Pognon et secret : la fin du Secret suisse ?

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

Je vous le signalais dès hier : l’administration Obama-Zorro a décidé d’imposer à la Confédération helvétique – la Suisse – la mort d’une de ses institutions les plus célèbres, les plus rentables, les plus décriées, le Secret bancaire.

En termes polis : le ministère de la Justice américain a annoncé avoir porté plainte au civil devant un juge fédéral de Miami (Floride, sud-est) pour exiger qu’UBS (Union des Banques suisses) livre des informations sur 52.000 comptes secrets identifiés par le fisc comme appartenant à des Américains, qui recèleraient près de 15 milliards de dollars d’actifs.

La Suisse a bâti sa fortune sur le secret bancaire. Une première alerte aurait dû inquiéter les autorités suisses où toute divulgation d’éléments concernant le secret bancaire, s’il s’agit de fraude fiscale, est considérée comme un délit : à la suite d’enquêtes multiples, l’Allemagne avait obtenu la levée du secret bancaire au Lichtenstein, une petite principauté semi indépendante, faux nez de la Suisse. Depuis, le Lichtenstein a été quasiment rayé de la carte financière.

Cette fois-ci, c’est beaucoup plus grave : si l’UBS doit céder, c’est tout le système suisse qui va s’effondrer, car les autres banques devront suivre.

Or je peu vous révéler que malgré des déclarations fracassantes, l’UBS va céder. Pour au moins deux raisons

– Si la Banque suisse refuse de céder, elle peut voir annulée sa licence de banque aux Etats-Unis.

– un certain nombre de dirigeants et de collaborateurs risquent d’être l’objet de poursuites pénales qui les empécheraient en pratique de sortir de Suisse, ils seraient dans l’incapacité de voyage, et même de travailler.

Première question : pourquoi cette démarche de l’administration Obama ? Tout simplement le Président Barack Obama cherche à récupérer des fonds par tous les moyens pour financer son plan de relance. Il donnait l’impression d’être « gentil », il ne l’est pas.

Deuxième question : pourquoi maintenant ? En réalité, la démarche américaine était déjà dans les tuyaus depuis plusieurs mois. Mais, bien sûr, l’administration Bush ne se pressait pas. A noter : les poursuites judiciaires sont en route depuis si longtemps qu’il apparaît probable qu’une partie des fonds cachés se soient déjà envolés, on cite couramment Singapour comme point de chute.

Troisième question : que risquent les déposants américains clandestins ? Une amende égale au triple du montant identifié.

Quatrième question : à combien évalue-t-on les montants des dépôts qui seraient contraints de sortir du bois. On n’en a pas d’idée précise : entre 15 milliards et 150 milliards de dollars. On peut tabler sur le haut de la fourchette.

Qui contrôle l’Union des Banques suisses ? Depuis la dernière crise financière, le fonds souverain de Singapour a pris une participation de 8% dans le capital. Il est probable que par une voie ou une autre l’Arabie Saoudite contrôle pour sa part au moins 2% du capital.

Naturellement, n’allez pas chercher des informations dans la presse suisse. Observations de mon correspondant à Genève :

Toute la presse suisse défend le Secret bancaire, donc elle n’évoque pas le conflit. Mais, maintenant, les Suisses vont devoir prouver qu’ils ont d’autres qualités que de protéger les secrets des fraudeurs fiscaux.

En effet : sans possibilité de blanchir l’argent sale, sans secret bancaire, que vont devenir les banquiers suisses ? Ils vont revenir à leur vrai métier : la gestion  de fortune. En bons pères de famille. Génève est prête. Zurich ne sait pas comment rebondir.

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