Société : la peur qui vient, grotesque, irresponsable

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

Mon ami Pierre m’interroge : faut-il avoir vraiment peur de la pandémie qui vient ? Disent-ils. Terroriser les foules, agiter les pires menaces. Alerte 4, alerte 5, bientôt alerte 6.

C’est évidemment non seulement absurde, mais en plus irresponsable. Accablant de voir la « figure tragique » de Roselyne Bachelot, soi-disant Ministre de la Santé, dévider son discours de la peur sur le perron de l’Elysée. Accablant de constater que d’habitude si prompt à causer, notre Président Sarkozy se tait avec une rare constance.

La perspective de cette « peur qui vient » est symptomatique de la culture vécue, affichée par le clan qui nous dirige : ce clan a peur, il propage la peur, il entend régner par la peur ; en agitant les épouvantails, la répression. Une attitude parfaitement défensive, un comportement rétréci.

Notre Président a peur, donc tous les autres ont peur. Ils sont paralysés par la crainte du risque. Sachant qu’on n’imagine jamais le risque qui vient. Comme on l’ignore, il faut en avoir peur.

Une attitude que l’on doit relier à l’esprit systématiquement répressif qui semble guider tous les actes de ce pouvoir. On réprime surtout la fantomatique mouvance « anarcho syndicaliste » qui semble devenue le fantôme hantant les cauchemars de ceux qui nous gouvernent.

Dans le registre de la peur, le matraquage systématique sur la « Grippe A » atteint un niveau de grotesque presque insupportable. Presque à chaque minute, nous voyons arriver sur les antennes de doctes analystes qui nous racontent l’épouvante qui s’étend sur le monde. L’épidémie devient pandémie. Quand on ne réfléchit pas, quand on n’écoute pas les vrais chiffres, on peut croire que le cataclysme est pour demain matin. On réduit le malheureux Mexique à un état de délabre insensé, on empêche ce pays de vivre, et tous les pays à côté.

Ce matin, j’entends que « Manhattan est un cluster de risque ». C’koa, un cluster de risque ? Ça signifierait que les germes galoperaient sans frein, les couloirs des hôpitaux seraient remplis de grabataires agonisants, que les fossoyeurs ne savent plus où donner de la tête, on s’apprêterait à fermer la frontière entre les Etats-Unis et la France. Les citoyens américains internés à Calais, pourquoi pas ?

Soyons raisonnable : cette grippe A est une petite poussée de grippe printanière, beaucoup moins virulente que bien d’autres vagues précédentes. Apparemment, les risques de morbidité sont même faibles, sauf pour les personnes très fragiles, ne bénéficiant d’aucun soin.

Il n’y a pas lieu d’avoir peur. Trois cas avérés en France, tous en voie de guérison après une semaine de maladie. Vous observerez d’ailleurs que les médecins manifestent un… grand silence.

Le gouvernement peut-il se targuer d’avoir endigué le cataclysme à la frontière ?

Même pas. Ce genre de germe pathogène se moque bien des décisions prises par les ministres, par les hauts fonctionnaires.

On peut rêver : Ah si chaque jour on nous bassinait avec le risque de la tabagie, avec le risque des accidents de la route et du travail… Des milliers de morts chaque année pour chacun de ces risques contre quelques cas de fièvre un peu maligne, guérie en une semaine. Comme toutes les grippes : une semaine si on la soigne, sept jours si on ne la soigne pas.

Une de mes lectrices observe avec pertinence :

Que dire de l’épidémie de méningite qui frappe l’Afrique?  Le nombre de victimes de « la grippe porcine » dans le monde est actuellement inférieur au nombre de sans abris morts de froid, en France ; dommage que les moyens et les budgets débloqués ne soient pas proportionnels!

Ce pouvoir qui règne à l’Elysée et à Matignon pratique l’art de la peur sans fondement.

Alors, on joue à quoi, en agitant les oripeaux de la peur ?

Et maintenant voici que l’OMS et  le gouvernement mexicain sont en train de mettre des bémols… Tout en restant prudentes, les autorités sanitaires ont commencé à rassurer sur la gravité du virus dénommé officiellement grippe A (H1N1) par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Les autorités sanitaires américaines soulignent qu’il n’a pas la virulence de la grippe de 1918, qui avait provoqué une hécatombe. Dans des conditions bien précises : la grippe s’était développée d’abord dans les unités de l’armée américaine avant d’atteindre de plein fouet des populations fortement mises à mal par la guerre. A une époque où les structures sanitaires de prévention ou de soins étaient sans rapport aucun avec les nôtres, même dans les pays les moins développés. Seule la Chine avec son absence culturelle d’hygiène, continue à poser un vrai problème. C’est d’ailleurs pourquoi les virus annuels des grippes prennent pratiquement tous leur essor en Chine. SRAS en tête.

Le ministre mexicain de la Santé, Jose Angel Cordova, a indiqué vendredi que « le virus n’était heureusement pas aussi agressif » qu’on le craignait.

L’épidémie a fait officiellement 17 morts, un aux Etats-Unis et un au Mexique, foyer de la maladie, où les autorités font état de 381 malades atteints.

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2 Réponses to “Société : la peur qui vient, grotesque, irresponsable”

  1. Opsomer Says:

    Les grandes peurs ont ceci de commun avec les virus qu’elles ne disparaissent jamais. Elles se travestissent, changent, mutent, utilisent des corps étrangers pour finalement renaître. (Y. Harte, Sud-Ouest, éditorial du mardi 28 avril 2009)

    Quand la peur commence à s’insinuer, il n’y a pas de remède. (Hervé Martin in « Le Canard enchaîné » n°4589 du 8 octobre 2008)

  2. marie-ange Marie Says:

    Peut-être les masques ne sont-ils pas destinés à être portés sur la bouche
    mais à être appliqués sur les yeux…
    Que dire de l’épidémie de méningite qui frappe l’Afrique?
    cf:Epidémie de méningite en Afrique de l’Ouest la plus grande campagne de vaccination MSF.
    Le nombre de victimes de « la grippe porcine » est actuellement inférieur au
    nombre de sans abris morts de froid; dommage que les moyens et les budgets débloqués ne soient pas proportionnels!
    Cordialement,

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