Justice, dossier 1338, Colonna : un gigantesque cafouillage

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

Un gigantesque cafouillage judiciaire dans une formidable tragédie antique
Tel apparaît avec le premier recul le procès intenté à Colonna.
Il est presque dommage qu’Yvan Colonna soit corse. Sinon son procès aurait beaucoup pris plus tôt les dimensions d’un incommensurable scandale d’Etat.
Comme il est corse, « c’est spécial » me confie un avocat. De gauche et dont je peux révéler qu’il est sûrement franc-maçon. Donc il suffit d’être corse pour ne pas exister au regard de la Justice, des Magistrats, des observateurs.
Cette attitude est particulièrement regrettable car ainsi nous passons à côté d’un des plus invraisemblables procès organisés en France. A situer pas très loin du procès des médecins juifs sous Staline, en Union soviétique. Ils étaient coupables parce que juifs. Colonna est coupable parce que corse, le reste est quasiment dénué d’intérêt. Et il faut être un peu fou pour prétendre ériger ce procès, ces procès en vérité, au rang d’exemple presque unique d’un dysfonctionnement majeur.
La scène d’ouverture ne peut être que classique : « Faites entrer l’accusé ». un petit mec trapu, athlétique, le visage légèrement couperosé, un regard sombre, neutre. Parfaitement impassible pendant des semaines. Les yeux bruns fixés sur la cour, évitant son vis-à-vis, Mme Dominique Erignac, convaincue de sa culpabilité.
Ça nous renvoie au soir du 6 février 1998. Ce que l’on sait  du meurtre grâce aux témoins cités. Et là, déjà, on dérape : les seuls élément matériel sont le cadavre du  préfet et le pistolet Beretta abandonné sur place. Sans aucune trace. Et des témoignages qui divergent, des pistes d’enquête abandonnées, parce que l’équipe chargée des investigations n’a jamais manifesté la moindre rigueur, au contraire, s’est égarée dans des hypothèses.
Un procès souvent confus, loin d’être exemplaire, mais qui est un cas d’école, tournant capital dans la pratique du droit criminel en France. Formidable affrontement entre des thèses radicalement opposés, fondées sur des logiques judiciaires incompatibles.
En science criminelle, il faut toujours revenir sur la scène du crime. Laquelle, à ma connaissance a été parfaitement mal explorée selon les canons actuels de la police scientifique et technique. Une scène de crime qui n’a pas parlé, ce qui est rarissime.
L’histoire est celle d’un villageois égaré dans une histoire qu’il comprend bien, mais qui ne manifestement ne le concerne pas. Terrorisme ou grand banditisme ? On n’est même pas capable de le déterminer.
L’enjeu fondamental : Colonna est-il coupable, ou non ?
Enjeu secondaire : le Président Sarkozy a-t-il été bien inspiré en le « condamnant d’avance ». Les questions capitales de la présomption d’innocence et du rôle de la preuve dans le droit criminel français.
Les premières Assises n’ont pas apporté de réponse décisive autre que les dénonciations sur lesquelles leurs auteurs sont revenus.
La Défense n’avait pas été très bonne, très courte vue, beaucoup trop « politique », pas assez judiciaire. La Défense a été plus active lors du second procès. Mais pas toujours bien inspirée, et même parfois battue en brèche par l’Accusation.
Reste le problème central, qui a servi de pivot à l’Accusation : quel sens à donner à la « fuite » de Colonna ? Faut-il même parler de « fuite », un concept directement puisé dans le jargon policier ?
Et peut-on encore admettre que l’intime conviction sans preuve puisse être le socle d’une condamnation à vie ?
J’y reviendrai.

François Hollande se permet d’être mécontent. Selon l’AFP, l’ancien numéro un du PS, François Hollande, a jugé dimanche sur le Forum Radio J « moralement inacceptable et politiquement intenable » une comparaison entre l’affaire Dreyfus et le procès d’Yvan Colonna, comme l’ont fait les défenseurs du berger corse.

« Cette comparaison me choque. Dreyfus a été condamné par une parodie de justice, un déni de justice », il a été victime d’un « complot contre la vérité ».

Quelle est  la légitimité de ce Monsieur soi disant socialiste pour porter un tel jugement ? L’ancien patron du PS s’aligne sur Mon Excellent Président Sarkozy, lui qui avait jugé Colonna coupable dès 2003, sans plus de preuves que la Cour d’Assises vendredi.

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3 Réponses to “Justice, dossier 1338, Colonna : un gigantesque cafouillage”

  1. Tita Says:

    François Hollande devrait relire l’histoire de l’affaire Dreyfus. Oui, maintenant, il est admis que c’était « une parodie de justice, un déni de justice”, mais à l’époque, à part son frère et quelques intellectuels, personne ne remettait aussi en cause le verdict et le procès.

    La comparaison avec l’affaire Dreyfus dans ses débuts ne me parait donc pas absurde du tout.

  2. Saint Just Says:

    La défense a été particulièrement mauvaise au moment crucial du témoignage d’Alessandri expliquant les circonstances de l’assassinat et surtout laissant entendre que Colonna avait refusé d’en être.
    Elle aurait pu faire le lien avec le témoignage de je ne me rappelle pas qui sur l’existence d’une première tentative quinze jours avant l’assassinat et -si elle était restée au procès-avec l’aveu ultérieur et essentiel de la juge Le Vert reconnaissant qu’il n’y avait eu que deux membres autour du commando à proximité du préfet et non trois.
    A trop faire le procès à l’extérieur de l’audience, la défense a négligé les fondamentaux, mêm si la partiaité flagrante de la Cour explique sa fureur.

  3. phmadelin Says:

    Ces propos corespondent à mes propres impressions d’audience. La tentative avortée contre une autre gendarmerie a été révélée par le Préfet Bonnet.
    Le témoignage de Mme LeVert, et le fait qu’il ait été tout simplement occulté, est particulièrement symptomatique de l’autisme constant manifesté par la Cour et le Parquet. A la décharge de la Cour, le malheureux Pdt Wacogne a été horripilé par ses mises en cause répétées. D’autant plus qu’il savait que le Procureur Kross le considérait comme une chiffe molle !

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