Nouvelle Calédonie : pas de mansuétude pour Jodar

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

Gérard Jodar, président du syndicat indépendantiste USTKE (Union syndicale des travailleurs kanaks et des exploités reste en détention. Sa libération a été refusée ce mardi par la cour d’appel de Nouméa. Gérard Jodar avait été condamné en première instance pour avoir bloqué l’aérodrome Magenta, le principal de Nouvelle Calédonie.

Six autres militants s’étaient du infliger des peines allant de 4 à 12 mois ferme. La justice les a reconnu coupable d’entrave à la circulation d’un aéronef.

Ils entendaient protester contre le licenciement d’une employée de compagnie aérienne. Si l’USTKE l’Union syndicale des travailleurs kanak et des exploités peut se féliciter du soutien de Besancenot, il s’attire également la colère de milliers d’habitants, agacés par leurs méthodes d’action.

Sept syndicalistes en prison sur le territoire français, et pour des faits commis lors d’une manifestation? De quoi y voir une atteinte claire au droit de grève. Sauf que la situation est plus complexe que cela.

D’abord, parce que la scène se passe en Nouvelle-Calédonie et que les luttes sociales ne se sont pas toujours déroulées dans le plus grand des pacifismes. Ensuite, parce que le syndicat divise la population locale.

Tout commence le 28 mai dernier à l’aérodrome de Magenta. Pour protester contre le licenciement d’une employée de la compagnie Aircal, plusieurs dizaines de syndicalistes de l’USTKE, dont le président, s’introduisent sur les pistes au petit matin et montent à bord de deux appareils. Les policiers débarquent et les délogent, après de violents échanges de grenades lacrymogènes, de jets de pierre, voire de cocktails Molotov.

S’en suit une bataille entre pro et anti-USTKE. Sur le Net, ici ou , les débats sont alors très animés. Les premiers affirment que l’on tente de bâillonner un mouvement qui prône la justice sociale. Ils peuvent s’appuyer sur les soutiens de José Bové et du NPA d’Olivier Besancenot qui a publié dès lundi une lettre de soutien.

Les autres expriment leur ras-le-bol face aux actions radicales de ce syndicat, dans une pétition qui a recueilli 15 000 signatures (la Nouvelle-Calédonie compte 244 00 habitants). A l’ouverture du procès, mi-juin, un impressionnant dispositif de sécurité avait d’ailleurs dû être déployé pour éviter d’éventuels affrontements entre les deux camps qui s’étaient réunis à proximité du palais de justice.

Cette affaire judiciaire intervient, alors que les départements d’Outre-mer se sont révoltés au début de l’année contre leurs conditions de vie. L’USTKE déroule d’ailleurs la même rhétorique que le LKP: on ne parle pas de République française mais d’état colonial et on observe chaque événement par le prisme du colonialisme. Le fondateur de l’USTKE, Louis-Kotra Uregei, a d’ailleurs commenté la décision de la justice en ces termes: « J’ai une réaction d’écoeurement. C’est une décision de justice coloniale digne d’un pays totalitaire ».

Gérard Jodar n’hésite pas à prononcer de virulents discours ou à intimider le patronat pour se faire entendre. Une tactique qui n’a cette fois-ci pas payé.

Une aggravation -d’un an à 15 mois de prison ferme- de la peine prononcée le 29 juin contre le responsable syndicaliste a par ailleurs été requise par l’avocat général Jean-Louis Pagnon pour « entrave à la navigation ou la circulation d’aéronef ».

L’audience d’appel s’est déroulée sans incidents alors que dès le début de la journée, des militants de l’USTKE (Union Syndicale des travailleurs Kanak et des exploités), s’étaient rassemblés dans le calme à proximité du palais de justice.

D’imposantes forces de police avaient été déployées autour du tribunal pour contenir tout débordement éventuel des quelque 200 sympathisants qui pique-niquaient sous des tentes blanches installées pour les protéger du soleil.

« Quand je vais sortir, je serai encore plus fort que je ne l’ai jamais été », a lancé M. Jodar, vêtu d’un tee-shirt blanc au dos duquel on pouvait lire « libérez nos camarades syndicalistes », et portant un keffieh noir et blanc.

Keffieh également et tee-shirts rouges pour les cinq autres syndicalistes calédoniens qui comparaissaient détenus, comme lui et se sont vu aussi refuser leur mise en liberté. 22 autres comparaissaient libres.

Cependant, les emprisonnements concernaient des condamnations préalables pour d’autres opérations syndicales accompagnées de désordres, pour lesquelles les sursis étaient tombés, en raison du verdict du 29 juin.

« Il n’est pas question que l’État permette à M. Jodar et ses amis de ramener le territoire à la situation dans laquelle il se trouvait en 1984 », a lancé M. Pagnon, en allusion à la période la plus aiguë des violences entre communautés en Nouvelle-Calédonie, avant la pacification née des accords de Matignon en 1988.

Premier ministre au moment de ces accords, Michel Rocard (PS) a, à Paris, appelé les juges de Gérard Jodar à faire preuve « d’un souci de compréhension, de détente et d’apaisemement ».

« Il faut à la fois que le président de la compagnie aérienne se rende compte qu’il en a trop fait » en licenciant l’hôtesse et que « le syndicat évite de mélanger l’ethnique et le social », a déclaré M. Rocard sur France Info.

« Sur le plan social » les syndicalistes de l’USTKE « ont raison, le licenciement est excessif. Sur le plan ethnique, ils ont tort d’en avoir fait une affaire de dignité kanak, c’est une affaire de dignité sociale », a-t-il ajouté.

L’avocat des prévenus, Laurent Aguila, a livré un plaidoyer très politique et insisté sur les inégalités sociales dans ce territoire français du Pacifique.

« L’État veut la tête de M. Jodar », a-t-il proclamé, mettant directement en cause le haut-commissaire Yves Dassonville pour les interventions très fermes des forces de l’ordre lors des affrontement de début août.

Le maintien en détention du président de l’USTKE intervient dans un contexte social tendu en Nouvelle-Calédonie. Samedi, plus d’un millier de personnes ont défilé dans le calme à Nouméa pour demander la libération des syndicalistes.

Ce lundi, une quarantaine de personnes, militants de l’USTKE et quelques syndicalistes de la CGT et de Sud, se sont rassemblées devant le palais de justice

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :