Archive for octobre 2008

Les Adieux de Noirmoutier

47+01:00p31+01:0010bven, 31 Oct 2008 00:42:47 +0100+01:00 9,2008

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

Je vous parlerai plus tard des « Adieux de Noirmoutier », ou quand un Préfet de Paris, auparavant Préfet de police, Pierre Mutz, quitte la carrière. Pour ses adieux, il a reçu des amis et connaissances dans un bel hôtel du quartier des ministères, rue de Grenelle. Noirmoutier, ce n’est pas l’île, mais un très bel « hôtel particulier » comme en possède quelques uns l’administration, rue de Grenelle. Il pleuvait à saut, la réception était sous la tente dans le jardin. Et j’ai rarement vu autant de hauts dignitaires de l’Etat, autant de policiers, autant de « gens sérieux », en bref. Il y avait même MAM, notre chère ministre de l’Intérieur, qui a cru me reconnaître et m’a donc serré la pince. Nous nous sommes en effet croisés il y a quelques mois dans une réception au ministère. Je serai un peu moins concis plus tard.

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Une loi aux calendes grecques

03+01:00p31+01:0010bmer, 29 Oct 2008 11:52:03 +0100+01:00 9,2008

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

Loi de programmation militaire :
Les promesses tenues du Livre Blanc sur la défense

La Marine va quitter son siège historique de la rue Royale et le Président de la République se verra doté d’un super « avion de commandement », assez ironiquement surnommé le « Air Force One » français : un Airbus 330-200 à long rayon d’action. Il est vrai acheté d’occasion, mais profondément rééquipé. Ces annonces majeures vont caractériser la loi de programmation militaire adoptée ce mercredi 29 octobre en Conseil des Ministres, un projet qui tient les promesses annoncées dans le Livre Blanc sur la Défense publié en juin dernier.
Sa publication avait provoqué un séisme dans l’armée, puisqu’il préconisait de revoir de fond en comble le modèle sur lequel repose l’organisation de l’armée. De façon claire, il était prévu de remplacer une armée considérée à la fois comme un outil destiné à répliquer aux grandes armées hostiles, comme un support pour l’industrie d’armement et comme un instrument d’aménagement du territoire.
Le nouveau projet de loi écarte ces principes fondamentaux en faveur d’une armée dite « plus moderne », mais marquée par la politique dite de RGPP, pour Révision Générale des Politiques Publiques : c’est-à-dire que pour bien des aspects les unités ne disposeront plus de leur autonomie de gestion, au profit d’une unification des moyens logistiques. On recrée le service de l’Intendance tel qu’il existait naguère. Ça s’écrit aujourd’hui :
« Mutualisation des services de soutien, avec un seul service d’achat, une seule direction des ressources humaines, une seule direction financière pour toutes les armes. »
Avec à la clé 54 000 suppressions d’emplois, une masse salariale contenue à 12 milliards d’Euros. Les militaires désirant quitter l’armée bénéficieront de fortes aides au reclassement. Un vaste redéploiement des unités sur le territoire. Les casernes quitteront les centres villes pour revenir dans des camps. Le projet de loi est au demeurant fort discret sur cet aspect qui avait déclenché une véritable tempête politique dans les villes de province affectées.
En revanche, on insiste sur le regroupement de toutes les installations militaires parisiennes dans un « Pentagone à la française » situé près de la Place Balard. C’est dans cette perspective que le Ministère de la Marine va quitter la rue Royale. Au total, le programme de reventes immobilières devrait atteindre 1,5 à 2 milliards d’Euros.
Au total, selon Hervé Morin, le Ministre de la Défense, la Défense va réaliser entre 3,5 et 4 milliards d’économies.
Les économies réalisées sont censées permettre le développement d’un ambitieux plan de rééquipement. Selon Morin, « 101 milliards seront dépensés sur les six prochaines années pour équiper les armées […] ce qui va permettre d’injecter de l’argent dans le circuit économique au moment où notre industrie en a besoin. » Au programme : des matériels courants, notamment des blindés légers, des frégates FREMM, des hélicoptères NH90, des sous-marins nucléaires d’attaque Barracuda, des missiles de croisière Scalp. Et donc 280 millions d’Euros pour l’avion du Président et deux Falcon 900 7X pour les déplacements ministériels, On évoque même le deuxième porte-avion, sans doute pour rassurer les marins, mais la décision de lancer le chantier est renvoyée à plusieurs années, vers 2011-2012, soit à la fin du mandat présidentiel.
Bien que fort coûteuses, les OPEX, les interventions extérieures, ne semblent pas remises en cause.
Cet énorme budget est le prix à payer pour assurer à la France une position diplomatique forte dans le monde. Reste que ce projet de Loi a été élaboré avant la crise économique qui ravage les finances dans tous les pays, en France la dette publique a explosé. Le budget pourra-t-il tenir le choc, ou bien cette LPM, comme les précédentes, est-elle vouée à devenir un bel objet de collection dans une vitrine ? Comme le Président de la République ne porte pas spécialement l’armée ni dans son cœur, ni dans ses perspectives électorales, dans l’immédiat il risque d’arbitrer en faveur de priorités plus immédiates.

