Livre : Seul dans le noir par Paul Auster

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

182 pages, Actes Sud, janvier 2009

August Bill est un critique littéraire cloué dans son fauteuil à la suite d’un accident de voiture. Hanté par les insomnies. Depuis la mort de son épouse, Sophie, il vit dans le Vermont chez sa fille Myriam, divorcée ; sa petite fille Katya les a a rejoints après l’enlèvement suivi d’assassinnat en Irak de son ami Titus.

Pour essayer de consoler Katya August passe ses journées à regarder des films d’anthologie à la télévision… Et pour occuper ses nuits il invente une fantasmagorie tragique qui se déroule pendant une guerre civile opposant les Etats Unis et les Etats indépendants d’Amérique. 13 millions de morts. Pour mettre fin à ce carnage, Owen Brick doit tuer August Brill, le critique littéraire qui a fomenté la révolte des Etats indépendants contre les Etats Unis…

Cette fabuleuse histoire n’a qu’un temps. Brill doit rentrer dans sa peau de grand-père. Il a perdu sa chère femme voilà quelques mois, sa petite fille est inconsolable. Alors il entreprend de lui raconter sa vie compliquée de ménage. Sa rencontre avec Sophie, une chanteuse de grand talent. Comment ils se sont séparés, comment grâce à leur fille ils se sont retrouvés après de nombreuses années.

Je voulais en venir là, à ces pages poignantes et magnifiques où le héros évoque sa vie avec sa femme, aux rapports incroyablement compliqués, obscurs entre son épouse et lui. Comment la vie est passée. Comment au-delà de tout la passion a structuré leur vie.Ils se retrouvent, il raconte à sa petite fille comment il appelle Sophie sa grand-mère au téléphone :

« Non sans trépidation. Non sans boule dans la gorge et noeud à l’estomac. C’était la répétition exacte de la première fois que je l’avais appelée- vingt-sept ans auparavant. J’étais de nouveau le jeune froussard de vingt ans transi d’amour qui prend son courage à deux mains pour appeler la fille de ses rêves et lui demander un rendez-vous. »

Par ce récit hanté par la guerre, la mort, le remord, August Brill finit par ramener sa petite fille à la vie. En cours de route, on oublie la fiction dans la fiction échafaudée au coeur du roman. Qu’importe…

J’apprécie surtout l’immense liberté de ton, la finesse de Paul Auster, qui nous dit tout en quelques mots pudiques.

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