Archive for the ‘politique’ Category

Corse, régionales : vers une défaite des Sarkozystes ?

07UTCp28UTC02bFri, 05 Feb 2010 11:15:07 +0000UTC 9,2008

[Nicolas Sarkozy]  a fait le constat, sévère, de l’échec patent de la politique de sa majorité en Corse, particulièrement lorsqu’il a évoqué le Padduc, le PEI et le développement durable. Au point même qu’il a fait en sorte de proposer un autre candidat à la présidence de l’exécutif.

bastia-paul-giacobbi-nicolas-sarkozy-a-reconnu-que-son-equipe-a-failli

Avec ce constat spectaculaire dans une longue interview publiée ce matin dans Corse-Matin, Paul Giacobbi se pose en leader de la gauche. Bien décidé à remporter la victoire. Contrairement aux impressions données lors du récent voyage entrepris par le Président en Corse, le leader du PRG ne paraît guère disposé à rejoindre la majorité présidentielle. Ceci malgré les divisions persistantes et récurrentes entre les divers groupes politiques qui se revendiquent de la gauche et/ou du nationalisme.

Pourtant, selon mes informations – tirées de source sûr à Ajaccio – Mon Président a multiplié les gestes et les efforts pour s’approcher d’un consensus qui permettrait à l’UMP et à ses alliés de remporter une nouvelle fois la victoire aux Régionales. Un interlocuteur de haut niveau m’a même précisé que tout le monde avait été frappé par le calme raisonnable qui caractérisait l’attitude du Président, contrairement à sa fébrilité habituelle. En vérité, il a même multiplié les gages en direction des Nationalistes modérés d’Inseme, sans pour autant évoquer des questions essentielles telles que l’identité et la langue.

L’impression qui prévaut aujourd’hui que malgré les divisions susmentionnées, l’actuelle majorité UMP du Conseil régional risque d’être balayée.

« Les Corses, me dit-on, sont assoiffés de changement. »

Malgré les réserves du maire de Bastia, Emile Zuccarelli, le grand gagnant de l’opération serait de toute façon Giaccobi : si la gauche et les nationalistes modérés réussissent à constituer une majorité, Giaccobi revendiquera la prsidence de l’Assemblée régionale. Si la droite gagne,  Nicolas Sarkozy lui proposera de toute façon un ministère. Qu’il a d’ailleurs refusé il y a quelques semaines, mais qu’il pourrait quand même accepter dans le futur. Ce serait un des plus beaux scalps de gauche pour la ceinture du Président.

Les plus absents du débat sont paradoxalement les tenants du FLNC et de ses avatars lointains, qui se plaignent des Nationalistes modérés, accusés d’avoir déserté le combat !

Précision utile

Je suis désolé de ne pouvoir citer ma source, mais je peux vous garantir que mon interlocuteur a assisté de près à toutes les étapes du voyage, me confirmant en particulier la mauvaise humeur du Président à l’encontre de sa propre majorité.

Publicités

Sarkozy : réformer à tout va, mais le tout va ne va pas bien

43UTCp28UTC02bThu, 04 Feb 2010 13:43:43 +0000UTC 9,2008

La réformite aigüe du Président se heurte à de terribles obstacles. Sans parler des « habitués de la grève » comme à la SNCF, en matière judiciaire, face aux perspectives d’une profonde refonte de la procédure pénale, la grogne secrète des magistrats, et pas seulement de gauche. Pour les plus récalcitrants, comme à Paris, on les prive de travail intéressant. On les punit.Ce n’est pas forcément la bonne manière.

Pas plus que l’idéologue ultra libéral  Fillon n’avait besoin d’annoncer pour les fonc tionnaires des mesures suggérant que la fonction publique pourrait voir intégrer les mesures de licenciement. Rare maladresse à un mois des Régionales.

Les policiers viennent de manifester leur mauvaise humeur lors des élections professionnelles.

Sardaigne : un jour de colère

22UTCp28UTC02bThu, 04 Feb 2010 10:27:22 +0000UTC 9,2008

Notre amie Christina Bianca Troncia, ardente avocate des Sardes, nous rappelle dans une proclamation enflammée que demain…

… Vendredi 5 février 2010, la Sardaigne sera totalement paralysée : commerces fermés, écoles et lycées fermés dont les directeurs et professeurs seront également dans la rue, tous syndicats confondus, membres du diocèse dans la rue avec le peuple sarde suite à l’appel du Pape, services des trains et bus (sauf ceux réservés aux manifestants qui descendront sur Cagliari pour participer à la manifestation !), activités des aéoroports perturbées (des manifestants occuperont certainement les pistes pour empêcher les avions d’atterrir !), personnels hôteliers et restaurations, etc.

Le peuple sarde dans une unité solide et totale sera dans les rues et notamment à Cagliari (et dans d’autres grandes villes, où des cortèges seront organisés pour ceux qui ne pourront se déplacer jusque dans le Sud de l’île !) où les organisateurs attendent plus de 30 milles personnes, travailleurs accompagnés de leur famille mais aussi tous les représentants des partis politiques tous bords confondus, les représentants de l’institut d’éducation, les représentants du diocèse, les hauts représentants des associations des régions et des communes (ANCI et UPS) !

Le cortège partira à 10 heures du centre de Cagliari, la capitale de l’île, avec le slogan «  »Lavoro, sviluppo, autogoverno, dalla crisi alle opportunità » (Travail, développement, auto-gouvernance, de la crise à l’opportunité),
La plupart des journaux régionaux sardes dont leurs journalistes seront parmi les manifestants, annoncent également un piquet de grève en soutien total au peuple sarde !

La grève générale de 2002 n’ayant pas abouti à des résultats concrêts suite aux propositions déposées, il est à craindre que demain, la colère sourde du peuple sarde n’éclate au cours de cette journée !!!

Justice : vérité ici, non vérité là

32UTCp28UTC02bTue, 02 Feb 2010 14:43:32 +0000UTC 9,2008

Ma correspondante Marie-Ange ose un rapprochement entre les affaires Clearstream et Colonna. Evidemment !

Porte-parole de l’UMP, Frédéric Lefebvre est mécontent titre le Figaro! A propos du procès Clearstream, Lefebvre se déclare offusqué:  » ce ne sont que les exécutants qui paient »; il espère que le second procès « permettra de montrer qui a commandité cette manipulation et pourquoi ».

Je trouve surprenant que le gouvernement n’ait pas été aussi prompt à réagir lors de l’assassinat du préfet Erignac! En effet, à ce jour, seuls les exécutants ont été condamnés! Accusés d’être les commanditaires, Castela et Andriuzzi, condamnés en première instance à 30ans de réclusion criminelle (soit dit en passant, peine moins lourde pour les commanditaires que pour les exécutants!) ont été acquittés en appel, en raison notamment d’un procès verbal antidaté.