Moon : Tchao, Tony Hillerman

01+01:00p31+01:0010bmar, 28 Oct 2008 12:55:01 +0100+01:00 9,2008

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

Voici donc Tony Hillerman au paradis des esprits.

J’ai beaucoup aimé cet auteur, j’ai lu nombre de ses bouquins. Au point d’avoir été suivre sa trace sur les sentiers des chamans au Nouveau Mexique, au Nord Ouest de Gallup, dans la grand réserve Navajo où opéraient ses deux policiers indiens, ainsi que dans la réserve hopi adjacente. Deux grands voyages d’été pour assister au festival des traditions indiennes qui se tiennent à Gallup chaque mois d’août. Allez-y, c’est fascinant.

Parmi ses oeuvres, le roman que préférait Hillerman était Moon. Cette histoire raconte le voyage au bout de la nuit d’un journaliste de Denver parti chercher au Cambodge la fille de son frère, un officier des forces spéciales US tué pendant la guerre contre les Khmers rouges. Cette histoire était censée être un roman.

Comme je me posais la question devant un ami, David McGiffert, ancien sous-secrétaire à l’Armée du temps de Lyndon Johson et recyclé comme avocat chez Covington & Burling – des plus grands cabinets de Washington, David a posé sur moi son regard très particulier de métis Irlando-Sioux :

– Mais ce n’est pas une histoire, Philippe. C’est le récit quasiment littéral de la recherche engagée par Hillerman pour retrouver la fille de son frère disparu au Cambodge. Je suis bien placé pour le savoir : j’étais alors avocat du gouvernement américain, j’ai aidé Hillerman dans toutes ses recherches, menées grâce à la CIA;

David est mort. Je l’avais rencontré pendant ma jeunesse, il était l’hôte de ma famille, je l’ai retrouvé comme ministre au Pentagone, puis nous nous sommes de nouveau rencontrés à Paris. Si vous ne l’avez pas compris, Dave entretenait des relations étroites avec la CIA.

Paix à son âme, paix à l’âme de Tony Hillerman, qui a beaucoup parlé des âmes.

