Colonna, Erignac, deux logiques incompatibles

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

Un couple de tragédie Ils sont face à face, à moins de trois mètre l’un de l’autre, et c’est le couple le plus improbable qui soit.
Face à face donc : le tueur présumé qui ne le serait pas et la veuve accusatrice.
Entre eux deux, le tueur qui revendique l’assassinat et que personne ne croit.
On n’est plus dans le fait divers, on n’est plus dans la Justice ordinaire. On est dans la grande tragédie méditerranéenne.
Figures de tragédies antiques. Il ne manque rien dans cette dramaturgie. Ni le décor d’aujourd’hui, solennel, de la Cour d’Assises. Ni le décor d’hier, une rue mal éclairée d’Ajaccio, deux tueurs surgis de l’ombre. Il ne manque ni les rôles secondaires, ni les vociférateurs, ni le chœur antique. Un chœur muet : c’est le jury, qui aurait mission de condamner l’homme du box.
Lui, enfermé dans sa cage de verre, c’est Yvan Colonna. Petit, costaud – il reste un athlète malgré ses années passées derrières les barreaux -. Une belle gueule de mâle méditerranéen, cheveux coupés super ras. Le regard sombre, attentif, les yeux courent de l’un à l’autre, son attention ne se relâche pas un instant. Le regard d’un homme libre malgré l’apparat policier qui l’enserre : deux gendarmes dans le box qui bondissent en même temps que lui quand il se dresse pour parler.
Mais pas un regard vers sa partenaire forcée. Ces deux-là n’appartiennent pas au même monde.
Lui, c’est un ancien prof de gym qui poursuit en taule son entraînement intensif. Lui c’est un berger, gardien de son troupeau de chèvres dont s’occupe aujourd’hui son fils Giovanni-Batista. Lui, c’est un Nationaliste, qui revendique son engagement. Mais il est devenu au fil des temps, prétend-il, un Nationaliste pour lequel la violence ne serait plus forcément la bonne réponse. Sinon, son discours de fond ne change pas d’un iota. C’est le discours des revendications lues contre son gré par Didier Wacogne, le Président de la Cour d’Assises chargée de juger l’homme dans son box.
Il faut juger quoi ? Des faits que ne reconnaît pas Colonna, bien au contraire, il ne cesse de proclamer son innocence. Dans des propos toujours identiques, toujours calmes, toujours solides. On a envie de le croire.
L’homme enfermé dans son box semble sincère, totalement sincère. Ni la justice ni ses adversaires, ni même certains de ses amis ne sont tentés de le croire. Lui, il est convaincu de sa sincérité. Et rien ne vient troubler cette certitude. Une certitude radicale.
Elle est à l’opposé non moins absolu.
Elle, c’est Dominique Erignac, La Victime. Elle est la figure centrale du groupe massif de l’accusation. Les avocats des parties civiles qui se comportent en procureurs forts de leur vertu et de leur cause juste. Les procureurs enveloppés dans leurs robes rouges bordées d’hermine. Les victimes, les avocats, les procureurs : les vociférateurs.
Elle, elle est « La Veuve » du préfet assassiné. La veuve qui a été profondément amoureuse d’un sous préfet croisé dans un cocktail, haut fonctionnaire en devenir rencontré à l’aube de ses années de femme. Elle était la fille d’un industriel du Nord, catholique. Lui était un homme des montagnes de Lozère, un protestant, un parpaillot rigide, un franc-maçon actif qui entendait transcrire dans sa vie de Serviteur de l’Etat ses principes philosophiques : Liberté, égalité, fraternité. Par leurs origines sociales, les deux personnages formaient déjà un couple improbable, mais qui a parfaitement fonctionné, semble-t-il. Car cet homme et cette femme étaient eux aussi sincères, engagés dans leur combat pour la morale publique. Deux enfants, une fille et un garçon, qui, aujourd’hui ne la quittent pas
Elle est fragile, presque anorexique. Sa chevelure argentée coiffée avec soin. Inquiète, angoissée.
Une journaliste du Pèlerin, France Lebreton, la décrit ainsi :

« Pour elle, le temps s’est arrêté. [Chez elle] elle reste des heures assise, les yeux dans le vague, absente à elle-même. Un matin, son fils lui lance : « Maman, il faut faire des petites choses chaque jour. » La phrase résonne comme un déclic. Dès lors, Dominique s’efforce de retrouver les gestes du quotidien : ranger le studio, faire les courses. Elle s’aventure dans un supermarché, puis dans un grand magasin, pour acheter un produit de beauté. Un inconnu l’aborde, lui témoigne de sa compassion. Dominique se sent coupable de ce « décalage » entre la futilité de son achat et la mort de son mari. »

Tous les jours du procès, elle vient s’asseoir sur son banc inconfortable. Elle prend des notes à perdre haleine. Quels souvenirs tente-t-elle de retenir ? Parfois, quand le propos d’un des hommes qui comparaissent l’agace, elle pousse un soupir, ou elle murmure, « quel intérêt ? »
Avant le procès qui se déroule aujourd’hui devant la Cour d’Assises, elle confie à un journaliste,Michel Deléan du Journal du Dimanche

« Tout cela est une vraie souffrance. Ça représente onze ans d’une vie. Je dois une grande partie de ce temps à Yvan Colonna, qui est parti quatre ans en cavale, et qui a ensuite refusé de répondre aux questions des juges d’instruction pendant dix-huit mois. Alors, ce nouveau procès, ça revient quand même à tout remettre en question. Je suis un peu angoissée, peut-être moins que les deux dernières fois, mais en même temps je fais confiance à la justice. Ce qui est difficile, sur la durée, c’est qu’on commence à reprendre une vie normale, et puis on est encore replongés dans cette histoire. C’est la chose principale dans notre vie. On vit beaucoup à travers ça. Même quand on veut un peu s’en détacher, on est toujours rattrapé.

Dominique Erignac est habitée par une obsession : obtenir des aveux complets de l’homme qui est en face d’elle, dans sa cage de verre, elle croit qu’Yvan Colonna doit avoir le courage d’avouer qu’il est l’assassin de son mari. Peu soucieuse de la présomption d’innocence, elle l’a dit, proclamé. L’épouse amoureuse d’un homme assassiné peut-elle raisonner en termes de présomption d’innocence ? Elle aussi est habitée par cette certitude : elle ne pourra commencer son deuil que lorsque l’homme de Carghese aura parlé.
Alors, que pense-t-elle quand elle entend Pierre Alessandri soutenir que le tueur, c’est lui ? Comme tous les autres membres du groupe poursuivi pour l’assassinat du préfet, et qui ont reconnu leur participation, Alessandri est ravagé par le sentiment de culpabilité. Tout en réaffirmant ses convictions nationalistes, son choix de la violence nécessaire.
Maître Philippe Lemaire parle à la place de Dominique Erignac :

« Vous nous prenez pour des débiles ou quoi ? »

Deux mondes rigoureusement étrangers l’un à l’autre s’affrontent. Il est probable qu’ils ne pourront jamais se rencontrer. D’ailleurs, les Français peuvent-ils comprendre les Corses ? Les Corses peuvent-ils comprendre les Français ?

Sources Le Pèlerin, France Lebreton, 26 novembre 2007, et le Le Journal du Dimanche Michel Deléan 10 novembre 2007 7 février 2009-

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13 Réponses to “Colonna, Erignac, deux logiques incompatibles”

  1. Zen Says:

    Bonjour,

    Je trouve bizzare que vous demandiez si les Corses peuvent comprendre les Français ou les Français les Corses.

    Jusqu’à preuve du contraire les Corses sont Français. Votre question est un problème que la sociologie qualifie d’ethnocentrisme. Chacun analyse avec ses filtres sans essayer de se mettre à la place de l’autre. D’ou une incompréhension mutuelle.

    Il aurait été plus juste de parler de Corses et de Métropolitains.

    Pour revenir à l’affaire Erignac, je trouve que madame Erignac n’est pas aussi digne que ça dans cette affaire. Je compati pleinement à sa douleur, elle n’a rien demandé et sa vie s’est soudainement atrocement modifiée. Toutefois, lorsqu’elle parle des Corses en généralisant, je ne la trouve pas digne. Ce ne sont pas « les » Corses qui ont abbatu son mari mais « des » Corses. Les membres du commando et leurs commanditaires n’avaient pas reçu l’aval de la population, ni même une quelconque mission pour commetre cet acte odieux.

    Je ne la trouve pas digne non plus lorsqu’elle fait certaines déclarations à la presse. Je n’ai pas l’impresion qu’elle cherche la vérité mais la condamnation d’un homme à tout prix. En ce sens, et bien que son statut de victime puisse permettre de comprendre certaines choses, je ne la trouve pas digne. La réaction de Maitre Lemaire (son avocat) à l’égard de joseph Colombani, témoin cité par la partie civile qui ne reconnait pas Yvan Colonna, lorsqu’il reproche sans vergogne « Mais vous vous rendez compte de ce que vous avez fait ? ».. va dans la droite ligne de la démonstration de volonté de culpabilité d’Yvan Colonna.

  2. phmadelin Says:

    Naturellement, ma formulation était une forme de plaisanterie, douteuse, j’en conviens. Naturellement les Corses sont Français de droit. Ma formule vise surtout à identifier les personnes de culture et de civilisation corse, et les rapports difficiles avec les Continentaux. Pour Mme Erignac, je suis largement d’accord avec votre propos.

  3. Claudine Le Roux Says:

    Que de romantisme! Colonna « une belle gueule de type méditerranéen »?, sa mère est bretonne, Riou et je peux vous dire qu’il a une tête de breton, je sais de quoi je parle ; il n’a jamais renié ses convictions de nationaliste, il apprend le basque en prison , renie ses origines bretonnes, sans doute élevé par un machiste corse qui ne l’a pas instruit de la culture bretonne ; il dit que depuis la naissance de son fils il a pris du recul avec le nationalisme clandestin, hors le commando l’a appelé a plusieurs reprises lors de leurs arrestations, bizarre…

  4. Cécile Says:

    Bravo pour vos compte-rendus des débats de ce « procès ». Vous êtes un des rares (avec Stéphane Durand-Soufflant et Apathie) à avoir eu le courage de dénoncer ce massacre judiciaire.
    J’ai lu tous vos billets mais je me permets de poster sur celui-là pour répondre à Mme Le Roux : Mr Colonna n’a jamais renié ses origines bretonnes, il parle même un peu breton (cf. ses propres déclarations lors du premier procès), son père n’est pas forcément un machiste (les Corses ne sont pas tous des machistes, cessez de ressembler à Christophe Barbier, un anti-corse haineux, ça suffit grandement), il est par ailleurs un ancien député ne partageant pas les convictions politiques nationalistes de ses enfants et, si vous vous étiez mieux documentée avant de commenter, vous sauriez qu’il (son père) ne l’a même pas élevé en corse mais en français (encore une fois, reportez-vous aux déclarations de Mr Colonna lui-même lors de son 2ème procès où il explique avoir appris le corse à 12-13 ans seulement). Jean-Hugues Colonna (son père donc) a même insisté lors du 1er procès sur les racines bretonnes de sa femme et de ses enfants. On est donc loin du machiste anti-breton (et anti-français par la même occasion) que vous nous décrivez.
    Oui, il apprend le basque en prison, tout comme l’espagnol et l’italien parait-il et dites-moi, en quoi est-ce un crime?
    Et, même si on s’en fout pas mal, en ce qui concerne le physique, vous n’avez pas du bien le regarder, il ressemble quand même pas mal à son père à mes yeux et, étant moi-même née en Bretagne, j’ai rarement vu des Bretons (lui, son frère et sa soeur, qui se ressemblent énormément) ressemblant autant à des Méditerrannéens! Donc, même s’ils sont forcément un mélange de leurs parents, comme tout enfant ou presque, ils n’en sont pas moins des Méditerrannéens. Mais, comme je l’ai dit avant, on s’en moque!
    Je poursuis en ajoutant que Pierre Alessandri étant originaire de son village, il le connaît donc en dehors du mouvement nationaliste, et son retrait en tant que militant ne l’empêchait pas de garder contact avec un habitant de son village, un village où vivent 900 personnes. Il aurait donc fallu le faire exprès pour ne plus croiser Alessandri.
    Enfin, petite précision pour Philippe Madelin, son fils s’appelle Ghjuvan-Battista. Merci en tout cas encore une fois pour vos chroniques, dignes de cette si malmenée profession de journaliste. Si seulement, il y avait moins de Barbier, Adler, Tourancheau et plus de gens comme vous, la presse irait mieux dans notre pays!
    Je précise que je ne suis ni Corse, ni jamais allée en Corse, mais j’en ai juste assez de ces préjugés sur la Corse et ses habitants (comme tout préjugé, ils sont à combattre fermement). Par ailleurs, parce que la justice est rendue au nom du peuple français, en tant que Française, je n’adhère pas à ce genre de parodie de justice rendue en mon nom justement!

