La sécurité à l’Assemblée nationale : des effets de la RGPP

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

Laurent Opsomer me transmet ce texte texte très éclairant sur la place de la sécurité dans le budget

Avis présenté par Guy Geoffroy sur la sécurité dans le cadre du projet de loi de finances pour 2010 :
http://www.assemblee-nationale.fr/13/pdf/budget/plf2010/a1974-tVIII.pdf

“Compte tenu du contexte budgétaire, la mission sécurité ne peut pas échapper à l’effort de rationalisation mis en oeuvre dans le cadre de la révision générale des politiques publiques.” Le parlementaire ajoute : “Le plafond d’emplois du programme « police nationale » pour 2010 est de 144 790 emplois, soit une diminution de 1390 ETP” donc il y a bien une baisse des effectifs dans la police nationale, baisse qui frappe en priorité gardiens de la paix (GPX) et gradés. Même remarque pour la gendarmerie.

” Sur la période 2008-2011, le bilan de la RGPP devrait se traduire par une diminution du plafond d’emplois sur la période de 4829 ETP. Pourtant, dans le même temps, la police nationale se voit attribuer des missions nouvelles, lesquelles se traduisent par la création de nouvelles structures, phénomène d’ailleurs critiqué par les représentants syndicaux rencontrés par votre rapporteur pour avis. Au total, le directeur général de la police nationale évalue à 6.000 les effectifs nécessaires pour financer les nouvelles priorités”. Cherchez l’erreur !

Conséquences : “Afin de répondre aux contraintes de la RGPP et aux besoins nouveaux, la police nationale est donc contrainte d’agir par redéploiements internes.” Bref, comme va déshabiller Paul pour habiller Pierre, à moins que ce ne soit le contraire au gré de l’actualité, des faits divers.

Dans cette perspective sont évoqués, pêle-mêle, la baisse du temps de travail hebdomadaire, la baisse des jours de RTT pour les agents en cycle hebdomadaire, la fin de la pratique de l’heure non sécable, la réduction du format des CRS, la suppression d’écoles de police “dans la mesure où les flux d’entrée attendus dans les prochaines années sont de l’ordre de 1700″ (chiffre qui ne permettra ni de solder le nombre de lauréats au concours de GPX en attente d’incorporation, ni d’offrir un avenir professionnel aux Adjoints de sécurité et Cadets de la République en cours de contrat), etc. En résumé que du bonheur pour les fonctionnaires de police invités à faire plus avec moins… le tout dans des conditions de travail extraordinaires puisque “les dépenses de fonctionnement courant subissent une nouvelle diminution de 9 %.” C’est bizarre mais le budget de l’Elysée a encore augmenté cette année, surtout pour d’obscurs frais de sondages. Et si on interrogeait les policiers à ce sujet

