Justice : Yvan Colonna encore accusé, sans preuve

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

Version amendée, 10 février 2009

Procès Colonna : sous haute surveillance

« Je suis persuadée de la culpabilité d’Yvan Colonna et je trouverais normal et courageux que M. Colonna dise pourquoi il a assassiné mon mari, parce que jusqu’à maintenant, nous n’avons pas de réponse. Il ne nous l’a jamais dit ».

Pas de problème pour la veuve du préfet Erignac, le nationaliste corse Colonna est coupable.
Dans Corse-Matin, Christine Colonna, la sœur du prévenu, s’élève contre cette atteinte à la présomption d’innocence.

« Il est incroyable que l’on puisse par médias interposés « dicter » des consignes à la Justice, justice « spéciale » dont on connaît déjà les contraintes… »

Faute de preuves déterminantes, sur la foi de leur intime conviction, en décembre 2007, pour assassinat et différents autres chefs d’accusation, les magistrats jurés ont condamné Colonna à la réclusion à perpétuité, en première instance d’Assises. Malgré les dénégations réitérées du prévenu. Onze ans jour pour jour après le meurtre de son époux, Dominique Erignac prie toujours Yvan Colonna d’avouer sa culpabilité. Avant ou pendant le procès en appel qui s’ouvre lundi devant la Cour d’Assises de Paris. Il durera du 9 février au 13 mars. La Cour tentera une nouvelle fois de déterminer les circonstances du meurtre et les responsabilités exactes d’Yvan Colonna.
La supplique de Dominique Erignac nous renvoie au 6 février 1998 à Ajaccio. A 20 h 30, le préfet Claude Erignac est assassiné par deux hommes devant le Kallisté, une salle de spectacle, rue du colonel d’Ornano à Ajaccio. Accompagné de son épouse, Claude Erignac devait assister à un concert de musique corse. Les meurtriers l’ont abattu alors qu’il venait de stationner sa voiture à proximité. Les constatations du médecin légiste démontrent que touché par trois balles le haut fonctionnaire est mort sur le coup. Pour le reste, rondement menée mais assez chaotique, l’enquête n’a pas permis de déterminer précisément qui était l’exécuteur. Six « complices » ont été arrêtés dans un premier temps, en 1999, et depuis longtemps condamnés, dont Pierre Alessandri, et surtout Alain Ferrandi qui purge pour sa participation active une peine de réclusion à perpétuité. Mis en cause par les hommes interceptés, Yvan Colonna, un « berger » exerçant à Carghese en Corse du Sud, après quatre ans de « maquis », est à son tour arrêté le 4 juillet 2003 par le RAID, opérant sous la direction du commissaire – aujourd’hui préfet – Christian Lambert, dans une bergerie au lieu dit Monti-Barbatu, à Olmeto, près de Vico. Le jour même, Nicolas Sarkozy, alors Ministre de l’Intérieur, proclame «  nous avons arrêté le meurtrier », une déclaration considérée comme une grave atteinte à la présomption d’innocence. Des poursuites sont toujours en cours pour clore ce volet de l’affaire.
L’enquête policière, les aveux notamment de Ferrandi et Alessandri, et les instructions diligentées par trois juges ont alimenté l’accusation contre Yvan Colonna, considéré comme le principal auteur de ce meurtre.
Au cours des débats il a été tenté de « faire parler » les indices et les témoins pour savoir si Colonna pouvait être présent sur place ou non. Sans entrer dans le détail de son emploi du temps, toute sa famille atteste sa présence à Carghese à 20 h. Or le trajet jusqu’à Ajaccio demande au minimum 50 minutes. En outre, comme il ne possédait pas de téléphone cellulaire, il ne pouvait avoir été mis au courant des déplacements exacts du préfet. Certains représentants du parquet soutiennent que Colonna se trouvait déjà à Ajaccio vers 17 h 30, ce qui n’a pas été démontré.
Dans aucune liaison téléphonique par poste fixe ou cellulaire n’apparaît Yvan Colonna.
Sept personnes ont été identifiées comme témoins directs du crime. Sur les lieux six de ces témoins – dont deux femmes positionnées à moins de deux mètres des tueurs – attestent d’avoir vu deux hommes sur les lieux du crime, et pas trois. Or Alain Ferrandi et Pierre Alessandri ont reconnu qu’ils y étaient. Un seul témoin pense avoir vu une troisième silhouette. En outre dans aucun « tapissage » (procédure de reconnaissance) Colonna n’a été reconnu.
Le docteur Paul Marcaggi, médecin légiste, qui a examiné le corps du préfet dans les heures qui ont suivi l’assassinat a par ailleurs introduit un sérieux doute en affirmant l’homme qui a tiré trois balles dans la nuque du préfet de Corse était « probablement de grande stature […], au moins aussi grand » que la victime, soit 1,83 mètre, alors que Colonna mesure 1,72 mètre. » Cette thèse sera contrebattue par l’accusation et les parties civiles.
Aucun indice matériel, empreintes sur le pistolet, traces ADN ou autres, n’a été recueilli permettant de démontrer que Colonna a manipulé l’arme d’une façon quelconque. Et comme il a été arrêté quatre ans après les faits, un examen des traces de poudre sur sa peau aurait été inopérant.
En clair aucune preuve décisive n’a pu être obtenue quant à la participation directe ou indirecte de Colonna au meurtre. Toute l’accusation repose donc sur les dénonciations de Ferrandi et Alessandri, corroborées par leurs amies pendant les gardes à vue et les actes d’instruction. Quel était la motivation du meurtre ? Quelle était la probabilité de participation de Colonna au meurtre, pour des motifs idéologiques ? A ce détail près que Ferrandi est revenu sur ses aveux, et s’est même accusé personnellement d’avoir été le meurtrier.
Au cours de ce nouveau procès, on revendra très probablement sur la question centrale des preuves. L’accusation et les parties civiles tenteront de contourner cet obstacle pour avancer vers une nouvelle condamnation qui serait cette fois sans appel. Et le tribunal jugera en sachant que sa décision fera l’objet de l’attention la plus vigilante possible dans les « plus hautes sphères de l’Etat ». En clair, le Président ne sera pas indifférent au verdict.

La Cour, composée du Président et d’un jury de huit magistrats professionnels, comme le veut la législation anti-terroriste, est présidée par Didier Wacogne, au parquet l’avocat général Jean-Claude Kross.  L’appel a été interjeté et par Yvan Colonna et par le parquet. Le prévenu est défendu par six avocats : Patrick Maisonneuve ; Philippe Dehapiot ; Antoine et Paul Sollacaro ; Pascal Gabarini ; Gilles Simeoni. Parties civiles Me Benoît Chabert, pour l’agent judiciaire du Trésor, Philippe Lemaire et Jean-Christophe Hanoteau pour Dominique Erignac ; Charles Antoine et Christophine Erignac), Vincent Courcelle-Labrousse pour Robert Erignac, Michel Bonnely pour le Fonds de garantie des victimes d’actes de terrorisme) ; Christian Frémaux, pour le gendarme Daniel Hiernaux,  Caty Richard, pour le gendarme Didier Paniez.
Chefs d’accusation : Destruction d’un bien d’autrui en bande organisée ; Vol avec arme, association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un acte de terrorisme ; Séquestration en bande organisée ; Assassinat ;Violence sur personne dépositaire de l’autorité publique ; Enlèvement en bande organisée ; Participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un acte de terrorisme.

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