Les racines du racisme. Des Noirs, des Juifs, des Blancs stupides et… de la Corse

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

Une contribution de Jean-Pierre Vernet, un de mes fidèles lecteurs, à propos du racisme. Il place ainsi l’affaire Colonna là où elle doit se trouver : au plan de l’universalité. Cette universalité que de nombreux Français dénient aux Corses, aux Guadeloupéens, aux Indiens. etc.

Je découvre le racisme anti-corse. Quand on pense au racisme, on pense généralement au rejet des noirs, des Maghrébins ou des Juifs. Un collègue a même montré un racisme du Parisien pour la province (racisme probablement réciproque). Avec mes étudiants, on s’était amusé aussi à montrer un racisme contre les blondes.
Evidemment, de nos jours, le racisme (ou le sexisme) ne s’exprime pas de manière ouverte.

Plus personne (ou presque) n’ose dire « je suis raciste » ou « je suis sexiste ». Il attirerait sur lui les foudres de la vindicte sociale. Il existe une norme, très forte, qui condamne avec virulence le racisme. Discriminer est perçue comme un acte grave et sérieux.

Chacun a bien intégré cette norme et l’auto-surveillance veille.
Cependant, au delà de la déclaration sincère du « je ne suis pas raciste », on entend souvent un « mais… ». En effet, si les gens affirment de bonne foi ne pas être raciste, cette déclaration reste au niveau de l’attitude consciente, non des comportements. Ces deniers répondent, quant à eux, à d’autres normes ou à d’autres traditions dans lesquelles, sexisme et racisme, parviennent à perdurer dans les faits.

On appelle ce racisme subtil mais toujours bien là : le racisme moderne. Dans le cas du sexisme, on parle aussi de sexisme bienveillant.

Ce dernier se caractérise par la pensée qu’une femme est faible (au point d’avoir besoin d’un homme pour la protéger) ou qu’elle est merveilleuse et supérieure à l’homme… dans tout son domaine traditionnel de compétences (le foyer, les enfants, le ménage en boubou, etc.).

Dans le cas du racisme, le raciste moderne pense que les maghrébins (ou les corses) exagèrent en demandant trop d’égalité dans les droits. Ce raciste ne comprend d’ailleurs pas (ou difficilement) la colère des maghrébins (ou des corses), etc. car il ne voit pas de racisme, mais simplement une situation normale.

Et que nous dit Barbier ? Il nous dit sa pitié pour ce peuple (faible) qui ne sait pas utiliser sa richesse (envie de colonialisme ?). Il nous dit qu’il ne comprend pas la colère des corses puisque pour lui le procès Colonna est normal (plus normal qu’un assassinat nous dit-il).  La rapprochement avec le racisme est alors largement faisable.

Revenant sur la charge d’Edmond Simeoni contre les racistes anti-Corses, j’ai adoré sa rage contre la majorité silencieuse (corse ?) car c’est une réplique qu’il peut utiliser pour tout le monde.

En 1940, il n’y avait pas foule dans la résistance française et la plupart des Français faisait partie de cette majorité silencieuse qu’ils soient Corses, Auvergnats, Dauphinois, etc. La critique de la majorité silencieuse n’est donc pas un argument ; c’est juste une débilité.

Quant à légitimer le procès Colonna en disant que c’est plus légitime que l’assassinat du préfet, c’est tout aussi débile. C’est comme légitimer les camps de concentration en disant qu’il y a pire : il y a les camps d’extermination.

Cette comparaison des camps vous parait absurde ? Elle l’est car les deux bafouaient les droits humains. Christophe Barbier – l’éditorialiste de l’Express – en rappelant que l’assassin du préfet Erignac n’agissait pas selon la loi veut-il pointer du doigt que le procès Colonna fait de même mais reste moins extrême ?

Car après tout, Barbier ne défend pas l’honneur des juges en les comparant à des assassins (même si c’est pour dire qu’ils sont mieux). En tout cas, pointer la différence de résultat ne cache pas les dérives du droit dans ce procès. Cette manœuvre de manipulation mentale est facile à dénoncer.

Bref, le risque de ce genre de racisme anti-corse est celui de vexer tous les Corses (même ceux qui ne sont pas nationalistes au départ), et d’extrêmiser leurs positions.

Je tiens alors à rappeler (aux Corses et aux autres) que tous les Continentaux ne sont pas aussi … (chacun mettra ici l’adjectif qu’il convient) que ce monsieur Barbier et qu’un Corse, qu’un Breton, qu’un Gascon, qu’un Parisien, c’est un Français qui a le droit d’avoir son identité ou ses identités car être corse, auvergnat, catholique, protestant, franc-maçon, juif, musulman, ce n’est pas incompatible avec celle d’être français.

Généralement, le racisme moderne tient suite ce cheminement :
– la discrimination contre les noirs n’est plus un problème.
– les noirs vont trop loin dans leurs demandes d’égalité des droits
– il est difficile de comprendre la colère des noirs
– les noirs ne devraient pas aller là où ils ne sont pas désirés
– ces dernières années, les noirs ont eu plus d’avantages économiques que ce qu’ils méritent.

Si on remplace « noirs » par « corses », on retrouve quelques idées chères à notre bon Barbier.

Cette échelle de racisme moderne fut développée aux USA par McConahay, (1986). Cependant, c’est toujours une mesure par questionnaire et le participant peut toujours tricher. D’autres recherches tentent alors de se dégager du contrôle que les participants ont sur leurs réponses aux questionnaires.

Par exemple, de telles recherches peuvent proposer des tests d’associations implicites et démontrent la même chose : l’existence d’un racisme inconscient, mais bien présent.

Les tests d’associations implicites se basent sur la rapidité du traitement de l’information avec le présupposé que si on est plus rapide à traiter la paire de mots « noirs-stupide» que la paire « blancs-stupide », c’est que dans la tête des gens, le noir est plus associée à « stupide» que l’homme blanc. L’opération est répétée pour des mots comme « raison, fainéant, ambition, sauvage, etc. »

Globalement, on démontre ainsi que la majeure partie des gens sont encore sexiste ou raciste, mais sans vraiment s’en rendre compte. Je pense donc que le sieur Barbier se dit non-raciste et qu’il est persuadé de ne pas l’être.

Cependant, là, la logique de son discours est une logique comparable à celle du racisme. Il infantilise les Corses pour assumer le rôle de protecteur-moralisateur. Il se donne donc une position de  supériorité. Il se veut le civilisé en donnant aux Corses le rôle des barbares incapables.

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