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Presse : quand on parle de liberté, c’est pour la museler

14+01:00p31+01:0010bven, 23 Oct 2009 11:52:14 +0100+01:00 9,2008

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

En soi, la proposition semble de bon aloi. Elaborer une « charte déontologique » sur la liberté de la presse : la proposition, lancée, jeudi 22 octobre, par Jacques Alain Bénisti, vice-président UMP de la commission des Lois de l’Assemblée nationale, a aussitôt fait bondir les députés PCF, qui l’accusent de vouloir opérer « un musellement généralisé » de la presse.

Dans son communiqué intitulé « Il faut préserver la liberté de la presse, mais attention », Jacques Alain Bénisti écrit :

« La liberté de la presse s’arrête là où commence la liberté d’opinion ou d’expression. Franchir cette limite risque de la rendre vulnérable. Aujourd’hui les médias travaillent dans de telles conditions d’urgence et de course infernale au scoop qu’ils en oublient certains principes fondamentaux ».

Ce brave homme ignore certainement – ou feint d’ignorer – que la charte déontologique de la presse a été rédigée dès 1918. De nombreuses précisions ont été apportées à celle qui est en vigueur actuellement, partie intégrante de la Convention collective des journalistes qui a force de loi.

http://www.acrimed.org/article30.html

http://www.snj.fr/article.php3?id_article=65

charte des devoirs du journaliste professionnel, annexée à la Convention collective

Un journaliste, digne de ce nom,

–  prend la responsabilité de tous ses écrits, même anonymes ;

–  tient la calomnie, les accusations sans preuves, l’altération des documents, la déformation des faits, le mensonge pour les plus graves fautes professionnelles ;

–  ne reconnaît que la juridiction de ses pairs, souveraine en matière d’honneur professionnel ;

–  n’accepte que des missions compatibles avec la dignité professionnelle ;

–  s’interdit d’invoquer un titre ou une qualité imaginaires, d’user de moyens déloyaux pour obtenir une information ou surprendre la bonne foi de quiconque ;

–  ne touche pas d’argent dans un service public ou une entreprise privée où sa qualité de journaliste, ses influences, ses relations seraient susceptibles d’être exploitées ;

–  ne signe pas de son nom des articles de réclame commerciale ou financière ;

–  ne commet aucun plagiat, cite les confrères dont il reproduit un texte quelconque ;

–  ne sollicite pas la place d’un confrère, ni ne provoque son renvoi en offrant de travailler à des conditions inférieures ;

–  garde le secret professionnel ;

–  n’use pas de la liberté de la presse dans une intention intéressée ;

–  revendique la liberté de publier honnêtement ses informations ;

–  tient le scrupule et le souci de la justice pour des règles premières ;

–  ne confond pas son rôle avec celui du policier.

Paris, Juillet 1918 – révisée en janvier 1938

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Université : se souviendra-t-on du printemps à l’automne ?

30+01:00p30+01:0006bdim, 07 Juin 2009 10:09:30 +0100+01:00 9,2008

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

La presse a diffusé comme un bulletin de victoire « Toulouse le Mirail s’est rendu .» C’était la dernière université bloquée par les étudiants. Le gouvernement a crié victoire, puisqu’aucune opposition parlementaire assez puissante ne peut contrecarrer ses desseins.

Mais, qu’on ne s’y trompe pas. Le problème reste entier. Le problème de la méfiance quasi viscérale de la jeunesse étudiante à l’encontre du Président et de son gouvernement incarné par la ministre de l’enseignement supérieur, Valérie Pecresse. Parmi les questions qui restent pendantes, la mastérisation.

Philippe Mahrer, directeur du Collège des Ingénieurs et membre de la Commission université emploi, estime que la volonté de transformer cette mastérisation a fait basculer les étudiants – surtout des étudiantes – dans un mouvement lancé par les profs.

Parce que la formation des maîtres se joue dans les facs de lettres, et qu’elle concerne essentiellement les filles : d’après Mahrer, elles représentent 80 % des enseignants du Primaire, et 70 % dans le Secondaire. Le Mirail, la Sorbonne et les autres fac en pointe de la grève étaient des fiefs de futures enseignantes révoltées qu’on escamote leur période de formation en alternance – via la « masterisation ».

Puis, comme souvent chez les étudiants, le mouvement a basculé dans une revendication plus large comme en témoignent des grafs comme « Grèce générale » et « rave générale » Comme je l’ai déjà relevé, dans « Le Monde » du 2 juin, Valérie Pécresse reconnaissait les erreurs commises après le vote, relativement facile, de sa loi LRU en 2007.

Si le gouvernement semblait sincèrement décidé à revaloriser l’université, la façon de s’y prendre a blessé la fierté des universitaires. Des universitaires depuis toujours malmenés par des gouvernants d’une rare lâcheté à l’égard des problèmes de l’université, le non financement de sa démocratisation, d’où un énorme taux d’échec qui avait fini par faire rimer fac avec chômage, ont été autant d’impressionnantes formes d’un mépris devenu, sur la durée, un ferment d’explosion. Avec pour conséquence un immense « mal français » : l’enseignement supérieur à deux vitesses, composé de deux parties : université et grandes écoles.

Le pouvoir semble considérer que si les universités ne marchent pas, ce n’est pas grave : la fabrique de professionnels et d’élites dans les Grandes Ecoles, elle, tourne à plein. Cette question a été vaguement posée, le gouvernement a ramené l’ordre dans les facs sans y répondre. On n’aime jamais les étudiants d’université et leurs profs : pourquoi se mêlent-ils donc toujours de râler ?

