouveau, va se poursuivre, voire s’amplifier, et que d’autres dirigeants pourraient connaître les mêmes déconvenues.

La violence s’enracine dans la violence, dans une société bloquée dont on ne peut émerger que par les coups portés à l’autre. On doit se souvenir des raisons pour lesquelles le terrorisme politique s’est développé à la fin des années 1970, notamment en Italie et en Allemagne : les sociétés de ces deux pays étaient complètement enkystées dans des attitudes antagonistes, une frange de la jeunesse n’a pas trouvé d’autre issue que la violence.
Les séquestrations de patrons et de Présidents d’Université relèvent du même phénomène.

Mon clavier, 9 avril

56UTCp30UTC04bThu, 09 Apr 2009 09:13:56 +0000UTC 9,2008

§ Pourquoi et de quoi a peur Mon Président Nicolas Sarkozy : révélations et analyse

§ Société, industrie : les racines de la violence

§ Les trois nationalistes corses du groupe dit du 22 octobre ont été condamnés jeudi 9 avril par la cour d’assises spéciale de Paris à quatre ans d’emprisonnement

§ Antonio Ferrara et Joseph Menconi ont été acquittés en appel, jeudi 9 avril, par les assises de l’Essonne pour le braquage d’un fourgon de la Brink’s fin 2000 à Gentilly (Val-de-Marne), et leur coaccusé Loïc Delière a vu sa peine de 9 ans de prison confirmée.
Le 26 décembre 2000, un véhicule de transports de fonds avait été attaqué par une dizaine d’hommes lourdement armés, qui avaient fait main basse sur plus de six millions d’euros.

§ Les Big Brother awards ont été décernés le 4 avril. Ont été distingués… (voir le billet)

§ L’IHEDN et ses colloques

Les Big Brother awards

11UTCp30UTC04bThu, 09 Apr 2009 10:29:11 +0000UTC 9,2008

On n’ose à peine rire…

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Big Brother Awards – Ont été reconnus Big Brother par l’ONG Privacy international
Eric Woerth, prix “Orwell Etat, Elus” pour son projet de création d’un Répertoire National Commun de la Protection Sociale, qui croiserait toutes les données disponible pour un individu au niveau des différents organismes de protection sociale : état-civil, coordonnées, mais aussi prestations perçues, revenus…
Bertrand Delanoë, le maire de Paris, distingué pour son enthousiasme à l’égard de la généralisation de la vidéosurveillance à Paris. Il remporte donc le prix “Orwell localités).
- Michèle Alliot-Marie, la Ministre de l’Intérieur  remporte un prix “pour l’ensemble de son oeuvre” en matière de fichiers policiers.
- Enfin, Frédéric Lefèbvre – porte-parole de l’UMP – remporte un prix spécial, créé pour l’occasion, celui du “bâton merdeux”. Une distinction qui vise “des personnages qui parviennent à occuper le débat public avec une profonde inconsistance”.

J’ajoute qu’Eric Woerth s’est particulièrement distingué ce matin lors d’une interview diffusée par France-Info, dans laquelle il tente de convaincre les Français frileux qui ont placé leur argent en Suisse de rapatrier leurs avoirs.

En gros : ils seront bien accueillis… par les agents du fisc qui seront un peu moins sévères que pour les autres. C’est-à-dire : toutes les impositions en retard, plus des pénalités. Pas trop graves. Maintenant ue le secret bancaire n’existe plus, il est temps de rentrer au bercail. Optimiste, notre ministre adjoint de Christine Lagarde.

Sécurité : colloques IHEDN

48UTCp30UTC04bThu, 09 Apr 2009 15:40:48 +0000UTC 9,2008

Le 6 mars, le premier colloque organisé par la 61ème session nationale de l’Institut, en partenariat avec le Cercle de réflexion de la Représentation en France de la Commission européenne, s’est tenu à l’amphithéâtre Foch, autour du thème d’étude fixé, pour l’année, par le Premier ministre, « L’Europe en quête de sécurité intérieure et extérieure ». L’organisation de ce colloque par les auditeurs eux-mêmes est une première.
Il s’agissait en fait de l’application d’une des propositions qui figurent dans le rapport sur l’Institut, demandé par le conseil d’administration en 2007, à Dov ZERAH, conseiller-maître à la cour des comptes, au général Jean-Paul PERRUCHE et à Thierry DASSAULT, chef d’entreprise, tous trois auditeurs des sessions nationales de l’Institut.
L’objet de ce colloque, agencé par un comité transverse de la 61ème session nationale, était de répondre à leurs interrogations communes en dépassant le cadre des thèmes de comité qui leur ont été attribués.
Le Centre des hautes études de l’armement (CHEAr), l’Institut national des hautes études de sécurité (INHES) et l’Institut d’études et de recherche pour la sécurité des entreprises (IERSE) participaient, également, à ce colloque qui a rassemblé plus de 400 personnes. Les actes seront publiés vers le mois de juin.

Autre nouveauté, l’Institut organise un séminaire qui vise à sensibiliser les participants de l’Éducation nationale (corps d’inspection, personnel d’encadrement administratif, personnels de direction) aux menaces et à leur impact sur la sécurité de nos sociétés et à susciter une réflexion et des échanges sur la problématique de diffusion de l’esprit de défense. Environ 200 personnes suivront cette formation qui sera dispensée sur deux journées de conférences/débats à l’École supérieure de l’Éducation nationale à Chasseneuil-Futuroscope, les 19 et 20 mars.

Sarkozy : quand la peur lui est-elle venue ?

47UTCp30UTC04bFri, 10 Apr 2009 08:07:47 +0000UTC 9,2008

Mon Président Sarkozy a peur : quand a-t-il pris peur ?

Avec la contribution de Jean-Marc Vernet

Les gigantesques services d’ordre désormais déployés lors du moindre déplacement du Président Nicolas Sarkozy ne manquent pas d’intriguer. A Valence, à St Lô, à Chatellerault, à Aix-en-Provence, à Saint-Quentin, à chaque fois plus d’un millier d’hommes.

Le public est éloigné avec le plus grand soin : il est exclu de s’approcher du Président, sauf si l’on est invité, dûment signalé.
Chaque déplacement présidentiel est l’objet d’une sécurisation des lieux absolue, sans commune mesure avec les pratiques de son prédécesseur. Finis les bains de foules et les visites imprévues. Sarkozy évite même les salons publics.

Pas question de prendre le train, il ne se déplace plus que dans son Airbus présidentiel. Toujours le même tintamare le 7 avril quand il doit présider à Venelles, près d’Aix en Provence, une table ronde sur le thème de la croissance par la recherche et l’innovation après avoir visité l’entreprise Super sonic Image où il a même pris le temps de prendre le café avec les employés, devant les caméras de télévision… Les reporters sont muets sur l’énorme service d’ordre, et sur le fait  que les ministres l’accompagnant ont évité l’université, et tout contact avec des troublions.

Ces précautions, ces masses policières révèlent très évidemment de la part du Président, et de son entourage, un vrai syndrome de peur. Un syndrome qui ne cesse de s’amplifier.

Les images du Président dévoilent par ailleurs une tension de plus en plus forte dans ses expressions, dans ses mouvements.

Tout le monde se souvient de Monsieur le Maire Sarkozy jouant au négociateur dans l’affaire de la maternelle de Neuilly (en 1993). C’était là un acte de courage. Maintenant, on retrouve le même personnage qui se déplace en se cachant derrière un rideau de CRS et de gendarmes mobiles. Alors la question devient naturelle : quand le courageux maire a-t-il laissé la place au président craintif ? Que s’est-il passé ?

Je peux vous révéler, selon des sources qui lui sont proches, que le Président s’est montré particulièrement inquiet et soucieux lors de son voyage au Brésil à la fin de l’année.

Dans les rencontres informelles avec les journalistes dans son hôtel de Copacabana – la grande plage de Rio de Janeiro -, il exprime à plusieurs reprises son appréhension quant aux événements qui se sont produits en Grèce à l’automne.

Les troubles en banlieue, lance-t-il, c’est « de la merde durable ». Mas les étudiants sont incontrôlables. Lors du vol de retour, il lâche : « N’oublions pas que les Français ont guillotiné Louis XVI et Marie-Antoinette ».
Alors, quand a-t-il pris peur ? En décembre 2008 ou plus tôt ?

J’aurais tendance à fixer le début de cette évolution à l’accrochage entre Mon Président et un passant au Salon de l’Agriculture le 23 février 2008.

Souvenez-vous :  pendant le « bain de foule », un passant refuse de serre la main tendue du Président, qui réplique avec vivacité : « Casse-toi, pauv’con ».

La réflexion serait restée sans suite si un quidam n’avait filmé la scène avec son téléphone cellulaire.  Je pense que l’origine de la modification visible d’attitude manifestée par le Chef de l’Etat est bien la diffusion le site du Parisien de cette vidéo de l’incident qui a fait fureur sur Internet.
La vidéo est aussitôt balancée sur le site de diffusion en ligne Daily Motion. Et le scandale éclate. La polémique a bouleversé le milieu politique. Sur le thème : « doit-on respecter le Président en toutes circonstances ?

Une analyse psychologique

Petit événement, grandes effets. Le Président ne semble pas en avoir admis les conséquences. Il n’a pas imaginé être l’objet d’attaques multiples, d’une intensité croissante.
Sa fonction est mise en cause. Et avec sa personne. C’est insupportable.

Pour l’ancien Garde des Sceaux Robert Badinter, un président qui va «vers une foule anonyme, s’exposera inévitablement à des provocations, il le sait et il doit prévoir ce que sera son attitude».
Pour sa part, François Hollande, alors Secrétaire général du PS observe avec non moins de justesse :

«Il ne peut pas parler de ses propres croyances. Il est le président de tous les Français et c’est à force de manquer à tous ses devoirs que Nicolas Sarkozy connaît, finalement, la désaffection populaire».
Comme dans l’actualité un clou chasse l’autre, on oublie vite l’incident. Mais pas le Président, qui s’est senti humilié.

Nicolas a compris, peut-être, qu’il n’est pas intouchable, Il lui est impossible de comprendre qu’on lui réponde, qu’on lui manque de respect, qu’on ose le contredire ou lui montrer ses contradictions car c’est exactement réveiller sa plus grande peur : celle d’être insignifiant. Mais il entend imposer le fait que sa stature ne soit plus jamais mise en cause.

Et c’est ainsi que vient la peur. La peur de l’opinion, la peur de la foule. A mesure qu’il prend conscience de la réalité de son rôle, le Président va s’imposer une protection de plus en plus forte, s’enfermer dans une citadelle. Ainsi, les régiments de forces de l’ordre mobilisés lors de ses voyages protègent moins le corps du Président de la république que sa peur d’être confronté à un opposant qui lui démontre que lui, Nicolas Sarkozy, n’est pas aussi important, génial ou fantastique qu’il aimerait le croire. Cela explique aussi que les « invités » sont toujours triés sur le volet lors de ses déplacements. On peut donc dire que le président construit un rideau de CRS pour protéger l’illusion de sa grandeur, de son importance et de sa réalité.

Pour plusieurs observateurs, la petite taille du Président serait à l’origine de son complexe d’infériorité, ou, au moins, y participerait, il se comporte exactement comme s’il était mû (seulement ?) par la peur de ne pas être reconnu, considéré, flatté ; bref : il est animé par le désir d’être perçu comme important.  Il veut séduire. Il veut être aimé. Cela le rassure sans doute sur son importance et son existence.

Il y a un mais : premièrement, être important chez les gens d’en bas ne rassure pas du tout. Il faut être perçu comme important chez les gens importants. De fait, il cherche des amis “importants”. Bien que leurs motivations ne soient pas toujours claires, ils sont nombreux. Il cherche aussi des femmes, mais des femmes belles. Sa dernière conquête répond même aux deux critères : une ancienne mannequin qui lui ouvre les portes de la jet-set.

Je me dois de relever que François Mitterrand ne semblait pas affecté par ce complexe de la petitesse : son esprit brillant lui servait-il d’antidote ?

Ce qui nous conduit à constater aussi que Mon Président aimerait aussi passer pour un grand esprit, sans avoir à se hisser sur la pointe des pieds. Le problème est que cette ambition est loin d’être accomplie. Il n’écrit pas lui-même ses discours, bien qu’il soit un orateur doué. Probablement a-t-il conscience que sa culture n’est pas suffisante pour s’imposer sur ce terrain ?

Corse : les trois du FLNC du 22 octobre condamnés

22UTCp30UTC04bThu, 09 Apr 2009 18:21:22 +0000UTC 9,2008

AFP – Les trois nationalistes corses du groupe dit du 22 octobre ont été condamnés jeudi 9 avril par la cour d’assises spéciale de Paris à quatre ans d’emprisonnement pour leur participation à des attentats commis dans l’île en 2003 et 2005 et revendiqués par le mouvement indépendantiste clandestin FLNC du 22 octobre.
Ils étaient défendus par Me Pascal Garbarini.

Le parquet général avait requis cinq ans.
Ancien pompier volontaire et militant nationaliste, Jean-Pascal Gorovenko était poursuivi pour un attentat qui avait endommagé le 20 octobre 2003 un garage du centre d’Ajaccio. Il conteste les faits.
Son frère, Jean-Marie, également militant nationaliste, avait été tué d’une balle dans la tête le 9 mars 1996 près de Sartène (Corse-du-Sud).
Les deux autres accusés, Nicolas Iacouzzo et Jean-Michel Versini étaient poursuivis pour trois autres attentats perpétrés à Ajaccio.
Ils ont reconnu les faits et revendiqué leur appartenance au FLNC du 22 octobre.
Le premier attentat, commis le 1er août 2003, avait occasionné des dégâts légers aux locaux de la caisse régionale du crédit agricole de Corse.
Le deuxième, le 11 octobre 2003, avait sérieusement endommagé la voiture personnelle d’un policier à Ajaccio.
Le troisième, le 9 mars 2005, avait visé des locaux techniques d’EDF à Ajaccio.
Le FNLC du 22 octobre est, avec le FLNC-UC, l’une des deux organisations indépendantistes clandestines corses les plus actives dans l’île.

Mon clavier, 10 avril

59UTCp30UTC04bFri, 10 Apr 2009 08:32:59 +0000UTC 9,2008

§ Sous le titre “rage et pitié”, Christophe Barbier, patron de l’Express, publie dans le numéro du 9 avril un éditorial vengeur contre les Corses. Vengeur : en vérité une haine peu compréhensible

§ Selon “La lettre du Continent“, dans le cadre de son instruction sur l’affaire Kieffer – ce journaliste disparu depuis 2002 en Côte d’Ivoire  – le juge Patrick Ramaël va se rendre à Abidjan pour entendre Simone Gbagbo – épouse du Pdt ivoirien Laurent Gbagbo, et Bohoun Bouabré.

§ Dijon : un acquittement en appel d’Assises après une condamnation sans autre fondement qu’un mensonge. Dénoncés comme violeurs par une femme de ménage du lycée Dumaine de Mâcon (Saône-et-Loire), six jeunes viennent de passer cinq ans dans l’angoisse à la suite de leur première condamnation. Certes à des peines légère. Cinq ans de procédure et un acquittement général.

§ Loi HADOPI (contrôle des chargments de musique par Internet) : les députés UMP ont oublié de participer aux débats, la loi est renvoyée à plus tard.

§ A chacun sa balle, sinon pas sérieux s’abstenir… Au tour de Jean-François Copé. La mairie de Meaux a reçu ce vendredi matin un courrier adressé à son député-maire contenant une balle et une lettre de menace. La police est passée à la mairie, l’enquête est en cours.

Corse : les propos vengeurs de Barbier dans l’Express

21UTCp30UTC04bFri, 10 Apr 2009 09:02:21 +0000UTC 9,2008

§ Sous le titre “rage et pitié”, Christophe Barbier, patron de l’Express, publie dans le numéro du 9 avril un éditorial vengeur contre les Corses.

“Que la Corse, vite, renouvelle son adhésion au civisme républicain”. Une attaque incendiaire contre les Corses, les jeunes Corses, coupables de ne pas respecter le contrat social et le civisme républicain qui maintiennent la Nation dans la paix civile depuis plus de deux cents ans”.

Il est seulement surprenant de ne pas retrouver cet édito dans le site électronique de l’hebdomadaire. Barbier serait-il revenu sur ses bonnes intentions ?

Mon clavier, 11 avril

13UTCp30UTC04bSat, 11 Apr 2009 07:00:13 +0000UTC 9,2008

§ N’espérez quand même pas que je vais réussir tous les jours un coup comme hier ! Plus de 700 visites uniques. Il parait que j’entre donc en tant que blog privé dans la cour des Grands. Amusez-vous bien, puisque tel est mon objectif fondamental.

§ Mon Président retourne au lycée. Avec flics : Chennevières en état de siège.

§ J’ai été voir la “ronde des enseignants” à l’Hôtel de Ville de Paris. Une folie dans le genre des “veuves de mai”, à Buenos-Aires, qui ont tourné autour de la Casa Rosada – la résidence du Pdt argentin, présidente en l’occurrence maintenant – jusqu’à obtenir de vraies informations sur les disparus. Voyez mon reportage.

§ Lire : la Voix du Livret A

§ Piraterie : la mort au bout du rêve

Lycées et Sarkozy : une non rencontre avec beaucoup de flics

42UTCp30UTC04bSat, 11 Apr 2009 07:16:42 +0000UTC 9,2008

J’ai eu tort d’oublier Mon bon Président pendant quelques heures, pour me consacrer à un boulot sans doute plus important. Il m’a ainsi échappé que, peut-être pour conjurer sa réputation montante de « très, très prudent », Mon bien Aimé Omni Président a visité impromptu l’après-midi de mercredi le lycée de Chennevières sur Marne, dans le Val de Marne. Flanqué de Xavier Darcos, le ministre de l’Education, il venait rejoindre Richard Descoings, le directeur de Sciences-Po et chargé de mission par le gouvernement pour débloquer la réforme du lycée.
Naïvement, j’ai d’abord cru que Mon Président était venu sans escorte notable. Erreur : 300 policiers avaient été envoyés en renfort pour couvrir l’événement. Dès la mi-journée. Donc pas vraiment de surprise.
Mais pas de caméra télé, rien que deux journalistes, de l’AFP et du Parisien, ainsi qu’un photographe de l’Agence France Presse.
Pour la tranquillité , le moment était évidemment bien choisi : mercredi fin d’après-midi, pas un lycéen en cours. A part ceux qui s’étaient inscrits pour la rencontre avec Richard Descoings, et quelques malheureux qui passaient un examen blanc, pas âme qui vive dans les couloirs.
C’est plus commode pour la sécurité et ça évite les discussions oiseuses.

