Posts Tagged ‘Pecresse’

Université : se souviendra-t-on du printemps à l’automne ?

30+01:00p30+01:0006bdim, 07 Juin 2009 10:09:30 +0100+01:00 9,2008

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

La presse a diffusé comme un bulletin de victoire « Toulouse le Mirail s’est rendu .» C’était la dernière université bloquée par les étudiants. Le gouvernement a crié victoire, puisqu’aucune opposition parlementaire assez puissante ne peut contrecarrer ses desseins.

Mais, qu’on ne s’y trompe pas. Le problème reste entier. Le problème de la méfiance quasi viscérale de la jeunesse étudiante à l’encontre du Président et de son gouvernement incarné par la ministre de l’enseignement supérieur, Valérie Pecresse. Parmi les questions qui restent pendantes, la mastérisation.

Philippe Mahrer, directeur du Collège des Ingénieurs et membre de la Commission université emploi, estime que la volonté de transformer cette mastérisation a fait basculer les étudiants – surtout des étudiantes – dans un mouvement lancé par les profs.

Parce que la formation des maîtres se joue dans les facs de lettres, et qu’elle concerne essentiellement les filles : d’après Mahrer, elles représentent 80 % des enseignants du Primaire, et 70 % dans le Secondaire. Le Mirail, la Sorbonne et les autres fac en pointe de la grève étaient des fiefs de futures enseignantes révoltées qu’on escamote leur période de formation en alternance – via la « masterisation ».

Puis, comme souvent chez les étudiants, le mouvement a basculé dans une revendication plus large comme en témoignent des grafs comme « Grèce générale » et « rave générale » Comme je l’ai déjà relevé, dans « Le Monde » du 2 juin, Valérie Pécresse reconnaissait les erreurs commises après le vote, relativement facile, de sa loi LRU en 2007.

Si le gouvernement semblait sincèrement décidé à revaloriser l’université, la façon de s’y prendre a blessé la fierté des universitaires. Des universitaires depuis toujours malmenés par des gouvernants d’une rare lâcheté à l’égard des problèmes de l’université, le non financement de sa démocratisation, d’où un énorme taux d’échec qui avait fini par faire rimer fac avec chômage, ont été autant d’impressionnantes formes d’un mépris devenu, sur la durée, un ferment d’explosion. Avec pour conséquence un immense « mal français » : l’enseignement supérieur à deux vitesses, composé de deux parties : université et grandes écoles.

Le pouvoir semble considérer que si les universités ne marchent pas, ce n’est pas grave : la fabrique de professionnels et d’élites dans les Grandes Ecoles, elle, tourne à plein. Cette question a été vaguement posée, le gouvernement a ramené l’ordre dans les facs sans y répondre. On n’aime jamais les étudiants d’université et leurs profs : pourquoi se mêlent-ils donc toujours de râler ?

Le seul à bien s’en tirer est Richard Descoings. En refusant toute possibilité de devenir ministre, le patron de Sciences PoI a été digne. Il a rendu le rapport sur les lycées qui lui avait été commandé, il s’est ensuite retiré dans son école, avec ses jeunes déjà élites avant l’heure. Mais dont il avait entr’ouvert la porte aux jeunes « méritants » issus des établissements difficiles.

Publicités

Université : l’essentiel de Pécresse

34+01:00p30+01:0006bmar, 02 Juin 2009 12:25:34 +0100+01:00 9,2008

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

Retour sur le conflit des enseignants-chercheurs avec un long entretien avec Valérie Pécresse, la ministre des Univerités, dans Le Monde daté du 2 juin.

J’en tire quelques passages essentiels, d’où il ressort que, comme d’habitude, elle n’a aucune vraie part de responsabilité dans le conflit récent avec les enseignants chercheurs. Elle convient juste, du bout des lèvres, que le gouvernement a voulu aller trop vite. Il faut imputer le conflit aux pesanteurs du passé. Avant Sakozy, naturellement!

Valérie Pécresse :

Le mouvement s’est produit au bout de dix-huit mois de réformes ininterrompues.  La crispation s’est produite, lorsqu’on a voulu adapter le statut des universitaires. Dès que l’on touche au statut des personnes, cela rend les réformes beaucoup plus délicates.

Il y a eu une maladresse dans la rédaction initiale du décret qui a été vite corrigée, mais elle a alimenté toutes les rumeurs. Et, on n’a pas mesuré que la décision de supprimer des postes en 2009 dans l’université, en nombre pourtant beaucoup plus limité que dans les autres administrations, allait créer, symboliquement, une telle inquiétude, qui a donné lieu à une exploitation très politique, alors que parallèlement, on dotait les universités de moyens exceptionnels.

