Université : un mathématicien et un responsable universitaire expliquent quel est leur vécu

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

Le statut des enseignants-chercheurs dans les universités :Valérie Pécresse va recevoir les orgnisations syndicales représentatives et les Présidents d’université et de la médiatrice.

Pour cadrer, les éléments à ma disposition.

Je reçois les communications régulières de « Sauvons la Recherche » depuis que j’ai soutenu mon doctorat à l’Université d’Evry. En outre, à ma demande, un de mes amis mathématicien de très haut niveau, vous savez ces types pas farfelus qui valent à la France une immense réputation, m’adresse tout ce qu’il peut comme liens après m’avoir exposé sa position.

Même s’il est descendu dans la rue,  et s’il y reviendra , le débat sur le statut des enseignants-chercheurs de l’Université reste assez obscur, et pour être plus précis, élitiste pour le grand public. Pourquoi ces privilégiés de la Société (?) s’en vont-ils manifester comme de vulgaires travailleurs ouvriers.

Dès la première manifestation, la participation a été massive, puisque la quasi totalité des enseignants-chercheurs s’est jointe au mouvement : ils sont 57 000, ils étaient sans doute plus de 50 000 sur le pavé.

Mon Président Nicolas Sarkozy n’a-t-il pas lancé voilà quelques jours que ces chercheurs n’étaient guère crédibles puisque la recherche en France est mauvaise. La charge était évidemment politique. Les chercheurs, et enseignants-chercheurs, n’ont guère apprécié. Observant au passage que dans plusieurs domaines, la France est excellente malgré la faiblesse des moyens consacrés à ce domaine : les mathématiques – plusieurs médailles Field attribuées à des chercheurs français -, la physique fondamentale, la médecine, avec une foultitude de Prix Nobel…

Je pense que le vrai problème tient au fait que Notre très cher Président, non content de ne guère apprécier les chercheurs – suspectés d’être massivement à gauche – ignore même ce qu’est la recherche, ce que signifie le mot recherche. Il confond ce concept avec le Développement des technologies appliquées. En plus, assène un de mes amis chercheurs (mais socialiste, je le précise), Mon Président détesterait la liberté.

Or, sans recherche fondamentale, il ne peut y avoir de développement des sciences expérimentales et de la technologie.

Mon Président et ses affidés voudraient que la Recherche soit toujours rentable. C’était leur idée quand a été initiée l’ANR, Agence nationale de la Recherche, dont la principale fonction est de répartir les crédits entre les laboratoire de recherche. Or, justement, on ne peut jamais affirmer d’avance qu’une recherche aboutira ou non. Ni dans l’immédiat, ni plus tard. Un des plus beaux exemples sont les étranges machines de Leonardo Da Vinci : il a fallu cinq siècles pour qu’elles deviennent des objets concrets.

Il est prévu que les recherches soient menées sur projets, et ensuite évaluées, entre autre par l’AERES (Agence d’évaluation de la Recherche et de l’enseignement scientifique). Une recherche sur projet, c’est répondre à la question avant de l’avoir posée.

D’où le malaise profond des enseignants-chercheurs, tous enseignants dans le monde universitaire, tous chercheurs dans de multiples laboratoires.

« On voudrait, m’explique avec la véhémence contrôlée de rigueur dans son monde, Marc C, un mathématicien du plus haut niveau possible, en son temps vainqueur des concours pour Normale Sup’ et Polytechnique. J’ai choisi Normale Sup’. C’et-à-dire que j’ai choisi une vie d’universitaire avec des salaires modestes, en contrepartie d’une totale liberté de recherche. »

Une totale liberté au demeurant inscrite dans la Constitution

En 1984, rappelle Dominique Rousseau dans Le Monde (28 janvier 2009), le doyen Georges Vedel, alors membre du Conseil constitutionnel, fait consacrer la valeur constitutionnelle du principe d’indépendance des professeurs d’université, quand il fait sanctionner, par la décision du 20 janvier 1984, les règles d’organisation de l’université qui y portent atteinte, il fonde son raisonnement sur une liberté, « la liberté du citoyen », qui, dit-il, est toujours « première ».

