A propos de l’affaire Farewell : comment j’ai été informé

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

Le film consacré à l’Affaire Farewell sort ces jours-ci sur les écrans. J’en rendrai compte quand je l’aurai vu.

Mais je dois vous rappeler que j’ai tout appris de l’affaire Farewell il y a plus de trois ans, de la bouche de Paul, l’officier français qui a manipulé Vetrov pendant des années. J’en ai tiré un récit très documenté, inséré dans mon livre « Dans le Secret des Services ». Un récit qui est aujourd’hui totalement confirmé par le témoignage de Maurice Chalet, alors directeur de la DST, publié ce jour dans l’Express.

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Pour mon bouquin, l’intérêt de cette affaire était double : d’une part, et évidemment, la réussite éclatante d’une opération de contre-espionnage, peut-être l’une des plus belles de services français. Mais c’est aussi une illustration spectaculaire de la rivalité mortelle qui opposait alors la DST, au SDECE, le service de renseignement extérieur.

Pour l’anecdote, le scénario du film néglige un élément cocasse : Paul, l’officier français qui a mené cette opération de bout en bout, ne pouvait passer inaperçu : il mesure près de deux mètres. C’est le coupe de la lettre écarlate : comme on ne pouvait voir que lui  dans Moscou, personne ne l’a vu !

Je suis désolé de constater que les rivalités entre services de renseignement sont loin d’être apaisées. Comme l’a évélé Le Monde le 21 septembre, les gendarmes ont engégé une véritable guerre contre la police nationale pour s’emparer du domaine du renseignement politico-social.

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