Le seul à bien s’en tirer est Richard Descoings. En refusant toute possibilité de devenir ministre, le patron de Sciences PoI a été digne. Il a rendu le rapport sur les lycées qui lui avait été commandé, il s’est ensuite retiré dans son école, avec ses jeunes déjà élites avant l’heure. Mais dont il avait entr’ouvert la porte aux jeunes « méritants » issus des établissements difficiles.

Enseignement : plus jamais sans internet

26+01:00p31+01:0005bjeu, 21 Mai 2009 09:09:26 +0100+01:00 9,2008

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

Le numérique est désormais au cœur de la révolution dans l’enseignement.

Toute avancée vers une réforme de l’éducation semble vouée à l’échec.
Tant de ministres se sont déjà heurtés à un mur quand ils ont voulu aborder la question.

Je me souviens… Je tournais un documentaire de fond pour le magazine « Vendredi » – FR3, 1976 – , il fallait en 52 minutes tordre le cou à la C.lection par les Maths, un thème cher à la pédagogue Stella Barruch. Avant, il y a eu Fontanet, après Haby, Devaquet, Jospin, Allègre… Maintenant Darcos. Tous arrivés avec la volonté de réformer, la plupart partis avec la queue entre les jambes. Réformer, réformer, laisser son nom accolé à une réforme. Prétendre bâtir un futur meilleur grâce à la réforme de l’enseignement.

Ils se cassent tous les nez.

« Normal, lâche sur un ton désabusé un inspecteur d’académie. Le monde de l’Education nationale est allergique à toute réforme. »

Alors on continue, va comme je te pousse. On continue face à des lycéens et des étudiants qui semblent n’en avoir rien à cirer.

Les réformes passent…

Comme dans l’univers de Dino Buzatti, les réformes passent sans qu’on s’avise que la vraie réforme est arrivée toute seule. Arrivée et appliquée sans tambour ni trompette. Les prof s’en aperçoivent, certes, mais sans pouvoir déterminer de quoi il s’agit. Pourquoi les gamins et les jeunes qu’ils sont censés instruire ne semblent guère concernés par l’enseignement traditionnel qui leur est délivré.

Ils ne semblent pas concernés, et pourtant, quand on les interroge, on s’aperçoit qu’ils savent. Ils sont parfaitement au courant du monde. Monde culturel de leur musique, de leurs bouquins ; mais aussi monde économique, monde politique. Quand vous parlez avec eux, rien de notre monde à nous ne paraît leur échapper. Alors que nous ne savons rien d’eux.

Loin de l’image de brutes épaisses et ignares qu’on veut leur coller, ils manifestent des connaissances encyclopédiques bien que parfois pour le moins désordonnées. D’où tirent-ils leurs connaissances ?

Observez-les d’un peu plus près. Evidemment, pas de journaux dans les mains. Peu de livres. Mais le casque sur les oreilles. Dans le casque, il y a la musique diffusée par un lecteur MP3, mais aussi la radio. Et, beaucoup plus souvent qu’on l’imagine, des programmes à vocation de connaissances relayés par une radio ou l’autre, ou tout simplement enregistrés grâce à une clé USB.

Maintenant, avec leur I.pod ou leur blackberry, ils ont accès à jet continu à l’information.

Leur monde n’est plus votre monde. Vous avez été élevés dans le culte du Livre, de l’Ecrit, eux ils s’en fichent. Ils sont passé dans un autre univers, l’univers virtuel du son et du numérique.
Et d’internet.

Ils passent des journées entières non dans les arbres, mais devant leur ordinateur, ou le regard ancré sur le mini écran de leur I.Pod.. Pour tchatcher, certes, mais aussi pour chercher, chercher en encore, assouvir un incroyable besoin de connaissances.

D’ailleurs, même topo à l’Ecole, au collège. Les gamins savent tous dépanner les outils informatiques de grand père ou de Grand Maman. Ils dépannent, parce qu’ils pratiquent.
Comme l’observe Christian Bonrepaux dans Le Monde ( 15 avril),

« du primaire à l’enseignement supérieur, rares sont aujourd’hui les établissements qui ne sont pas connectés à Internet. Les technologies de l’information et de la communication pour l’enseignement.(TICE) permettent d’ores et déjà de rendre transparents les murs de l’école. L’ordinateur et Internet permettent l’irruption du monde dans la classe. Ce n’est pas une image : les cours de géographie, en primaire ou dans le secondaire, suscitent un intérêt renouvelé de la part des élèves depuis que les enseignants leur font utiliser le logiciel Google Earth. Ils se sentent les maîtres d’une planète dont ils peuvent faire apparaître un détail sur l’écran de leur ordinateur. »

Je me souviens d’avoir visité une « bibliothèque » à Cortez. une ville du Nouveau Mexique, une très belle bibliothèque, mais presque sans livres, on ne voyait que des écrans sur les tables.

Du coup, le statut du prof change de façon radicale. Tapi derrière sa chaire, debout devant le tableau noir, dominant la classe sur l’estrade, hier il était maître après Dieu de tous les savoirs, il monopolisait la pédagogie, le voici ravalé au rang de conseillers de ces jeunes gens.

