Langue et Sarkozy, suite !

Mon correspondant Jean-Pierre V., psychologue de son état, appote sa contribution à la question du langage sarkozyste. Il avant plus en profondeur.

Quand j’étais lycéen, on m’a expliqué que le langage était l’autre face de la pensée.

De fait, aligner des fautes de français peut interroger sur la pensée de notre glorieux président.

Puis, quand j’étais étudiant à la fac, une prof de psychologie clinique  nous disait qu’il fallait obliger les enfants à ranger leur chambre. Pour elle, savoir ranger ses affaires permettait plus tard de savoir ranger ses idées dans sa tête et d’avoir donc les idées claires.

Ne pas parvenir à ranger les mots dans la phrase interroge alors encore sur la clarté de la pensée de notre bien aimé.

Est-ce méchant de penser cela ? Peut-être !

Il n’en reste pas moins que plus tard encore, j’ai appris que le mode de communication et la façon de communiquer reflétaient le rapport social à l’autre. On ne s’adresse pas de la même manière envers une personne qu’on respecte et une autre qu’on rejette. Faire des phrases correctes, c’est être soi-même correct envers l’autre, du moins c’est le respecter puisqu’on cherche à en être compris en respectant les règles de la communication. C’est sans doute pour cela que bien des gens déconsidèrent ceux qui s’adressent à eux par moult fautes d’orthographe, de grammaire ou de syntaxe. Notre président nous déconsidère-t-il ?

En conclusion : on peut donc se demander si notre glorieux président ne souffre pas de quelques troubles de la pensée. Sinon, on peut quand même s’interroger son respect à l’égard envers ses interlocuteurs.
Remarquons bien que l’un n’empêche, hélas, surtout pas l’autre. Bien au contraire ! Et cela expliquerait tant de choses…

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4 Réponses to “Langue et Sarkozy, suite !”

  1. Dominique Many Says:

    Au risque de passer pour un vieux schnoque, je suis nostalgique de l’expression parfaite d’un De Gaulle, ce qui ne lui interdisait pas certaines fantaisies (chienlit, Volapük…); de la culture d’un Pompidou ou d’un Mitterrand qui ont beaucoup fait, l’un pour l’art moderne, l’autre pour la démocratisation de la Musique et du savoir (Opéra Bastille, Grande Bibliothèque…).

    C’est avec Jacques Chirac que les choses ont commencé à se gâter…un Président réduisant parfois l’expression à des onomatopées (« pshitt ») ou des aphorismes (« abracadabrantesque »), un Président « à tu et à toi », certes proche des gens mais au point de leur taper dans le dos et se montrer très (trop?) familier, cela a commencé à casser un peu le prestige de la fonction. Certes nous y avons gagné en proximité, mais un Président adepte de bière Corona et de combats « de Samu », comme me le disait un interlocuteur, cela écorne sacrément le mythe… heureusement il lui restait son attrait pour le Japon et pour les arts premiers pour maintenir un semblant de culture.

    Puis vint Nicolas. Qui tutoie aussi facilement que son prédécesseur, même les « pauv’cons ». Qui appelle les dames et les personnes issues de la Diversité, par leur prénom. Pour qui la culture se résume à Christian Clavier, Jean Reno, Didier Barbelivien, Carla Bruni, Gilbert Montagné ou Johnny…bref aux « people », ces météores de la culture « fast food », vite digérée, vite oubliée.
    En cela, Nico ne me semble pas à la hauteur de la fonction qui est la sienne. Il me fait penser un peu à un kéké, gagnant du loto, qui se trouve propulsé du jour au lendemain, dans un monde qui n’est pas le sien, dont il ignore tout des codes, et au milieu duquel il aura beau avoir la Rolex, avec ses expressions hasardeuses et son goût du clinquant, il sera repérable à 100 metres et fera toujours tâche.

  2. Tita Says:

    Ce n’est pas être vieux schnoque que d’apprécier la belle diction. En effet, De Gaulle savait s’exprimer. La lenteur de sa locution lui permettait non seulement de peser chaque mot, mais aussi pour ses interlocuteurs de comprendre pleinement l’étendue de sa pensée.

    Hélas, depuis que le charisme de « l’art de la communication et de l’image » a pris le pas sur le charisme politique, les compétences intellectuelles deviennent plus secondaires. Au niveau de l’image, il est devenu plus porteur de passer pour sympathique en parlant peuple que passer pour compétent, prétentieux et déconnecté en parlant avec des mots que souvent seule une minorité ne verra toute la profondeur. Par contre est-ce toujours de la politique ? Et pouvons-nous être sûr que derrière le charisme du communiquant « peuple », il reste quelques compétences intellectuelles un tant soient peu nécessaires ? Après tout, un abruti aussi parle « peuple ».

    Parler comme le peuple (enfin, encore faut-il me démontrer que le peuple parle aussi mal) peut cependant poser problème quand on est un politique. Deux chercheurs a Dijon ont montré en 1993 qu’on n’interpelle pas de la même manière une personne qu’on respecte et une autre qu’on rejette. Bien que tous les participants à leur étude prétendaient ne pas être racistes, les deux chercheurs ont montré qu’en face d’un noir, les participants disaient plus « Monsieur » qu’en face d’un blanc. Pour le blanc, c’est « mon cher Monsieur » qui était le plus utilisé.
    Maintenant qu’est-ce qui regroupe « les dames et les personnes issues de la Diversité » ? C’est la discrimination! Les unes sont victimes de sexisme et les autres de racisme ou de xénophobie.
    Quand le président s’adresse à eux par leur prénom, est-ce par compassion envers la souffrance de la discrimination ? Si oui, n’est-ce pas déjà de la discrimination ? Ou bien est-ce plutôt comme tous les supérieurs (patron, directeur, enseignant etc…) qui se permettent d’appeler leurs subalternes par leur simple prénom ? Bien sûr, on ne connait pas la réponse scientifique à cette question mais à l’image des deux chercheurs dijonnais, je ferais bien l’hypothèse qu’une étude sur cela montre que c’est la seconde option qui soit la bonne : seuls ceux en position hiérarchiquement supérieur se permette la familiarité d’appeler par leur prénom les gens qu’ils jugent subalternes.

    En tout cas, on s’attend de la part d’un chef de l’état à ne pas voir ou entendre les travers qu’on entend au café du commerce. Plus qu’un problème d’image (à l’étranger au moins), c’est aussi et surtout, un problème de principe et d’image, mais d’image de la fonction cette fois-ci.

  3. Dominique Many Says:

    Tita, j’applaudis à deux mains, à votre analyse. effectivement maintenant l’image a pris le pas sur le fond. et c’est bien là le drame. mais après tout tant pis pour la majorité de nos concitoyens, si elle est davantage sensible aux éclats du bling-bling et aux sirènes des beaux parleurs, qu’aux compétences réelles.

  4. Tita Says:

    Merci, mais n’applaudissez pas trop fort s’il vous plait.

    Le problème d’un capitaine de navire qui passe plus son temps à se mirer devant les caméras qu’à tenir la barre avec intelligence, c’est que pendant que le gros de l’équipage applaudi au beau plumage du perroquet qui se pavane devant lui, le navire peut foncer sur des récifs.

    Et quand le navire s’échouera ou coulera, c’est tout l’équipage qui coulera avec, même ceux qui n’ont pas élu cet oiseau-là. Bref, on est dans le même bateau que tout ceux qui croient que voter bling-bling c’est intelligent. C’est effrayant.

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