Archive for 27 janvier 2010

TF1, le Président et perte sèche

55+01:00p31+01:0001bmer, 27 Jan 2010 14:47:55 +0100+01:00 9,2008

Mon correspondant Henry est atterré :

Je viens d’apprendre avec effarement et consternation que Télé Bouygues, le relais naturel de la propagande Elyséenne, venait d’enregistrer un manque à gagner de 900.000 € consécutivement au show de notre Bien Aimé Polyvalent Président sur TF1.
En effet, son sponsor, à ordonné à ses opérateurs de ne pas servir de réclame au bon peuple pendant toute la durée de la représentation organisée sur ses antennes par l’Illustrissime Gardien de la Sublime Porte et ses séides.
Pourtant des publicités relatives aux détartrants pour wc, aux couches culottes jetables, etc., n’auraient pas rompu l’homogénéité de la prestation du Grand Leader, Père Compatissant de tous les travailleurs.
Les responsables du marketing du Grand Couleur de Béton devront y penser lors d’une prochaine co-production Bouygues – Elysée.
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Mon clavier, 27 janvier

52+01:00p31+01:0001bmer, 27 Jan 2010 08:32:52 +0100+01:00 9,2008

Avant tout, toujours une pensée pour les Haïtiens, accablés par les conséquences cataclysmiques du tremblement de terre.

Dernier bilan officieux : 150 000 morts pour la seule ville de Port au Prince, 190 000 blessés et 55 000 familles sinistrées ! Les autorités craignent que 200.000 autres cadavres ne soient encore enfouis sous les décombres.

Et pourtant, la vie reprend ! Je vous incite à effectuer un don pour les Haïtiens, aussi modeste soit-il.

Espérons que mes confrères ne vont pas oublier ce cataclysme dès que surgira un nouvel événement ! Les télés multiplient les reportages larmoyants sur les orphelins, reléguant le récit de la vraie réalité en arrière plan.

§ Demain, verdict dans le procès Clearstream clearstream-la-these-de-lescroquerie-au-renseignement

§ « Meet the Frenchies » sur TF1 a rencontré un succès indéniable. Selon Reuters, Nicolas Sarkozy a réuni 8,8 millions de spectateurs, soit 33% de part de marché, lundi soir au journal de TF1 et 8,6 millions lors de l’émission spéciale « Paroles de Français » qui a suivi, selon TVMag.com.

§ Nicolas Sarkozy ne semble pas avoir abordé la question hospitalière. Il aurait dû, ce témoignage le prouve hopital-et-on-na-pas-encore-vire-les-medecins-en-trop

§ Mon Président annonce une « embellie de l’emploi ». chomage-l-optimisme-de-sarkozy-sur-tf1-ne-convainc-pas-les-experts-26-01-2010-755502.php Du moins des chiffres officiels, qui ne prennent pas en compte le million de chômeurs en fin de droit qui vont apparaître sur le marché dans les semaines à venir. Conséquence de la crise sur l’emploi : 27 millions de chômeurs ( répertoriés) dans le monde un-million-chomeurs-fin-droits.html

§ Parlement : 2000 pages de lois en 2009 parlementaires-au-bord-de-la-crise-de-nerfs_1296859_823448.html
En outre la plupart de ces lois sont inapplicables faute de textes d’application ! Toujours le bonne gestion.

§ Sur mon blog « le Monde » Finances publiques, Obama veut donner le bon exemple usa-obama-veut-lutter-contre-la-dette-massive-en-gelant-de-nombreux-programmes Version actualisée le 27 janvier à 9 h 30

§ Au Japon, pas encore de rigueur, mais de la dette… japon-une-situation-financiere-preoccupante

§ Télé, France 5 : avec les pirates de la Côte somalienne tele-reportage-la-saison-des-pirates

§ Télé-Arte : les anti-éoliens tele-les-anti-eoliens-sur-arte

§ Les billets les plus lus sur mon blog en 2009 les-dix-billets-les-plus-consultes-sur-mon-blog

Round-up de l’année : Lien pour le premier semestre bilan-sarkozy-1er-semestre-2009. Lien pour le deuxième semestre bilan-2009-2%C2%B0-semestre

§ Et ne vous privez pas de lire :

  • Dans le Secret des Services, aux Editions Denoël. Avec le récit détaillé de l’affaire Clearstream. Et de l’affaire Farewell, de première main, là aussi.
  • Nuits bleues ou la saga d’un fugitif, roman nuits-bleues-la-saga-dun-fugitif. Toujours en consultation libre. Version modifiée le 18 novembre 2009.
  • “La Sérénade italienne” Comme le livre est désormais en vente, j’ai retiré la page de consultation gratuite. Autopub : Vous pouvez  le commander ( payant) sous forme de livre papier, sur  http://www.lulu.com/fr . Malheureusement, en raison de frais d’envoi élevés puisque l’impression est effectuées à Raleigh, Caroline du Nord, aux Etats-Unis, le livre est un peu cher. J’ai reçu mon deuxième exemplaire. Belle édition, mais je n’en suis pas encore satisfait. Je devrai donc réaliser une troisième édition, en espérant qu’elle sera la bonne. Je vous informerai quand ce sera finalisé.

