Docudrama France 2 : le meurtre de Robert Denoël

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

Comme mon blog des « trois cultures » n’est guère consulté, je vais le conserver comme espace de stockage, après avoir publié ici les papiers culture.

C’est ainsi que je suis conduit à rééditer un billet consacré à un film destiné à France 2, consacré au meurtre de l’écrivain Robert Denoël.

DocuDrama : les Livres qui tuent, Robert Denoël

Quelle est la part de responsabilité d’un éditeur dans la diffusion des idées ? Et surtout des idées mortifères, fascistes et racistes ? La liberté d’éditer est-elle sans limite ? L’engagement de l’éditeur peut-il le conduire jusqu’à la mort ?

Ce sont les questions posées par ce DocuDrama assez singulier, qui tente de nous donner sinon une solution du moins une explication au meurtre de l’éditeur Robert Denoël en 1945.

Le 2 décembre 1945 en fin d’après-midi, Robert Denoël est assassiné d’une balle dans le dos, square des Invalides.

Son amie Jeanne Loviton s’était absentée quelques instants pour chercher un taxi, elle a retrouvé Denoël étalé sur la chaussée, face contre terre.

Les enquêtes policières n’aboutiront jamais, l’affaire est classée sans suite malgré une instruction longue de plusieurs années.

La vérité est qu’on ne sait rien sur ce meurtre, sinon que la victime était un Belge, un de ces éditeurs parisiens qui ont continué à travailler, et beaucoup, durant l’Occupation. Dominés par l’extrême droite raciste, et dépendant largement des Nazis pour les livraisons de papier.

Le film « Les livres qui tuent » s’appuie sur les éléments d’enquête connus et sur un livre écrit par Mme Cécile Denoël, épouse légitime et évincée.

Son livre est un vrai faux roman, où tous les noms sont cités en clair.
Lire à ce propos un long papier d’Henry Thyssens, à propos de ce « roman » à clés translucides
http://louisferdinandceline.free.fr/indexthe/denoel/assa.htm

P1040992 Jean-Pierre Grumberg ( © Ph.Madelin)

A partir de ces éléments peu copieux, le scénariste Jean-Claude Grumberg a tricoté son histoire à lui. Pour donner du corps à l’enquête, il l’incarne dans le personnage d’un reporter belge à la Tintin – Lorant Deutsch est fort crédible dans ce rôle –  chargé d’élucider l’affaire pour le quotidien « L’Express liégeois ». Le début semble une pantalonnade chic et allègre, mais le polar tourne au vinaigre quand le journaliste, Léon Lenoir, révèle qu’il s’appelle en fait Léo Schwarz, qu’il est juif et que ses parents ont disparu dans un camp de concentration nazi.

Ce choix peut accréditer l’idée que Denoël ait été victime non pas de voyous, de rôdeurs, ou pire, d’un GI américain noir, mais – thèse 1 – d’un règlement de comptes facilitant le transfert des Editions Denoël aux Editions Gallimard comme le suggérait la veuve, mais qui semble peu crédible, ou – thèse 2 qui clôt le film – d’une exécution sommaire exécutée par vengeance par un ancien résistant de confession juive.

De toute façon, climat glauque bien rendu. La comédie initiale m’a surpris, mais j’ai fini par être convaincu. Elle justifie l’enquête et permet d’en comprendre les tenants et aboutissants complexes.

A retenir : l’histoire du Résistant exécuteur des hauts et basses œuvres qui après la guerre a fondé et géré un orphelinat pour enfants perdus. C’est joliment raconté.

Il est étonnant de voir à l’origine du film Jean-Pierre Guérin, qui n’est pas juif et qui est né en 1940 dans les Landes, donc ne pouvant connaître cette époque. Guérin m’a confié :

«  Les gens me trouvent curieux. Qu’en pense-tu ? »

Nous avons longtemps travaillé ensemble à TF1
P1040990J’ai assisté le 3 juin à la projection en avant-première de ce film de Denys Granier-Deferre réalisé par « Les livres qui tuent », 93 minutes, sur un scénario de Jean-Claude Grumberg.
La programmation sur France 2 n’est pas encore déterminée. A l’automne, peut-être…
Produit par GMT Productions – Jean-Pierre Guérin – et France 2.
avec Lorant Deutsch, Blanche Gardin, Hubert Saint-Macary
A la SGDL, 3 juin 2009, Hôtel de Massa, Sous la présidence, de Alain Absire, président de la Société des Gens de Lettres.
La projection a été suivie d’un dialogue entre la salle, le réalisateur et le scénariste, présentés par Catherine Borgella.

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