Colonna, dossier 1338 – Réplique d’une partie civile

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

Christian Frémaux, un des avocats des parties civiles est en désaccord avec mon article de « bilan final » sur l’affaire Colonna. Par souci de rigueur dans l’information je vous soumets ses observations.

Je le cite avec son autorisation.

Je ne sais pas si on peut affirmer que Yvan COLONNA a été condamné au nom d’un texte qui n’existe pas.

Ce fut un des éléments de sa condamnation : le fait d’avoir pris la fuite, qui apparaît comme un signe apparent de culpabilité.

Mais il n’y avait pas que cela : les témoignages des membres du commando, et de leurs compagnes, la téléphonie… démontrent que Yvan COLONNA a participé à l’attaque de PIETROSELLA et à l’assassinat.

Un mandat d’arrêt avait été délivré. L’art. 131 du code de procédure pénale indique : « Si la personne est en fuite ou si elle réside hors du territoire de la République, le Juge d’instruction, après avis du procureur de la République, peut décerner contre elle un mandat d’arrêt si le fait comporte une peine d’emprisonnement correctionnelle ou une peine plus grave ».

Ne pas s’y soumettre est considéré aussi comme un signe de culpabilité.

Yvan COLONNA n’a donc pas été condamné au « nom d’un principe moral qui n’existe pas ». Il ne faut pas confondre principe moral, et texte légal.

Les accusations contre Yvan COLONNA étaient bien précises en droit (cf. l’ordonnance de renvoi).

La Cour d’Assises n’a pas à motiver son arrêt. Elle a répondu oui aux questions. C’est sa seule obligation en l’état des textes actuels.

Bien sûr le « recul », ou « la fuite » d’Yvan COLONNA a du peser dans la décision. Mais la Cour a du se déterminer d’abord sur la réalité des faits reprochés.

A vous de juger. En votre âme et conscience.

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9 Réponses to “Colonna, dossier 1338 – Réplique d’une partie civile”

  1. Saint Just Says:

    La réplique de cette partie civile est très faible.
    1- Rien ne prouve que Colonna ait participé à l’attaque de Pietrosella. Pire: on a la preuve ( ADN inconnu retrouvé sur un morceau de scotch) qu’au moins un membre du commando n’a pas été identifié.Et que dire de la revendication par Sampieru de cette attaque parallèlement à celle du groupe des anonymes d’où émane le commando Erignac? Sampieru n’a pas été identifié par les enquêteurs…

    2-La téléphonie ne prouve pas que Colonna était sur les lieux de l’assassinat puisque’il n’avait pas de portable!

    3-Les accusations des membres du commando sont très peu crédibles dès lors qu’ils mentent par omission sur trois points essentiels:
    -l’identité des commanditaires,
    -Sampieru,
    -et surtout sur la tentative avortée d’assassinat qui a eu lieu 15 jours avant l’assassinat lors d’un match de volley balla du Gazelec. d’Ajaccio, auquel le préfet ne s’était pas rendu exceptionnellement. A l’issue de cette tentative un ou des membres du commando ont renoncé à l’assassinat.
    Si cette partie civile est faible, je ne suis pas tendre avec les avocats de Colonna qui n’ont soulevé aucun de ces points et qui ont confondu défense de la chaise vide avec défense de rupture, précipitant par leur absence un verdict de rupture…

  2. marie-ange Marie Says:

