Sécurité : l’ordre au prix du désordre (bis)

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

Avec l’AFP et Le NouvelObs

On peut percevoir la main lourde de Brice Hortefeux, le nouveau ministre de l’Intérieur, dans les affrontements entre manifestants et « forces de l’ordre » hier soir à Montreuil. On ne dira plus : « Brice de Nice », mais « Brice la matraque » » comme son lointain prédécesseur Raymond Marcellin.

Quelques centaines de personnes défilaient pour protester contre les violences policières de la veille au cours desquelles plusieurs personnes avaient été touchées par des tirs de fash ball. Les policiers ont chargé apparemment sans raison pour « disperser » les manifestants. Sur « instructions supérieures ». Démonstration : il faut et il suffit de taper sur des manifestants qui n’en demandent pas tant pour mettre en lumière les risques encourus par l’ordre public.

La maire de Montreuil, Dominique Voynet a mis en cause le comportement du directeur départemental de la sécurité publique qui, interpellé par des habitants, aurait rétorqué :

« Si vous n’êtes pas contents, il faut être conscient du fait qu’en Iran, on tire sur des gens ».

On ne voit pas le rapport !

Selon Dominique Voynet, il n’y a pas eu de blessés lors de ces affrontements et douze personnes ont été interpellées, « un peu au hasard » dont « un journaliste du Monde« , puis remises en liberté.

Décidément, cette équipe au pouvoir entend à tout prix semer le désordre au nom de l’ordre.

Peine perdue d’ailleurs. Cette nuit trois cent dix-sept voitures ont été brûlées en France, dans la nuit du 13 au 14 juillet, selon un bilan provisoire arrêté à 06H00, communiqué mardi par la direction générale de la police nationale (DGPN), soit 6,73 % de plus qu’au cours de la même période de 2008 (297).

Si globalement « la nuit a été relativement calme, sans incident majeur », relève la DGPN, il y a eu toutefois « plusieurs agressions (contre les forces de l’ordre) avec des engins pyrotechniques, du genre mortiers de feux d’artifices ». Douze policiers et un gendarme ont été blessés, « essentiellement victimes de troubles auditifs à la suite des explosions » provoquées par ces engins. Il suffit de s’entendre sur le concept de blessure !

A 06H00 mardi, 240 personnes avaient été interpellées au cours de la nuit, contre 121 en 2008 (+ 98,35%), dont 190 ont été placées en garde à vue contre 72 en 2008 (+ 163,89%).

Du chiffre avant tout. Mettre le maximum de trublions en taule et les déférer devant la justice. Déjà que les prisons débordent… On va bientôt construire des camps d’internement, non ?

L’an dernier, mon petit fils avait été touché au visage par un projectile de flash ball lors d’un rassemblement pacifique de lycéens au Champ de Mars.

J’avais alors enquêté sur les conditions d’emploi du flash ball par les policiers et les gendarmes lors de manifestations. Il m’avait été précisé, de source policière, que l’usage de cette arme censée non létale est strictement encadré. Elle ne peut être mise en oeuvre par les force de l’ordre que pour se dégager lorsqu’elles sont surclassées dans une manifestation. En outre il est interdit de tirer au-dessus du niveau  la ceinture, en pratique l’usage est donc limité aux tirs dans les jambes.

J’avais saisi de cet incident la Préfecture de Police. Il m’a été répondu qu’une enquête avait été engagée. Je n’ai jamais eu connaissance du résultat.

Notre Président bien aimé est-il tout à fait certain de la « rentabilité électorale » de tels comportements policiers, ou bien nous prépare-t-il à accepter des lois d’exception pour « rétablir l’ordre » ?

Publicités

Étiquettes : , , , ,

Une Réponse to “Sécurité : l’ordre au prix du désordre (bis)”

  1. Fabien Says:

    Selon le témoignage que j’ai lu sur le site du Monde, le stagiaire a recouvré la liberté à 6h30. Or avant 22h tombait une dépêche AFP indiquant que le calme était revenu. Ce qui signifie que les GAV ont duré plus de huit heures, davantage qu’un « simple » contrôle d’identité !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :