Casse industrielle : après New Fabris, Nortel : menaces

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

« Nous voulons 100.000 euros par personne licenciée » avait asséné un représentant des salariés de Nortel. Sinon, tout risque de péter. »

On n’avait plus entendu parler de ces menaces violentes dans le monde industriel depuis des années, mais ça revient. Après les personnels de New Fabris à Châtellerault qui menacent de « faire sauter » leur usine si Peugeot et Renault ne versaient pas 30000 euros à chacun des licenciés, ce sont les salariés grévistes de Nortel, à Châteaufort (Yvelines) qui ont installé une dizaine de bouteilles de gaz autour de leur usine.

Nortel France SA, filiale française de l’équipementier en communication canadien éponyme et centre de recherches sur les technologies sans fil, a été placée en liquidation judiciaire le 28 mai dernier .Les bâtiments Nortel

Le plan social Nortel prévoit la suppression de 467 emplois sur 687, pour l’essentiel des cadres.

L’action a été arrêtée. A temps ? Les syndicats de l’équipementier de télécommunications canadien Nortel ont levé mercredi leur menace de faire sauter l’usine de Châteaufort (Yvelines) après avoir obtenu une réunion avec l’administrateur provisoire.

« Les organisations syndicales se sont engagées à retirer les bouteilles de gaz placées sur le site après avoir obtenu satisfaction sur leur demande »,

Je dois avouer comprendre de moins en moins la stratégie des industriels qui semblent s’acharner à vouloir détruire les outils industriels dans toute l’Europe de l’Ouest, et, évidemment, en France. Au nom de la rémunération immédiate maximum des capitaux, on démantèle des dizaines d’entreprises stratégiquement importantes, dans tous les secteurs. On dépouille les hommes et les femmes de leurs emplois. Parfois au profit de régions où le coût de la main d’oeuvre est moindre. Ce qu’on appelle les « délocalisations ».

Il apparaît de plus en plus évident que ce qu’on appelle la Crise constitue un prétexte générateur de chômage, alors que les détenteurs de capitaux ont repris leur course furieuse vers les « marges maxima ». La banque d’affaire new-yorkaise Goldman Sachs vient d’enregistrer au deuxième trimestre un profit de  3.44 milliards de dollars.En France tous les grands groupes bancaires sont bénéficiaires.

A quoi serviront tous ces profits s’il n’y a plus de consommateurs ?

Ces réflexions pourront sembler simplistes, mais elles reflètent une vraie colère d’une grande partie des salariés victimes des « plans sociaux » injustifiés.

Au lieu de multiplier les actions de répression contre les petites gens, contre les gens d’en bas, le gouvernement devrait réprimer les actions économiques « inopportunes ». Moins de flics, plus de relance. Pourquoi les Socialistes ne mettent-ils pas en oeuvre avec vigueur un tel programme ? Moins de discours et de chicaïa, un peu plus d’action résolue, SVP.

societe-les-racines-de-la-violence

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Une Réponse to “Casse industrielle : après New Fabris, Nortel : menaces”

  1. Tita Says:

    « Pourquoi les Socialistes ne mettent-ils pas en oeuvre avec vigueur un tel programme ? »

    Une politique keynésienne (= relancer la production en relançant la demande — c’est à dire, la consommation) fut mise en place lors de l’arrivée de Mitterrand à L’Elysée. Cependant, il semble que ce fut plutôt un échec car les français au lieu d’acheter des produits français (pour relancer l’économie française) ont acheté des magnétoscopes japonais. Une politique keynésienne a donc d’autant plus de chance d’être efficace que l’économie est fermée. A l’heure actuelle où le libre-échange est érigé en dogme religieux, ça ne passe pas.

    Certes, la crise est mondiale et si tous les gouvernements faisaient une telle politique, ce pourrait fonctionner… sauf que :
    – ça fonctionnerait surtout pour les pays producteurs des biens les plus vendus (les autres n’ont donc pas d’intérêt)
    – chaque pays tenterait d’investir le moins et de recevoir le plus.
    – l’ère industriel est un peu passé. J’ai plutôt l’impression qu’on est dans l’ère de la finance (faire du fric avec du fric, non en produisant). A ce moment, les consommateurs n’ont aucune importance (on le sent bien d’ailleurs actuellement).

    On en viendrait alors à croire ceux qui affirment qu’en fait, la politique actuelle des ploutocrates (et des gouvernements qui les servent), c’est d’appauvrir les peuples afin d’enrichir les plus riches, toujours plus. Pour l’heure, indépendamment des blablas justificateurs, les faits leur donnent raison.

    Face à cette prise en otage, les petites gens n’ont pas d’autre choix que l’extrémisme.

    Cela me fait penser à l’histoire du Portugal. Il y a quelques siècles, les nobles, jaloux de la richesse des bourgeois parvinrent à priver les bourgeois de leurs droits commerciaux. Très rapidement, les fortunes de ces derniers s’évaporèrent et la pauvreté extrême arriva chez les petites gens. Avec elle, est arrivé aussi un boum de la prostitution, des crimes, de la misère, de la faim, etc… mais la noblesse était contente.

    Et si on rajoute à cela que c’est un terreau fertile pour que toute cette frange appauvrie de la population fasse des émeutes ou une révolution, on comprend la paranoïa et les lois sécuritaires et liberticides de notre joyeux gouvernement… On comprend aussi qu’il soit nécessaire pour lui de contrôler au maximum la diffusion d’idées « trop insurrectionnelles » d’où son délire de contrôler l’éducation, les courriels (cf. hadopi II), les TV, les journalistes et de faire peur (Colonna, Coupat, etc…).

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