Fin de secret bancaire (suite) le compromis UBS

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

UBS – Un point final ?

C’est presque la fin d’un saga prodigieuse : comment les Etats-Unis d’Obama ont mis à genoux la plus grande banque de gestionde fortune du monde.

Je me rappelerai toujours ma visite au siège d’UBS, Bahnofstrasse à Zurich. Un bâtiment solide, presque dans le genre prussien. Des couloirs sombres. Un hall réservé aux directeurs presque aussi grand qu’une gare de chemin de fer. Moquettes grises et silence en plus. Pas d’hôtesse au sens traditionnel, mais des secrétaires en tailleur Chanel. Je venais là pour améliorer mes connaissances en matière de gestion de fortune des dictateurs. concernant en l’occurrence Ferdinand Marcos, le dictateur des Philippines. Très probablement pour préparer le livre que je devais publier, à partir d’un projet de magazine télévisé que m’avait refusé Michèle Cotta qui avait considéré que ces questions n’étaient pas vraiment intéressantes. J’étais en avance et elle pas encore à l’heure.

En bref en octobre 1991, j’ai été reçu avec une grande courtoisie par un Vice-Président, Robert Favarger, qui m’a expliqué avec gravité que son établissement avait pris la décision irrévocable de ne plus accueillir l’argent sale, en particulier l’argent des dictateurs. Il admettait que c’était le résultat d’une politique engagée dès 1983, considérant que le secret bancaire n’était plus un enjeu aussi décisif en Suisse que par le passé.

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Robert Favarger a perdu toutes ses fonctions en 1995, et l’UBS s’est progressivement engagée dans une politique précisément centrée sur la mise en valeur de l’argent sale. De l’argent sale, en particulier issu de la fraude fiscale, massivement déposé dans des comptes secrets ouverts par l’UBS. Notamment aux Etats-Unis : plus de 52 000 comptes, des milliards de dollars dissimulés.

Dès avant l’arrivée de Barack Obama à la Maison Blanche, le gouvernement américain a commencé à exercer de lourdes pressions sur l’ensemble des banques suisses, UBS et Crédit Suisse, entre autres. La filiale américaine de l’UBS faisait la sourde oreille. Il a fallu qu’elle soit traduit devant un tribunal de Miami pour qu’elle consente à s’orienter vers des positions moins rigides. Moins préjudiciables pour le fisc américain.

Un détail qui tue, qui ne peut s’inventer, le juge chargé de ce dossier s’appelle… Gold.

Les poursuites commencent en juin 2008. A peine Obama est-il installé à la Maison Blanche, le 12 novembre 2008, qu’un premier jugement impose à l’UBS une amende de 750 millions de dollars. La banque accepte de livrer les noms de 250 de ses clients « clandestins ». Mais l’IRS – l’administration fiscale américaine – ne peut se contenter d’un aussi modeste score. On n’arrête pas les poursuites. L’UBS se défend pied à pied, plaide coupable (plea guilty) pour éviter un procès public.  Malgré les rumeurs sur un règlement amiable, le département américain de la justice dépose une requête devant la Cour fédérale de Floride pour obtenir les noms des 52.000 clients secrets de la banque, sous peine d’avoir à régler des milliards de dollars d’amende.

La justice américaine publie le 17 août, sur le site internet de la cour de district centrale de Californie à Los Angeles, le témoignage de John McCarthy. Il y explique comment UBS l’a aidé à frauder en mettant sur pied une structure internationale complexe. Cet Américain  a accepté de plaider coupable d’avoir omis sciemment de déclarer au fisc de son pays l’argent qu’il détenait sur ses comptes ouverts chez UBS en Suisse ou ailleurs.   150 clients d’UBS risquent, à titre personnel, des poursuites pénales pour évasion fiscale.

Le bras de fer se poursuit, jusqu’à conclusion d’un « arrangement » le 17 août. Ainsi, UBS devrait s’en tirer sans avoir à s’acquitter d’une amende supplémentaire, au-delà des 780 millions de dollars (552 millions d’euros) qui ont été évalués par les poursuites pénales. Mais il est prévu que l’UBS devra communiquer au gouvernement américain les coordonnées de 5000 comptes. Sur 52 000. En espérant que ce premier accroc au Secret bancaire suisse obligera les autres titulaires à se dénoncer eux-mêmes.

Cet accord enfreint ouvertement la loi suisse qui interdit absolument la levée du secret bancaire. Et, bien sûr, il inquiète fortement les autres établissements bancaires suisses car le gouvernement américain menace déjà d’intenter d’autres poursuites qui pourraient d’étendre à tout le système financier suisse. L’économie helvétique va s’en ressentir.

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