Police : la réalité et les promesses de Nicolas

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

Mise à jour, 18 h 27, samedi

Pour 2009, selon Michel Diefenbacher, rapporteur spécial de l’Assemblée, la police va perdre 2383 ETPT postes, après en avoir perdu 1 283 l’an passé et la gendarmerie 1625 postes, et ce après la baisse de 965 en 2008). Au total cela fait quand même 4 008 ETPT en moins pour 2009 !

Et ce n’est qu’un début car les syndicats évoquent une restriction de plus de 8000 policiers à l’horizon 2011 et de 3000 gendarmes…

En 2002, le député Noël Mamère expliquait que la France se situait en Europe au troisième rang européen pour le nombre de policiers (et gendarmes) par habitant. Cet été 2002, le Ministre de l’Intérieur de l’époque, Nicolas Sarkozy présentait  une loi prévoyant le recrutement sur 5 ans de 13 000 fonctionnaires supplémentaires (soit 6500 policiers et 6500 gendarmes), ce qui accessoirement nous plaçait probablement en tête de l’Europe pour le nombre de fonctionnaires Police et Gendarmerie par rapport au nombre d’habitant.

Michel Diefenbacher est député UMP du Lot-et-Garonne.

Sur le blog du député PS Jean-Jacques Urvoas, j’ai récupéré quelques éléments supplémentaires.

On compte à peu près un policier pour 115 habitants à Paris intra-muros, pour un policier pour 450 habitants en banlieue. Si on inversait ces ratios, on obtiendrait peut-être de meilleurs résultats en matière de répression des violences faites aux personnes. Les « spécialistes » de la chose policière répliquent en  arguant de ministères à protéger, en plus de l’Elysée, ou encore de personnalités et autres ambassades.

L’association Gendarmes et Citoyens a cherché à faire les comptes pour 2009. A peu de choses prés, pour les gendarmes, nous trouvons 72 200 sous-officiers et 6 600 officiers .

Les autres effectifs sont des gendarmes adjoints volontaires et des administratifs. Trés peu efficients pour la sécurité, même si l’on tente de faire croire le contraire.

En outre, nombre des gendarmes sont également employés comme des administratifs. En Gendarmerie, Le tour de passe passe en cours consiste à réduire les brigades à quatre gendarmes plus deux GAV.  Les brigades de campagnes qui n’ouvrent déjà plus qu’un jour ou deux par semaine seront fermées et une partie de l’effectif sera reversé à la COB, l’autre partie se dissoudra.

L’objet nous apparait bien sur de transférer la charge de la surveillance aux maires qui se trouveront dans l’obligation de bâtir des polices municipales et de faire de la gendarmerie une police d’intervention.

Quand on parle d’effectifs de police, il faut  inclure les effectifs des polices municipales

« Quand on parle d’effectifs de police, il faut également inclure les effectifs des polices municipales et ceux des gardes ruraux qui ne cessent d’augmenter. » Voir à ce sujet le récent rapport du préfet Jean Ambrioggiani : « Les polices municipales, toutes catégories de personnels confondues, ne représentent qu’un effectif de 23 000 agents. » Toujours selon le même rapport, les gardes champêtres seraient environ 1 800 tandis que les ASVP (agents de surveillance de la voie publique) dont les compétences sont limitées au stationnement représenteraient 3 000 personnes. Enfin, le ministère de l’Intérieur recense 3 326 communes dotées d’une police municipale, employant 17 458 agent de police municipale. Nous sommes donc loin, très loin des 40 000 agents annoncés.

