Politique : les Sarkologues et la politique de la peur

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

Les Sarkologues sont à l’œuvre, et dans le flou.
Dans le temps, au temps béni de la Guerre Froide qui permettait toutes les conjectures stratégico-jus de crâne, la presse française comptait un nombre impressionnant de Kremlinologues. Des spécialistes du Kremlin mystérieux, qui n’y connaissaient pas grand chose, sauf en matière de gamberge sans fondement.
Voici les « logues » de retour. Aujourd’hui, le genre s’est déplacé vers les supputations savantes à propos intentions prêtées au Président.
Ce qui nous vaut un excellent « papier » de Sophie Louet, opérant au service politique de l’agence reuters.
Les ministres à la merci d’un remaniement à géométrie variable, écrit-elle, en expliquant que la ligne de conduite du Président mène tous les ministres à se poser des questions sur leur avenir, et même leur avenir  immédiat. Ce gouvernement est caractérisé par l’incertitude, la peur du lendemain qui ouvre la voie à tous les dérapages. Qui appartiendra demain à l’équipe ministérielle ? Quand le remaniement sera-t-il annoncé ?
La lutte féroce menée par Rachida Dati pour se maintenir aux affaires a pour conséquence le report de jour en jour d’un remaniement pourtant rendu indispensable par les élections européennes. Comme elle s’agrippe dans son fauteuil de la Place Vendôme, le ministre agricole Michel Barnier ne peut décemment pas se consacrer à sa campagne électorale sans être présent au gouvernement. Pour la suite, c’est l’effet château de cartes : de proche en proche et de façon simultanée les ministres s’accrochent à leur maroquin. Tout en rêvant de piquer celui du voisin et en cauchemardant : et si je n’étais plus de la partie ?
Chaque soir, la « peur au ventre », ils quittent leur bureau doré sans savoir s’ils pourront y rentrer demain matin. Mon Président gouverne ainsi par la peur. Et les coups de gueule contre ceux qui affichent la moindre ambition.
Alors, voyons le détail développés par notre consoeur.
Pour remplacer Michel Barnier, tête de liste de la majorité en Ile-de-France, le nom du centriste Michel Mercier, 62 ans, revient avec insistance. Nicolas Sarkozy poursuivrait ainsi l’ouverture promise et s’offrirait au passage « une prise de guerre », puisque le sénateur du Rhône, président du groupe centriste au Sénat, est un ami de longue date de François Bayrou et le trésorier du Mouvement Démocrate (MoDem).
Le ministère de la Justice cristallise les ambitions : Xavier Darcos, meurtri par son parcours contrarié au ministère de l’Education, tourne ses regards vers la place Vendôme. Mais aussi Jean-Louis Borloo, las de l’Ecologie, qui se verrait bien aussi à l’Education. Pour ce poste on a même invoqué l’hypothèse incongrue de  Claude Allègre, bien que l’ancien ministre socialiste de l’Education soit haï par le monde de l’enseignement depuis qu’il a proclamé en en 1997 qu’il fallait « dégraisser le mammouth ».
Dans ce  Meccano troublant apparaissent aussi Yves Jégo, donné partant après la gestion de la crise outre-mer, Christine Albanel et Roger Karoutchi, blâmés et donc affaiblis pour le rejet du projet de loi de lutte contre le piratage internet. La ministre de la Culture et le secrétaire d’Etat aux Relations avec le Parlement pourraient être  remplacés respectivement par Luc Chatel, ainsi promu, et Alain Joyandet.
Ne doutant de rien, Nadine Morano, secrétaire d’Etat à la Famille, a ouvertement brigué l’Intérieur, la Défense ou l’Education, portefeuille auquel elle aurait ajouté la Famille. Quant à Hubert Falco, secrétaire d’Etat à l’Aménagement du territoire, il avait plaidé pour « un ministère autonome » dans Le Figaro.
La nomination de poids lourds de la majorité est écartée par des sarkologues patentés. . L’ancien Premier ministre Alain Juppé a coupé court aux rumeurs en annonçant sur son blog qu’il se consacrerait exclusivement à la mairie de Bordeaux. Philippe Séguin, premier président de la Cour des comptes, répète à l’envi n’être « candidat à rien ».
La dernière rumeur ajoute à la liste des prétendants à un portefeuille Paul Giacobbi député PRG et président du conseil général de Haute-Corse.
Pourquoi l’émergence soudaine de ce député, corsiste, allié des nationalistes « modérés » du clan Simeoni, qui ambitionne manifestement de prendre la présidence de l’Exécutif de la Corse, lors des prochaines élections en 2010 ?
Pour toute réponse un calcul tordu, dans la droite ligne des « ouvertures politiques » pratiquées par Nicolas Sarkozy : si Giacobbi devait accepter la proposition du Château, alors on assisterait à un bouleversement radical de la donne politique en Corse. Giacobbi, une fois ministre, sortirait de l’échiquier politique de l’île et ceci pour le grand bonheur de l’UMP… dont le porte-drapeau n’est autre que Camille de Rocca Serra. Ami personnel de Nicolas S., l’actuel président de l’Assemblée territoriale est un outre à être le chef de la dynastie familiale qui règne dans l’extrême Sud de l’île ! L’arrivée au gouvernement de Giacobbi au gouvernement serait un ferment supplémentaire de zizanie.
Sophie Louet note que la « stratégie de la tension entretenue par les remaniements perlés de Nicolas Sarkozy a eu un effet déstabilisateur mais parfois désinhibant sur des ministres aux prétentions inversement proportionnelles à leur portefeuille. »
Le dernier mot appartiendra naturellement à Nicolas Sarkozy.

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