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Procès Colonna : les motifs de cassation

05+01:00p31+01:0010bsam, 03 Oct 2009 10:34:05 +0100+01:00 9,2008

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

Le comité Colonna diffuse un message où sont repris les arguments avancés en vue d’un recours en cassation contre le jugement rendu en mars dernier, soutenu par Me Spinosi.

Vendredi, 02 Octobre 2009 09:16

La procédure de Cassation ne vise pas à réexaminer les faits. Elle n’est pas un troisième procès. La Cour de Cassation se contente de vérifier si la loi et le droit ont été correctement appliqués, uniquement d’un point de vue de la forme et de la procédure.

Dans le cas d’Yvan, de l’avis unanime des professionnels qui ont eu à examiner la procédure ou à suivre le procès, de nombreux moyens de cassation devraient être retenus, et le seraient de façon quasi-certaine, dans le cas d’une procédure normale.

Le mémoire déposé par Me Patrice SPINOSI, Avocat au Conseil (ce sont des avocats spécifiques qui ont le monopole de la plaidoirie et de la représentation devant la Cour de Cassation), développe 12 moyens de cassation, autour de 6  thèmes principaux :

I – Le premier est relatif aux incidents Vinolas et Lebbos.

 

L’incident Vinolas est, selon le recours, constitutif d’une atteinte au principe d’impartialité du président de la cour d’assises, doublé d’une rupture de l’égalité des armes et enfin d’une atteinte aux droits de la défense.

Le grief d’impartialité sera étayé par l’incident relatif au témoin Lebbos comme le fait que le président ait attendu le départ de la défense pour verser aux débats les écoutes constitutives d’éléments à décharge, dont l’existence a été révélée à l’audience d’appel, alors que l’existence de ces écoutes avait été cachée à la défense pendant toute la durée de la procédure antérieure, soit pendant10 ans !

II – Le deuxième champ de critiques est tiré des atteintes aux droits de la défense.

 

Seront ainsi mis en cause :

1/ le refus de la Cour d’acter l’interruption, par la partie civile et l’accusation, de l’audition du témoin MANNARINI ;

2/ le refus de se souvenir, la Cour se bornant, pour répondre aux différents donnés acte, à relever qu’elle n’est pas mémorative, limitant ainsi le droit de l’accusé à formuler des moyens de cassation et, partant, son droit d’accès à un tribunal garanti par l’article 6 de la Convention européenne des droits de l’Homme,

3/ le refus de la Cour d’annuler la procédure, suite aux conclusions qui avaient été déposées, qui caractérise un excès de pouvoir négatif de la juridiction,

4/ le refus de la Cour faire droit à la demande de reconstitution, interdisant ainsi à l’accusé d’obtenir les moyens nécessaires à la démonstration de son innocence.

 

III- Le troisième bloc de critiques est plus classique. Il est relatif à la méconnaissance du principe de l’oralité des débats

 

Qu’il s’agisse :

1/ de l’audition interrompue du témoin Mannarini ;

2/ de la communication lors de l’audience de l’avocat de la partie civile avec l’un des témoins (incident dont la presse ne s’est pas fait l’écho, mais dont la défense s’était faite donner acte pendant les débats) ;

3/ du fait qu’un des témoins, en l’espèce un policier de la DNAT ; ait avoué avoir relu la procédure antérieurement à son audition, ce qui est interdit par la loi ;

4/ du fait qu’un des témoins ait, antérieurement à la déposition d’autres témoins acquis aux débats, fait référence au témoignage de ces derniers que la cour n’avait pas encore entendus,

5/ du fait que, contre l’avis de la défense, il ait été projeté les diapositives du transport à Ajaccio intervenu en première instance.

 

IV – Le quatrième bloc sera relatif au fait que, suite à la récusation de ses avocats et son départ de la cour d’assises, Yvan Colonna a été jugé en son absence et sans défense.

 

V – Le cinquième bloc met en cause plus généralement la procédure d’exception des cours d’assises spéciales, en vue d’une saisine de la Cour européenne des droits de l’homme :

1/ on peut ainsi faire valoir  la jurisprudence Taxquet c. Belgique (hélas mis en cause devant la Grande Chabre) qui a condamné cet état du fait de l’absence de motivation des décision d’assises,. Cette absence de motivation est d’autant moins compréhensible dans le cas qui nous occupe que l’ensemble de la cour est constitué de magistrats professionnels,

2/ on peut reprocher la rupture d’égalité devant la loi (article 14 de la CEDH)  qui nait de ce que, en cas de crime terroriste, une majorité simple est suffisante pour caractériser la culpabilité de l’accusé s’acquiert quand, en droit commun, cette majorité doit être qualifiée (10 voix au  moins). Pourquoi le poseur de bombe a-t-il droit à une moindre garantie que l’assassin d’enfant ?

3/ de la même manière on peut s’interroger sur les justifications d’un jury uniquement constitué de magistrats dans un cas et d’un jury populaire dans l’autre et invoquer , là encore, caractériser un rupture d’égalité devant la loi.

VI – Le sixième bloc de moyens est tiré des multiples violations de la présomption d’innocence dont a été victime Yvan tout au long de la procédure : on sait que, depuis le procès « Clearstream », les hommes politiques et observateurs qui se souviennent enfin qu’il s’agit là d’un principe fondamental dans toute démocratie, sont beaucoup plus nombreux et n’hésitent pas à manifester leur indignation…Si la justice est la même pour tous, Yvan n’a donc pas d’inquiétude à se faire !

http://www.yvan-colonna.com/joomla/index.php/infos/278-nouvelles-du-cs13

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Colonna, bis : mise en cause de ses avocats par le parquet général

22+01:00p31+01:0007bven, 31 Juil 2009 07:19:22 +0100+01:00 9,2008

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

C’est aussi simple que ça. Quand on n’apprécie pas la pertinence des stratégies de défense mises en œuvre par des avocats dans des procès ultra sensibles, on tente de les dégager en touche.

C’est ainsi que l’on doit interpréter les poursuites disciplinaires engagées notamment par le parquet général de Paris contre les quatre avocats d’Yvan Colonna.

Leur faute ? Avoir refusé de siéger à l’audience après une série d’incidents.

En mars dernier, après de multiples rebondissements autour du refus de la cour d’organiser une reconstitution de l’assassinat du préfet Erignac à Ajaccio, les avocats d’Yvan Colonna avaient décidé de quitter le procès. Suspensions d’audience, vives tensions et interventions à l’audience du bâtonnier… Les défenseurs d’Yvan Colonna avaient également refusé d’être commis d’office par le président de la cour d’assises. Avertis des risques disciplinaires encourus, Me Pascal Garbarini, Patrick Maisonneuve, Antoine Sollacaro et Gilles Siméoni avaient maintenu leur position et souligné que, selon eux, le procès ne garantissait plus les droits de la défense. Et le bâtonnier de Paris et d’Ajaccio avait refusé d’engager lui-même eux-mêmes les poursuites contre ses confrères.

L’initiative du procureur général de Paris, Laurent Le Mesle, et de celui de Bastia, Paul Michel, permet au ministère public de passer outre la réticence des bâtonniers et conduit directement à la saisine des commissions disciplinaires qui ont huit mois pour statuer. Le conseil de discipline de l’ordre des avocats de Paris se prononcera pour les avocats du continent, Me Maisonneuve et Garbarini, tandis que la commission disciplinaire régionale rattachée à la cour d’appel de Bastia, statuera sur les cas des avocats insulaires, Mes Sollacaro et Simeoni.

L’ancien bâtonnier d’Ajaccio, Antoine Sollacaro est pour sa part poursuivi pour «manquement à l’obligation de délicatesse et de modération». «Vous nous cachez des choses, vous êtes en cause», avait lancé Me Sollacaro à un policier cité comme témoin avant de poursuivre, sous les applaudissements d’une partie du public : «On se croirait devant la junte birmane». Cette dernière phrase fonde la demande de poursuites.

Me Charrière-Bournazel, le bâtonnier de Paris qui avait déjà refusé d’actionner la commission de discipline pendant le procès, s’est engagé à défendre lui-même ses confrères devant la… commission de discipline.

Pourquoi dans ces conditions ne pas diligenter des poursuites contre des avocats de partie civile, en particulier Philippe Lemaire et Benoît Chabert, qui ne se sont pas privés d’invectiver leurs adversaires en les traitant de lâches ? Ou contre le procureur Kross chargé de requérir contre Colonna qui se permet dans son livre Mes Convictions intimes de décrire Me Gilles Simeoni comme un commissaire politique ; et d’écrire à propos de Me Sollacaro :

 » Cet homme n’a rien à faire de notre déontologie puisqu’il n’en a pas, pas plus qu’il n’a de respect pour les victimes présentes ».

Il l’a écrit et publié sous sa signature. Ces propos relèvent de toute évidence de la délicatesse et de la modération.

Pour faire bonne mesure, les avocats du braqueur Antonio Ferrara sont également accusés, pour les mêmes raisons.

Selon Mathieu Delahousse, pour  le Figaro, Pascal Garbarini, cité au titre de sa participation aux deux procès, estime que les actions diligentées par le ministère public relèvent de la «stratégie» :

«Il s’agit de faire jurisprudence pour éviter que d’autres avocats, dans d’autres procès, ne s’engouffrent dans cette brèche. En réalité, un avocat pénaliste ne quitte jamais un procès de gaîté de coeur.

On va encore m’accuser d’être de parti pris. Je cite mes sources.

Voir à propos du procès Colonna la série d’articles que j’ai consacrés dans rue89 à ces audiences, en particulier :

yvan-colonna-claque-la-porte-du-tribunal

et, dans le Figaro :

01016-20090730ARTFIG00387-le-ministere-de-la-justice-fait-poursuivre-10-avocats-penalistes-.php

Affaire Colonna : le silence

54+01:00p31+01:0007bjeu, 30 Juil 2009 10:40:54 +0100+01:00 9,2008

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

Jean-Pierre Larminier a pris contact avec moi par l’intermédiaire de mon blog. Il me signale la publication à l’automne 2008 de son livre consacré à l’affaire Colonna, et la chape de plomb pesant sur cette publication.

Claude Erignac et Yvan Colonna, deux victimes pour une affaire d’Etat, par Jean-Pierre Larminier. Editions Jeanne d’arc du Puy en Velay, diffusion France, Belgique et Suisse par de Borée diffusion. En Corse par D.C.L Ajaccio.

En menant des investigations sur le meurtre du préfet Erignac, explique Larminier, il est devenu l’ami et l’un des soutiens du « berger corse ».

Voici sa présentation

Ingénieur chez Alcatel, instructeur parachutiste formé à la recherche et l’analyse du renseignement au sein du 13e Régiment de Dragons Parachutistes, entraîneur de gardiens de buts, Jean-Pierre Larminier est devenu berger et bûcheron dans les montagnes d’Auvergne.
Il est auteur des Polars Les fossoyeurs 2005, Les Bergers 2006,
Le chaman blanc 2008, où s’entrecroisent faits-divers et manipulations du pouvoir.
QUI DONC A TUÉ LE PRÉFET ÉRIGNAC ?
Yvan Colonna se dit innocent et aucune preuve de sa culpabilité n’a été apportée à ce jour. Pierre Alessandri s’accuse du meurtre mais la justice
refuse de le croire !
Le mystérieux informateur connu sous le nom de code « Corte » peut-il être aussi « l’exécutant du contrat » ?
Jean-Pierre Larminier s’attaque aux côtés obscurs de l’affaire Yvan Colonna.
J E A N – P I E R R E L A R M I N I E R
Recherches et analyses en quête de vérité
ÉDITIONS JEANNE-D’ARC
9 782911 794742  2-911794-74-5 Prix : 5 e
CLAUDE ÉRIGNAC, YVAN COLONNA, DEUX VICTIMES POUR UNE « AFFAIRE D’ETAT »

Je dois dire que je suis moi-même plus ou moins victime de ce complot du silence : ma fiction « Nuits bleues, la saga d’un fugitif » qui traite expressément de la Corse, se heurte à un vrai mur auprès des éditeurs.

Corse, Colonna : le RAID pris la main dans le sac ?

17+01:00p30+01:0006bmer, 24 Juin 2009 17:23:17 +0100+01:00 9,2008

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

Corse matin a publié cette analyse du livre consacré par Amaury de Hautecloque au RAID

http://www.corsematin.com/ra/corse/196941/bastia-un-livre-sur-le-raid-dont-la-defense-se-servira

Cet article est considéré par la Défense d’Yvan Colonna comme important pour plusieurs raisons :

1)    Les magistrats et les policiers anti-terroristes qui se sont succédés à la barre ont déclaré, sous la foi du serment, que le RAID n’était pas intervenu avant mai 1999 sur Yvan. Cette déclaration de l’ancien patron du RAID contredit leurs dépositions, et il est difficile d’imaginer que tous ignoraient cette intervention de l’unité d’élite. On peut donc légitiment penser qu’ils ont – une fois encore – menti.

2)   (Le commissaire  ZERBI) reconnaît dans le passage cité que des rapports ont été établis et transmis à l’autorité compétente. Il faut clarifier le cadre juridique dans lequel le RAID est intervenu. Si c’est en appui ou en collaboration avec un service (par exemple la DNAT) saisi d’une commission rogatoire, cette intervention doit nécessairement faire l’objet de procès-verbaux, qui doivent être impérativement versés en procédure. Or, il n’y en a aucun. Ceci est à rapprocher des écoutes téléphoniques qui, elles n’ont plus, n’ont pas été versées en procédure. Pourtant ces pièces (filatures RAID et écoutes) sont des éléments à décharge utiles à la manifestation de la vérité, puisque le fait que ni les unes ni les autres (malgré l’intensité et la durée des surveillances) n’aient mis en exergue des éléments suspects corrobore la thèse de l’innocence. Il faut rappeler que nous avons déposé une plainte contre THIEL, LE VERT et tous autres pour dissimulation ou destruction de preuves, et que le Parquet de Paris doit, dans un délai de 6 mois, indiquer les suites qu’il entend réserver à cette plainte. L’élément nouveau des filatures du RAID est susceptible d’abonder cette plainte.

3)    Enfin, et peut être le plus important, le fait que le RAID ait filé 24 h sur 24, et pendant plusieurs semaines, les frères COLONNA, avant mai 1999 (date de l’interpellation des membres du commando), est en contradiction totale avec la thèse officielle selon laquelle c’est au cours des GAV (gardes à vue) commencées le 21 mai 1999 que le nom d’Yvan COLONNA est apparu pour les policiers, comme une sorte de « divine surprise ». Cette thèse est soutenue avec force par les magistrats et les policiers de la DNAT, qui y voient la démonstration du caractère spontané, donc exact, de la mise en cause de COLONNA : « nous n’avions aucun a priori contre Yvan COLONNA, nous ne sommes d’ailleurs pas allé l’interpeller le 21 mai au matin, ce sont ses amis qui l’ont dénoncé spontanément, alors que nous n’avions aucune raison de le soupçonner, etc… ». Thèse reprise et développée par les policiers à la barre en appel : Yvan COLONNA, à l’époque, était un parfait inconnu, un militant lambda, etc…Or, on apprend aujourd’hui que, bien avant mai 1999, les deux frères COLONNA ont fait l’objet d’une surveillance totale, qui n’a rien à voir avec de simples investigations ou surveillance de routine. Ceci confirme les déclaration d’un haut responsable des RG, au procès d’appel, qui a indiqué que dès janvier 1999, certains services avaient la conviction que COLONNA était l’assassin. Tout cela démontre que le nom de COLONNA comme l’ « assassin » était dans les tuyaux bien avant mai 1999 (par quelle manipulation ? impossible à savoir pour l’instant) et que son nom a été introduit en garde à vue par les policiers, comme cela a d’ailleurs été démontré au procès.

Colonna – projet de livre

50+01:00p31+01:0005bjeu, 14 Mai 2009 09:42:50 +0100+01:00 9,2008

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

Dès la fin du procès Colonna, j’ai pris contact avec un ami éditeur avec lequel j’ai beaucoup travaillé par le passé, afin de lui proposer un projet de livre à partir de l’affaire Colonna, de l’enquête au procès et des leçons qu’on peut en tirer sur le fonctionnement de la justice criminelle en France.

Mon ami m’a reçu avec chaleur. Je lui ai proposé un premier projet qu’il m’a demandé d’amender, avec juste raison d’ailleurs.J’ai modifié mon propos que je lui ai envoyé.

Et puis, plus rien. Comme si tout projet de bouquin évoquant la Corse devait se heurter à l’hotilité générale.

En rappelant que j’ai déjà publié une quinzaine de bouquins, ce qui signifie que je ne suis pas un amateur, de nouveau, le silence. Je tiens à vous mettre au courant en vous communiquant l’essentiel de mon projet.

J’aimerais si possible que vous me transmettiez votre point de vue

Derrière le berger corse, la Justice d’Etat

§ Il n’est pas forcément évident de revenir sur cette longue saga de l’affaire Colonna, commencée en février 1998, et toujours pas achevée puisque toutes les voies de recours judiciaires ne sont pas épuisées.
Pourquoi proposer de reprendre ce dossier, de raconter le procès vécu au jour le jour par l’auteur ; pourquoi replacer ce récit dans son contexte ?

§ Préambule en forme d’ouverture : Faites entrer l’accusé, l’accusé dans sa cage de verre. Le quatrième procès d’assises sur la même affaire : l’assassinat du préfet Erignac. Peu importe que l’accusé soit coupable ou non. L’enjeu du procès n’est pas dans l’enceinte de la Cour d’assises. Il dépasse, et de loin, la personnalité somme toute modeste de celui qu’on a coutume de désigner comme le « berger corse ».
Portrait en buste dans une cage de verre.
Qui et Yvan Colonna. Une relation douloureuse entre un père et un fils corses. Déchirés par la politique et réconciliés par la tragédie. Pourquoi est-il retourné au village comme berger ?
Yvan Colonna se réinstalle sur ses terres. Il devient pion, maître-nageur, coupeur de bois et finalement berger. Militant corse surtout. Pourquoi ce retour aux sources «Ma région me manquait», lâchera-t-il laconiquement devant les juges. Propos lapidaires. On ne parle pas beaucoup en Corse. La chronologie judiciaire, elle, est plus éloquente. Elle montre que, lorsque le paternel revêt l’écharpe tricolore, le fiston enfile la cagoule nationaliste. Tuer le père d’abord. Et à travers lui cette France qui décide de tout.
Yvan connaît sa première arrestation en 1983 pour avoir accusé par voie de tract un sénateur d’être un assassin. Il est relâché. Ses compagnons du FLNC sont inculpés pour reconstitution de ligue dissoute. Quelques mois plus tard, la police retrouve l’arsenal du parfait petit poseur de bombes dans la propriété familiale des Colonna. Il affirme s’être ensuite retiré du militantisme actif.
Mais, selon l’accusation, son retrait proclamé cache en réalité son glissement progressif vers la dissidence. Les germes d’une cellule dormante, dans le secteur de Cargèse, réputée abriter l’élite des poseurs de bombes corses, sont là
Rappel rapide des faits, selon les éléments recueillis durant les audiences
Le 6 février 1998 à Ajaccio, meurtre prémédité d’un préfet de la République.
La personnalité du préfet Erignac et de son épouse
Les enquêtes menées dans les jours qui ont suivi, telles que j’ai pu les reconstituer.
La dénonciation du Président Sarkozy
Pourquoi cette dénonciation en forme de dépit ?
La revendication du meurtre par un « groupe des anonymes ».
Les enquêtes bâclées des différents services de police. La « piste financière et agricole » suggérée par le premier enquêteur ?
Les enquêtes à charge des juges d’instruction : Bruguière, Thiel, LeVert
Les arrestations
Les arrestation du « groupe du Nord »

Première partie – Un procès extravagant
Tout au long d’une extravagante saga, l’accusation contre Yvan Colonna va émerger avant de s’affirmer au cours d’une procédure criminelle parfaitement exceptionnelle et sans précédent.
En effet, il faudra trois services de police plus ou moins en rivalité entre eux, trois instructions menées par trois juges et quatre procès avant d’aboutir à… rien du tout.
Selon la loi, selon les débats on ignore toujours qui a tué le Préfet Erignac. Seule certitude absolue, que personne ne conteste,  ne peut contester et que je rappelle : le Préfet a été assassiné de trois balles dans la nuque aux environs de 20 h 56 le 6 février 1998.. Mais qui portait l’arme ? Aucune certitude, rien qu’une intime conviction des trois juges d’instruction, des vingt et un magistrats du siège qui ont jugé ; des six procureurs qui ont requis ; des avocats des parties civiles qui se sont relayés pour porter les plus graves accusations. Sans grand fondement et souvent d’une façon assez fantaisiste, comme nous aurons l’occasion de le constater.
On a accusé l’auteur de ces lignes, on l’accuse encore pour ne pas dire qu’on « l’incrimine », d’être de parti pris, d’avoir choisi le camp d’Yvan Colonna contre Dominique Erignac et l’accusation.
Je n’ai pas choisi de camp car je ne suis toujours convaincu de rien. Ni culpabilité, ni innocence.
« Toi qui le croit innocent, m’a lancé le procureur Kross dans les couloirs du Palais de Justice, qu’est-ce que tu crois ? »
Inlassablement répétée, ma réponse, , est simplissime.
« Je ne crois rien, et je n’ai pas plus d’élément que toi pour affirmer qu’il est coupable ou innocent. »
Après huit semaines d’audience, je dois avouer que je ne suis pas plus avancé qu’avant. Ni dans les faits, ni en mon âme et conscience, comme on dit.
En soi c’est un fait capital : Yvan Colonna a été condamné sur la base de témoignages flous, de faits mal établis.
Est-ce prendre parti que de mettre en évidence cette vérité ?

