Justice, Colonna : la Cour fidèle à elle-même

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

Fidèle à sa ligne, sur réquisition du parquet et des parties civiles, le Président Didier Wacogne a décrété que la Cour d’Assises ne se déplacerait pas à Ajaccio « faute d’éléments nouveaux en l’état ».   D’où suspension d’audience, puis reprise, puis interventions multiples d’Yvan Colonna.

Les interventions ont même parfois tourné une nouvelle fois au dialogue direct, et quelque peu musclé, entre le prévenu Colonna et le Président. Un dialogue auquel se sont mélés les avocats généraux.

Le procès n’y gagne pas en clarté. D’autant plus que devait se débattre aujourd’hui devant le tribunal civil une plainte d’Yvan Colonna pour atteinte à la présomption d’innocence. Contre Nicolas Sarkozy, mais en tant  que ministre de l’Intérieur, c’est-à-dire pour des faits antérieurs à son élection à la Présidence.

Erreur
Cette vidéo n’existe pas

Et, pendant ce temps, les témoignages se succèdent… et se ressemblent. Les témoins visuels n’ont vu sur place que deux hommes en train d’abattre le préfet, contrairement à l’accusation qui en décompte trois. Alors que les avocats de la partie civile dénoncent des manoeuvres de retardement, Tandis qu’un nouveau policier, le Contrôleur général Frédéric Vaux,   est venu à la barre « imiter » le préfet Bernard Bonnet . Le contrôleur général Frédéric Veaux a raconté l’histoire du nationalisme corse à sa manière, et celle d’Yvan Colonna selon le même mode. Le contrôleur Veaux a été le patron du SRPJ d’Ajaccio, puis le patron de la DNAT. A ce titre il a assisté le RAID pour l’arrestation de Colonna.

Ses interprétations sont surprenantes. Colonna participait à des manifestations nationalistes – ce qu’il reconnaît sans mal ? – Donc il suggère qu’il pouvait être partie prenante du « commando Erignac » (je n’apprécie guère cette formulation). Une preuve : avec ses amis , il a organisé une virée à Paris, pour aller s’amuser. Dans la bouche du policier ça devient une « expédition clandestine ». Sous entendu pour organiser un mauvais coup.

Et pourtant, le contrôleur Veaux finit par concéder, « quitte à déplaire aux parties civiles », que tous ces hommes étaient sincères. Allez comprendre quelque chose dans cette confusion des esprits.

cour-dassises-antonetti

Dessin d’audience de Pierre Antonetti

Et pourtant, c’est si beau, si solennel, la Cour d’Assises. Comment des batailles aussi féroces peuvent-elles s’y développer ? Comment peut-on s’y combattre avec tant de violence ?

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