Justice, banlieues : l’ordre au prix du désordre

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

En banlieue, le grand désordre risque d’être le prix à payer pour le rappel à l’ordre à tout prix.

Alors que les incidents se multiplient en banlieue entre « forces de l’ordre » et jeunes, le premier procès consacré aux violences qui ont éclaté à Villiers-le-Bel, dans le Val-d’Oise, en novembre 2007 s’ouvre ce jeudi matin devant le tribunal correctionnel de Pontoise.

Dix personnes sont jugées durant deux jours pour des jets de projectiles contre les forces de l’ordre. Ils comparaissent libres sous contrôle judiciaire et sont poursuivis pour violences volontaires. Plusieurs circonstances aggravantes ont été retenues, les faits ayant été commis avec armes, sur des fonctionnaires de police, en réunion, avec guets-apens. Les prévenus encourent jusqu’à sept ans de prison.

Le principe constitutionnel est que toute faute doit être sanctionnée, surtout quand les « forces de l’ordre » sont impliquées. Mais est-il bien raisonnable de se lancer dans une telle opération judiciaire alors que se multiplient les signes d’une aggravation des tensions entre les « jeunes » habitants des banlieues deshéritées et l’Ordre public ? Est-il vraiment raisonnable de considérer comme des victimes des CRS cuirassés de pied en cap qui se sont déclarés « blessés légers » dans les affrontements. Probablement pour obtenir quelques jours de « congé-maladie ».

Je parle de ces affaires de banlieue depuis vingt ans dans mes bouquins. J’ai visité la Cité des Bosquets à Montfermeil voilà trente ans, bien avant les « hautes autorités de l’Etat ». On y brûlait déjà des voitures de police. J’ai patrouillé avec et sans les flics dans ces banlieues, sans attendre l’exemple du conseiller spécial et plume de Nicolas Sarkozy, Henri Guaino : désirant participer à une ronde de nuit policière, il était à bord d’une voiture de la BAC (brigade anti-criminalité) qui  a été la cible de jets de pierre à Montfermeil, justement.

Mes témoignages sont vains : ces messieurs de là-haut ne lisent pas.

Ne serait-il pas temps de considérer le problème par le bon bout, en traitant les causes, et non en se lamentant sur les effets ?

Sinon, on aura vraiment la guerre.

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