Posts Tagged ‘eau’

La stratégie des barrages (suite)

27+01:00p31+01:0003blun, 16 Mar 2009 18:51:27 +0100+01:00 9,2008

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

Il y a un an, à propos du barrage de Nurek, au Tadjikistan, je soulevais le problème stratégique des barrages. Nous y voici revenus avec le 5° Forum mondial de l’Eau qui se réunira du 16 au 22 mars à Istambul.

La Turquie est justement au centre d’intenses polémiques en raison de son programme massif de construction de barrages géants, dont celui de Birecik, sur l’Euphrate. Le voisin syrien s’inquiète, d’autant plus que la Turquie a déjà  joué de « l’arme de l’Eau » pour obliger les Syriens à ne plus assurer leur soutien aux Kurdes réfugiés…

Voilà ce que j’écrivais voilà un an :

Les risques matériels [ effondrement des barrages ] sont peu importants face aux risques de conflit. Et c’est ici que nous retrouvons notre barrage tadjik de Nurek et de ses successeurs virtuels. Cette menace tient au fait que les bassins hydrographiques ne connaissent pas les frontières : pour les fleuves d’Amérique du Nord et la Loire en France qui traversent des territoires homogènes, la plupart des grandes artères d’eau irriguent plusieurs Etats. Dont les intérêts sont loin d’être toujours cohérents, bien au contraire. Le Jourdain, par exemple, prend ses sources, il y en plusieurs, au pied du Mont Liban, au Liban ; il draine des affluents venant de Syrie, il est bordé par trois pays, l’entité palestinienne, la Jordanie et Israël qui puisent sans mesure. Au point que la Mer Morte est de plus en plus morte, elle se dessèche, comme la mer d’Aral en Ouzbekistan. Pour harmoniser les points de vue divergents on doit se lancer dans d’interminables palabres, des négociations internationales, des conflits ouverts ou larvés, ponctués d’actions terroristes, parfois de vraies guerres : l’irrigation des orangers d’Israël et des oliviers de Gaza pèsent plus lourde que les grands principes idéologiques. En Espagne, le Premier ministre Zapatero a quasiment déclenché une révolution en privilégiant l’alimentation en eau de Barcelone au détriment des cultures maraîchères de l’Ebre, pour lesquelles les agriculteurs sont en train d’épuiser les nappes phréatiques fossiles, remplies voilà des millénaires.

Publicités

Paris, une question d’eau : encore de la stratégie… politique

19+01:00p30+01:0011bdim, 23 Nov 2008 17:47:19 +0100+01:00 9,2008

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

En 1964, alors que j’étais simple rédacteur à L’installateur un mensuel technique destiné aux entrepreurs de Sanitaire, le patron Georges Maurice Perrin a eu une idée proprement géniale : il m’a demandé d’enquêter le plus largement possible sur les questions de l’Eau. Evidemment, à l’époque, tout le monde s’est fichu de moi. L’eau ? Mais quel intérêt, me disait-on ? Un intérêt fondamental pour mon propriétaire et patron. Il y croyait dur ce modeste marchand de meuble du faubourg Saint-Antoine. Et me voici lancé dans tous les méandres de la production de l’eau, de l’assainissement, de la stratégie de l’eau potalble. Cette recherche m’a au sens strict appris à enquêter. Quel détour, n’est-ce pas ? Il m’a fallu six ou sept articles pour étaler toutes les connaissances acquises. A l’époque, on considérait déjà qu’à 1 F le mètre cube, l’eau était djà chère.  Evidemment, je n’ai rien oublié, même si par la suite, je me suis éloigné de ces problèmes. Je ne les ai retrouvés qu’en travaillant sur mon livre Le clan des Chiraquiens, où, notoirement, j’ai flingué la politique menée par Jacques Chirac à la Mairie de Paris. Et me voici revenu à l’eau, car en 1985, alors Maire de Paris, Jacquou décide d’affermer, c’est-à-dire de privatiser à deux sociétés « amies », la distribution de l’Eau.  Soit pour la rive droite, la Compagnie des Eaux de Paris spécialement mise sur pied pour cette occasion par la Générale des Eaux, devenue depuis Veolia, et pour la rive gauche, la Société Eau et Force, appartenant au groupe de la Lyonnaise des Eaux alors animée par le très chiraquien Jérôme Monod. A Paris, puis dans toute la région Ile de France, le privé s’est donc emparé de l’essentiel, travaillant au demeurant pas trop mal, notamment en rénovant de fond en comble un réseau de distribution alors fort mal en point. Contrairement aux prévisions et aux promesses, non seulement l’opération n’a pas été économique, mais très coûteuse,  les prix se sont envolés.

Cette privatisation s’inscrivait dans un mouvement généralisé à toute la France de cette démunicipalisation. On se souvient mal qu’elle est à l’origine des grands scandales politico-financiers des années 1990 puisque pour obtenir les concessions les groupes privés ont plus que largement « arrosé » – c’est le cas de le dire, le monde politique. Dans mon livre La France mafieuse j’ai publié une liste non exhaustive des contributions tout à fait intéressées consenties par les distributeurs d’eau, et certains grands groupes de bâtiment et de travaux publics, pour obtenir l’attribution des marchés. Liste interminable des municiplités bénéficiaires, liste non moins longue des hommes politiques qui ont pu financer leurs campagnes électorales grâce à l’Eau. C’et un autre aspect non négligeable de la stratégie de l’eau…

Or, alors que la consommation d’eau n’a cessé de diminuer en région parisienne et à Paris en raison de la desindustrialisation et des suppressions de fuites sur le réseau grâce à son meilleur entretien, de façon tout à fait bizarre, et pour le moins scandaleuse, le prix du mètre cube a cru dans de fortes proportions, le coût a augmenté de 260% depuis 1980, 9 % en 2007. Les sociétés privées s’attribuaient un marge annuelle de 15 millions d’euros ! Le magazine UFC-Que Choisir estime que le SEDIF pourrait économiser 90 millions d’euros en examinant – ou rééxaminant – les contrats.

Juste retour des choses, la ville de Paris a décidé de changer de cap stratégique et de revenir à la municipalisation du service de l’Eau. Le lundi 24 novembrece  devrait être voté, pour mise en application à partir du 1er janvier 2010, le retour au servie municipal. Le privé n’y perdra pas totalement puisqu’il se verra sous traiter une parties de l’activité ! Les temps chiraquien est bien terminé.