Casse industrielle, suite : Travailler moins pour gagner moins…

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

Chômage, chômage partiel et flexibilité.
Au cours des douze derniers mois, le nombre de chômeurs a augmenté de 161 000. Novembre a battu un  record : en un mois, 64 000 nouveaux demandeurs d’emploi inscrits en catégorie 1, depuis 1993 la France n’avait pas connu une telle hausse mensuelle.  Conséquence, alors que Nicolas avait promis le plein emploi, l’Hexagone comptait fin novembre près de 2,1 millions de chômeurs. Leur nombre n’a cessé d’augmenter depuis le mois de mai, enregistrant sept hausses mensuelles consécutives, une brutale accélération du rythme en août – donc avant le déclenchement « officiel » de la Crise – et le franchissement de la barre symbolique des deux millions de sans-emploi en octobre.

Inquiet de cette dégradation de l’emploi, le gouvernement a pris les devants en annonçant la création de 100 000 emplois aidés supplémentaires, en améliorant l’indemnisation du chômage partiel ou encore en étendant les contrats de transition professionnelle. Autant de réformes qui seront appliquées courant 2009 et auxquelles s’ajoutent les effets attendus du plan de relance. Le concept de temps partiel doit retenir l’attention, avec son jumeau, le non renouvellement des intérimaires : les entreprises continuent à se séparer de leurs salariés précaires. Les entrées au chômage suite à la fin d’un CDD ont augmenté de 6,9 % au cours des trois derniers mois, et celles pour fin de mission d’intérim de 18,2 %. « Le marché du travail est devenu plus flexible. Résultat, dès que la conjoncture fléchit, le chômage augmente.
Avec l’élargissement du temps partiel on est bien arrivé à la flexibilité de l’emploi tant revendiquée par le patronat. Dans un discours prononcé à Valenciennes le 25 novembre, Nicolas Sarkozy a théorisé la nécessité du temps partiel :

« L’Etat engagera 500 millions d’euros » pour venir en aide aux salariés licenciés économiquement. Nicolas Sarkozy « préfère l’activité partielle au chômage total », l’Etat aidera donc « les entreprises à avoir un travail partiel pour leurs salariés plutôt qu’un plan social ».

De façon concrète, un décret publié le 3 janvier 2009 double les possibilités de recours au chômage partiel, de 600 à 800 heures par an. Le  contingent annuel est fixé à 1 000 heures pour les industries les plus sensibles, le textile, l’habillement et du cuir, l’industrie automobile et ses sous-traitants, ainsi que le commerce de véhicules automobiles.
« Activité partielle », pour ne pas dire chômage tout court. Dans la réalité, le champ d’application du chômage technique est large. Les critères sont pour le moins larges : La conjoncture économique, Des difficultés d’approvisionnement en matières premières ou en énergie ; Un sinistre ou des intempéries de caractère exceptionnel ; La transformation, restructuration ou modernisation de l’entreprise et toute circonstance de caractère exceptionnel
Les travailleurs sont censés toucher 60% de leur salaire. Qui paiera l’addition? Les ouvriers et les contribuables. Qui en effet paie ce chômage partiel? Le mécanisme en vigueur revient à faire payer à l’Etat et aux travailleurs une bonne partie de la compensation versée aux salariés placés en arrêt d’activité.
En effet, une fois l’autorisation obtenue, l’employeur verse une partie de la rémunération brute (aujourd’hui 60%, alors qu’elle n’était que de 50%), puis il se fait rembourser par l’Etat l’allocation spécifique. Détail: ces allocations ne sont pas soumises à cotisations sociales. Les augmenter revient donc à appauvrir l’Etat et les salariés. Le chômage partiel, nouvel outil de flexibilité
C’est donc un grand retournement qu’anticipe le gouvernement pour 2009. Selon les Echos, ces trois dernières années, le nombre de salariés passés par le chômage partiel est resté faible (données OCDE), 2005, 171 500 salariés ; 2006, 105 600 ; 2007, 117 800
Dans les secteurs les plus affectés, le nombre de journées indemnisées est loin d’être négligeable, puisqu’il atteint parfois l’équivalent de la durée des congés payés. Sachant que la durée moyenne du travail, dans les secteurs de l’habillement et de l’automobile, est déjà parmi les plus basses (1 610 heures par an pour l’automobile), cette réforme des seuils vient entériner la possibilité pour les sociétés de « flexibiliser » les deux tiers du temps de travail annuel de leurs salariés. 2009 marque donc le début de l’ère du « travailler moins pour gagner moins ». N’a-t-on pas entendu MBAOP déclarer ouverte l’ère du « travailler plus pour gagner plus ? Avons-nous tous rêvé ?
Sources : Le Figaro, Le Monde, rue89

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