Cet acquittement selon Libé a sonné  » comme un désaveu des méthodes de l’ancien directeur de la DNAT » le commissaire (aujourd’hui inspecteur général) Roger Marion, et jette un doute  » sur la manière dont a été menée l’enquête ayant abouti à l’arrestation d’Yvan Colonna ». Peut-être est-ce la raison pour laquelle trouver les commanditaires de l’exécution du préfet Claude Erignac semble ne plus intéresser personne ?

Sarkozy : le cahier corse de doléances

01UTCp28UTC02bTue, 02 Feb 2010 09:46:01 +0000UTC 9,2008

Nicolas Sarkozy visite aujourd’hui la Corse. Comme par hasard à l’orée de la campagne pour les Régionales, qui ne se présentent pas dans de très bonnes conditions pour la mahorité. Alors que le Président a annoncé haut et fort qu’il n’interviendrait pas dans la campagne des Régionales. Ce qu’il dit ou non… Et il doit avant tout mettre de l’ordre dans ses propres troupes nicolas-sarkozy-en-corse-pour-remettre-de-l-ordre-dans-la-famille-ump_1299901_1293905.html

nicolas-sarkozy-en-corse-pour-parler-ecologie-et-politique.html

Les animateurs d’Inseme – Nationalistes modérés – ont concocté une lettre ouverte rédigée par Jean Christophe Angelini et Gilles Simeoni, candidats à l’élection territoriale de Mars 2010, résumant les positions du groupe et ses desiderata.

« Le courant d’idées auquel nous appartenons s’est battu depuis des décennies pour défendre le droit de la Corse au développement durable, s’opposant par exemple dans les années 60 à l’implantation prévue d’un site d’expérimentation nucléaire à l’Argentella, ou combattant pour la défense de la Méditerranée contre les Boues Rouges. Récemment, nous avons largement contribué à une mobilisation politique et citoyenne, qui a permis d’éviter l’implantation d’un incinérateur pour déchets ménagers dans l’île. Nous avons également participé pleinement aux combats contre les centrales au fioul lourd, ou le passage des pétroliers dans les Bouches de Bonifaziu. Enfin, de nombreuses forces de ce pays, dans leur diversité, se sont unies pour faire barrage au projet de PADDUC concocté par l’actuelle majorité territoriale. A chaque fois que notre île a eu à défendre son patrimoine collectif, elle l’a fait contre des projets inspirés ou soutenus par l’Etat, et un certain nombre de groupes financiers.

Au regard de ce passé conflictuel, ancien et récent, c’est avec une certaine réserve que nous attendons de prendre connaissance de votre vision du développement durable de la Corse. Nos choix fondamentaux, eux, sont parfaitement connus des corses. Nous tenons cependant, à l’occasion de votre visite, dans un esprit de dialogue, à les rappeler brièvement.

  • Le développement durable place l’homme au centre des choix politiques essentiels. L’histoire le démontre : le peuple corse est une réalité originale, vivante, ouverte et capable d’intégrer celles et ceux qui le souhaitent dans une communauté de destin. Il faut donner à ce peuple les moyens juridiques et financiers de garantir et renforcer les éléments constitutifs de son identité : la langue, la culture, la terre.
  • Le développement durable organise la prise en compte de l’intérêt général dans la gestion des secteurs stratégiques d’un pays. L’eau est, en Corse, une richesse naturelle abondante : elle ne peut être exploitée dans une logique de privatisation. Les transports sont, pour un territoire insulaire, la clé essentielle de l’ouverture : la notion de compétitivité doit toujours être conciliée avec des exigences fortes de service public, et de non-dépendance. Enfin, l’autonomie énergétique de l’île est une nécessité absolue. Elle doit être atteinte à travers le GALSI, mais aussi par le développement des énergies renouvelables dans leur diversité (photovoltaïque solaire, thermodynamie, hydroélectrique, éolien, biomasse).
  • Le développement durable crée de la richesse en préservant les équilibres territoriaux, naturels et humains. La Corse est aujourd’hui en proie à la spéculation, à la bétonisation du littoral et à la mise à mort de l’intérieur. Nous voulons rompre avec ce modèle archaïque et le remplacer par une stratégie économique ouverte sur notre environnement euro-méditerranéen reposant sur trois piliers : d’abord le rééquilibrage en faveur de l’intérieur, qui doit faire l’objet d’un véritable plan de relance. Ensuite, la préservation et la mise en valeur de la première de nos richesses : notre patrimoine environnemental, qui nous permettra de développer des activités entrepreneuriales, agricoles et touristiques créatrices d’emplois qualifiés et de valeur ajoutée. Enfin, il faut replacer la solidarité au cœur des politiques publiques : l’exclusion, le chômage, la précarité frappent durement les Corses. La question sociale est, ici comme ailleurs, une priorité absolue.
  • Le développement durable, c’est aussi vivre dans une société apaisée, construite sur les valeurs positives de travail, de tolérance, de justice. Nous avons pour notre part fait le choix exclusif de l’action publique. Mais nous savons aussi que la Corse vit depuis trop longtemps dans une situation de conflits, du fait notamment de l’absence de dialogue organisé et durable entre l’état et notre communauté. Nous souhaitons œuvrer résolument à la construction de ce dialogue, qui ne doit exclure personne, et à l’avènement de la paix. Oui, les conditions de l’affrontement doivent disparaître. Et elles ne disparaîtront que si tous les acteurs parviennent à s’entendre sur une solution politique raisonnable et transactionnelle.

C’est ce chemin que, pour notre part, nous vous demandons d’emprunter. C’est celui que nous continuerons inlassablement de proposer à notre peuple, à l’occasion notamment des échéances de mars 2010. »

Il faut onsidérer un arrière-plan à cette lettre : sous couleur d’environnement, le Président ne va-t-il pas vouloir remettre sur les rails le PADDUC cher à sa majorité, écarté depuis quelques mois ?

En préambule de cette visite présidentielle en Corse le FLNC a publié un communiqué revendiquant vingt-quatre attentats commis l’an passé dans l’île. Et plusieurs syndicats ont lancé un appel régional à la grève, rappelle Corse-Matin : La visite du président de la République est l’occasion, pour les organisations syndicales, de remettre sur le devant de la scène les difficultés sociales multiples que vit la Corse. Lors d’une conférence de presse conjointe, la CGT et la CFDT ont fait, hier, le bilan d’une situation peu réjouissante. Les représentants des deux syndicats ont rappelé que, bien que dénuée d’industrie, la Corse n’a pas été oubliée par la crise économique et sociale qui touche l’ensemble de l’Europe. Avec des chiffres qui parlent d’eux-mêmes : plus 26,5 % de chômeurs chez les jeunes depuis un an et plus 27,3 % chez les plus de 50 ans au cours de la même période.