En attendant, je vous invite à découvrir l’avis présenté par Guy Geoffroy sur la sécurité dans le cadre du projet de loi de finances pour 2010 : http://www.assemblee-nationale.fr/13/pdf/budget/plf2010/a1974-tVIII.pdf Voici, par exemple, ce que l’on peut y lire : « Compte tenu du contexte budgétaire, la mission sécurité ne peut pas échapper à l’effort de rationalisation mis en oeuvre dans le cadre de la révision générale des politiques publiques. » Le parlementaire ajoute : « Le plafond d’emplois du programme « police nationale » pour 2010 est de 144 790 emplois, soit une diminution de 1390 ETP » donc il y a bien une baisse des effectifs dans la police nationale, baisse qui frappe en priorité gardiens de la paix (GPX) et gradés. Même remarque pour la gendarmerie. Mieux, le rapporteur remarque ensuite :  » Sur la période 2008-2011, le bilan de la RGPP devrait se traduire par une diminution du plafond d’emplois sur la période de 4829 ETP. Pourtant, dans le même temps, la police nationale se voit attribuer des missions nouvelles, lesquelles se traduisent par la création de nouvelles structures, phénomène d’ailleurs critiqué par les représentants syndicaux rencontrés par votre rapporteur pour avis. Au total, le directeur général de la police nationale évalue à 6.000 les effectifs nécessaires pour financer les nouvelles priorités ». Cherchez l’erreur ! Conséquences : « Afin de répondre aux contraintes de la RGPP et aux besoins nouveaux, la police nationale est donc contrainte d’agir par redéploiements internes. » Bref, comme va déshabiller Paul pour habiller Pierre, à moins que ce ne soit le contraire au gré de l’actualité, des faits divers. Dans cette perspective sont évoqués, pêle-mêle, la baisse du temps de travail hebdomadaire, la baisse des jours de RTT pour les agents en cycle hebdomadaire, la fin de la pratique de l’heure non sécable, la réduction du format des CRS, la suppression d’écoles de police « dans la mesure où les flux d’entrée attendus dans les prochaines années sont de l’ordre de 1700 » (chiffre qui ne permettra ni de solder le nombre de lauréats au concours de GPX en attente d’incorporation, ni d’offrir un avenir professionnel aux Adjoints de sécurité et Cadets de la République en cours de contrat), etc. En résumé que du bonheur pour les fonctionnaires de police invités à faire plus avec moins… le tout dans des conditions de travail extraordinaires puisque « les dépenses de fonctionnement courant subissent une nouvelle diminution de 9 %. » C’est bizarre mais le budget de l’Elysée a encore augmenté cette année, surtout pour d’obscurs frais de sondages. Et si on interrogeait les policiers à ce sujet ?!
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3 Réponses to “La sécurité à l’Assemblée nationale : des effets de la RGPP”

  1. Tita Says:

    C’est malin !

    Demander plus (mais en laissant moins de moyens humains ou matériels), c’est médiatiquement :
    1) faire croire qu’on bosse (puisqu’on propose de nouvelles missions)
    2) faire croire qu’on est efficace puisqu’on a imposer médiatiquement ces missions)
    3) laisser le corps policier responsable des problèmes puisque le gouvernement, lui, avait donné la mission de…

    En même temps, demander plus en laissant moins de moyens (humains ou matériels), c’est dans les faits :
    1) Pousser le corps policier à l’inefficacité.
    2) Pousser le policier dans les troubles dûs au stress (puisqu’il ne pourra pas répondre à toutes les exigences).
    3) (et donc) laisser se questionner sur la légitimité du manager qui exige plus en laissant moins de moyens…

    Tout cela n’est évidemment que mon analyse, mais le soucis, c’est que cette méthode de « demander plus en privant la base de ses moyens », reste une méthode aussi utilisée sur d’autres secteurs que celui de la police. C’est à se demander si le gouvernement édicte ses décisions en fonction uniquement des effets d’annonce qu’il en espère ou s’il envisage réellement une efficacité.

  2. Fabien Says:

    les caisses sont tellement vides que même les travaux obligatoires (rampes d’accès pour handicapés, chiottes ou ascenseurs) dans les commissariats parisiens sont faits avec du fric de Devedjian. 3,8M€ en 2009 au titre de la Relance…

  3. Opsomer Says:

    Je ne mets pas en doute la parole de Fabien, même s’il est difficile de pouvoir vérifier ce type d’information sans avoir davantage de précision quant au lieu. Ses propos n’en demeurent pas moins vraisemblables, pour ne pas dire véridiques car j’ai interrogé une de mes connaissances à ce sujet, qui m’a répondu en ces termes : « il faut bien avoir conscience que, sans les budgets divers et variés mis à disposition de la police nationale par d’autres administrations ou collectivités, je ne sais pas comment la machine pourrait tourner. »

    Il développe son argumentation comme suit : « Par exemple, dans de nombreuses villes, les postes de police de quartier sont à la charge financière de la Mairie. […] Aucun loyer n’est versé à la municipalité qui met les locaux à disposition gratuitement. Ce sont même souvent les services municipaux qui viennent entretenir les locaux lorsque c’est nécessaire. Un autre exemple, l’entretien des espaces verts des commissariats est souvent fait par les services municipaux. Ces derniers viennent quelquefois plusieurs fois par an fleurir les pare-terre au printemps ou lors de cérémonies. »

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