La Sécu pour les nuls…

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

Billet modifié le 16 octobre, 12 h 43

Michel Laferrière, prof d’économie a tenté de vous expliquer le « trou de la Sécu ». C’est moins compliqué qu’on ne l’imagine !

LE DÉFICIT DE LA SÉCU POUR LES NULS

Le déficit de la Sécurité Sociale est dû à une insuffisance des recettes par rapport aux dépenses. La Palisse n’aurait pas dit autrement !

Globalement, les dépenses augmentent « normalement » avec les progrès médicaux et l’allongement de la durée de vie des Français. C’est, d’ailleurs, plutôt bon signe car elle apporte plus de bien-être. Mais il est vrai qu’un malade mort coûte moins cher à la Sécu qu’un malade que l’on soigne ; une des solutions possibles (qui existe dans d’autres pays et que j’estime intolérable) serait de décider de ne pas soigner certains malades considérés comme trop coûteux. Malheureusement, on commence à appliquer ce principe en France.

Le problème vient donc des recettes qui sont insuffisantes pour faire face aux augmentations normales des dépenses. Cela est dû à plusieurs facteurs :

Des décisions gouvernementales de diminuer les recettes : exonérations importantes de charges sociales pour de nombreuses entreprises.

Des décisions gouvernementales de ne pas lutter efficacement contre le chômage : baisse des crédits à la formation des jeunes, baisse des crédits pour le Pôle emploi qui remplace deux organismes (Assedic et Anpe) mais n’a pas les deux budgets, etc. Or, un chômeur en plus c’est un cotisant en moins.

L’absence de décisions gouvernementales pour trouver des recettes supplémentaires (TVA sociale, augmentation de la CSG pour les revenus de capitaux et les hauts revenus du travail, par exemples).

Le déficit n’est donc pas du tout une fatalité : il est la résultante des actions de notre actuel gouvernement (mais aussi de ceux antérieurs).

C’est donc un choix politique.

Enfin, pour ramener ce déficit à sa juste valeur, le budget de la protection sociale (Sécurité sociale et autres organismes comme la MSA) est de l’ordre de 400 milliards d’euros. Un déficit de 10 milliards d’euros correspond à 2,5 % du budget. Etes-vous capables de prévoir le budget de votre ménage à 2,5 % près ? Si oui, chapeau ! Une « erreur » de 2,5 % est donc tout à fait «normale». Le problème, c’est qu’on nous bassine avec ce déficit pour nous faire avaler des réductions de remboursement, des déremboursements, des augmentations de forfaits hospitaliers, etc. Bref, un démantèlement de notre système de sécurité sociale publique pour nous diriger petit à petit, mais sûrement, vers un système privatisé : Les assurances complémentaires remplacent petit à petit le rôle joué autrefois par la Sécurité Sociale.

La Sécurité Sociale est née après la Seconde Guerre mondiale, alors que la France, ruinée et dévastée, était dans une situation économique catastrophique. Pourquoi, alors que la France s’est fortement enrichie depuis 50 ans, ne serions-nous plus capable de la maintenir, voire de la renforcer ? Economiquement et  techniquement, c’est possible, et on connait les solutions. Il « suffit » de prendre d’autres décisions politiques. Pour preuve, lorsqu’il s’agissait de sauver les banques, « on » a tout de suite trouvé le financement !

Commentaire de Jean-Pierre Vernet

Bien qu’on puisse parfois en douter, je crains qu’il ne faille pas prendre les gouvernements (et celui-ci ne fait pas exception) pour un tas d’imbéciles.

Comme vous le dites, “il suffit de” et la solution est assez simple puisque c’est bien un choix politique.

Alors pourquoi le déficit de la sécurité sociale est-il un refrain qui revient chaque année ?
– Soit parce que le gouvernement fait les mauvais choix politiques chaque année ; mais les faire chaque année, c’est tout de même flirter avec l’amnésie!
– Soit parce que c’est voulu.

Sans vouloir intenter un procès d’intention, on peut tout de même réfléchir sur la récurrence médiatico-politique de cette chanson du trou de la sécu. Comme vous le dites, 2,5% de marge, ce n’est pas nécessairement flagrant. Alors pourquoi ce refrain ?

De mon point de vue, cela ressemble bigrement à de la manipulation. La sécurité sociale est en effet une des rares choses à laquelle les français tiennent et sont donc prêt à faire des sacrifices. Ainsi, l’existence de ce trou (de cette menace envers ce qui est cher aux français) permet au gouvernement de créer de nouvelles taxes ou de prendre des mesures qui dans un autre contexte auraient été bien impopulaires.
On retrouve ce phénomène pour d’autres “trucs” auxquels les français tiennent. Il y a par exemple, l’écologie qui a enfanté de la taxe carbone, etc…
Les choix politiques sont souvent à lire en fonction des valeurs que l’opinion publique proclame avoir. Hélas!

 

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Une Réponse to “La Sécu pour les nuls…”

  1. Tita Says:

    Bien qu’on puisse parfois en douter, je crains qu’il ne faille pas prendre les gouvernements (et celui-ci ne fait pas exception) pour un tas d’imbéciles.

    Comme vous le dites, « il suffit de » et la solution est assez simple puisque c’est bien un choix politique.

    Alors pourquoi le déficit de la sécurité sociale est-il un refrain qui revient chaque année ?
    – Soit parce que le gouvernement fait les mauvais choix politiques chaque année ; mais les faire chaque année, c’est tout de même flirter avec l’amnésie!
    – Soit parce que c’est voulu.

    Sans vouloir faire du procès d’intention, on peut tout de même réfléchir sur la récurrence médiatico-politique de cette chanson du trou de la sécu. Comme vous le dites, 2,5% de marge, ce n’est pas nécessairement flagrant. Alors pourquoi ce refrain ?

    De mon point de vue, cela ressemble bigrement à de la manipulation. La sécurité sociale est en effet une des rares choses à laquelle les français tiennent et sont donc prêt à faire des sacrifices. Ainsi, l’existence de ce trou (de cette menace envers ce qui est cher aux français) permet au gouvernement de créer de nouvelles taxes ou de prendre des mesures qui dans un autre contexte auraient été bien impopulaires.
    On retrouve ce phénomène pour d’autres « trucs » auxquels les français tiennent. Il y a par exemple, l’écologie qui a enfanté de la taxe carbone, etc…
    Les choix politiques sont souvent à lire en fonction des valeurs que l’opinion publique proclame avoir. Hélas!

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