Langage du Président : du respect pour les autres

52UTCp28UTC02bTue, 02 Feb 2010 08:54:52 +0000UTC 9,2008

Le blogueur Roger Bruno-Petit, sur Le Post, est revenu hier lundi sur le comportement fondamental de notre Président Sarkozy : il confond la République française avec une société plus financière qu’industrielle, et il se comporte en petit patron archaïque qui décide tout tout seul, souvent sous l’empire de la colère, en tout cas de l’urgence irréfléchie. En oubliant ce que nous apprend l’histoire : même les rois les plus absolutistes ont manifesté une grand mansuétude à l’égard de leurs sujets. Et surtout un grand respect, tant en actes qu’en paroles.

Or, souligne mon contributeur Jean-Pierre Vernet, le respect de l’autre semble être ce qui manque le plus à notre Président, comme en témoigne son langage pour le moins relâché.

Ce n’est pas être vieux schnoque que d’apprécier la belle diction. En effet, De Gaulle savait s’exprimer. La lenteur de sa locution lui permettait non seulement de peser chaque mot, mais aussi pour ses interlocuteurs de comprendre pleinement l’étendue de sa pensée.

Hélas, depuis que le charisme de « l’art de la communication et de l’image » a pris le pas sur le charisme politique, les compétences intellectuelles deviennent plus secondaires. Au niveau de l’image, il est devenu plus porteur de passer pour sympathique en parlant peuple que passer pour compétent, prétentieux et déconnecté en parlant avec des mots que souvent seule une minorité ne verra toute la profondeur. Par contre est-ce toujours de la politique ? Et pouvons-nous être sûr que derrière le charisme du communiquant « peuple », il reste quelques compétences intellectuelles un tant soient peu nécessaires ? Après tout, un abruti aussi parle « peuple ».

Parler comme le peuple (enfin, encore faut-il me démontrer que le peuple parle aussi mal) peut cependant poser problème quand on est un politique. Deux chercheurs a Dijon ont montré en 1993 qu’on n’interpelle pas de la même manière une personne qu’on respecte et une autre qu’on rejette. Bien que tous les participants à leur étude prétendaient ne pas être racistes, les deux chercheurs ont montré qu’en face d’un noir, les participants disaient plus « Monsieur » qu’en face d’un blanc. Pour le blanc, c’est « mon cher Monsieur » qui était le plus utilisé.

Maintenant qu’est-ce qui regroupe « les dames et les personnes issues de la Diversité » ? C’est la discrimination! Les unes sont victimes de sexisme et les autres de racisme ou de xénophobie.

Quand le président s’adresse à eux par leur prénom, est-ce par compassion envers la souffrance de la discrimination ? Si oui, n’est-ce pas déjà de la discrimination ? Ou bien est-ce plutôt comme tous les supérieurs (patron, directeur, enseignant etc.) qui se permettent d’appeler leurs subalternes par leur simple prénom ? Bien sûr, on ne connait pas la réponse scientifique à cette question mais à l’image des deux chercheurs dijonnais, je ferais bien l’hypothèse qu’une étude sur cela montre que c’est la seconde option qui soit la bonne : seuls ceux en position hiérarchiquement supérieur se permettent la familiarité d’appeler par leur prénom les gens qu’ils jugent subalternes.

En tout cas, on s’attend de la part d’un chef de l’état à ne pas voir ou entendre les travers qu’on entend au café du commerce. Plus qu’un problème d’image (à l’étranger au moins), c’est aussi et surtout, un problème de principe et d’image, mais d’image de la fonction cette fois-ci.

Nicolas Sarkozy peut bien se gausser du fait que les choix politiques d’Obama ne semblent pas unanimement appréciés par ses concitoyens. Avant de rire, Sarkozy devrait apprendre un minimum d’histoire politique américaine pour découvrir que la conduite des réformes a toujours été douloureuse outre Atlantique. Le Congrès en particulier est une assemblée très difficile à manoeuvrer, on est loin des godillots de l’UMP auxquels François Fillon « ordonne » d’obéir sans broncher.

Mais Vernet ajoute : ne nous réjouissons pas de voir le Président éventuellement couler, et dans la solitude la plus extrême. Car nous coulerons avec lui. Les élections régionales vont-elles être pour lui une leçon ? Saura-t-il suivre l’exemple de la sage gestion silencieuse de Ségolène Royal en Poitou- Charente ? Je crains que non.

Langue et Sarkozy, suite !

06UTCp31UTC01bSat, 30 Jan 2010 08:05:06 +0000UTC 9,2008

Mon correspondant Jean-Pierre V., psychologue de son état, appote sa contribution à la question du langage sarkozyste. Il avant plus en profondeur.

Quand j’étais lycéen, on m’a expliqué que le langage était l’autre face de la pensée.

De fait, aligner des fautes de français peut interroger sur la pensée de notre glorieux président.

Puis, quand j’étais étudiant à la fac, une prof de psychologie clinique  nous disait qu’il fallait obliger les enfants à ranger leur chambre. Pour elle, savoir ranger ses affaires permettait plus tard de savoir ranger ses idées dans sa tête et d’avoir donc les idées claires.

Ne pas parvenir à ranger les mots dans la phrase interroge alors encore sur la clarté de la pensée de notre bien aimé.

Est-ce méchant de penser cela ? Peut-être !

Il n’en reste pas moins que plus tard encore, j’ai appris que le mode de communication et la façon de communiquer reflétaient le rapport social à l’autre. On ne s’adresse pas de la même manière envers une personne qu’on respecte et une autre qu’on rejette. Faire des phrases correctes, c’est être soi-même correct envers l’autre, du moins c’est le respecter puisqu’on cherche à en être compris en respectant les règles de la communication. C’est sans doute pour cela que bien des gens déconsidèrent ceux qui s’adressent à eux par moult fautes d’orthographe, de grammaire ou de syntaxe. Notre président nous déconsidère-t-il ?

En conclusion : on peut donc se demander si notre glorieux président ne souffre pas de quelques troubles de la pensée. Sinon, on peut quand même s’interroger son respect à l’égard envers ses interlocuteurs.
Remarquons bien que l’un n’empêche, hélas, surtout pas l’autre. Bien au contraire ! Et cela expliquerait tant de choses…

Politique la cohérence en droite ligne de Mon Président

18UTCp31UTC01bThu, 28 Jan 2010 15:12:18 +0000UTC 9,2008

Sous prétexte d’analyse politique, Sophie Landrin, journaliste au Monde, met cruellement en valeur l’incohérence et les sinuosités de la politique voulue par le Président, qui change au gré des sondages et des mouvements d’humeur :

Il y a un an, M. Sarkozy avait conçu la réforme des collectivités territoriales comme l’arme décisive pour gagner ces élections et diviser la gauche aux commandes de vingt régions. Mais la réforme, couplée avec celle de la taxe professionnelle a, avant tout, divisé la majorité et suscité l’hostilité des élus locaux.

Le Président se heurte au même obstacle avec son dégagement sur la dette publique, qui devait lui permettre de mettre la gauche en accusation. Les élus de gauche ne s’y sont pas laissé prendre.