Pour comprendre : Après quinze mois d’une enquête émaillée de rivalités entre les différents services de police, six hommes considérés comme les membres du commando, moins le tireur présumé, seront interpellés en mai 1999.
Lors de leur garde à vue, l’un après l’autre il est développé dans la procédure que ces six hommes vont reconnaître les faits. Une action décidée, selon des aveux concordants, au cours de la deuxième quinzaine de janvier lors d’une réunion clandestine.
Dès ce niveau s’installe de premières incertitudes.
Cette réunion a-t-elle bien eu lieu ? Où ? Quand exactement ? Dans quelles conditions les « aveux » ont-ils été obtenus ? Comment ont-ils été corroborés par des témoignages de leurs proches ?

Les deux premiers procès contre Castela et Andriuzzi
La chasse à Colonna
Le premier procès Colonna
Le deuxième procès Colonna : comment on est passé d’une apparence de procès à un procès leurre.
La condamnation n’était pas inévitable, elle était programmée : la « confidence » du Procureur.

Deuxième partie – La foudre de Jupiter, l’Etat français.

La Justice dans son grand apparat est chargée de mener cette mission à bien. La législation antiterroriste et ses errements.
A cet égard, il est presque dommage qu’Yvan Colonna soit corse. Corse, donc vilipendé. Sinon son procès aurait beaucoup plus tôt pris les dimensions d’un incommensurable scandale d’Etat.
Comme il est corse, « c’est spécial » me confie un avocat.  Suffirait-il d’être corse pour ne pas exister au regard de la Justice, des Magistrats, des observateurs ?
La justice d’Assises – et la justice correctionnelle – instruments majeurs pour imposer la loi de l’Etat
Les documents détournés de Guantanamo
La question majeure des témoignages, fondatrice dans tous les procès en Assises
Outreau. La commission d’enquête remet en cause les conditions de l’instruction.
La Josacine

Les « six violeurs de Dijon ».

L’affaire Viguier. Le problème particulier des garde-à-vue. Pourquoi filmer les garde-à-vue
Le problème de l’intime conviction, une pratique moyen-âgeuse.
Le jury
Le jury en matière anti-terroriste
La législation anti-terroriste et la préservation des libertés. Citation de Le Carré : les libertés contre l’efficacité.

Troisième partie – Les racines de la Violence. Les positions totalement incompatibles des parties en Corse : la politique de Paris et de ses « alliés » dans l’île, contre la lutte âpre des indépendantistes qui dure maintenant depuis 1960, retour des rapatriés et attribution de terres dans la plaine orientale. Les efforts des groupes affairistes pour développer une Corse tout touristique. Le PADUC.
L’affaire Christian Clavier, plus symbolique l’affaire de la villa Aboulker. Les Corses nationalistes craignent d’être marginalisés dans leur île. Lutte contre les promoteurs, contre ceux qui ne nous regardent pas.
Ce que les Corses tiennent pour une main-mise des Continentaux sur leur paradis corse. Les conséquences du retour des pieds noirs, notamment à Carghese : ceux qui sont revenus contre ceux qui son restés.
Les propos vengeurs de Christophe Barbier en disent long sur l’idée des Continentaux à propos de la Corse.
L’assassinat du préfet Erignac a été le point d’orgue d’une âpre bataille qui se déploie alors depuis un quart de siècle. Dans le contexte particulier d’une politique considérée par une minorité nationaliste corse comme un « ethnocide »
Si elle prend de graves proportions en Corse, elle n’est pas propre à la Corse : où il apparaît clairement que l’entreprise de la colonisation française connaît en Corse un de ses ultimes soubresauts, après avoir laminé toutes les autres civilisations progressivement intégrées à la France.
Au demeurant glorifiée par Victor Hugo, retour sur la politique de conquêtes dites jacobinistes, qui ont accompagné la construction de l’Etat français. Jules Ferry et la prise suivie de destruction du Palais d’Eté. La pratique coloniale. Comment les « peuples asservis » ont été mis en première ligne pendant la première Guerre mondiale. On baraguine dans les tranchées. Les conquérants de l’Empire étaient aussi les premières victimes de l’Empire. Quand cette pratique coloniale s’est effondrée avec les défaites coloniales. Mais il restait un champ de manœuvre et d’action : les provinces rebelles.
Un laminage socio-culturel contraire aux principes fondamentaux définis par la Communauté européenne qui affirme que chaque pays doit assurer non seulement la protection de ses minorités mais en outre la survie de leur patrimoine culturel.
La mission du préfet Erignac selon sa lettre-confession, lue lors du premier procès Colonna, aujourd’hui oubliée.
« Ceux d’en face », ceux qu’on qualifie de terroristes, se sont également fixés leur mission
La « recolonisation » de la Corse avec les rapatriés d’Algérie. Carghese : on y revient. Il est logique que les conjurés soient originaires de cette bourgade.

Les vitupérations de Barbier, les manifestations d’avril 2009 à Ajaccio et Bastia, l’action constante des Basques de l’ETA et de leurs supporters français démontrent qu’on n’en a pas tout à fait fini avec ce divorce radical.

Epilogue : dans la même enceinte des Assises, des « bergers basques », des militants de l’organisation basque ETA sont jugés en juillet 2009. Ce nouveau procès de l’antiterrorisme apparaît comme une répétition de février 2009. Et nous n’oublierons pas non plus les poursuites suivies de condamnations plus ou moins sévères et peu argumentées contre les hyper gauchistes français ; contre les militants islamistes sortis de Guantanamo…
Et toujours en Assises, en avril 2009 quatre ans de prison pour trois petits attentats sans victime, dont l’un non reconnu. C’était le FLNC du 22 octobre.
Dans tous les cas, il ne s’agit jamais de justifier, de participer à des actions de soutien, mais bien d’expliquer, de donner à comprendre.

Annexes : documents
Les participants à la Cour d’Assises de Paris, spécialement composée,  9 février 2009
Communiqué des avocats d’Yvan Colonna, 27 mars 2009
Bibliographie
Liste des acteurs, indispensable pour comprendre le texte
index

Affaire Colonna : ça tangue pour Wacogne

40+01:00p31+01:0003bmar, 31 Mar 2009 10:44:40 +0100+01:00 9,2008

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

On n’est jamais si mal remercié que par ses amis que l’on a cru bien servir.
Information Europe 1, ce 31 mars :  Didier Wacogne, qui a présidé jusqu’à vendredi la cour d’assises spéciale de Paris chargée de juger Yvan Colonna pour l’assassinat du préfet Erignac, ne devrait plus présider de session d’assises à partir de septembre. L’information a été révélée à des proches par l’intéressé lui-meme. Dans l’immédiat, démenti officiel.
Toutefois dans son agenda subsisterait une session importante, probablement proche de l’affaire Colonna, consacrée à un dossier de terrorisme basque.
Cette « surprise du chef » donnerait en quelque sorte raison à la Défense qui a lourdement critiqué la conduite de Wacogne tout au long du procès. Les avocats d’Yvan Colonna, avaient en effet lors du procès demandé la récusation de Didier Wacogne, l’accusant de « déloyauté » pour ne pas avoir fourni certaines informations concernant le témoin Didier Vinolas. Cette demande de récusation avait été rejetée par la cour d’appel.
Me Pascal Garbarini a déposé au nom d’Yvan Colonna lundi 30 mars un pourvoi en cassation contre sa condamnation à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une mesure de sûreté de 22 ans, pour l’assassinat du préfet Erignac.
Ce pourvoi vise notamment le manque de partialité et l’absence de loyauté du président de la cour d’assises d’appel, Didier Wacogne.
Dénonçant la manière dont a été mené le procès en appel d’Yvan Colonna, le conseiller territorial indépendantiste Jean-Guy Talamoni demande une enquête parlementaire. A cette fin, le dirigeant du pôle nationaliste Corsica Libera a déposé à l’Assemblée de Corse une motion demandant la constitution d’une commission d’enquête parlementaire sur « l’affaire Colonna et les activités des juridictions spéciales dites ‘antiterroristes' », a-t-il annoncé dimanche 30 mars.
On apprend également ce matin – 31 mars – que dans le cadre de la « Commission Léger » de la réforme de la procédure pénale, le rôle du Président de Cour d’Assises serait profondément modifié. Il perdrait son statut de « patron », juge d’instruction bis, pour celui d’arbitre entre le parquet et les parties civiles d’une part, la Défense d’autre part.
Ce serait un nouveau pas vers la procédure contradictoire à l’anglo-saxonne, voie vers laquelle la Communauté européenne ne cesse de pousser la France.

Bilan du dossier 1338-Colonna- 3- Les témoins

22+01:00p31+01:0003blun, 30 Mar 2009 18:17:22 +0100+01:00 9,2008

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

Le Président Didier Wacogne avait organisé sa session en répartissant les témoins au gré des audiences. Dans toute la mesure du possible, il a alterné les témoins à charge et à décharge, allant parfois jusqu’à provoquer des confrontations directes et contradictoires, dans le plus pur style des nouveaux canons de la justice accusatoire.
L’intention était louable. Mais plusieurs séries d’événements sont venues renverser ce bel ordonnancement. De fut d’abord la disponibilité des témoins, ce qui nous a valu une avalanche de « certificats médicaux » supposés justifier l’absence d’un tel ou d’un tel. Dans certains cas, comme dans celui du Commandant Georges Lebbos, un des adjoints du Commissaire Roger Marion pour mener l’enquête il est apparu que certains témoins ne tenaient pas du tout à subir les contre interrogatoires. En outre, très tôt, l’échafaudage imaginé par le Président Wacogne s’est trouvé totalement déséquilibré quand  Yvan Colonna a « interdit » (selon l’Accusation ) aux membres de sa famille de témoigner devant la Cour.
En tout état de cause, il est apparu non moins vite que malgré leurs prestations sous serment, les témoins cités par l’accusation, policiers et magistrats, n’étaient guère sincères, on les voyait réciter des textes manifestement « organisés », négociés au préalable.
D’une façon générale, les témoins à charge issus de l’administration étaient crus sur parole, tandis que les témoins à décharges étaient cuisinés, leurs affirmations mises en doute. Et d’ailleurs non retenues par le jugement.
En clair, le débat n’a pas eu lieu. Et de toute façon l’initiative du Président Wacogne s’est définitivement heurtée à un constat d’échec quand Yvan Colonna, suivi de ses avocats, s’est retiré du tribunal. Il lui était apparu de façon claire que tout cette gymnastique relevait d’une comédie douteuse.

Le texte en retrait est composé à partir des commentaires des internautes

Les dénonciations des « acolytes » [de Colonna] comme vous dites est finalement la seule pièce réellement à charge (même si les « acolytes » sont revenus sur cet aveu pour innocenter Colonna après).
Le seul truc, c’est que le procès a démontré que cet aveu si précieux fut obtenu après plusieurs heures d’interrogatoire (la nuit) avec manque de sommeil, etc. Le manque de sommeil est considéré comme de la torture. Moi, si on me torture, j’avoue même la peste de 1353 !
Certains aveux bidons (connus pour l’être) ne sont même parfois jamais rétractés… les juges ont plus que leur part de responsabilité dedans
Dans un procès où les « témoins visuels » à décharge, valent moins que des « suspicions de culpabilité » qui proviennent de fonctionnaires qui jouent leurs carrières …
Des accusations d’inculpés, dans le genre « c’est pas moi … c’est ma soeur … » (vous connaissez la suite …), extirpées lors de « garde à vue » où n’importe qui, aurait avoué n’importe quoi … et qui se sont rétracté par la suite …
Ce mec a quand même été accusé par tous ses complices et leurs bonnes femmes pendant deux ans ! ! !
Et quand ils ont tous changé d’avis (un mystère corse ça non ?), ils l’ont toujours disculpé avec ambiguïté.
Et qui donc a le pouvoir d’écarter des témoignages n’allant pas dans le sens de ce qu’il pense ?
Qui donc a le pouvoir de condamner sur la seule foi d’un témoignage, en l’absence de preuves matérielles ?

Bilan du dossier 1338, Colonna. 2 – Le jugement

50+01:00p31+01:0003blun, 30 Mar 2009 17:48:50 +0100+01:00 9,2008

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

L’esprit de justice et le jugement

Je rappelle que comme le précédent, ce texte est entièrement composé à partir de réflexions rendues publiques par des riverains de rue89 à propos de mes deux derniers textes, et d’éléments issus de mon blog.

J’ai corrigé l’orthographe et, à l’occasion quelques impropriétés grammaticales. Quand c’était nécessaire j’ai apporté des précisions utiles à la compréhension des propos.

Commentaires dans l’attente du verdict :
Si les jurés sont honnêtes, et ont bien compris le droit français… Beaucoup de gens veulent bien sûr que le coupable soit condamné, et pas pour faire plaisir à la veuve ! Mais prendre n’importe qui comme coupable parce qu’il en faut absolument un ! alors que je vrai assassin cours toujours si ça ce trouve !
Commentaires après le verdict
Ce jugement d’exception est scandaleux car il ne respecte pas les règles du Droit… C’est normalement à la Cour de faire la preuve de la culpabilité et non à la défense. Quant aux aveux, leurs conditions restent très discutables, et très proches de la torture psychologique. A ce prix, n’importe qui avouerait n’importe quoi. N’importe quel militaire le sait….
Comme d’habitude, pas de surprise ! L’injustice française n’a pas changé, des madame Erignac y en a malheureusement plein la France !
Qu’importe les preuves , pourvu qu’il y ai un coupable !
Ce procès ne nous éclaire en rien, sinon que nous sommes maintenant face à un pouvoir absolutiste qui nous échappe.
Mais on n’échappe pas à la justice divine !
La « justice » , si on peut encore la présenter avec ce mot !…. Lors du procès de Colonna [ pour atteinte à la présomption d’innocence] contre Sarkozy qui parlait de « l’assassin du préfet », le tribunal n’a pas retenu l’atteinte à la présomption d’innocence. Bizarre NON ! ….
Lorsque ce genre de scénario se déroule au Mexique , toute la presse crie au scandale. Ici , aujourd’hui cette presse est bien silencieuse et ne désire pas se mettre en travers du pouvoir en place qui l’a désigné coupable bien avant son arrestation et son premier procès.
Aujourd’hui , Colonna, à qui visiblement il manque 10 cm pour être l’assassin, n’a pas eu droit à la reconstitution sur place !…
Félicitation, messieurs les juges :  vous avez bien fait votre travail. Notre Président vous l’avait dit : « Yvan Colonna est l’assassin du préfet Erignac ». Vous lui avez infligé la peine maximale, vous avez rectifié le laxisme des premiers juges [lors de la première session d’Assises] .
Par contre, messieurs les avocats de la défense, je ne vous félicite pas. Pourquoi avez-vous essayé de nous faire croire que M Colonna pouvait être innocent, alors que notre Président vous avait dit le contraire ?
Oui, les dénonciations de ses « acolytes » comme vous dites est finalement la seule pièce réellement à charge (même si les « acolytes » sont revenus sur cet aveu pour innocenter Colonna après).
Les juges ont plus que leur part de responsabilité dedans
Depuis l’affaire DREYFUS rien n’a changé en France .
Vous pensez que mes propos sont exagérés ?
Patrick DILLS, Omar RADDAD, Les accusés d’OUTREAU Aujourd’hui Yvan COLONNA. Demain TARNAC… après-demain… nous tous !
Concernant le jugement de Colonna, je crois qu’objectivement on ne peut que constater que l’esprit de justice n’y était pas.
Enfin a l’heure de la police scientifique, de la recherche de l’ADN et de toutes les nouvelles techniques, il n’y a rien de plus subjectif que la condamnation basée sans preuve sur la simple conviction.
Ce que je trouve de plus particulier c’est que les jurés soient des professionnels de la justice. Que le crime a eu lieu en Corse et que le procès se soit déroulé à Paris….
Justice (de salons parisiens), qui en ce comportant de la sorte n’est plus la représentation du Peuple Français et auquel même le Peuple Corse aura du mal à rester fédéré. La responsabilité du juge et des jurés est politique, et tout ce qu’entraînera les conséquences de leur délibération.
Alors Yvan Colonna coupable ou innocent ?
Ce procès n’a pas donné de réponses claires, nettes et sans l’ombre d’un doute.
Vu la pression politique (cette fois la gauche reste silencieuse, et ne crie pas au scandale), vu l’anti sarkoszisme de base qui plane en ce moment, je trouve la gauche bien complaisante sur ce dossier. Ont-ils quelqu’un à couvrir ? Eux aussi…..
Cela ne justifie un acharnement judiciaire. Cela ne doit donner lieu à un tribunal spécial, qui dès le départ montre toute sa partialité, et donc n’est pas crédible.
Le vrai problème est que toute cette affaire depuis le début a été traitée volontairement ou non, par dessus la jambe.
Partant de là, à ce jour personne ne peut réellement prouver la culpabilité de Colonna.
Sa condamnation est donc une parodie de justice, probablement pour ne pas contredire le sinistre de l’intérieur qui avait annoncé lui-même l’arrestation de l’assassin ! ! !
Mieux vaut cent fois prendre le risque de relaxer un coupable que de condamner un innocent.
Et si le verdict de ce soir [ vendredi 27 mars ] débouche sur la condamnation de Monsieur Yvan Colonna,ce ne sera pas sans rappeler un certain Charles Maurras, qui pendant l’affaire Dreyfus, finit par dire :
« Qu’importe qu’il soit coupable ou innocent. L’ intérêt de la Nation commande qu’il soit condamné »
En Belgique, le procureur du roi de Mons, Christian Henry, a lancé dans une affaire très récente :
« une société sans risque n’existe pas ». « La prison n’est pas la solution à tous les maux de la société et mieux vaut un coupable en liberté qu’un innocent en prison ».
C’est un principe de droit, non inscrit dans le Code pénal.
Dans un procès où les « témoins visuels » à décharge, valent moins que des « suspicions de culpabilité » qui proviennent de fonctionnaires qui jouent leurs carrières …
Une absence totale de preuves concrètes, empreintes, trace ADN, écoutes téléphoniques …
Une volonté délibérée d’oblitérer les alibis, et les éléments à décharge, du « présumé innocent », présenté comme « indéniable coupable » par le plus haut représentant de l’Etat …
Qu’attendez vous comme verdict ?
Cette histoire pue et la justice s’est franchement ridiculisée dans cette affaire en nous montrant un visage bien soumis aux ordres du pouvoir.
Ce mec a quand même été accusé par tous ses complices et leurs bonnes femmes pendant deux ans ! ! !
Et quand ils ont tous changé d’avis (un mystère corse ça non ?), ils l’ont toujours disculpé avec ambiguïté, un peu comme s’ils disaient à Colonna :  « c’est à toi d’avouer, si tu as le sens de l’honneur ». Mais l’honneur, chez des assassins de sang froid, ça n’existe pas. Comme disait très justement le procureur, ils ont perdu leur part d’humanité.
Que Colonna ait été associé à cette histoire est fortement probable, mais qu’il soit le tireur, l’assassin, n’est toujours pas clairement établit. Dès lors, il est « sur condamné.
Ce qui me gène dans cette histoire, c’est que Colonna, qui est considéré un peu comme un traître par ses amis, pour avoir visiblement pris la tangente avant l’assassinat, devient un martyr de la cause, et je me demande ce que sert cette cause. Est-ce la volonté de renforcer l’insécurité dans l’île pour mieux jouer sur l’opinion public lors des élections ? Ca me semble peu probable. Je pencherais plutôt sur une histoire mafieuse (en Corse, difficile de faire autrement : -) ).
Deux choses importantes dans ce procès :
1°/« Le juge Laurence LeVert s’empêtre dans ses contradictions, avec force hésitations. Elle admet qu’il n’y avait que deux hommes sur les lieux de l’assassinat du préfet Erignac, et non pas trois comme elle le soutenait avec l’acte d’accusation. »
2°/« Pierre Alessandri raconte comment il a lui-même tué le préfet Erignac. Endossant donc toute la responsabilité. “
Ces phrases disculpent Mr Colonna !…..
Et bien NON ! en gros un homme endosse le meurtre et une juge admet que Colonna n’était pas sur les lieux ! et bien dans notre justice , ces faits n’ont aucun intérêt. Circulez y a rien à voir !…22 ans de prison !….
Ce soir (vendredi 27 mars) il n’y aura pas de fête à faire. Ce soir nous prendrons le deuil de la justice française, et de la notion de Justice, tout court. Quelle perversion que ce bouleversement des institutions, où l’on bafoue la présomption d’innocence, où l’on instruit à charge, où l’on dissimule, où l’on use peut-être de méthodes douteuses pour « obtenir des aveux », où l’on exige de l’accusé de fournir les preuves de son innocences ! (pourquoi pas aussi, demain, exiger des malades qu’ils apportent leur diagnostic et leur protocole de soins ?). Drôle de justice, rendue par un tribunal « d’exception » (et certes il l’est, exceptionnel !) où ne figure AIUCUN représentant populaire parmi les jurés, mais uniquement des magistrats, tous du même milieu, tous plus ou moins amis de la victime…Ce ne sera pas un jugement, mais une curée !
Innocent ou coupable ? qu’importe en fin de compte :  ce soir un homme va nourrir un besoin de vengeance, et non un désir de justice.
J’avoue ne pas comprendre grand chose à l’affaire, à part ce qu’on m’en raconte, c’est-à-dire :  un homme condamné sans preuves matérielles, contre l’affirmation d’un [médecin ] légiste, et sur la seule foi d’un témoignage extorqué à 6 heures du matin, les témoignages allant en sens contraire étant systématiquement écartés.
Et qui donc a le pouvoir d’écarter des témoignages n’allant pas dans le sens de ce qu’il pense ?
Le même genre d’hommes qui, il y a une vingtaine d’années, condamnait en Italie Adriano Sofri, sur la seule foi d’un pentito soi-disant pris de « remords » soudain, vingt ans après les faits – c’est-à-dire l’assassinat du commissaire Luigi Calabresi, l’un des éléments à l’origine des « années de plomb » italiennes.
L’histoire se répète, et les juges ont plus que leur part de responsabilité dedans. Ce n’est certes pas la faute au président si les juges condamnent les yeux fermés, quand bien même le petit Nicolas le leur aurait demandé de le faire.
Bien sûr, le climat général, le déroulement du procès, la cavale de 4 ans, les témoignages douteux, les incohérences apparentes des expertises balistiques, les rapports semblant lier Colonna à la famille du président, la déclaration de culpabilité par ce dernier, alors ministre de l’intérieur, dans le non-respect de la présomption d’innocence …
Tout est là pour semer le doute.
Quels étaient les rapports entre Yvan (ou un proche) et Marie Dominique [Culioli, la première épouse de Sarkozy] ?
Quelle est la source de cette animosité et cet acharnement de Sarkozy ?
L’ensemble de ces questions ne serait-il pas à la base de cette parodie de justice ?
En 1983, le 12 septembre , La propriété voisine de celle des Culioli (de la famille Peretti qui est maire de Neuilly, et dont le nièce est Marie Dominique la première épouse de Nicolas Sarkozy qui sera ministre de l’intérieur), appartenant à André Géronimi en corse est plastiquée.
La pauvre madame Erignac ne doit pas savoir que Colonna, puis la première épouse de Sarkozy, puis les Perreti, puis Deferre qui avait un conseiller aux affaire Corse qui se nommait Colonna (le père de Yvon) sont liés.
Ce soir ceux qui tiennent ce pays et en ont fait leur jouet, avec l’approbation des 53 % d’entre nous qui les ont élus, se rapprocheront encore un peu plus de leur but :  affaiblir la démocratie, mépriser les citoyens par un jugement inique (mais en « bonne et due forme »), et nous enfermer dans des rets de plus en plus étroits, muselant toute opinion contraire, tout désir de vivre autre chose, toute information « dissidente », courbant tout dos qui se redresse, par l’intimidation ou la fourberie. Duplicité d’une caste qui veut garder ses privilèges…
Ce soir une prison ne s’ouvrira pas. Et se referme peu à peu, qui sait, sur nous aussi….
Ne riez pas ce soir. On ne vient pas de finir d’enterrer ce pauvre homme qui fut tué, on vient d’assassiner les plus nobles de nos valeurs.
Les théoriciens du grand complot penseront que si l’on a mis autant de temps pour arrêter Colonna, c’est parce qu’on a du attendre que le vrai coupable meurt.
Les cyniques penseront que de toute façon, quelqu’un doit payer, Colonna ou un autre, ça n’a pas trop d’importance. D’ailleurs, peut-être est-ce vraiment l’assassin, mais ce qui compte c’est que sa culpabilité soit possible, et non qu’elle soit avérée.