« Il devient celui qui valide les recherches, aide à repérer les sources dignes de confiance, développe l’esprit critique d’élèves qui travaillent en groupes. L’école s’étend hors les murs. Les interventions de l’enseignant se multiplient en dehors du temps scolaire : via l’espace numérique de travail (ENT) – un espace Internet commun à tous les intervenants de l’établissement scolaire -, il fait parvenir des documents à ses élèves, leur donne à faire des exercices. Quand l’enseignant les reçoit, il les corrige et les renvoie annotés […] Les technologies actuelles semblent donner raison au discours tenu il y a dix ans annonçant, avec l’ère du numérique, la fin de l’enseignement traditionnel, l’éclatement de la classe, et la disparition du découpage de la semaine en juxtaposition de séquences horaires non poreuses entre elles […] Dans chaque établissement du secondaire, deux ou trois enseignants innovants, sous le regard poli de leurs collègues, développent, à grand renfort de travail personnel et quand rien ne les y oblige, des séquences de cours sur ordinateur auxquelles leurs élèves ont également accès de chez eux. »

Avant de laisser à d’autres le soin de décrire ce nouveau monde, je voudrais m’arrêter sur un exemple saisissant de transmission du savoir. Alors qu’il dirigeait le centre pénitentiaire de Nantes, Yves Jego s’était inquiété de l’illettrisme massif parmi les détenus. Aucun moyen ne semblait opérant pour remédier à cette situation. Avec ses collaborateurs, il a imaginé de se passer des moyens traditionnels, de « faire l’impasse » sur l’apprentissage traditionnel. Tous les détenus se sont vus proposer un apprentissage direct de la lecture et de l’écriture au moyen d’ordinateurs. Plus de plume, plus de crayon, plus de BaBa, mais l’usage direct du clavier. Et la méthode a réussi.

J’en tire une conséquence fondamentale, incontournable en matière de pédagogie, d’organisation de l’enseignement, et, de par le fait, pour la conception d’une nouvelle forme de transmission du savoir. Une nouvelle voie qui doit guider toute réforme du monde scolaire.

Il paraît vain, et même risible, de s’attacher à organiser des cycles, des filières, des cours plus ou moins magistraux. De réfléchir au statut de l’enseignant. Le grand problème à résoudre est désormais l’encadrement des connaissances et non plus leur transmission. Malgré tous les efforts de technocrates, aucune « réforme » de l’enseignement n’aura la moindre chance de s’imposer si, d’abord, elle ne s’attaque pas de front à cette nouvelle réalité. Aucun enseignement ne pourra se passer du monde numérique. Et comme l’observe une de mes correspondantes appartenant elle-même au monde scolaire, « les profs ont intérêt à se bouger. »

Il y a une trentaine d’années, quand la télévision a commencé à se répandre dans les foyers, les enseignants sont montés au créneau pour dénoncer cet outil d’abétissement majeur. La télé, prétendaient les profs, empêchaient les gens d’apprendre. Or il s’est passé exactement le contraire.

On estime même que la télévision a été un vecteur fondamental pour la modernisation des intérieurs, pour le confort sanitaire, entre autres. Le modèle d’intérieurs popularisé par la télévisions’est imposé, contre l’obscurantisme d’autrefois.

Désolé, c’est un peu long pour un texte de blog, mais impossible d’être plus bref. Et j’attends vos réactions.

MIVILUDES : Les Sectes dans le collimateur

02+01:00p31+01:0005bmar, 19 Mai 2009 10:37:02 +0100+01:00 9,2008

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

Le chiffre est stupéfiant : selon Georges Fenech, le président de la Miviludes, la Mission interministérielle de Vigilance et de Luttes contre les dérives sectaires, 5000 enfants seraient privés de l’accès à l’école par leurs parents, adeptes des sectes.
Cette situation est la principale préoccupation manifestée dans le rapport remis lundi soir au Premier ministre par Georges Fenech.
Fennech 1Pour mener à bien son travail, la Mission a eu largement recours aux différents ministères qui participent à l’action contre les dérives sectaires. En tout premier lieu le ministère de la Santé, particulièrement inquiet de la prolifération des pseudos psychologues qui promettent monts et merveilles à des malades atteints de maladies graves, parmi lesquelles les cancers. Jusqu’à des promesses de guérison assurée, sans traitement.
La Mission évoque ainsi « une explosion de la bulle psy accompagnée de nombreuses déviances ».
« Il est raisonnable d’estimer l’impact des pratiques psychothérapeutiques à environ 12 millions de personnes », souligne la Miviludes. 25 à 30% ne seraient pas diplômés
Or, selon ce même rapport, 25 à 30% de ceux qui se disent psychothérapeutes ne sont ni psychiatres, ni psychanalystes, ni titulaires d’un diplôme de psychologue.
« Ils se réclament de disciplines diverses et ont des parcours de formation hétérogènes », note la Miviludes.
«La Miviludes n’a pas d’équivalent en Europe. Mais je m’active beaucoup en ce moment pour qu’un vaste programme sur les dérives sectaires soit lancé à l’échelle de l’Union. Il pourrait être abrité par l’Agence européenne des droits fondamentaux.» A l’échelle nationale, l’ancien juge d’instruction se félicite qu’en France, «on est passé de la phase de dénonciation à la phase d’action». A Matignon, dans les prochains jours le Premier ministre, François Fillon, rendra un arbitrage au sujet de la création d’une cellule d’assistance judiciaire contre les sectes. Composée de chercheurs spécialisés, elle serait mandatée pour épauler policiers et magistrats travaillant sur des dossiers dans lesquels des mouvements sectaires apparaissent. Si François Fillon valide le projet, le lobbying antisecte de la Miviludes enregistrera un premier succès.
Miviludes rapportLe conflit avec la Scientologie risque de s’envenimer : Le 25 mai va s’ouvrir devant le tribunal correctionnel de Paris un important procès où l’Eglise de Scientologie est poursuivie en tant que personne morale par plusieurs personnes se considérant comme victimes de pratiques sectaires déviantes. La Miviludes attend d’une condamnation un sérieux coup de frein aux pratiques qu’elle dénonce.

Des réactions virulentes

Il fallait s’y attendre, les réactions à mon papier sur rue89 sont violentes, dans la ligne des contre-offensives menées par les entreprises sectaires.

Je ne les reprendrai pas.

En revanche je republie dans mon propre blog deux commentaires qui complètent utilement mon propos :

De J-BILLAUDEL, qui se qualifie lui-même de « retraité subversif « |

rue89 10H57 | 19/05/2009

Le sujet fait surface de temps en temps mais les faits ne sont pas nouveaux. Les Etats-Unis exploitent « le marché » comme ceux de la santé, de la misère et de la mort. Quand pour le profit de quelques uns tout est « marché » le risque est grand en période de grande incertitude économique de voir ces « charlots de Dieu » progresser.
Secte direz-vous…. secte ici mais pas là. En France il y a des « représentations » nombreuses de sectes américaines qui ici recoivent par la grâce du « chanoine du Latran » autorisation cultuelle.
Que dire de ces « écoles du Dimanche » empruntées au culte protestant… par des groupes qui n’ont rien de Chrétien même s’ils se disent « Christian » et de faux scientifiques qui se disent « Scientist ». Ils ont dans divers pays des « professeurs » et des « praticiens » qui ne sont que des zozos déguisés en psychothérapeutes d’opérette. Ils ont des écoles et laissent mourir des enfants sans soins…. Quand c’est au U.S.A. où ils sont nombreux des réactions avec des actions judiciaires sont possibles. En France quand ces groupes n’ont que quelques centaines de membres essentiellement anglophones ils ont la bénédiction du pouvoir politique actuel.

Le problème reste entier depuis des décennies…. et le marché est prometteur en prévision de la misère que génère un capitalisme sans foi ni loi.

D’un anonyme qui se déclare « honnête homme »rue89 15H58 | 19/05/2009

A la lecture de la majeure partie de ces commentaires, je conclus que :
1- La Miviludes, c’est un nom ridicule.
2- Son président n’est pas net, il a maille à partir avec la justice.
3- Tout cela est orchestré par les cathos, et par l’ADFI, véritable secte, elle (air connu).
4- de toute façon toutes les religions sont dangereuses, on essaie juste de nous distraire avec ces sectes.
Bien peu de riverains semblent inquiétés par le véritable danger que représentent les mouvements sectaires pour les libertés et les institutions ! Il y a pourtant de quoi être effrayé, qu’il s’agisse de petits groupes sous l’emprise d’un gourou ou de grandes organisations comme la Scientologie, mais aussi les témoins de Jéhovah.

En ce qui concerne les casseroles de Fenech, c’est en effet regrettable, mais c’est dommage que cela occulte le travail de cette commission, qui s’attaque a des lobbys très puissants. Rappelons qu’après avoir épinglé l’OSCE, la Miviludes a aussitôt été contrôlée par des inspecteurs de ce même organisme, suspect d’infiltration par la Scientologie (Libération du 18 mai).

Débattre sur le ridicule des croyances des sectes comparé à celui des religions « établies », c’est se tromper de cible, le problème n’est pas le contenu des croyances mais uniquement les pratiques : manipulation mentale, escroquerie, atteintes aux libertés. C’est à l’aune de ces pratiques que l’on peut juger de l’aspect sectaire d’un mouvement, qu’il soit religieux, spirituel, commercial ou politique.

Sectes : prolifération

21+01:00p31+01:0005bmer, 13 Mai 2009 11:35:21 +0100+01:00 9,2008

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

500 000 Français seraient affectés par les dérives sectaires, qui touchent en particulier les départements d’Outre mer et désormais les franges de l’Eglise catholique ; 60 000 à 80 000 enfants se trouveraient emprisonnés dans le système. 2900 gourous et/ou para psychologues séviraient en France. Un secteur semble contaminé de façon inquiétante, pourtant déjà souvent dénoncé : la formation professionnelle continue assurée par des associations mal identifiées, mal contrôlées.

Telles sont quelques unes des révélations de George Fenech, Pdt de la MILIVUDES – Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires – qui va publier son rapport annuel le 19 mai.

Ce magistrat en charge de la Mission compte renforcer son action. Notamment en établissant un répertoire précis et complet de toutes les intiatives et actions à caractère para psychologique lié aux sectes.

Fenech rappelle que l’action engagée par la France reste fortement critiquée tant aux Etats-Unis qu’en Europe du Nord qui considèrent que en engageant cette lutte la France contribuerait à restreindre le champ des libertés individuelles. Les reproches portent aussi sur le caractère par trop administratif et répressif de la MILIVUDES.

Et pourtant, révèle Georges Fenech, la MILIVUDES a été créée après le « scandale » provoqué par la réception de Tom Cruse par Nicolas Sarkozy, alors ministre des Finances.

Des responsables de l’Eglise de Scientologie vont de nouveau comparaître en justice à partir du 25 mai. Et, en mars dernier, le pasteur de cinq églises réparties entre les Antilles et la Guyane a été interpellé avec  huit personnes de son entourage, et mis en examen abus de confiance et abus de faiblesse et  détournement d’un montant de 800 000 euros. Et en 2010 se tiendra à Paris une Conférence internationale consacrée à l’étude des circuits financiers utilisés par les organisations sectaires.