Le chef de l’Etat a ensuite privilégié le développement durable, jusqu’à l’échec de Copenhague et le camouflet de la censure de la taxe carbone par le Conseil constitutionnel. Puis il a encouragé le débat sur l’identité nationale, l’immigration et l’islam. L’Elysée, redoutant des triangulaires avec le FN, qui avaient fait chuter la droite en 2004, souhaitait avant tout s’adresser aux électeurs frontistes.

Grippe A – Une campagne grippée et desaxée

50UTCp31UTC01bThu, 28 Jan 2010 08:01:50 +0000UTC 9,2008

Révélation la plus stupéfiante d’une campagne de vaccination grippée : j’ai reçu au courrier de ce matin 27 janvier le « bon de vaccination contre la grippe A », que j’attendais naturellement avec impatience. Avec indication, me concernant, de trois centres de vaccination spécialisés. Pour deux injections alors qu’une seule est considérée comme utile. Seul problème : la Préfecture de police a annoncé que 21 des 22 centres de vaccination de Paris avaient été fermés le 25 janvier. Tandis que la fin de l’épidémie a été annoncée très officiellement.

Reste donc la possibilité d’être vacciné par mon médecin généraliste. Qui doit s’approvisionner dans un seul centre à l’autre bout de Paris. Je vois tout à fait mon gentil généraliste prendre le temps d’aller cherher les doses, entre ses visites et ses consultations au cabinet, il n’a sûrement pas d’autre préoccupation urgente.

Mme Bachelot, êtes-vous au courant de ces impedimenta ? De qui se moque-t-on ? Un tel niveau d’incompétence me stupéfie.

Clearstream : la thèse de l’escroquerie au renseignement

33UTCp31UTC01bWed, 27 Jan 2010 07:45:33 +0000UTC 9,2008

Demain la 11° chambre correctionnelle du TGI présidée par Dominique  Pauthe rendra son jugement dans l’affaire Clearstream.

A 10 h 30, Dominique de Villepin, Jean-Louis-Gergorin et Imad Lahoud seront fixés sur leur devenir dans cette première manche du procès Clearstream. Dix-huit mois de prison avec sursis pour le premier et dix-huit ferme pour les deux autres ont été réclamés par le procureur de Paris, Jean-Claude Marin.

On doit désormais considérer cette affaire comme une machinerie à deux étages : l’étage politique, qui est censé opposer de front Mon Président Sarkozy et son prédécesseur Place Beauvau et ancien Premier ministre, Dominique de Villepin. Et ce qui est sans doute la véritable affaire, l’étage socle qui n’est en vérité qu’une escroquerie au renseignement pure et simple.

Enjeu pour l’étage politique : condamnation pour dénonciation calomnieuse à l’encontre de Villepin, qui le priverait de ses droits civiques, et l’empêcherait en conséquence de se présenter à la moindre élection, présidentielle ou pas. Sarkozy n’a cessé d’accuser Villepin d’avoir tout manipulé pour le descendre en flammes. D’où sa constitution de partie civile, sur la base de preuves poour le moins légères et même fantaisistes. Ce qui n’a pas empêché Sarkozy de considérer Villepin comme « le coupable » bien avant l’heure de verdict.

Depuis le 23 octobre dernier, les trois juges se sont réunis à plusieurs reprises pour se mettre d’accord sur les grandes lignes puis le président Pauthe s’est attelé à l’écriture des attendus…

La relaxe est réclamée par les avocats de Dominique de Villepin et de Jean-Louis Gergorin. Ils soutiennent que le tribunal ne dispose d’aucune preuve décisive que leurs clients ont su et compris que les listings Clearstream étaient de pures affabulations. S’ils retiennent cette thèse, les magistrats jugeront que Gergorin était de bonne foi quand Imad Lahoud lui a confié les listes prétendument issues d’une pénétration informatique de Clearstream. Toujours de bonne foi, Gergorin aurait évoqué la questions avec le général Rondot en novembre 2003, puis à Villepin en janvier 2004, puis au juge Renaud Van Ruymbeke en avril 2004. Dans ce scénario, Imad Lahoud, « escroc au renseignement d’élite », aurait berné tout le monde dans le but, à sa sortie de prison pour une autre affaire d’escroquerie, de se venger de la société qui l’a condamnée. Si les juges relaxent Villepin (et Gergorin), Imad Lahoud risque de passer pour l’auteur unique de la dénonciation calomnieuse. Et d’être l’auteur de l’escroquerie-chantage.

C’est à ma connaissance la thèse désormais soutenue par Gergorin, qui admet avoir été berné de long en large.

 » Il faut comprendre mon état d’esprit m’a-t-il confié, lors de la mort de Jean-Luc Lagardère. Il était légitime de se poser des questions sur cette mort subite. Aucune hypothèse n’était exclue »

Quand Imad Lahoud est arrivé avec sa liste extraordinaire de bénéficiaires supposés de pots de vin, c’était une sorte d’aubaine, cette liste semblait donner la clé pour ouvrir une porte hermétiquement close. Lagardère aurait été victime de mafieux russes désireux de prendre le contrôle d’EADS, dont les noms figurent en toutes lettres dans le listing Clearstream. Quand l »information a semblé corroborée par le général Rondot, qui avait pris Lahoud sous son aile, croyant ainsi accéder à Ben Laden, les plus malins étaient prêts à croire tout. Dans ces conditions, quand Dominique de Villepin a été lui-même informé, il ne s’est pas posé plus de questions. Sa grande erreur a été de ne pas lancer une enquête spécifique confiée à la DST, dont c’est vraiment le job, au lieu de confier à Rondot des recherches qui se sont révélées fantaisistes. D’autant plus que la DST était déjà elle-même au courant de la manip.

On résume : sur la base d’informations  transmises par le journaliste Denis Robert, par la suite trafiquée, Lahoud utilise Gergorin comme vecteur pour atteindre et actionner Dominique de Villepin.

On aurait dû des souvenir que le propre père d’Imad Lahoud était au Liban un officier de renseignement, et que le mathématicien est le filleul du général Johnny Abdo qui a dirigé les services de renseignement au Liban. Le jeune homme a donc été élevé dans ce climat très particulier où le renseignement n’est pas utilisé comme tel, mais comme une arme de manipulation majeure. Toute l’escroquerie repose sur cette mécanique. Une mécanique en vérité assez grossière. Mais ce genre de manipulateur dont relève Lahoud a la formidable capacité de vendre père et mère, de gagner ainsi une fortune, sans mettre le moins du monde père et mère en péril. Et plus c’est gros, mieux ça passe.

L’énormité a été de donner à croire que Lahoud était capable réellement d’atteindre et de neutraliser Ben Laden. Rondot et Gergorin sont tous deux tombés à pieds joints dans le piège. Et derrière eux Dominique de Villepin. Qui a trouvé là une aubaine miraculeuse pour tuer Sarkozy. Selon ce schéma, Villepin n’a pas été un instigateur, mais un simple « profiteur ». D’autant plus enclin à croire ces espions et intermédiaires qu’il adorait les « petits papiers », les informations confidentielles.

