Politique : une démocratie musclée

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

Coup de gueule contre une démocratie musclée, poutinisée

On doit l’expression de démocratie poutinisée à Arnaud Montebourg alors que depuis quelques jours je cherchais un angle pour aborder la question de plus en plus brûlante des atteintes aux libertés publiques.
Et pas seulement : atteintes à la démocratie de façon plus générale.
Je dois avouer que je m’en inquiète plus que des fortunes perdues par quelques très richissimes comme la « malheureuse » et multimilliardaire  Liliane Bettencourt, propriétaire de l’Oréal. C’est plus problématique pour la fondation Elie Wiesel qui n’avait sûrement pas de projet spéculatif.
Revenons à l’évolution du régime politique en France. Il est clair que « Mon bien Aimé Omni Président » est fasciné par l’exemple de Vladimir Poutine, l’acrobate de la politique russe. Il se chasse par la porte, en renonçant au renouvellement de son mandat présidentiel, il revient par la fenêtre en s’installant dans l’ombre de Medvedev. Ah, quelle bonne idée ! Verra-t-on Sarkozy pousser en avant Xavier Bertrand pour la présidence de la République à condition qu’il promette de laisser agir Sarko dans l’ombre ? Ce serait le sens logique de cette démocratie musclée, poutinisée, qui s’installe insidieusement.
Qui trouvera à y redire ? Les chaînes de télé et de radio publiques ? Sûrement pas, puisque effrayés à l’idée de perdre son poste de Président Patrick de Carolis s’est suicidé d’avance, acceptant d’appliquer d’avance une loi qui n’était pas votée. Les chaînes de télé et de radio privées ? Sûrement pas, puisqu’elles doivent tout au Président. La presse ? Elle est ou exsangue, en proie aux pires difficultés financières, ou à la botte. Pour un oui ou pour un non, on traîne un directeur de publication menottes aux poings devant un juge d’instruction. Il est clair que ce juge n’agirait pas ainsi si elle, en l’occurrence, ne pensait pas aller dans le sens de l’actualité immédiate et des desideratas non exprimés du Président. Voici maintenant que d’autres acteurs judiciaires jettent en pâture les  pièces des dossiers d’instruction, ici de l’affaire de pseudo terrorisme de Tarnac, là de Julien Dray. L’opposition monte lentement et mollement au créneau pour protester. Les journalistes eux-mêmes ne sont guère enclins à mener bataille. Pour défendre le statut d’indépendance de l’Agence France Presse, ils sont trente dans la rue. Pour défendre Vittorio de Filippis, ils sont 200. Pourquoi le pouvoir se gênerait-il ? Pour ferrailler contre le nouveau projet de loi refondant l’ORTS (Office de Radio Télévision Sarkozy), ils sont une petite poignée de députés en séance, une trentaine. Quand François Fillon annonce que le prohjet passera en force, je n’ai entendu hurler ni Martine Aubry, ni Marie-Georges Buffet, encore moins Olivier Besancenot qui s’en fout, ces histoires de presse ploutocratique et bourgeoise ne le concernent sans doute pas. Quand Jean-François Copé s’en prend à la fureur d’amendements déposés par les Socialistes, ceux-ci ne claquent pas leurs pupitres, ils ne quittent pas la séance. Il a fallu plusieurs jours avant que Martine Aubry s’élève contre le procès intenté d’avance à Julien Dray. Il est vrai que Dray était le porte-parole de Ségolène Royal, son ancienne rivale au PS.
C’est en acceptant l’une après l’autres les humiliations infligées par Hitler que la République de Weimar s’est finalement dissoute dans la dictature du Führer. Je ne veux pas dire que Sarkozy puisse être traité de führer. Mais les exemples de Poutine et de Ju Jin Tao l’intéressent sûrement.
Désolé de vous avoir infligé un tel propos un matin de Noël.

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