En fonction du résultat je compte suivre la même voie pour Nuits bleues.

Hôpital : et on n’a pas encore viré les médecins « en trop »

18+01:00p31+01:0001bmer, 27 Jan 2010 08:16:18 +0100+01:00 9,2008

Laurent Opsomer est sorti de sa hantise sécuritaire pour nous proposer ce témoignage tout à fait personnel sur le service des urgences enfants de Valenciennes (Nord).

UNE SOIRÉE AUX URGENCES

Une soirée aux urgences rime avec patience. Arrivés à 18 heures, nous ne sommes pas sortis avant 23 heures ! Des urgences exceptionnellement débordées ? Pas du tout ! C’est, au contraire, un jour ordinaire. Pourtant des gens s’impatientent, s’agacent, s’énervent de cette interminable attente ponctuée de pleurs d’enfants ; exaspérés, certains partiront avant d’avoir rencontré un médecin. «Sommes-nous vraiment aux urgences ?», s’interroge l’un d’eux avec colère. «C’est digne d’Haïti !», renchérit un autre. «Mais que fait le personnel soignant ?», lance sa voisine. Il travaille ! Il ne cesse de travailler ! Durant tout le temps de ma présence (cinq longues heures), je l’ai observé s’activer continuellement en tous sens, gérant les arrivées, les priorités, les soins… Le dévouement du personnel soignant est tout aussi évident que leur nombre est insuffisant… Il paraît pourtant que les effectifs hospitaliers sont pléthoriques. Pas aux urgences en tout cas…

Clearstream : la thèse de l’escroquerie au renseignement

33+01:00p31+01:0001bmer, 27 Jan 2010 07:45:33 +0100+01:00 9,2008

Demain la 11° chambre correctionnelle du TGI présidée par Dominique  Pauthe rendra son jugement dans l’affaire Clearstream.

A 10 h 30, Dominique de Villepin, Jean-Louis-Gergorin et Imad Lahoud seront fixés sur leur devenir dans cette première manche du procès Clearstream. Dix-huit mois de prison avec sursis pour le premier et dix-huit ferme pour les deux autres ont été réclamés par le procureur de Paris, Jean-Claude Marin.

On doit désormais considérer cette affaire comme une machinerie à deux étages : l’étage politique, qui est censé opposer de front Mon Président Sarkozy et son prédécesseur Place Beauvau et ancien Premier ministre, Dominique de Villepin. Et ce qui est sans doute la véritable affaire, l’étage socle qui n’est en vérité qu’une escroquerie au renseignement pure et simple.

Enjeu pour l’étage politique : condamnation pour dénonciation calomnieuse à l’encontre de Villepin, qui le priverait de ses droits civiques, et l’empêcherait en conséquence de se présenter à la moindre élection, présidentielle ou pas. Sarkozy n’a cessé d’accuser Villepin d’avoir tout manipulé pour le descendre en flammes. D’où sa constitution de partie civile, sur la base de preuves poour le moins légères et même fantaisistes. Ce qui n’a pas empêché Sarkozy de considérer Villepin comme « le coupable » bien avant l’heure de verdict.

Depuis le 23 octobre dernier, les trois juges se sont réunis à plusieurs reprises pour se mettre d’accord sur les grandes lignes puis le président Pauthe s’est attelé à l’écriture des attendus…

La relaxe est réclamée par les avocats de Dominique de Villepin et de Jean-Louis Gergorin. Ils soutiennent que le tribunal ne dispose d’aucune preuve décisive que leurs clients ont su et compris que les listings Clearstream étaient de pures affabulations. S’ils retiennent cette thèse, les magistrats jugeront que Gergorin était de bonne foi quand Imad Lahoud lui a confié les listes prétendument issues d’une pénétration informatique de Clearstream. Toujours de bonne foi, Gergorin aurait évoqué la questions avec le général Rondot en novembre 2003, puis à Villepin en janvier 2004, puis au juge Renaud Van Ruymbeke en avril 2004. Dans ce scénario, Imad Lahoud, « escroc au renseignement d’élite », aurait berné tout le monde dans le but, à sa sortie de prison pour une autre affaire d’escroquerie, de se venger de la société qui l’a condamnée. Si les juges relaxent Villepin (et Gergorin), Imad Lahoud risque de passer pour l’auteur unique de la dénonciation calomnieuse. Et d’être l’auteur de l’escroquerie-chantage.

C’est à ma connaissance la thèse désormais soutenue par Gergorin, qui admet avoir été berné de long en large.

 » Il faut comprendre mon état d’esprit m’a-t-il confié, lors de la mort de Jean-Luc Lagardère. Il était légitime de se poser des questions sur cette mort subite. Aucune hypothèse n’était exclue »

Quand Imad Lahoud est arrivé avec sa liste extraordinaire de bénéficiaires supposés de pots de vin, c’était une sorte d’aubaine, cette liste semblait donner la clé pour ouvrir une porte hermétiquement close. Lagardère aurait été victime de mafieux russes désireux de prendre le contrôle d’EADS, dont les noms figurent en toutes lettres dans le listing Clearstream. Quand l »information a semblé corroborée par le général Rondot, qui avait pris Lahoud sous son aile, croyant ainsi accéder à Ben Laden, les plus malins étaient prêts à croire tout. Dans ces conditions, quand Dominique de Villepin a été lui-même informé, il ne s’est pas posé plus de questions. Sa grande erreur a été de ne pas lancer une enquête spécifique confiée à la DST, dont c’est vraiment le job, au lieu de confier à Rondot des recherches qui se sont révélées fantaisistes. D’autant plus que la DST était déjà elle-même au courant de la manip.

On résume : sur la base d’informations  transmises par le journaliste Denis Robert, par la suite trafiquée, Lahoud utilise Gergorin comme vecteur pour atteindre et actionner Dominique de Villepin.

On aurait dû des souvenir que le propre père d’Imad Lahoud était au Liban un officier de renseignement, et que le mathématicien est le filleul du général Johnny Abdo qui a dirigé les services de renseignement au Liban. Le jeune homme a donc été élevé dans ce climat très particulier où le renseignement n’est pas utilisé comme tel, mais comme une arme de manipulation majeure. Toute l’escroquerie repose sur cette mécanique. Une mécanique en vérité assez grossière. Mais ce genre de manipulateur dont relève Lahoud a la formidable capacité de vendre père et mère, de gagner ainsi une fortune, sans mettre le moins du monde père et mère en péril. Et plus c’est gros, mieux ça passe.

L’énormité a été de donner à croire que Lahoud était capable réellement d’atteindre et de neutraliser Ben Laden. Rondot et Gergorin sont tous deux tombés à pieds joints dans le piège. Et derrière eux Dominique de Villepin. Qui a trouvé là une aubaine miraculeuse pour tuer Sarkozy. Selon ce schéma, Villepin n’a pas été un instigateur, mais un simple « profiteur ». D’autant plus enclin à croire ces espions et intermédiaires qu’il adorait les « petits papiers », les informations confidentielles.

J’ai moi-même toujours soutenu cette thèse. Après avoir longtemps hésité, Jean-Louis Gergorin s’est rallié à ce schéma.

Un schéma qui, évidemment, n’arrange pas l’affaire politique de Nicolas Sarkozy. lequel, aujourd’hui, se montre désormais très circonspect. Non sans avoir viré Patrick Ouart, son « conseiller justice » qui avec l’avocat Thierry Herzog l’a poussé sans répit dans la voie politique. Je comprends moins l’attitude du procureur Jean-Louis Marin, lui même réputé pour sa grande prudence et son puissant raisonnement juridique : la perspective de carrière suffit-elle pour être aussi peu regardant sur le fond de cette affaire ? Je n’ose trop y croire. Il est possible que Marin n’ait pas eu le choix.

Dernier point, secondaire : pourquoi pendant longtemps l’ensemble des journalistes « investigateurs » se sont-ils crus obligés de faire croire que Jean-Louis Gergorin était fou, la preuve en étant qu’il avait été interné en hôpital psychiatrique. Ce que l’intéressé dément absolument, même s’il reconnaît avoir du passer trois semaines dans une maisons de repos après la mort de Jean-Luc Lagardère. Il impute cette rumeur au préfet Philippe Massoni, conseiller de Jacques Chirac en matière de renseignement, et à Yves Bertrand, l’ancien patron des Renseignements généraux. qui a lui-même rejeté cette accusation ! Aujourd’hui, les journalistes ont « oublié » cette rumeur qui a bien arrangé en son temps le camp de ses contempteurs.