Ce travail de prévention formidable doit être d’autant plus souligné que en tant que magistrat, Georges Fenech continue à critiquer de façon virulente toutes les actions de prévention de la délinquance engagées avant l’arrivée de Nicolas Sarkozy à la Présidence de la République

L’hebdomadaire l’Express consacre un gros dossier à la Scientologie, enquête sur la secte qui fait peur

La manif en rose et mauve, pour nos bébés

33+01:00p31+01:0005bmer, 06 Mai 2009 07:38:33 +0100+01:00 9,2008

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

C’est l’une des plus jolies manif, une des plus sympathiques… Toutes en mauve, en rose, en bleu.

p1040070A l’occasion de la Journée Internationale de la Sage-femme, mardi 5 mai professionnel(le)s et étudiant(e)s, venus de toute la France, 3.000 sages-femmes ont défilé à Paris pour la reconnaissance de leur formation.

p1040072
L’Association nationale des étudiants sages-femmes (Anesf) et l’Organisation nationale des syndicats de sages-femmes (Onssf) avaient appelé à un rassemblement national dans les rues de la capitale. Le cortège est parti de la place de l’Odéon vers 13h pour rejoindre le ministère de l’Enseignement supérieur.
Les sages-femmes réclament une meilleure reconnaissance de leur profession, compétences et attributions. Elles demandant notamment que le cursus scolaire des étudiants s’inscrive dans un parcours universitaire « au même titre que les autres professions médicales ».

On ignore en général que la profession de sage-femme – pourune fois les hommes sont inclus au féminin – manque cruellement d’effectifs alors que la France est le deuxième pays le plus prolifique d’Europe. Juste après l’Irlande, mais bien avant tous les pays cathos latins.

Université : ils tournent

48+01:00p30+01:0004bsam, 11 Avr 2009 15:37:48 +0100+01:00 9,2008

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

Depuis des jours, depuis des semaines, ils tournent sur la Place de l’Hôtel de Ville, à Paris. Ils sont plusieurs dizaines à se relayer. Quelquefois ils sont seulement quelques uns comme ce midi, un « samedi de Pâques », en pleines vacances. Parfois jusqu’à 200. Ils sont enseignants-chercheurs, universitaires, mais aussi de simples usagers de l’Université. Ils entendent tourner jusqu’à la solution du conflit ouvert à propos des mesures prévues par Valérie Pécresse. « Ma Pécheresse » selon le mot féroce d’un de mes amis.

Erreur
Cette vidéo n’existe pas

Ces universitaires  ont pris comme modèle les « Folles de mai », ces épouses et mères des disparus en Argentine qui ont tournée pendant des années devant la Casa Rosada à Buenos-Aires, pour obtenir des informations sur les disparus de l’ère des colonels.

reportage et images : Ph. Madelin

Un journaliste au Lycée

56+01:00p31+01:0003bsam, 28 Mar 2009 19:38:56 +0100+01:00 9,2008

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

Dans le cadre de la Semaine de la Presse, les élèves de Première et terminale du lycée Geoffroy Saint Hilaire à Etampes m’ont reçu hier avec chaleur. Le proviseur, M. Michalak leur avait promis un professionnel sans langue de bois. Mes lecteurs savent que je suis assez libre dr propos.

Il étaient plus de cent dans l’amphi. Autant de garçons que de filles. tous bien modernes, mais aussi bien sages, attentifs. On a tort de dire du mal des jeunes : ils sont sympathiques et ouverts.

Tous les aspects du métier sont passés à la moulinette des questions. Et quand on est une femme, a-t-on autant de chance ? Et comment gère-t-on sa vie de famille et sa vie de journaliste ? Et comment entre-t-on dans le métier ?

En bref les questions pratiques habituelles. Qui me permettent toujours de dissuader ceux qui rêvent d’être journaliste… de rêve, genre PPDA, pour leur rappeler que c’est un métier de « soutier de l’information », mal payé. Ceux qui me connaissent n’ignorent pas que je suis maintenant un modeste retraité faute d’avoir gagné beaucoup de pognon dans ma vie.

Pour ces jeunes, l’essentiel était ailleurs : liberté de la presse ? Liberté par rapport aux actionnaires des journaux ? Liberté par rapport aux hommes politiques ? quelle est la place des manipulations et des journalistes et des journaux ?

Ces questions politiques tournant autour de la crédibilité des journaux et des journalistes étaient la principale préoccupation de ces jeunes. Beau signe de maturité. Et au terme de la discussion, cinq ou six d’entre eux m’ont encore dit qu’ils avaient toujours envie d’entrer dans la carrière. Bonne route.

Université : encore plus de contestation, et le 19 mars dans la rue

09+01:00p31+01:0003bmar, 17 Mar 2009 17:51:09 +0100+01:00 9,2008

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

Demain, 19 mars, les enseignants du Supérieur vont de nouveau se joindre à la masse des salariés appelés à défiler.
Il faut dire que le torchon brûle toujours : la Coordination nationale des universités (CNU) se déclare « choquée », mardi 17 mars, par l’attitude de mépris, voire de provocation des ministres de l’Education Xavier Darcos et de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Valérie Pécresse, et demande « leur démission ».
Au cours d’une réunion en présence de 300 délégués à Dijon, la CNU a « dénoncé les manquements graves à l’éthique que constituent les mensonges répétés de Xavier Darcos – sur l’allongement de la formation des enseignants – et de Valérie Pécresse – sur les budgets – et demande leur démission ».
De toute façon, la coordination rallonge la sauce : elle réclame que « aucun salaire en dessous de 1.500 euros net, et en prime un plan pluriannuel d’embauche et la fin de la précarité ».
La Coordination recommande la multiplication d’actions coups de poing comme « les blocages ponctuels des voies et les intrusions dans les gares » SNCF et « les opérations péages gratuits » d’autoroutes. Elle annonce le principe d’une nouvelle manifestation  nationale le 26 mars.
Regroupant des enseignants-chercheurs, des personnels administratifs et des étudiants, la Coordination est l’un des principaux mouvements opposés aux réformes dans l’enseignement.
Je rappelle les trois grands axes qui animent les enseignants universitaires : refonte du décret Pécresse réformant le statut des enseignants-chercheurs ; la réforme de la formation et du recrutement des enseignants du premier et du second degré – dite « mastérisation – qui concentre désormais tous les griefs ; les suppressions de poste dans l’enseignement supérieur.
Le gouvernement semble avoir quelque peu reculé sur le décret Pécresse, mais les avancées n’apparaissent pas suffisantes aux enseignants pour que se calme le mouvement.
N’ont pas arrangé les choses les déclarations de Claude Guéant – le Secrétaire général de l’Elysée qui est ici la voix de Mon Président Sarkozy – estiment que la nouvelle version du décret « sera peu différente de celui qui a été mis sur la table ».

Diffamation : la fin des règlements de comptes ?

32+01:00p31+01:0001bjeu, 08 Jan 2009 11:21:32 +0100+01:00 9,2008

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

Une partie du discours prononcé par Nicolas Sarkozy mardi semble avoir échappé à la sagacité des polémistes : il a proposé de mettre à la poubelle une des plus vieilles mesures visant la liberté de la presse, la diffamation. On oublie trop souvent qu’il s’agit d’une infraction pénale, contravention lorsque la diffamation est proférée dans un cercle privé (ou dans des écrits non rendus publics), délit dans toutes les autres circonstances. Qui dit délit, implique des poursuites devant le tribunal correctionnel. Avec cette particularité que le diffamateur est tenu pour coupable par définition, c’est-à-dire qu’il doit démontrer qu’il a raison, apporter la preuve de ses allégations. Il ne suffit pas que le diffamé n’aie pas raison.

Cette infraction pénale a été créée par la loi de 1881, dite de liberté d’expression ou liberté de la presse. Elle donne lieu chaque année à des ribambelles de procédures judiciaires, accompagnées de force invectives. Un climat qui n’honore pas  le monde de la presse française. Et qui a donné lieu à un grave dérapage dans la récente affaire de Fillipis, l’ancien directeur de Libération, où on a vu la juge d’instruction Muriel Josié décerner un mandat d’amener dans une affaire de diffamation tout à fait modeste. La mesure était manifestement disproportionnée. D’où, sans doute, la réation de MBAOP qui a intérêt à mettre les journalistes de son côté à un moment où sa gestion politique est difficile.

Une condamnation pour diffamation entraîne automatiquement un recours devant les tribunaux civils pour fixer le montant des réparations dûes pour compenser le préjudice subi. Si je comprends bien, malgré l’absence de détails, seule serait maintenu le principe d’une indemnisation de droit civil, avec suppression totale de l’aspect pénal. Cette modification du droit pénal de la presse proprement révolutionnaire mettrait un terme aux règlements de comptes féroces qui entourent les affaires de diffamation.

En revanche, il ne semble pas question de revenir sur la législation prohibant les injures et la calomnie, qui relèveraient toujours du droit pénal. La diffamation s’analyse comme la publication d’informations non prouvées, tandis que l’injure vise tous les propos malséants, qu’ils visent juste ou non, d’ailleurs.

Tous mes anciens étudiants et les jeunes que je conseille doivent suivre avec attention l’évolution de la situation, et rester toujours aussi prudents. Un procès en diffamation n’est jamais que la manifestation d’un échec, ce n’est jamais une gloire.

Bauer, résultat de mission

11+01:00p31+01:0005blun, 26 Mai 2008 09:24:11 +0100+01:00 9,2008

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

Conférence Bauer 26 mai 2008

L’AA-INHES a pris l’initiative de demander au criminologue Alain Bauer de nous (les associations d’auditeurs de l’INHES et de l’IHEDN) présenter les principaux éléments de son rapport remis le 20 mars 2008 au Président de la République. Intitulé « déceler-étudier-former : une nouvelle voie pour la recherche stratégique »,  ce document est le résultat de la mission qui lui a été confiée d’analyser les problèmes posés par le rapprochement entre les différents instituts de recherche sur la sécurité. Il est prévu que la réforme entre en vigueur le 1er janvier 2010.
Christian Frémaux a proposé à Bauer de restituer cette réforme dans le cadre plus vaste des nouvelles menaces, et de l’évolution de la donne géopolitique, donc des nécessités de la formation et de la recherche stratégiques.
Conjointement parrainée par l’Association des Auditeurs de l’INHES et l’Association des auditeurs de l’IHEDN, la conférence s’est déroulée devant un large public issu des deux associations d’Auditeurs, le 26 mai dans l’amphithéâtre Des Vallières de l’Ecole militaire, en fait dans les locaux affectés à l’IHEDN.
La présence du général de corps aérien Laurent Labaye, directeur de l’IHEDN, et de Pierre Monzani, directeur de l’INHES, du Président Notton pour l’Association des auditeurs de l’IHDN, et de Christian Frémaux pour l’ANA-INHES a souligné combien les uns et les autres accordaient de l’importance à ce qui doit être une petite révolution.
Avec son bagout et son sens de la formule parfois rude, Alain Bauer a remis les pendules à l’heure quant à l’évolution de sa mission : malgré quelques combats d’arrière-garde, elle ira à son terme.

