Anti-terrorisme : une affaire Coupat à la Belge

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

Au détour d’une information apparue de façon quasi accidentelle, on découvre les curieuses pratiques de la justice belge, en matière d’anti-terrorisme. Les lois anti-terroristes et leur application outre-Quiévrain montrent que, comme en France, le procès d’intention fait florès.

La législation «anti-terroriste» belge permet de poursuivre en justice une personne qui n’a ni commis, ni eu l’intention de commettre, ni été complice de personnes cherchant à commettre des actes criminels. La simple appartenance à une organisation considérée comme terroriste suffit à justifier une condamnation.

Sur cette base ont été multipliées les actions multiples menées contre un gauchiste belge d’origine turque, Bahar Kimyongur.

Amorcée en février 2006, l’interminable procédure engagée par la Belgique contre ce sympathisant du parti marxiste-léniniste turc DHKP-C arrive à son terme. Le troisième procès en appel fournit une occasion aux partisans de la guerre globale au terrorisme pour remettre en cause la liberté d’expression et pour criminaliser tout lien intellectuel avec des groupes radicaux.
Le 29 mai vient de se terminer devant la Cour d’appel de Bruxelles le quatrième et ultime procès intenté à l’étudiant turc Bahar Kimyongur. Son nom est apparu dans l’actualité à la suite des poursuites judiciaires menées sur la base de la législation dite « anti-terroriste ». Il a en effet été inculpé pour terrorisme pour avoir traduit du turc vers le français relayé et à la presse belge un communiqué du DHKP-C, une organisation révolutionnaire turque considérée comme terroriste par l’État turc et classée sur la liste des organisations terroristes par l’Union européenne à la suite des événements du 11 septembre.
En février 2006, Bahar Kimyongür a été condamné à quatre ans de prison ferme par le tribunal de première instance de Bruges pour «terrorisme» dans le cadre du procès «DHKP-C», réunissant plusieurs inculpés poursuivis pour «appartenance» à ce mouvement d’extrême-gauche turc.
Verdict le 14 juillet.

Sur l’anti-terrorisme en Belgique et la question des libertés, voir les travaux de Jean-Claude Paye est un sociologue et essayiste belge. Il est entre autres l’auteur de Global War on Liberty, La Fin de l’État de droit et de Vers un État policier en Belgique ?

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