Athènes

53+01:00p31+01:0010bmar, 28 Oct 2008 10:15:53 +0100+01:00 9,2008

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

La culture tapas : Athènes,
Automne 2008

De mon envoyé spécial


Il est évidemment impossible d’échapper au cliché : le ciel d’Athènes en ce début d’automne un peu frais est quand même l’un des plus beaux du monde. On m’avait annoncé une ville polluée dans des proportions invraisemblables. Eh bien non, l’Acropole et son Parthénon en ruines s’inscrivent toujours en blanc éclatant sur le plus bleu des bleus possibles. Les échafaudages du chantier de restauration ne peuvent rien y changer. Et le futur nouveau musée de l’Acropole dû au puissant et habile coup de patte de Bernard Tschumi, déjà visible mais non visitable, apportera un superbe geste de modernité architecturale.
Quand on regarde en haut, ça va. En bas, c’est une autre affaire. Ici règne le laisser aller, la négligence. En fait, je crois qu’on a confondu la pollution – elle est en cette saison presque impossible par les vents qui ne cessent des balayer les rues – et la saleté. La crasse. Ça, oui. Athènes, la plus ancienne des anciennes capitales, la mère des capitales d’Europe, est aussi de façon tout à fait incontestable la plus malpropre. Malpropre par inconséquence, par irresponsabilité, tant les Athéniens semblent indifférents à l’aspect de leur ville. Le dimanche matin, les rues sont transformées en un immense souk à ciel ouvert, vente au déballage. De la chiffonnade, curieusement des couvertures. Des « tombées de camion », et peut-on soupçonner, le produit de rapines. En bref un monstrueux marché aux voleurs. Avec à la clé des tonnes de papiers, de plastiques, de tous les immondices possibles. Cette ville est aussi dégoûtante qu’une cité du tiers monde. Et sans vraie raison car si on examine de près les chiffres, Athènes et la Grèce ne sont pas vraiment pauvres. Mais on s’en fout.
Pour être plus exact, plusieurs villes en une se côtoient. D’une part, la ville du « rêve hellène », un rêve dont les plus anciens d’entre nous se souviennent vaguement, quand on nous a obligé à apprendre le grec sous prétexte que seule la pratique de cette langue morte nous permettrait de retenir les mots savants en français. Et comme nous nous sommes imprégnés d’histoire en même temps que la langue, Athènes, ΑΘΝΗΑ, a été pour nous la première lumière du monde, la lumière qui nous a éclairé. Peu importe que ce souvenir remonte au temps des colonels dictateurs et du film « Z » de Costa-Gavras dénonçant les colonels en question. Un seule réalité s’imposait : Athènes, c’est la Démocratie. Une ville idée.
Un champs de ruines, évidemment En vérité, cette idée de ville est bien un champs de ruines. Ce n’est pas seulement un truisme. L’Acropole est en ruines, les agoras, les places où l’on débattait, sont en ruines. Les colonnes debout ont été redressées, parfois de façon hasardeuse. Ou pire, elles ont été récupérées par les clergés chrétiens pour bâtir leurs basiliques, leurs églises, leurs cathédrales. L’Ancienne Agora est bizarrement traversée par une ligne de métro à ciel ouvert, les rames foncent en ferraillant entre les temples et les Stoa reconstituées… De l’impossibilité d’aménager une ville antique sans casser de grands vestiges. Fellini nous a déjà raconté ça dans Fellini Roma, ça se retrouve à Athènes. Peut-on vivre d’une manière normale dans la Mère de toutes les villes ? Une ville où les temps se sont superposés par couche. Pour dégager l’Agora romaine, il a fallu creuser à huit ou neuf mètres de profondeur, enlever des milliers de tonnes de sédiments urbains. Il y a encore plus de ruines enfouies sous la ville que de ruines dégagées, rendues à l’air libre !
De façon paradoxale, ces champs de ruines, ces vestiges, ce monde disparu dont ne subsistent que des sculptures usées par le temps, sont d’une propreté absolue. Gérées avec un soin presque maniaque par les services culturels dépositaires de ces trésors qui en ont reçu la garde des nababs – dont l’inévitable Rockefeller – dispensateurs des premiers capitaux pour les fouilles. Enfermés derrière des grilles, épars au milieu d’une belle végétation méditerranéenne, balisés de signaux, surveillés de près par des cohortes de surveillants et de gardes. Ici, pas un papier gras. Pas un bruit incongru. On est dans un rêve, un paradis perdu d’où émergent quelques somptueux temples souvent reconstitués pour les besoins du tourisme de masse, comme les cariatides du temple d’Erechchtéion sur l’Acropole, la Stoa d’Attale et surtout le magnifique temple de Théseion.
Le mot est jeté : vieillot et un peu ringard, cet univers bien propre est réservé aux touristes, aux dizaines de milliers d’hommes et de femmes qui affluent du monde entier pour se ressourcer aux origines de la politique. Dans un seul groupe j’ai pu décompter deux Indiens venus de Bombay ; un Libanais de Beyrouth vivant à Londres flanquée d’une Russe travaillant à Paris; des Américains ; deux Français égarés. Et encore un Sikh, deux autres Indiens. Des Allemands. Etc.