Un voisin du lycée me signale : J’habite le quartier a coté du Lycée Champlain et effectivement le déploiement de force était impressionnant et rien n’était expliqué aux habitants ! La ville était littérallement en état de siege !

Epargne : la Voix du Livret A

51UTCp30UTC04bSat, 11 Apr 2009 08:00:51 +0000UTC 9,2008

Un de mes très chers ( ils le sont tous, très chers ) correspondants me communique cette réflexion que “je crois devoir vous transmettre”. Elle est de bon sens.

Force est de constater qu’une nouvelle fois, les banquiers nous ont bien eu. Et que, clairement, n’imaginons pas que cela cesse.

Les frais bancaires augmentent (regardons bien nos relevés mensuels), et le livret A baisse.

Alors qu’au début de l’année, toutes les banques se sont précipitées sur nous (comme la vérole sur le bas clerge disait-on dans le passé) nous, non titulaires de Ce Fameux livret A . Et, benoîtement (sans que le XVI ne soit responsable) , on a dit oui, mais à 4%, pas à 1,75..

Alors pourquoi se fait on avoir? Tout simplement par ce que la banque, comme le supermarché du coin, et le poissonnier du marché, vends des produits.

Pour faire du profit. Ca se nomme le capitalisme,  mais beuurk, y parait qu’il ne faut plus prononcer ce mot.

Donc, le commerçant nous appâte avec des promos , nous, on fonce, et derrière, bim, on se rends compte qu’en fait , eh ben , comme promo c’était un ersatz (mot désuet je sais, mais on lke comprend encore )

Comme les yaourts à 2€ au lieu de 4, parce qu’ils sont périmés demain!!!

Résumons, notre argent placé a 4% est maintenant à 1,75% et les frais mensuels qui étaient a 6.50€ passent a 6.75%. Qui fait une affaire??

Bien sûr, c’est une vision a court terme, et les histoires financières sont à long terme. Mais malgré tout, je pense personnellement qu’il faut être lucide et que nous ne gagnerons jamais contre les banques.

D’ailleurs Mme Christine Lagarde, la Ministre des Finances, a déclaré qu’à 1,75 % c’était encore formidable, puisque supérieur à l’inflation. Moi, et mon correspondant, on veut bien la croire.

Aventure et piraterie : la mort au bout du rêve

04UTCp30UTC04bSat, 11 Apr 2009 08:32:04 +0000UTC 9,2008

Ils avaient amoureusement restauré le voilier, vieux de trente ans. Puis ils étaient partis à l’aventure, avec leur petit garçon de trois ans. En Egypte, deux autres Vanetais s’étaient joints à eux pour la grande aventure.
« Ce ne sont pas des touristes sur un yacht mais des aventuriers sur un vieux bateau retapé en deux ans par un chômeur et une Rmiste »,

Le capitaine du voilier Tanit a payé de sa vie le rêve fou carréssé avec sa femme : quitter définitivement Vannes, en Bretagne, pour rejoindre une autre vie, dans les mers du Sud.

avait déclaré, lundi, à Ouest-France, Francis Lemaçon, le père du skipper.

Mais à  mi-chemin, il y avait la Somalie, les pirates des « mers du Sud ». Les marins du Tanit avaient été avertis, la Marine française leur avait recommandé de ne pas franchir cette zone. Ils ont outrepassé les conseils. Prise d’otage, libération par des fusiliers marins du commando Hubert.

Mais Florent Lemaçon, le skipper de 28 ans, a été tué, sans doute à l’intérieur du voilier lors d’un échange de tirs.

Fin du rêve.

Un autre marin devient un héros aux Etats-Unis, capitaine Richard Phillips, retenu en otage depuis plusieurs jours sur un canot de sauvetage dans l’océan Indien. Richard Philips commande un cargo battant pavillon américain, le Maersk-Alabama, avec une vingtaine de marins à bords. Assaut des pirates, prise de contrôle du navire. Le capitaine Phillips se serait offert comme otage en échange de la liberté de son équipage, puis aurait tenté de s’échapper à la nage dans la nuit de jeudi à vendredi pour rejoindre l’un des navires américains, avant d’être rattrapé par les pirates.

Le Maersk-Alabama a repris sa route vers sa destination initiale, le port kényan de Mombasa, avec à son bord une équipe de la marine américaine chargée d’assurer sa sécurité. Transportant de la nourriture destinée notamment au Programme alimentaire mondial de l’ONU, le cargo est attendu durant le week-end au Kenya.

L’attaque du Maersk-Alabama est venue couronner un spectaculaire regain d’activité des pirates, qui ont fait de leur activité criminelle l’une des plus florissantes et lucratives d’un pays en guerre civile depuis 1991. Ils ont ainsi attaqué plus de 130 navires marchands au large de la Somalie l’an dernier, trois fois plus qu’en 2007, selon le Bureau maritime international.

Les pirates détiennent toujours « quinze navires » et « 243 membres d’équipage », selon des chiffres donnés par Hervé Morin, ministre de la Défense.
Sans la justifier cette vague de piratage doit être liée aux conditions de vie particulièrement difficiles en Somalie.

Un de mes très bons amis commande un porte-conteneurs de la compagnie maritime danoise Maersk. Lui il navigue dans les mers orientales, entre le Golfe persique et le Japon, avec transit par le détroit de Malaca, presque aussi dangereux que le Golfe d’Aden. Il me décirt la situation :

” Le seul moyen de s’en tirer est d’aller le plus vite possible, et nos navires sont plus rapides que ceux des pirates”.

Université : ils tournent

48UTCp30UTC04bSat, 11 Apr 2009 15:37:48 +0000UTC 9,2008

Depuis des jours, depuis des semaines, ils tournent sur la Place de l’Hôtel de Ville, à Paris. Ils sont plusieurs dizaines à se relayer. Quelquefois ils sont seulement quelques uns comme ce midi, un “samedi de Pâques”, en pleines vacances. Parfois jusqu’à 200. Ils sont enseignants-chercheurs, universitaires, mais aussi de simples usagers de l’Université. Ils entendent tourner jusqu’à la solution du conflit ouvert à propos des mesures prévues par Valérie Pécresse. “Ma Pécheresse” selon le mot féroce d’un de mes amis.

Erreur
Cette vidéo n’existe pas

Ces universitaires  ont pris comme modèle les “Folles de mai”, ces épouses et mères des disparus en Argentine qui ont tournée pendant des années devant la Casa Rosada à Buenos-Aires, pour obtenir des informations sur les disparus de l’ère des colonels.

reportage et images : Ph. Madelin

Mon Clavier, 12 avril

15UTCp30UTC04bSun, 12 Apr 2009 10:03:15 +0000UTC 9,2008

C’est Pâques. Jour férié. Donc j’ai commencé tard. Je ne me rattraperai pas beaucoup, mais je penserai à vous, mes chers lecteurs.

Eu fait : mon billet consacré à la “peur de Sarkozy” semble avoir intéressé. Je n’ai jamais eu autant de lecteurs pour un seul billet. 925 visites uniques en trois jours. Et un seul commentaire me sommant d’admettre que Mon Président avait changé !

§ Pour les Corses qui suivent ce blog. Avez-vous lu l’édito de Christophe Barbier “Rage et pitié” dans l’Express du 9 avril ? Je vous le conseille. Comme disait mon père – bien à droite – quand il lisait l’Express : “je le lis pour savoir  ce qu’il ne faut pas penser”. Dans ce temps là l’Express luttait pour la décolonisation et les droits de l’Homme. Et, bien qu’officier de cavalerie, mon père détestait les guerres coloniales et la torture.

Je ne “comprends pas” pourquoi ce édito vengeur n’est pas apparu immédiatement sur le site internet de l’Express. Les commentaires valent leur pesant d’or, je vous les conseille. Je les utiliserai en leur temps.

§ Des coups de feu ont été tirés dans la nuit de samedi à dimanche contre la façade de la brigade de gendarmerie de Porto-Vecchio (Corse-du-Sud). Les tirs se sont produits peu avant 23h. Le ou les agresseurs ont ouvert le feu sur l’une des façades avant de s’esquiver. Pas de blessés.

§ Paris-Roubaix : le départ était fixé à Clairvoix, siège de l’usine des pneus Continental qui doit fermer. 1100 salariés à la rue.

La crise s’est invitée dans la classique cycliste. Une quinzaine d’employés de l’usine Continental de Clairoix (Oise) ont précédé à vélo le peloton des coureurs du Paris-Roubaix sur le bref parcours conduisant du centre-ville de Compiègne au départ de la course. C’était la 25° équipe.

§ Frederico Lonbardi, le porte-parole du Vatican, s’en prend à Alain Juppé. Le Maire de Bordeaux s’était demandé si le Pape ne posait pas un problème. Lonbardi suggère que Juppé était “mal informé” sur la parole du Pape. Lonbardi a-t-il lui-même bien écouté Juppé ? A moins que les cloches de Pâques, de retour, ne l’aient assourdi.

§ Révélation d’une Libre Opinion, dans le Monde :

Une étude du cabinet Spectrem Group, citée dans le dossier spécial que The Economist vient de consacrer aux riches, a calculé que les Etats-Unis ne comptaient plus fin 2008 que 6, 7 millions de millionnaires, contre 9,2 millions un an plus tôt. Au plan mondial, le consultant Oliver Wyman estime que les riches ont perdu en un an 10 000 milliards de dollars, le quart de leur fortune.


Mon Clavier, 13 avril

44UTCp30UTC04bMon, 13 Apr 2009 06:48:44 +0000UTC 9,2008

§ J’ai travaillé à autre chose, ce dimanche. Ah, si, je peux vous dire : j’ai collationné les réactions enregistrées après la publication de l’éditorial de Christophe Barbier sur la Corse. J’en ai sélectionné quelques uns en deux billets : un contre et un pour.

Et je dois affronter des remontrances : il paraît que je manifeste trop de sympathie pour la cause Colonna. Colonna est en taule, pour longtemps et je le plains. Mais ce que je veux dénoncer, ce sont les atteintes aux droits de l’homme, la dégradation du monde judiciaire. Si tant est que le monde judiciaire éit été mieux naguère qu’aujourd’hui.

Presse : réponses à Ch.Barbier

11UTCp30UTC04bMon, 13 Apr 2009 07:57:11 +0000UTC 9,2008

L’éditorial de Barbier, dans l’Express, a déclenché une volée de bois vert. Quelques unes de ces réponses sont dignes d’être examinées.

Demain je publierai les commentaires favorables à Barbier.

L’éditorial de Barbier a bien sûr déclenché des volées de bois vers parmi les lecteurs de L’Express. Le débat nous éclaire de façon crue, presque caricaturale, sur les passions qui opposent les uns et les autres.
Beaucoup de « contre », qui ne sont pas toujours corses, au demeurant

cocco – 10/04/2009 20:25:11
La rage et la pitié… Oui c’est ce qu’inspirera votre article en corse, monsieur. et pas qu’aux nationalistes, ne vous en déplaise. Vous vous attaquez à un peuple tout entier auquel vous déniez le simple fait d’exister… 200 ans de paix civile! laissez nous rire ! 1809, donc. Les guerres imperiales, deux révolutions, une guerre contre la prusse, deux guerres mondiales, veritables charnier de votre république malade, le pétainisme et la collaboration, la guerre d’indochine, celle d’algérie, la françafrique et les banlieues qui brulent…! mais vive le cinéma, hein ! et 20 millions d’entrées ! avec la paix civile évidemment… du pain et des jeux, quoi! Le consulat, en fait, semi dictature, qui nous irait bien à nous autres corses, semi mafieux!!!

orsusantu – 11/04/2009 22:51:53
Contre la rage il existe un vaccin inventé par un Français illustre qui se nommait PASTEUR. Contre les propos récurrents anticorses primaires il n’existe hélas aucune médication, Depuis des lustres nous sommes habitués, nous les compatriotes du plus grand français de l’histoire de FRANCE, une certain NAPOLEON 1er, a subir les sarcasmes des tenants de la bonne pensance parisienne. Question de « four » sachez monsieur Barbier, que la Corse n’a jamais, contrairement au reste de la France continentale, livré de français de confession juive à la bête immonde lors de la dernière guerre mondiale. Sachez egalement que les citoyens français sont plus en sécurité dans notre ile de Corse que dans votre ile de France D’un tag idiot sur un mur vous vous permettez de salir l’honneur de toute une communauté qui a versé tant de sang pour la liberté afin que vous puissiez exprimer votre « rage et votre pitié » pour la Corse. Nous n’avons que faire de vos sentiments mais allez donc plutôt vous recueillir dans toutes les nécropoles de l’est de la France , sur les tombes de nos aïeux si peu vertueux, selon votre triste article, morts pour vos valeurs Boonesques. Le premier morceau de France à s’être libéré du joug nazi en 1943 n’a vraiment aucune leçon à recevoir de vous et ce quoique votre statut de chroniqueur puisse vous octroyer. J’ai pitié de voir le médiatique journaliste que vous êtes vous abaisser à de tels ignominies envers d’autres français. J’ai la rage de voir le niveau de caniveau aux relents racistes de votre analyse de la société Corse. C’est tout ceux qui nous ont précédés sur la terre de Corse que vous salissez, nos ancêtres qui n’étaient pas des Gaulois. J’ai néanmoins pour vous de de la compassion au regard votre inculture ilienne et c’est pour cela que je vous pardonne votre incroyable agression contre notre culture corse.

omudimuna – 11/04/2009 19:23:10
enfin, pour recentrer sur le sujet il ne faut pas oublier que si un jeune de 15 ans n’avait pas été dans le coma à cause d’un tir tendu de grenade lacrymogène, cela ne serait certainement pas arrivé. C’est bien de replacer les choses dans leur contexte quand on écrit un tel article M.Barbier…

omudimuna – 11/04/2009 15:26:39
Je ne suis pas militant, je ne suis pas (totalement) Corse, je suis citoyen du monde avant tout. Ceci étant dit j’essaye juste d’être un minimum OBJECTIF: ce qui est grave c’est dans certains commentaires c’est qu’ils ne se rendent même pas compte qu’ils sont ouvertement racistes envers les Corses, d’ailleurs ils ne se permettraient pas le quart de ça pour n’importe quelle autre communauté…(du moins pas en public) Navrant. Que vous le vouliez ou non la Corse à été colonisée, conquise par la force (villages entiers massacrés par les armées françaises), son identité niée (interdiction de parler Corse, dévalorisation constante…) son économie ruinée (scandale de la continuité territoriale à sens unique, déforestation de la Castagniccia autrefois une des région les plus riches d’Europe…) , des injustices ont été commises ( affaire SOMIVAC…ect) Bref ce n’est pas le lieu pour en faire une liste exhaustive renseignez vous un peu avant de vouloir donner des leçons! La volonté politique a toujours été de mater le sentiment patriotique par la force, l’État a pour ce faire usé de toutes les méthodes les plus détestables (fraude électorales, clientélisme, mise volontaire sous perfusion économique, alliances peu recommandables..) et aujourd’hui on vient nous dire “tenez vous tranquilles” “civilisez vous” ? C’est l’hôpital qui se moque de la charité.

machja – 11/04/2009 14:31:14
Oui M.Barbier la Corse est un paradis ! Un paradis perdu, grâce ou à cause, cela dépend dans quel camp l’on se trouve,par la politique coloniale, qui consiste dans tous les pays du monde, à priver les colonisés des moyens de vivre seuls. Rien n’a été fait depuis plus de deux cent ans pour favoriser un develloppement , à commencer par la fermeture de l’université de Corte,pour obliger notre jeunesse à s’expatrier pour faire des études La Corse est encore au moyen age , et en particulier les infrastructures, pas d’école hoteliere, pas de lycées agricoles,pour un pays de montagne, et “touristique, c’est plutot un handicap. Qui l’a decidé ?On nous renvoie toujours à nos élus, qui sont les relais de l’état, maintenus en place par des votes “alimentaires”. Les termes les plus meprisants et insultants ont été utilisé, en nous assimilant d’abord à des “truands”en passant par des “xenephobes racistes”et aujourd’hui celui de “fascistes”. Le fascisme ,des milliers de Corses l’ont combattu, et nos monuments aux morts l’attestent, et les milliers de non corses qui vivent en majorité chez nous le prouvent. La Corse n’est pas assoupie sur ses richesses, elle a été mise sous l’éteignoir par l’état français,qui sous pretexte de violence, refuse aux Corses toutes initiatives créatrices. . Les Corses sont devenus de simple consommateurs de produits qu’ils ne produisent plus,car une indépendance économique signifierait la fin de la présence française en Mediterrannée. Cette indépendance nous l’avons à portée de mains,avec l’épargne corse qui s’élève à 10 MILLIARDS D’EUROS, confisqués par les banques françaises, pour etre “joués” sur les marchés de la finance internationnale. Mais cette politique est contraire aux intérets de la France qui prefere entretenir cette violence, responsable de drames comme l’assassinat de prefet Erignac et la condamnation de centaines de corses,plutot qu’un reglement politique reclamé depuis toujours par les nationalistes.