Bilan du dossier 1338, Colonna : 1 – les preuves

38+01:00p31+01:0003blun, 30 Mar 2009 16:22:38 +0100+01:00 9,2008

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

Ceci est le premier des billets de bilan consacrés au procès Colonna.

Ce texte est entièrement composé à partir de réactions postées par mes lecteurs sur rue89.

Pourquoi le juge a-t-il toujours refusé la reconstitution [des l’assassinat, sur place à Ajaccio] ?
Est-il allergique au climat Corse (voire à la gastronomie locale).
Le refus d’opérer une reconstitution et d’amener dans ce dossier des pièces qui seraient à décharge pour Yvan Colonna,nous fait penser que la justice ne peut travailler sereinement et équitablement lorsque elle est manipulée et que ce procès devient une raison d’Etat.
Un ministre de l’intérieur à l’époque,qui viole l’article 9-1 du code civil pour grave atteinte à la présomption d’innocence, et tous les médias qui diffusent cette déclaration de Nicolas Sarkozy….
La preuve qu’Yvan COLONNA est le « tireur » du Préfet ERIGNAC n’ayant pas été formellement établie, le bénéfice du doute sert à l’accusation et non à la défense ;  ceci constitue une grave anomalie dans ce procès. Anomalie lourde de sens puisque elle crée une sorte de jurisprudence :  le doute désormais ne profitera plus à la défense mais à l’accusation ! Il fallait y penser !
Ce quinquennat idéologique à plus d’un titre, est parfaitement à la hauteur de justice et d’honnêteté de ses dirigeants :  du pur amateurisme ! Souhaitons que les électeurs irresponsables qui ont permis cette gabegie sans nom et fort coûteuse pour la république ,se souviennent longtemps de leur responsabilité dans cette mandature catastrophe qui prend l’eau de toutes parts…

Justice, dossier 1338, Colonna : un gigantesque cafouillage

56+01:00p31+01:0003bdim, 29 Mar 2009 14:34:56 +0100+01:00 9,2008

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

Un gigantesque cafouillage judiciaire dans une formidable tragédie antique
Tel apparaît avec le premier recul le procès intenté à Colonna.
Il est presque dommage qu’Yvan Colonna soit corse. Sinon son procès aurait beaucoup pris plus tôt les dimensions d’un incommensurable scandale d’Etat.
Comme il est corse, « c’est spécial » me confie un avocat. De gauche et dont je peux révéler qu’il est sûrement franc-maçon. Donc il suffit d’être corse pour ne pas exister au regard de la Justice, des Magistrats, des observateurs.
Cette attitude est particulièrement regrettable car ainsi nous passons à côté d’un des plus invraisemblables procès organisés en France. A situer pas très loin du procès des médecins juifs sous Staline, en Union soviétique. Ils étaient coupables parce que juifs. Colonna est coupable parce que corse, le reste est quasiment dénué d’intérêt. Et il faut être un peu fou pour prétendre ériger ce procès, ces procès en vérité, au rang d’exemple presque unique d’un dysfonctionnement majeur.
La scène d’ouverture ne peut être que classique : « Faites entrer l’accusé ». un petit mec trapu, athlétique, le visage légèrement couperosé, un regard sombre, neutre. Parfaitement impassible pendant des semaines. Les yeux bruns fixés sur la cour, évitant son vis-à-vis, Mme Dominique Erignac, convaincue de sa culpabilité.
Ça nous renvoie au soir du 6 février 1998. Ce que l’on sait  du meurtre grâce aux témoins cités. Et là, déjà, on dérape : les seuls élément matériel sont le cadavre du  préfet et le pistolet Beretta abandonné sur place. Sans aucune trace. Et des témoignages qui divergent, des pistes d’enquête abandonnées, parce que l’équipe chargée des investigations n’a jamais manifesté la moindre rigueur, au contraire, s’est égarée dans des hypothèses.
Un procès souvent confus, loin d’être exemplaire, mais qui est un cas d’école, tournant capital dans la pratique du droit criminel en France. Formidable affrontement entre des thèses radicalement opposés, fondées sur des logiques judiciaires incompatibles.
En science criminelle, il faut toujours revenir sur la scène du crime. Laquelle, à ma connaissance a été parfaitement mal explorée selon les canons actuels de la police scientifique et technique. Une scène de crime qui n’a pas parlé, ce qui est rarissime.
L’histoire est celle d’un villageois égaré dans une histoire qu’il comprend bien, mais qui ne manifestement ne le concerne pas. Terrorisme ou grand banditisme ? On n’est même pas capable de le déterminer.
L’enjeu fondamental : Colonna est-il coupable, ou non ?
Enjeu secondaire : le Président Sarkozy a-t-il été bien inspiré en le « condamnant d’avance ». Les questions capitales de la présomption d’innocence et du rôle de la preuve dans le droit criminel français.
Les premières Assises n’ont pas apporté de réponse décisive autre que les dénonciations sur lesquelles leurs auteurs sont revenus.
La Défense n’avait pas été très bonne, très courte vue, beaucoup trop « politique », pas assez judiciaire. La Défense a été plus active lors du second procès. Mais pas toujours bien inspirée, et même parfois battue en brèche par l’Accusation.
Reste le problème central, qui a servi de pivot à l’Accusation : quel sens à donner à la « fuite » de Colonna ? Faut-il même parler de « fuite », un concept directement puisé dans le jargon policier ?
Et peut-on encore admettre que l’intime conviction sans preuve puisse être le socle d’une condamnation à vie ?
J’y reviendrai.

François Hollande se permet d’être mécontent. Selon l’AFP, l’ancien numéro un du PS, François Hollande, a jugé dimanche sur le Forum Radio J « moralement inacceptable et politiquement intenable » une comparaison entre l’affaire Dreyfus et le procès d’Yvan Colonna, comme l’ont fait les défenseurs du berger corse.

« Cette comparaison me choque. Dreyfus a été condamné par une parodie de justice, un déni de justice », il a été victime d’un « complot contre la vérité ».

