Justice, Colonna : l’accusation court après ses preuves

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

Procès Colonna : la Défense harcèle l’accusation, à court de preuves.

Long bras de fer parfois violent entre l’Accusation et la Défense dans le procès Colonna qui se poursuit devant la Cour d’Assises de Paris. Lors du premier round, l’accusation avait réussi à marquer un point important en obtenant d’établir sans grande marge d’erreur que le tueur du préfet Erignac, le 6 février 1998, devait être beaucoup plus petit que le haut fonctionnaire.
Pour parvenir à cette conclusion avait été utilisé le témoignage, alors considéré comme flou, du Dr Paul Marcaggi, le médecin légiste qui avait examiné le corps du préfet. Il en ressortait que le tueur devait être beaucoup plus petit que le préfet. Sous-entendu, ce qui correspond à la stature d’Yvan Colonna. Les parties civiles et le Ministère public ont tenté aujourd’hui de renouveler leur performance. Mais le Président Wacogne ne leur a pas permis. Plus exactement, quand le parquet et les parties civiles ont voulu se référer à la déposition du Dr Marcaggi, en première instance, le Président le leur a interdit : « Dans un procès en appel d’Assises, les débats de première instance n’existent pas ».
Or le Dr Marcaggi a obstinément refusé d’entrer dans le jeu de l’accusation, et de déterminer la taille approximative du tueur. Exit le « petit Corse ».
Pour enfoncer le clou, faute d’une expertise balistique officielle, la Défense a commandé un rapport de balistique à un expert indépendant, mais non agréé, Aurèle Mannarini.
C’est l’un des nombreux épisodes de la guerre qui oppose l’Accusation et la Défense. Les avocats de Colonna ne ratent pas une occasion pour pointer les graves insuffisances du dossier. Par exemple : pas d’expertise balistique pour corroborer l’expertise de médecine légale ; pas d’enquête complémentaire sur un Peugeot blanche dotée de fausses plaque d’immatriculation partie en trombe des lees lieux, le soir du meurtre..
Egarements de l’enquête vers la « piste agricole » qui s’est révélée plus que fumeuse. La Défense ne cesse de houspiller l’accusation, de démonter les arguments, de dénoncer l’absence de preuves.
Le plus curieux est que le Président Wacogne vient souvent au secours de la défense, par souci d’honnêteté que d’aucuns pourront considérer comme excessive. On sent souvent que le Président craint par dessus tout d’être taxé de partialité, de montrer qu’il aurait pu subir des pressions.
Cette journée de jeudi avait commencé par les témoignages de la famille Erignac, frère, enfants, femme. Au plan de la dramaturgie, on attendait beaucoup de cette audition. Or cette séquence a été bien décevante. La famille s’était repliée sur elle-même.
Dominique Erignac avait-elle trop souvent sommé Yvan Colonna d’avouer, piétinant avec ardeur toute forme de présomption d’innocence ? Ses avocats lui ont conseillé la prudence, plus question d’interpeller Colonna, elle s’est contentée de fustiger d’une petite voix « Le sens de l’honneur corse », qu’elle n’a pas rencontré.
Pas de tragédie, pas de drame, juste chez la fille du préfet quelques larmes et des mains torturées par la détresse. Sinon, rien d’autre qu’un portrait hagiographique du préfet, un saint homme, bien que protestant et quelque peu rigide.
Quant à la veuve, Dominique Erignac, qui ne se pardonne pas d’avoir laissé son mari aller seul dans la rue, le soir du meurtre, le souffle du désespoir a été coupé net par les instructions de ses avocats. Elle a lu un long texte, où, pour l’essentiel elle a parlé d’elle, de sa solitude, de son angoisse tout au long de ces onze années passées depuis le meurtre.
Quand le Président demande à Yvan Colonna de se prononcer, il refuse de parler. « On me reproche encore mon cynisme et mon manque de cœur. » Donc, le silence.

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