    « Le fait d’avoir pris la fuite(…), les témoignages des membres du commando, la téléphonie … » J’ai sûrement sauté un épisode: à quel moment la téléphonie est-elle devenue un élément à charge dans ce procès?
     » La Cour a dû se déterminer d’abord sur la réalité des faits reprochés »
    Mais quelle est-elle cette réalité des faits reprochés? Il semble qu’il ne reste plus que les aveux des membres du commando; aveux obtenus de façon semble-t-il plus que douteuse par le policier Lebbos; bien que Mtre Teissier parle à son sujet de « turpitudes personnelles » qui n’auraient eu aucune influence sur les aveux, il semble d’une part que du fait de la personnalité même de ce personnage ( plainte de son ex femme pour violences conjugales, détournement de procédure à des fins personnelles), ces aveux soient faussés. D’autre part, dans le cadre même de son travail, et de l’affaire de l’assassinat du préfet Erignac, il a commis des actes délictueux, notamment en antidatant des procès-verbaux, ce qui a conduit à la relaxe en appel de V.Andriuzzi et J.Castela, ex cerveaux et instigateurs du meurtre du préfet… Donc… ces aveux recueillis par ce monsieur peu recommandable- personnellement et professionnellement- sont entachés de doute. Or, si je ne m’abuse  » la présomption d’innocence demeure si la preuve de la culpabilité de l’accusé a été obtenue de façon déloyale ou faussée » .
    Puisque l’avocat de la partie civile cite le code de procédure pénale, je vais également y faire référence et rappeler l’article 304 qui prévoit le rappel du principe d’innocence aux jurés d’assises lors de leur prestation de serment:
     » Vous jurez et promettez (…) de vous rappeler que l’accusé est présumé innocent et que le doute doit lui profiter »
    Qu’ a fait la partie civile, si prompte à croire les témoignages des memebres du commando et de leurs compagnes ( du moins les 1ers aveux) des affirmations des témoins oculaires qui sont certains de ne pas reconnaître Yvan Colonna, qui sont sûrs et certains de n’avoir vu que 2 personnes ( ce qui exclut l’accusé) sur la scène du crime ( affirmation reprise par la juge Levert mais pas exploitée par la Cour!) Qu’ a fait la partie civile des affirmations de l’expert en balistique? Qu’ a fait la partie civile des rétractations des membres du commando? Pourquoi avoir refusé une reconstitution, alors que « l’accusé doit bénéficier de tous les moyens pour sa défense »?! Si un doute subsiste il doit profiter à l’accusé!
    De même, la charge de preuve incombe à l’accusation; alors comment interpréter cette phrase de mtre Lemaire:
     » Il suffisait qu’Y.Colonna se présente à la gendarmerie ou auprès des services de police, jusque là bienveillants à son égard.Il n’avait quà dire qu’il n’était pas avec le commando et à LE PROUVER ».
    Alors, merci à la partie civile de nous donner la définition pénale du délit de fuite, mais cette intervention est comme ce procès: absurde eu égards aux articles deCDPP qu ‘ils ont bafoués.
    Je finirai par cette phrase de Ch Teissier  » aucun élément nouveau n’est apparu à cette audience » Bien; alors pourquoi avoir durci la peine?
    Ah oui, j’oubliais:  » La Cour d’Assises n’ a pas à motiver son arrêt ».

  3. magali Says:

    D’accord avec toi cousine,
    Il ne faut pas oublier aussi les fameuses « écoutes téléphoniques » qui ont été volontairement écartées des débats comme l’a démontré me Simeoni.Durant l’instruction, la juge affirmait ne pas avoir d’écoutes téléphoniques ( plutôt étrange chez les super flics ), elle a menti; les écoutes existaient bel et bien et constituaient encore des éléments innocentant Colonna; et les soit disant aveux, ont ils été spontannés comme l’exige la loi, Non, on sait de quelle manière les PV ont été fait ( rappelerz vous le défilé des supers flics à l’audience et le défilé d’incohérences et de contradictions ..) et puis il y les épisodes Vinolas, Colombani, marie ange Contart témoin n° 1 qui dit avoir vu le tueur et qui n’a pas changé sa version d’un poil depuis le 1er procès..j’ai assisté à son audition en février à la cour d’assisses et j’espérais que mr Wacogne lui pose les bonnes questions, et j’étais stupéfaite lorsque après lui avoir posé quelques questions complètement inutiles à la manifestation de la vérité, il l’a invité à quitter la salle ! Paradoxalement un témoin qui dinait au restaurent ce soir là et qui n’avait rien vu a été innondé de question sans fondement à savoir quel plat il avait pris ce soir là et comment il était vêtu….efffarant.et puis le refus de la reconstitution, l’ordre dans l’audition des témoins ( décidé souverainement par Wacogne), les certificats médicaux à répétition, les témoins indispensables absents pour dépression, l’attitude de la partie civile ( lorsqu’un magistrat est traité de « menteur « par un avocat pointant le doigt vers lui et qu’il s’enfonce rougissant dans son fauteuil sans mot dire, on se pose des question )..Quelle Justice ! certains diront que Colonna est lâche, bien au contraire il a bien du courage et doit regretté d’avoir participé à cette mascarade depuis le début ! Lors de ses premières garde à vue, on lui a dit « qu’il en prendrait le max »….les dés été déjà pipés !