C’est le tourisme tapas. On entr’aperçoit les choses, on court d’un endroit à l’autre, clic clac des rafales de photos avec ce geste particulier imposé par le numérique : on regarde à distance, il n’est pas nécessaire « d’entrer dans le sujet » comme avec le viseur des appareils argentiques.
La ville est envahie par les touristes criards et bavards qui se fraient un chemin parmi les Athéniens ivres de leurs propres sonorités. Ils viennent ici, ils courent d’un site à l’autre, ils admirent d’un œil vague, ils écoutent les explications ineptes d’une guide ignare. Ils s’exclament, ils beuglent, ils crient dans toutes les langues du monde. On est à Babel. Qu’importe : ils « ont fait » Athènes et Delphes. Ils ont avalés sans appétit tous ces petits bouts de culture qu’on leur sert sans précaution. Sans détail. De la culture tapas. On bouffe, vite, sans goûter, ensuite on se sauve vers ailleurs. C’est le syndrome de l’escalier d’Odessa dénoncé par Chris Marker dans son film Le Fond de l’air est rouge (1977-1993). J’ai fait Odessa, j’ai fait les Châteaux de la Loire, j’ai fait l’Acropole…
Contrairement à l’Egypte, ici la parenté avec l’antiquité est perceptible. Ne serait-ce que par les types physiques, tu as l’impression de croiser des modèles de Phidias à tous les coins de rue. Mais ce n’est peut-être qu’une illusion, le résultat d’une auto suggestion.
Pour autant, je ne pourrai pas brosser le moindre portrait, nous n’avons pas parlé à un seul Grec, sauf le réceptionniste de l’hôtel, aussi international que possible. Rien de profond. Comment peut-on passer dans un pays sans parler à personne d’autres qu’aux mercenaires du tourisme ?
Deux mondes qui se côtoient mais s’ignorent. Ce premier monde du tourisme tapas ignore superbement l’autre monde d’Athènes. Le monde d’une ville tirée vers la clochardisation. Athènes est bien une cité à deux vitesses, où se côtoient deux mondes qui s’ignorent avec superbe. Ville pauvre et un peu vieillotte, bruyante, ignorant le monde de l’ailleurs. Ignorant surtout le monde qui survit dans le tourisme et par le tourisme à un passé à la fois lointain et omniprésent, quand Athènes était la capitale du monde. Le monde culture et le monde économique sont des univers parallèles qui ne semblent pas pouvoir se rencontrer. indifférents à l’autre univers qui leur permet de vivreun monde qui déambule, qui parle fort – cette ville est bavarde comme on ne peut pas l’être.
Ce qui est stupéfiant dans la rue : les femmes sont peu présentes. Les hommes s’imposent sans partage. Ces hommes sont jeunes, sombres, ils ne sourient pas, ils se déplacent par grappes, ils s’entassent dans les cafés, sans femmes, cette fois, ils s’agglutinent devant des télés qui retransmettent des matches de foot. Ou bien ils pianotent sur des claviers d’ordinateurs dans les cybercafés. La rue est glauque.
Dans Placa, cet ancien quartier turc devenu le sommet du tourisme local, toujours le tourisme tapas, les rues sont bien propres, bien léchées, les boutiques attirantes. Là-dedans les touristes se déplacent par hordes compactes, sans guide à parapluie, ils hurlent, les Allemands et les Israéliens gueulent, comme s’ils étaient seuls au monde, et en terrain conquis. Je ne suis pas certain qu’ils montent à l’Acropole.
L’ancienne Agora si bien tenue est le symbole de cette ville double. Elle est séparée par une grille d’Andrianou Odos, la rue bordée d’innombrables boutiques obscures, qui vit du commerce comme aux temps des Athéniens de naguère, il y a 2500 ans. Des boutiques où l’on vend de tout et n’importe quoi, un bric à brac pour touristes gogos.Mais pas un seul signe des temps actuels sur ce champs de ruines. Comme une grille de prison, la grille est l’interface entre le passé lointain et aujourd’hui.
La ville des Affaires indéterminées. Sinon, la ville réelle vaque à ses affaires. Les Affaires : c’est la grande affaire de ce pays. L’achat, l’échange, la revente. Athènes, reine du Commerce, sans doute reine des trafics. Les médicaments factices produits au Pakistan ou en Inde entreraient tous dans la communauté européenne par la Grèce et Athènes, affirme Jean-François Dehecq, patron de SANOFI-Aventis devant un parterre de patrons réunis par le MEDEF le 21 octobre.Le « shipping » est le domaine privilégié des Grecs. Les marins viennent de partout, et apparemment, ils restent. Athènes ville totalement cosmopolite. Hormis la saleté et de trop nombreuses maisons tombant en ruines, l’allure de la rue est au demeurant plutôt sympathique. Les passants ne vous poussent pas, ils sont agréables, pas arrogants. Mais très sûrs d’eux. Le soir, tandis que les grandes artères du centre sont paralysées par les embouteillages malgré l’excellent réseau de transports publics, tout ce monde se répand dans la rue, le taxi a du mal à se frayer un passage pour rejoindre un restaurant à Placa ou à Psiri. A 4 heures de l’après-midi les magasins ferment l’un après l’autre, les badauds se rassemblent sur les places Omonia ou Syntagma, dans les parcs du Parlement ou du Jardin national pour tchatcher. L’esprit de l’Agora règne toujours sur Athènes. Il est plus important de parler que de veiller à la propreté. Plus tard et plus loin, dans un square écarté, mal éclairé, vacille sur un banc un inconnu victime d’une overdose.