  5. phmadelin Says:

    Eh bien, j’apprécie vos compliments. Ma pratique du journalisme n’est autre que le résultat d’une longue carrière, chaotique dans la mesure où je n’ai jamais accepté de me plier à la loi des chefs. Il m’est donc arrivé d’être viré, pour un motif ou un autre. De TF1 entre autres : parce que j’étais « trop vieux ». Je m’apprête à finaliser un texte consacré au racisme, puisqu’une conférence s’ouvre aujourd’hui à Genève, je me permettrai de reprendre vos arguments. Bonne journée

  6. Cécile Says:

    C’est vrai que le racisme est loin d’être mort, on en est même à un stade où le racisme n’est plus loin de devenir politiquement correct. On a oublié les insultes, on en passe par d’autres procédés. Dans ce renouveau, je dirais que la reine (ou en tout cas, l’un des meilleurs porte-paroles) est Sophie de Menthon et ses propos bien ciselés pour faire passer la pilule en douceur. Et quand elle est prise la main dans le sac et qu’un auditeur l’interpelle (comme récemment suite à des propos sur les Antillais sur RMC), sa réponse digne des plus grands racistes (cf. Aragones après ses propos sur Thierry Henry, Ciccolini après ses propos sur Lorik Cana, Le Pen après ses horreurs déblatérées depuis je ne sais combien de temps, trop en tout cas) est toujours la même : « Oh, mais je ne suis pas raciste, j’aime les Antillais, ce sont des gens merveilleux et je sais de quoi je parle, j’y suis allée une fois, j’ai même des amis antillais… » J’ai d’ailleurs vu sur sa page Facebook qu’elle a rejoint un groupe intitulé « Pour la reconnaissance du rôle positif de la colonisation française ». Autant dire que le racisme a encore de beaux jours devant lui puisque la charmante dame officie sur diverses chaînes de radios et télés à intervalle régulier ce qui lui permet de toucher un certain auditoire.
    Dans un autre genre, le manque de soutien de Sarkozy au policier antillais Antoine Granomort qui avait, pour protéger un jeune Juif assailli par 50 « supporters » néo-nazis du PSG, été obligé de tirer, tuant l’un d’eux, m’avait paru incroyable à l’époque. Il est vrai qu’on était en 2006, que la présidentielle approchait, qu’il fallait prendre les voix de Le Pen, que la victime était blanche et le flic noir, mais pour un champion de la sécurité et de l’ordre autoproclamé comme Sarkozy, c’était ubuesque. Le malheureux policier, qui n’avait fait que son travail et dont les témoignages prouvent que tirer a été son dernier recours, est aujourd’hui encore profondément choqué d’avoir tué quelqu’un, mais n’a reçu aucun soutien. Une campagne médiatique l’a même fait passer pour un ripou! Honteux!
    Enfin, pour en revenir à Colonna, j’ai lu dans un de vos billets que l’un des policiers avait fait passer une virée de Colonna à Paris avec ses amis pour la préparation d’un mauvais coup. J’avais aussi lu dans un livre consacré à l’affaire avant son arrestation que ce voyage paraissait suspect mais on n’en a jamais su plus. Vous avez assisté aux audiences, quels sont les arguments de ce policier pour affirmer que ce voyage est suspect? Et la réponse de Colonna s’il y en a eu une? C’est un détail certes mais j’en avais vaguement entendu parler et je trouvais ça intrigant qu’on fasse tout un plat de ce voyage.
    En ce qui concerne mes compliments pour votre travail, ils sont amplement mérités. Je fais des études dans les médias, j’aimerais faire du journalisme mais je ne sais pas comment faire pour ne pas tomber dans le piège de me « plier à la loi des chefs » comme vous dites. J’ose encore, en toute naïveté, espérer que la situation changera, mais plus ça va, plus je sens que pour survivre dans ce métier, il faut finir par se formater. C’est pourquoi certains exemples, dont le votre, arrivent à me redonner confiance que l’on peut garder ses valeurs dans ce métier. Bravo à vous donc!

  7. phmadelin Says:

    Bonjour
    Trois réponses :
    Granomort. Je me souviens très bien de l’affaire, mais je ne me rappelais pas que ce policier était Antillais. Il y a eu beaucoup de bruit, surtout en raison de l’usage d’une arme de service … hors service. Votre nterprétation me semble pertinente.
    Le voyage à Paris de Ferrandi, Colonna, etc. En septembre 1999 si ma mémoire est bonne. Les parties civiles ont tenté d’exploiter ce voyage comme la préparation d’un mauvais coup alors qu’il était présenté comme une virée de détente par les intéressés. Les débats en sont restés là, c’est-à-dire sans suite, car rien n’a pu être prouvé quant à des intentions malveillantes. Typique de ce procès.
    Votre projet de vous orienter vers le journalisme Tout dépend de votre âge. Il faut entrer très tôt dans ce métier pour espérer émerger un jour. J’ai personnellement émergé tard, après un parcours chaotique. Je vais vous passer un mail pour être plus complet.

