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Secrets 2 – A propos du… « Cabinet noir », par Guy Birenbaum

26+01:00p31+01:0012bdim, 21 Déc 2008 09:00:26 +0100+01:00 9,2008

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

Précision en date du 21 décembre : voir le papier consacré hier 20 décembre aux ultimes confidences d’Yves Bertrand

Article d’origine 30 novembre

Je l’ai déjà écrit hier, j’aime bien le nouveau livre de Guy Birenbaum, Le cabinet noir. J’aime bien parce que, fidèle à sa réputation, Birenbaum met sur la table toute son information. Il raconte l’histoire d’un certain nombre de coups éditoriaux plus ou moins fumeux qu’il a su éviter. Plus par circonspection que par prudence. Il manifeste une certaine dose de candeur. Notamment quand il se demande comment un livre qu’il allait publier chez Denoël sur le juge Eric Halphen a été remis au Figaro par des mains secrètes avant publication. Guy doit savoir que les RG ont toujours été au courant des livres avant publication. Dans mes archives (inaccessibles, inutile de venir chercher ça chez moi) repose quelque part la « copie avant publication » d’un livre de Jacques Derogy que m’a remis un membre du… cabinet noir (!). Les RG ont toujours disposé d’informateurs patentés dans les imprimeries… et dans les journaux. Des informateurs le plus souvent insoupçonnables, du niveau des petites mains. Du Canard Enchaîné à tous les livres d’investigation, rien n’échappe à cette prépublication ! Et Yves Bertrand, cible de ce Cabinet noir n’était pas le dernier à en profiter.

Mais mon intérêt particulier pour ce livre est ailleurs. Peut-être sans le savoir, encore que… Birenbaum dévoile le nom du véritable animateur du pseudo cabinet noir, par la même occasion le persécuteur d’Yves Bertrand. C’est étalé en toutes lettes et en tout fac similé. L’homme n’est autre qu’Hubert Marty-Vrayance, commissaire de police. Il a oeuvré un temps dans le cabinet d’Yves Bertrand. Jusqu’à la découverte par le Directeur central des RG que son collaborateur se multipliait en scoops bidons, rumeurs infondées, provoquant d’immenses frayeurs. L’arrestation bidonnée d’Yvan Colonna, c’est lui. La thèse de l’assassinat de Pierre Beregovoy, c’est lui. Et surtout, l’invraisemblable théorie du complot développée par Thierry Meyssan qui dans L’effroyable imposture a prétendu expliquer les attentats du 11 septembre par une terrible machination montée par les Juifs et la CIA. Du coup, Yves Bertrand avait viré Marty-Vrayance de son cabinet. Le commissaire n’a jamais pardonné ce « forfait » à son ancien patron. Et depuis pour le persécuter répand dans la presse tous les bobards possibles. Les journalistes sont ravis de bénéficier de ces révélations fracassantes qu’ils prennent pour argent comptant, sans enquêter pour vérifier. Vous me direz que Marty-Vrayance n’est pas le seul à la manoeuvre, d’autres entendent avoir la peau d’un homme qui ne les aurait pas assez servis. Je le répète une nouvelle fois : je ne défends pas particulièrement Yves Bertrand qui pendant douze ans a oeuvré pour collecter du renseignement, pour le servir à ses patrons, dans un rapport quotidien au Ministre de l’Intérieur. Mais je me dois de dévoiler aussi le dessous des cartes. Et merci à Guy Birenbaum de publier les documents qui permettent de mieux comprendre.

13 h . Guy Birenbaum me précise :

L’affaire colonna telle que je l’ai vécue suffit à montrer le contraire de ce que vous avancez…
HMV [ Hubert Marty-Vrayance] est au coeur de l’enquête de Guillaume qui travaille pour Bertrand puisque c’est lui qu me conduit à Bertrand…
Et comme je le dévoile quelques jours après mon déjeuner avec YB, Guillaume et Robin, HMV est bien avec eux à Cosnes sur Loire pour tamponner Rougelet…

Mais je ne vois pas en quoi cette précision dément le rôle obscur et vengeur de Marty-Vrayance.

DCRI-fusion fin

20+01:00p31+01:0005bjeu, 15 Mai 2008 18:19:20 +0100+01:00 9,2008

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

Philippe Madelin
Rue89

Les nouveau monde du renseignement français :
Les contours de la DCRI se précisent

Voilà près d’un an que la naissance de la nouvelle DCRI – Direction centrale du Renseignement intérieur – a été annoncée à son de trompe. La DST et les Renseignements généraux devaient fusionner, on allait voir ce qu’on allait voir. Pas si simple, après un an et après avoir entendu force renâclements et semelles traîner sur le macadam, après une prudente progression  dans laquelle certains ont cru voir un certain manque d’enthousiasme de Michèle-Alliot Marie, la Ministre de l’Intérieur, les contours de ce que l’on surnomme à tort le FBI à la française se précisent.

Notre mission prendra fin le 1er juillet, me précise un des principaux acteurs impliqués dans cette réforme policière sans précédent. Et ce 1er juillet la DCTI verra définitivement le jour. Le projet a été mené avec toute la circonspection possibles, a prix de discussion approfondies pour rapprocher des positions hier profondément divergentes. Nous y sommes parvenus parce que tous les acteurs de cette réforme ont à peu près le même âge, la cinquantaine, et ne portent par conséquent pas le poids des traditions de rivalités anciennes. C’est également vrai pour les hommes qui constitueront les effectifs. Eux aussi ils ont moins de cinquante ans, ils n’ont pas progressé dans la carrière dans le climat de guerre larvée qui opposait naguère la DST et les RG.

La nouvelle direction sera répartie entre des services centraux installés au siège de Levallois-Perret, regroupant 5 000 policiers et fonctionnaires, et six directions zonales du Renseignement intérieur, à Rennes, Lille, Lyon, Marseille, Bordeaux et Metz. Leurs responsables doivent être désignés aux environs du 22 mai
Au centre de la machine, cœur de métier, le renseignement intérieur, fruit de la fusion entre les services centraux de la DST et de la section de recherche des RG. Mission de cet organe central : à l’intérieur du territoire national évaluer les grandes menaces grâce à la recherche du renseignement tous azimuts, qu’il s’agisse de l’espionnage, du contre-espionnage, de la surveillance des groupes religieux à risques. Et surveillance des groupes pratiquant l’action violente pour tout motifs, qu’il s’agisse de séparatisme régional ou  de tout autre motif.
Pour mener ces tâches à bien, comme à la DST, la DCRI sera divisée en sections opérationnelles spécialisées.
En revanche, les moyens techniques, surveillance et interception, seront tous fusionnés. Il faut dire que 50% de ces moyens techniques sont dévolus à la lutte antiterroriste. Cette mutualisation radicale était au demeurant l’un des objets de la réforme.
Le dessin des structures internes de répression, enquêtes et poursuites judiciaires, a été plus délicat. Il a débouché sur un compromis : toutes les affaires relevant du cœur de métier nécessitant un respect rigoureux du secret défense – menaces extérieures, espionnage, terrorisme international – resteront traitées par les officiers de police judiciaire d’une section judiciaire interne à la DCRI.
Suite de l’affaire des six Islamistes poursuivis en France après leur internement à dans le camp américain de Guantanamo – une affaire qui a été largement traitée par rue89 – la répartition des compétences entre policiers enquêteurs de la DCRI et les officiers de police judiciaire sera définie de façon beaucoup plus stricte. Il ne sera plus possible pour un seul policier d’exercer successivement comme enquêteur et comme OPJ.
En tout état de cause, d’innombrables réunions ont permis aux membres des deux anciennes directions d’être mis au courant des nouvelles configurations, voire de fixer son choix : ou rester à la DCRI, ou rejoindre les servies de renseignement intérieur relevant désormais de la Direction générale de la Police nationale.
Un soin tout particulier a été apporté au management, de façon à ménager toutes  les susceptibilités. Dans tous les postes exerceront en double un policier de la DST et un policier des RG. Quand le patron sera un ancien de la DST, l’adjoint viendra des RG, et inversement. Cette dualité sera respectée même au niveau de la direction : le Directeur central sera flanqué de deux adjoints, l’un issu de la DST, l’autre des RG.
Cette réforme qui apparaît largement souhaitée dans les rangs des services reflète donc un art du compromis malin, où l’on reconnaît sans mal la main de l’actuel patron, Bernard Squarcini.
Sera-t-il pour autant confirmé dans sa fonction ? A Levallois, on entretient le mystère :

Ces   nominations, rappelle-t-on,  relèvent directement de MAM, la Ministre de l’Intérieur et du Directeur général de la Police nationale, Frédéric Péchenard.

Il est un homme de Nicolas Sakozy, tout comme Bernard Squarcini. Le Président tient donc dans sa main tout l’avenir de la DCRI.