« A Orléans, par exemple, la police municipale compte 110 fonctionnaires territoriaux qui ont la qualité d’agent de police judiciaire adjoint. Ceci représente un policier municipal pour 1000 habitants. »

Ceci dit, la diversité est de mise entre les polices municipales. D’ailleurs, les effectifs sont très variables d’une localité à l’autre. Sur l’ensemble des communes nanties d’une police municipale, presque la moitié ne dispose que d’un ou deux agents alors qu’une dizaine de villes, dont Lille, Tours, Nice et Orléans, en ont au moins 100. La répartition géographique des polices municipales est également très inégale sur le territoire national ; elles sont principalement implantées dans le Midi et en région parisienne. Il est aussi intéressant de noter que la fonction publique territoriale représente un tiers des emplois publics (Bulletin d’informations statistiques de la DGCL n°63 d’octobre 2008) mais la filière police municipale représente seulement 1,3 % de cet ensemble. Il est aussi opportun de rapporter le nombre de localités disposant d’une police municipale au nombre total de communes : près de 3 500 contre 36 783 (dont 212 en outre-mer), soit moins de 10 %…

Preuve que les polices municipales constituent un épiphénomène dans le monde de la sécurité.

Il faut aussi citer les élus qui s’opposent au développement des polices municipales, tels Frédéric Cuvellier, maire de Boulogne-sur-Mer, pour lequel « Refuser d’installer une police municipale c’est protéger les effectifs de police nationale » (La Voix du Nord, 4 juin 2008).

La vocation officielle des polices municipales est de débarrasser la Nationale de toute une série de tâches ingrates, ce qui nous vaut la floraison d’équipes vététistes, rolleristes, d’ASVP pour les sorties d’écoles, la fermeture des parcs.

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Une Réponse to “Police : la réalité et les promesses de Nicolas”

  1. Opsomer Says:

    M. Madelin, pourquoi répercuter des données erronées au sujet des polices municipales alors que vous disposez déjà des vrais chiffres ? Reprenons donc vos propos :

    « Quand on parle d’effectifs de police, il faut également inclure les effectifs des polices municipales (environ 40000) et ceux des gardes ruraux qui ne cessent d’augmenter. » Permettez-moi de citer à ce sujet le récent rapport du préfet Jean Ambrioggiani : « Les polices municipales, toutes catégories de personnels confondues, ne représentent qu’un effectif de 23 000 agents. » Toujours selon le même rapport, les gardes champêtres seraient environ 1 800 tandis que les ASVP (agents de surveillance de la voie publique) dont les compétences sont limitées au stationnement représenteraient 3 000 personnes. Enfin, le ministère de l’Intérieur recense 3 326 communes dotées d’une police municipale, employant 17 458 agent de police municipale. Nous sommes donc loin, très loin des 40 000 agents annoncés.

    « A Orléans, par exemple, la police municipale compte 110 fonctionnaires territoriaux qui ont la qualité d’agent de police judiciaire adjoint. Ceci représente un policier municipal pour 1000 habitants. » J’ignore la situation d’Orléans – mais je peux me renseigner. Ceci dit, la diversité est de mise entre les polices municipales. D’ailleurs, les effectifs sont très variables d’une localité à l’autre. Sur l’ensemble des communes nanties d’une police municipale, presque la moitié ne dispose que d’un ou deux agents alors qu’une dizaine de villes, dont Lille, Tours, Nice et Orléans, en ont au moins 100. La répartition géographique des polices municipales est également très inégale sur le territoire national ; elles sont principalement implantées dans le Midi et en région parisienne. Il est aussi intéressant de noter que la fonction publique territoriale représente un tiers des emplois publics (Bulletin d’informations statistiques de la DGCL n°63 d’octobre 2008) mais la filière police municipale représente seulement 1,3 % de cet ensemble. Il eût aussi été opportun de rapporter le nombre de localités disposant d’une police municipale au nombre total de communes : près de 3 500 contre 36 783 (dont 212 en outre-mer), soit moins de 10 %… Preuve que les polices municipales constituent un épiphénomène dans le monde de la sécurité. D’ailleurs, il aurait aussi pu faire mention des élus qui s’opposent au développement des polices municipales, tels Frédéric Cuvellier, maire de Boulogne-sur-Mer, pour lequel « Refuser d’installer une police municipale c’est protéger les effectifs de police nationale » (La Voix du Nord, 4 juin 2008).

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