Justice, Colonna : 6 mars, une journée de chien

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

Reportage à la Cour d’Assises de Paris, 6 mars
Ce vendredi, nous voici au bout du Palais de Justice dans la Galerie du Harlay, une sorte de hall de gare dallé de marbre, s’élevant sur plusieurs étages, éclairage zénithal toujours triste, une porte monumentale qui ne s’ouvre jamais. Un son d’enfer. L’escalier imposant menant à la Cour d’Assises est abrité dans une galerie de pierre, ouverte. Ainsi peut-on voir arriver et partir le public, les avocats. Pour leur part, les témoins passent par une poterne située sous le grand escalier.
Ces temps-ci cet espace monumental est défiguré par une construction préfabriquée abritant le centre de presse.
Et ce vendredi-là la galerie du Harlay est hantée par des meutes de gendarmes, certains en tenue de combat, tous armés, le regard suspicieux. Contenue par trois de ces gendarmes, une petite foule patiente pour aller  se mêler au public de la Cour d’Assises.
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Allongé sur une banc de marbre dort un photographe, auprès de quelques confrères dans le genre paparazzi effondrés un peu plus loin.

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Parmi les autres personnages qui errent dans cet espace glauque, on identifie plusieurs Corses, on reconnaît même Stéphane Colonna. Comme il sera appelé plus tard comme témoin, le frère d’Yvan n’a pas le droit d’entrer dans la salle d’audience. Mais il ne rate pas une seule séance, il est là, c’est sa manière d’aider son frère…
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Stéphane Colonna, dans l’attente

A pas décidés, je me dirige vers le centre de presse. Une première salle est l’anti chambre, local technique pour les monteurs de télévision, bureau pour les journalistes qui préparent directement leurs papiers bientôt envoyés à leurs rédaction par communication WiFi. Ici aussi somnolent quelques techniciens de télé, dans l’attente d’heures meilleures.
Un petit couloir me conduit dans une deuxième salle. Une sorte de Saint des Saints. Un gendarme m’intime l’ordre de présenter ma carte de presse, mon accréditation. Les sésames. Moyennant quoi par écran géant interposé j’ai le droit d’assister dans d’excellentes conditions de confort aux débats qui se déroulent dans la Cour d’Assises, à trente mètre d’ici. Je pourrais aller dans la tribune de presse, mais les banquettes sont dures, on entend mal les échanges de propos qui se déroulent dans le prétoire.
Ce vendredi est comme les autres jours. Dans la salle de visionnage, toujours la décontraction. Certains somnolent, les agenciers tapent avec fureur sur leur clavier d’ordinateur. Et sur l’écran défilent les témoins. Ce jour comme un autre aurait dû être vraiment ordinaire. Il ne l’a pas été. Tous condamnés, les principaux témoins du jour comparaissant sous la bonne garde de trois gendarmes armés. Tiens, c’est bizarre : la force armée ne représente-t-elle pas une ingérence de l’exécutif dans le pouvoir judiciaire ?

Au loin, on entend des clameurs : ce sont des supporters de Julien Coupat qui protestent contre son maintien en détention. Les gendarmes se précipitent…

Retour au visionnage : les témoins qui défilent sur l’écran ont tous dans un premier temps « dénoncé » Colonna, prétendu qu’il était présent sur la scène du crime (Voir mon billet d’hier et aujourd’hui sur rue89 : des aveux extorqués ?), puis en 2007 ils se sont rétractés du bout des lèvres. Pas suffisant pour retourner leur témoignage, soutiennent les Parties civiles et l’Accusation, pour lesquels ces hommes représentent l’ atout majeur.
D’où l’intensité des échanges entre protagonistes. Versini, Maranelli, Ferrandi… L’un après l’autre ils sont cuisinés jusqu’à l’extrême… Les trois prétendent qu’ils ont été forcés de parler, que pour eux Colonna n’est pas coupable, qu’il n’a pas participé au meurtre.
Les dialogues sont parfois surréalistes, comme en témoignent les duels entre Ferrandi, le Procureur, les avocats. Duels relevés par mon ami Pierre Antonetti, qui nous trace le portrait de la Cour d’Assises.
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La cour d’Assises. Colonna est dans la cage de verre blindé, à droite

Non seulement Pierre Antonetti dessine bien, mais encore il a le « coup de plume » pour rapporter des dialogues. C’était Vendredi  6 mars 2009, à partir du milieu de l’après-midi
L’audition de Didier Maranelli se termine. Un peu plus tôt on a évoqué un nombre de participants à l’opération Erignac plus important que ce qui avait été avancé jusqu’alors.

