Brésil : témoignage sur la sécurité à Rio

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

A la suite des récents affrontements sanglants entre gangs et policiers à Rio, j’ai demandé à mon ami Jacques d’Adesky, professeur dans l’enseignement supérieur brésilien, de nous communiquer une analyse de la question de sécurité à Rio. Vous allez voir que ce n’est pas simple !

Concernant la situation de la sécurité à Rio, ce sont des gangs qui contrôlent les favelas pour faire du business. La police généralement les rançonnent pour se faire un magot à la fin du mois. La guerre du trafic est avant tout une affaire entre les gangs qui se proposent d’augmenter leurs territoires géographiques et opportunités de vente. En matière de sécurité ça ne pose en principe pas de problème pour la Coupe du Monde ou pour les Jeux Olympiques. Il suffit de les laisser faire leur commerce de marijuana et cocaïne dont la clientèle est composée avant tout par la bourgeoisie et classe moyenne de Rio.

Tout serait donc parfait sauf quand les forces de sécurité interviennent pour contrer la guerre entre les gangs. Les favelas sont surtout occupées par la population noire et les migrants pauvres qui viennent du Nordeste du Brésil. Ce sont des territoires de tout temps abandonnés par le pouvoir local, ce qui a permis à partir de la décennie quatre vingt l’installation des gangs de drogues qui ont vu là un espace adéquat pour développer leur business.

L’autre question qui est apparue ces dix dernières années, c’est l’arrivée dans les favelas et quartiers pauvres des milices composées par des policiers qui pourchassent les gangs en vue d’établir le commerce illicite des bouteilles de gaz et les connections clandestines aux câbles des chaînes de télévisions cryptées. Ce genre d’affaire rapporte pas mal d’argent, sans oublier que les milices imposent des taxes à la population pour maintenir les gangs éloignés.

La question principale qui se pose aujourd’hui aux autorités est la présence de l’Etat dans les favelas en vue d’éloigner les gangs. Ça veut dire l’installation de postes de police, mais aussi l’urbanisation de ruelles et des égoûts. Il y a maintenant à Rio quelques 5 favelas qui sont occupées par la police et qui bénéficient des équipements urbains. En contrepartie, il résulte de cette politique une augmentation de vols é la tire dans les rues et dans les bus de Rio.

Ce qui manque vraiment au Brésil pour qu’il devienne une grande puissance, c’est la réalisation d’une politique sociale consistante et un fort investissement public dans la qualité de la formation scolaire, mais aussi l’expansion des politiques de discrimination positive pour les afro-descendants et indiens au niveau de l’enseignement supérieur et à l’échelon du marché de l’emploi. Politiques qui sont fondamentales, sans lesquelles la criminalité aura tendance à s’amplifier et les disparités socio-économiques à se maintenir. Il suffit de remarquer la place pitoyable du Brésil dans le classement de l’IDH (Indice de Développement Humain).

Le texte d’origine est en français. Je me suis contenté de le toiletter. Je connais l’auteur depuis de nombreuses années, je l’ai rencontré à Rio pendant un voyage d’étude.

Publicités

3 Réponses to “Brésil : témoignage sur la sécurité à Rio”

  1. Tita Says:

    « …les milices imposent des taxes à la population pour maintenir les gangs éloignés. »
    A faire une telle description, le mot qui vient à l’esprit est celui de racket et je ne vois alors plus réellement de différence entre un gang et ce type d’association…

  2. phmadelin Says:

    C’est du racket. Mon correspondant étant brésilien et citoyen de Rio, a employé un langage prudent !

  3. Tita Says:

    Prudence bien légitime. Merci.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :