Politique : sans projet, Sarkozy n’est pas Naboléon

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

Même s’il le voulait, Nicolas n’est même pas Naboléon… Depuis plusieurs semaines, je cherchais à comprendre ce qui me chagrine tant chez Mon bien Aimé Président Nicolas Sarkozy et chez ses très précieux courtisans. Je tournais autour de cette interrogation sans vraiment approcher vers une solution. L’image quasi surréaliste du personnage tout seul flanqué de deux chandeliers, argumentant avec peine au milieu de la salle de bal vide de l’Elysée m’ouvre une voie  plus précise : il se veut grand, immense, unique. I’m the boss. C’est son projet : être le premier, enfin le premier, vraiment le premier. Projet paranoïaque ? Projet mégalomaniaque ? Je n’irai même pas jusque là. D’abord parce que tiens l’insulte et l’invectives pour de mauvais moyens. Outre le fait qu’ils tombent sous le coup de la loi. J’ajouterai que Mon Président ne mérite même pas de tels noms d’oiseaux, de tels épithètes. Son vrai, son immense problème est que en dehors de sa propre magnification, il n’a pas de projet. Telle est d’une certaine manière sa tragédie. Il n’est toujours pas capable de nous montrer le chemin, de nous dévoiler ses intentions, de nous entraîner sur les sentiers de la gloire.

Je revoyais récemment une séquence tirée d’une conférence de presse du Général, Le Général, dont je n’ai pas été un partisan. Peut-être à tort, avec le recul des années. Le Général était un type assez étonnant, capable de nous enflammer par son verbe, par sa pensée. Il ne piochait pas dans les notes de ses conseillers qui s’inspiraient des lectures du temps : avant d’arriver à la magistrature suprême, Le Général avait eu le temps de se forger une pensée profonde, originale, totalement originale, tournant autour de la grandeur de la France. Dans la lignée de Clémenceau, journaliste et politicien, de gauche, de Maurice Barrès, intellectuel, de droite, il avait bâti une conception du destin à donner à la France d’une totale originalité. Il est  symbolique que sur les Champs-Elysées les statues de De Gaulle et Clémenceau soient dressées face à face. La conception gaullienne était  radicalement opposée aux maîtres de son temps, politiques  comme  Jules Ferry et autres, et militaires comme Lyautey.Tirant les leçons de la Première Guerre mondiale, où la France avait été à deux doigts de perdre faute de pouvoir mobiliser un peuple bien formé, capable d’avenir, il avait imaginé que pour survivre et avancer dans les siècles, la France se devait d’être moderne, et progressive. Que son armée, sujet central de ses réflexions, avait pour mission de soutenir cette vision d’avenir, et non d’aller mener outre-mer des batailles vaines pour soumettre les autres peuples à de petits intérêts économiques de la France.

On ne le soulignera jamais assez : le vrai propos du Général a été de refuser toute forme de soumission. Sur ce plan, il se rattache en ligne directe au Révolutionnarisme de Napoleone Buonaparte. Lequel, contrairement à ce que l’on croit, n’a jamais oublié qu’il était issu d’un peuple corse soumis à la férule coloniale de Gênes, puis de la France. Son premier projet a été de libérer les peuples, de briser le joug des rois et des aristocrates qui s’étaient accaparés le pouvoir, qui l’avaient détourné à leur profit. Le grand, l’immense projet de De Gaulle, dans la lignée et l’esprit de Clémenceau, et dans l’esprit de Napoléon, a été de libérer les peuples colonisés. Il a affiché ses intentions de façon très claire dès le discours de Brazzaville, le 30 janvier 1944 : il s’était fixé pour but de redonner leur identité aux peuples colonisés. On l’a oublié, par la suite, on n’a pas compris pourquoi il avait « bradé l’Algérie ». Les soi-disant Gaullistes qui l’ont suivi n’ont rien compris à ce projet, ils se sont eux aussi embourbés dans la petitesse de l’aventure néocoloniale, où le capitalisme sauvage avait remplacé les expéditions militaires.

Et Sarkozy, dans tout ça ? Quel est son projet ? La rupture, la réforme, me rétorquera-t-il. Quelle rupture, quelle réforme ? La libération des contraintes qui bloquent l’expansion économique de la France. Bien. Mais quelles sont ces contraintes dont il nous libère ? Il s’en prend avant tout au modèle social de la France, que l’on doit en grande partie au Front populaire de 1936 et au Général De Gaulle de 1944 et 1958 ? La Sécurité sociale pour le plus grand nombre, puis pour tous. La limitation du temps de travail. L’association des salariés aux résultats de l’entreprise. La vraie modernisation de l’économie avec les nationalisations, pour s’opposer aux stratégies purement capitalistiques et financières.

A suivre les réformes votées les unes après les autres, on voit bien qu’il s’agit avant tout de détruire un modèle de civilisation honni par la Droite réactionnaire, celle-là même qui n’a jamais pardonné au Général ses innovations sociales et la liberté donné aux « colonies ». Peut-on manifester le moindre enthousiame pour une équipe qui parmi ses « projets » prône la délation, la dénonciation, le fichage, le sécuritisme tous azimuth, mis en oeuvre par quelques ministres qui ont trahi leur cause politique qui venir partager les miettes du pouvoir ? La Droite tient sa revanche avec Sarkozy et cette série de pseudo réformes qui ne sont que des renoncements, on ne perçoit aucun projet, aucun enthousiasme. On ne voit pas le général Bonaparte brandissant le drapeau de la liberté sur le Pont d’Arcole, le Général De Gaulle haranguant la foule sur la place de la Brèche à Constantine, en 1958. J’y étais. Président de l’Europe pendant six mois, Nicolas s’est révélé incapable de retrouver l’esprit soufflant sur la rencontre entre Konrad Adenauer et Charles De Gaulle, qui a lancé l’Europe. Avec son index brandi, Nicolas ne sait que nous menacer, dénoncer la montée de la violence qui n’est qu’une réaction contre l’omnipotence, l’omnipotence d’une société incarnée par un homme sans projet. Il ne paraît pas capable de montrer le chemin, de nous emporter sur les sentiers de la Gloire.

Lors de l’élection de Barack Obama à la tête des Etats-Unis, Mon Président a cru pouvoir détourner à son profit l’exemple du nouveau Président américain. Il s’est vite aperçu que la première et l’immense qualité d’Obama était d’être porteur d’un vrai projet, assez révolutionnaire, pour transformer la société américaine. Nicolas Sarkozy ne cite plus Obama parmi ses modèles.

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