Ecole : le racisme

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

Je vous transmets un texte de mon correspondant Laurent Opsomer parce qu’il soulève des questions fondamentales. Les réactions sont les bienvenues.

Le racisme à l’école : un tabou, un déni… un échec ?

L’école n’est pas un sanctuaire coupé du reste de la société. Elle est, au contraire, au cœur de cette dernière, donc perméable à toutes ses influences, même les plus pernicieuses. Ainsi assiste-t-on ces dernières années à une libéralisation de la parole extrémiste, une banalisation même. Ce phénomène touche tous les publics (élèves, apprentis ou adultes en formation) et concerne tous les niveaux d’études, du CAP au BTS.

Plus qu’une idéologie, le racisme est une œuvre de déshumanisation, une négation de l’Homme, qui germe trop souvent dans le terreau familial. Là encore, toutes les classes sociales sont concernées et représentées : depuis les ouvriers et employés des banlieues populaires aux notables des quartiers huppés en passant par les campagnes où il n’y a pas d’immigrés… Aux ghettos urbains répondent, en effet, les ghettos ruraux, tout aussi cloisonnés et repliés sur eux-mêmes. Il est également possible d’incriminer le prisme déformant de la télévision, unique source d’informations pour une majorité de nos compatriotes. Or, comment réagissent-ils face à des images d’émeutiers encapuchonnées qui vomissent leur haine et saccagent délibérément leur environnement ? Cette poignée d’excités devant la caméra est-elle représentative des milliers d’habitants des cités dont ils pourrissent la vie ? Evidemment non mais cette violence à l’écran booste l’audimat et conforte les préjugés qui amènent le téléspectateur lambda à des commentaires extrêmes du genre « ils n’ont qu’à retourner dans leur pays ! », oubliant sciemment que la France est le pays de ces jeunes gens, même désœuvrés et désocialisés. Il y a donc cet autre que soi, celui à qui l’on dénie sa nationalité car on ne le connaît pas et parce qu’il est différent. En outre, il suffit d’une agression, simplement verbale, pour jeter l’anathème sur toute une communauté, redonner vie à des a priori et susciter une crainte plus ou moins diffuse. D’ailleurs, l’actualité médiatique nourrit abondamment le discours des déclinologues qui ressassent sans ambages que « La France n’est plus ce qu’elle était », que « La France est une poubelle ». Etranges allégations désormais dans la bouche de jeunes Français aux noms de famille aux accents étrangers. Comment peuvent-ils alors adhérer à l’inqualifiable ? Victimes hier, bourreaux aujourd’hui… La France a-t-elle donc à ce point failli ou est-ce là le signe d’une intégration réussie ? Il n’en demeure pas moins qu’usant de stéréotypes et autres arguties, ceux-ci réfutent la richesse de la diversité et appellent de leurs vœux une société d’ordre, une société uniforme et aseptisée. Niant que la France a toujours été une terre d’accueil, et ce depuis des temps immémoriaux, ils clament que notre pays a besoin d’être revivifié, régénéré, pour ne pas dire purifié…

Le racisme est un délit aux yeux de la loi. Pourtant, force est de constater la réaction atténuée, voire inexistante de l’institution face à une réalité minorée ou carrément ignorée ! Face à ce déni reste une évidence : les manifestations du racisme à l’école mettent aujourd’hui en question, au défi et en difficulté le travail d’enseignement et d’éducation à la citoyenneté. Or, l’épreuve des faits montre qu’il n’y a pas de réponse unique pour combattre cette hydre, ni solution miracle pour la terrasser. Néanmoins, le pire est de ne rien faire car cela revient à cautionner l’innommable (qui ne dit mot consent) et à considérer que l’école a échoué dans son rôle d’ouverture culturelle et de connaissance de l’altérité. Par conséquent, mieux vaut agir, même maladroitement, que rester inactif !

Pour lutter contre cette gangrène, les enseignants travaillent sur le thème du racisme en classe. Ils usent de leur arme première : le savoir, et, par la parole, tentent d’amener à la raison des esprits obtus, les informant sur le droit ou soulignant les contradictions de leurs convictions (instiller le doute est déjà une victoire). Mais il faut parfois reconnaître l’inanité de ces efforts lorsque les préjugés sont fortement enracinés ou s’ils sont l’expression d’une souffrance sociale et instrumentalisés à ce titre. Au quotidien, les enseignants sont aussi désarmés face à un racisme diffus, qui s’exprime, par exemple, par la tenue vestimentaire. Ainsi, que faire face à un élève aux sous-entendus douteux, à l’attitude équivoque mais assez malin pour ne pas franchir les limites posées par l’institution, mieux capable d’apporter à celle-ci ce qu’elle veut entendre ou lire ? Il y a, enfin, le renoncement ou l’impuissance de certains agents à juguler de telles manifestations par crainte de représailles, en l’absence de soutien de leur hiérarchie ou en raison d’accointances inavouées. Pis, ces fonctionnaires sont aujourd’hui confrontés à une contradiction majeure entre cette mission de citoyenneté confiée par la Nation et la pratique politique au sein de cette même Nation qui se traduit par la mise en place de politiques publiques en opposition avec leur mission ; la création du ministère de l’Immigration, de l’Intégration et de l’Identité nationale est une illustration de ce paradoxe schizophrène.

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Une Réponse to “Ecole : le racisme”

  1. Opsomer Says:

    Une prof victime du racisme de ses élèves
    http://www.leparisien.fr/societe/une-prof-victime-du-racisme-de-ses-eleves-03-06-2009-535509.php

    L’enseignante victime de racisme se confie
    http://www.leparisien.fr/oise-60/l-enseignante-victime-de-racisme-se-confie-04-06-2009-536332.php

    Triste actualité…

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