Clearstream : l’autre procédure

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

… que rappelle Le Monde, ce 24 octobre :

Une autre procédure, devant la justice administrative cette fois, mérite qu’on s’y arrête. Lancée par Me Jean-Pierre Mignard, l’avocat d’Edwy Plenel, président du site Mediapart et ancien directeur de la rédaction du Monde, et du substitut Gilbert Flam, parties civiles, elle offre un regard différent sur le dossier. Dans une lettre adressée le 2 octobre au premier ministre François Fillon – première étape de la saisine du tribunal administratif -, Me Mignard relève qu’aucune des autorités qui a eu à connaître de l’affaire Clearstream n’a satisfait à l’obligation de dénonciation, prévue par l’article 40 du code de procédure pénale. Or, souligne-t-il, si les faits portés à leur connaissance étaient exacts, « ils révélaient un système de corruption au coeur de l’Etat » et, s’ils ne l’étaient pas, « il s’agissait d’un système de déstabilisation de l’Etat et d’une atteinte massive à la réputation morale de dizaines de personnes ». « Dans les deux cas, poursuit Me Mignard, l’infraction ne souffrait aucun retard dans sa dénonciation. » La direction générale de la sécurité intérieure (DGSE) qui, dès le 12 juillet, privilégie la manipulation, ne dévoile ses conclusions qu’à l’autorité politique et non pas aux autorités judiciaires. La même observation vaut pour Dominique de Villepin, mais aussi pour Michèle Alliot-Marie, alors ministre de la défense, Dominique Perben, ministre de la justice, le premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, et Nicolas Sarkozy, ministre de l’économie.

Au lieu de remplir leurs devoirs, tous ces braves gens ont été chuchoter en coulisse, et, pour certains, se plaindre d’être les victimes d’une incroyable machination dont ils étaient parfaitement au courant !

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2 Réponses to “Clearstream : l’autre procédure”

  1. Tita Says:

    Point de vue fort intéressant… surtout quand il s’agit de personnes qui aiment à l’idée que les Maires doivent dénoncer les graines de délinquant, etc… On peut être pour ou contre la délation, mais quand on prône la dénonciation et qu’on flatte les « bons français » par leur respect de la loi, ne pas respecter l’article 40 du code de procédure pénale a un je-ne-sais-quoi d’amusant… ou de cynique.

  2. phmadelin Says:

    Evidemment. Surtout quand ils étaient au courant.

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