Quelle est  la légitimité de ce Monsieur soi disant socialiste pour porter un tel jugement ? L’ancien patron du PS s’aligne sur Mon Excellent Président Sarkozy, lui qui avait jugé Colonna coupable dès 2003, sans plus de preuves que la Cour d’Assises vendredi.

Justice, Colonna 1338, le verdict était au rendez-vous

14+01:00p31+01:0003bsam, 28 Mar 2009 12:31:14 +0100+01:00 9,2008

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

Je peux vous révéler que je connaissais le verdict dans le procès Colonna depuis le 6 janvier. Ce jour-là, le procureur Kross m’a annoncé :

« En mon intime conviction, je pense qu’Yvan Colonna est coupable ».

Il a répété ce jugement lors de son réquisitoire, en son âme et conscience. Autrement dit, Colonna a été jugé bien avant les débats. A l’époque, j’étais sceptique, il a bien fallu se rendre à l’évidence, le Parquet a imposé sa volonté à la Cour.

Vendredi, durant près de dix heures une petite foule maintenue à distance par de nombreux gendarmes a attendu ce verdict inéluctable.

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Le procès terminé à la Cour d’Assises s’est poursuivi de l’autre côté de la rue, à la Maison des Avocats, lors d’une conférence de presse houleuse tenue par les avocats de Colonnap1030833

Maître Sollacaro lit le communiqué de la Défense, Maître Patrick Maisonneuve place d’emblée cette affaire sur le plan des droits de l’homme. Me Gilles Simeoni estime que tout commence maintenant.

Attention, le son de l’interview donné par Gilles Simeoni est très médiocre

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Au pied des marches montant vers le Palais de Justice, les télévisions mettent un point final à cet épisode.

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Maintenant commence pour les avocats la bataille de l’opinion publique. Une bataille sans doute aussi difficile à gagner que le combat judiciaire.

Comme témoin de ce procès que je tiens pour le moins peu défendable devant l’opinion, je vous communiquerai ultérieurement mes réflexions.

Les nationalistes corses appellent à une manifestation en faveur du berger de Cargèse ce samedi à 15h00 à Ajaccio. Pascal Garbarini, l’un des avocats de Colonna, lance :

« Il ne faut pas réduire cette manifestation au milieu nationaliste (…) Bien évidemment, nous la soutenons, elle touche l’opinion publique en général ».

Justice, Colonna 1338 – Un réquisitoire verdict sans appel

14+01:00p31+01:0003bven, 27 Mar 2009 10:43:14 +0100+01:00 9,2008

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

Dans le procès en Assises contre le Corse Yvan Colonna qui dure depuis le 9 février à Paris, le verdict doit intervenir en fin d’après-midi ou en début de soirée.
Hier jeudi, les réquisitoires des avocats généraux n’ont guère laissé de doute quant à l’issue du procès. Les deux magistrats se sont contentés de paraphraser à n’en plus finir les 170 pages de l’acte d’accusation, accumulant les charges parfois fantaisistes contre le prévenu, imputant aux mensonges tout témoignage à décharge ; multipliant les attaques – pour ne pas dire les invectives voire les insultes – contre Colonna et ses avocats, absents,  auxquels ils reprochent d’avoir déserté les débats, une désertion qu’ils tiennent pour une forme de preuve. Exigeant surtout que, contrairement à tous les principes fondamentaux du droit, Colonna démontre qu’il est innocent, alors que ce devrait être à l’accusation d’établir sans laisser de doute la culpabilité personnelle de Colonna.
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Comment Pierre Antonetti voit le procureur général Kross

En réécoutant tout ça dans le détail au cours de cette journée de jeudi, il m’est apparu que le dossier d’accusation contre Colonna est pour le moins maigre. Il repose depuis toujours sur les aveux de ses anciens amis, des aveux passés en garde-à-vue après des dizaines d’heures d’interrogatoires. Comme l’a relevé Me Philippe Lemaire, la pièce essentielle reste le récit donné par Pierre Alessandri, le 23 mai 1999 à 6 h 10 du matin, succédant à un récit de Didier Maranelli, où le nom de Colonna a soudain surgi comme d’une boite de Pandore.
Sinon, jamais Colonna n’apparaît au premier plan, on ne le voit pas agir, on ignore son rôle. Nonobstant ce qu’affirme le procureur Kross, la question de la taille de l’assassin n’est pas réglée ; et une nouvelle demande de reconstitution, rejetée, n’a pas permis d’éclaircir ce point : 1 m 70 ou 1 m 80 ? 1 m 70, soutient sans argument l’accusation. 1 m 80, répond le médecin légiste, témpoignant comme expert sous la foi du serment, le Dr Marcaggi.  Et je me demande par quel raisonnement étrange on peut traiter de pervers ceux qui soulèvent l’absence totale de preuves matérielles.
Après les réquisitoires des avocats généraux, Jean-claude Kross et Christophe Tessier, Christine Colonna, la sœur d’Yvan Colonna, réagit avec force, reprenant en quelques paragraphes la thèse de la Défense.

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Christine Colonna (cliché PhM)

« On s’attend au verdict le plus lourd. Si on devait faire le bilan, c’est une condamnation sans preuves, alors que nous sommes en présence de nombreux éléments qui l’innocentent et qui ont été ou révélés ou confortés au cours des débats, après un procès où nous avons constaté les comportements les plus misérables et des procédés à la limite de la légalité.
•    Une condamnation sans preuve, en présence de nombreux éléments qui l’innocentent
•    Une condamnation qui intervient après un procès controversé qui a mis en lumière des comportements misérables et des procédés illégaux
•    Une peine de perpétuité requise et motivée devant un box vide sans l’accusé ni ses avocats, dans une sorte de huis clos judiciaire dans lequel parties civiles, accusation et magistrats spéciaux sont liés par un pacte : condamner Yvan Colonna
•    Des avocats de parties civiles qui parlent de lâcheté, à qui le courage vient quand Yvan Colonna leur tourne le dos
•    La vraie lâcheté c’est de mener un combat gagné d’avance en prétendant qu’il est à armes égales
•    De procès devait être un long fleuve tranquille, c’est devenu un fiasco judiciaire, à mettre au passif de Nicolas Sarkozy ce sera « son » erreur judiciaire, celle de son quinquennat…il s’était servi de l’arrestation de mon frère pour sa campagne présidentielle, il va devenir un cauchemar judiciaire pour tous ceux qui de près ou de loin auront été complices ou instigateurs de cette horreur judiciaire…
•    On peut dire que les témoins oculaires se trompent, ou qu’ils sont corses, on peut dire que le balisticien se trompe, de même que le médecin légiste, que la téléphonie et les écoutes judiciaires n’ont pas d’importance, de même que les filatures sur Yvan Colonna …on peut faire aussi comme si tout le monde mentait y compris les indices matériels….on peut tout dire sauf qu’il est innocent et essayer de le prouver ; c’est un sacrilège pour l’Etat qui doit protéger l’institution anti terroriste  envers et contre tout, c’est un sacrilège pour la veuve du préfet qui n’acceptera pas de laisser filer son coupable. »

Après neuf semaines de débats souvent houleux, toujours chaotiques, on en reste toujours au même point : deux positions farouchement opposées s’affrontent dans un climat de tempête peu propice à une bonne administration de la justice. En n’oubliant jamais que le doute doit toujours bénéficier à l’accusé et qu’il est préférable de voir un criminel en liberté qu’un innoncent en prison.

Justice, Colonna, 1338 : le jour des réquisitoires

51+01:00p31+01:0003bjeu, 26 Mar 2009 19:54:51 +0100+01:00 9,2008

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

Ultime jour de débats au procès Colonna, avec le jour des réquisitoires. L’avocat général Jean-Claude Kross a requis contre Yvan Colonna la réclusion criminelle a perpétuité, assortie d’un peine de Sûreté incompressible de 22 ans.

Parties civiles, Me Philippe Lemaire et Benoît Chabert amorcent un bilan de ces deux mois de chien à la Cour d’Assises.

La semaine prochaine commencera le procès Fofana. Dans la même salle solennelle, avec le même decorum, et probablement avec les mêmes tensions entre le tribunal et la Défense, me dit-on.

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Images : Ph.Madelin

Je ne vous donnerai mon opinion, raisonnée qu’après le verdict qui devrait être rendu public demain dans la journée.

J’oubliais : les débats étaient loin d’être terminés, aujourd’hui, quand j’ai pu voir Mme Dominique Erignac au restaurant voisin du Palais, avec ses deux enfants et un ami. Elle avait l’air fraiche, souriante, pas victime pour deux sous.

Le réquisitoire de Me Lemaire en colère

12+01:00p31+01:0003bjeu, 26 Mar 2009 07:18:12 +0100+01:00 9,2008

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

Au procès Colonna, à la Cour d’Assises de Paris, c’était hier le jour des parties civiles : les avocats se sont succédés pour multiplier les attaques tous azimuths contre Yvan Colonna, coupable d’être absent

getattachment4 dessin de Pierre Antonetti.

Il était avec moi ce mercredi après-midi au Palais, à la Cour d’Assises chargée de juger Yvan Colonna.

Nous avons entendu Maître Lemaire vilipender Yvan Colonna, coupable de ne pas assister à son procès. Pour l’avocat de la famille Erignac, aucun doute n’est possible : Colonna est l’assassin.

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Attention : il y avait une erreur de date (bien invoontaire !) pour les gardes-à-vue de mai. Il faut bien lire 1199, et non 1998 comme je l’ai d’abord indiqué.

L’avocat appuie sa conviction sur une pièce à ses yeux fondamentales : les aveux passés par Pierre Alessandri, lors de sa garde à vue de mai 1999, PV de la 13° audition, 23 mai 1998, 6 h 20 du matin où Alessandri dénonce Colonna comme étant le tireur chargé d’abattre le préfet Erignac. Et nous avons bien entendu l’ultime aveu de Maître Philippe Lemaire :

« Je n’aurais jamais dû demander la disjonction du cas Colonna du procès des assassins du Préfet Erignac. Malheureusement mon avis a été suivi. Le procès dure toujours alors qu’il devrait être terminé depuis longtemps.

Plus tôt dans la journée, évoquant l’absence de preuves matérielles permettant de mettre en cause Colonna, Me Benoit Chabert a lancé :

« Je m’interroge sur la pertinence de cette réflexion. C’est un raisonnement pervers de retenir l’absence de preuves matérielles comme élément à décharge ».

Ah bon .

En l’état, compte tenu de l’état de la procédure pénale fondée sur le processus inquisitorial de l’aveur et du témoignage, hors de toute preuve matérielle, la perspective d’une nouvelle condamnation d’Yvan Colonna paraît difficile à écarter. Sans preuve matérielle donc, la Cour risque de prononcer « en son âme et conscience » la condamnation du petit Corse. Tout le monde en était convaincu d’avance, les débats n’ont pas fait bouger les choses d’une ligne.

Sur quoi, étroitement encadrée par les gendarmes, Dominique Erignac a quitté le Palais.

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Justice, Colonna : une justice à se lamenter

13+01:00p31+01:0003bmar, 24 Mar 2009 18:53:13 +0100+01:00 9,2008

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

Heureusement, aucun journaliste étranger n’est là pour voir ce spectacle lamentable : la dernière journée de « débats » au procès Colonna qui tire péniblement à sa fin à la Cour d’Assises. Et il ne restait que deux journalistes français. Merci, merci aux déserteurs du banc de presse.

Pourquoi ? Pour voir et entendre le Président Didier Wacogne lire les dépositions des hommes et des femmes qui ont refusé de témoigner. Pour respecter la procédure, pour remplacer leurs dépositions, le Président a lu des heures durant les procès-verbaux rédigés par les policiers pour rendre compte de leurs faits, de leurs gestes, de leurs opinions. Au besoin pour se défendre contre telle ou telle accusation.

Si le Président était un acteur prodigieux, la scène serait un peu ridicule, mais admissible.

La, avec la voix bafouillante et monotone du Président, de plusen plus  fatiguée au fil des heures qui passent, le ridicule a tourné à l’épouvantable caricature d’une justice sans accusé, sans défense. Même les parties civiles n’osaient plus se mêler de cette pitrerie, une pitrerie en forme de mascarade.

Si vous l’avez compris, je ne suis pas prompt à me mettre en colère.

Mais là, trop, c’est trop. La caricature de très mauvaise justice à laquelle j’ai pu assister cet après-midi est inadmissible. Je suis horrifié. Et je ne comprends pas que les derniers acteurs judiciaires encore présents dans le prétoire ne se soient pas levés en criant : « Non, trop c’est trop ».

Je précise que ce propos ne reflète en rien mon opinion quant à la culpabilité, quant à l’innocence d’Yvan Colonna. Je n’en sais toujours rien. Mais, en mon âme et conscience, puisqu’il s’agit bien de ça, je dis, j’écris que cette image de Notre Justice, puisque c’est aussi la mienne, est triste, épouvantable.

Justice, Colonna : le malaise des magistrats

45+01:00p31+01:0003blun, 23 Mar 2009 09:40:45 +0100+01:00 9,2008

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

Philippe Antonetti ne se contente pas de dessiner avec drôlerie, il suit le procès Colonna avec l’oeil de Candide. On se réfère trop souvent aux professionnels, en oubliant ceux qui ne sont pas censés avoir une opinion. Antonetti a une opinion : je vous la communique.

Quoiqu’on puise en dire, ce refus D’Yvan Colonna de continuer à assister à ce simulacre de procès, l’expression n’est pas de moi et n’est pas la plus sévère, a quand même des conséquences positives:
-Les parties civiles sont désarçonnées et se voient contraintes d’exposer leur argumentation à la télévision, Chabert sur France5, Lemaire sur Canal+. Argumentation pitoyable, d’ailleurs, style méthode Coué ou sortez vos mouchoirs, ou on s’aperçoit que les charges écrasantes dont Lemaire nous rabat les oreilles ne sont en fait que sa conviction.
-L’opinion publique s’interroge sur ce procès étrange, sans accusé et sans défense. Malgré une couverture médiatique très limitée, elle est non seulement maintenant prête à accepter un acquittement mais aurait de très forts soupçons en cas de condamnation. Les interventions claires et argumentées de Jean Michel Aphatie (RTL), entre autres, ne sont certainement pas étrangères à ce revirement. On peut interpréter l’article du Nouvel Obs de Chemin et Etchegoin ( du style:il n’y était peut-être pas ou alors si il y était, son rôle était très secondaire) comme une mise en phase d’une presse longtemps très accusatrice avec cette évolution de l’opinion.
-Mais, dans le cas de la justice anti-terroriste, l’opinion, donc le peuple n’a rien à dire. C’est l’Etat qui juge par l’intermédiaire de magistrats désignés. De gens dont on peut toujours penser, à tort ou à raison, qu’ils sont en service commandé. Et pourtant, plusieurs évènements peuvent laisser penser à un certain flottement dans les rangs de la magistrature:
-Les bourdes du Président  Wacogne et sa façon de mener le procès, jusqu’au refus critiquable et critiqué d’une reconstitution, signes évidents pour beaucoup d’une partialité affichée avec cynisme, sont peut-être l’expression du malaise grandissant d’un homme qui remplit sa mission à contre coeur. C’est maintenant Chabert qui le traite de lâche.
-La quasi absence des débats de l’avocat général Kross, sauf pour [mal traiter] M. Vinolas, contraint les parties civiles à remplir son rôle.
-Les dépositions des juges d’instruction devant une cour toute acquise sont étonnantes: si le juge Thiel déroule sans contradicteur le cheminement tortueux de l’enquête, rappelant au passage la profession de foi d’Yvan Colonna: « Je vous affirme que je ne fais pas partie du groupe des anonymes, que je n’ai pas tué le préfet Erignac. Je sais qu’il était votre ami, je vous le dis les yeux dans les yeux. » , la juge LeVert, co-rédactrice d’un acte d’accusation impliquant trois tueurs n’en retient que deux à la barre, faisant du coup disparaître Colonna!
-La confidence de Dominique Coujard , président de la cour qui a condamné Yvan Colonna en 2007  sur la durée du délibéré, estimé à plusieurs heures, en réalité une petite demi-heure pour 36 questions pose plusieurs questions: pourquoi cette confidence, pourquoi maintenant ? Le président Coujard n’étant ni un imbécile ni un débutant, ne faut-il pas y voir un élément de plus en faveur de l’expression d’un réel malaise des magistrats.
-Sur son site, le syndicat des avocats citoyens publie un article dont je vous livre la conclusion: « Dans une société démocratique, la règle est simple, un doute, un seul doute empêche le prononcé de la culpabilité avec comme conséquence un acquittement inévitable, car il vaut mieux un coupable en liberté qu’un innocent en prison. »
Dans cette affaire, nombre de personnes extérieures au dossier n’ont aucun doute sur le fait que Monsieur Yvan COLONNA n’aura pas bénéficié d’un procès équitable. Dans ces circonstances, une condamnation ne serait pas l’expression de la volonté du peuple français, mais pourrait être interprétée comme l’expression de la volonté d’un groupe de personne agissant pour leur propre compte.
En état, la procédure parait pour le moins inéquitable, le doute devant profiter à l’accusé, l’acquittement apparaît dès lors comme la seule solution possible. »

Nous arrivons au terme de ce procès cahotique, dans quelques jours la cour va délibérer. En l’absence totale d’éléments à charge et un nombre incroyable de points d’interrogation, un verdict d’acquittement ne scandaliserait personne, forcerait l’institution à se pencher sur le fonctionnement tant décrié de la justice anti terroriste, apaiserait les inquiétudes des citoyens après Outreau, renforcerait le poids des magistrats au moment d’un projet de réforme de la justice,  pourrait provoquer la réouverture de l’enquête, la famille Erignac ayant, comme tous les citoyens, droit à la vérité, Par contre, une condamnation sera forcément perçue comme l’exécution d’une mission confiée aux juges, dont certains, jeunes, ont sûrement une brillante carrière à poursuivre. La suspicion qu’ils aient pu, pour favoriser leur promotion, participer à une sorte de complot contre un innocent, les suivrait tout le long de leur carrière et leur attitude supposée pourrait leur être reprochée dans tous les actes de leur vie professionnelle. Autant changer de métier!

La Cour prendra sa décision vendredi. Le jeunes juges du jury penseront-ils à leur avenir ? Je les regard tout au long des audiences, et je dois convenir qu’ils ne laissent pas passer la moindre ombre de sentiment.

Justice, Colonna : les témoignages de la famille

06+01:00p31+01:0003bdim, 22 Mar 2009 11:30:06 +0100+01:00 9,2008

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

Vous devez lire un long entretien donné par Christine Colonna dans France Soir, samedi 21 mars. « Solidaire » de son frère, elle estime qu’il est soumis, depuis dix ans, à « un traitement continuellement à charge. » Elle exprime la « très forte inquiétude des Corses, scandalisés » par « un procès désastreux ».

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Incidemment, lors des Etats généraux de la Justice qui se sont déroulés hier samedi, on a évoqué avec sévérité le régime des Gardes-à-vue pour terrorisme en France – « une honte, au bout de quatre jours on vous fait dire n’importe quoi » et on a exprimé les plus grandes réserves quant aux témoignages obtenus par les policiers auprès de proches parents dans un procès tel que celui intenté à Yvan Colonna.

Justice, Colonna : une famille absente

53+01:00p31+01:0003bven, 20 Mar 2009 17:21:53 +0100+01:00 9,2008

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

Par un simple Fax, Jean-Hugues Colonna, le père d’Yvan, a notifié à la Cour d’Assises de Paris ce matin qu’il ne viendrait pas témoigner. D’abord parce qu’il était hospitalisé à Marseille – décidément, ce procès provoque de véritables épidémies – mais surtout parce que :

« quoiqu’il en soit, je ne serais pas venu devant une cour spécialsement composée pour condamner et cautionner par ma présence un débat dans lequel l’esprit de vengeance remplace l’exigence de vérité. Je confirme que le soit du 3.02.1998 j’étais de 19 h 30 à 20 h environ en compagnie de mon fils Yvans chez ma mère et avec ma soeur Josette. »

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Le fax adressé ce jour à la Cour par Jean-Hugues Colonna

Le père confirme donc l’alibi du fils, qui a toujours expliqué qu’il ne pouvait pas être à Ajaccio cette fin d’après-midi là.

Qualifiant cette attitude de lâche, Maître Philippe Lemaire, l’avocat de Dominique Erignac, déplore cette absence, car il avait l’intention de poser quelques questions à propos d’un courrier adressé par J.H Colonna à Dominique Erignac, le 26 mai 1999, où il écrivait : « Nous vous demandons pardon ». L’ancien député avait répondu par avance lors d’une interrogatoire mené par Laurence LeVert, la juge d’instruction, où il indiquait de façon claire que cette lettre ne pouvait en aucun cas être tenue pour une accusation contre son fils, mais un geste d’humanité.

