TF 1, sur le plateau et par le petit bout de la lorgnette…

Mon très cher ami Dominique M., l’avocat lyonnais, commente avec un humour très… lyonnais (bien qu’il ne soit pa lyonnais, mais il doit être contaminé), c’est-à-dire à froid les prestations des marionnettes présentes l’autre soir sur le plateau de TF 1. Une télé réalité par le petit bout de la lorgnette, nous explique-t-il.

S’il y en a un qui aurait dû se sentir dans son élément sur TF1 lundi soir, c’est bien Jean-Pierre Pernault. Car celui qui depuis des années, à treize heures, nous bacle en 5 minutes une catastrophe naturelle ou la crise mondiale, pour mieux nous parler pendant 25 minutes du dernier savetier du haut-Poitou, était servi .

Pensez : sur son plateau, une productrice laitière, un jeune de banlieue, un syndicaliste CGT d’un sous-traitant automobile, un retraité, un jeune entrepreneur, une infirmiere… et même, très accessoirement, un Président !

Chacun conviendra que choisir Jean-Pierre Pernault pour animer une émission politique ne va pas naturellement de soi. Sauf qu’en l’espèce il s’agissait d’une émission de proximité voire de télé-réalité. Mon Président dans le loft, au plus près des Français. Et cela, Jean-Pierre, il sait faire !

Enfin, des français, le Président n’a vu que quelques échantillons peu représentatifs. Choisis parce qu’ils avaient déjà fait l’objet de reportages sur TF1 et que le recyclage, comme la proximité, c’est furieusement tendance.

Un panel de Français, fort différents mais avec un point commun : tous étaient venus avec leurs problèmes personnels et avaient oublié de les laisser au vestiaire. Même ceux qui semblaient s’en sortir (un chef d’entreprise, une auto-entrepreneuse) étaient présents non pas pour délivrer un message d’espoir et de dynamisme, mais pour se plaindre. La France représentée par ces 11 geignards était aussi noire que le perfecto du syndicaliste au look de Florent Pagny de la fin des eighties. En voilà un qui a le look de ses idées, témoin d’une période qu’on croyait à jamais révolue.

Dès lors, personne pour poser les questions qui fâchent du genre «quelle vision avez-vous pour nous sortir de la crise ?» ou «est-il bien raisonnable de laisser filer autant les déficits publics ?»

Non, pour Nicolas Sarkozy, lundi soir, il ne s’agissait que de trouver un emploi à la jeune bac + 5 au chômage, parler Clio avec le cégétiste, réconforter l’artisan retraité en faillite, rassurer la productrice de lait, promettre de passer à l’hôpital de l’infirmiere… Nous avons tout juste échappé aux troubles du voisinage, qui auraient pourtant permis au Président de rebondir sur le thème de la sécurité.
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Mais comme le dit fort justement Eric Zemmour, pour une fois bien inspiré, dans sa chronique radiophonique de ce matin, à force de laisser tomber sa couronne à terre, le roi a du mal à la ramasser et à la remettre sur la tête.

Car aussi vrai que «de minimis non curat praetor», notre Président confronté à cette somme de cas particuliers, nous est apparu aussi peu à l’aise que pourrait l’être une poule devant un couteau. Et ses réponses ont surtout traduit son impuissance : « je veux La taxe carbone aux frontières, mais il faut que les autres pays européens soient d’accord,» «je ne peux pas empêcher les laitiers polonais de vouloir être auto suffisants ni de vendre leur production», «une voiture de marque française devrait être construite en France (mais je n’ai pas les moyens de l’imposer à Renault et encore moins à Peugeot), «oui, trouver du travail c’est difficile»…

Chaque fois que Nicolas Sarkozy tentait de s’extraire du cas particulier pour aborder une vision plus générale, c’était peine perdue.
Ainsi ce désespérant «tout ça c’est des chiffres» lancé par le cégétiste, entre deux regards haineux de bouffeur de patrons, à son Président qui tentait de lui expliquer la conjoncture économique.

Qu’en est-il ressorti ? Rien. Chacun de nos 11 « représentants » est reparti de son côté, se débattre seul avec ses problèmes exposés comme chez le psy, mais non résolus. Les téléspectateurs n’ont pas eu de réponse à leurs questions et ont toujours l’impression que ce gouvernement navigue à vue, en prenant des lois de pure circonstance.

Le Général de Gaulle s’est un jour exclamé: «comment voulez vous gouverner un pays où il existe 258 variétés de fromages ?» Le Grand Homme avait tout compris.

Car le plateau de Pernault sur TF1, lundi soir, c’était bel et bien un plateau de fromages.

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2 Réponses to “TF 1, sur le plateau et par le petit bout de la lorgnette…”

  1. Arold Says:

    Hier soir, sur France 3, dans l’excellente emission de Taddei un neurobiologiste a ose la comparaison avec une « psychotherapie de groupe »
    Ou chacun vient exposer ses problemes a celui qui doit les aider a les resoudre. Il precise sa pensee en disant que « souvent, celui qui a ete designe comme psychotherapeute est celui qui est le plus en souffrance »

  2. phmadelin Says:

    ES-tu certain que c’était hier soir ?

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