Depuis, un autre de mes proches qui souhaite rester anonyme, lui-même titulaire d’un doctorat, responsable de haut rang dans une université de province, me raconte son vécu:

Je ne suis pas en charge de la réforme de l’université française, je  suis maître de conférences, chef d’un département au sein d’une  université française, avec comme responsabilités la gestion de 600  étudiants, 30 enseignants permanents, 6 personnels administratifs, une  cinquantaine d’intervenants professionnels, huit cycles de formation,  la mise en oeuvre des politiques et actions pédagogiques, d’insertion  professionnelle des étudiants, relationnelles avec les entreprises, à l’international, budgétaires,…, plus assurer les cours dont j’ai la  charge et lorsque j’en trouve le temps préparer une communication pour  un colloque scientifique.

Si la qualité de mon travail et celui de mes collègues se juge par la  satisfaction de nos parties prenantes (étudiants, familles des  étudiants, entreprises, la hiérarchie de l’université, les collègues  eux mêmes et leur satisfaction au travail), il me semble que nous  travaillons plutôt bien.

Et d’un point de vue général, les français et les entreprises
françaises sont, je crois bien, contents de leur université.
Par contre, si l’on en juge la mobilisation actuelle des enseignants  et des étudiants, je ne crois pas que l’on puisse dire que les parties  prenantes du Ministère en charge de l’enseignement et de la recherche  soient très satisfaites !

Faire croire que certains ne font pas bien leur travail alors que soit  même on n’en est pas capable à de quoi faire bondir les gens. C’est  tout simplement ce qui se passe.
Dans la communauté universitaire, certains s’orienteront davantage  dans l’administration, d’autres dans la recherche et d’autres dans  l’enseignement. Tous sont soumis au jugement de la ligne hiérachique  universitaire, des bénéficiaires de ce service public qu’est  l’enseignement supérieur et des comités scientifiques pour ce qui est  de la recherche. La répartition et l’évaluation des tâches au sein de  l’université s’effectue par des personnes élues, diplômées, expertes  dans leur domaine et mues par un véritable esprit du service public.

Tout est toujours perfectible, mais la voie de l’amélioration continue  de l’université choisie ces derniers temps ne semble apparemment pas  la bonne !

Pour ma part, je trouve scandaleux que les universitaires (ainsi que  les étudiants) soient contraints de manifester, d’organiser des  assemblées générales et des réunions de travail sur la réforme parce  que d’autres n’ont pas fait correctement leur travail en amont, tout  en continant leurs activités et en voyant leur salaire diminué parce  qu’obligés de s’inscrire comme grévistes (pour que les statistiques du  Ministère rendent compte de la désapprobation !). Sans parler des
étudiants qui ont autre chose à faire que de manifester !

Voilà en quelques mots mon petit coup de gueule. Etant donné que l’on ne m’a pas  sollicité, comme d’ailleurs nombre d’universitaires, que le Ministère   se débrouille avec des coups de gueule anonymes pour comprendre  vraiment la situation.

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Une Réponse to “Université : un mathématicien et un responsable universitaire expliquent quel est leur vécu”

  1. MARIE Says:

    Je vous remercie de vous intéresser à nos enseignants chercheurs, ces
    êtres un peu bizarres qui ne font l’objet d’aucune publication dans Paris Match, qui n’ont pas de rolex à 50 ans, et qui n’ont même pas été
    capables de ramener un Nobel de….. mathématiques!!!! pas plus qu’un « Sarko de physique ». Plus sérieusement, la lettre ouverte écrite par notre médaille
    Fields à notre président est édifiante! http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/02/18/monsieur-le-president-vous-ne-mesurez-peut-etre-pas-la-defiance-par-wendelin-werner_1157067_3232.html#ens_id
    =1157181

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