Cinéma : Revolutionnary Road (Les noces rebelles)

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

Les Noces rebelles
Réalisé par : Sam Mendes. Avec notamment Leonardo Di Caprio , Kate Winslet.
J’ai aimé ce film courageux, critique acerbe de la vie de bourgeois pas si modestes que ça, dans une banlieue banale, dans les années 1950. Revolutionnary Road est une voie tranquille dans un lotissement tranquille d’une grande banlieue tranquille de New-York, probablement  dans la vallée de l’Hudson. Quand vous passez là, et ça m’est arrivé cent fois, vous ne voyez que calme, sérénité, beauté. Beauté et des maisons et de leurs habitants. De loin, ils vous présentent un visage lisse et sans histoire aucune. Le visage du rêve américain. American dream, plutôt. Les cadres et leurs familles qui peuplent ces quartiers peuvent tout espérer de l’avenir, comme Franck et d’April Wheeler. Nous sommes en 1955, comme le rappelle un calendrier. Ancien combattant, Franck a participé à la campagne de France en 1944-1945, il a un peu plus de trente ans, il est commercial dans une grande société de services de Manhattan. Il est décontracté comme un jeune,  apprécié dans sa boîte, élément d’avenir. April s’est essayée sans grand succès au théâtre ; puis elle a eu deux enfants, une fille et un garçon ; puis elle a accepté de ne pas travailler. Pour les voisins les Wheeler forment un couple merveilleux.

Mais sur cette belle histoire pèse une hypothèque, un problème bien circonscrit par les sociologue sous le nom du « syndrome des Veuves vertes » (green widows) qui vient bouleverser cet ordre. April s’ennuie, de façon irrémédiable. Elle imagine un stratagème pour casser cet ennui: elle décide que  la famille partira s’installer en Europe. Elle travaillera, Franck vivra sa vie. Et tout de se mettre en place. Il prépare sa démission, elle rêve de devenir secrétaire dans une institution internationale fixée à Paris, OTAN ou OCEDE. Un malade mental fils de leur agent immobilier pointe l’incongruité du projet. Mais Franck se laisse convaincre, en traînant un peu les pieds, en couchaillant à droite et à gauche pour « redevenir un homme ». Il redevient si bien un homme que dans un moment d’enthousiasme égaré il fait l’amour sans précaution à sa femme. Elle « tombe enceinte ». C’est la catastrophe. Elle s’entête dans son projet considéré comme « fou » par les amis et les voisins.  Elle veut avorter. Et tout dérape. En bon Américain moyen de ce temps, Franck refuse absolument cette solution. Elle décide de « s’opérer » seule. Et ça se passe mal. Elle meurt. Point. La vie va reprendre avec son cours d’ennui, même si Franck a pris du grade dans sa boite. Le rêve américain peut se poursuivre.

Dans ce film dont le scénario est d’un rare classicisme, tout tient dans la mise en scène, dans la description subtile des rapports au sein du couple et avec leurs voisins et amis, pas toujours désintéressés. Les dialogues ressemblent certes un peu trop à du théâtre, mais la situation l’exige, d’autant plus que le réalisateur s’amuse à parodier les films des années 1950. Tout tient surtout au jeu des comédiens : Leonardo Di Caprio surprenant de qualité, et Kate Winslet, qui est dans la vie l’épouse de Sam Mendès, nous aide à suivre pas à pas la dégradation désespérée de son personnage. Un personnage noyé dans l’hypocrisie et dans la grisaille de la banlieue américaine. Une banlieue que nos promoteurs français se sont efforcés d’imiter, point par point : belles maisons neutres dans des lotissements neutres, loin de tout. Sauf de la routine. Sauf de l’ennui qui peut tuer. La plaie des banlieues.

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Face à ces éblouissantes prestations, oubliez surtout que Leonardo Di Caprio et Kate Winslet ont été le couple emblématique du film Titanic.

Mais quelle bizarre idée d’avoir choisi le titre inepte et dénué de sens « Les Noces rebelles » à la place du titre original qui lui était très précis, relevant presque de l’anthropologie : Revolutionnary Road ?

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