Enquête au bout du monde : le « mystère Dang »

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

Le mystère Dang, une enquête d’Anne Pitoiset et Claudine Wéry.
André Dang est un nom tout à fait inconnu en France, en dehors du petit cercle des initiés à la Nouvelle-Calédonie, à 18000 km de la métropole. Et pourtant, cet homme est l’une des clés de ce lointain territoire du Pacifique qui vaut à la France de tenir le rang de quatrième producteur mondial de nickel !  Comme tous ces pays d’aventure, dans cette société complexe, mélange de descendants de bagnards, parmi lesquels de nombreux Politiques, dont Louise Michel, de Kanaks, de descendants d’Algériens exilés et de vietnamiens émergent des figures extraordinaires. A premier rang desquels André Dang, devenu un des nababs de ce pays. « Le mystère Dang » est  un récit mais il se lit comme un roman d’aventures. Dang intrigue, il inquiète, les auteurs ont tenté de le décrypter.
Né misérable dans les années 1930, sur les flancs d’une montagne de nickel, le Koniambo, André Dang, est un descendant de travailleurs venus d’Indochine trimer en Nouvelle-Calédonie pour développer la colonie.  Après la mort de son père sur la mine, Dang est adopté à 6 ans par une famille asiatique de Nouméa, qui lui fera découvrir l’école. Elève surdoué, le petit Viet est relégué au fond de la classe avec les Kanaks. Comme eux, il figure au rang des parias de la société calédonienne, alors dominée par quelques grandes familles qui contrôlent tous les rouages de la vie politique et économique.  Habité d’un désir de revanche sur l’Histoire, qui ne le laisse jamais en paix, et doué d’un grand sens des affaires, André Dang parvient à bouleverser l’ordre établi et fait fortune dans le commerce de voitures. Il brise les codes de l’économie de comptoir pour jouer à jeu égal avec les grandes familles européennes. Méprisé par les Caldoches d’origine européenne, il se lie d’amitié dans les années 1970 avec le leader indépendantiste, Jean-Marie Tjibaou. Des liaisons dangereuses avec les milieux kanaks, qui lui vaudront six ans d’exil forcé en Australie au début des années 1980 lors des violences qui opposèrent kanaks et caldoches.
La paix retrouvée, André Dang devient l’homme providentiel des kanaks.  Dans le sillage des Accords de Matignon (1988), qui depuis déterminent la vie politique du territoire, pour récupérer la maîtrise de leurs richesses les kanaks prennent pied dans l’industrie du nickel, au travers de la SMSP (Société minière du sud Pacifique), vendue par le député Jacques Lafleur. Dang mène la danse. Une nouvelle fois, le diable d’homme s’attire de graves inimitiés et foule au pied les habitudes de l’industrie minière locale. Avec succès. En 1995, la SMSP se hisse au rang de premier exportateur mondial. Grâce à des accords avec des géants mondiaux, elle a inauguré fin 2008 une usine métallurgique en Corée du sud et une autre est en construction au nord de la Nouvelle-Calédonie. Au pied du Koniambo. Tout un symbole pour André Dang.
Il est aujourd’hui âgé de 73 ans, il pose toujours autant de problèmes à la communauté calédonienne. Aussi atypique par les haines qu’il a suscitées et le mystère qui l’entoure. Il a été longtemps soupçonné d’être un agent vietcong, puis accusé de financer les indépendantistes kanaks. Il est une figure majeure sur la scène mondiale du nickel. Une bonne raison pour découvrir cet homme.
Le Mystère Dang, Ed Le Rayon vert, 224 pages dont 32 de photos. Déjà publié en Nouvelle Calédonie,le livre sera disponible en métropole à partir de la mi-février. il sera distribué sur le net (site fnac, amazon.fr etc.) dans quelques librairies spécialisées et à la maison de la Nouvelle Calédonie.

Partageant son temps entre Nouméa et Paris, ancienne journaliste à l’Agence Reuters Anne Pitoiset est la meilleure spécialiste française de la Nouvelle Calédonie et du Pacifique. Sa partenaire Claudine Wéry, est correspondante de l’Agence France-Presse à Nouméa. Les papiers de Pitoiset permettent aux Français de prendre connaissance des affaires très stratégiques qui se déroulent dans cet archipel lointain, situé dans le Pacifique, très exactement à l’autre bout du monde.

 

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