Pour obtenir un pardon… Pour compenser ce portrait sévère d’Athènes, je vous livre cette description de la « montée à l’Acropole » la visite des ruines qui subsistent dans cette cité enfouie dans son lointain passé, les vestiges sont enthousiasmants. Si beaux dans la lumière d’automne :

Temps somptueux, mais un peu frais. Juste ce qu’il faut pour ne pas avoir trop chaud. Quand j’ai considéré la hauteur de l’Acropole, j’ai pensé que je ne grimperais jamais là-haut. 140 mètres, et rien que des marches, impossible de monter en taxi jusqu’au sommet. Eh bien, j’y suis arrivé. J’arpente en tous sens le plateau de l’Acropole, je cours du Parthénon aux caryatides du charmant temple Erechchtéion. Sur un chantier œuvrent sans hâte quelques tailleurs de pierre. Belle visite du Parthénon. Difficile et même impossible » à décrire. On ne décrit pas la Vénus de Milo, on la voit. Comme les centaines de tourisme qui arpentent le site, je prends photo sur photo. En essayant d’éviter les Japonais, plus préoccupés d’être photographiés devant les ruines que de les regarder.

Dernière image : la statue de bronze, immense et pourtant si légère, de Poséidon-Zeus au Musée archéologique.

Ça se passera demain : le Congrès du PS dans l’impasse

30+01:00p31+01:0010bsam, 04 Oct 2008 14:07:30 +0100+01:00 9,2008

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

04 octobre 2008

Ça se passera demain : le Congrès du PS dans l’impasse

Lundi prochain s’ouvre à Reims le Congrès du PS qui durera jusqu’au 16 octobre.

Selon mes informations, qui sont toujours excellentes, les travaux devraient se terminer en cul de sac. Motion Delanoe – François Hollande en sous-main – : 30% des suffrages ; motion Royal, 25 %, motion Aubry 25%. Avec un tel résultat, les militants socialistes devront retourner à leurs travaux de base, reprendre le chantier.

De mon point de vue, je tiens pour regrettables ces combats d’Ego qui empêchent le PS d’exercer son vrai rôle d’opposant.