  4. Roseau Says:

    Oui, la téléphonie était présente au procès, mais il me semble que Marie-Ange a raison, à aucun moment elle n’a été un élément à charge pour Yvan Colonna. Au contraire, les écoutes téléphoniques ne contenaient rien, et Yvan n’a jamais été localisé sur le lieu de l’assassinat par son téléphone. Le fait qu’il ait reçu des appels de Ferrandi ne constitue absolument pas un élément à charge (ni à décharge d’ailleurs). Bref, je trouve que c’est la partie civile et l’accusation qui se font le plus manipulateurs de l’opinion publique en déformant la vérité pour justifier leur position difficilement soutenable.

  5. phmadelin Says:

    La « téléphonie » a été citée de long en large durant tout les réquisitoires, et pendant les « plaidoiries » de partie civile. Ce sont en vérité les seuls « éléments matériels » présents dans l’accusation, à côté des « témoignages » des proches.
    Merci de me suivre avec autant d’attention.

  6. Roseau Says:

    Oui Philippe, la téléphonie a été citée de long en large certes, mais dire « démontrent que Yvan COLONNA a participé à l’attaque de PIETROSELLA et à l’assassinat » est un mensonge, car cette téléphonie n’a non seulement rien prouvé, mais en vrai tend à être à décharge.

  7. phmadelin Says:

    Ils étaient à tel ou tel endroit à telle heure. Et s’ils avaient parlé de la pluie et du beau temps ? Et, en tout état de cause, Colonna n’apparaît jamais dans rien.

  8. marie-ange Marie Says:

    Grâce au commentaire de Roseau, j’ai pu découvrir ses articles dans »Agora Vox », et constater que vous n’étiez pas, Mr Madelin, le seul journaliste à vous poser des questions sur cet étrange procès.
    J’étais en effet plerpexe face aux articles de la presse écrite, dont beaucoup semblaient dictés par l’accusation ou pour le moins, peu favorables aux objections de la Défense. Pourquoi, vos compte-rendus d’audience diffèrent-ils aussi sensiblement de ceux, par exemple, retranscrits par Sylvie Véran dans ses chroniques judiciaires du nouvel obs? Il n’est pas question de prendre ouvertement parti, mais seulement
    d’inciter le lecteur à se poser des questions, à réfléchir par lui-même.
    Votre rôle de journaliste est essentiel, car si l’on en croit Camus, « un pays vaut souvent ce que vaut sa presse »,  » un journal est la conscience d’une nation » et  » loin de refléter l’état d’esprit du public, la plus grande partie de la presse française ne reflète que l’état d’esprit de ceux qui la font » …
    Le journalisme ne doit pas avoir pour but de flatter le public ou le pouvoir, c’est un combat pour la vérité: or une chose est sûre: à l’issue de ce procès nul ne peut prétendre connaître la vérité et se satisfaire de cette décision de la Cour d’appel, qui, bien sûr n’est pas tenue de motiver son arrêt… En revanche, l’intime conviction qu’elle invoque pour expliquer sa décision, « ne dispense pas le ministère public de rapporter la preuve de la culpabilité de l’accusé ».
    Alors, bien que ce procès soit clos, il ne faudrait pas que l’opinion publique retombe dans une confortable indifférence et oublie Yvan Colonna…
    Je finirai par une dernière citation de Camus journaliste:  » Il n’y a pas de mérite à déclencher une affaire, il y a du mérite à la poursuivre quand les lecteurs s’en sont lassés ».

  9. phmadelin Says:

    J’ai même eu l’honneur de publier trois ou qutre articles dans « Combat », naguère. En tout cas votre propos est une belle leçon de journalisme !

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