FRONTE – 11/04/2009 09:41:21
CIVISME REPUBLICAIN, permettez la perplexité, Monsieur Christian Barbier, vous dont le journal passe sous le silence 4 arrêts de la Chambre Criminelle de la Cour de Cassation contre une seule et unique personne, résultat d’une justice asservie à la raison d’état . Les reproches de votre article sont sélectifs car jamais vous n’avez osé en diriger d’aussi sévères à des responsables plus puissants, mieux calés dans les niches du pouvoir. Ainsi, le « tripot mis en coupe réglée », le «clientélisme» et le «clanisme», jamais vous ne les avez dénoncés dans un secteur stratégique où ils sévissent, le nucléaire. Les « fièvres récurrentes d’ incurables archaïsmes » l’incapacité de se « mettre à l’heure du XXIe siècle », le bling bling de l’argent qui brouille le tic tac «des horloges de la modernité »… ces expressions que je relève dans votre article vous n’en avez jamais utilisé pour « cette île où trop de gens trouvent du plaisir à … » cacher la vérité : le nucléaire. :::: UN JOUR 20 MILLIONS DE FRANCAIS applaudiraient … quoi ? une presse nationale objective qui ne fait pas d’impasse sur les cas embarrassants? Non, l’avenir que vous rêvez , Monsieur Christian Barbier, c’est 20 millions de Français qui vont voir un film et qui rigolent au sujet d’une région de France, comme dernièrement la région de Lille: un enchaînement de films à succès pour restaurer un contrat social qui se délite. :::: SANS JUSTICE, SANS VERITE, tout tourne à la mascarade. Le devoir professionnel, c’est important ; moi en qualité d’ingénieur j’ai refusé d’adhérer à des pratiques lucratives irrégulières fondées sur des forfaits aux règles et contrôles de sûreté nucléaire ; mon devoir était de les rapporter et j’ai été sanctionné pour sauver l’image officielle des structures de l’Etat. J’ai fait mon boulot d’ingénieur, mais personne n’a fait celui de journaliste. Certes, ça ne vous empêche pas de causer. Causez toujours, en attendant un bon film rigolo :::: Tommaso FRONTE

XXL – 10/04/2009 20:58:06
:) … Cet article, je vais l’encadrer ! En quelle année a t-il été écrit ? entre 1871 et 1940, non ? entre l’écrasement de la Commune et l’instauration du régime vichyste… il est digne de cette république qui promulga les “lois scélérates” en 1893, qui ne sauront tarder à venir de nouveau tenter d’étouffer toute contestation. Pour l’instant les corses résistent, enfin une partie… contre le libéralisme outrancier, le centralisme, l’enarchie, la loi de l’argent et le pouvoir du béton. Merci, monsieur barbier, de réveiller nos consciences militantes engourdies par l’hiver du consensus.

Eric – 10/04/2009 20:56:01
Je trouve le commentaire de Mr Barbier assez dur, car il met en cause TOUTE la population Corse face a ses violences. D’accord les incendies des batiments publics, les tags sur les murs, ceci est proprement scandaleux, car ce sont les contribuables Bastiaise qui auront a payer ça sur leurs impôts locaux (le montant n’est pas encore chiffré selon le Maire de Bastia). De plus Mr Barbier il ne faut pas tout mélanger, les nombreux Corses qui étaient dans la rue samedi dernier, n’y étaient pas pour tout casser, mais simplement pour demander un procès équitable envers Mr Colonna (ce qu’il ne pas été), beaucoup de médias nationaux l’ont avoués, tels que le Figaro, et la radio RTL par l’intermédiaire de Mr Aphatie. Enfin pour conclure, il faudrait arrêter de dire Mr Barbier que les Corses veulent rester dans leur “cocon”, bon c’est vrai que personne ne dénonce publiquement leur ras le bol face à cette violence nationaliste (préférant le faire durant les élections locales), mais tout de même, il ne faut pas non plus dire que la Corse radiée de la France s’en porterait mieux, car cela est totalement faux, et surtout cela contribuerait a ce que de nombreux Corses partent ailleurs pour ne pas affronter cette hypothèse. De toute manière mettez-vous en tête que cette chose n’arrivera JAMAIS.

walalce1917 – 10/04/2009 20:13:45
Apres avoir lu votre article Mr Barbier, une envie soudaine de réagir me saisit. Et je parle bien de réaction contre la bêtise humaine et l’ignorance de certains journalistes qui se délectent à critiquer et à cracher leurs venins contre des auteurs de faits encore plus imbéciles que les précédents. Est-ce le fait que je ne me reconnais pas dans votre article puisqu’il semble bien parler des corses et de la Corse et non seulement des independantistes. Ou le fait de votre méconnaisance d’un dossier pourtant largement critiqué par la presse, peut-être que nager à contre courant vous donne l’impression d’exister…mais mon propos n’est pas là.. Sachez Monsieur Barbier que les gens comme vous profite de la moindre occasion faite par des imbeciles irrespectueux de leur pays mais aussi de leur habitants, pour monter au créneau et vous sentir capable d’écrire un article sur un sujet déjà brûlant, vous sentir une identité que vous n’aurez jamais parce que il faut le savoir quand-même, au fond de vous, vous auriez rêvez de pouvoir revendiquer une appartenance à un peuple qui defend ses droits, sa langue et sa culture au depend de bien de vies et de sacrifices. Sachez Mr,que la France a toujours été un pays colonisateur et que vous en êtes le vestige irrefutable. Sachez que je ne me considere pas comme un independantiste, seulement comme quelqu’un qui est fier de sa patrie et de sa culture, fier de pouvoir transmettre toutes ces valeurs essentielles (qui vont font pitié) à mes enfants, toutes ces valeurs qui ont fait que la majorité des corses ne se retrouveront jamais dans votre civisme republicain et dans vos relans d’esprit colon du 19e siecle dans lesquelles la France a excélé. C’est vous MR CHRISTOPHE BARBIER qui me faite pitié par votre sens très francais de donneur de leçon, qui détruit l’image de la France, et des touristes français dans les autres pays du monde, . De la rage ,surtout pas contre les gens comme vous, vous me faites déjà assez pitié.

Roolian – 10/04/2009 22:35:58
Je crois que la messe est dite pour vous, monsieur Barbier. Nous avons, sous la forme de votre clownesque conclusion à votre article, la preuve irréfutable que vous êtes à des années lumières de toucher la réalité des sujets que vous vous risquez à aborder. La Corse et ses évènements cesseront d’être un problème à vos yeux le jour où 20 millions de citoyens se seront tapé sur les cuisses en voyant un “bienvenu chez les corses” ? J’ai beau retourner votre pensée dans tous les sens, y chercher divers degrés et niveaux de lecture, et non, je ne parviens qu’à cette conclusion : Vous croyez sincèrement ce que vous écrivez, et c’est ça le plus navrant.

Pffffff – 10/04/2009 19:58:31
C’est vraiment un article inutile et anti-Corse. Par ailleurs, vous êtes le seul journaliste Français qui pense que le procès Colonna était équitable. Cette article orienté politiquement, va encore inciter les continentaux à nous critiquer car vous leur présentez un aspect néfaste de la Corse. Bien que vous ayez raison sur le fait que les indépendantistes actuels sont pitoyables il est honteux de dire “que la majorité silencieuse déplore mais ne dénonce jamais”. Il est utile de préciser à vos lecteurs que cette situation découle directement de la non action du gouvernement, qui, grâce a ses services de renseignements, sait tout mais ne fait strictement rien. Certes, il faudrait mettre hors d’état de nuire les gangs, mais ils ne faut pas mettre tous les Corses dans le même sac car la majorité des Corses est honnête et est sous payée par rapport au continent.

Revolte – 10/04/2009 19:47:35
M. Barbier avez-vous fait part dans vos articles dignes d’une dictature de la tentative d’assassinat subie par un jeune corse lundi dernier quand un homme des forces de l’ordre à tir à tir tendu une lacrymogène en pleine tête à moins de 2 mètres ? Alliot Marie lors de sa visite choc pour condamner pour le plaisir, d’ailleurs ces chers politiques ne savent que condamner, a dit que le tir tendu était interdit et que les forces de l’ordre n’ont rien à se reprocher. Comble de paroxisme pour elle, le lendemain le coordinateur des forces de police en Corse a dit que le tir tendu était pratiqué. Bref tout ça pour dire que sans savoir de quoi vous parlez, vous vous permettez de juger ce qui d’un journaliste n’est pas très professionnel et démontre là une faiblesse incroyable. Parlez-vous des centaines de voitures brûlées dans vos cités tous les jours ? De ces zones où vos protecteurs de l’ordre civil n’y vont pas par crainte ? Voyez-vous, l’affaire Colonna a regroupé des milliers de corses et au-delà même l’ensemble de l’opinion publique. Quel média, à part le votre, n’a dénoncé ce procès digne d’un pays bananier ? Même le Figaro, connu pour sa sympathie politique avec le pouvoir en place, à tiré à balles rouges sur cette justice qui n’aura fait que confirmé à quel pays nous avons à faire. Bref vous souhaitez que les corses et la Corse entrent dans le moule de la chère république, intègre et aussi fière, mais tant qu’il y aura des personnes pour dire NON la Corse restera debout. Si la Corse est victime de tous les maux du Monde, que la terreur y règne, que la mafia est omniprésente, bref que tous les corses ont des cagoules et des armes, restez dans vos beaux clichés tirés des médias dans leur ensemble. Et surtout combien de fois La France a été condamnée par la Cour Européenn ? Dans quel pays voit-on un futur président d ela république bafouer la présomption d’innoncence ?

Mikanome – 10/04/2009 18:56:25
Monsieur Barbier, votre idée de la Corse et des Corses peut se résumer en ces quelques passages : “cette île ravagée par [...] ses incurables archaïsmes”… “cette Corse malheureuse d’être en retard, de ne pouvoir se mettre à l’heure du xxie siècle”…”Ce paradis qui pourrait attirer richesses et visiteurs du monde entier”…”ces déments”… “A moins que la Corse, vite, ne renouvelle son adhésion au contrat social et au civisme républicain, qui maintiennent la nation dans la paix civile depuis plus de deux cents ans”. Ils m’inspirent plusieurs réflexions. Par quel mystère la belle, grande, puissante et lumineuse France n’ait pas pu, en presque deux siècles et demi, établir la concorde et la vertu – qui la caractérisent assurément – dans cette toute petite île dont la population est celle d’un arrondissement de Paris? Ne faudrait-il pas un jour se poser la question de savoir si l’état français oui ou non a et a eu une écrasante responsabilité dans ces griefs que vous exposez avec une creuse grandiloquence. La Corse a été traitée comme une colonie jusqu’à peu, dans les années 70. Sur beaucoup de points, notamment les relais de représentation démocratique pour lesquels l’état a laissé les clés aux clans véreux pourtant bien “républicains”, elle en est toujours une. La france, pays démocratique ET de Vichy, pays des droits de l’homme ET du colonialisme le plus brutal, pays chantre de la fraternité ET des bidonvilles des années 60 devenus depuis banlieues ghettoïsées. Nation phare de l’égalitarisme ET qui a placé Le Pen au second tour. Si vous lisez ces lignes, regardez d’abord la poutre que vous avez dans l’oeil, Monsieur Barbier. Car votre discours s’apparente ni plus ni moins à celui tenu en d’autres temps : http://unevingtaine.files.wordpress.com/2007/05/colonies.jpg. Signé : un Corse démocrate, qui paie ses impôts, au casier judiciaire vierge, ET nationaliste, à cause de gens comme vous.

A vespa – 10/04/2009 16:34:10
De ce “paradis” de béton touristique que vous souhaitez pour la Corse, nous n’en voulons pas. Le reste de votre article n’est qu’un mauvais procès fait à des milliers de nationalistes et au delà à l’ensemble des Corses, qui ne se reconnaissent pas dans un slogan tracé sur un mur par on ne sait qui, et qui sert de prétexte à tous les jacobins pour dénigrer le droit à l’identité du peuple corse. Après le succès de la manifestation d’Ajaccio, ce genre de slogan provocateur tombe à pic, avouez-le, pour enrayer la montée de la contestation nationaliste.

omudimuna – 10/04/2009 16:29:18
Ces violences au lieu de les exagérer pourquoi faire volontairement l’impasse sur ses causes ? parce que finalement c’est quoi votre explication à vous M. Barbier ? les corses sont allergiques à votre belle république ? C’est dans leurs gènes ? expliquez nous svp… Quant à votre conclusion, elle est sublime: ça serait donc ça la consécration…avoir un “bienvenue chez les Corses” résultat de 200 ans d’acculturation…magnifique vraiment…

renvoi du compliment à l’expéditeur

On n’oublie naturellement pas de renvoyer le compliment à Barbier

Un correspondant évoque l’omerta et un référendum soumis à tous les Français. Que pense-t-il de l’omerta d’Etat qui cache par exemple une agression d’un honnête citoyen par des crapules dans un bus. Pour cette agression dévoilée par un policier, combine sont passées sous silence ? Ça, Yvon, c’est l’omerta, car ceux qui savent ne disent rien. En Corse vous accusez la population de pratiquer l’omerta. Croyez-vous que la population sait ce que la police elle-même ignore ? Pensez-vous qu’un attentat se commet devant tout le monde et à visage découvert ? Ne prenez pas vos compatriotes pour des sots ! Dominique affirme que dans les banlieues on ne tue pas “des” préfets. C’est vrai. On préfère tuer un père de famille anonyme ou violer une jeune fille en bande. Et croyez-moi, le nombre est bien plus élevé. Mais l’omerta d’Etat ne dévoile pas tout, ou minimise. Et les bien-pensants trouvent toujours des excuses. Alors, Dominique, restez dans votre banlieue si paisible. Moi je préfère vivre en Corse.

Revolte – 11/04/2009 18:48:45
Je tiens à attirer votre attention sur ce qu’il s’est passé chez vous [ sur le Continent ] il y a quelques heures M. Barbier, dans vos cités bien civilisées, dans vos zones de non-droit où vous ne vous aventurerez jamais : “Des croix gammées tracées à la peinture noire ont été découvertes samedi matin sur le wagon et la stèle du mémorial de la déportation de Drancy, en Seine-Saint-Denis, érigé en souvenir des juifs qui y ont été internés avant d’être déportés vers le camp d’extermination d’Auschwitz pendant la Seconde guerre mondiale. “Une croix gammée haute de 1,50 m a été peinte sur le wagon, une autre de 1 m de haut a été tracée sur la stèle, et une troisième a été tracée sur le mur d’un commerce à 500 m de là”, a indiqué un porte-parole du ministère de l’Intérieur. La police a précisé par la suite que deux inscriptions avaient été retrouvées sur la stèle et une sur le wagon. Deux autres ont également été découvertes sur un restaurant et une boulangerie, situés à proximité, sans liens avec la communauté juive.” C’est bien de donner des leçons et surtout courageux.

Corse – Les pro Barbier

47UTCp30UTC04bMon, 13 Apr 2009 08:50:47 +0000UTC 9,2008

Ce matin vous avez pu consulter les réactions souvent violentes émises par des lecteurs de l’Espress à la suite de l’édito de Ch-Barbier.

En contrepartie, ce matin, les réactions favorables à cet édito. Bonne lecture

yvon louvain – 11/04/2009 16:57:12 Il répond à “Revoluzione” :  @ Revoluzione. ” Un Français restera toujours un Français et ne comprendra jamais rien aux Corses”….Par conséquent, selon vous, les Corses ne sont pas français. Alors, je le répète: donnons l’indépendance à la Corse….et basta!

Nina – 11/04/2009 16:54:58
Votre édito – courageux – exprime complètement ce que l’énorme majorité corse n’ose dire tout haut sur notre île! Et le commentaire : “un Français ne comprendra jamais un corse” laissé sur ce blog par Revoluzione illustre à merveille votre propos…O Dumé, tu te crois plus corse que nous en tenant de pareils propos? Quand tu voyages, c’est avec un passeport corse ou français? C’est cela ton rêve, la gouvernance de l’île entre les mains de petits chefs locaux aux moeurs tribales? Si tu savais que c’est à cause de paroles comme les tiennes que nous, les Corses habitant sur le continent, déclenchons bien des sarcasmes dès que l’on se dit originaire de la Corse. Et nous en avons plus qu’assez de supporter les conséquences de vos actes barbares et criminels de mafiosi.

yvon louvain – 11/04/2009 08:21:48
Eh! bien moi, je vais détonner…Je prétends que la Corse se révèle une verrue plantaire pour la France. Et si la grande majorité des Corses ne sont pas des indépendantistes terroristes, ce que je crois, alors que l’omerta soit levée, faute de quoi ils seront toujours jugés comme des alliés objectifs. Certains intervenants parlent de colonialisme de la part de la France, eh! bien dans ce cas donnons sans attendre l’indépendance à la Corse. Demandons par référendum à tous les Français s’ils souhaitent que la Corse reste dans la République française. Solution radicale sans doute mais qui aurait au moins le mérite de rendre la situation plus claire. Je vais sans doute me faire incendier avec ces propos mais il s’agit d’une opinion personnelle établie au vu d’exactions inadmissibles et opinion qui ne varira pas.

dominique – 10/04/2009 23:26:46
Les continentaux ont souvent, en effet, la réaction (heureuse) de Mr Barbier… Elle est confirmée par les détestables relents des commentaires ci-dessus, de WC (ah la bonne signature)1917, Révolte ou autres. Même dans les banlieues, on ne tue pas les préfets (et par derrière de surcroît), Si ceux qui veulent l’indépendance en Corse sont des exaltés assassins, sont-ils majoritaires? alors qu’ils renoncent à la manne que la métropole déverse sur ces deux départements souvent au détriment des continentaux (et alors ce serait le Cuba de la Méditerranée, la mafia en plus) Et puis, ne parlons plus de Colonna… il est à l’abri… presque autant que lorsqu’il se cachait … pourquoi, au fait?

paul marie – 10/04/2009 20:58:25
bravo et merci pour avoir trouvé des mots aussi justes pour parler de mon île – il y a longtemps que je n’avais lu quelque chose d’aussi (malheureusement) juste. Avec tout mon mépris pour les cracheurs de haine qui ne vont pas manquer de commenter vos propos, et dont les familles ont souvent été mussoliniennes (fascistes) il y a soixante ans, on ne le rappelle pas assez.
21:58:15
Merci M. Barbier pour avoir eu le courage des mots justes – j’ai honte de mon île, mais est-ce si surprenant de lire un appel au “fours” de sinistre mémoire quand on sait l’origine clairement fasciste de certaines familles indépendantistes, ouvertement mussoliniennes à l’époque ? Quand dira t’on par exemple que si le coût de la vie est si cher en Corse, c’est en raison principalement du racket systématique de tous les commerces et professions libérales ? N’importe quel adolescent pourrait donner les tarifs.

Sambucucciu – 10/04/2009 20:04:39
“Les Français dans les fours !” désavoué par la majorité de la population corse ? Encore heureux, elle s’adresse également à elle, cette menace proférée par de courageux anonymes cagoulés, comme le réclame la tradition d’honneur de l’île… La majorité de la population corse désavoue, mais hélas, comme toutes les majorités, elle reste silencieuse: jusques à quand va-t-elle tolérer que cette île soit la proie des mafias, des gangs de la brise de mer à ceux des sociétés de sécurité, en passant par les racketteurs furtifs ?

Sarko et Ségolène, en boubou

57UTCp30UTC04bTue, 14 Apr 2009 07:14:57 +0000UTC 9,2008

Texte corrigé le 14 avril.

Alain Destrem, conseiller UMP de Paris s’est gaussé de Ségolène Royal, apparue en boubou à Dakar, lors de son retour dans sa ville natale. Elle lui rappellerait sa femme de ménage, a-t-il lancé.

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Destrem ne s’est pas souvenu d’une très jolie photo, récente, de Mon Président arborant lui aussi un magnifique boubou, lors d’un voyage au Sénégal. Nous devons cette photo au blog de Guy Birenbaum.

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Il est pas mignon, comme ça ? Oui, il est beau. Il a de la prestance. On sent dans son regard et sa poignée de main tout l’homme d’État qu’il est. Quant à son sourire, c’est le plus beau et le plus chaleureux possible, bien plus forts que les mots de salutation les plus beaux. Ce bel homme est Ousmane Ngom alors ministre de l’intérieur du Sénégal

Quant à l’autre, c’est… heu… Nicolas Sarkozy ?

Et que rappelle cette photo à Destrem ? Un technicien de surface, peut-être.

Mon clavier, 14 avril

09UTCp30UTC04bTue, 14 Apr 2009 14:30:09 +0000UTC 9,2008

Modifié à 14 h 30

§ En vue d’un important travail de fond, je suis en train de reprendre les articles publiés en 1998-1999 sur l’enquête Erignac.

Il est tout à fait frappant de constater que dès cette époque tout ce qui a été soulevé par la suite était écrit. Et surtout qu’aucune autre piste que l’action terroriste n’a été explorée. Un fait qui a été confirmé par les récits des policiers -témoins pendant le dernier procès dont Yvan Colonna a été le principal accusé.

§ Précision : J.P. Vernet me signale que le personnage figurant sur la photo où apparaît Nicolas Sarlozy en boubou est Ousmane Ngom alors ministre de l’intérieur du Sénégal.

§ A relever dans le blog de Guy Birenbaum, sur LePost, une belle défense d’Alain Bauer, le criminologue par ailleurs étrillé par Serge Quadrupani dans rue89 et dans Marianne. Il se trouve que je connais bien Bauer et que je ne partage pas les réserves le concernant, exprimées à droite ou à gauche.

§ Une revendication loufoque du préfet Prouteau

§ information du New York Times

La banque d’affaires Goldman Sachs confirmed on Monday that it would raise $5 billion ( 5 milliards de dollars) through a stock offering to help pay back government rescue funds, as it posted a $1.8 billion profit for its first quarter.

Il apparaît ainsi que toutes les institutions financières américaines ne se sont pas engouffrées dans le système ravageur des subprimes.

Casse industrielle : malheurs et un bonheur

00UTCp30UTC04bTue, 14 Apr 2009 07:44:00 +0000UTC 9,2008

Des élus des Pyrénées-Atlantiques, dont la députée-maire PS de Pau Martine Lignières-Cassou, se sont joints lundi à la grève de la faim tournante lancée il y a deux semaines par les salariés d’Acetex Chimie pour protester contre le projet de fermeture de leur usine. Cette filiale du groupe chimique américain Celanese emploie plus de 350 personnes à Pardies. Sa fermeture a été annoncée le 23 mars dernier.
Sur le terrain de l’emploi, décision aujourd’hui du tribunal de Commerce de Niortconcernant l’avenir de l’équipementier Heuliez.

Les 1000 salariés de l’équipementier automobile Heuliez, menacé de liquidation judiciaire, devraient être fixés sur leur sort mardi à l’issue d’une réunion devant le tribunal de commerce de Niort. L’entreprise basée a Cerizay (Deux-Sèvres) a besoin de 45 millions d’euros et de partenaires financiers et industriels pour éviter de disparaître.

Enfin, une bonne nouvelle : Geneviève Lethu, chaîne de magasins spécialisés dans les Arts de la Table, a décidé de rapatrier une partie notable de sa production délocalisée en Chine. Motifs : trop de malfaçons, trop de contrefaçons.

Pirates : la revendication loufoque de Prouteau

03UTCp30UTC04bTue, 14 Apr 2009 13:40:03 +0000UTC 9,2008

Le Préfet Prouteau, ex patron du GIGN, vient de monter au créneau pour “s’étonner” que le GIGN n’aie pas été sollicité pour mener à bien la prise d’otages par des pirates de l’équipage du voilier Tanit.

Ce qui sous entend bien sûr que si les gendarmes avaient mené l’opération, il n’y aurait pas eu de mort. Alors qu’avec ces “amateurs” (c’est moi qui l’écrit) du commando Hubert, on ne pouvait rien attendre de bien.

En quelque sorte, Prouteau revendique pour le GIGN l’exclusivité de la libération des otages, sur terre, en mer et au ciel. Amen.

Cette revendication est pour le moins loufoque. Certes les gendarmes du GIGN ont démontré à de nombreuses reprises leurs grands qualités professionnelles. Mais il s’en faut – heureusement – de beaucoup qu’ils soient les seuls capables !

Crise : feu General Motors !

06UTCp30UTC04bWed, 15 Apr 2009 07:32:06 +0000UTC 9,2008

Les premières grandes victimes de la crise ont été les banques. Puis a suivi l’industrie automobile. En Europe les gouvernements se débattent pour éviter le sort de l’industrie automobile britannique, aujourd’hui quasiment effacée du paysage.

Il faut savoir quand même que notre “modèle économique” fondé sur la bagnole est la clé de voûte d’un système complexe : en haut, les porte-drapeaux, en France, les Peugeot, Citroën, Renault. En Allemagne, les Mercedes, BMW, Opel…

Derrière, les sous-traitants, qui s’effondrent : car cette industrie automobile est bâtie sur du sable. Presque toutes les tâches sont plus ou moins largement sous traitées, et les entreprises qui oeuvrent pour le chef de file en sont totalement dépendantes. Derrière encore, il y a l’acier, les métaux non ferreux, les plastiques et par conséquent la pétrochimie. Des dizaines de milliers d’ouvriers.

L’industrie aéronautique est désormais organisée sur le même modèle : Airbus ou Boeing ne sont que des noms, des concepteurs-assembleurs sans cesse à la recherche de sous traitants – encore – au moindre coût possible.

Quand le chef tombe, tout s’effondre, comme des châteaux de carte.

D’où les batailles menées par les Etats pour maintenir la tête hors de l’eau les grandes entreprises automobiles, malgré la modification évidente de la manière de vivre : moins de banlieues, moins de supermarchés géants, retour vers la proximité, la ville telle qu’elle était autrefois.

Le “cas General Motors” ne s’explique pas autrement. GM, comme les autres Grands américains, a mal choisi sa stratégie fondée sur les ventes massives de UV – Utility vehicles -, ce que nous appelons en Europe les pick-up. Des ventes soutenues par un étrange système fiscal : les UV ont toujours été considérés comme des véhicules commerciaux, bénéficiant de ce fait d’exonérations fiscales importantes. Et de crédits pour les ventes relevant du même système que les subprimes : crédit à 100% quel que soit l’usage du véhicule en question.

Il fut donc sauver “the private GM” (le soldat GM) : le plan tracé par l’administration Obama prévoit que la société américaine sera séparée en deux.

La principale branche, mise en faillite provisoire, récupérerait les actifs sains de GM, tels que les marques Chevrolet et Cadillac, et peut-être Buick. Et sans doute GMC, principal fournisseur de l’armée américaine. Elle serait utilisée pour la relance du constructeur, bénéficiant d’un subventionement massif : 13,4 milliards de dollars (10 milliards d’Euros).

A condition que GM révise de fond en comble et sa stratégie et sa gamme de modèles pour l’adapter à un monde plus moderne que celui des éleveurs texans.

La deuxième société recueillerait les “actifs pourris” qui seraient liquidés au fur et à mesure des possibilités. Parmi ces laissez pour compte on relève Pontiac, Saab. Et Hummer, le constructeur des fameux véhicules de combat de l’armée américain, dont la monstrueuse version civile est  tellement appréciée des hyper snobs. Mais aussi dans le lot les fonds de retraite et la couverture santé des salariés.

Une question, essentielle pour l’économie européenne : que va devenir le constructeur allemand Opel, dont on ne se souvient jamais qu’il est depuis très longtemps une filiale de GM ?