Elles nous ont dit : c’est du rattrapage et de toute façon vous nous supprimez des postes ! On a ainsi pris comme un boomerang l’ensemble d’un malaise qui couve depuis vingt-cinq ans. Ce qui s’est exprimé dans la rue sur la dévalorisation du métier, la méfiance de certaines disciplines à l’égard des autres, la vétusté des locaux, la crainte du désengagement de l’Etat renvoyait à la situation actuelle.

On a payé le prix du passé au moment où nous voulions sincèrement que tout change. Ce qui est frappant, c’est le manque de confiance de la communauté universitaire en elle-même. Elle a pourtant tous les atouts pour relever le défi. Il n’y a pas aujourd’hui à l’université la force d’une collégialité pluridisciplinaire. C’est cela qu’il va falloir créer pour faire vivre l’autonomie.

Université :la grande confrontation

52+01:00p28+01:0002bmar, 03 Fév 2009 12:30:52 +0100+01:00 9,2008

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

Une coordination nationale des universités a appelé lundi à une journée de manifestations régionales jeudi et à une manifestation nationale le 10 février à Paris pour protester contre le principal décret d’application de la loi dite « LRU » (loi sur l’autonomie des universités) votée à l’initiative de Valérie Pécresse, en 2007. Le débat sur les enseignants-chercheurs n’est pas seulement une question d’actualité générée par ce projet. Elle pose le problème essentiel de la pérennité de la recherche fondamentale en France. Le domaine affecté par cet appel implique 57 000 enseignants-chercheurs, qui se sont vus infliger un camouflet par Nicolas Sarkozy, quand il a déclaré le 22 janvier dernier :

« En l’absence d’une stratégie claire dans ce domaine de la recherche et de l’innovation et avec un système d’enseignement supérieur et de recherche inadapté aux défis de la connaissance et de la croissance du XXIème siècle, il ne fallait pas s’étonner que la France éprouve des difficultés à tirer son épingle du jeu. Et nous ne sommes pas aujourd’hui dans le peloton de tête des pays industrialisés pour la recherche et l’innovation. Il y a une raison à cela quand même, c’est parce que bien souvent on a reculé devant la nécessité de réformer nos universités et de (sic) nos organismes de recherche. Il faut bien reconnaître que depuis des décennies, le conservatisme l’a toujours emporté. […] Il faut que cela cesse. »

Voilà près de deux ans, le professeur Jean-François Dhainaut, alors doyen de l’Université Paris V – René Descartes, avait posé un diagnostic précis :

La différence de statut entre chercheurs et enseignants-chercheurs nuit à la visibilité et à l’efficacite de la recherche. Élle la prive de talents essentiels, particulièrement de ceux des jeunes universitaires en début de carrière sur qui reposent majoritairement les tâches d’enseignement et de suivi et d’accompagnement des étudiants, essentiellement en premier cycle. Ils n’ont plus assez de temps et d’énergie à consacrer aux travaux pourtant indispensables à la recherche et, incidemment, à la progression de leur carrière.

Malgré la montée de la grogne, et même de la colère des enseignants-chercheurs face à ce que universitaires visés  considèrent comme une provocation et l’expression d’une contre-vérité par le Président, la ministre de l’Enseignement supérieur, Valérie Pécresse, soutient que le projet de loi sur la réforme des universités sera maintenu.
Quelle mouche a piqué Mon Président Nicolas Sarkozy ? Comme trop souvent, il confond critique et invective. Pourquoi prendre de front un monde compliqué, qui lui est majoritairement hostile ? D’habitude, il est politiquement plus malin. En vérité, je pense que notre Président n’aime pas la recherche. Quand il est arrivé au Ministère de l’Intérieur, il a démontré en diminuant de façon significative le rôle de l’Institut national de Hautes études de la Sécurité qu’il considérait la recherche en matière de sécurité comme un gadget. Pour lui, la sécurité, c’est le nombre de flics dans la rue, pas la compréhesion et l’explication des phénomènes. Pas la formation supérieure. La formation supérieure des policiers, et de tous les autres hauts fonctionnaires. Il voudrait peut-être que les succès scientifiques arrivent tout seuls, ou sortent des laboratoires de l’industrie privée. immédiatement rentables. Sauf que l’industrie privée n’a que faire de la recherche fondamentale. Et encore moins de la recherche sur les problèmes de société. Ça ne paie pas tout de suite. Et Sarkozy ne comprend les choses que si elles sont perceptibles de façon immédiate.

Il est par conséquent logique que le monde universitaire lui soit étranger. Il a pourtant pour le conseiller une assez bonne ministre, Valérie Pecresse, fille d’un professeur d’Université, élevée dans le sérail. Comme les autres ministres, elle se doit d’obéir si elle veut que se poursuive sa carrière politique.