Aventure et piraterie : la mort au bout du rêve

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

Ils avaient amoureusement restauré le voilier, vieux de trente ans. Puis ils étaient partis à l’aventure, avec leur petit garçon de trois ans. En Egypte, deux autres Vanetais s’étaient joints à eux pour la grande aventure.
« Ce ne sont pas des touristes sur un yacht mais des aventuriers sur un vieux bateau retapé en deux ans par un chômeur et une Rmiste »,

Le capitaine du voilier Tanit a payé de sa vie le rêve fou carréssé avec sa femme : quitter définitivement Vannes, en Bretagne, pour rejoindre une autre vie, dans les mers du Sud.

avait déclaré, lundi, à Ouest-France, Francis Lemaçon, le père du skipper.

Mais à  mi-chemin, il y avait la Somalie, les pirates des « mers du Sud ». Les marins du Tanit avaient été avertis, la Marine française leur avait recommandé de ne pas franchir cette zone. Ils ont outrepassé les conseils. Prise d’otage, libération par des fusiliers marins du commando Hubert.

Mais Florent Lemaçon, le skipper de 28 ans, a été tué, sans doute à l’intérieur du voilier lors d’un échange de tirs.

Fin du rêve.

Un autre marin devient un héros aux Etats-Unis, capitaine Richard Phillips, retenu en otage depuis plusieurs jours sur un canot de sauvetage dans l’océan Indien. Richard Philips commande un cargo battant pavillon américain, le Maersk-Alabama, avec une vingtaine de marins à bords. Assaut des pirates, prise de contrôle du navire. Le capitaine Phillips se serait offert comme otage en échange de la liberté de son équipage, puis aurait tenté de s’échapper à la nage dans la nuit de jeudi à vendredi pour rejoindre l’un des navires américains, avant d’être rattrapé par les pirates.

Le Maersk-Alabama a repris sa route vers sa destination initiale, le port kényan de Mombasa, avec à son bord une équipe de la marine américaine chargée d’assurer sa sécurité. Transportant de la nourriture destinée notamment au Programme alimentaire mondial de l’ONU, le cargo est attendu durant le week-end au Kenya.

L’attaque du Maersk-Alabama est venue couronner un spectaculaire regain d’activité des pirates, qui ont fait de leur activité criminelle l’une des plus florissantes et lucratives d’un pays en guerre civile depuis 1991. Ils ont ainsi attaqué plus de 130 navires marchands au large de la Somalie l’an dernier, trois fois plus qu’en 2007, selon le Bureau maritime international.

Les pirates détiennent toujours « quinze navires » et « 243 membres d’équipage », selon des chiffres donnés par Hervé Morin, ministre de la Défense.
Sans la justifier cette vague de piratage doit être liée aux conditions de vie particulièrement difficiles en Somalie.

Un de mes très bons amis commande un porte-conteneurs de la compagnie maritime danoise Maersk. Lui il navigue dans les mers orientales, entre le Golfe persique et le Japon, avec transit par le détroit de Malaca, presque aussi dangereux que le Golfe d’Aden. Il me décirt la situation :

 » Le seul moyen de s’en tirer est d’aller le plus vite possible, et nos navires sont plus rapides que ceux des pirates ».

Publicités

Une Réponse to “Aventure et piraterie : la mort au bout du rêve”

  1. bruno Says:

    L’actualité racontée par un journaliste qui écrit également de (bons) romans a ceci qu’elle devient immédiatement incarnée. On en rentre d’autant plus clairement dans la folie de ce siècle qui démarre de façon aussi cinglée que le précédent. Je ressors effaré des coulisses de l’actu, un peu comme après la lecture du Canard Enchaîné… et je déplore que davantage de monde ne soit pas édifié sur les ressorts des événements. Merci M.Madelin.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :