La casse industrielle : le feuilleton

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

Ce billet reprend en partie mon précédent texte sur la casse industrielle, pour le transformer en feuilleton. Quoi de neuf ce matin ?

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Dollar, année zéro ? Je répercute un pseudo dollar adressé par un correspondant.

Version rénovée de mon billet sur la Casse industrielle. Je vous recommande de m’envoyer les informations de complément.

« Si l’on tarde trop, la filière automobile risqe de disparaître »

Tel est l’avertissement sans frais de Jean Lamy, Président du Comité de liaison des fournisseurs de l’automobile, dans une lettre adressée à Nicolas Sarkozy. Comme aux Etats-Unis, le secteur automobile est profondément ateint par la crise. La baisse du pétrole permettra-t-elle de redresser la situation, ou bien assiste-t-on à un phénomène de plus grande ampleur, une détérioration profonde qui ne serait pas seulement conjoncturelle ? Il est possible, au demeurant, que emportée par les espoirs, par les perspectives nées avec la bulle financière, l’industrie automobile ait été surdimensionnée. Mais on doit rappeler aussi qu’en Grande Bretagne les plus grands constructeurs ont tout simplement disparus !

On doit ajouter à la liste de la casse, en éliminant les doubles mentions :

Valeo, 1600 postes supprimés

Faurecia, 1215 postes supprimés en 2009-2010

Molex 300 emplois à supprimer

Tyco Electronics 600 emplois

Klarius 200 emplois menacés dans cette société en liquidation

Key plastics France 300 emplois dans cette société en cessaton de paiement

Trelleborg équipementier automobile (Carquefou) 461 emplois supprimés dont 150 intérimaires, dans un plan de suppression depuis avril. Du chômage partiel a été décrété.

A l’initiative d’un internaute :  ajouter Milan presse (Toulouse), avec un plan de licenciement d’environ 40 personnes.

On apprend ce matin par le Figaro que les “Trois Suisses” naguère le Numéro 1 de la vente par correspondance en France devrait supprimer 400 postes en février, dont 140 et 170 emplois au siège de Roubaix. Les autres réductions d’effectifs concerneraient les six centres d’appels téléphoniques de Villeneuve-d’Ascq, Rouen, Marseille, Nantes, Lyon et Nancy. Après la Redoute en voie de réorganisation, et la  CAMIF récemment liquidée, c’est le troisième spécialiste de la vente par correspondance qui subit de graves difficultés. Mais, en l’occurrence, la “crise” n’y et sans doute pour rien alors que les ventes par Internet explosent, + 40% pour les achats de fin d’année. Justement : les anciens ne semblent pas avoir pris assez tôt et bien le tournant de l’informatique, la “crise” amplifie seulement le problème. LA REDOUTE (Roubaix) : 672 licenciements dont 151 au siège
CAMIF (Niort) : 980 emplois

Toutefois les Trois Suisses démentent en partie cette information ; il ne s’agirait que d’une réorganisation des services en vue d’une meilleure adaptation aux nouvelles techniques. On veut bien.

Chanel fin des CDD et intérimaires. Environ 200 personnes seraient concernées. Le magasin historique de la rue Cambon est également touché avec le départ programmé de 16 employés.
Selon Manuel Blanco, secrétaire fédéral des industries chimiques CGT, « 200 suppressions de postes de CDD et intérimaires ont été annoncées au sein du groupe mi-décembre pendant un Comité central d’entreprise, ce qui représente environ 10% des effectifs de production ».

Et, malheureusement, la casse industrielle se poursuit de plus belle : un effet d’aubaine ? Une usine va même jusqu’à confier la garde de ses locaux à son personnel ouvrier, après rupture du contrat avec la société de gardiennage !

Selon  Le Canard Enchainé MBAOP (Sarkozy) s’attendrait à 2,5 millions de chômeurs fin 2009, avec effondrement de la filière automobile, de l’aéronautique, des effets sensibles dans le commerce et le tourisme. Le plan de relance piloté par Devedjan sera-t-il suffisant pour enrayer cette spirale vers la catastrophe ?

Enfin une bonne nouvelle : selon l’AFP, le tribunal de commerce de Grenoble a autorisé la reprise de la papeterie Matussière et Forest de Turckheim (Haut-Rhin) par un ancien cadre de l’entreprise, Pierre Gavelle, qui s’engage à embaucher 95 personnes en 2009. Le projet de reprise de Pierre Gavelle, qui était notamment soutenus par la CCI de Colmar, prévoit une modernisation du site de production et l’embauche de 95 personnes en 2009 et la création de 25 emplois supplémentaires en 2010-2011.

Mon papier sur l’économie criminelle n’est pas passé inaperçu, il a attiré des dizaines de réactions. Je vous en transmets l’essentiel, pour éviter qu’elles ne soient perdues.

de dulconte | Conteur perdu à Buenos Aires | 24/11/2008 | 12H16
quand je lis ce titre Et si les crises étaient causées par des gangsters ?
la première réaction est de penser que les tenants du capitalisme financier ont trouvé un bouc émissaire idéal. Ainsi ils n’ont pas besoin de se remettre en cause et, quand la situation le permettra, relanceront leur campagne de propagande (je ne crois pas que cela ait d’autre nom), sur les bienfaits de l’ultra-libéralisme, la main invisible des marchés et autre âneries du même genre. Oh bien sur ils auront trouvé d’autres jolis noms pour décorer le paquet, mais le fond sera le même. Le travail de sape des acquis des conflits ouvriers du 19ème et 20ème siècle reprendra au projet d’un petit nombre et nous retournerons tranquillement vers des oligarchies paternalistes. Une fois encore l’exemple argentin est intéressant. En effet la dernière dictature n’avait pas eu d’autre but que de détruire la classe moyenne du pays, seul pays latino-américain qui avait réussit à en développer une. C’est cette même classe moyenne qui payera au prix fort la crise de 2001 (100 milliards de dollars ont quitté le pays les jours précédant la crise, les comptes bancaires en dollars ont été passé en pesos, quand ils n’ont pas été supprimeés grâce aux faillites de nombreuses banques, par contre les prêts sont eux restés en dollars). Bref même si la méthode argentine est pour le moins brutale, elle n’est pas sans rappeler ce qui se passe actuellement. D’ailleurs les Argentins se marrent comme des tondus quand ils entendent les grands discours des chefs d’états des pays du premier monde (c’est comme cela qu’ils appellent les pays occidentaux) tenir exactement les mêmes discours que leurs propres politiques en 2001-2002.
La seconde impression c’est qu’en fait le système lui même est mafieux, ce qui le rendra particulièrement difficile à réformer.

Quand je pense que 100 milliards me semblaient astronomique il y a encore quelques mois et qu’aujourd’hui la « normalité » à un zéro de plus.


brigadoon | ouf!!! | 24/11/2008 | 16H40

Merci Philippe pour cet article.

Je peux me payer un petit coup de chapeau, non ?

Cela conforte grandement mon entendement du capitalisme : un système mafieux dont certains sont légitimés et d’autres tentent de l’être. Mais les principes qui sont au fondement sont les mêmes : vendre une voiture ou des reins; des armes ou de la drogue ou du travail au noir après tout il n’y a que la législation et le statut de ceux qui le font pour y voir des différences.
Et qu’on ne me dise pas que la drogue tue et pas les voitures, il suffit de voir les chiffres des accidents de la route, les armes tuent aussi, Monsanto aussi et le travail délocalisé ou stressant aussi, etc…
Combat entre capitalistes pour prendre des part de marchés légales ou illégales (voir la crise des ordures à Naples) sur le dos des couillons qui croient à ce système en y participant passivement ou activement.
On n’a pas fini de se faire plumer !!!!

La réaction la plus importante nous vient de Marie 75. Elle a pris la peine de collationner toutes les actions de licenciement récentes, auxquelles elle ajoute les mesures de chômage technique. Je ne conserve que les licenciements. C’est impressionnant, on a l’impression de voir toute l’industrie s’en aller dans le vide. En enfer. C’est surtout la grande casse de la sous-traitance, de ces PME et PMI qui sont censées faire la richesse d’un pays ! Une liste, ou un martyrologue ?

nouvelle liste publiée pour novembre-décembre

ARCELOR-MITTAL : 1400 salariés
RENAULT : 4 000  licenciements dont 1 000 salarisé à Sandouville.
HEWLETT-PACKARD(Brest, Nantes, Rennes, Tours, Toulouse, Lyon et Nanterre) : 580

salariés.
ADECCO (en France) : 600 salariés.
ALICE : (Paris) : 350 salariés.
LA REDOUTE : 672 salariés.
CAMIF (Niort) : 980 salariés.
FORD (Blanquefort) : 1600 salariés,
PSA : 3 500 suppressions d’emplois dont 850 salariés à Rennes
TYCO (Pontoise, Chapareillan, de Val-de-Reuil) : 620 salariés.
RANGER (Theillay) : 442 salariés.
CONTINENTAL AUTORADIOS (Rambouillet) : 400 salariés.
MOLEX (Villemur-sur-Tarn) : 300 salariés. JOHNSON CONTROLS (Grand Quevilly) : 280 salariés.
NXP (Caen) : 280 salariés.
KLARIUS (Dreux) : 238 salariés.
LEAR (Offranville) : 150 salariés.

TREVES CERA : (Reims et Paris) : 145 salariés.

TREVES PTPM : (Ay) : 40 salariés. TREVES MATT : (Montcornet) : 40 salariés. TREVES MPAP

(Ploërmel) : 38 à 53 salariés. TREVES SODIMATEX (Crépy) : 14 salariés. TREVES TREVEST (Brognard) : 12 et 15 salariés.

HARMAN BECKER (Château-de-Loir) : 134 salariés.

RIETER (Rémy) : 135 salariés.

KEY PLASTICS (Rochefort) : 139 salariés. KEY PLASTICS (Voujeaucourt) : 114 salariés.

MAHLE (Persan) : 132 salariés.

FAURECIA (Sandouville) : 130 salariés.

EMT (Caudebec) : 120 salariés.

FRUEHAUF (Auxerre) : 104 salariés.

SKF (Saint-Cyr) : 100 salariés.

JTEKT (Dijon) : 200 salariés.

MCA (Maubeuge) : 91 salariés.

EUROCEL (Dives-sur-Mer) : 80 salariés.

MAHLE (Colmar) : 69 salariés. AB (Limay) : 64 salariés.

INERGY (Aulnay) : Plusieurs dizaines de salariés. INERGY (Nucourt) : 65 salariés.

LAPRADE (Arudy) : 26 salariés.

FONDERIE GM (Ponts-de-Cé) : 20 salariés.

FONDERIE LORRAINE (Grosbliederstroff), 19 salariés.

PERFORMANCE FIBERS (Longlaville) : 7 salariés.

SEALYNX (Villiers-La-Montagne) : 7 salariés.

WAGON (St Pierre de Varengeville) : 235 salariés.

MOTEURS BAUDOUIN (Cassis) : 123 salariés.

NEXITY : 500 salariés.

CELEOS (Saint- Brieuc) : 247 salariés.

KAUFMAN & BROAD : 165 salariés.

PIERA (Gap) : 70 salariés.

EXTREME DECORS (Lamastre) : 35 salariés.

PARQUETS MARTY (Cuzorn) : 107 salariés.

FFMT (Le Fossat) : 12 salariés.

SOPROFENE (Champagney), 10 salariés.

SUM TECH (Charleville-Mézières) : 9 salariés.

THEALEC (Rosheim) : 7 salariés.

APMO (Ardenne) 17 salariés.

TIXIT (Haguenau) : En redressement.

CALYON (Crédit agricole), 250 salariés.

KRONENBOURG (Strasbourg) : 214 salariés.

AMORAMAILLE (Dijon) : 265 salariés.

DANDY (Pontivy) : 238 salariés.

BEGHIN SAY : (Nantes) : 172 salariés.

MAXEVILLE: 36 salariés.

VALSPAR (Nantes) : 30 salariés.

SALAISONS GUEGUEN : 19 salariés.

ABATTOIR DE

BELLEBRUNE : 18 salariés.

ALPLAST (Ste Marie aux Mines) : 108 salariés.

LEPETIT (Saint-Maclou) : fermeture de l’usine.

EBREX (Pagny) : 51 salariés.

TMT (Montauban) : 12 salariés.

HYMER (Cernay) : 12 salariés.

SANOFIAVENTIS : 927 salariés.

MBO France (Boulogne) : 1100 salariés.

ASTRA ZENECA, (Dunkerque) : 95 à 400 salariés.

BMS (Epernon) : 220 salariés.

BMS (Meymac) : 160 salariés.

RAFLATAC (Pompey) : une centaine de salariés.

MATHUSSIERE & FOREST (Saint-Girons) : 160 salariés.

MATHUSSIERE & FOREST (Turkheim) : 183 salariés.

PAPETERIE CASCADES (Blendecques) 100 salariés.

GASCOGNE SOPAL (Givet) : 50 salariés.

DMC (Saint-Amarin) : 88 salariés.

DIM (Autun) : 83 salariés.

CYMBELINE (Nemours) : 10 salariés.

ASTER (St Germain du Salembre) : 11 salariés.

WITTENDAL (Roncq) : 9 salariés.

DEOUVELAERE (Lépanges) : 58 salariés.

FILATURE COSSERAT (Amiens) : 20 salariés.

SOPHIE HALLETTE (Caudry) : 9 salariés.

LA CAUDRESIENNE (Caudry) : 5 salariés.

APEX (Darois) : 70 salariés.

LATECOERE (Toulouse) : 1 000 salariés.

SUN CHEMICAL (Brie-Comte-Robert) : 46 salariés.

HENKEL (Cosne-Cours) : 166 salariés.

HENKEL (Châlons-en-Champagne) : 62 salariés.

HENKEL (Villefrance/Saône) : 12 salariés.

SONY (Pontonx) : 317 salariés.

NIPSON (Belfort) : 90 salariés.

LIMOGES PHOTOGRAVURE (Limoges) : 56 salariés.

MOTOROLA (Rennes) : 150 salariés et menace sur 3000 emplois.

ZODIAC (Buhl) : 105 salariés.

CAUVAL (ameublement) : 3 200 salariés dans l’attente.

TEXAS INSTRUMENTS (Vill.-Loubet) : de 300 à 350 salariés.

IMPRESS (Laon) : 173 salariés.

DENTELLES NOYON (Calais) : 140 emplois salariés.

BIJOUX GL (Ardèche) : 135 emplois salariés.

NICOSOFRA (Evry) : 114 salariés.

NICOSOFRA (Burnhaupt) : 38 salariés.

GARDY (Barentin) : 109 salariés.

DESHOULIERES (Chauvigny) : 82 salariés. DESHOULIERES (Lamotte-Beuvron) : 72 emplois salariés.

AKZO (Montataire) : 65 salariés.

FORGES DE SYAM : 37 salariés.

TERGAL (Gauchy, Picardie) 35 salariés.

SCIERIE NICOLE (Saint-Saëns) : 21 salariés.

HMS (Noyelles-Godault) 18 salariés.

HELVETICAST (Angers) : 18 salariés.

SERERO (Plancher-Bas) : 52 salariés.

GICEP (Courlaoux) : 70 salariés.

NORZINCO (Anzin) : 34 salariés.

BASTOR (mécanique) : 9 salariés.

CARROY (Vierzon) : 6 salariés.

SBFM (Caudan) : menaces de plan social.

A cette liste il y a lieu d’ajouter la disparition d’environ une dizaine de milliers d’agences immobilières ( sur 60000) en moins d’un an. J’aurais pu prolonger encore la citation avec toutes les mises au chômage technique. Les médias vous en entretiennent chaque matin. Le tout est accablant. Pourquoi briser net un appareil industriel ? La “crise financière” n’a-t-elle pas bon dos ?

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Une Réponse to “La casse industrielle : le feuilleton”

  1. Arnaud Says:

    Merci à Marie pour sa liste des entreprises en difficulté et des salariés qui en font les frais, cela permet d’avoir une vision globale sur les dégâts occasionnés par la crise actuelle. Cette liste n’est malheureusement pas exhaustive et s’allonge de jour en jour. Dommage que le gouvernement ne communique pas sur ce sujet. Il serait intéressant de comparer cette hécatombe avec le chiffre des créations d’entreprise communiqué chaque année par les chambres de commerce, je pense que votre site a un rôle à jouer pour réveiller la conscience de nos concitoyens. Encore bravo à Marie !

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