J’ai moi-même toujours soutenu cette thèse. Après avoir longtemps hésité, Jean-Louis Gergorin s’est rallié à ce schéma.

Un schéma qui, évidemment, n’arrange pas l’affaire politique de Nicolas Sarkozy. lequel, aujourd’hui, se montre désormais très circonspect. Non sans avoir viré Patrick Ouart, son « conseiller justice » qui avec l’avocat Thierry Herzog l’a poussé sans répit dans la voie politique. Je comprends moins l’attitude du procureur Jean-Louis Marin, lui même réputé pour sa grande prudence et son puissant raisonnement juridique : la perspective de carrière suffit-elle pour être aussi peu regardant sur le fond de cette affaire ? Je n’ose trop y croire. Il est possible que Marin n’ait pas eu le choix.

Dernier point, secondaire : pourquoi pendant longtemps l’ensemble des journalistes « investigateurs » se sont-ils crus obligés de faire croire que Jean-Louis Gergorin était fou, la preuve en étant qu’il avait été interné en hôpital psychiatrique. Ce que l’intéressé dément absolument, même s’il reconnaît avoir du passer trois semaines dans une maisons de repos après la mort de Jean-Luc Lagardère. Il impute cette rumeur au préfet Philippe Massoni, conseiller de Jacques Chirac en matière de renseignement, et à Yves Bertrand, l’ancien patron des Renseignements généraux. qui a lui-même rejeté cette accusation ! Aujourd’hui, les journalistes ont « oublié » cette rumeur qui a bien arrangé en son temps le camp de ses contempteurs.

Sarkozy, télé : plat, sur la défensive

41UTCp31UTC01bTue, 26 Jan 2010 09:23:41 +0000UTC 9,2008

Donc « Il » nous a joué son numéro, cajolant, rassurant, papa gâteau bien qu’il n’aie rien à offrir, dette publique galopante oblige. Des bonnes paroles, et un véritable accrochage avec l’un des « téléspectateurs » invités :

Pierre Le Menahes, ouvrier dans une entreprise de sous-traitance de Renault en Bretagne

Syndicaliste à la CGT, Pierre Le Menahes explique qu’il est parvenu en militant à éviter des licenciements et à obliger Renault à reprendre son entreprise comme sous-traitant. Il lance Nicolas Sarkozy sur le problème des délocalisations dans la sous-traitance automobile. Alors que le chef de l’Etat évoque ses mesures – prime à la casse, bonus malus, aides pour l’industrie automobile française – Pierre Le Menahes lui rétorque qu’il trouve ça «trop simpliste, trop facile». «Si ça avait profité à l’emploi ça se saurait», lance le syndicaliste. Nicolas Sarkozy continue en vantant la suppression de la taxe professionnelle, qui a empêché selon lui des délocalisations. La discussion est tendue et aucun des deux hommes ne veut céder devant les arguments de l’autre.

Mais quand même une bonne nouvelle : Sur la présence française en Afghanistan:

« La France restera en Afghanistan parce qu’il en va de notre responsabilité. J’ai déjà dit qu’il n’y aurait pas de combattants en plus. »

Selon Associated Press, dans son « meet the french citizens » à TF1,  Nicolas Sarkozy a assuré  que les décisions concernant la réforme des retraites seraient prises « avant la fin de l’année », qu’elles concerneraient « tout le monde », mais ne reviendraient pas sur le « système par répartition » et ne réduiraient pas le « montant des pensions ». Oui, mais encore ?

Pour la petite histoire : Mon Président semble rencontrer de sérieux problèmes avec les patronymes bretons, apparemment aussi difficiles pour lui à mémoriser que pour nous les patronymes hongrois. Nicolas a voulu prononcer le nom « Le Menahes » une bonne cinquantaine de fois, et une bonne cinquantaine de fois, il a accroché, bafouillé, voir carrément écorché le patronyme . C’est notre Président ? Sait-il que le métro parisien est plein non seulement de beurs et de blacks, mais aussi de Bretons, de Basques, de Provençaux, de Corses, d’Alsaciens, de Flamands, qui ne s’appellent pas tous Nagy-Bocsa ?

En bref : Mon Président a proclamé qu’il n’interviendrait aps dans la campagne pour les Régionales. Inutile : il est déjà intervenu en fixant le ton de la campagne à ses partisans !

Affaire Colonna et Garde à vue

39UTCp31UTC01bMon, 25 Jan 2010 12:19:39 +0000UTC 9,2008

Ma lectrice Marie Ange Marie met le point sur les I de façon tout à fait opportune :

Notre garde des sceaux [ Michèle Alliot-Marie] confirme et signe:  » l’aveu en garde à vue sera insuffisant pour justifier à lui seul une condamnation » et ceci sera inscrit dans le nouveau code de procédure pénale.

Cette déclaration est fondamentale au moment où la Cour de Cassation doit statuer sur le pourvoi formulé par les avocats d’Yvan Colonna; car si effectivement la Cour d’assise spéciale n’a pas à motiver sa décision, cela ne dispense pas l’accusation d’ apporter les preuves de la culpabilité de l’accusé; et j’ai beau relire les divers compte rendus d’audience ces « preuves » se résument aux aveux des membres du commando et de leurs épouses obtenus en garde à vue…

Et des géolocalisation d’appels téléphoniques, où Yvan Colonna n’apparaît jamais. D’ailleurs, on n’a jamais vu sa trace physique tout au long des débats lors du deuxième procès d’assises. Mais puisque ce vide passe pour une preuve pour le procureur Jean-Claude Kross, le petit doigt sur la couture de sa robe de magistrat…

Tout comme la rareté des éléments matériels était invoquée comme une preuve de la culpabilité de Dreyfus: » il n’y a pas de preuves, c’est qu’il a tout fait disparaître »…

« Ce ne sont plus les faits contrôlés, les choses examinées avec soin qui forment la conviction; c’est la conviction souveraine, irrésistible qui déforme les faits et les choses »

Joseph Reinach député dreyfusard et historien de « l’ Affaire ».

Rappelons que ces déclarations de MAM, et probablement des instructions données aux parquets, ont provoqué un mouvement de très mauvaise humeur chez les commissaires et officiers de police judiciaire. On les comprend : sans aveux extorqués en garde à vue, comment prouver une culpabilité quand on ne dispose que de vagues soupçons ? C’est, suggèrent nos policiers, la voie ouverte à la grande criminalité et au terrorisme. Cependant, les policiers grogneux ont l’air d’oublier que ce ne sont pas eux qui font la loi, mais les parlements et la jurisprudence, et, désormais, surtout la jurisprudence européenne.

