Procès Colonna : vérités et mensonges

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

Et si le commissaire Vinolas avait été « enfumé » ? Et si son informateur était aussi bidon que mystère ? Le commissaire Didier Vinolas a, rappelons-le, provoqué la stupeur la semaine dernière, en dévoilant qu’un informateur, un certain Monsieur X, lui avait révélé dès 2002 que deux des auteurs de l’assassinat dont a été victime le préfet Erignac étaient dans la nature, jamais poursuivis, bien que l’un d’entre eux au moins ait été connu des enquêteurs.

Pressé de questions par le Procureur général Jean-Claude Kross, sur un ton plutôt menaçant, Didier Vinolas a obstinément refusé de dire qui était cet informateur, admettant tout au plus qu’il s’agissait d’un policier de l’ancienne Direction centrale des Renseignements généraux. Il a même précisé d’une part que le dit informateur n’accepterait de parler qu’au Président Sarkozy ou à un de ses proches collaborateurs, et après versement de 300 000 euros, montant porté à 400 000 euros par le procureur général Yves Bot, et que, en outre, il ne donnerait ce nom qu’à un juge d’instruction.

La Défense s’était engouffrée dans cette brèche pour demander et obtenir – a minima – un supplément d’information, confié à deux des « jurés » de la cour, Alain Cadet et Yann Daurelle, tous deux magistrats.

J’ai toutefois été intrigué par l’acharnement des Parties civiles à déconsidérer Vinolas, c’est-à-dire à mettre en doute la valeur de son témoignage.

L’offensive de dénigrament s’est poursuivie durant le week end, après l’audition de Didier Vinolas et de Yves Bot par Alain Cadet et Yann Daurelle, au cours de laquelle le policier et le haut magistrat auraient en effet « donné »  l’informateur. Il s’agirait du commandant Michel Poirson, réaffecté à la Sécurité Publique lors de la fusion DST-DCRG, en retraite depuis le 21 janvier 2009.

L’affaire se corse (!) avec le portrait de Poirson dressé par Patricia Tourancheau, de Libération :

Cet officier passe-muraille «falot, nonchalant, limite mytho» pour certains policiers aurait déjà tenté de monnayer des tuyaux en 2002 avec… sa hiérarchie.

En clair, Poirson serait non seulement pas sérieux, mais en plus un petit escroc. Avec ce portrait Libération emboîte le pas des Parties civiles. Ce qui est pour le moins singulier. On peut de toute façon se poser la question : Didier Vinolas a-t-il été « enfumé » ( trompé, en langage de police) par son informateur qui était à la recherche d’une « gratification clandestine ».

Pourquoi pas ? Mais, en l’état, ce nouvel épisode grand guignolesque du procès Colonna ne permet toujours pas de comprendre pourquoi les enquêteurs de la DNAT (Direction nationale anti-terroriste) n’ont pas cherché à corroborer cette information dès qu’ils en ont pu en avoir connaissance, notamment par le préfet Guéant, dès 2002.

La réponse est bizarre, et peu crédible : « il y a eu tellement de pistes qu’il était impossible de les explorer toutes ». Même quand le sommet de l’Etat est informé ? Incurie des enquêteurs ou volonté d’écarter une piste ? Décidemment, pour les affaires corses, tout reste enfermé dans un « trou noir », masse stellaire gigantesque d’où la lumière ne sort jamais.

Etape suivante : Poirson a été entendu vendredi par Alain Cadet et Yann Daurelle afin d’identifier les deux grands absents de l’enquête. Cette fois, rien n’a filtré de cet entretien. Réponse à la reprise des débats, lundi 13 h.

Publicités

Étiquettes : , , ,

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :