Sécurité : la nouvelle guerre froide se déroulera sur le champs du numérique

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

Les décombres du World Trade Center à NY le 11 septembre 2001 appartiennent à l’histoire, la même histoire que les ruines de Dresde ou des villes japonaises ravagées par les engins nucléaires en 1945. Et nous ne sommes déjà plus dans cette histoire-là.

Les décombres de la prochaine guerre totale ne seront pas visibles, pas photographiables. Et pourtant les ravages seront infiniment plus graves. Les ravages d’un conflit absolu sur les territoires du numérique, de l’information, du contrôle des grands systèmes.

Selon Valérie Andrianavaly, de la Commission européenne, le forum économique mondiale estime que la probabilité d’un effondrement total des services informatiques affectant le monde entier se situe entre 10 et 20% dans les dix années à venir. Coût prévu : 250 milliards de dollars.

La récente crise financière serait donc rangée au rang des petits accidents de l’histoire. Pourquoi ? Parce qu’aujourd’hui le numérique a tendance à tout régir, sans qu’on en mesure réellement les risques.

Les 25-26 juin  2009 j’ai assisté au Sénat à un colloque sur La sécurité numérique des activités d’importance vitale en France.

Heureusement, je ne me suis pas précipité pour rendre compte de ce colloque consacré a la La sécurité numérique des activités d’importance vitale en France car pendant week-end est tombée une nouvelle inquiétante : les Russes et les Américains seraient en total désaccord pour la régulation de la sécurité numérique au plan mondial.

Ce sera l’un des principaux thèmes de discussion entre Barack Obama et ses interlocuteurs russes lors du voyage du Président américain à Moscou cette semaine.

Je vais être amené à revenir en détail sur les problèmes soulevés : les risques réels et leur ampleur à partir d’exemples concrets, dont certains à ce jour non répertoriés comme des accidents informatiques ; le niveau de maîtrise de ces risques informatiques ; les politiques de prévention et de correction élaborées notamment au niveau de la Communauté européenne.

Nous somme en présence d’une révolution probablement sans précédent, au niveu de la révolution industrielle du 19° siècle. On ne s’en rend pas compte parce qu’on ne la mesure pas, on ne la voit pas.

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3 Réponses to “Sécurité : la nouvelle guerre froide se déroulera sur le champs du numérique”

  1. Tita Says:

    J’ai un peu de mal à comprendre ce qu’est un effondrement total des services informatiques. Qu’est-ce donc que cette bête là ? Un cash du réseau (internet HS) ou une turbulence magnétique (mettant à mort tous les instruments électroniques, dont internet et mon PC…?). Si vous avez l’occasion, une petite explication ne me serait pas superflue. Merci par avance.

  2. phmadelin Says:

    Ce sera la suite de mon enquête. Crash total : interruption totale de service, incapacité des systèmes à gérer et à corriger les problèmes. Par exemple : blocage total des transactions sur le système Swift, par lequel transitent une grande partie des grosses transactions financières. Le vrai crash est accidentel et d’autant plus dangereux. Mais des attaques informatiques, telles que celles pratiquées par les Russes contre la Lettonie ou le Géorgie peuvent avoir le même effet.

  3. Tita Says:

    Merci pour cette précision. Sur le coup, je n’avais pas réalisé que les cartes bancaires perdaient tout pouvoir, que les transactions étaient gelées ou perdues, etc…

    Dans le fond, c’est logique : le premier objectif d’un bon stratège, c’est de couper les communications de l’ennemie et si ces communications sont numériques, alors le numérique est visé.

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