Manif : lunettes noires… et cagoules interdites

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

MAM – la martiale Michèle Alliot-Marie, notre très grande Ministre de l’Intérieur -, nous prépare enfin un nouveau texte pour calmer les jeunes manifestants : à l’instar de l’Allemagne, le port des cagoules et tout autre moyen de se dissimuler seraient interdits. Lunettes noires comprises ?

Hors de toute autre forme d’action, le port d’une cagoule pourrait justifier une interpellation immédiate. MAM justifie son projet avec fermeté :

« Quand on manifeste, c’est pour ses idées et on ne cache pas normalement ses idées […] Je constate que nous sommes dans une société où on voit monter beaucoup de violence à travers les grands événements (comme les manifestations en marge du sommet de l’Otan à Strasbourg, ndlr) ou le phénomène de bandes y compris dans les établissements scolaires »… le « drame du Vélib' » ne faisant que renforcer ses positions: « Les rencontres entre groupes de jeunes qui ne constituent pas des bandes et qui sur un détail, c’est-à-dire une moquerie de l’un à l’autre, se bagarrent avec des armes blanches, ce qui se traduit par un décès et deux blessés. Ça c’est vraiment préoccupant. »

« Bien entendu,  il faut prendre un certain nombre de précautions, mais à chaque fois c’est en quelque sorte le savoir-faire et le jugement des policiers ou des gendarmes qui permet de voir quand on peut agir immédiatement, ou quand on peut agir après la manifestation, notamment « grâce à des systèmes de vidéoprotection ».
Concrètement, cela veut dire que les porteurs de cagoule pourront être pistés pendant ou après la manifestation grâce aux caméras disposées dans la rue. »

Cette disposition serait intégrée dans le nouveau projet de loi « anti-casseurs » en cours de préparation par le député UMP Christian Estrosi. Cette interdiction permettrait de « mieux lutter contre le délit de participation à une bande violente », un texte exigé le 18 mars par Nicolas Sarkozy, lors de son déplacement à Gagny (Seine-Saint-Denis) sur le thème de la sécurité, la proposition de loi contre les violences commises en bandes.

Commentaire de l’Humanité :

[Ce] délit de « participation » à une bande violente ressemble furieusement à la défunte loi anticasseur du 8 juin 1970 qui créait une sorte de responsabilité collective en cas de troubles. Abrogée par la gauche en 1981, cette législation a toujours suscité une certaine nostalgie chez de nombreux élus de droite qui rêvent de la rétablir à intervalles réguliers.

Ce texte accroit encore la pile des lois et décrets sécuritaires qui ne cesse de s’élever. Le Syndicat de la Magistrature observe :

« La présomption d’appartenance à une bande sera quasiment impossible à démontrer par les juridictions, mais elle permettra immanquablement d’augmenter le nombre (pourtant déjà très élevé) de gardes à vue et d’alimenter les sacro-saints fichiers policiers. »

Pire : le délit d’appartenance à une bande existe déjà dans le Code pénal. Début mars, après un pénultième affrontement entre bandes, Mon Président déclare la guerre :

«Désormais, la seule appartenance à une bande pourra être sanctionnée d’une peine pouvant aller jusqu’à trois ans de prison.»

Il aurait dû lire le Code pénal en son état actuel, qui stipule :

«Il importe peu que chaque membre ait été mis au courant de toutes les activités envisagées par l’association de malfaiteurs, il suffit que chacun ait adhéré au groupement dont il connaissait le caractère infractionnel.»

Cette avalanche de textes et de déclarations fracassantes confirme en vérité l’inquiétude – que j’ai qualifiée de « peur » – qui paraît prévaloir au sommet de l’Etat.

Et juste une question, pour terminer : le port de la cagoule sera-t-il aussi interdit aux « bandes en uniforme » qui interviennent en uniforme pour contrer les manifestations ?

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