Télé : Sarkozy dans les habits de Berlusconi

48UTCp31UTC01bMon, 25 Jan 2010 10:22:48 +0000UTC 9,2008

Ce soir sur TF1, émission spéciale, « Paroles de Français » réunissant Mon Président Sarkozy et une dizaine de téléspectateurs devenus acteurs, animés par la palote attachée de presse Laurence Ferrari et l’inoxydable et non moins ultra conservateur Jean-Pierre Pernaud. Cette prestation est programmée, notons-le, quelques jours avant le début du décompte des temps de parole pour les élections régionales, où sera comptabilisée au titre de la majorité la parole du Président. Le porte-parole du PS, Benoît Hamon suggère d’ailleurs que le président de la République étant supposé « être intégré dans le temps de parole du gouvernement pour tout ce qui concerne la politique intérieure » il ne « devrait pas y avoir en théorie beaucoup de (membres du) gouvernement sur TF1 pendant un mois ». Patrick Bloche, député de Paris et secrétaire national du PS chargé des médias, considère dans une interview au Post qu’une « nouvelle fois,  on retrouve les liens coupables entre Sarkozy et les groupes industriels qui contrôlent les grands groupes de médias ».

Le député Vincent Peillon s’inquiète de la « Berlusconisation » du pouvoir

« On ne peut pas dire qu’il y ait un changement qualitatif » estime l’avocat Jean-Pierre Mignard. « Sarkozy utilise à son profit les médias audiovisuels qui se focalisent trop sur le traitement événementiel de l’actualité et accordent donc une place excessive au débat lancé par le gouvernement sur l’identité nationale »

Outre-mer : collectivité unique pour la Martinique et la Guyane

32UTCp31UTC01bMon, 25 Jan 2010 09:55:32 +0000UTC 9,2008

Avec Le Monde et Reuters

La Martinique et la Guyane se sont prononcées dimanche par référendum pour la création d’une collectivité unique fusionnant les compétences du département et de la région.

Selon les résultats définitifs communiqués par le ministère de l’Intérieur, 68,3% des électeurs martiniquais et 57,49% des Guyanais ont répondu favorablement à la question: « Acceptez-vous la création d’une collectivité unique exerçant les compétences dévolues au département et à la région tout en demeurant régie par l’article 73 de la Constitution? »La participation a été plus faible que lors du vote du 10 janvier qui avait vu une large majorité d’électeurs rejeter la perspective d’une autonomie accrue. Cette participation est même dérisoire : de l’ordre de 35% des inscrits en Martinique et 27% en Guyane.

En Martinique, parmi les dix partis et formations politiques habilités à faire campagne, tous avaient appelé à voter « oui ».

En 2003, les Martiniquais avaient refusé cette évolution institutionnelle par 50,48% de « non », pour une participation de 43,94%.

A la différence du premier scrutin, cette seconde consultation avait été décidée par le gouvernement, qui souhaitait mettre fin aux chevauchements de compétences et dépenses inutiles entraînés par les deux structures depuis 1982.

Le peuple martiniquais « a fait le choix d’envisager son propre chemin dans le cadre d’une République qui devra désormais apprendre à concilier le droit à l’égalité et le droit à la différence. Vive la Martinique nouvelle! » a déclaré Serge Letchimy, maire de Fort-de-France et chef du Parti progressiste martiniquais, héritier d’Aimé Césaire.

Alfred Marie-Jeanne, président du Mouvement indépendantiste martiniquais et président sortant de la région, s’est également exprimé après la victoire d’un « oui » qu’il appelait de ses voeux.

A suivre : les élctions régionales et les adaptations institutionnelles internes des deux nouvelles régions. Les Régions prochainement élues auront en effet pour tâche de préparer les nouvelles collectivités uniques et de déterminer leur mode de scrutin.

Prisons : un singulier conseiller

55UTCp31UTC01bThu, 21 Jan 2010 11:22:55 +0000UTC 9,2008

Pour la conseiller sur la situation dans les prisons, Michèle Alliot-Marie, la Garde des Sceaux, a pris un singulier conseiller : Pierre Botton. Mais oui. Pendant qu’elle y ait elle peut demander à Musilim de la conseiller pour la protection des transports de fonds, ou à Ben Laden de l’aider à résoudre le problème du terrorisme d’origine salafiste !

Pierre Botton s’est en effet vu confier, une mission visant à améliorer les conditions de détention des primo-délinquants. « Je sais de quoi je parle » assure l’ex-gendre de Michel Noir. Il est vrai que « l’homme d’affaire  » lyonnais a passé dans les année 90 exactement 602 jours en prison, condamné pour abus de biens sociaux. Il serait aujourd’hui  un exemple de réinsertion professionnelle réussie et est actif pour une amélioration des conditions pénitentiaires. L’expérimentation des projets menés à bien pour cette mission débuteront à la prison de Nanterre, établissement qui accueille un grand nombre de jeunes de banlieue. Il y a eu 115 suicides en prison en 2009.

Corse : Inseme et le rapport au sol

28UTCp31UTC01bThu, 21 Jan 2010 09:55:28 +0000UTC 9,2008

Le groupe Inseme attache la plus grande importance à la question foncière, nous rappelle Magali M., une de ses militantes.

[A propos de] la « problématique du foncier » évoquée par Dominique BIANCHI, maire de VILLANOVA, en CORSE du SUD, [ il faut ] rappeler quelles sont les valeurs défendues par « Inseme par a Corsica et qui seront placées au coeur de la démarche:
– Maintenir le lien entre notre Communauté et sa terre
– Assurer une solidarité sociale garantissant la pérennité de ce lien, élément fondamental de notre identité collective.
-Préserver notre Littoral, développer l’intérieur et promouvoir un développement équilibré.
-Maîtriser notre Patrimoine foncier.
-Donner les moyens à l’agriculture d’occuper la place qu’elle mérite.
-Privilégier les résidents concernant l’accès à la terre et au logement.
-Faire le choix d’une politique transparente…..

Magali rappelle le sens profond de cette démarche.

« Inseme per a Corsica » est né dans le but de concrétiser un espace de rassemblement et de convergence dans la perspective de créer une force politique adossée à une vision claire de la Corse. Il s’agit de réaliser une union pérenne, qui ne se limite pas aux prochaines élections, parce qu’il y a une vie après les élections…et que sa réelle vocation est de s’inscrire dans la durée.
« Inseme per a corsica » n’est pas un parti politique et regroupe toutes celles et ceux qui ont envie de faire de la politique « autrement », des personnes venues de tous horizons, beaucoup de non-nationalistes et des électrons libres désirant s’impliquer pour l’avenir de la Corse. C’est pour cette raison que je m’y suis sentie de suite très à l’aise comme beaucoup d’autres femmes et hommes que la politique n’intéressait pas ou simplement déçus par elle.
Le meilleur exemple de cet espace de démocratie, c’est la façon dont est élaboré notre « projet de société »qui sera proposé aux Corses dans le cadre des prochaines élections territoriales puisque celui-ci a fait l’objet d’un véritable travail collectif ( « transversal » ) regroupant toutes les personnes le souhaitant, acteurs de la société civiles, élus, professionnels, membres associatifs…etc
La « question foncière » fera partie des problématiques essentielles avec une définition préalable d’un « statut de résidant » par le biais du pouvoir d’adaptation de l’Assemblée de Corse et la mise en place d’outils de régulation destinés à freiner la spéculation galopante et la disparition à terme de notre patrimoine foncier.
Certes les mentalités en Corse ne changent très lentement et notre Démarche, réellement novatrice, se heurte déjà aux réflexes politiciens, aux logiques partisanes, aux ambitions personnelles et autres difficultés telles que celles rencontrées ces derniers jours concernant notamment l’union des Nationalistes dits « modéré »…
Je crois qu’à terme, avec beaucoup de volonté et de travail, nous serons en capacité de changer cette Société qui se meurt et redonner à celle-ci un souffle nouveau : « un soffiu novu », tel qu’il a été initié aux dernières élections municipales à Bastia avec Gilles Simeoni.