Mon Clavier, 15 avril

29UTCp30UTC04bWed, 15 Apr 2009 07:52:29 +0000UTC 9,2008

§ Le Nouvel Obs révèle les données un sondage CSA publié lundi 13 avril dans Le Parisien/Aujourd’hui en France : seuls 42% des Français font confiance à Nicolas Sarkozy pour réduire l’impact de la crise en France, soit cinq points de moins qu’en septembre 2008. Pourtant, il s’est démené, non ?

§ Pourquoi la mise en faillite de GM ?

§ Convoqués mi-février par Nicolas Sarkozy en pleine crise antillaise, les états généraux de l’outre-mer, censés mettre à plat tous les problèmes qui s’y posent, débutent mardi soir en Guadeloupe. La majorité des organisations syndicales n’y participeront pas.

§ Une recette récupérée chez Marina JAMBON A L’OSEILLE

§ Et je serai absent, aujourd’hui. Je quitte mon nid d’aigle parisien ( tour Lafayette, Arc de triomphe, Tour Eiffel, tour Montparnasse et en me tordant un peu le cou, Le foutu Sacré Coeur, qui célèvre les milliers de fusillés de la Commune) pour aller “en province” en visite familiale.

Une recette de Marina : jambon à l’oseille

08UTCp30UTC04bWed, 15 Apr 2009 07:58:08 +0000UTC 9,2008

JAMBON A L’OSEILLE

Ce plat se prépare de préférence en automne ou au printemps. L’odeur acidulée de l’oseille stimule l’appétit.

Il peut s’effectuer en deux temps :

Premier temps : 48 h avant le repas

300 g de champignons soit de Paris soit girolles ou cèpes selon la saison
1 grande cuillerée à soupe d’échalotes hachées
20 g de beurre
16cl de vin blanc très sec
20 cl de porto blanc
350 g de crème fraiche double

Dans une grande casserole faire revenir dans le beurre les champignons lavés ,  épluchés et coupés en morceaux avec l’échalote hachée.
Bien remuer, ajouter le vin blanc et faire bouillir de manière à ce qu’il ne reste plus qu’une réduction c’est-à-dire pas de liquide, juste les champignons imprégnés d’échalotes. A ce moment ajouter le porto blanc et la crème fraîche, faire bouillir et réduire en surveillant pendant 5 minutes

Cette préparation doit ensuite être mixée pour obtenir une crème mousseuse que vous conservez 48h dans un récipient fermé au réfrigérateur.

Deuxième temps :

4 belles tranches de jambon d’York ( environ 130g l’une)
30 g de beurre
150g d’oseille
10 cl de vin blanc sec

Le jour même acheter 4 belles tranches de jambon d’York.
Préparer 150 g d’oseille, la laver, l’équeuter et la couper en fines lanières.
Faire ramollir 30 g de beurre , l’étaler dans un grand plat allant au four, y mettre les tranches de jambon, les assaisonner et verser dessus 10cl de vin blanc sec.
Recouvrir de papier d’aluminium et mettre dans un four tiédi d’avance thermostat 5; les laisser ainsi jusqu’au moment de servir.
Réchauffer au bain-marie la préparation effectuée 48 h à l’avance.

Au moment de servir jeter dans cette sauce l’oseille coupée en lanières et faire bouillir le tout 30 secondes.
Sortir les tranches de jambon, les mettre sur assiette individuelle et napper chaque tranche de sauce à l’oseille.

La cuisson de cette sauce dégage une odeur excitante et fine due à l’alliance du porto et du vin blanc.
L’oseille ajoute une saveur aigüe

On évite de servir un légume avec cette viande car les champignons de la sauce en tiennent lieu.
Servir avec un vin blanc sec.

Mon Clavier, 16 avril

17UTCp30UTC04bThu, 16 Apr 2009 07:45:17 +0000UTC 9,2008

§ Ne soyez pas inquiets : je suis rentré “de province” sain et sauf, donc je vais  travailler à mon blog. En même temps, je dois finaliser d’autres projets.

§ Pour qu’on me pardonne mon absence, une petite révélation : Xavier Bertrand, l’ambitieux Secrétaire général de l’UMP entretient une collection de toupies ! Peut-être parce qu’il aime tourner en rond d’un protecteur puissant à l’autre : Philippe Seguin, de Villepin, Raffarin, auojourd’hui mon bon Président. Et nul n’ignore que notre excellent Xavier Bertrand rêve de voir sa course tournoyante se terminer à l’Elysée !

§ J’ai reçu ce soir d’une correspondante le texte d’une longue réponse d’Edmond Simeoni à Christophe Barbier. Après vérification, je vous le transmet.

§ Réforme de l’hôpital (liquidation en vue ?) : manif en vue pour le 28 avril. Et 25 chefs de service réputés des hôpitaux publics parisiens lancent un appel contre la «médecine mercantile» dans le projet de loi Bachelot sur la réforme des hôpitaux publics. Le ministère se dit «étonné».

20 000 emplois devraient être supprimés dans les hôpitaux publics français, dont 1000 à l’APHP ( Assistance publique de Paris)

§ Je vous rassure : après tout le cirque développé autour de Bo, le chien des filles Obama, je ne suis pas encore tombé dans la “Bomanie”. D’ailleurs, je n’aime pas trop les “pets”, pour moi les chiens sont des instruments de travail.

§ Crise : conséquence des problèmes financiers,aujourd’hui grève générale dans la principauté de Monaco.

§ Sur les 51 personnes tuées sur les routes à Paris en 2008, 29 étaient des piétons, largement surreprésentés parmi les victimes dans l’accidentologie parisienne. Soit plus de la moitié des tués et une augmentation de 70,59% par rapport à 2007.. Parmi eux 17 avaient plus de 60 ans, souligne la Préfecture de Paris.

Social : de partout. Grèves au Paradis

33UTCp30UTC04bThu, 16 Apr 2009 10:04:33 +0000UTC 9,2008

Grève au paradis : aujourd’hui jeudi grande journée d’action à Monaco. Grève au paradis, conséquence de la crise. L’Union des Syndicats de Monaco (USM) s’attend à une très forte mobilisation  qui pourrait bien être « une des plus puissantes de la dernière décennie », selon l’USM.  « contre le recul social enregistré au cours des trente dernières années »

Dans le privé, les syndicats de la chimie, des matières plastiques, de la métallurgie lancent un appel de 3 à 4 heures d’arrêt de travail. Les syndicats des hôtels, cafés, restaurants, des cadres hôteliers et des cuisiniers pâtissiers ont décidé de se joindre au mouvement ; des assemblées générales dans les palaces de la Société des Bains de Mer ont d’ores et déjà voté la grève de 24 heures.  L’assemblée générale des personnels du Casino de Monte Carlo a arrêté une grève de 5 heures ; le syndicat du Commerce se joint au mouvement et Carrefour participera avec un arrêt de 3 heures. Le personnel de la banque BNP Paribas a décidé de 24 h de grève, et dans le service public privatisé, les transports urbains observeront un arrêt de travail de 3 heures ; la Société Monégasque des Eaux une grève de 3 heures, la Société Monégasque d’Assainissement, la Société Monégasque de l’Electricité et du Gaz et Monaco Telecom appellent également à des arrêts de travail et à participer aux rassemblements.

Au Centre Hospitalier Princesse Grace, fortement mobilisé, ce sera un mouvement unitaire puisque le syndicat autonome appellera également au mouvement aux côtés du syndicat des agents hospitaliers (USM). Le personnel arrêtera le travail pendant 4 heures. Dans la Fonction Publique, le nouveau syndicat des Agents de l’Etat et de la Commune appelle les personnels à s’associer à l’action pour la première fois depuis des décennies, et le Service de l’Aménagement Urbain annonce un arrêt de 3 heures. Les musiciens de l’Orchestre Philharmonique de Monte Carlo arrêteront également le travail. Par ailleurs, l’Union des Retraités de Monaco et l’Association des locataires de Monaco appellent à participer nombreux à la manifestation.

Air France : pour tenir compte de la baisse du trafic, 2500 à 3000 suppressions d’emploi, sans licenciements, par non remplacement des partants.

Et en Guadeloupe, menace de reprise de la grève générale !

En revanche, quand même une bonne nouvelle : Heuliez est placée en redressement judiciaire. On craignait une liquidation.

Corse : la colère d’Edmond Simeoni

53UTCp30UTC04bThu, 16 Apr 2009 10:37:53 +0000UTC 9,2008

Décidément, l’éditorial de Christophe Barbier n’en finit pas de déclencher les colères. Maintenant, c’est au tour du Dr Edmond Simeoni de prendre sa plume trempée dans le vinaigre. Le moins qu’on puisse dire que aujourd’hui conseiller territorial de la Corse, l’homme d’Aleria – la prise de la cave coopérative d’Aleria – et à ce titre une des figures emblématiques de l’autonomisme en Corse, n’est guère convaincu par les propos de Barbier.

Avec son autorisation, je reproduis ce texte diffusé hier le 15 avril.

Pitié… pour Barbier

Cette nuit, j’ai fait un mauvais rêve qui m’a laissé un sentiment de malaise : des jeunes corses avaient insulté gravement la France, avec des mots inadmissibles, blessants et indignes parce qu’ils stigmatisaient son passé esclavagiste, sa saga coloniale, la livraison des juifs aux nazis, qui, selon eux,