Non content d’agacer parce qu’il parle clair et net, Alain Bauer a de la suite dans les idées, ce qui peut donner l’impression qu’il se répète. Il réfléchit, sans pour autant revendiquer la direction de l’action. Depuis son rapport de mars dernier, il ne cesse d’insister sur la nécessité d’un Conseil national de sécurité. C’est ce qui fait causer. Et, justement, il estime indispensable de causer.
Pour avancer, il suit sa propre méthodes. Premier pas de cette méthode : tenter de savoir ce qu’on veut. Il soutient que la réponse fondamentale est quasiment unique : le décèlement précoce des risques. Une idée presque devenue une obsession.

« Depuis la fin de la guerre froide, note-t-il en préambule de son rapport, le terrorisme et le crime organisé ont connu une mutation, une mondialisation, et des hybridations telles qu’ils débordent largement du cadre statique et rétrospectif où ils s’étudiaient hier. Désormais irriguée par le concept de « sécurité globale », une nouvelle pensée stratégique se doit d’intégrer défense nationale, sécurité publique, protection des entreprises ou sécurité des entreprises. Il s’agit désormais de passer de la défense globale à la sécurité globale,sans oublier que la guerre, quelque forme qu’elle prenne, se gagne d’abord par la volonté politique et le soutien de la Nation. »

Il faut apprendre à gérer les crises. A quoi ça sert ? Un exemple, la crise du voilier Le Ponant, arraisonné au large de la Somalie par des pirates. Elle a été remarquablement gérée, à ceci près que certains processus ont mal fonctionné.
Mais quelle crise apprendre à gérer ? Celle d’hier ou celle de demain ? Celle du modèle en reproduction permanente des crises connues par le passé ? Il s’agi( désormais d’affronter non ce qui s’est passé hier, mais ce qui est nouveau.
A l’orée des travaux, une ultime interrogation : peut-on simuler d’autres formes de crises ? Comment anticiper ? Comment déceler de façon précoce des crises qui ne se sont jamais produites ?
Une bonne recherche doit être ainsi précédée par de bonnes questions. Il ne peut s’agit de répondre à des questions dont on connaît déjà la réponse.

Plutôt que de se référer à sa propre vision des choses, et aux considérations individuelles des experts, Bauer a incité les membres de sa commission à procéder à de larges auditions collectives.

« Parce que, constate-t-il quand on est seul on a tendance à se replier sur la langue de bois. En groupe, une stimulation s’installe, on parle plus vrai »

Son propos n’a pas évolué en soi depuis la remise du rapport de mission. Mais Bauer précise certains points avec vigueur :
Son premier constat : on exploite très mal l’existant, faute de le prendre en considération tant au niveau des enseignants et des chercheurs qui manquent de visibilité nationale et internationale que des auditeurs qui ont participé aux sessions des quatre instituts publics, l’IRHES, le CHEAM, l’IHEDN et INHES, ils se sentent inutiles et abandonnés, alors qu’il y a là un formidable réservoir de compétences. On peut imputer à l’Administration la responsabilité de cette déshérence dans la mesure où le passage par la formation supérieure dans les Instituts n’est pas considéré comme un atout majeur pour la Nation. Si les auditeurs en provenance du privé sont souvent excellents, l’Administration a tendance à n’envoyer en formation que des « bras cassés ».
Au demeurant, son appréciation du contexte est sévère : la stratégie n’est plus le privilège des militaires, martèle Bauer,  tout n’est pas militaire. A l’heure actuelle il n’y a pas de gestion de crise mutualisée et pas plus d’espace spécifique physique, aucune structure institutionnelle.
Bien qu’il ne soit pas encore en place, le conseil de sécurité intérieure  indispensable apparaît plus indispensable que jamais pour conseiller le Président sur ses choix stratégiques, et pour relancer la recherche stratégique fondamentale.
Et surtout, déplore Bauer, on doit constater une crise majeure de la pensée stratégique, aussi bien du côté des militaires que des civils. Pour étayer ce diagnostic sévère, il souligne que cette crise, si elle est patente en France, elle n’est d’ailleurs pas spécifique à notre pays. On n’a plus conceptualisé la pensée stratégique. Or, avant la deuxième guerre mondiale, cette pensée était d’une immense richesse. Pourquoi cette pensée s’est-elle effondrée ? L’orateur l’impure à quatre facteurs :
A – La défaite de 1940, qui a été avant tout une défaite de la pensée stratégique, dans la mesure où les chefs militaires ont refusé de considérer les anticipations des stratèges.
B – Le désastre de Dien Bien Phu, essentiellement dû à une mauvaise appréciation des données stratégiques.
C – La Bataille d’Alger, remarquable exemple d’une bataille gagnée sur le terrain, mais perdue (d’avance ?) au plan stratégique.
D – Enfin et surtout le concept et le chois stratégique de dissuasion nucléaire qui a définitivement écarté toute possibilité de pensée et de recherche stratégique dans la mesure où la dissuasion était la réponse à tout.

Dès lors, les publications originales ont disparu, à l’exception de la Revue de la Défense nationale. Les militaires n’ont pas cessé de réfléchir, bien au contraire, mais ils ont cessé de publier, de s’exprimer publiquement. Ils sont même dissuadés de s’exprimer, c’est mauvais pour leur carrière. Même constat pour l’étranger : toutes les théories se sont effondrées. Voir situation en Irak ou Afghanistan.
Seule exception dans ce désert de la pensée : le travail mené sur la « surprise stratégique », laquelle se définit comme un ou plusieurs événements qui prennent une forme à laquelle nul n’avait jamais songé. Par exemple la chute du mur de Berlin, ou, mieux, l’attaque du 11 septembre 2001 contre le World Trade Center. Encore que plusieurs publications, dont un roman de Tom Clancy et un autre de votre serviteur aient raconté une attaque par avion fou l’une contre le Capitole à Washington, l’autre en 2000 contre l’Arche de la Défense . Comme l’idée était folle, donc improbable, comme en plus elle était exposée par des romanciers – des gens pas sérieux par définition, nul n’en a tenu compte. C’était impossible. C’est quasiment la définition de la surprise stratégique.

« Aujourd’hui, explique Bruno Tertrais, chercheur à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS) à Paris, la surprise est devenue un élément structurant du contexte stratégique.»

Le problème est que jusqu’à nouvel ordre, le monde occidental subit la surprise, il ne semble pas capable de l’initier. Il subit le fait que l’ennemi n’est plus l’ennemi comme on l’a défini et appris dans les écoles. L’ennemi n’existe pas au sens matériel du terme. En 2001, l’ennemi a changé de nature. Et d’ailleurs, qu’est-ce que désormais l’ennemi ? En face : pas de hiérarchie. Qui essaie-t-on d’éliminer ? Et d’expliquer dans un grand sourire :

« Jusqu’ici on vivait sur l’idée que ce qui est invraisemblable est impossible. Or l’impossible est dans le vrai, alors que le vraisemblable ne l’est pas forcément. Très au-delà des attentats terroristes, on a tout prévu sauf ce qui était considéré comme impossible : la crise alimentaire, la crise énergétique, la crise des suprimes, la crise de l’Eau. »

Donc il faut reprendre la réflexion à zéro. Se poser la question en inversant les données : quelle est la nature de la menace ?
Les pistes de réflexion sont cruciales pour la redéfinition des missions stratégiques : choisir de rester à la table des Grands – donc déceler, diagnostique, puis prévenir ou riposter – ou devenir une simple force supplétive.

Pour remplir cette vacuité de la pensée stratégique Bauer propose une réponse simple en deux volets : développer la recherche en l’associant à la formation continue. Il est indispensable de développer une thérapeutique, étant entendu qu’elle doit suivre le diagnostic et non le précéder.
Et, surtout, rapprocher, rassembler, regrouper, mutualiser les outils aujourd’hui dispersés. Une dispersion qui frise le soupoudrage, par conséquent contraire à l’efficacité.

Ce qui nous conduit à une double fusion des instituts de recherche sur la Sécurité : d’une part l’INHES (Institut des hautes études de la Sécurité) avec l’IRES, et, d’autre part l’IHEDN (Institut des hautes études de la Défense nationale) avec le CHEAR (Le centre des hautes études de l’armement). « Tout en conservant la spécificité de chacun », ajoute Bauer quui sait que pour emporter la conviction, il ne peut pas toujours frapper bille en tête.
Bauer trace un programme pour le moins ambitieux : les deux institutions doivent mettre en commun leurs corps enseignants, dans un but de domination culturelle. Mutualiser les documentations et les mises en ligne ; Multiplier les traductions, et pas seulement de l’anglais : regarder du côté de l’Inde, de la Chine, du monde hispanique. Disciplinariser des branches de recherche qui ne le sont pas : criminologie, polémologie, relations internationales, qu’on a complètement laissé filer alors qu’elles étaient toujours en français.
Et Bauer d’asséner :

« L’université a raté tous ses virages dans les sciences humaines, alors que les sciences dites exactes étaient préservées par le système des grandes écoles. »

Les attentes de formation, et l’absence de réponse, sont très frappantes. Par exemple, confrontée au phénomène du piratage, la marine nationale a un besoin urgent de formation criminelle. L’ENA attend une formation à la stratégie, l’Académie diplomatique du Ministère des Affaires étrangères a tout à apprendre sur la criminalité organisée.
Pour atteindre les objectifs, il apparaît indispensable avant tout d’institutionnaliser les réseaux. Voire créer avec les auditeurs une réserve citoyenne. Un espace où puisse se développer une réflexion pour anticiper les crises, même les plus farfelues. Le criminologue préconise la nécessité d’une conférence annuelle de la stratégie pour susciter les rencontres.

«  Nous devons apprendre à gérer les crises sans mentir comme ce fut le cas avec la catastrophe de  avec des formules : « on s’en occupe », on savait déjà, ce n’est pas un sujet de communication. Pour être crédible, l’Etat ne doit pas mentir. »

Ne reculant pas devant le paradoxe, Bauer donne comme exemple d’une bonne gestion de crise l’accident du Concorde à Roissy. On a été obligé de parler parce que tout se voyait. On a traité normalement l’affaire sans « tragédiser » à l’excès.

Pour donner un cadre institutionnel indispensable, on s’oriente vers un Etablissement public chapeautant les deux branches. Tout sera managé par le Conseil d’Etat, le Président de la République, le SGDG. La réforme devrait être mise en place pour le début juillet. Objectif : à la rentrée 2009 les Instituts nouveaux accueilleront de nouvelles générations d’auditeurs auprès des Redonner du lustre à l’institution de la recherche stratégique. Pour redorer tout le monde doit savoir que le passage est obligatoire. Nous suggérons d’imposer à tout haut fonctionnaire chargé de fonctions majeures, les généraux, les Inspecteurs et les contrôleurs généraux, de passer par la formation aux questions de défense et de sécurité mises en place
anciens, et ceci dans les deux branches.
Reste à déterminer les moyens pour attirer vers les formations à la Sécurité le secteur privé et les vrais cadres de la fonction publique Comment susciter une vraie représentation de la nation.

« Nous ne sommes pas là pour traiter des prés carrés sans tenir compte des réalités. Nous ne sommes pas des modérés. »

L’enjeu pour la Nation est d’affirmer sa présence ; sa survie intellectuelle et scientifique. Revenir au plan international. Il s’agit désormais de vivre pour la Nation, et non de la Nation