Politique : un petit roi dans une salle de bal, vide

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

Mise à jour 7 février

Comme tout le monde hier soir j’ai essayé de regarder notre Président causer, en se prenant pour Fidel Castro ou Hugo Chavez, le Vénézuélien, c’est-à-dire en nous infligeant un interminable pensum qui se voulait exposé pédagogique. Plus d’une heure et demie d’un discours modeste, débité sur un ton plutôt monotone, au demeurant étonnant pour un orateur comme Mon bien aimé Président, en général excellent dans cet exercice, et même flamboyant.

Il faut dire que Mon Président s’était fixé un objectif précis : convaincre les foules qu’il a raison, que seules ses solutions sont bonnes, qu’il faut l’écouter, qu’il faut le croire. Sur parole, au demeurant : pour chaque promesse il nous renvoie pour son accomplissement à des négociations avec les acteurs sociaux, des négociations qui peuvent durer des mois, comme on l’a vu pour la réforme de l’assurance chômage. Ou encore des promesses gagées sur les intérêts des prêts accordés aux banques pour les aider à survivre. Or la plus grande partie de ces intérêts ne pourront pas apparaître  avant un an.

Autre approximation, quand il annonce la suppression de la taxe locale. Son produit actuel, affirme-t-il est de 8 milliards d’euros. Pas du tout, rétorque le Pdt de la Commission des Finances de l’Association des Maires de France (Voirle billet ci-joint).

Je ne dis pas qu’il ne s’est pas efforcé de se mettre à la portée de tous. Il en avait sûrement l’intention. Mais alors pourquoi arborer sans cesse un air furieux ? Il semble confondre la colère et l’esprit de sérieux. Il semble avoir oublié que le miel vaut mieux que le vinaigre pour attraper les mouches. On sentait bien que cette interminable et ennuyeuse prestation télévisée lui a été imposée par ses « spins doctors » domestiques, Claude Guéant et Catherine Pégard. Qu’il ne s’est livré à l’exercice que forcé et contraint, presque à regret. Pourquoi expliquer puisque j’ai raison ?, nous suggère-t-il en sous texte.

A une occasion au moins il s’est coupé, quand David Pujadas a abordé la question de la réforme imposée à l’Audiovisuel public. « Mais, s’est-il exclamé en substance,  ce n’est pas moi qui nommerait le Président de France Télévision. Ce sera le gouvernement qui choisira l’homme idoine, sur proposition du CSA, le Comité supérieur de l’Audiovisuel. Et moi, je me contenterai d’entériner, de sanctifier la nomination par ma signature : on me prête sur ce chantier un pouvoir disproportionné parce que tout le monde me présente comme le Président de tout. On déforme la réalité. »

Comme d’habitude avec mon Président, c’est toujours la faute des autres. Il n’a pas osé asséner « C’est la faute des journalistes » : ils étaient majoritaires dans le public.

Un tout petit public, d’ailleurs, entassé sur une toute petite estrade.

Mais qu’est-ce que m’apprend Le Point ? Que ce public était composé, comme dans n’importe quelle émission publique de la télé, par des figurants, membres du personnel de l’Elysée ! Des figurants, pour admirer le petit Président interrogé par les deux journalistes, qui présentent la particularité d’être eux aussi petits. On l’avait déjà observé avec Jacques Chirac : les Présidents ne supportent bien que ceux qui sont plus petits qu’eux. On comprend les tensions François Fillon, nettement plus grand que Sarkozy. On prêt d’ailleurs un grand avenir à Xavier Bertrand, encore plus petit que Nicolas. Je sais, ce n’est pas très fraternel pour le tout nouveau Secrétaire général de l’UMP.

Hier soir, au milieu de cette immense salle des Fêtes de l’Elysée vide, il avait l’air d’un petit roitelet, ce petit Président encadré par ses deux petits journalistes, admiré par un petit public. Un roitelet effrayé par la proximité de la foule.

Qui se rappelle de la cohue de journalistes, dans cette même salle des fêtes, pour les conférences de presse du Général De Gaulle ? Mon Président aime invoquer l’exemple et les mânes du Général. Mais, vraiment, il n’y a pas photo.

Et j’ai écrit un peu vite : de nombreuses fautes d’inattention émaillaient mon texte, je les ai corrigées.

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