  8. Cécile Says:

    Oui, c’est bien typique de ce procès. Le moindre détail à la con est une preuve à charge. En revanche, quand on sait qu’une 205 blanche aux fausses plaques a démarré en trombe après l’assassinat du préfet, que, comme par hasard, un des deux suspects cités par Vinolas avait une 205 blanche (il est peut-être innocent ceci dit), on ne procède à aucune vérification. Ce n’est en effet pas nécessaire à la manifestation de la vérité selon Mr Wacogne. Quand je pense qu’on traite Yvan Colonna de lâche pour avoir déserté les débats… à sa place, je crois que j’aurais été tenté d’enjamber le box et de frapper la magistrate qui pouffait de rire dès qu’elle l’écoutait parler (et pourtant, je ne suis pas quelqu’un de violent).

    Ce qui est typique de ce procès, c’est à quel point vous-même, Mr Apathie (qui a posé une question très pertinente sur le déroulement du procès à Mme Dati hier sur Canal +, celle-ci l’éludant complètement par une magnifique réponse langue de bois) et Mr Durand-Soufflant (pour ne citer que vous) avez vu un procès complètement différent de celui vu par Mme Veran et Mme Tourancheau (entre autres). En lisant leurs compte-rendus, on en aurait presque cru que Colonna plaidait coupable et que des preuves étayait les accusations portées contre lui! Mme Tourancheau a d’ailleurs fait sa sarkozyste ce matin même en traitant Colonna d’assassin du préfet Erignac dans un article sur le gang des barbares, alors même que Colonna qui a déposé un pourvoi en cassation est toujours présumé innocent. Ce qui m’étonne dans tout ça, c’est pourquoi le traitement médiatique a été aussi différent. Vous qui y avez assisté de l’intérieur, pourriez-vous confirmer que Mme Tourancheau prenait des notes ou faisait-elle, comme le roi Wacogne, mine d’écouter? Parce que j’ai rarement vu un compte-rendu judiciaire aussi injustement à charge, aussi subjectif quand elle devrait se contenter d’être engagée. Ce qui est également étonnant, c’est que les journaux les moins favorables à Colonna (et les moins complets dans leurs articles) sont les journaux dits anti-Sarko : L’Humanité, Libération, Le Nouvel Obs, … C’est France Soir, Le Figaro (pas réputés pour être des gauchistes) qui ont eu le traitement le plus complet et le plus objectif du procès. Bref, cette volonté de sauver le soldat Sarkozy de la part de Libération est bien étonnante en tout cas! Mais, j’interprète peut-être mal les choses…

  9. phmadelin Says:

    J’ai en effet bien observé que les journaux de gauche sont partis charger Colonna tous étendards brandis. Je ne comprends moi-même pas bien. Tourancheau prenait des notes comme tout le monde, mais pas les mêmes que les miennes, j’imagine.
    Il faut quand même savoir que son mari est officier de police.
    Il y a un vrai problème corse derrière l’affaire Colonna. Un problème déjà bien ancien. Vous avez sans doute repéré que j’ai écrit un roman, Nuits bleues (en chargement libre), histoire d’un fugitif en Corse. Je l’ai esquissé dans ses grandes lignes voilà une bonne vingtaine d’années. Chaque fois que j el’ai soumis à un éditeur, on me l’a renvoyé à la gueule, au motif que je ne condamnais pas d’emblée les Corses, que tous les propos qui leur étaient prêtés ( puisés dans des discours, des papiers, des conversations) étaient des fadaises rose écolo.

  10. Cécile Says:

    Le fait que son mari soit policier explique peut-être certaines choses… Mais en tant que journaliste, elle est néanmoins censée (et ça vaut aussi pour son rédac’ chef Joffrin) restée impartiale. Ceci dit, chose qui est rassurante, la plupart des commentaires de ses articles sont tout aussi stupéfaits que moi de sa couverture du procès et certains lecteurs appelent à lire Le Figaro ou des blogs comme le votre! Donc, sa propagande n’a heureusement pas été si efficace que ça.
    J’ai effectivement vu que vous aviez écrit ce roman que je téléchargerai dès que le temps me permettra de le lire. Je vous ferai part de mon avis si vous voulez. Comme vous dites, il existe un vrai problème avec la Corse. Plus de la part de la France qui la regarde de haut que de la part des Corses d’ailleurs, mais ça nous arrange de leur rejeter la faute. Nous, Français, sommes tellement parfaits…
    Sinon, j’ai répondu à votre mail. Encore merci de vos conseils!

  11. Cécile Says:

    Grosse faute de grammaire : elle est néanmoins censée RESTER et non RESTEE! Désolé!

  12. phmadelin Says:

    Nobody is perfect

  13. phmadelin Says:

    J’attends avec impatience votre avis. Sérieusement !

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