PP : flash ball et réforme

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

Avant même d’inaugurer ses nouvelles structures, la Préfecture de Police doit surmonter un redoutable obstacle pour que soit reconnue sa crédibilité. Il faut que soit réglée cette affaire de tir de flash ball dont a été victime le réalisateur Joachim Gatti, petit-fils du dramaturge Armand Gatti.

On rappelle les faits : le 8 juillet des manifestants tentent de s’interposer pour éviter l’évacuation d’un squat à Montreuil. Lors d’affrontements avec la police, le cinéaste reçoit dans l’œil un projectile de flash ball. Œil perdu. Jean-François Herdhuin, directeur départemental de la Sécurité ne prend pas la mesure de « l’incident de police », il commence par couvrir les hommes de la BAC, brigade anti-criminalité. Une unité qui n’est pas spécialisée dans le maintien de l’ordre et qui, surtout, n’aurait pas dû être dotée de flash ball.

Au printemps 2008, lors d’un rassemblement de lycéens au Champ de Mars pour fêter le bac, les policiers avaient déjà utilisé des flash ball à tir tendu, à hauteur de visage. Mon propre petit fils, alors âgé de 17 ans, avait été touché à la pommette. J’avais demandé des explications à la Préfecture de Police, qui m’avait répondu de façon fort embarrassée. Pour leur part, les syndicalistes policiers m’avaient précisé les conditions précises d’emploi : cette arme dite « non léthale » est en principe réservée aux situations d’urgence, quand des policiers très menacés doivent se dégager. Action de défense contre une menace imminente grave. Et surtout pas d’action offensive.

Il apparaît que le message n’est pas vraiment passé. On constate que dans les incidents en banlieue, on use et on abuse du flash ball. L’affaire de Montreuil n’est qu’une parmi d’autres. Aggravée par un répression sans ménagement – c’est le moins qu’on puisse dire – cinq jours plus tard lors d’une nouvelle manif de protestation.

L’enquête de l’IGS – Inspection générale des Services – a permis d’établir clairement que le flash ball a été utilisé à Montreuil hors des règles.

D’ailleurs, face à la multiplication de blessures sérieuses occasionnées par des tirs de Flash-Ball , la Direction centrale de la sécurité publique (DCSP) avait adressé, en mai, une note aux divers directeurs départementaux leur rappelant les « règles impératives » de l’utilisation de cette arme. Parmi celles-ci, on note le respect des distances minimales (« pas moins de sept mètres »), l’interdiction de viser « au niveau du visage ou de la tête » et un usage « proportionné » aux faits et lié à la légitime défense.

Est-ce une conséquence ?  Fin juillet le patron de la Sécurité publique en Seine-Saint-Denis, l’inspecteur général Jean-François Herduin a été muté… à l’Inspection générale des Services, qui sert aussi de « structure d’accueil pour les policiers que l’on veut punir sans les sanctionner. Il devra y oublier qu’il passait pour un spécialiste des quartiers difficiles.

Selon Le Monde cette mutation pourrait s’inscrire dans le cadre du bouleversement général qui va transformer la Préfecture de police à partir du 14 septembre, provoquant un important mouvement de mutations.

 

Les contours du mammouth, la nouvelle Préfecture de Police : Sécurité publique et Sûreté (police judiciaire)

La PP sous cape

La PP sous cape

Les contours de cette réforme de la Préfecture de police qui entrera en vigueur le 14 septembre se précisent. L’administration policière se prépare à un bouleversement territorial profond, avec la prise de contrôle, par la préfecture de police de Paris, des départements de la petite couronne (Seine-Saint-Denis, Hauts-de-Seine, Val-de-Marne). Cette réorganisation va radicalement modifier les structures des forces de l’ordre avec la création d’unités interdépartementales. Elle se traduira aussi par un grand mouvement de mutations.

« Une cinquantaine de hauts fonctionnaires, au sein de la police, vont voir leur poste ou leurs missions évoluer fortement », explique une source syndicale.

Dans ce nouveau schéma il y a lieu de distinguer dans les missions la Sécurité publique confiées à la DISPAP (direction interdépartementale de sécurité de proximité de l’agglomération parisienne)  et les missions de police judiciaire, reposant pour les communes de la petite couronne sur les sûretés départementales, 92, 93,94,95. Depuis longtemps opérationnelles les « Sûretés » conservent toute leur place dans la future organisation.

Depuis leur création en 1991, nous indique un commentaire de la PP, les « Sûretés » ont amplement fait leur preuve dans la lutte contre la délinquance locale et apparaissent comme un maillon fondamental de la police d’agglomération qui sera mise en place le 14 septembre ;

Le lancement de la police d’agglomération avait été annoncée dès le mois de décembre 2008 par le Président de la République, puis confirmée par ce dernier en déplacement à la préfecture de police en mai 2009, date de lancement de la rédaction détaillée du décret récemment passé en conseil des ministres.

Les effectifs globaux de la PP dépasseront 40 000 personnes si l’on y intègre les pompiers de Paris (8000 personnes), pour atteindre un total de plus de 45 000 pour l’ensemble de la préfecture de police La DISPAP devrait à elle seule  atteindre 26 000 fonctionnaires.

Cette réforme implique également l’extension des compétences de la direction de l’ordre public et da la circulation. Les compétences reconnues de cette entité (créée à Paris en 1999) en matière d’ordre public et de gestion de la circulation bénéficieront ainsi à la petite couronne pour des « services » pour eux jusqu’ici particulièrement coûteux en effectif (stade de France, Salon du Bourget, Tour de France, service d’ordre au MIN de Rungis ou à la Défense, etc) ou pour la fluidification de la circulation régionale.

grandparis.htm

Ces réorganisations interviennent dans un contexte rendu délicat par les mauvais résultats enregistrés ces derniers mois en matière de sécurité. Alors que la situation reste toujours tendue en banlieue – comme l’ont montré les violences récentes à Bagnolet (Seine-Saint-Denis) et le nombre important d’incidents au cours des nuits du 14-juillet – les statistiques globales de la délinquance évoluent défavorablement. Les études de l’observatoire national de la délinquance (OND) font ainsi état d’une hausse significative des agressions contre les personnes depuis la fin 2008 (+4,3 % sur 12 mois).

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2 Réponses to “PP : flash ball et réforme”

  1. Fabien Says:

    Pour les ceusses qui souhaitent approfondir, la réforme du 18 avril 1999 est expliquée ici :
    http://www.prefecture-police-paris.interieur.gouv.fr/connaitre/reforme/intro.htm
    et les missions de la DOPC détaillées là :
    http://www.prefecture-police-paris.interieur.gouv.fr/infos_proxi/dopc/presentationdopc.htm
    où l’on voit qu’elle lutte aussi contre la délinquance. Cela dit, outre les grands (et petits) événements, il lui arrive aussi de faire des choses que l’on ne soupçonne pas, comme… escorter des nilgauts :
    http://menilmontant.numeriblog.fr/mon_weblog/2009/06/six-motards-pour-escorter-les-nigaults.html
    ou de trouver des hippopotames qui refusent d’embarquer mais ne se fon par pour autant expulser…
    La DOPC, comme beaucoup d’autres unités, est sectorisée :
    http://www.prefecture-police-paris.interieur.gouv.fr/infos_proxi/dopc/districts_dopc.htm
    C’était la petite rubrique pédagogique à l’usage des non parisiens… pas trop au fait de la chose policière.

  2. phmadelin Says:

    Merci, Fabien

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