Lors de cet interrogatoire, rappelle Colonna, il avait indiqué à la magistrat que Roger Marion, le patron de la DNAT, lui avait déclaré que le dossier ne contenait aucun élément permettant d’accuser Yvan Colonna.

Pour compenser l’absence de Jean-Hugues Colonna, de sa voix morne et bafouillante, le Président Wacogne a lu l’ensemble des pièces de procédure où apparaît l’ancien dputé. On découvre à cette occasion qu’il avait été lui aussi placé sous écoutes judiciaires.

Ce vendredi devaient également déposer Christine Colonna-Caviglioli, la soeur ainée, et Stéphane Colonna. On ne les a pas vus. Et Jean-Hugues Colonna a transmis à la cour un certificat médical confirmant son hospitalisation. Il a d’ailleurs été opéré dans la journée. Les avocats de la Partie Civile auraient dû avoir la bonne idée de ne pas ironiser.

Et mon ami Philippe Antonetti a encore sévi.

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Justice, Colonna, les juges balancent

54+01:00p31+01:0003bjeu, 19 Mar 2009 11:47:54 +0100+01:00 9,2008

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

Comme je vous l’ai déjà indiqué je suis en train de retranscrire mes notes d’audience. D’ici au début de la semaine prochaine je serai sans doute en mesure  de publier une première liste d’erreurs ou insuffisances de l’enquête. Car il y en a. Certaines minimes, d’autres énormes.

Saga Colonna : quand les juges s’empêtrent dans leurs contradictions, Colonna effacé des tablettes

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Dessin : Philippe Antonetti

Mme Laurence LeVert s’empêtre dans ses contradictions, avec force hésitations, elle admet qu’il n’y avait que deux hommes sur les lieux de l’assassinat du Préfet Erignac, et non pas trois comme elle le soutenait  avec l’Acte d’accusation. Nous sommes le mercredi 18 mars. Les débats durent depuis près de cinq semaines, et, soudain, voici exclu de la scène du crime Yvan Colonna censé être le troisième homme du « commando ». Du coup s’effondre la construction bâtie par le Parquet.
C’est la surprise du chef dans ce procès en Cour d’Assises intenté à Yvan Colonna. Laurence LeVert devrait savoir de quoi elle parle. Elle a été avec Jean-Louis Bruguière l’un des trois juges d’instruction chargés d’éclaircir l’affaire, de bâtir le dossier à charge. Evoquant dans le désordre les dossiers 1337 – dit de la piste agricole – , 1338 – visant l’assassinat du préfet – , 1797 consacré à l’attentat contre la gendarmerie de Pietrosella. , Mme LeVert peine à rendre clairs les liens entre les différentes procédures. Elle a beau évoquer la logique judiciaire, elle parvient mal à  expliquer pourquoi tel dossier d’écoutes figurant dans le « 1337 » n’a pas été versé au 1338…
Et, à force d’atermoiements, elle a fini par balancer une part de la vérité que tous les enquêteurs se sont jusqu’alors escrimés à masquer à coups de mensonges plus ou moins patents.
En fin de comptes, dans ce procès Colonna, ont donc été plus intéressantes que prévu les dépositions des deux juges d’instruction qui ont clôturé la série des témoignages qui devaient accabler Yvan Colonna
Deuxième des trois juges d’instruction chargés du dossier, Gilbert Thiel joue aussi de la sincérité, mais sur un tout autre registre. Le registre de la tragédie à l’ancienne, belle voix de comédien, texte littéraire jusqu’à la caricature. Trois heures durant, le juge Thiel a dévidé le récit des complots qu’il a dû affronter au cours de cette enquête hors norme. Le complot des Nationalistes, évidemment, le complot des assassins lancés dans une escalade sans fin de la violence. Mais aussi et surtout complots des gendarmes de la Section de Recherche d’Ajaccio, dont le magistrat s’est appliqué à démontrer l’incapacité qui l’a conduit à les dessaisir ; complot des hommes de la PJ d’Ajaccio, obsédés par la « piste agricole » retenue comme hypothèse initiale pour retrouver les assassins du préfet Erignac. Complots ourdis par le préfet Bonnet  et par le patron de la DNAT, Roger Marion. Des obstacles qui n’ont cessé de se multiplier pour gêner son travail. Des champs de mine qu’il a dû franchir. A l’écouter, on a l’impression que Thiel a été assailli par les ennemis. Le seul qu’il semble estimer est paradoxalement Colonna. Il rappelle avec insistance la profession de foi de l’accusé, le 23 juin 2003, lors de leur premier entretien après son arrestation :

«  Je vous affirme que je ne fais plus partie du groupe des anonymes, je n’étais pas à Pietrosella, je n’ai pas tué le préfet Erignac. Je sais qu’il était votre ami, je vous le dis les yeux dans les yeux ».

Depuis, Colonna ne s’est jamais départi de cette position, toujours considérée comme « incrédible » par l’Accusation et les Parties civiles.
A part ça, 28 jours de débats dans ce deuxième procès sans qu’apparaisse Colonna. On discute de tout, sauf de Colonna. Quelquefois, on se force presque à en parler tant il est absent. Absent de sa cage de verre, bien sûr, mais aussi absent du dossier
Un point de vue que ne partage pas Me Christian Frémaux, l’un des avocats siégeant sur les bancs des Parties civiles

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Il n’en reste pas moins qu’on en est quasiment au même point. Beaucoup de suspicions, toujours aucune preuve décisive et même le sentiment que les convictions de l’accusation vacillent.

Ainsi, parmi les témoignages, on a entendu Didier Maranelli affirmer que le matin du 7 février 1998, lendemain de l’assassinat, il se trouvait à Cristinace chez ses parents, alors que Valérie Dupuis, son ancienne compagne, a reconnu devant les policirs de la DNAT que Maranelli était au même moment chez elle, à Carghese, à 50 kilomètres de là, tandis que pour l’accusation il était en fait à Ajaccio, chez alain Ferrandi. Colonna ou le fantôme tous terrains.

Tout comme le Président Didier Wacogne, l’avocat général Christophe Tessier semble parfois se substituer aux avocats de la Défense pour miner le dossier, une Défense qui n’a toujours pas rejoint son banc. Le procureur Kross est pour sa part carrément absent, on ne l’entend pas. Le procès s’enfonce dans un marais brumeux. Comme si on ne tenait plus trop à le mener à son terme.
Au niveau des magistrats, il est évident qu’on est désormais très préoccupé par l’image peu séduisante de la Justice française donnée à travers ce procès absurde. Une image symboliquement représentée hier par le témoignage d’un des policiers du RAID qui ont arrêté Colonna en 2003. Ne demandez pas ce qu’il a raconté. Il était caché derrière une paroi en verre cathédrale, sa parole si déformée par le filtrage audio qu’on ne comprenait rien. C’était absurde, surréaliste, et d’ailleurs sans importance : l’homme n’avait rien à dire.
Ainsi de jour en jour se sont entassés sur le bureau du Président de la Cour d’Assises des témoignages insignifiants. L’accusation glane parfois un minuscule détail à droite ou à gauche. Mais rien de décisif. Rien qui puisse convaincre que Colonna est coupable, qu’il mérite la réclusion à perpétuité. Puisque tel est l’enjeu fondamental, il ne faut pas l’oublier.

NB Le Nouvel Obs « découvre » la vérité sur Colonna, dans son numéro du 18 mars :

Et si le berger de Cargèse n’avait pas tenu le rôle qu’on lui attribue ? S’il était l’un des conjurés, mais pas le tueur du préfet Erignac ? C’est ce qu’a suggéré un membre du commando devant la cour d’assises spéciale. Une hypothèse qui embarrasse la défense autant que l’accusation. Ariane Chemin et Marie-France Etchegoin expliquent pourquoi, dans ce procès si lourd de secrets, cette piste n’a pas été explorée.

Cette piste est en effet restée en deshérence. Je l’avais relevée depuis une semaine, mais personne n’a semblé d’y intéresser. Le fonctionnement des journalistes est bizarre : en fin de comptes, ils restent englués dans l’acte d’accusation, ils n’écoutent pas vraiment les débats.

A plusieurs reprises, j’ai entendu dans les débats des propos et des informations qui contribuent à changer complètement la configuration de l’affaire. Par exemple, à propos des méthodes utilisées pendant les Gardes à vue, la privation de sommeil. A tout prendre, aujourd’hui, on oubliera les curieux propos de Mme Laurence LeVert. J’en étais sûr, mais j’ai préféré vérifier auprès de trois personnes différentes, en dehors de moi : elle a bien précisé que pour elle il n’y avais que deux hommes sur les lieux du crime. Et on ne parle plus ni d’un « blond », ni de perruque, ni de grimage.

La dernière, et la moins bonne :

Guéant serait atteint à l’estomac. Selon l’Express, L’Elysée suit de près le procès Colonna. Claude Guéant, Secrétaire général de la Présidence se déclare estomaqué par les thèses défendues par les avocats de l’assassin présumé du préfet Erignac. On peut lui recommander un remède, pour ça, par exemple examiner le dossier et les débats de plus près.

Et, récupéré dans le blog de Sylvie Véran, cette réaction que je ne veux pas passer sous silence:

Je trouve la vie un peu injuste avec Marcel Istria : voilà quelqu’un qui clame son innocence depuis 10 ans, contre qui il n’y a aucune preuve matérielle, qui est condamné alors qu’il y a contre lui moins de charges que contre Yvan Colonna, et rien, pas de comité de soutien, pas de ligue des droits de l’homme, pas de campagne sur le-vigile-innocent-otage-de-la-raison-d’état, rien, que l’indifférence.

Si tant est qu’il y a des charges matérielles contre Colonna. Mais, c’est exact, il faut aussi penser à Istria.

 

Justice, Colonna, dossier 1337, 1338, 1797. Quand les juges balancent

36+01:00p31+01:0003bjeu, 19 Mar 2009 08:27:36 +0100+01:00 9,2008

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

Au prélable, une explication. Le dossier 1337 vise la procédure ouverte autour de la filière dite « agricole » dans le dossier Colonna ; le dossier 1338, vise l’assassinat du préfet Erignac; et le dossier 1797  la destruction par exposifs de la gendarmerie de Pietrosella, en septembre 1997.

Ce mercrdi étaient appelés à la barre deux juges d’instruction, Laurence LeVert et Gilbert Thiel. Dans le genre langue de bois, je m’attendais au pire. Or, ils ont causé. Et d’abondance.

Il n’y arien de pire que quand un juge témoigne à la barre : il ne peut pas s’empêcher de balancer.

Vous aurez la suite de ce billet d’ici au milieu de la matinée.