Et qu’Olivier Besancenot ne vienne pas nous expliquer qu’il peut prendre sa place là-dedans. Pas sa défense et illustration de Jean-Marc Rouillan, le revenant fantôme d’Action Directe, le brave Olivier et son NPA (nouveau parti anticapitaliste) démontrent qu’ils n’ont pas vraiment les moyens intellectuels de venir combattre dans le pré carré des Grands. Au mieux, en défendant Rouillan, Besancenot appelle à voter pour l’UMP et le Grand Sarko.

Philippe Madelin

Un cran serré pour les gendarmes

46+01:00p31+01:0010bmer, 01 Oct 2008 09:28:46 +0100+01:00 9,2008

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

Philippe Madelin
Rue89

Gendarmerie : on se serre la ceinture ?

La gendarmerie sera-t-elle à son tour victime de la RGPP c’est-à-dire la « révision générale des politiques publiques » ? En trois ans, 175 brigades territoriales de moins sur 1700, 15 escadrons de gendarmerie mobile sur 125 ; à terme 450 brigades territoriales en moins. Stéphane Bouillon, alors conseiller pour les affaires intérieures du Premier Ministre François Fillon, aujourd’hui préfet de Corse, n’y a pas été de main morte dans la note rédigée en juillet dernier sur le redéploiement de la gendarmerie en France.
3 000 militaires en moins sur 100 000 et quelques gendarmes, des dépenses d’entretien et d’immobilier rognées. Telle est la raison avancée pour une la cure d’amaigrissement prévue dans le cadre de la politique de RGPP, destinée à rationaliser les dépenses de l’État. Lisez : à les réduire.
Et encore : bénéficiant apparemment de l’approbation de la DGGN ( Direction générale de la Gendarmerie nationale) Stéphane Bouillon préconise à l’horizon 2012 la fermeture de cinq écoles de gendarmerie sur huit, Montargis, Chaumont en Haute-Marne, Châtellerault dans la Vienne, Le Mans dans la Sarthe et Châteaulin dans le Finistère.
C’est plus qu’un simple cran serré à la ceinture, c’est une refonte totale des implantations de la gendarmerie, et probablement de ses missions.
On ne peut manquer de rapprocher ces prévisions du plan de redéploiement des régiments et bases militaires découlant du Livre blanc sur la Défense. Et du rapprochement en cours entre la police nationale et la gendarmerie.
Et, naturellement, tollé immédiat dans les communes qui se verraient ainsi privées de leurs chers gendarmes, avec cet argument massue. A l’heure du discours sur la sécurité omniprésent, on s’interroge : « N’existe-t-il pas des secteurs moins sensibles et moins cruciaux pour la sécurité du pays sur lesquels faire des économies avant de démanteler la gendarmerie nationale ? ».
Résultat d’une « fuite » considérée comme inopportune et objet d’une enquête, la diffusion de cette note provoque des réactions pour le moins embarrassées : à Matignon, on confirme son existence, mais « pour la communication, voyez l’Intérieur ». Et, justement, à l’Intérieur, chez Michèle Alliot-Marie, on affirme que « rien n’était décidé » et que le contenu de la note « n’engageait que son auteur ». Le ministère confirme cependant l’ampleur de la réduction de quelque 3 000 gendarmes « dans les années à venir ». La DGGN doit « soumettre ses propositions […] mais le maillage territorial » des gendarmes sera « assuré au maximum ».
On note en particulier que l’implantation des brigades territoriales est antérieure à la grande vague d’urbanisation, et ne correspond plus toujours aux populations desservies.
Les gendarmes s’inquiètent, ils voient dans ce projet le résultat tangible du rapprochement de leur corps avec la police. Et, côté Police nationale, on rappelle que 3 000 emplois de policiers doivent également être supprimés.
Après les cures d’amaigrissement subies par l’Armée, la Justice au quotidien, les Services fiscaux, c’est une partie substantielle de l’administration territoriale qui se voit soumise à la RGPP.