Maranelli : Je ne confirme pas le nombre de sept. Un des membres du groupe effectif n’a pas voulu participer.
Me Siméoni : Je conçois que ce soit douloureux de parler de tout ça, mais par contre, vous êtes prêt à participer à une reconstitution.
Maranelli : (répondant à Me Siméoni à propos des personnes ayant participé à l’opération Pietrosella et à l’assassinat)

–    C’est un groupe de personnes qui a été conçu pour participer aux deux opérations.

Il ne donne ni nombre, ni noms, mais il se déclare prêt à participer à une reconstitution.
La fin de l’après-midi est occupée par la déposition d’Alain Ferrandi.
Il se dirige vers la barre escorté par trois gendarmes. Le Président dit à Ferrandi « Si vous avez chaud vous pouvez enlever votre veste ».

Ferrandi enlève sa grosse veste qu’il pend à la barre. Il a un pull et comme Colonna, il a les manches retroussées. Il se lance dans un assez long discours militant.

Ferrandi: C’est la quatrième fois que je comparais devant un tribunal politique. Je récuse le terme de terrorisme, nous sommes des citoyens ordinaires. La République est un mythe en France. Etc. etc. etc.

Mme Erignac dit : « On s’en fout ». Ferrandi se tourne vers elle pour lui dire gentiment qu’il a entendu et il continue son discours.

Ce n’est pas la violence qui gangrène la Corse mais le clanisme et le clientélisme. Si l’Etat  persiste à mener la même politique, il n’est pas impossible que d’autres faits graves se produisent.

Le Président trouve que tout cela est un peu hors sujet.

Ferrandi (à propos d’Yvan Colonna) : il n’a jamais fait partie du groupe et ce ne sont pas les proximités qu’il a avec les villageois qui font de lui un coupable. Je le répète comme je l’ai dit lors du premier procès, il n’a jamais fait partie du groupe.
Le Président : Vous avez dit en 99, je ne dirai pas qui a tiré sur le préfet Erignac. Et aujourd’hui pouvez-vous nous dire qui a tiré sur le préfet Erignac.
Ferrandi : Je suis toujours dans le même état d’esprit.

Quand le Président lui demande pourquoi il a mis tant de temps à dédouaner Yvan Colonna il répond que c’est par choix idéologique.

Le Président : un choix idéologique ?
Ferrandi : Oui
Le Président : C’est donc faire payer cher un choix à un innocent .
Ferrandi :
On peut le dire.
Je nourris des regrets de ne pas avoir disculpé avant les personnes qui ont été inculpées à tort. Je lève le malentendu que mes propos ont pu provoquer lors du premier procès. Je confirme, il (Yvan) ne faisait pas partie du groupe.
Il a été mis en cause dans l’instruction à cause des pressions et la nécessité pour la police de fournir un scénario crédible après avoir tant pataugé.

Le Président lui pose des questions sur le nombre de personnes appartenant au groupe, Ferrandi ne dit rien.

Ferrandi : les actions Pietrosella et Erignac ont été commises par un certain nombre de personnes .
Le président : combien de personnes ?
Ferrandi : je ne dirai rien. L’enquête a des carences certaines et il est évident que des gens n’ont pas pu être arrêtés.

Il dit qu’il a passé un deal avec la DNAT et confirme les dires de sa femme pour éviter qu’elle soit mise en examen.

Ferrandi : Je ne parle que de mon engagement et de ceux qui sont mis en cause dans l’affaire. C’est un choix idéologique et militant , lors de  l’instruction, de n’exclure personne.
C’est un choix maladroit de ne pas avoir disculpé Yvan Colonna.
Me Lemaire : pourquoi ne rien dire pendant quatre ou cinq ans ?
Ferrandi parle des raisons de son engagement
C’est le choix politique que j’ai fait pendant l’instruction et je m’y suis tenu.
J.Cl. Kross, le procureur général  : Qui était avec Alessandri ?
Ferrandi : Je n’ai pas à vous dire qui était avec Alessandri.
Kross :  ça veut dire qu’il y avait quelqu’un …
Ferrandi : Je n’ai pas à vous dire.

Pour préserver sa femme, il a mis en cause Yvan Colonna .

Yvan Colonna se dresse d’un coup pour prendre la parole. Comme mus par des ressorts, derrière lui les deux gendarmes bondissent.

Je m’adresse à toi, Alain, tu as dit que tu étais mon ami . Visiblement  tu as fait un choix de ne rien dire alors que j’étais dans les  » stràzzi « .

Face à ce mot en corse, le Président se manifeste. Colonna  explique que  » stràzzi « .  veut dire : tourments  et il poursuit :

Tu sais que tout ce que tu dis ici est  écouté, analysé, disséqué, ta phrase sibylline a été mal interprétée et j’ai été condamné.  Tu éludes les questions. Là, je te demande d’être clair parce que  moi, je joue ma vie.
Je te demande d’être clair sur les questions essentielles.
Pourquoi n’as – tu rien dit pendant tant d’années ?

Sollicité par Me Edmond Simeoni, Ferrandi refuse de participer à une reconstitution.

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Les télés ont repéré un témoin, on se rue

Voilà. C’était une journée de chien. Pour les témoins qui n’en peuvent plus. Pour l’accusation qui ne parvient pas à obtenir de nouveaux aveux. Et qui, en plus voit le dossier rendu encore plus confus. Pour Colonna, qui doit trépigner, dans sa cage de verre. Et pour Dominique Erignac, qui ne rate pas une minutes du procès, elle non plus.

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4 Réponses to “Justice, Colonna : 6 mars, une journée de chien”

  1. Zen Says:

    Bonjour,

    Tout ce qui suit est simplement un filtre de lecture pour comprendre entre les lignes les véritables enjeux de ce procès. Je ne détiens pas la vérité sur la participation de qui que ce soit, sur la culpabilité ou l’innocence de qui que ce soit. Mes propos sont simplement le fruit d’une analyse.

    La plus part des observateurs qui tentent de comprendre cette affaire font preuve d’ethnocentrisme. Il n’est pas possible de comprendre quoi que ce soit si on élude le côté politique de cette affaire. Ce n’est pas un crime de droit commun.. Les membres du commando ne sont pas de simples cytoyens, mais des personnes qui défendent, aujour’hui encore une cause.

    Que ce soit Versini, Maranelli ou Ferrandi, ils n’ont pas réellement l’intention de « sauver » Yvan Colonna. C’est une des raisons pour laquelle ils ne donneront aucun détail. L’autre raison tien au fait qu’ils n’ont pas agits seuls dans leur coin. Ils se sont fait manipuler par plus fort qu’eux.

    Ces gens sont toujours des militants, et considèrent que la cause vaut bien le sacrifice de quelques vies (celle du Prefet, et celle de Colonna). Les histoires de luttes nationales sont remplies de sacrifices d’innocents. Que vaut la vie d’un homme au regard de la cause ?

    En disculpant Colonna, sans le faire réellement, ces gens ont pour but de continuer le combat, de réveiller les consciences du nationalisme Corse et attirer des jeunes Corses. Ce procès leur procure une tribune inespérée.

    Ils l’ont avoué sans détour, l’asassinat du Prefet Erignac avait pour but de créer un électrochoc dans le mouvement nationaliste. Il devait ressouder le mouvement qui allait être attaqué de toute part par l’état. Ils ont également avoué l’échec de cette tentative, qui n’a servi à rien. Le meurte d’innocent ne fait pas partie de la doctrine du mouvement nationaliste Corse, d’ou l’échec.

    Pour eux, la victimisation de Colonna, est l’assurance de ne pas être oubliés. La condamnation d’un innocent par le pouvoir, dans un « procès d’état », peut au contraire permettre d’atteindre le but qu’ils s’étaient fixés.

    Corte, le fameux informateur du Prefet Bonnet, disait d’eux : » Il sont très forts. Ce sont des joueurs d’échecs qui ont toujours plusieurs coups d’avance ».

    Mais pourquoi Colonna me direz vous ?

    Entre le meurtre du préfet et l’arrestation du commando, plus de quinze mois se sont écoulés.. Ce qui laisse largement le temps de réfléchir.
    A cette époque, le processus de matignon est en gestation. Les membres du commando ont pu élaborer un plan qui pourraient les faire amnistier en cas de problème.

    en 1999, Colonna à la triple particularité d’être :

    – Le fils de Jean-Hugues Colonna (ex Mr Corse à l’intérieur dans un gouvernement de Gauche -> Il ne s’est pas fait que des amis dans le mouvement nationaliste) Ses relations peuvent servir..

    – Le beau frère de Joseph Caviglioli, une personnalité du mouvement nationaliste .

    – Une figure du mouvement (ex membre du comité exécutif de la cuncolta du temps de Pierre Poggioli).

    Il parait évident qu’il présente toutes les caractéristiques, mieux que personne d’autre, pour être le soldat qui va « soulever du monde » pour leur venir indirectement en aide en cas de pépin. A dessin, provoquer l’électrochoc attendu..

    D’ailleurs, l’amnistie des prisonniers politiques a été évoquée durant le processus de matignon. ce que n’avait pas prévu ces gens, c’est la réaction de Mme erignac, qui s’en est offusquée dans la presse (elle a d’ailleurs été reçue a Matignon peu de temps après), ce qui a fait reculer Jospin, 1er ministre de l’époque. Mme Erignac était et est toujours soutenue par les énarques (le vrai pouvoir dans ce pays).

    PS : En 2007, lors du premier procès, maitre Simeoni a directement mis en cause l’avocat Maitre Stagnara qui est intervenu lors de la garde a vue des membres du commando, en indiquant que bizzarement les prévenus avaient tous accouchés le nom de Colonna après avoir vu cet avocat. Me Stagnara a des liens très étroits avec le Mouvement nationaliste dirigé par charles Pieri. Une mise en cause pour le moins inhabituelle, qui n’aurait pas lieu d’être sans fondement..

    La question de Colonna à Versini, et toi tu ne dis rien à ton avocat, tu ne lui dit pas que je n’y suis pour rien.. n’est pas anodine..

  2. phmadelin Says:

    Vous pouvez ajouter à la liste Pierre Alessandri, entendu cet après-midi. A peu de mots près, il reprend votre propos. Avec un dogmatisme qui me glace, un dogmatisme que je qualifierais de stalinien. Alors que le personnage, plutôt beau à la manière des empereurs romains, est loin d’être antipathique.

  3. Zen Says:

    Ces gens sont enfermés dans un système de pensée qui n’est pas celui de criminels « classiques », mais celui de militants qui étaient prêts à sacrifier leurs vies pour leur cause. Prêts à sacrifier d’autres vies pour leur cause.

    Ils n’en feront pas plus pour sauver Colonna. Un Colonna innocent pour l’opinion publique condamné par la Cour « en mission » servira bien plus leur cause qu’un Colonna libre.

    Notez que personnellement je plaide en faveur de l’innocence de Colonna pour plusieurs raisons.

    En premier lieu, il n’y a aucune preuve tangible de sa culpabilité.
    En second lieu, l’acharnement détestable de la cour sur les témoins en faveur de Colonna. Pauvre Vinolas !

    Enfin, le caractère de l’homme. Je ne pense pas qu’il soit de ceux qui ne revendiquent pas leurs actes. Je le crois au contraire capable de mourrir pour ses convictions.

    D’autres part, le contexte de la situation sur l’île avant le drame.
    En 1997, pour la première fois, des nationalistes menacent de mort les hommes politiques en place, signe d’une tension de plus en plus forte. Ce n’était jamais arrivé.

    En 98, un communiqué du 21 janvier 98 annonce clairement l’imminence de l’assassinat. Pourquoi le Préfet n’a t-il pas bénéficié d’une protection policière, même discrète ?

    Ou sont passées les notes du préfet Erignac ? Elles ont disparues entre son départ de la préfecture le soir du crime et l’arrivée de la police quelques heures après ? Qui génaient-elles ?

    En un temps, la gendarmerie a enquêté sur les membres du réseau Pasqua dans l’île. Le prefet Erignac avait participé, lors de son passage au ministère de la Coopération, au montage d’un dossier au profit de la société AGRI-CONGO dont les bénéficiaires étaient des membres du réseau Pasqua. En 97, il prend position contre des intérêts de ses personnes (Affaire de la CADEC, le casino d’Ajaccio..) qu’il connait bien…

    L’enquête de la gendarmerie n’ira pas au bout, elle est écartée de l’enquête.. au profit de la DNAT.

    Marion (à une époque proche de pasqua) a passé beaucoup de temps sur la piste Agricole alors même que Le commissaire Dragacci, homme de terrain, Patron du SRPJ d’Ajaccio, avait mis le doigt sur la piste moins d’une semaine après l’assassinat. Dragacci est mis à la retraite.. en avril 98.

    Notons qu’entre temps, certaines personnalités du mileu mafieux, proches de Pasqua, ont été rayées du fichier du grand banditisme par le même Marion..

    Je ne pense pas que Marion soit plus stupide qu’un autre.. J’en arrive à me demander si ce crime n’était pas un « prétexte » pour faire le ménage. Un ménage qui arrangeait tout le monde. Classe politique locale, état, certains nationalistes (ceux qui ont balancés le commando). Ce premier ménage a pris fin lorsque le prefet Bonnet s’est retrouvé en Garde a vue a la suite de l’affaire des paillotes. Laché par le pouvoir, il allait parler, d’un coup il fallait revenir sur la bonne piste. Ce fut fait le jour même avec l’arrestation des membres du commando.

    Ajoutez le fait qu’il est de notoriété publique qu’a cette époque les RG et le clan Piéri (sans oublier François Santoni) échangent couramment quelques renseignements.. que certaines personnes sont balancées pour conserver de bonne relations..

    Notons enfin que la mise en retrait de Colonna était largement prévisible. Il avait déjà « pris du recul » en 94 lorsqu’il fut accusé d’avoir participé à la tentative d’assassinat de Pierre Poggioli, avant de se rendre afin de donner son ADN. La fuite dans le journal du monde, le 22 mai à 13h (le commando a « parlé » dans la nuit du 21 au 22 mai, il faut du temps pour rédiger et imprimer un quotidien) tombait-elle a point nommé ? Est-ce simplement un hasard ?

  4. MADONNA Says:

    Zen,
    Je dois relire ton mel plus attentivement, il est assez long…
    Tu as raison en disant qu’on ne peut, pour comprendre les mobiles de chacun, écarter le climat politique qui régnait en Corse à cette époque. Je pense aussi que d’autres personnalités ( au niveau de l’Etat) ont cru pouvoir trouver un intérêt dans cette affaire puisque les séries de mystères et de non dits émanent des deux côtés et surtout du côté des polices antiterroristes qui,l’instruction ayant été entâchée de nombreuses contradictions,ont fait souvent la démonstration de leurs méthodes iniques destinées à flatter certains égos ( il y a de nombreux malades ou frustrés là dedans ) .
    Alors, si on ne peut espérer la manifestation de la liberté à l’issue de ce procès, espérons au moins que celui contre lequel ne pèse AUCUNE charge reprenne sa liberté.Mais malheureusement pèsera sur lui toujours le « doute » et les corses en sortiront encore meurtris.

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