Commentaire

Cette contribution, que je sais représentative, démontre que les problématiques de la violence, et de l’indépendantisme passent au second plan du débat politique. D’une certaine manière elles occultent sous une figure caricaturale l’évolution réelle de l’île.

Sardaigne : un mouvement de protestation le 5 février

09UTCp31UTC01bWed, 20 Jan 2010 08:14:09 +0000UTC 9,2008

Notre amie lectrice Christina Bianca-Troncia la Sarde nous prie de relayer cet appel à manifester le 5 février dans toute la Sardaigne.

le peuple sarde, lassé de voir la plupart de ses jeunes diplômés sans travail, de se voir voler ses petits lopins de terre par les requins, de vivre de plus en plus précairement au profit des arrivistes qui se fichent un peu trop de leur gentillesse et de leur sens de l’hospitalité, de se voir délaissé, voire spolié par le gouvernement italien, décide une nouvelle fois comme en 2002, de s’unir pour descendre dans la rue, travailleurs, commerçants, chômeurs, pensionnés, aux fins de paralyser l’île entière pour protester massivement, tous bords politiques confondus et apolitiques ensemble, ce 5 FEVRIER 2010 !

Le peuple sarde est un peuple gentil de par sa culture mais  les jeunes ressentent de plus en plus une sourde colère sur le point d’expulser telle de la lave !

Je pense que cette manifestation (dans chaque ville et village, le peuple sarde se trouvera dans la rue, avec femmes, enfants, parents et grand-parents mêlés et soudés, certainement main dans la main pour danser le fameux « ballo sardo », qui est un signe d’union et de front de révolte pacifiquement déclarée !) se déroulera de manière calme et pacifique mais que l’on pourra craindre que les autorités gouvernementales déploieront des murs de carabinieris provenant du continent car même les carabinieris sardes seront parmi le peuple !!!

La goutte qui a fait déborder le vase vient des salariés du groupe américain ALCOA, spécialisé dans l’exploitation d’aluminium ayant bénéficié de subventions de l’Etât, devenu propriétaire du site de Portovesme en Sardaigne, exploitaient ces quelques travailleurs sardes avec un salaire de misère !

Ceux-ci, soutenus par divers syndicats, ont manifesté pacifiquement ce 15 Janvier, devant l’ambassade des USA à Rome, et devant les portes de l’exploitation alghéroise, demandant respect, hausse des salaires et travail pour les sardes résidant du lieu ! Comme je vous l’avais déjà mentionné, les entreprises américaines, canadiennes, australiennes et d’autres nationalités ont pour habitude de s’approprier des sites (montagnes également !) aux fins d’extirper l’or et autres richesses minerales sur l’île, en amenant leur propre main-d’oeuvre alors qu’ils bénéficient de larges subventions du gouvernement italien ! Le peu d’ouvriers sardes embauchés sont exploités et traités à la limite du manque de respect !

Corse : dans la bataille des Régionales, Inseme per a Corsica

09UTCp31UTC01bTue, 19 Jan 2010 08:34:09 +0000UTC 9,2008

Inseme per a Corsica vue par Dominique Bianchi

Dominique Bianchi, le maire de Villanova en Corse du Sud est un ancien professeur d’histoire, et surtout un des fondateurs du FLNC. Il mène peut-être son dernier combat politique avant de prendre une retraite à laquelle il aspire. Une retraite de sa mairie, mais aussi une prise de distance politique.  En vérité, Bianchi a depuis longtemps su élever son propos et sa position, notamment vis-à-vis des violences politiques, assez tôt il s’et écarté de la branche active du FLNC, sans jamais rien condamner.

Aujourd’hui, il est avec l’avocat Gilles Simeoni l’un des animateurs d’un mouvement atypique, Inseme per a Corsica , qui se traduit « ensemble pour la Corse ». Un mouvement presque apolitique, au sens de la politique politicienne.

« Inseme a déjà remporté d’importantes positions aux dernières municipales, notamment dans le cadre de listes union structurées à partir de projets. Nous avons attiré un électorat bien au-delà des Nationalistes. Quand il y a un projet, on passe ».

C’est une sorte de retour aux sources de la vraie politique, et qui plus est de la politique participative. Pourquoi ne pas faire pour la Corse ce qu’on fait dans les villages ? »

« Autonomie, indépendance, ce débat n’intéresse pas les Corses, car il porte sur un aspect institutionnel, assis sur positions figées. Il en va de même pour le débat pour ou contre la violence. La violence existe, mais elle représente une impasse politique

 » De toute façon, on ne règle pas les problèmes en étant « pour » ou « contre ». Il faut aller dans le dialogue, rameuter les gens qui depuis quelques années soutiennent la Corse qui vit. La Corse associative et citoyenne, la Corse des syndicats, les Corse des la vie associative et de l’écologie. Je suis très frappé par le renouveau des confréries, ces groupes qui naguère vivaient à l’ombre des paroisses, mais sans en être l’instrument. Les hommes s’y rencontraient pour réfléchir, mais aussi et surtout pour pratiquer le chant polyphonique. Ce sont les jeunes qui ont revivifié les confréries, et le clergé est bien obligé d’en tenir compte. C’est une manière de vivre ensemble autrement. On est loin des partis politiques de l’origine. On veut travailler sur des projets concrets, le projet d’incinérateur d’ordures, les questions foncières, la modernisation ou le remplacement de la centrale thermique. Ce qui compte : les projets concrets, nous voulons être assez forts pour affronter les vingt prochaines années

 » Faire remonter du bas les projets, par exemple la question foncière (restructuration) par l’intermédiaire d’ateliers de discussions. Ce n’est pas une démarche de parti politique à l’ancienne. Il faut changer de logiciel pour s’orienter vers le développement fondamental du participatif, fait tomber les barrières idéologiques. A partir des projets, il faut une traduction politique, vers une mobilisation de la société civile

Entretien réalisé le 29 octobre 2009 à Ajaccio. J’ai volontairement différé sa diffusion pour être plus proche des élections régionales.

Referendum dans les îles : une vraie question ?

15UTCp31UTC01bSun, 10 Jan 2010 08:57:15 +0000UTC 9,2008

Avec Le Monde

Les électeurs sont appelés à voter aujourd’hui par referendum pour plus d’autonomie ou non, repousser plus loin la tutelle de la République. En partie conséquence des Etats généraux d’outre mer, la consultation résulte d’une demande exprimée par les élus locaux pour une autonomie accrue, de compétences et de responsabilités renforcées. Est-ce une nouvelle étape de la décolonisation ?

Si le oui l’emporte, la voie sera ouverte pour une autonomie élargie, selon l’article 74 de la Constitution, dans le cadre d’une assemblée unique. Si c’est le non qui gagne, un second référendum portant uniquement sur la fusion du conseil régional et du conseil général, sera organisé le 24 janvier. Nicolas Sarkozy a accepté cette consultation, mais il s’en est tenu à l’écart

//

Tel qu’il est défini par l’article 74 de la Constitution, ce nouveau statut « qui tient compte des intérêts propres de chaque collectivité au sein de la République » ne saurait, en aucun cas, préfigurer une hypothétique accession à l’indépendance. Le chef de l’Etat a d’ailleurs réitéré son opposition à tout processus de séparation et de désengagement de l’Etat à l’égard de ses anciennes possessions et colonies d’outre-mer.

Et pour ne pas changer, La Guadeloupe se prépare à deux jours de grève générale

Le NYPD diversifie son recrutement

04UTCp31UTC01bWed, 06 Jan 2010 10:35:04 +0000UTC 9,2008

Version modifié le 6 janvier, 10 h 40, avec une importante précision.

Je republie intégralement un article extrêmement intéressant du New York times consacré à la politique de recrutement des nouveaux policiers, largement fondée sur la diversité communautaire. La France ne veut toujours pas en entendre parler, comme si la population française n’était pas aujourd’hui très hétérogène. Dans un reportage consacré à la police de Toronto publié il y a quelques années dans « L’Auditeur », bulletin de l’ANA. INHES-J – association des Auditeurs de l’INHES-J -, j’avais déjà attiré l’attention sur une politique similaire appliquée par la police de Toronto.

Les policiers français m’avaient rétorqué que c’est « constitutionnellement impossible ». Il est interdit de tenir compte de l’origine ethnique pour le recrutement des fonctionnaires. Les autorités françaises ne se rendent pas compte que la plus grande partie des tensions en banlieues et dans les quartiers difficiles a pour origine l’absence totale de dialogue entre les populations locales et les policiers « bons Français selon la définition de l’identité nationale ». Rappelons l’exemple de Sevran, la ville aux soixante nationalités. Plutôt que de débattre d’une fantasmatique identité nationale, il serait urgent de prendre des mesures concrètes pour rapprocher la police des citoyens réels. Il serait temps de prendre en compte de vraies choses sérieuses, au lieu de pérorer sur n’importe quoi !

Comme, ce qui n’a rien à voir ici, le Président qui dans ses voeux aux personnels de santé a rappelé l’urgence de la vaccination anti grippe alors qu’on revend les vaccins faute de candidats à la vaccination : 3 millions sur 65 millions d’habitants.

From Around the Globe, Serving New York

By AL BAKER Published: January 3, 2010

The New York Police Department has sent its officers to 11 cities around the globe — even once dispatching a husband and wife to Abu Dhabi. But the return from the world has been far greater.

Moises Saman for The New York Times

Officer Henry Ko of the New York Police Department was born in Lagos, Nigeria and served as a United States Marine in Japan and Iraq.

Of the 5,593 officers hired since July 2006, when the department began tracking the nationalities of police officers, 1,042 of them were foreign-born — hailing from 88 countries, according to department records.

The Dominican Republic leads the way, with 263 officers born there. The list also includes nations that would have been well represented two generations ago: Italy, Ireland and Germany, for example. But those three countries account for a total of only eight officers, far surpassed by those born in Haiti, 78; Jamaica, 59; Pakistan, 29; and Russia, 18.

The department has made a concerted effort to become more diverse: Recruitment advertisements are now routinely placed in foreign-language newspapers, and new recruits are categorized by their potential to be trained for certain assignments — like counterterrorism or community affairs — based on their language, culture or place of birth, something Police Commissioner Raymond W. Kelly refers to as “selective certification.”

Those who claim proficiency in a language other than English are subjected to a Berlitz test to assess expertise in writing, speaking and reading. Language skills in demand include Arabic and its dialects, Russian, Hindi and Mandarin.

Now there are officers who can translate for those who do not speak English — helping eliminate a language barrier for people in need of police assistance, and assisting suspects who may have trouble understanding their rights or the reason for their arrest.

“If we are able to speak their language, if we are able to understand cultural differences, it makes it easier to do this complex and demanding job,” Mr. Kelly said. “It just, in my judgment, makes common sense.”

It has all worked to shatter past notions of a police force made up mostly of white men of European descent who followed their fathers and grandfathers onto the job.

That, Mr. Kelly said, “has changed dramatically, and it has changed for the better. As the city has become more diverse, the department has become, I believe, the most diverse police department in the world and we’re proud of it, and we want to continue to maintain our diversity. It’s good for policing; it makes us a more effective organization.”

The department’s newest class of rookies underscores the trend.

Of the 250 new officers who graduated last Monday, 65 of them were foreign-born, hailing from 23 countries, the police said. Those officers spoke a total of 28 different languages, including Bengali, Punjabi, Yoruba and Creole.

Thomas A. Reppetto, a police historian and author, said the diversification of the department was consistent with the age-old trend of new immigrants supplanting the old. “That is the story of New York,” he said. “It has always been an immigrant city, and eventually the new immigrants are reflected in the municipal work force.”

Sur une information apportée par une lectrice de rue89, je précise que comme tous les fonctionnaires dits « de souveraineté », les personnels relevant de la police nationale doivent être obligatoirement de nationalité française, ceci par dérogation aux règles de la Communauté européenne qui ouvre tous les emplois de la fonction publique aux nationaux originaires de vingt-sept pays de la communauté. L’acquisition de la nationalité française n’étant pas forcément facile, le recrutement des policiers nés hors de France est forcément limité.

Malgré quelques observations mettant en doute ce recrutement exclusif, il suffit d’observer la composition des unités de gendarmerie ou de CRS pour être convaincu de cette réalité. Il ne s’agit d’ailleurs pas d’une question de couleur de peau, les Français des Caraïbes et de la Réunion trouvant un large débouché d’emploi dans les services publics, armée – notamment les pompiers – , police, santé.

En revanche, les fonctionnaires relevant des collectivités territoriales ne sont pas astreints à cette règle. Ce qui signifie que les policiers municipaux peuvent parfaitement ne pas être de nationalité française !

De même la règle de la nationalité française ne s’applique pas aux « supplétifs » de certains services publics passés sous un statut plus ou moins privé. Ainsi, pour ses corps de conducteurs, contrôleurs et gardes privés, la RATP et la SNCF recourent très largement au recrutement dans les quartiers difficiles, de façon à faciliter le dialogue avec les « voyageurs en infraction ». Et ça marche.